8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Librairie internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1870, 2 vol. in-8°, vi-374 et 428 pp, reliures demi-basane carmin, dos lisses avec titres, tomaisons et larges filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs rousseurs sur les tous premiers et tous derniers feuillets des 2 volumes, discrète trace de mouillure claire sur les derniers feuillets du tome 1, bon état
Edition originale de cet ouvrage qui traite de darwinisme social et qui vise à établir les rapports de la conception nouvelle de la nature avec l'histoire, les arts, les langues, les lettres, l'économie sociale et la philosophie. — "J'avoue que je me propose ici un grand but. J'entreprends de faire entrer la révolution contemporaine de l'histoire naturelle dans le domaine général de l'esprit humain ; c'est-à-dire, d'établir les rapports de la conception nouvelle de la nature avec l'histoire, les arts, les langues, les lettres, l'économie sociale et la philosophie." (Préface) — "La Création, tout en étant une des oeuvres majeures d'Edgar Quinet, n'a jamais durablement retenu l'attention ni du public ni de la critique. Ouvrage tardif, composé pendant les années difficiles de l'exil, paru en janvier 1870, il mérite néanmoins d'être tiré de l'ombre. Dire que c'est un livre d'histoire naturelle, de vulgarisation scientifique réduit sa portée d'une façon qui nous semble injuste." (Crossley Ceri, La Création d'Edgar Quinet et le darwinisme social, 1981) — "Dans La Création, Quinet s'interroge sur la place de l'homme dans l'univers, sur ses rapports avec l'environnement physique et plus généralement sur la signification du vivant" (Crossley Ceri, Edgar Quinet et le monde animal, 2010) — Table : 1. L'esprit nouveau dans les sciences de la nature ; Origine des êtres organisés ; La nouvelle genèse ; La Bible de la nature ; Le singe et l'homme. – 2. L'homme ; Les propylées de l'Histoire ; Paléontologie des langues – Les lois de la vie et de la parole ; Principes d'une science nouvelle – Parallélisme des règnes de la nature et de l'humanité ; L'esprit de création dans l'homme – Conciliation de l'ordre moral et de l'ordre physique.
P., Calmann-Lévy, 1888, in-12, xvii-455 pp, deuxième édition, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs, titres et caissons dorés ornés, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris au 1er plat (rel. de l'époque), bon état
"Les œuvres de Madame Quinet : Mémoires d'Exil (Paris 1868 et 1870), Journal du siège (Paris 1872), Les sentiers de France (Paris 1875) avaient déjà rendu inséparables pour la postérité les œuvres des deux époux. On peut y ajouter d'autres ouvrages d'Edgar Quinet : Edgar Quinet avant l'Exil, (Paris 1887), Edgar Quinet depuis l'Exil (Paris 1889) et Cinquante ans d'amitié (Paris 1899), témoignage solennel rendu à la vaillante affection qui avait uni Michelet et Quinet. Les autres ouvrages de Mme Quinet, La France idéale (Paris 1895), Le vrai dans l'éducation (Paris 1891), Ce que dit la musique (Paris 1893), De Paris à Edimbourg (Paris 1898), sont animés des mêmes sentiments, peuplés des mêmes souvenirs. C'est encore elle qui entreprend l'édition complète des ouvrages de son mari en trente volumes, achevée en 1882." (Valerien Nutu, Revue Historique du Sud-Est européen, 1935) — "Lamentable spectacle ! Ces papiers de 1823 ont l'air de manuscrits retrouvés à Pompéi ou à Herculanum. Quand on touche ces pages détériorées, volcanisées, elles tombent en poussière, s'envolent. Edgar Quinet seul eût pu les classer, rétablir l'enchaînement de ces feuillets brouillés, sans pagination ; il faudrait, comme dans un jeu de patience, rajuster les phrases. Malheureusement le papier se décompose sous les doigts ; je n'ai pas réussi encore à les sauver. Je lui ai entendu lire une page de cette histoire de la Personnalité humaine. On y sent une jeune âme lumineuse, riche d'intuitions, avec des éclairs de génie, à dix-neuf ans les pensées profondes de l'âge mûr, quelques-unes des mêmes pensées qui terminent la Création ; un sentiment mélancolique et doux sur la nature, les ruines, le pays natal, sa chère Bresse. S'il m'est donné de reconstituer le texte, ce volume devrait s'appeler Méditations d'une jeune âme. C'est le titre qu'Edgar Quinet avait arrêté, le 6 avril 1863, en déchiffrant un fragment. Toutes ses idées y sont en germe et quels étranges pressentiments ! Il entrevoit sa destinée sur le Rocher de l'exil. Souvent il s'est demandé, depuis, pourquoi il n'a pas tiré parti de cette Histoire de la Personnalité humaine. Sa traduction de Herder, ses voyages en Allemagne, en Grèce, en Italie lui ont fait perdre de vue ces premières pages, supérieures, je crois, aux Essais écrits à Heidelberg... " (Hermione Quinet)
P., Dentu, s.d. (1895), in-12, (8)-525 pp, 4 planches hors texte (3 portraits et une photo de l'auberge), une gravure dans le texte, 7 pp de fac-similés, reliure demi-basane carmin, dos lisse avec titre doré, filets dorés, pointillés et à froid (rel. de l'époque), plats lég. salis, pt déchirure sans manque sur 9 feuillets, bon état. Edition originale
Sur la liaison du général Boulanger avec Marguerite de Bonnemain. Souvenirs de l'aubergiste auvergnate Marie Quinton (1854-1933). C'est dans son auberge, sise à Royat près de Clermont-Ferrand, où était tenu aux arrêts de rigueur le général Boulanger et où le retrouvait sa maîtresse Marguerite, vicomtesse de Bonnemains, à partir de 1887. Marie Quinton fut leur amie jusqu'aux derniers moments en 1891. En 1895, elle publia ses mémoires extraits de son journal intime et de sa correspondance sous le nom de Journal de la Belle Meunière (la mère Quinton était appelée dans sa jeunesse « Belle Meunière »). Confidente de l'amour clandestin entre le général Georges Boulanger et sa maîtresse Marguerite de Bonnemains, elle les accueillit quatre fois secrètement dans son auberge des Marronniers à Royat-les-Bains au pied des volcans d'Auvergne, et ce pour la première fois le 24 octobre 1887. Elle les suivit dans leur exils de l'île de Jersey à Londres, pour finir à Bruxelles. Elle devait élever leur enfant illégitime et partir au États-Unis avec eux. Après le suicide du général Boulanger, la veuve Marie Quinton publia ce best-seller republié 42 fois de son vivant, ce qui lui valut une grande notoriété...
France-Empire, 1985, in-8°, 234 pp, 12 pl. de documents hors texte, biblio, broché, bon état (Coll. Si 1900 m'était conté)
Fayard, 1978, gr. in-8°, 374 pp, traduit de l'allemand, biblio, notices biographiques, broché, dos passé, bon état
"La biographie réalisée par F.R. donne à voir un Marx philosophe et théoricien qui ne s'est jamais frotté au travail de recueil des données ailleurs que dans les livres et les rapports déjà existants, qui n'a jamais vu d'usines, même pas celle que dirigeait son ami Engels ; un penseur politique à l'écart des réalités politiques de son temps, coupé de la classe ouvrière anglaise comme de celle d'Allemagne. Raddatz présente un Marx hégélien qui juge la Commune de loin, sans ferveur, et dont l'affaire de la vie sera Le Capital, ouvrage sans cesse en chantier et toujours retardé par de nouveaux travaux d'érudition. Marx côté jardin donc. Ce travail, très différent de celui entrepris par Auguste Cornu, entend rectifier une image pieusement arrangée par trop de biographes officiels. Un travail indispensable, sans doute, mais encore très frustrant : sur bien des points, on souhaiterait en savoir davantage (sur le rôle de Marx dans l'Internationale par exemple)." (Revue française de science politique, 1980)
P., Michel Lévy frères, Girard et Boitte, 1874, in-12, xvi-308 pp, cartonnage toile grise décorée de l'éditeur Girard et Boitte, titres et motifs floraux en noir au 1er plat et au dos, qqs rares rousseurs, bon état
Relation de voyage sur la campagne que l'auteur avait effectuée sur la “Reine Blanche” en 1841-1845 et qui l'avait conduit en Amérique du Sud et aux îles Marquises. Elle concerne essentiellement le Chili, le Pérou (la vie, les moeurs et les femmess de Lima) et le Brésil. Maximilien-René dit Max Radiguet (1816-1899), dessinateur et écrivain de marine, originaire d'une famille aisée de Landerneau dans le Finistère, fut secrétaire de l'amiral Dupetit-Thouars : il embarqua à bord de la frégate la “Reine Blanche”, qui voyagea dans le Pacifique et dans l'Océanie entre 1841 et 1845, afin de mener à bien la prise de possession de l'archipel des Marquises. Les présents Souvenirs relatent le voyage en Amérique du Sud, notamment son escale à Rio de Janeiro en 1842. Il s'agit du premier ouvrage publié par cet auteur et artiste de talent, assez méconnu, qui mena par la suite une vie de dilettante dans les cercles parisiens avant de revenir s'installer dans la région brestoise. Maximilien Radiguet fut également l'auteur des “Derniers Sauvages aux Iles Marquises” (1861), ouvrage important dans lequel il apporte son témoignage sur le déclin d'une société à la fois compliquée et harmonieuse, qui eut à subir les désirs conquérants de l'Occident ; de la Polynésie, il ramena enfin des très beaux dessins, aujourd'hui conservés à Vincennes, qui constituent une importante historiographie illustrée de la colonisation de 1842 et 1843. L'édition originale fut publiée en 1856. (Sabin 67424 ; Palau, XV, 246062)
Le Cherche Midi, 2002, gr. in-8°, 502 pp, traduit du russe, 16 pl. de photos hors texte, notices biographiques, index, broché, couv. illustrée, bon état
Nicolas Romanov devient prince héritier en 1881, après l'assassinat de son grand-père, le tsar réformateur Alexandre II. Lui-même sera exécuté dans une cave d'Ekaterinbourg en Russie, en 1918, avec sa famille. Entre-temps, son règne, son existence auront été marqués au sceau de la guerre et de la révolution. Edvard Radzinsky commence par « feuilleter » le journal intime du tsar. Au fil des pages se reconstitue l'image d'un jeune homme qui, n'était sa condition de futur souverain, eût pu être tout simplement « comme les autres » : parties de chasse et de pêche, goût du sport et de la vie militaire, bals et premières amours, puis rencontre avec celle qu'il épousera en 1894 : « Alix », la future tsarine Alexandra Fiodorovna. Dès lors, le bonheur de Nicolas serait à peu près sans nuage, sans la mort subite de son père, Alexandre III en 1894. Bon gré mal gré, Nicolas ceint la couronne. C'en est fini de sa quiétude. Terrorisme, manifestations de rues, problèmes diplomatiques, tout semble s'enchaîner pour conduire à l'année 1914, le « début de la fin ». Survient la révolution. Nicolas et sa famille se retrouvent bientôt prisonniers du nouveau pouvoir, qui se sait bien peu solide mais ne reculera devant rien pour rester aux commandes. Le tsar déchu est-il une menace potentielle ? Qu'à cela ne tienne ! On l'éliminera. Et le massacre commence. Témoignages de contemporains et acteurs des événements, archives, enquêtes, Edvard Radzinsky multiplie les approches et fouille le passé pour tenter de reconstituer les faits et d'éclaircir les nombreux points demeurés obscurs de la tragédie russe. Une tragédie qu'il fait revivre au lecteur, à sa manière impressionniste, dont l'émotion n'est pas la moindre des composantes.
Payot, 1936, in-8°, 269 pp, traduit de l'anglais, préface du comte Wladimir d'Ormesson, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)
Biographie de l'Impératrice Friedrich, née princesse Victoria de Grande-Bretagne et d'Irlande (1840-1901). Fille aînée de la reine Victoria et du prince Albert, elle épousa en 1858 le prince Friedrich de Prusse (1831-1888), devenu en 1861 prince héritier de Prusse puis, le 9 mars 1888, l'empereur Friedrich III (son règne ne dura que 99 jours). — "J'ai lu avec un vif intérêt le livre, publié il y a deux ans en Angleterre, qu'on vient de traduire, de la princesse Catherine Radziwill sur l'Impératrice Frédéric, que j'avais ouvert, je l'avoue, avec un certain sentiment de défiance. A sa façon, qui est fragmentaire, discutable sur quelques points, qui peut paraître, sur d'autres, assez pénétrante et originale, il évoque le tableau de l'Allemagne. impériale et bismarckienne à l'époque de la constitution du Deuxième Reich et de son apogée. L'auteur a bien connu les personnages mêlés à cette histoire, les dessous du monde de la Cour et de la haute société de Berlin ; il est en état d'apporter des traits et des détails qu'il est souvent bon de savoir pour comprendre les événements..." (Pierre de Quirielle, Journal des débats politiques et littéraires, 1936) — Table : I. La princesse royale d'Angleterre en Prusse ; II. La princesse héritière ; III. L'Impératrice.
Armand Colin, 1888, fort in-12, viii-750 pp, biblio, index, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs pointillés, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état, enrichi d'un envoi a.s. de l'auteur
"A la fin de sa remarquable Histoire de la civilisation française depuis les origines jusqu'à 1789 (même librairie, 2 vol. in-12), M. Alfred Rambaud donnait, en une trentaine de pages, un tableau très abrégé de notre « civilisation contemporaine », se bornant à en indiquer les grandes lignes, à en mettre en lumière les caractères incontestables, à montrer ce que la France nouvelle tient de l'ancienne France et en quoi elle en diffère. Son nouveau volume, n'étant autre chose que le développement de cet essai rudimentaire, embrasse l'histoire politique et militaire, littéraire et scientifique, économique et morale du siècle dans lequel les progrès de la civilisation ont atteint leur plus large sinon leur complet épanouissement. Dans l'examen des divers régimes que nous avons essayés depuis la Révolution, l'auteur ne méconnaît aucun de leurs bons côtés, « ni les idées généreuses et humaines de la Constituante, ni l'énergie patriotique de la Convention, ni le génie organisateur de Napoléon, ni la probité parlementaire de nos deux monarchies constitutionnelles, ni l'ardent esprit de justice sociale qui animait la Seconde République, ni les grands progrès matériels accomplis sous le Second Empire ». Le plus difficile était, en abordant l'étude de la période tout à fait contemporaine, de présenter sous un jour vrai les événements et les faits du temps actuel, et, sans manquer aux égards nécessaires, de juger les hommes vivants en appréciant leur caractère et leur œuvre. M. Alfred Rambaud, qui ne voulait point laisser son livre inachevé, n'a pas reculé devant cette tâche épineuse ; il s'en est acquitté avec beaucoup de tact et de savoir, avec une préoccupation d'impartialité manifeste, mais mêlée parfois d'un peu d'optimisme." (Journal des débats politiques et littéraires)
Armand Colin, 1909, fort in-12, x-840 pp, 8e édition mise à jour jusqu'en 1909, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés, plats de percaline verts avec décor à froid (rel. de l'époque), dos lég. frotté et uniformément passé, bon état
"A la fin de sa remarquable Histoire de la civilisation française depuis les origines jusqu'à 1789 (même librairie, 2 vol. in-12), M. Alfred Rambaud donnait, en une trentaine de pages, un tableau très abrégé de notre « civilisation contemporaine », se bornant à en indiquer les grandes lignes, à en mettre en lumière les caractères incontestables, à montrer ce que la France nouvelle tient de l'ancienne France et en quoi elle en diffère. Son nouveau volume, n'étant autre chose que le développement de cet essai rudimentaire, embrasse l'histoire politique et militaire, littéraire et scientifique, économique et morale du siècle dans lequel les progrès de la civilisation ont atteint leur plus large sinon leur complet épanouissement. Dans l'examen des divers régimes que nous avons essayés depuis la Révolution, l'auteur ne méconnaît aucun de leurs bons côtés, « ni les idées généreuses et humaines de la Constituante, ni l'énergie patriotique de la Convention, ni le génie organisateur de Napoléon, ni la probité parlementaire de nos deux monarchies constitutionnelles, ni l'ardent esprit de justice sociale qui animait la Seconde République, ni les grands progrès matériels accomplis sous le Second Empire ». Le plus difficile était, en abordant l'étude de la période tout à fait contemporaine, de présenter sous un jour vrai les événements et les faits du temps actuel, et, sans manquer aux égards nécessaires, de juger les hommes vivants en appréciant leur caractère et leur œuvre. M. Alfred Rambaud, qui ne voulait point laisser son livre inachevé, n'a pas reculé devant cette tâche épineuse ; il s'en est acquitté avec beaucoup de tact et de savoir, avec une préoccupation d'impartialité manifeste, mais mêlée parfois d'un peu d'optimisme." (Journal des débats politiques et littéraires)
Armand Colin, s.d. (1896), fort in-12, viii-750 pp, 3e édition, notes, index alphabétique, table analytique, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs pointillés, pièce d'auteur basane acajou, titre, fleurons et filets dorés (rel. de l'époque), bon état
"A la fin de sa remarquable Histoire de la civilisation française depuis les origines jusqu'à 1789 (même librairie, 2 vol. in-12), M. Alfred Rambaud donnait, en une trentaine de pages, un tableau très abrégé de notre « civilisation contemporaine », se bornant à en indiquer les grandes lignes, à en mettre en lumière les caractères incontestables, à montrer ce que la France nouvelle tient de l'ancienne France et en quoi elle en diffère. Son nouveau volume, n'étant autre chose que le développement de cet essai rudimentaire, embrasse l'histoire politique et militaire, littéraire et scientifique, économique et morale du siècle dans lequel les progrès de la civilisation ont atteint leur plus large sinon leur complet épanouissement. Dans l'examen des divers régimes que nous avons essayés depuis la Révolution, l'auteur ne méconnaît aucun de leurs bons côtés, « ni les idées généreuses et humaines de la Constituante, ni l'énergie patriotique de la Convention, ni le génie organisateur de Napoléon, ni la probité parlementaire de nos deux monarchies constitutionnelles, ni l'ardent esprit de justice sociale qui animait la Seconde République, ni les grands progrès matériels accomplis sous le Second Empire ». Le plus difficile était, en abordant l'étude de la période tout à fait contemporaine, de présenter sous un jour vrai les événements et les faits du temps actuel, et, sans manquer aux égards nécessaires, de juger les hommes vivants en appréciant leur caractère et leur œuvre. M. Alfred Rambaud, qui ne voulait point laisser son livre inachevé, n'a pas reculé devant cette tâche épineuse ; il s'en est acquitté avec beaucoup de tact et de savoir, avec une préoccupation d'impartialité manifeste, mais mêlée parfois d'un peu d'optimisme." (Journal des débats politiques et littéraires)
Plon, 1903, in-8°, xxviii-553 pp, broché, très bon état. Peu courant
"Une biographie de Jules Ferry n'était pas sans présenter des difficultés : d'abord l'étendue du sujet, il est impossible de séparer la vie de Ferry de l'histoire du parti républicain de 1863 à 1893 ; ensuite le plan. Le plan chronologique est le moins artificiel et le plus critique, mais à présenter de front les réformes scolaires, la politique extérieure et coloniale, les luttes parlementaires de Ferry, à les disséminer sur un grand nombre d'années au lieu de les grouper, ne risquerait-on pas de perdre de vue les idées directrices de Ferry, ou de ne les suivre que malaisément dans un récit chargé de faits et forcément un peu confus ? Reste enfin la difficulté de juger en historien des événements trés rapprochés de nous et pour lesquels nous nous passionnons encore..." (P. Muret, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1906)
P., G. Decaux et M. Dreyfous, s.d. (1877), in-8°, 402 pp, reliure demi-basane bleu-nuit, dos lisse à filets ornés, roulette en tête, palette en queue (rel. de l'époque), qqs rousseurs éparses, quelques annotations crayon, bon état
Journaliste blanquiste, maire du IXe arrondissement pendant le Siège, Ranc rejoint Gambetta à Tours. Elu à la Commune par son arrondissement, il démissionne pour protester contre le décret des otages et se tient à l'écart. Ce n'est qu'en 1873, après son élection comme député de Paris, que Ranc est poursuivi et condamné à mort, par contumace, car il s'est prudemment réfugié en Belgique. Amnistié, il devient rédacteur en chef du Journal de Paris. Antiboulangiste, antinationaliste et dreyfusard, il termine sa carrière politique comme sénateur de la Corse. Craignant d'être inquiété, il a publié son livre sous le nom de son père, Odilon, avec la complicité de l'éditeur Dreyfous. Il ne traite que de l'Assemblée Nationale, et c'est à dessein qu'il évite de parler de la Commune « dont nous voudrions voir le souvenir à jamais éteint. » (Le Quillec, 2090).
P., Calmann-Lévy, éditeur, ancienne maison Michel Lévy Frères, 1877, 2 vol. in-8°, (10)-266 et (4)-289-(3) pp, index, les 2 tomes reliés ensemble en un volume pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre maroquin havane, couv. conservées, bon état. Exemplaire bien relié et sans rousseurs. Rare
Bordeaux, Imp. coopérative, 1913, in-12, 50 pp, broché, étiquette de bibl., état correct, envoi a.s.
brochure de l'Action Française diffamant la réflexion pacifiste en 1913, du professeur de philosophie de la Faculté de Bordeaux, Théodore Ruyssen... — "« Divergences », voilà à quoi, dans la pensée de M. Ruyssen, se réduit la question d'Alsace-Lorraine. Pas un mot, pas même une allusion claire à ce fait, que les Alsaciens-Lorrains ont été malgré la France, malgré eux, incorporés à l'Allemagne. Or, « c'est tout le problème » remarque M. Aulard [journaliste à l'Action Française]. Et il ajoute : « Je vois bien ce que l'Allemagne gagne à cet oubli du grand grief, mais je ne vois pas du tout ce que la France y gagne ». M. Ruyssen y a, en tout cas, gagné 2.000 francs par an. Cela lui suffit." (p. 21)
New York, G. P. Putman's Sons, 1970, pt in-4°, 128 pp, 132 gravures et photos en noir, 16 planches de peintures et photos en couleurs, index, reliure toile illustrée en couleurs de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état
Editions Atlande, 2002, fort in-12, 767 pp, 4 cartes, personnages, chronologie, biblio, glossaire, index, broché, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Clefs concours)
Religion et culture dans les sociétés et les Etats européens de 1800 à 1914 – Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni.
P., L'Emancipatrice, 1915, in-8°, viii-434 pp, avec une préface d'Anatole France, une photographie de Jaurès en frontispice et une lettre autographe du même, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état
Edition originale de 1915, juste après l'assassinat du leader socialiste. Charles Rappoport (1865-1941), grande figure des débuts du socialisme, désapprouva la position de la SFIO dans le conflit mondial, avant de faire partie, au Congrès de Tours, de la majorité qui fonda la Section Française de l'Internationale Communiste (qui devient plus tard le PCF). — "Dans cette première biographie de Jaurès on retrouve l’homme, son combat, mais aussi les documents pertinents contre la guerre. Il est condamné par les socialistes majoritaires – ceux de l’Union sacrée – les Guesde et les Vaillant – mais il reçoit des louanges d’Anatole France, de Romain Rolland, et d’autres. C’est un acte de courage de rappeler les discours de Jaurès contre la guerre (notamment ceux du « Tivoli-Vaux-Hall » en septembre 1907 à Paris et celui de Vaise en juillet 1914), de défier les socialistes majoritaires et de laisser entendre que Jaurès se serait opposé au conflit..." (Marc Lagana, Cahiers Jaurès 215-216)
P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991, in-8°, v-513 pp, 6 illustrations, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"La vie de Charles Rappoport comporte bien des charmes romanesques : ce juif lituanien rompit à quinze ans avec sa trop pieuse famille, s'engagea dans la double voie des études et du combat révolutionnaire, conspira avec Léo Jogiches comme avec Pilsudski et dut fuir à l'étranger après la découverte d'un projet d'attentat contre le Tsar. Un des fondateurs du Parti socialiste révolutionnaire, il soutint Jaurès au moment de l'affaire Dreyfus puis rejoignit les guesdistes. Son évolution politique s'accompagna d'une mutation intellectuelle puisqu'il s'affirma marxiste après avoir été l'ami de Pierre Lavrov et le contradicteur d'Engels. Habitué de la Bibliothèque nationale et des réunions publiques, C. Rappoport devint une figure du mouvement socialiste, auteur prolixe et orateur populaire, mais toujours un peu marginal, parfois moqué pour son goût immodéré des calembours et de la polémique. Isolé après son intempestive attaque contre Jaurès au congrès de Saint-Quentin, il fut pourtant remis au premier plan de la scène militante par sa biographie du fondateur de L'Humanité et son combat précoce contre la guerre. Il joua un rôle important au moment de Tours et des premières années du PCF. de Tours et des premières années du PCF. Intime de Rakovsky et en relations amicales avec plusieurs dirigeants bolcheviques, il fut cependant écarté des cercles dirigeants dès 1925 et se décida à rompre au moment des Grands Procès. Réfugié dans le Lot, il mourut en 1941 après avoir écrit ses Souvenirs d'une vie révolutionnaire. (...) Ces mémoires ne se limitent pas à une série de portraits enlevés, d'anecdotes amusantes ou significatives, de témoignages émouvants, ils apportent beaucoup à la connaissance du mouvement révolutionnaire, de son mode de fonctionnement et de la psychologie de ses militants..." (Gilles Candar, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1992)
Jérôme Martineau, 1968, fort in-8°, 727 pp, bibliographie des oeuvres de Raspail in fine, broché, mouillure claire en début de volume, bon état
Recueil des plus importants textes de François-Vincent Raspail en tant qu'homme politique, homme de sciences et vulgarisateur.
P., Bruxelles, chez l'éditeur de M. Raspail, Office de Publicité, 1860, 3 vol. gr. in-8°, viii-civ-344, viii-552 et viii-552 pp, un portrait gravé en frontispice et 19 planches gravées sur acier (17 en couleurs), qqs vignettes dans le texte, index, reliure demi-chagrin havane, dos à 4 nerfs pointillés, titres, tomaisons et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), bon état
François-Vincent Raspail (1794-1878) réclamait une nouvelle médecine capable de souder une société républicaine. Cette “Histoire naturelle de la santé et de la maladie” est son œuvre maîtresse, dans laquelle Raspail développe son système de médication hygiènique et curative en l'appliquant à tous les êtres organisés. (Waller I-7750). Cette troisième édition en grande partie originale, la plus complète en 3 volumes, fut refondue par l'auteur pendant son exil en Belgique (la première édition en 2 volumes date de 1843).
Ives Rauzier, 2021, in-8°, 98 pp, 16 cartes et 13 illustrations en couleurs, tableaux, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, bon état
"Une étude aussi exhaustive que possible sur le soldat lozérien de la guerre de 1870-1871, de l'armée impériale comme de la Garde nationale mobile. Elle s'appuie sur une exploitation intensive des archives concernant les cantons de Barre-des-Cévennes, de Pont-de-Montvert et de Saint-Germain-de-Calberte, et sur de fréquentes comparaisons avec la situation dans le reste du département de la Lozère. Des caractéristiques physiques au niveau d'instruction, de l'emploi au critères familiaux, sur les engagements contre les Allemands ou dans la guerre civile intérieure, sur les tués, blessés, disparus et prisonniers, l'auteur apporte une foule d'informations (jusqu'aux surnoms et aux tatouages !). Cette étude se termine sur une liste nominative des soldats cévenols décédés pendant le conflit et sur une bibliographie générale indicative. Un très gros travail d'exploitation d'archives locales, qui permet d'obtenir une quasi "photographie" de ces soldats lozériens. Une étude qu'il serait intéressant de comparer avec les résultats de travaux similaires dans d'autres régions." (Rémy Porte)
Albin Michel, 1931, in-12, 346 pp, traduit de l'anglais, broché, imprimé sur Vélin supérieur, bon état (Saffroy III, 49205)
"Le livre de Ravage est une reconstitution habile de la mentalité des premiers Rothschild." (Jean Bouvier, Les Rothschild) — "Écrite pour le grand public, cette monographie est dépourvue de tout appareil critique, d'indications de sources et de toute bibliographie. Cependant, elle est bien renseignée, traitée avec intelligence, écrite d'une façon alerte, et l'auteur n'a pas donné dans le genre de l'« histoire romancée ». Il est vrai qu'il est peu de romans aussi amusants que l'histoire toute nue de la famille Rothschild. Cependant, son ascension a été, tout d'abord, moins rapide qu'on ne se l'imagine souvent. Le père, Meyer Rothschild, dans les trente années qui ont précédé la Révolution française, n'a vécu que d'une vie relativement médiocre dans le ghetto de Francfort. Ce sont les années troublées de la Révolution et de l'Empire qui ont décidé de la fortune de la famille, en lui permettant de gérer les intérêts financiers du fameux landgrave de Hesse-Cassel, Guillaume IX, qui avait été obligé de fuir devant les armées françaises. L'un des fils de Meyer, Nathan, doué d'un véritable génie pour les affaires, part en Angleterre, y fait valoir la fortune du prince, paye les cotonnades anglaises avec les effets de Guillaume sur Londres, crée toute une organisation de contrebande au moment du Blocus continental ; puis, ayant acquis les stocks d'or de la Compagnie des Indes, il finance les campagnes de Wellington en Espagne. Aussi, lorsque Meyer meurt, en 1812, l'avenir de sa maison est assuré. A l'époque de la Restauration, les cinq frères Rothschild disposent de tous les grands emprunts d'États. Le plus remarquable est Nathan, de Londres ; mais James, à Paris, et Salomon, à Vienne, ont aussi une réelle valeur. Anoblis en 1817, barons en 1822, les Rothschild constituent le type de l'aristocratie financière. Ils ont été puissamment servis par les événements politiques. Après 1830, ils mettent à profit les progrès du capitalisme et jouent un rôle de premier plan dans la construction des chemins de fer. Cependant, l'auteur considère qu'après la mort de Nathan, le géant de la famille, en 1836, les Rothschild ne font plus que maintenir leur situation acquise. Puis, après 1880, c'est la décadence, la nouvelle génération n'ayant plus la passion, ni même le goût des affaires. Sous le Second Empire, la maison Rothschild a dû engager une lutte très dure contre de nouveaux venus et surtout contre les Pereire, qui à la fin furent vaincus. Mais la banque tombe entre les mains de grandes sociétés par action et se spécialise de plus en plus dans les affaires industrielles. M. Ravage passe un peu vite sur ces questions et, d'une façon générale, laisse trop de côté l'histoire des faits économiques. Par contre, tout l'aspect psychologique du sujet a été traité avec une louable finesse." (Henri Sée, Revue historique, 1932)
Editions du CNRS, 1998, in-8°, 383 pp, préface de Denis Woronoff, sources et biblio, index, broché, bon état
"Cet ouvrage est tiré d'une thèse d'histoire brillamment soutenue à l'Université de Provence en décembre 1996. En choisissant ce sujet, l'auteur a voulu s'inscrire contre une vision longtemps réductrice de l'industrie marseillaise. L'historiographie a souvent limité celle-ci dans ses champs chronologique (à partir du milieu du siècle) et sectoriel (huile, savon, sucre, tuiles). Or, on perçoit une industrialisation locale avant le Second Empire et dans un secteur tout à fait emblématique du XIXe siècle, celui de la métallurgie et de la construction mécanique. Apparues sous la monarchie de Juillet, ces deux branches connaissent un développement rapide et considérable, puisque les Bouches-du-Rhône sont estimées le premier département métallurgique de France dans les années 1860 et qu'au milieu du siècle Marseille joue un rôle dominant dans l'économie internationale du plomb. (...)" (Roland Caty)
Nantes, Reflets du Passé, R. et M. Vivant Editeurs, 1985, in-4°, 303 pp, 223 gravures, photos et fac-similés, biblio, index, reliure simili-cuir bleu éditeur, titre et tomaison frappés or, une reproduction de carte postale ancienne en couleurs au premier plat, bon état
Tome I : 1830-1914 (seul paru)