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Phone number : 01 43 54 43 61 Calmann-Lévy, s.d. (1903), in-8°, lxv-375 pp, introduction par G. Hanotaux, un portrait de Mme de Maintenon en héliogravure en frontispice, reliure demi-percaline verte, pièce de titre chagrin brun, couv. conservées (rel. de l'époque), pt accroc à la coiffe sup., bon état
Née en 1683, à Vergie en Picardie, d'une famille de noblesse ancienne, mais pauvre, Mlle d'Aumale fut reçue à Saint-Cyr en 1690 et y demeura jusqu'à vingt ans. En 1705, elle devint la secrétaire de Mme de Maintenon, qui l'employa à toutes sortes de besognes : elle tint successivement ou simultanément « les emplois d'une brodeuse, d'une comédienne, d'une secrétaire de Madame, d'une fermière et intendante des écoles et des aumônes », passant du gouvernement d'une abbaye à l'administration d'une basse-cour, s'occupant du divertissement des demoiselles de Saint-Cyr aussi bien que de ceux du vieux roi, à qui elle jouait du clavecin et avec qui elle chantait les vêpres. Douée de beaucoup plus d'esprit que de beauté, d'une intelligence très éveillée et très souple, pendant près de quinze ans elle joua auprès de Mme de Maintenon, en tout bien tout honneur, ce rôle de secrétaire et de factotum, de boute-en-train et de confidente qui lui permit de vivre dans l'intimité de la veuve de Scarron et de Louis XIV, et qui donne à son témoignage, malgré son caractère apologétique, une valeur si particulière. Mlle d'Aumale quitta Saint-Cyr après la mort de sa protectrice (1719) et se retira à Vergie auprès de sa mère, tout en restant toujours en relations suivies avec les dames de Saint-Cyr. Elle mourut en décembre 1756. (...) Mlle d'Aumale a composé deux mémoires sur sa protectrice. Le premier a été écrit vers 1725. Le second, inédit, est publié ici pour la première fois. M. G. Hanotaux s'est fait l'éditeur de ces nouveaux mémoires, qu'il a intitulés les « Cahiers de Mlle d'Aumale », par allusion à l'état des manuscrits. Mais, comme cette rédaction était souvent traînante et parfois oiseuse, il ne s'est pas cru obligé à une reproduction in extenso : il a fait des extraits et les a rangés sous les six rubriques suivantes : Madame de Maintenon et Madame de Montespan ; Madame de Maintenon et la duchesse de Bourgogne ; Madame de Maintenon et Louis XIV ; Le siège de Turin, l'année 1709 et les charités de Madame de Maintenon ; Mort de la duchesse de Bourgogne ; Mort de Louis XIV. De tous ces chapitres, le dernier est le plus curieux, sinon le plus important. Dans son introduction, M. Hanotaux essaye, en termes heureux, de déchiffrer l'énigme que Mme de Maintenon voulut être pour le monde et la postérité. Sans se flatter d'y avoir réussi, en confessant même le contraire, il a esquissé à son tour un portrait de la fondatrice de Saint-Cyr et montré comment les précautions qu'elle avait prises pour s'assurer l'admiration de l'histoire ont été déjouées par le zèle naïf et l'inconsciente complicité de celles à qui elle avait confié le soin de sa mémoire. (V.-L. Bourrilly, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1903)
Plon, 1926, in-12, v-236 pp, un portrait en frontispice, sources, reliure demi-percaline bordeaux, pièce de titre basane fauve, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état
Plon, 1895, in-8°, 453 pp, broché, couv. défraîchie et lég. abîmée, qqs rousseurs éparses, état correct
AYMARD (Maurice) et Marzio-A ROMANI (dir.).
Reference : 120586
(1998)
ISBN : 9782735107933
P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1998, in-4°, 217 pp, broché, couv. illustrée, bon état. 16 études érudites en français (6), anglais (8), espagnol (1) et italien (1).
Longtemps négligées par les historiens, les cours royales et princières de l'Europe médiévale et moderne ont trouvé depuis vingt ou trente ans, grâce en particulier à Norbert Elias, une place centrale dans une histoire désormais plus attentive aux cultures, aux comportements et aux pratiques sociales des élites, et à leur influence sur le reste de la société. Les historiens de l'économie ont pourtant continué à les reléguer au second plan, comme ils l'ont fait d'ailleurs, jusqu'à une date toute récente, pour la majorité des institutions de l'économie d'Ancien Régime. Tout au plus acceptent-ils de leur appliquer des catégories d'analyse empruntée à l'anthropologie économique, et de parler d'économie de prestige, de dépense somptuaire et de destruction ostentatoire des richesses. Le tout situé dans une phase réputée "primitive" de l'émergence d'Etats qui cherchent à s'établir dans la durée, mais s'identifient encore avec une personne. Les études réunies dans ce livre partagent la même volonté de se libérer de ces stéréotypes, et de décrire la logique institutionnelle qui a présidé à l'émergence et à la consolidation d'un modèle original de gouvernement central. Celui-ci se retrouve hors d'Europe, à la même époque, sous d'autres formes : ainsi dans l'Empire ottoman, dans l'Inde prémogole et mogole, en Chine ou dans le Japon des Tokugawa. Il a pour originalité de juxtaposer, mais pour mieux réussir ensuite à les séparer, des fonctions administratives et d'autres, plus difficiles à définir, qui s'organisent autour du service personnel du prince. Comme les armées permanentes, dont elles précèdent la création, les cours regroupent des effectifs importants, mobilisent des ressources croissantes en argent et en nature, provoquent la mise en place de circuits économiques nouveaux, fixent des normes de consommation et de dépense, disciplinent les comportements individuels et collectifs, suscitent chez les acteurs des attentes et des stratégies rationnelles fondées sur une information partagée. Elles possèdent ainsi tous les traits que les économistes reconnaissent aujourd'hui aux institutions qui constituent le cadre non marchand nécessaire au fonctionnement de toute économie marchande.
Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997, in-8°, 350 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état
Il s'agit ici d'une étude sur l'Espagne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, selon un point de vue systématiquement comparatiste : l'Espagne vue par la France et réciproquement la France vue par l'Espagne. Elle se compose de 18 études érudites (8 en français et 10 en espagnol) regroupées en cinq parties : Le poids de l'histoire – Modes et modèles français : la séduction et le rejet – Images littéraires – Regards espagnols sur l'étranger – Constantes et fluctuations dans l'appréciation du « caractère français ».
P., Aubier, 1961-1976, 4 vol. in-8°, 782, 572 et 573 pp, pagination continue pour les 2 premiers volumes (1961), table des œuvres citées, notes, index, brochés, couv. illustrées, bon état
Complet. — "Une admirable synthèse dont le propos n'est pas tant de définir ce qu'est le romantisme allemand que de décrire, en s'appuyant sur une analyse rigoureuse des événements et des œuvres, le long processus qui l'a enfanté. L'originalité de l'ouvrage est d'abord dans la démarche choisie par R. A. Les deux premiers volumes présentaient la quadruple crise, politique, philosophique, religieuse et esthétique, qui caractérise la situation spirituelle de l'Allemagne dans la deuxième moitié du 18e siècle et en révèle les multiples contradictions, auxquelles seul le romantisme, parce qu'il est « disponibilité et accueil indéfinis » (alors que le classicisme est « surtout repliement », t. I, p. 49), saura s'ouvrir, après s'être affranchi de la présence de l'antiquité qui obsédait le classicisme. Cette disponibilité est à l'origine de ce que R. A. appelle « l'esprit d'Iéna » qui domine, entre 1797 et 1804, le premier romantisme allemand et dont les tomes III et IV reconstruisent les symboles et les productions. Autour des frères Schlegel, qui publient de 1798 à 1800 les six numéros de la revue Athenaeum, et de leurs épouses, une dizaine de jeunes hommes – Novalis, Tieck, Wackexiroder, Schelling, Brentano, Baader, Schleiermacher, Hiilsen, Ritter, Steffens – vont vivre, dans une intime communion d'émotions et de pensées non exempte d'orages, cette « sympathie » qui se sublime dans la « symphilosophie et son double, la sympoésie » – concepts qui ont pour origine la « fraternisation » au sens strict du terme, dont l'Athenaeum est le premier produit..." (Pierre-André Bois, Dix-Huitième Siècle, 1979)
P., Didier et Cie, 1880, in-8°, viii-564 pp, pièces justificatives, reliure demi-chagrin noir, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire sans rousseurs
"Un ouvrage paru en 1880 et qui fut longtemps une référence. Familier des archives, l'auteur fournit moins une synthèse qu'une sorte de fresque où l'information dûment vérifiée et l'anecdote révélatrice du quotidien alternent au cours de chapitres qui traitent successivement des habitants, des municipalités, des finances, des juridictions, de la protection, de l'édilité, de l'assistance, du culte et de l'enseignement. L'ouvrage est un témoignage assez émouvant sur un temps de l'histoire où les banlieues, inexistantes ou presque, n'étaient pas encore devenues le cauchemar des gouvernants..." (Claude Michaud, Dix-Huitième Siècle)
P., Editions SEFI, 1947, in-8°, 364 pp, 16 gravures hors texte, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, bon état (Coll. Epoques et visages)
"Un ouvrage sur Charles-Quint par un Français, M. Jean Babelon, conservateur au Cabinet des Médailles. Livre alerte, clair, rempli de détails anecdotiques. L'auteur ne s'est pas astreint à un ordre strictement chronologique. Il dépeint l'activité dé l'empereur en une série de tableaux : « Gestes et attitudes », « le Roi d'Espagne », « la France incommode », « l'Or et les Epices »... Bien qu'il n'ait mis aucune référence, on sent chez l'historien un contact familier avec les sources." (Joseph Lecler, Etudes, 1948)
P., Club du meilleur livre, 1958, in-8°, 305 pp, 25 gravures hors texte (certaines dépliantes), biblio, reliure pleine toile fuschia de l'éditeur, un portrait de Charles-Quint en médaillon au 1er plat, gardes illustrées, imprimé sur papier vélin de Condat, bon état
"Un ouvrage sur Charles-Quint par un Français, M. Jean Babelon, conservateur au Cabinet des Médailles. Livre alerte, clair, rempli de détails anecdotiques. L'auteur ne s'est pas astreint à un ordre strictement chronologique. Il dépeint l'activité dé l'empereur en une série de tableaux : « Gestes et attitudes », « le Roi d'Espagne », « la France incommode », « l'Or et les Epices »... Bien qu'il n'ait mis aucune référence, on sent chez l'historien un contact familier avec les sources." (Joseph Lecler, Etudes, 1948)
Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1950, in-8°, 246 pp, 17 gravures hors texte, biblio, broché, bon état (Coll. Les Maîtres de l'Histoire)
P., Nizet et Bastard, 1934, gr. in-8°, 150 pp, 2 planches hors texte, un plan, index, broché, bon état
"Le travail de M. l'abbé Bachelier comble une lacune de la littérature historique puisque, de 1613 à 1792, il donne une histoire d'ensemble d'un des plus importants collèges de l'Oratoire sous l'Ancien Régime. L'exposé, fort clair, qui se déroule sur un plan chronologique, apporte du nouveau ; particulièrement sur la construction des bâtiments, la nature et la valeur des rentes et fondations, les règlements (p. 69-70), les origines de la bibliothèque municipale, les rapports entre les Oratoriens et la municipalité. M. Bachelier a eu l'excellente idée de donner deux bonnes photographies : de la façade et de l'escalier du collège, de reproduire le plan Crucy de 1792, de publier, en appendice, un éloge en vers latins d'Innocent XI, des positions de thèses en 1682 et 1752, une liste de quatre-vingt-huit Nantais élèves du collège au XVIIIe siècle..." (E. Préclin, Revue Historique, 1935) — "Le collège de l'Oratoire, installé à Nantes en 1617, y fut jusqu'à la Révolution le principal établissement d'enseignement secondaire. M. A. Bachelier nous renseigne abondamment sur les circonstances de la fondation du collège, les conflits entre Oratoriens et Jésuites, les prétentions de l'Oratoire, devenu maître de la faculté des Arts à l'Université de Nantes, à s'attribuer dans la ville le monopole de l'enseignement secondaire ; il nous apprend comment la bibliothèque du collège devint, en 1753, bibliothèque publique municipale. Tout cet exposé est clair et précis. Un ouvrage solide et consciencieusement préparé et qui complète utilement la thèse principale de son auteur sur le Jansénisme à Nantes." (A. Rébillon, Annales de Bretagne, 1934) — "L'histoire de l'Oratoire nantais se développe entre les années 1613 et 1792. On trouvera dans le livre de M. Bachelier des détails savoureux concernant la vie du collège des Oratoriens ; études, recrutement, discipline, méthodes de travail, tout ce que le P. Lallemand avait déjà si bien indiqué, trouve ici des exemples concrets du plus grand intérêt. La fortune du collège oratorien subit, aux XVIIe et XVIIIe siècles, bien des vicissitudes. Il fallut se défendre contre les Jésuites, établis à Nantes depuis 1665, et contre les Dominicains, en 1686, et contre les maîtres de pension, ecclésiastiques et laïcs, qui s'installaient en grand nombre, tantôt favorisés, tantôt abandonnés par la municipalité. En fait, la belle période est terminée vers 1716, où, de 110 élèves, le cours de théologie n'en conserve plus qu'une vingtaine. Le collège s'abîmait, lui aussi, en une longue décadence : 75 pensionnaires en 1769, 63 en 1770, 53 en 1771, 52 en 1772, 40 en 1774, 11 en 1786. La chute était implacable : elle tenait à des causes que M. Bachelier a bien analysées..." (Joseph Dedieu, Revue d'histoire de l'Église de France, 1935)
P., Ségur, 1951 in-12, 235 pp, 6 pl. de gravures hors texte, notes, index, broché, bon état. Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur Alfa (seul grand papier), envoi a.s. à Alfred Fabre-Luce
"Barthélémy Hervart est un de ces hommes de finance, banquier et administrateur, dont le rôle a été de grande importance au XVIe et au XVIIe siècles. Issu d'une famille d'Augsbourg, qui avait fondé une banque à Lyon, il apparaît vers 1632 dans le personnel d'hommes d'affaires et d'agents politiques qui soutiennent de leurs deniers et de leur savoir-faire diplomatique la politique de Richelieu et de Mazarin. L'intervention d'Hervart fut particulièrement heureuse pour assurer le payement des armées pendant les dernières campagnes qui précédèrent la paix de Westphalie, et il ne fit pas moins bien dans la suite, pour négocier avec Turenne, dans les dures années de la Fronde. Nous le retrouvons, pourvoyeur du Trésor royal jusqu'à la fin du ministère de Mazarin, et pourvu en même temps de l'office de contrôleur général des finances, aux côtés de Fouquet et en face de Colbert, dont la duplicité faisait un ennemi redoutable pour ses concurrents. Hervart fut emporté dans les remous qui accompagnèrent la chute de Fouquet et son office passa à Colbert, qui en disposa comme chacun sait. Cette carrière, qui, malgré la disgrâce finale, fut heureuse et prospère, puisqu'Hervart se tira sans trop de dommages des enquêtes de la Chambre de justice et conserva jusqu'à sa mort une solide fortune, est pour nous pleine d'enseignements. Elle nous montre par des exemples concrets ce qu'était la crise permanente des finances royales, l'incohérence des institutions, qui faisaient d'un même personnage un prêteur et un administrateur chargé du contrôle. La monarchie administrative en était encore aux méthodes de la comptabilité domestique, telle qu'on l'aurait tenue dans une famille désordonnée, incapable de subsister sans recourir à la faillite et aux mesures d'exception. Les à-côtés de cette histoire apportent également quelques précisions utiles : l'ascension de Colbert dans l'entourage de Mazarin, la duplicité féroce dont il usait envers ses rivaux, tout cela est à retenir, et le rôle de Fouquet, qui n'était en somme qu'un Hervart amplifié et imprudent..." (Roger Doucet, Revue d'histoire économique et sociale, 1953)
Plon, 1956, in-8°, 261 pp, une carte hors texte, broché, bon état
"Etude historique reposant sur la correspondance de l'abbé de Gravel, mauvais ecclésiastique et bon diplomate, qui occupa longtemps d'importantes fonctions diplomatiques, notamment à Mayence. Il n'est pas certain, contrairement à ce que dit la prière d'insérer, que toute la genèse des relations franco-allemandes soit à chercher dans la période 1648-1678 ; mais le livre présente un vivant et parfois sévère tableau de la diplomatie française en Allemagne au temps de Louis XIV." (Revue française de science politique, 1956)
Flammarion, 1983, in-8°, 489 pp, 2 gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
L'ambition féminine à travers le destin de deux grandes dames du XVIIIe siècle : Madame du Châtelet et Madame d'Epinay. Madame du Châtelet fut la compagne de Voltaire, traduisit le grand œuvre de Newton et fut l'égale des savants de ce temps. Madame d'Epinay, amie de Grimm, imagina une nouvelle pédagogie, critique de Rousseau, et traça le destin des futures mères. Ces deux ambitieuses, au sens le plus noble du terme, refusaient d'accepter les limites que la société leur assignait. Elles voulurent se donner toutes les chances dont elles se sentaient capables, en dépit de leur sexe...
Flammarion, 2016, in-8°, 365 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs, une carte, un tableau généalogique, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Les Français connaissent mal celle qui fut la mère de Marie-Antoinette. Pourtant, Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780) est l'une des grandes figures tutélaires de son pays. Je l'ai découverte par sa correspondance privée, dans laquelle elle se révèle guerrière, politique avisée, mère tendre et sévère. Mais cette mère-là n'est pas n'importe laquelle, c'est une femme au pouvoir absolu, hérité des Habsbourg, qui régna pendant quarante ans sur le plus grand empire d'Europe. Et, ce faisant, elle eut à gérer trois vies, parfois en opposition les unes avec les autres : épouse d'un mari adoré et volage, mère de seize enfants, souveraine d'un immense territoire. Cette gageure qu'aucun souverain masculin n'eut à connaître, j'ai voulu tenter de la comprendre : qui fut cette femme et comment elle put ou non concilier ses différents statuts. Prendre la mesure, en somme, de ses forces et faiblesses, de ses priorités et inévitables contradictions. Ce portrait, qui puise à des sources abondantes et souvent inédites, ne saurait être exhaustif : Marie-Thérèse garde bien des mystères. Cette femme incomparable en son temps, qui inaugure une nouvelle image de la souveraineté et de la maternité, ressemble, sous certains aspects, aux femmes du XXIe siècle." (E. B.)
Fayard, 2002 gr. in-8°, 460 pp, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état
Les Passions intellectuelles éclairent de façon inédite la société des Lumières, cette "tribu" intellectuelle qui inaugure les temps modernes, ses grandeurs et ses faiblesses. Ce deuxième volume est entièrement consacré aux Encyclopédistes et à l'histoire. Plébiscités par l'opinion publique, ils doivent éprouver les valeurs d'indépendance d'esprit qu'ils exaltent au rang de leurs vertus morales. Différents problèmes internes et externes au groupe vont le faire voler en éclats à la fin des années 1750.
Fayard, 1989, fort in-8°, 659 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Lorsque la Révolution commence, le marquis de Condorcet occupe une situation privilégiée dans la société. Mathématicien célèbre à vingt-cinq ans, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences à trente-deux ans, il est membre de l'Académie française et inspecteur des Monnaies. Ami de Voltaire et d'Alembert, il apparaît comme le dernier des encyclopédistes. Il est célèbre dans toute l'Europe des Lumières et lié aux plus brillants esprits du temps. Disciple de Turgot, il a vécu à ses côtés ses réformes et sa disgrâce. Enfin il est le mari heureux de la belle et spirituelle Sophie de Grouchy. Cet homme comblé est aussi un homme passionné de justice. Il s'est élevé contre toutes les erreurs judiciaires de la fin de l'Ancien Régime. Ami des Noirs, il lutte contre l'esclavage et la traite. Ami des Protestants et des Juifs, il milite pour la reconnaissance de leur citoyenneté. Adversaire de la peine de mort, il soutient la cause de l'abolition. Et il est le seul à réclamer pour les femmes l'égalité entière des droits. Dès le début de la Révolution, cet intellectuel s'engage dans la lutte politique. Sous la Constituante, il se prononce parmi les premiers en faveur de la République. Député à la Législative, il propose son célèbre plan d'Instruction publique qui inspirera un siècle plus tard les fondateurs de l'Ecole républicaine. Député à la Convention, il refuse par conviction abolitionniste de voter la mort du Roi et rédige le projet de Constitution le plus démocratique qu'on ait élaboré jusqu'alors. Partisan de l'union des républicains, il se détache de ses amis Girondins sans pour autant rallier les Montagnards. Décrété d'accusation en juillet 1793, il se cache à Paris jusqu'en mars 1794. Il écrit alors l'Esquisse d'un tableau des Progrès de l'Esprit humain, son œuvre maîtresse. Pour ne pas compromettre la sûreté de celle qui l'héberge, il quitte son refuge. Arrêté, il est trouvé mort dans sa cellule le 29 mars 1794. Telle fut la vie de cet intellectuel engagé qui connut l'échec politique mais dont la pensée, selon le mot de Jean Jaurès, fait partie du patrimoine de la République. — "Intellectuel, philosophe, défenseur des Noirs, des Juifs, des femmes, abolitionniste convaincu et militant, et accompagné dans la vie par une femme aussi belle qu'intelligente, la célèbre Sophie à la tête bien faite, Condorcet ne pouvait qu'attirer le ministre de la Justice qui fit voter l'abolition de la peine de mort, et son épouse, philosophe, féministe et passionnée par le Siècle des lumières." (Michel Gazier, Télérama) – "Que devient "un intellectuel en politique" selon le sous-titre de ce livre ? Est-ce une pensée qui s'altère ? Le Condorcet des premiers temps, celui d'Elisabeth Badinter, est-il le même que le révolutionnaire de 1789 étudié par l'ancien ministre de la Justice ? La question qui traverse ce livre n'a rien de théorique. Elle est intime, brûlante même. Et la réponse que donne ce Condorcet est lumineuse." (Marianne Alphant, Libération) – "Les auteurs, sans doute parce qu'ils sont deux, se gardent d'intervenir en leur nom. Ils font œuvre d'historiens, non d'essayistes ... Mais quel beau travail, sobre, fouillé, habité de discrets élans, d'évidentes tendresses !" (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde) – "Il était grand temps de rendre à un intellectuel d'exception, philosophe et homme politique, la place éminente qui lui revient. Grâce à Elisabeth et Robert Badinter, c'est chose faite. Leur Condorcet répare une injustice trop longtemps perpétrée à l'endroit d'un homme éblouissant qui, justement, a consacré sa vie à combattre toutes les iniquités." (Claude Servan-Schreiber, Marie-France)
Ecole pratique des hautes études / SEVPEN, 1961, fort et gr. in-8°, 842 pp, tableaux, biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.
Parmi les grandes thèses d’histoire rurale française, La “Basse-Provence” de René Baehrel occupe une place à part : la première à poser comme tel et dans son ensemble le problème de la croissance dans les économies agricoles d’Ancien Régime, elle contestait vigoureusement le privilège accordé à tel ou tel indicateur chiffré – et d’abord aux prix et à la démographie – dont les historiens de l’époque établissaient alors les séries longues, et dont ils tendaient à exagérer l’importance. L’auteur propose aux chercheurs une démarche volontairement empirique, procédant par hypothèses et approximations successives. Une leçon de méthode fondée sur ce qui est à ses yeux l’enseignement principal de la statistique : raisonner juste avec des chiffres faux. Déroutante pour certains, cette leçon a influencé en profondeur le développement de la recherche en histoire rurale.
Club des Libraires de France, 1956, in-8°, 297 pp, 26 reproductions de peintures florentines et 2 plans sur 28 planches hors texte (certaines dépliantes), tirage numéroté sur bouffant blanc, reliure pleine soie verte décorée de l’éditeur, une gravure dorée au premier plat, signet (maquette de Pierre Faucheux), rhodoïd, bon état
Edition revue par l'auteur, enrichie d'un chapitre inédit et accompagnée de 26 reproductions de peintures florentines et de 2 plans. — "Dans ce nouvel essai de M. Bailly on retrouve ses qualités habituelles : l'art de camper ses personnages, le don de vulgariser l'histoire sans tomber dans le roman d'aventures, la dextérité de la mise en oeuvre. Il a fort bien décrit notamment la rapide ascension des Médicis et l'établissement progressif, dans la démocratique Florence, d'une vigoureuse dictature. Mais il accepte sur le pape Sixte IV les plus honteuses accusations... Très discutable enfin nous apparaît son jugement sur la vie privée de Laurent le Magnifique : il a pour son héros de singulières indulgences, l'atmosphère païenne de la cour du prince le séduit et l'enchante. Libre à lui. Mais pour ces raisons, nous nous abstiendrons de recommander son livre..." (Joseph Lecler, Etudes)
Flammarion, 1946, pt in-8°, 506 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs orné, titres et fleuron dorés, couv. conservées, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale sur Beau Vélin. Très bien relié
Flammarion, 1946, pt in-8°, 506 pp, broché, bon état. Edition originale sur Beau Vélin
Flammarion, 1951, in-12, 346 pp, chronologie des règnes, un tableau généalogique, biblio, broché, bon état (Coll. L'Histoire)
"Un tragique destin était réservé aux derniers Valois : ils devaient monter sur le trône au moment où l'opposition de deux doctrines religieuses allait passer du plan idéologique au plan politique, susciter des haines inexpiables, et provoquer des guerres civiles interminables et sanglantes. Les règnes de Charles IX et de Henri III constituent le dernier acte, et le plus atroce, de ce drame religieux..." (Introduction)
Fayard, 1942, in-12, 349 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés, tranches mouchetées, 1er plat de couv. conservé, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)
Fayard, 1935, in-12, 349 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur Vélin pur fil Lafuma (n° 92), non rogné
Fayard, 1942, in-12, 347 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés, tranches mouchetées, 1er plat de couv. conservé, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)
"Il faut savoir gré à M. Auguste Bailly d'avoir écrit, pour un très vaste public, ce nouveau livre sur Richelieu. Bien informé, écrit avec grand talent, le Richelieu de M. Bailly initiera, le plus heureusement du monde, de fort nombreux Français à la connaissance du grand homme qu'ils ne voient encore, hélas qu'à travers les calomnieuses légendes du romantisme. Et c'est servir efficacement l'histoire que de diffuser ainsi la vérité." (Jean Héritier, Revue des questions historiques, 1935)