8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Genève, Mégariotis, 1978, in-8°, xviii-460 pp, un portrait d'André Jubert de Bouville en frontispice, sources, index, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, bon état (réimpression de l'édition d'Orléans, 1911)
"L'Orléanais était une province que sa composition géographique faisait participer de régions bien diverses. S'étendant sur l'Orléanais lui-même, le Bressois, le Dunois, le Vendômois, le Chartrain, elle comprenait, d'autre part, toute une partie du Giennois et pénétrait même dans l'Yonne et le Nivernais. Elle présente par suite des aspects, des territoires, des ressources et des intérêts les plus variés. Retracer l'activité multiple des hommes qui se trouvèrent à la tête de l'administration d'une telle province, tel était l'objet que M. de Beaucorps s'était proposé et qu'il a pleinement atteint. Son étude est très claire et très nettement divisée. Une première partie retrace la formation de l'intendance et en donne une description bien complète. Puis l'auteur nous présente les personnages qui l'administrèrent durant la période qu'il s'est proposé de retracer, les situant avec suffisamment de détails pour que leur physionomie nous devienne bien connue. Il entre ensuite dans le détail de leur administration, examinant successivement les divers points sur lesquels dut s'exercer leur autorité : impositions, taxes, capitation, aides, gabelles, monnaies, administration communale, travaux publics, affaires militaires, justice, police, affaires religieuses, commerce des blés, assistance. Certains de ces chapitres sont particulièrement intéressants, tel celui qui concerne les protestants ; l'Orléanais fut, en somme, assez favorable à la Réforme, et les détails fournis sur la révocation de l'Édit de Nantes présentent un curieux intérêt. Certains autres consacrés aux affaires militaires, à une époque où la guerre sévissait partout sans interruption, aux récoltes de blé et aux disettes seront consultés avec fruit. Tout ce qui concerne les canaux d'Orléans a été très clairement exposé. (...) Cet important ouvrage apporte une très utile contribution à l'histoire administrative et économique de l'ancienne France." (Léon Mirot, Bibliothèque de l'école des chartes, 1913)
Club des Libraires de France, 1959, in-8°, 471-(8) pp, un frontispice et 5 dessins imprimés en sépia dépliants hors texte, 13 pl. de gravures in fine, notes, tirage numéroté sur vélin blanc, reliure éditeur pleine toile crème, une illustration sépia contrecollée au 1er plat, rhodoïd, signet, bon état
Edition présentée et annotée par P.-A. Touchard, illustrée des dessins de Saint-Quentin à la sanguine pour le mariage de Figaro et d'un cahier de documents sur les principales mises en scène du XVIIIe et XIXe siècle.
Sans lieu [Paris], 1774, in-12, 499 pp, cinq parties en un volume relié demi-veau havane époque, dos lisse orné de filets dorés, tranches jaunes. Manque la page de titre, sinon bon exemplaire sans rousseurs
Réédition en un volume au format in-12 des cinq mémoires de Beaumarchais dans l'affaire Goëzman. Le 17 juillet 1770, le financier Pâris-Duverney meurt et les dispositions qu'il a prises dans son testament en faveur de Beaumarchais sont contestées par le comte de La Blache, son légataire universel. Un procés s'ensuit et les biens de Beaumarchais sont finalement saisis lorsqu'en 1773 il publie à propos des agissements du rapporteur à son procès, le juge Goëzman, quatre mémoires dont l'esprit et la dialectique ont un retentissement considérable et font condamner le juge, le 26 février 1774. Ces mémoires singuliers sont encore le plus beau titre littéraire de leur auteur ; ils l'environnèrent d'une réputation bruyante qui alarma Voltaire lui-meme, jaloux de toute espèce de gloire et lui concilièrent je ne sais quelle faveur publique, dont il tira plus de force que de considération, mais qui n'en préparèrent pas moins le succés de tous ses ouvrages. (Michaud).
P., Garnier Frères, 1859, in-12, xx-411 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), bon état
Le 17 juillet 1770, le financier Pâris-Duverney meurt et les dispositions qu'il a prises dans son testament en faveur de Beaumarchais sont contestées par le comte de La Blache, son légataire universel. Un procès s'ensuit et les biens de Beaumarchais sont finalement saisis lorsqu'en 1773 il publie à propos des agissements du rapporteur à son procès, le juge Goëzman, quatre mémoires dont l'esprit et la dialectique ont un retentissement considérable et font condamner le juge, le 26 février 1774. Ces mémoires singuliers sont encore le plus beau titre littéraire de leur auteur ; ils l'environnèrent d'une réputation bruyante qui alarma Voltaire lui-même, jaloux de toute espèce de gloire et lui concilièrent je ne sais quelle faveur publique, dont il tira plus de force que de considération, mais qui n'en préparèrent pas moins le succés de tous ses ouvrages. (Michaud).
P., Librairie historique A. Margraff, et Baltimore, The John Hopkins Press, 1929, in-8°, 140 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 800 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma (seul grand papier)
Les lettres de Beaumarchais concernent sa première "affaire", l'achat de la forêt de Chinon, les lettres de sa femme datent pour la plupart de l'exil à Hambourg.
P., Librairie historique A. Margraff, et Baltimore, The John Hopkins Press, 1929, in-8°, 139 pp, minuscule perforation au milieu de l'ouvrage sans gêne pour la lecture
Lettres de Beaumarchais (1767-1792), lettres de Mme de Beaumarchais (1786-1816), lettres de la fille de Beaumarchais, une note inédite de Beaumarchais.
Gallimard, 1949, in-12, 718 pp, préface, variantes, notes, bibliographie par Maurice Allem, reliure plein cuir souple de l'éditeur, dos lisse orné de filets dorés, jaquette, étui carton, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)
Ce volume contient : Théâtre : Eugénie - Les Deux amis - Le Barbier de Séville - Le Mariage de Figaro - Tarare - La Mère coupable. Lettres. Volume épuisé. Une nouvelle édition des “Œuvres”, annotée par Pierre et Jacqueline Larthomas, augmentée des mémoires judiciaires, a été publiée en 1988 dans la Pléiade.
Dijon, Lamarche, 1864, in-4°, 4-xcii-350 pp, 99 planches lithographiées contenant chacune 4 blasons (sur 100, manque la dernière planche contenant un blason), biblio, index, reliure demi-basane fauve, dos à 4 petits nerfs filetés soulignés à froid, doubles filets et fleuron dorés, pièce de titre basane bordeaux (rel. de l'époque), un mors fendu et recollé, qqs rousseurs, état correct.Exemplaire enrichi d'une correspondance entre un acheteur et un libraire vendeur, et d'un ex-libris du photographe provençal Saint-Marcel Eysseric
Cet ouvrage est une réédition du "Catalogues et armoiries des gentilhommes... des Etats de Bourgogne" (Dijon, Durand, 1760), augmenté de notices historiques sur les familles citées et englobant la période 1350-1789. Tiré à 350 ex. seulement, ouvrage rare (Saffroy, II, 19044).
Flammarion, 1921, in-12, 286 pp, notes, broché, couv. lég. salie, bon état
"A propos de M. Huet, l'évêque d'Avranches, et de Gilles Ménage, son ami, André Beaunier a tracé un jour un éloge charmant de la futilité qu'on trouve aux personnes savantes. J'imagine qu'en écrivant ce joli morceau, dans son livre sur “La jeunesse de Madame de La Fayette”, Beaunier dut penser un peu à lui-même, qui avait cette futilité exquise, laquelle, s'amusant de philologie, de grammaire, de style, y apporte une minutie exemplaire, une complaisance d'horloger. Quand il poursuivait avec une fine application le soin d'élucider quelques subtils problèmes d'histoire littéraire, comme dans sa “Lafayette”, son “Joubert” ou ses “Trois Amies de Chateaubriand”, André Beaunier semblait toujours écrire d'un crayon pointu, dérobé à l'atelier de quelqu'un de ces dessinateurs parfaits du XVIIIe, qui nous ont laissé à côté de toiles plus illustres ou plus ambitieuses de si vivants, gracieux et parlants portraits. Cet art du portrait littéraire, hérité de Saint-Beuve, Beaunier aura peut-être été le dernier à le posséder. Il excellait à mettre en lumière ces physionomies souvent confuses, qu'on aperçoit difficilement dans la pénombre du passé, autour des éclatantes images des grands hommes. Il savait restituer à la vie ces êtres incertains, charmants, plus faits pour le demi-jour du cabinet que pour la vive lumière des tréteaux, mais qui, souvent, plus que ces grands hommes eux-mêmes, fixent une manière de sentir et représentent au juste point le goût, l'intelligence, la sensibilité d'une époque. J'admire beaucoup, pour ma part, cette capacité de sympathie, de pénétration dont Beaunier faisait montre à l'égard de ces minores, de ces délicats, de ces précieux et de ces grotesques, qui s'appellent Joubert, Fontanes, Ménage, Restif de la Bretonne ou Grimod de la Reynière ; de ces créatures délicieuses, Pauline de Beaumont, Hortense Allart de Meritens ou Juliette Récamier, dont il nous a décrit les mouvements, d'une touche si ajustée, si méticuleuse et si jolie. Autant que le romancier, et plus peut-être, l'historien littéraire est le peintre exceptionnel de la vie. Pour ranimer exactement celle des fantômes qu'il aimait, André Beaunier disposait d'une érudition nourrie, et d'une très vive intelligence critique. Voyez ce que des lettres de Mme de La Fayette à Ménage, par exemple, il a su tirer, faire miraculeusement foisonner, pour la meilleure compréhension de l'auteur de la Princesse de Clèves. Si quelqu'un jamais a su lire, expliquer, déduire et faire comprendre, ce fut notre ami, cet inflexible et sinueux, ce sévère et courtois Beaunier, qui ne vécut que de l'amour des lettres... Dans un temps où personne, à peu près, ne se soucie plus de bien écrire, il écrivait bien. C'est, somme toute, une vertu chez un écrivain." (Émile Henriot, L'Ami du lettré, 1927)
Flammarion, 1921, in-12, 286 pp, notes, reliure demi-percaline gris-clair, dos lisse, pièce de titre basane noire et fleuron doré, couv. (lég. salie) conservée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état
"A propos de M. Huet, l'évêque d'Avranches, et de Gilles Ménage, son ami, André Beaunier a tracé un jour un éloge charmant de la futilité qu'on trouve aux personnes savantes. J'imagine qu'en écrivant ce joli morceau, dans son livre sur “La jeunesse de Madame de La Fayette”, Beaunier dut penser un peu à lui-même, qui avait cette futilité exquise, laquelle, s'amusant de philologie, de grammaire, de style, y apporte une minutie exemplaire, une complaisance d'horloger. Quand il poursuivait avec une fine application le soin d'élucider quelques subtils problèmes d'histoire littéraire, comme dans sa “Lafayette”, son “Joubert” ou ses “Trois Amies de Chateaubriand”, André Beaunier semblait toujours écrire d'un crayon pointu, dérobé à l'atelier de quelqu'un de ces dessinateurs parfaits du XVIIIe, qui nous ont laissé à côté de toiles plus illustres ou plus ambitieuses de si vivants, gracieux et parlants portraits. Cet art du portrait littéraire, hérité de Saint-Beuve, Beaunier aura peut-être été le dernier à le posséder. Il excellait à mettre en lumière ces physionomies souvent confuses, qu'on aperçoit difficilement dans la pénombre du passé, autour des éclatantes images des grands hommes. Il savait restituer à la vie ces êtres incertains, charmants, plus faits pour le demi-jour du cabinet que pour la vive lumière des tréteaux, mais qui, souvent, plus que ces grands hommes eux-mêmes, fixent une manière de sentir et représentent au juste point le goût, l'intelligence, la sensibilité d'une époque. J'admire beaucoup, pour ma part, cette capacité de sympathie, de pénétration dont Beaunier faisait montre à l'égard de ces minores, de ces délicats, de ces précieux et de ces grotesques, qui s'appellent Joubert, Fontanes, Ménage, Restif de la Bretonne ou Grimod de la Reynière; de ces créatures délicieuses, Pauline de Beaumont, Hortense Allart de Meritens ou Juliette Récamier, dont il nous a décrit les mouvements, d'une touche si ajustée, si méticuleuse et si jolie. Autant que le romancier, et plus peut-être, l'historien littéraire est le peintre exceptionnel de la vie. Pour ranimer exactement celle des fantômes qu'il aimait, André Beaunier disposait d'une érudition nourrie, et d'une très vive intelligence critique. Voyez ce que des lettres de Mme de La Fayette à Ménage, par exemple, il a su tirer, faire miraculeusement foisonner, pour la meilleure compréhension de l'auteur de la Princesse de Clèves. Si quelqu'un jamais a su lire, expliquer, déduire et faire comprendre, ce fut notre ami, cet inflexible et sinueux, ce sévère et courtois Beaunier, qui ne vécut que de l'amour des lettres... Dans un temps où personne, à peu près, ne se soucie plus de bien écrire, il écrivait bien. C'est, somme toute, une vertu chez un écrivain." (Émile Henriot, L'Ami du lettré, 1927)
Flammarion, 1927, in-12, 281 pp, reliure demi-basane rouge, dos à 4 nerfs filetés, titres dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos passé, bon état. Edition originale, un des 35 ex. numérotés sur papier vergé pur fil Lafuma (seul grand papier)
L'amie en question n'est autre que Madame de La Fayette.
Flammarion, 1926, in-12, 190 pp, broché, bon état (Coll. “Leurs amours”)
P., EDHIS, 1973, in-12, 35 pp, tableaux hors texte, reliure skivertex marron de l’éditeur, bon état. Reprint de l’édition originale publiée à Paris en 1757. Tirage limité à 250 exemplaires numérotés, d’après le seul exemplaire connu provenant de la bibliothèque d’Alfred Sauvy
Ouvrage démographique, d’une valeur exceptionnelle. L’auteur traite avec une clarté remarquable : d’espérance de vie, de natalité, de nuptialité et de politique démographique.
Hachette, 1881, in-8°, viii-506 pp, biblio, broché, bon état
"Etude pionnière qui reste utile. Elle a été traduite en anglais par E. O. Lorimer et publiée en 1948 par Routledge & Kegan Paul. Voir surtout la seconde partie sur Addison et sur le rôle du “Spectator” dans la formation du public (pp. 225-338)." (Alain Bony, Addison & Steele et l'essai périodique - Bibliographie critique, 1999)
P., Henri Vivien, 1900, in-8°, vi-680 pp, reliure demi-toile brique, dos lisse, pièce de titre basane fauve (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état
Table : Les fils de Henri II. La cour, la ville et la société de leur temps. – François II. — "M. le marquis de Belleval connaît sur le XVIe siècle et l'époque des derniers Valois en particulier une quantité d’anecdotes, de petits faits, de menus détails. Dans le volume qu’il vient de publier, M. de Belleval fait revivre en un tableau d'ensemble la cour, la ville et la société francaise pendant tout le règne des fils de Henri II. Il a rassemblé là un certain nombre de questions qu’il ne voulait pas fragmenter en les étudiant sous chacun de ces rois... Il traite du costume et des armes sous François II, sous Charles IX et Henri III. Il décrit l'organisation des Huguenots, détaille le trousseau d'une fille de France, propose des chapitres sur le clergé, les femmes françaises, les denrées et comestibles..." (Revue d'histoire moderne et contemporaine)
P., Delahaye, aux bureaux du Progrès Médical, 1883, in-8°, cxiv-98 pp, broché, bon état- (Coll. Bibliothèque diabolique)
Relation du procès verbal, établi en 1591, concernant la possession et la guérison de Françoise Fontaine, infortunée servante à Louviers. — "De la Bibliothèque diabolique du Dr. Bourneville. Fort intéressante étude sur une possédée de Louviers, Françoise Fontaine, peu connue et généralement oubliée de ceux qui se sont occupés du satanisme et des possessions." (Caillet I, 946). Voir aussi Dorbon, 280.
Europe Editions, s.d. (v. 1968), in-4°, 76 pp, texte dactylographié, chronologie, biblio, un plan de Londres au XVIIe siècle, broché, pt mque au coin du 1er plat, qqs rares annotations stylo, bon état
Armand Colin, 1973, gr. in-8°, 360 pp, repères chronologiques, 11 cartes, tableaux et généalogies, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U, série Histoire moderne, dirigée par Pierre Goubert)
Préparé par la vive fermentation du XVe siècle finissant et fécondé par les voyages d'exploration qui mettent le vieux monde occidental en contact avec d'autres civilisations, le XVIe siècle apparaît comme une période riche en événements, en conflits, en transformation et renouvellements politiques, économiques, philosophiques et artistiques. Avec lui naissent les Temps Modernes. Ce précis clair et commode permet au lecteur de s'initier à l'histoire du XVIe siècle. Sans négliger l'indispensable trame des événements, il tient compte des recherches les plus récentes ainsi que des curiosités contemporaines à l'égard de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique espagnole à peine conquise. Des cartes, des bibliographie sélectives, une chronologie constitue des éléments utiles de documentation.
Gallimard/Julliard, 1974, in-12, 240 pp, 2 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)
Drapeaux et fourches, marches et contre-marches : Du XVIe au XIXe siècle, des révoltes contre la gabelle aux troubles quarante-huitards, le soulèvement épisodique, débonnaire ou sauvage, terrifiant ou dérisoire, constitue la seule expression collective de la France campagnarde. Y.-M. Bercé présente ici la plus longue durée des insurrections paysannes. Dans le fait divers et la chronique, il retrouve la permanence des gestes et des rites, les cérémonies symboliques de la violence, l'attente utopique des pauvres, l'antagonisme sourd de la ville et du plat pays. Et l'enjeu même de ces révoltes sans espoir : au son du tocsin, pendant trois siècles, elles ont tenté de protéger le monde menacé, bientôt perdu, des solidarités communautaires.
Hachette, 1976, in-8°, 253 pp, notes, biblio, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes). Edition originale
"La fête, nous rappelle tout d'abord Y.-M. B., peut déboucher sur la violence. Ainsi en est -il, de 1500 à 1800, dans les campagnes comme dans les villes, où se déroulent charivaris, chevauchées de l'âne, mises à mort de boucs émissaires, etc. La fête peut aussi plus précisément se marier à la révolte (Carnaval de Romans en 1580 ou de Bordeaux en 1651). Pour cette raison, semble dire l'auteur, moururent certaines fêtes populaires : "le passage à la violence signifiait la fin de fête" (p. 79). La seconde moitié du livre est consacrée à cette disparition des "triomphes citadins", de la religion populaire et des fêtes agraires. Les raisons en sont multiples. Elles tiennent à des interdictions clairement énoncées, mais aussi à l'évolution vers une religion plus exigeante, vers un état centralisé, vers un nouveau type de société. Ces mutations entraînent la disparition des autonomies urbaines, génératrices de brillantes festivités au XVIe siècle, la répression d'une religion populaire familière et sensible, l'évacuation du sacré hors de l'existence quotidienne et surtout l'effacement du rôle de la campagne dans l'activité du pays. Solidement appuyé sur des sources nombreuses et variées – qui font d'ailleurs la part belle à nos provinces septentrionales – l'ouvrage décrit avec précision les rapports entre la fête et certaines révoltes, ainsi que l'affaiblissement des festivités rurales et urbaines après le XVIe siècle. L'accent est cependant surtout porté sur la fin de l'Ancien Régime, voire sur la Révolution et sur la première moitié du XIXe siècle..." (Robert Muchembled, Revue du Nord, 1977)
Arthaud, 1966, gr. in-8°, 540 pp, 100 reproductions en héliogravure à pleine page, tableaux généalogiques, biblio, index, reliure pleine toile éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, étui carton, bon état
Cessenon, chez l'Auteur, 1990, gr. in-8°, xv-514 pp, préface de Michel Péronnet, postface de Guy Chaussinand-Nogaret, 81 gravures et portraits dans le texte et à pleine page, 11 tableaux généalogiques, broché, couv. illustrée à rabats, bon état, envoi a.s.
Les origines familiales et la percée commerciale ; Nicolas Bergasse, sa carrière, ses rapports avec Lafayette, Jefferson, Mesmer, Beaumarchais, Mme de Krüdener ; Georges Bergasse-Laziroules. — "Richement illustré de documents d'époque, ce volumineux ouvrage s'attache à la carrière de deux cousins éloignés, élus députés du tiers état aux Etats généraux de 1789, l'un à Pamiers, l'autre à Lyon. Jean-Denis Bergasse a exploité les archives familiales mais aussi les fonds publics pour retracer l'histoire de cette lignée de lointaine origine agenaise et d'ancien établissement en Ariège, afin d'expliquer le choix porté par deux circonscriptions éloignées sur deux parents. De précieux tableaux généalogiques facilitent la compréhension d'un récit où les homonymies ne manquent évidemment pas. L'installation à Lyon, avant le milieu du XVIIIe siècle, de Joachim Bergasse et la réussite commerciale de ce commis venu de Tarascon-sur-Ariège ouvrent la voie à ses fils dans le négoce sur place mais aussi à Marseille, qui élira au XXe siècle le troisième député Bergasse. Parmi les cinq frères nés à Lyon entre 1747 et 1754, Nicolas se distingue en choisissant de devenir avocat à Paris. Il semble n'avoir guère plaidé, mais accède à la célébrité grâce à l'affaire Kornmann, qui aurait pu n'être qu'un banal procès d'adultère sans l'implication indirecte de diverses personnalités, dont Beaumarchais. Vainqueur devant le parlement en 1789, ce dernier garde suffisamment de rancune contre Bergasse pour lui attribuer, sous un anagramme transparent, un rôle odieux dans la troisième pièce de sa trilogie, La mère coupable, représentée en 1792. Aux Etats généraux, Nicolas Bergasse se range dans le courant monarchien partisan du bicamérisme, d'où son effacement parlementaire après les journées d'octobre 1789 et ses contacts avec Louis XVI. Agé de vingt-six ans seulement en 1789, son cousin Georges ne bénéficie pas, en arrivant à Versailles, d'une notoriété comparable, d'autant qu'il écrit beaucoup moins. Sans avoir émigré, l'un et l'autre réussissent à survivre à la Terreur qui a abattu à Lyon l'un des frères de Nicolas. Si ce dernier ne sollicite plus jamais les suffrages des électeurs, Georges siège au conseil des Cinq-Cents, mais, républicain, il se retire en Ariège après le coup d'Etat du 18 brumaire. Lui aussi dans l'opposition au Consulat et à l'Empire, le royaliste Nicolas ne joue pas de rôle actif sous la Restauration, mais sa rencontre avec la baronne de Krudener le met, à l'été 1815, en relation avec le tsar Alexandre Ier à qui il semble avoir inspiré le pacte de la Sainte-Alliance signé le 26 septembre avec le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche. Si ce traité n'a eu, par lui-même, qu'une portée limitée, et si les deux cousins Bergasse n'ont finalement pas accédé aux premiers rôles, l'ouvrage a le mérite de montrer la vie d'une famille à travers une époque dramatique, tout en évoquant des épisodes pittoresques, comme celui du « magnétisme animal » de Mesmer, ou en décrivant les implications de la Terreur dans l'Ariège, retraite de Georges, et les Hautes-Pyrénées, refuge de Nicolas." (Roland Andréani, Annales du Midi, 1995)
Laffont, 1987, in-8°, 381 pp, traduit de l'anglais, préface de Pierre Goubert, généalogie, cartes, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Hommes et l'Histoire)
Un livre tout à fait original et solide qui apporte beaucoup de nouvelles perspectives sur le Cardinal-Ministre. Il révèle, à partir d'archives jusqu'alors inexploitées, les sources financières et territoriales de la puissance politique du cardinal. — "Le cardinal, on le sait maintenant, avait conquis la seconde fortune en terres, argent et offices de l'Ancien Régime (Mazarin bon premier, évidemment). Un livre qui restera comme la référence essentielle sur la question." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1988)
PUF, 1960, gr. in-8°, 400 pp, présentation par A. Sauvy, biblio, index, reliure pleine toile crème de l'éditeur (lég. salie), bon état (Cahier n° 35 de l'Institut national d'études démographiques)
Sources et documentation, par Hélène Bergues, Etienne Hélin. Essais d'interprétation, par Philippe Ariès, le R. P. Michel Riquet, Jean Sutter, Louis Henry, Alfred Sauvy.
Editions de l'EHESS, 1987, gr. in-8°, 366 pp, index des documents, glossaire, biblio, broché, bon état (Coll. Documents et recherches sur le monde byzantin, néohellénique et balkanique)
83 ordres du divan, ou conseil impérial, presque tous inédits, ont été extraits du manuscrit E. 12321 des archives du palais Topkapi à Istanbul. Sur une période de quatre mois (de fin décembre 1544 à début avril 1545), ils présentent au jour le jour l’ensemble de l’activité de l’impressionnante machine politico-administrative de Süleyman Ier (Soliman le Magnifique) dans l’un de ses secteurs d’intérêts privilégiés : les pays roumains. Ces quatre mois si remplis deviennent ainsi l’une des périodes les mieux documentées de l’histoire des pays roumains au XVIe siècle, et l’une de celles où la véritable nature de leurs rapports complexes et pragmatiques avec le sultan se dégage le plus clairement.