8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Seuil, 1979, in-8°, 186 pp, un portrait, biblio, broché, couv. illustré, bon état
Librairie Commerciale et Artistique, 1970, in-8°, 343 pp, texte original établi et rédigé par Pierre Accoce, gravures anciennes hors texte, ornements, lettrines, reliure simili-cuir fauve très ornée, premier plat orné d'un décor rouge et or (maquette de Michel Redon), rhodoïd, bon état
Albatros, 1974, gr. in-8°, 204 pp, avant-propos de A. Spacensky-Sirinelli et L. Felli, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
"À défaut d'un ouvrage récent sur l'ensemble de la carrière de Pascal Paoli (1725-Londres, 1807), l'éditeur a exhumé le vieux livre de M. Bartoli (1860), rempli d'anecdotes, curieux mélange d'informations étonnamment précises et de mythologie historique. Il est significatif d'un début de réhabilitation, dans le milieu républicain de la seconde moitié du 19e siècle, de la figure morale et historique de Paoli, quelque peu ternie par son appel, après sa rupture en 1793 avec la Convention, qui le déclare traître à la patrie, à la protection de l'île par la flotte et la monarchie anglaises. L'auteur comprend et explique ce retournement circonstanciel. Cette biographie retrace utilement les diverses périodes de la carrière politique de Paoli, élu général en chef des Corses en 1755, héros de la résistance insulaire à la domination des grandes puissances maritimes ; elle utilise des histoires de la Corse antérieures et s'appuie sur certains documents et des correspondances d'époque : celle de Paoli et de Choiseul révèle, derrière le formalisme et les ruses de la politesse épistolaire, deux stratégies inconciliables : le faux semblant diplomatique de la cession à la monarchie française, par la république de Gênes, des « droits » de sa souveraineté sur l'île (traité de Compiègne, 7 août 1764) et le refus par les Corses de ce transfert de domination..." (Henry Deneys, Dix-Huitième Siècle)
Félix Alcan, 1931, in-4°, xxix-740 pp, 2e édition revue et augmentée, biblio, index, broché, dos recollé avec manque, état correct (Coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine)
Les textes ; La vie ; La relation de l'expérience à la doctrine ; La synthèse doctrinale. — 2e édition revue et augmentée, notamment d'une préface de 21 pp où l'auteur s'explique sur son projet et répond aux critiques qui lui ont été adressées (la première édition est de 1924). Jean Baruzi (1881-1953) est un historien des religions et un philosophe français. Spécialiste de Leibniz, Paul de Tarse, Angelus Silesius et Jean de la Croix, il fut nommé professeur au Collège de France en 1933-1934, reprenant la chaire d’« Histoire des religions » à la suite d’Alfred Loisy, dont il était le suppléant depuis 1925. — "Grâce au beau livre de M. Jean Baruzi, les études espagnoles contractent vis-à-vis de la philosophie une dette d'importance exceptionnelle : car c'est une thèse de philosophie que ce gros in-octavo... Dès les premières lignes de la préface, dès le litre même, l'Espagne est dépassée : un problème général est posé. Mais l'auteur s'est établi si solidement en Espagne, il est parti d'une si scrupuleuse étude des textes, d'une enquête si exigeante sur le milieu historique, que sa synthèse, touchant une des plus hautes manifestations du génie espagnol, offre aux hispanistes des richesses qu'il faut ici inventorier. (...) Jean de la Croix est pris dans ce livre comme un cas extrême, un cas limite ; comme un point de vue dominant sur le mysticisme chrétien. (...) Ce livre de philosophe et d'artiste pourrait donner une précieuse leçon à bien des érudits. L'ouvrage, après avoir été lu, pourra être consulté, et quiconque voudra aborder à son tour un des problèmes qu'il touche, sera guidé vers les sources. Avons-nous assez fait deviner, par une analyse sommaire de son contenu, l'héroïque effort qui fait la beauté du livre ?" (Marcel Bataillon, Bulletin Hispanique, 1925)
Plon et Cie, 1874, gr. in-8°, xlviii-520 pp, un frontispice gravé à l'eau-forte par J. Mollard, index analytique, reliure toile écrue, dos lisse, pièce de titre chagrin vermillon, couv. conservées, bon état. Exemplaire très frais à grandes marges. Edition originale
Excellente étude, incontournable sur le sujet. — "Ce petit Duc « à l'œil perçant », qui a tant écrit pour l’histoire des autres, échappe à la sienne propre, par bien des côtés. C'est le charme et l'attrait de ceux qui l’admirent de devoir rechercher, pour les réunir et en faire emploi, les matériaux utiles à une histoire de sa vie, tant privée que publique. Je lui ai dû les plus belles heures de mes lectures. Des circonstances fortuites, plutôt qu'un projet médité, m'ont amené à lui pouvoir payer mon tribut de reconnaissance par ce travail littéraire tout entier consacré à ses affaires, à ce qui fut son bien, son intérieur, ses domaines, et surtout et plus que tout, à ce que furent ses livres, ses manuscrits et ses papiers. Ces derniers, – les manuscrits et les Papiers, – ont eu des aventures. Je m'en fais le narrateur. Rien de plus. Mais en raison de l’incertain, de l'inconnu même où le plus grand nombre des manuscrits, sauf celui des Mémoires, sont restés jusqu'à ce jour, j'ai cet espoir de répondre, par le résultat de mes recherches alertes et par le piquant de mes rencontres heureuses, à tout l'intérêt que le titre de ce volume ne manquera pas de faire naître dans l'esprit des curieux..." (Préface)
Plon, s.d. (1933), in-12, 317 pp, nouvelle édition, 8 gravures hors texte, cartonnage éditeur, état correct (Coll. Bibliothèque historique Plon)
"Il s'agit ici du mariage et surtout de l'issue du mariage de Louis XIII ; véritable curiosité dans l'histoire, ainsi qu'on en pourra juger par les récits inattendus que j'ai rassemblé dans cet écrit ; je veux parler du Roi comme époux et des difficultés qu'il fit à se faire connaître comme tel (...) Louis , treizième du nom, après quatre ans de mariage, le 25 janvier de l'année 1619, avait accompli la consommation de son mariage avec la Reine Très-Chrétienne Anne d'Autriche, fille du Roi Catholique."
Arthaud, 1973, in-8°, 367 pp, traduit de l'allemand, 34 héliogravures sur 20 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Signes des Temps)
Les magiciens ; Les origines des procès de sorcellerie ; Le délire de sorcellerie au XVIe siècle ; L'Angleterre ; La France et l'Espagne ; L'Allemagne ; La Suisse et la Suède ; Les Pays-Bas ; Les sorcières de Salem ; La victoire de la raison. — Les procès de sorcellerie n'appartiennent pas, comme on le croit trop souvent, au Moyen Age européen, mais se sont poursuivis jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. La terreur de la sorcellerie, psychose collective fondée sur une monstrueuse erreur, est également l'histoire de l'emprise d'une puissance tyrannique sur une minorité sans défense. Kurt Baschwitz démonte ici pour nous non seulement les fondements spirituels et psychologiques de cette psychose, mais également les mécanismes juridiques qui lui permirent de se développer dans des proportions qu'on imagine mal de nos jours. Le fanatisme et l'intolérance ne furent pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'apanage d'une masse inculte, mais celui d'hommes intelligents et éclairés dont l'aveuglement et l'acharnement nous paraissent aujourd'hui incompréhensible. En face d'eux toutefois, des adversaires résolus et passionnés ne craignirent pas de se dresser, bien souvent au péril de leur vie. Il est réconfortant de penser que ces hommes, d'abord isolés, parvinrent à force de ténacité et de courage à mettre un terme à l'une des plus hallucinantes psychoses collectives qui aient jamais été.
Félix Alcan, 1912, fort in-12, xii-359 pp, index des noms, broché, bon état
De Paris à Londres sous Louis XIV ; Les Français d'autrefois apprenaient-ils l'anglais ? ; Gallomanes et anglophiles ; Comment les Anglais d'autrefois écrivaient le français ; Shakespeare et le perruquier Mongoye ; Les gazettes françaises de Londres au XVIIe siècle ; Infuence politique des huguenots en Angleterre ; Querelles de Français à Londres en 1682 ; Pierre Coste d'après quelques lettres inédites ; Le traducteur de Robinson Crusoé : Thémiseul de Saint-Hyacinthe.
Desjonquères, 2002, in-8°, 137 pp, broché, bon état (Coll. XVIIIe siècle)
Dans L'Amant anonyme, une jeune femme hésite dans ses sentiments et se débat dans son va-et-vient entre la réalité et ses désirs. Dans Les Riens, un homme cherche à apprivoiser la femme qu'il aime. Des variations sur les contradictions de la conscience et le clair-obscur des sentiments.
[Bastille] – LINGUET (Simon Nicolas Henri) et DUSAULX (Jean).
Reference : 24617
(1822)
P., Baudouin Frères, 1822, in-8°, xl-470 pp, reliure demi-veau blond glacé époque, dos lisse orné de fleurons et de filets dorés, tranches jaunes (Collection des Mémoires relatifs à la Révolution française). Bel exemplaire
Ardent, impétueux, injuste, excessif, cynique, rebelle, talentueux en diable, Linguet (1736-1794) consacra sa vie tout entière à la lutte : lutte contre les Lumières et les coteries littéraires, luttes contre les Parlements et l'injustice, lutte contre la puissance naissante de l'argent, lutte contre les dérives de l'administration royale et l'arrogance de la noblesse de cour... Tant d'ardeur et de hargne finirent par l'envoyer à la Bastille, où il resta deux ans. À sa libération, en 1782, il passa en Angleterre. Il y rédigea ces Mémoires, dont le succès fut immense et qui demeurent à ce jour le plus saisissant tableau de la vie quotidienne dans la célèbre prison. Pamphlétaire, philosophe, historien, économiste, journaliste, Linguet fut l'homme de toutes les audaces, de tous les paradoxes, de toutes les intuitions... — "Secrétaire du duc d'Orléans, Dusaulx fut vraisemblablement dans le secret de la préparation de l'insurrection parisienne du 12 juillet 1792 et se trouva à l'Hôtel-de-Ville lorsque la municipalité insurrectionnelle y supplanta les autorités légales. Il fut vraisemblablement aussi de la prise de la Bastille. Ses “Mémoires sur la Bastille” sont un historique, non des souvenirs. Ses vrais souvenirs se trouvent p. 267-324 de l'édition Berville et Barrière de 1821, sous le titre « L'oeuvre des sept jours, ou Notice tirée de mon journal, depuis le 12 juillet 1789 jusqu'au 18 du même mois inclusivement »." (Fierro, 496)
Calmann-Lévy, 1932, pt in-8°, iii-252 pp, une gravure sur double page hors texte, reliure demi-percaline bleue, pièce de titre basane caramel, dos lisse avec fleuron, date et double filet dorés en queue, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Notre vieux Paris)
Calmann-Lévy, s.d. (1931), 2 vol. in-12, iii-326 et 241 pp, un portrait en frontispice au tome I, index, brochés, papier lég. jauni, état correct (Collection historique)
Calmann-Lévy, 1930, pt in-8°, 232 pp, une gravure et 3 plans hors texte, broché, bon état (Coll. Châteaux, décors de l'histoire)
"M. Louis Batiffol connaît mieux que personne le Louvre, Louis XIII et Marie de Médicis car il leur a consacré quelques-uns des meilleurs morceaux de son importante oeuvre historique. Ce nouveau livre, dont le titre résume exactement la matière, est un très bon livre, solide, précis, vivant, évocateur. D'abord, le décor, ce Louvre dont Louis XIII recommence la construction et qui n'a point cessé, un seul instant du règne, d'être en complète transformation ! Nous songeons toujours au Louvre de Louis XIV. Mais le Louvre d'Henri IV était si délabré qu'en y rentrant pour la première fois Marie de Médicis, jeune mariée, crut qu'on la voulait moquer. Le Louvre de Louis XIII menaçait ruine à tel point qu'au moment de la Journée des Dupes le Roi habitait à l'Hôtel des Ambassadeurs, rue de Tournon ! Mais la religion monarchique existait déjà sous le règne de Henri IV puisque les princesses du sang et les dames de la cour ne passaient jamais devant le lit du Roi sans faire la révérence. Et l'appartement de la Reine paraît avoir été particulièrement somptueux. La Cour comprenait 1.517 personnes sous Henri IV et 1.132 sous Louis XIII, mais un nombre infime de ces courtisans avait seul le droit d'habiter au Louvre. Dès cinq heures du matin l'officier de service ouvrait la grande porte du Palais aux huissiers, valets et garçons qui venaient nettoyer, fort soigneusement les appartements. A six heures, les courtisans commençaient à arriver et à attendre le lever du Roi, en remplissant les antichambres de leur foule trop bruyante. Mais à onze heures du soir, après qu'un archer eut crié, par trois fois au milieu de la cour que les issues allaient être closes, le Louvre était fermé comme un Musée ou comme une prison. Le Capitaine de garde donnait à ses soldats le mot, que le Roi en personne lui avait passé, et il emportait les clefs dans son appartement. Singulier mélange en ce début du grand Siècle de traditions médiévales et de domesticité des habitués de la Cour ! Un livre si vivant, si bourré de faits curieux, ne saurait se résumer, car il est la chronique même du Louvre sous deux de nos Rois. Nous en recommandons vivement la lecture à ceux qui veulent déchiffrer le visage véritable d'Henri IV, de Louis XIII et de leur entourage." (Georges Huisman, La Quinzaine critique des livres et des revues, 25 avril 1931)
Hachette, 1913, in-8°, ii-419 pp, reliure demi-percaline époque, dos lisse orné (Coll. L'Histoire de France racontée à tous)
Hachette, 1909, in-8°, 419 pp, reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane fauve, couv. conservées, bon état (Coll. L'Histoire de France racontée à tous)
"... Un volume confié à un jeune historien, M. L. Batiffol, connu déjà par deux livres intéressants sur Louis XIII et Marie de Médicis. Il a accompli sa tâche d'une façon très originale. Sans négliger le mouvement extraordinaire des lettres et des arts, c'est, en réalité, l'histoire de France de Charles VIII à Henri IV, qui constitue la trame très serrée du récit. Mais, au lieu de nous exposer les règnes successifs et la suite des événements, l'auteur nous fait le portrait des hommes ; il essaye de pénétrer leurs caractères et leurs idées ; il recherche ce qu'ils ont voulu faire et comment ils purent exécuter leurs desseins... Chemin faisant, M. Batiffol propose quelques conclusions neuves et il offre, sur des événements très controversés, des solutions que lui fournit l'examen des faits et le rapprochement des témoignages. (...) L'amiral de Coligny fut-il un traître à sa patrie pour avoir livré le Havre aux Anglais, et Catherine de Médicis est-elle une Messaline qu'il faut charger de meurtres et d'empoisonnements ? Quel est le vrai caractère des six ou sept guerres de religion, dont les écoliers ont tant de peine à comprendre l'enchaînement ? M. Batiffol ne défend ni ne légitime les représailles catholiques ; mais il établit très clairement que les fureurs iconoclastes des protestants, leurs destructions de tous les monuments du passé provenaient de l'idée très arrêtée chez les chefs de supprimer la religion ancienne, en la remplaçant par leur foi nouvelle. (...) Enfin, on trouvera encore dans ce volume une étude intéressante sur l'organisation de la France, sur sa vie constitutionnelle en 1600, au milieu même de la paix enfin rétablie par Henri IV. Le fonctionnement administratif du royaume : armée, marine, justice, finances, commerce, impôts, privilèges : tous les rouages sont indiqués avec les explications pertinentes..." (G. Baguenault de Puchesse, Journal des débats politiques et littéraires)
Hachette, 1909, in-8°, 419 pp, reliure demi-basane mordorée bleue, dos à 5 nerfs, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. L'Histoire de France racontée à tous)
"... Un volume confié à un jeune historien, M. L. Batiffol, connu déjà par deux livres intéressants sur Louis XIII et Marie de Médicis. Il a accompli sa tâche d'une façon très originale. Peut-être le titre n'indique-t-il pas absolument la matière traitée ; car, sans négliger le mouvement extraordinaire des lettres et des arts, c'est, en réalité, l'histoire de France de Charles VIII à Henri IV, qui constitue la trame très serrée du récit. Mais, au lieu de nous exposer les règnes successifs et la suite des événements, l'auteur nous fait le portrait des hommes ; il essaye de pénétrer leurs caractères et leurs idées ; il recherche ce qu'ils ont voulu faire et comment ils purent exécuter leurs desseins... Chemin faisant, M. Batiffol propose quelques conclusions neuves et il offre, sur des événements très controversés, des solutions que lui fournit l'examen des faits et le rapprochement des témoignages. (...) L'amiral de Coligny fut-il un traître à sa patrie pour avoir livré le Havre aux Anglais, et Catherine de Médicis est-elle une Messaline qu'il faut charger de meurtres et d'empoisonnements ? Quel est le vrai caractère des six ou sept guerres de religion, dont les écoliers ont tant de peine à comprendre l'enchaînement ? M. Batiffol ne défend ni ne légitime les représailles catholiques ; mais il établit très clairement que les fureurs iconoclastes des protestants, leurs destructions de tous les monuments du passé provenaient de l'idée très arrêtée chez les chefs de supprimer la religion ancienne, en la remplaçant par leur foi nouvelle. (...) Enfin, on trouvera encore dans ce volume une étude intéressante sur l'organisation de la France, sur sa vie constitutionnelle en 1600, au milieu même de la paix enfin rétablie par Henri IV. Le fonctionnement administratif du royaume : armée, marine, justice, finances, commerce, impôts, privilèges : tous les rouages sont indiqués avec les explications pertinentes..." (G. Baguenault de Puchesse, Journal des débats politiques et littéraires)
Hachette, s.d. (1942), in-8°, 419 pp, reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane havane, couv. illustrée (salie) conservée, bon état (Coll. L'histoire de France racontée à tous)
"... Un volume confié à un jeune historien, M. L. Batiffol, connu déjà par deux livres intéressants sur Louis XIII et Marie de Médicis. Il a accompli sa tâche d'une façon très originale. Sans négliger le mouvement extraordinaire des lettres et des arts, c'est, en réalité, l'histoire de France de Charles VIII à Henri IV, qui constitue la trame très serrée du récit. Mais, au lieu de nous exposer les règnes successifs et la suite des événements, l'auteur nous fait le portrait des hommes ; il essaye de pénétrer leurs caractères et leurs idées ; il recherche ce qu'ils ont voulu faire et comment ils purent exécuter leurs desseins... Chemin faisant, M. Batiffol propose quelques conclusions neuves et il offre, sur des événements très controversés, des solutions que lui fournit l'examen des faits et le rapprochement des témoignages. (...) L'amiral de Coligny fut-il un traître à sa patrie pour avoir livré le Havre aux Anglais, et Catherine de Médicis est-elle une Messaline qu'il faut charger de meurtres et d'empoisonnements ? Quel est le vrai caractère des six ou sept guerres de religion, dont les écoliers ont tant de peine à comprendre l'enchaînement ? M. Batiffol ne défend ni ne légitime les représailles catholiques ; mais il établit très clairement que les fureurs iconoclastes des protestants, leurs destructions de tous les monuments du passé provenaient de l'idée très arrêtée chez les chefs de supprimer la religion ancienne, en la remplaçant par leur foi nouvelle. (...) Enfin, on trouvera encore dans ce volume une étude intéressante sur l'organisation de la France, sur sa vie constitutionnelle en 1600, au milieu même de la paix enfin rétablie par Henri IV. Le fonctionnement administratif du royaume : armée, marine, justice, finances, commerce, impôts, privilèges : tous les rouages sont indiqués avec les explications pertinentes..." (G. Baguenault de Puchesse, Journal des débats politiques et littéraires)
Calmann-Lévy, 1936, pt in-8°, vi-197 pp, une gravure hors texte, broché, bon état (Nouvelle collection historique)
"Décidément, il faut faire notre deuil de la vieille légende de Corneille persécuté par Richelieu après le triomphe du Cid. Croyons sur ce propos M. Batiffol en son tout récent livre. Comme par hasard sur ce sujet, ainsi que sur nombre d'autres, les manuels ont dit cent sottises. Ils énumérent comme suit les griefs du cardinal : piaffante indépendance de Corneille au sein du fameux groupe des cinq auteurs ; l'irritante question espagnole, si imprudemment soulevée par le poète en sa pièce à un moment ou la France était aux prises avec l'Espagne ; enfin la multiplication des duels dans le Cid au temps même des édits portés contre cette folle mode. De cette triple source, fictive du reste, et de quelques autres provinrent, affirma sans broncher plus d'un auteur, ce que Tallemant des Réaux avait appelé la jalousie enragée du cardinal et la dure épreuve de Corneille..." (La Croix, 1936)
Calmann-Lévy, 1936, pt in-8°, vi-197 pp, une gravure hors texte, broché, bon état (Nouvelle collection historique). Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur vélin du Marais (seul grand papier)
"Décidément, il faut faire notre deuil de la vieille légende de Corneille persécuté par Richelieu après le triomphe du Cid. Croyons sur ce propos M. Batiffol en son tout récent livre. Comme par hasard sur ce sujet, ainsi que sur nombre d'autres, les manuels ont dit cent sottises. Ils énumérent comme suit les griefs du cardinal : piaffante indépendance de Corneille au sein du fameux groupe des cinq auteurs ; l'irritante question espagnole, si imprudemment soulevée par le poète en sa pièce à un moment ou la France était aux prises avec l'Espagne ; enfin la multiplication des duels dans le Cid au temps même des édits portés contre cette folle mode. De cette triple source, fictive du reste, et de quelques autres provinrent, affirma sans broncher plus d'un auteur, ce que Tallemant des Réaux avait appelé la jalousie enragée du cardinal et la dure épreuve de Corneille..." (La Croix, 1936)
P., EDHIS, 1967, in-8°, 2ff et 172 pp, un tableau dépliant, broché, bon état. Réimpression de l’édition originale publiée à Paris, chez Delalain en 1776. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés sur papier vergé
L’analyse la plus claire, la plus complète du célèbre « Tableau économique » de François Quesnay. Ce dernier est reproduit en annexe. Après sa conversion aux thèses physiocratiques en 1766, Baudeau met, dès 1767, son journal "Les Ephémérides du Citoyen ou Bibliothèque raisonnée des Sciences Morales et Politiques" au service des économistes. Pendant cette période 1767-1768, Baudeau joue un rôle essentiel au sein de la confrérie des économistes. Son journal devient l’organe de presse officiel du courant de pensée formé dix ans plus tôt par Quesnay. Il s’agit, pour les Physiocrates, non seulement d’exposer mais aussi de convaincre, de prodiguer un enseignement économique en exposant les principes de la « Science nouvelle de l’Economie Politique » et du Tableau économique, résumé synthétique de la science. Quesnay avait publié avec Mirabeau en 1760 des explications du Tableau économique, mais sans grand succès de librairie. Baudeau allait revenir à la tâche et donner une nouvelle version du Tableau économique. Baudeau tente de corriger les carences pédagogiques de Quesnay en précisant les définitions des avances et leurs fonctions. Baudeau essaie de justifier le rôle du propriétaire foncier comme acteur de la production pour finalement donner une nouvelle formulation du Tableau économique.
Toulouse, Privat, 1975, gr. in-8°, 334 pp, préface de Jacques Soustelle, 3 cartes, biblio, broché, couv. iIlustrée, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française). Edition originale. Peu courant
Langues, écritures et littératures de l'Amérique précolombienne ; La littérature Nahuatl ; Les littératures Mayas (Yucatèque, Quiché, Cakciquel, Tzotzil) ; La littérature des Incas ; La littérature des Guaranis. — "La première partie de cet ouvrage dense rend compte de la marginalisation systématique de la littérature indigène tout au long de la période coloniale – et même après –, voire de la destruction des témoignages de celle-ci, bien que certains évangélisateurs et chroniqueurs se soient exceptionnellement appliqués à la transcrire, en particulier dans le domaine nahuatl. (...) Dans la présentation générale et dans celle de chaque littérature, Georges Baudot donne des informations précises, suffisantes et en même temps succinctes, en renvoyant de manière pertinente au contexte socio-historique dans lequel elles s'inscrivent. Des cartes et des tableaux chronologiques aident le lecteur à se repérer. Quant à l'anthologie elle-même, il s'agit d'un long périple à travers cet océan à moitié révélé, à moitié inconnu de la littérature amérindienne. Il est très méritoire d'avoir regroupé et donné une cohérence à la production littéraire éblouissante des quatre principales zones culturelles de l'Amérique indigène, jusqu'ici dispersée dans des volumes inaccessibles ou épuisés. Pour ce faire, Georges Baudot fait appel aux sources « classiques », aux traductions préexistantes – le cas échéant –, ou élabore les siennes avec une volonté incroyable de respecter au maximum l'original amérindien, sans se limiter au patrimoine traditionnel, mais en incorporant également les productions les plus récentes, afin de donner une vision dynamique et vivante de cette littérature. La littérature nahuatl occupe une place privilégiée, non pas parce que l'auteur en est un spécialiste, mais en raison de l'importance majeure qu'elle revêt dans le contexte général, notamment en ce qui concerne la période préhispanique. (...) Nous pouvons conclure en soulignant non seulement l'utilité indéniable de ce livre multiple et riche, mais surtout son immense beauté. On peut dire de toute cette littérature rassemblée par Georges Baudot dans les pages des Lettres précolombiennes ce que Pierre Clastres affirme à propos du guarani : il est difficile de savoir ce qui la rend plus admirable, si c'est la profondeur de cette poésie ou la somptueuse beauté du langage qui l'exprime." (Rubén Bareiro Saguier, Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1976)
P., Bloud & Cie, s.d. (1905), fort in-12, xv-400 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état
"... J'ai été son élève, et je le vois encore, le front haut sous ses cheveux en brosse, l'œil expressif derrière son lorgnon, lisant de sa belle voix grave, un peu rapide, mais articulant les mots et accentuant ses fins de phrases, les feuillets de petit format que couvrait sa fine écriture. Vigueur de la composition, grande aisance de parole, jugement lucide et sûr, ces qualités auxquelles s'alliait un ardent désir d'être compris et d'instruire, pénétraient, éclairaient, vivifiaient ses cours qui n'étaient que des préparations et rendirent possible cette loyale appréciation, objective et sage sur “l'Église catholique, la Renaissance, le Protestantisme”, le plus achevé de ses ouvrages... Un renouveau d'études apologétiques s'étaient déjà manifesté en France à la fin du siècle dernier. S'intéressant à ce mouvement, l'abbé Baudrillart inaugurait à l'Institut catholique, dès 1904, sous le rectorat de Mgr Péchenard, une série de conférences qui obtinrent un tel succès qu'elles devinrent un cours régulier..." (Victor Carrière, Revue d'histoire de l'Église de France, 1934)
Grasset, 1931, pt in-8°, 269 pp, imprimé sur papier Alfax Navarre, reliure demi-basane havane, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état
"Il convient à un livre comme celui-ci d'avoir des parties romanesques, mais je n'ai pas voulu qu'il fût un roman. Aucun épisode n'est fictif ; de rares détails sont supposés vrais, d'après des inductions vraisemblables ; je prends soin, là où elle se dérobe, de ne jamais violenter l'histoire. La discrétion des deux personnages, les ratures ou les lacunes dans le Journal de Fersen, dans ses lettres et celles de Marie-Antoinette rendent délicates à suivre les phases des sentiments. On serait aujourd'hui ridicule de qualifier « d'innocente idylle » une liaison si forte et tragique. Sur l'intimité de la Reine et de son ami je me garde pourtant d'une conclusion décisive. Ni l'un ni l'autre n'a fait d'aveux à personne – à personne du moins qui les ait trahis, – nul témoignage contemporain n'impose une présomption, encore moins une certitude. Quant aux rumeurs publiques, on sait le peu qu'elles valent à l'égard d'une femme assassinée chaque jour par les plus atroces calomnies et trop souvent insouciante de mettre contre elle les apparences..." (Avant-propos) — "C'est aussi dans un passé tragique que nous conduit M. Emile Baumann, à Versailles aux dernières années du dix-huitième siècle. Le roi Louis XVI gouverne son royaume avec une honnête bonne volonté et la reine Marie-Antoinette illumine la Cour de sa blonde, majestueuse et élégante beauté. Versailles est le lieu du monde où le luxe s'allie le mieux au bon goût. Son éclat attire les regards de l'étranger. On y vient de tous les points de l'Europe prendre des leçons et choisir des exemples de politesse raffinée. C'est dans ce but qu'y paraissent un prince de Ligne ou un Fersen, et c'est d'Axel Fersen, gentilhomme suédois, que M. Emile Baumann nous conte la merveilleuse et mystérieuse aventure. Axel Fersen a dix-huit ans, il est d'une beauté singulière, de haute naissance il vient de loin et il a, comme on dit, tout pour plaire. Il plait. S'il séduit, il l'est aussi. A peine a-t-il entrevu la Reine qu'il éprouve pour elle une ardente et muette admiration. Marie-Antoinette n'est pas insensible au charme du jeune Suédois. Elle le distingue et bientôt l'admet en sa société la plus particulière. Il ressemble si peu aux favoris auxquels elle s'est intéressée jusqu'alors : n'a-t-elle pas eu à se défendre des hardiesses de quelques-uns d'entre eux ? Oh Fersen ne leur ressemble pas. Il est discret, respectueux. La Reine le sent dévoué. Elle comprend qu'il pourra être pour elle un ami sur la fidélité de qui elle peut compter. Elle devine qu'il l'aime, d'un amour passionné, et elle-même n'éprouve-t-elle pas pour lui un sentiment plus tendre que l'amitié ? Lui a-t-elle donné plus que ses pensées et que son coeur ? Il serait ridicule, comme le dit M. Emile Baumann, de qualifier d' « innocente idylle » une liaison si forte et tragique, mais sur l'intimité de la Reine et de Fersen aucune conclusion décisive n'est possible. Ni l'un ni l'autre n'a fait d'aveux à personne. Nul témoignage contemporain n'impose une présomption, encore moins une certitude. Marie-Antoinette et Axel Fersen ont emporté leur secret avec eux. Ce qui subsiste de ce que fut leur amitié ou leur amour, c'est ce que, cet amour ou cette amitié eut de sévère, de poignant, d'héroïque. Ils s'unirent moins dans l'illusion des joies que dans l'attente d'un destin sinistre, mêlés tous deux au plus formidable des cataclysmes. En ces jours de malheur, si Marie-Antoinette ne cessa de montrer sa grandeur d'âme, Axel Fersen y donna les marques de son absolu dévouement. Il y fut présent par ses conseils et par ses actes. Il fit tout pour sauver la Reine, mais il y a des destinées qui n'échappent pas leur sanglante fatalité. Il en fut ainsi pour Marie-Antoinette et pour Axel Fersen. La sienne attendit plus de six années après la mort de la Reine pour se réaliser. Les dernières pages de l'émouvant et beau livre de M. Emile Baumann nous montrent Fersen déchiré par les mains brutales d'une populace imbécile et pardonnant à ses assassins, de même que MarieAntoinette, avant de partir pour l'échafaud, avait pardonné à ses bourreaux." (Le Figaro, 1931)
Flammarion, 1994, gr. in-8°, 540 pp, sources et biblio, repères chronologiques, broché, couv. illustrée, état correct
Dans le siècle le plus déchiré, le plus violent, le plus sanglant de l'histoire de France surgit un jeune homme qui ne ressemble à aucun de ses contemporains. Prince d'un Etat libre au pied des Pyrénées, il a été l'enfant de la guerre, objet de la haine amoureuse et politique entre sa mère, âme du parti protestant, et son père, chef de l'armée catholique. La tragédie marque définitivement son destin lorsque son mariage avec Marguerite de France, la reine Margot, donne le signal de la Saint-Barthélemy. Conquérant de son royaume, il retrouve le pouvoir dans un pays épuisé. Ce livre n'est pas seulement l'histoire d'une vie. Il est aussi une tentative pour comprendre l'entreprise de réconciliation nationale, et le plus spectaculaire redressement financier, économique, politique et moral que notre pays ait connu. Réussite à l'échelle des siècles, conduite par un homme qui sait rire, y compris de ses propres angoisses, la vie d'Henri IV, plus riche qu'une vie de roman, ne pouvait que fasciner un de ses lointains successeurs à la tête du Parlement de Navarre.
Hachette, 1970, in-4°, 372 pp, 420 gravures et photos en noir, 25 figures, 24 planches en couleur hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
Après une étude sémantique du vocable « baroque », la première partie de l'ouvrage expose les principes sociaux, politiques et intellectuels qui font de l'art et de la vie de cette époque un art de vivre. La deuxième partie du livre déploie l'éventail des styles divers qui se succèdent ou se font concurrence. La troisième partie est une étude morphologique des principaux thèmes exploités par l'époque baroque. — "Ni manuel ni traité, un tel ouvrage se présente d'abord comme un essai. Il est déroutant, je le répète, dans son énorme complexité. Il est sans cesse enrichissant. Il est à l'image du temps qu'il aborde, explore, ausculte et psychanalyse. Il étonnera parfois le lecteur français auquel il est soumis et qui, classique né, aurait souhaité une articulation plus serrée et plus cartésienne . Mais le propre du baroque n'est-il pas à jamais d'étonner et d'irriter nos compatriotes d'hier et d'aujourd'hui qui, d'une manière quasi atavique, ressentent une instinctive méfiance à l'égard de cet esprit baroque dont ils ont maintes fois subi la tentation ? J'ai parlé de provocation au début de ces lignes. L'essai de M. Germain Bazin est provocant. Ce n'est pas là l'un de ses moindres mérites..." (Yvan Christ, Revue des Deux Mondes, mars 1971)