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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Firmin-Didot, 1884, pt in-8°, 369 pp, reliure demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs, titres dorés, tranches dorées (rel. de l'époque), un coin lég. abîmé, état correct
Par Eugène Balleyguier, dit Eugène Loudun (né à Loudun en 1818 et mort à Paris en 1898), écrivain, critique d'art et journaliste français. Orléaniste dans ses jeunes années, ce conservateur évolua progressivement vers un bonapartisme fervent. Rédacteur en chef du "Journal des instituteurs" en 1858, tout en conservant ses fonctions à l'Arsenal, il obtint la croix de la Légion d'honneur en 1860. Nommé en 1861 conservateur honoraire de la Bibliothèque de l'Arsenal, il quitta ses fonctions pour prendre celles, témoignant de sa proximité avec le régime, de commissaire spécial des chemins de fer, en poste à la gare Montparnasse. Malgré la chute du Second Empire, Loudun continua de militer pour la cause bonapartiste. En 1873, il aurait, selon certaines sources, tenté d'organiser un coup d'Etat bonapartiste à Lyon, projet arrêté par la maladie, puis la mort de Napoléon III. Il entretint des relations régulières avec l'impératrice Eugénie et avec le Prince impérial, décédé en 1879, en mémoire duquel il écrivit un opuscule, "Son Altesse le Prince impérial". Il publia entre 1885 et 1890, sous le pseudonyme de Fidus, les cinq tomes de son journal (1870-1883) sous le titre "Journal de Fidus sous la République opportuniste, de la mort du prince impérial jusqu'à la mort de Gambetta".
dans le Correspondant, 1925, gr. in-8°, broché, bon état
Recension érudite du livre "Le secret du coup d'Etat (11 pp). Correspondance inédite du prince Louis-Napoléon, de MM. de Morny, de Flahault et autres (1848-1852)", publié en anglais à Londres en 1924 et qui ne sera traduit qu'en 1928 chez l'éditeur Emile-Paul. On trouve dans le même numéro un article sur l'élection de Hindenburg à la présidence du Reich, ses causes et ses conséquences (31 pp).
Emile-Paul, 1911, in-8°, vii-188 pp, index., broché, bon état
"Réfutation de la pétition de M. Charles-Louis de Bourbon réclamant pour lui et sa famille, leur réintégration en tant que Français." (Parois, 606)
P., Impr.-Librairie Pairault et Cie, 1889, gr. in-8°, viii-294 pp, illustrations de MM. A. de Clermont Gallerande et Paul Algis (une gravure en frontispice, 8 planches de costumes en couleurs, 6 gravures de colonels en noir, dont une non signalée à la table), pièces justificatives, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés et caissons à froid, couv. illustrée conservés (rel. de l'époque), bon état. Tiré à 300 exemplaires seulement (250 ex. non mis dans le commerce, souscrits par le régiment, et 50 ex. mis en vente. Très rare
Le 7ème Hussards descend directement de la légion de Kellermann et de quelques hussards de Lamothe. Ceux-ci furent amalgamés à la légion Kellerman lorsqu'elle fut dissoute en juin 1794. Ces deux corps de cavalerie réunis avaient alors formé le 7ème Hussards.
P., A. Delahays, 1861, in-12, (8)-440 pp, table analytique, reliure demi-veau glacé havane à coins, dos à 5 nerfs guillochés, caissons à froid et doubles filets dorés, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état (Einaudi, 3521)
"Parmi les questions de l'économie politique, nous avons surtout choisi les questions d'économie sociale." (Préface). Histoire de l'économie politique ; Utopies ; Communisme ; Esclavage ; Corporations ; Compagnonnage ; Socialisme ; Saint-Simonisme ; Ateliers nationaux ; Associations ouvrières ; Paupérisme ; Misère ; Mendicité ; Taxe des pauvres ; Assistance, bienfaisance, charité ; etc.
Fayard, 1948, in-12, 402 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)
"L'ouvrage de M. Lucas-Dubreton est un portrait en action. Avec beaucoup de verve, et de très abondantes et savoureuses citations contemporaines, il nous montre le méridional arriviste tout au long de son existence, avec toutes les petitesses qui sont le ressort de ses actions. M. Lucas-Dubreton ne pose pas au moraliste, mais son talent si vivant, sa pénétration psychologique rendent son oeuvre terriblement convaincante, et plus redoutable pour son héros que le plus féroce des réquisitoires. Sa conclusion est d'ailleurs parfaitement nette : Thiers n'a fait qu'une carrière individuelle ; « sa visée ne dépasse pas les intérêts purement matériels et il ne possède à aucun degré le génie des institutions sociales ; » et M. Lucas-Dubreton laisse entendre que ce bourgeois merveilleusement doué a mésusé de ses dons..." (Jacques Néré, Revue Historique, 1951) — "M. Lucas-Dubreton a scruté sans indulgence la vie publique et privée de son héros. Livre documenté, vif, malicieux à souhait. Dans la longue carrière de Thiers, – elle commence en 1830 et s'achève, avec la fondation de la IIIe République, – il y a sûrement bien des petits côtés. Ce parvenu embourgeoisé, a su faire son chemin sous tous les régimes, pratiquant toute sa vie un « jeu de bascule » assez médiocre. Tout cela est vrai. Il y a quelque partialité cependant à ne présenter au lecteur que cet aspect déplaisant de son caractère. Il y a chez Thiers, avec un réel génie pratique, une vaste culture et un profond patriotisme qu'il serait injuste de minimiser." (Joseph Lecler, Etudes, 1949)
Hachette, 1934, in-8°, 288 pp, un portrait en frontispice, broché, état correct (Coll. Figures du passé)
Biographie de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857), chansonnier prolifique, qui eut un succès prodigieux à son époque. Après le retour de Louis XVIII en 1815, Béranger va exploiter les thèmes du respect de la liberté, de la haine de l’Ancien Régime, de la suprématie cléricale, du souvenir des gloires passées et de l’espoir d’une revanche. Alors que la presse n’est point libre, il renouvelle la chanson dont il fait une arme politique, un instrument de propagande : il attaque la Restauration et célèbre les gloires de la République et de l’Empire. C’est le temps de La Cocarde blanche et du Marquis de Carabas. Béranger apporte la poésie dont ont besoin ceux qui ont déserté la cause royale. Le cercle de ses amitiés s’élargit et on le voit dans de nombreux salons. Il accepte de collaborer à la Minerve avec Étienne de Jouy, Charles-Guillaume Étienne et Benjamin Constant. En 1820, le Vieux Drapeau est clandestinement répandu dans les casernes. Béranger devient vraiment la voix du peuple ou « l’homme-nation » comme le dira Lamartine. Son œuvre de poète pamphlétaire est déjà considérable : il a attaqué les magistrats dans Le Juge de Charenton, les députés dans Le Ventru, les prêtres et les jésuites partout. Ses chansons paraissent en deux volumes le 25 octobre 1821. En huit jours, les dix mille exemplaires sont vendus et l’imprimeur Firmin Didot prépare une nouvelle édition...
Grasset, 1929, in-12, 266 pp, un portrait de Casimir Périer hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
Hachette, 1926, in-8°, 320 pp, reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane fauve, couv. et dos conservés, bon état (Coll. L'Histoire de France racontée à tous)
"S'adressant « à tous », M. Lucas Dubreton s'est surtout attaché à raconter l'histoire politique de la Restauration et de la Monarchie de juillet. Il l'a fait en narrant les événements, en multipliant les portraits, en ne négligeant pas les anecdotes, en imprimant à tout son récit une pittoresque animation. Qu'on lise, par exemple, les pages (175-191) sur la personne et le gouvernement de Casimir Périer. En seize chapitres, également partagés entre l'époque de la Restauration et celle de Louis-Philippe, il s'est attaché à dire l'essentiel. Chacun d'eux est accompagné d'une bibliographie, brève mais judicieusement composée, comprenant à la fois des œuvres contemporaines des événements, telles que le Congrès de Vérone de Chateaubriand, de grands travaux d'ensemble, comme ceux de Vaulabelle et de Thureau-Dangin,et des études récentes : celle de M. Charléty, celle de M. de la Gorce sur Louis XVIII, etc. La conclusion de la première partie du livre de M. Lucas-Dubreton est favorable au régime de la Restauration et particulièrement à Louis XVIII. (...) Louons M. Lucas-Dubreton d'avoir réussi à exposer, en un volume, avec clarté, une histoire compliquée entre toutes. Son livre, qui fait revivre toute une époque, est écrit « pour tous » ; il sera cependant un utile instrument de travail pour les historiens des années 1814 à 1848." (Léon Leclère, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1927)
Hachette, 1930, in-12, 217 pp, reliure demi-toile bleue, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état (Coll. L'ancienne France)
L'auteur a entrepris de faire tenir en 217 pages l'exposé de tous les faits importants du règne de Louis-Philippe : politique intérieure, politique extérieure, vie économique et intellectuelle. — "Ce livre n'est pas destiné à rénover l'histoire de l'époque qui y est étudiée. Mais lorsque des évocations de « l'ancienne France » sont confiés à des hommes du talent de M. J. Lucas-Dubreton, on prend un rare plaisir à se laisser guider par lui et de la lecture de leurs ouvrages on retire toujours un profit certain." (Combe de Patris, Revue des questions historiques)
Albin Michel, 1959 fort in-8°, 468 pp, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.
Avec la Seconde Restauration, le culte napoléonien se fait clandestin et trouve d’autres moyens d’expressions (gravures ambigües, cannes séditieuses). Les survivants de la Grande Armée, démobilisés, entretiennent partout le souvenir de l’Empereur et dès 1823, Las Casas donne une image exemplaire de Napoléon dans son Mémorial de Sainte-Hélène. Cinq ans plus tard, malgré la censure, Béranger présente dans Souvenirs du peuple un empereur proche du peuple et révéré de tous à l’égal d’un saint dont on conserve les reliques... — "J. Lucas-Dubreton vient d'écrire un ouvrage synthétique sur ce « culte de Napoléon » qui n'avait encore été l'objet que d'études partielles. Il y rattache les complots des années 1820 aussi bien que les pages consacrées à Napoléon par les grands écrivains du siècle, ou les premières tentatives du neveu pour s'emparer du pouvoir. Dans ce livre, J. Lucas-Dubreton a eu tendance à utiliser davantage les gravures ou les ouvrages de l'époque que les travaux contemporains. L'ouvrage rendra service et pourra servir de guide à des recherches régionales sur le culte de Napoléon." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1962)
Albin Michel, 1960, fort in-8°, 468 pp, notes bibliographiques, reliure toile éditeur, rhodoïd, bon état
Avec la Seconde Restauration, le culte napoléonien se fait clandestin et trouve d’autres moyens d’expressions (gravures ambigües, cannes séditieuses). Les survivants de la Grande Armée, démobilisés, entretiennent partout le souvenir de l’Empereur et dès 1823, Las Casas donne une image exemplaire de Napoléon dans son Mémorial de Sainte-Hélène. Cinq ans plus tard, malgré la censure, Béranger présente dans Souvenirs du peuple un empereur proche du peuple et révéré de tous à l’égal d’un saint dont on conserve les reliques... Cet ouvrage explore le phénomène du culte napoléonien en France entre 1815 et 1848, période marquée par le retour de Napoléon lors des Cent-Jours, sa défaite à Waterloo, son exil à Sainte-Hélène et la restauration de la monarchie. Jean Lucas-Dubreton analyse comment Napoléon Ier, puis sa mémoire, ont été utilisés à des fins politiques et comment ils ont influencé la culture populaire, l'art, la littérature et la politique de l'époque. L'auteur examine également les différentes perceptions de Napoléon selon les régimes successifs et les différentes classes sociales. — "J. Lucas-Dubreton vient d'écrire un ouvrage synthétique sur ce « culte de Napoléon » qui n'avait encore été l'objet que d'études partielles. Il y rattache les complots des années 1820 aussi bien que les pages consacrées à Napoléon par les grands écrivains du siècle, ou les premières tentatives du neveu pour s'emparer du pouvoir. Dans ce livre, J. Lucas-Dubreton a eu tendance à utiliser davantage les gravures ou les ouvrages de l'époque que les travaux contemporains. L'ouvrage rendra service et pourra servir de guide à des recherches régionales sur le culte de Napoléon." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1962)
Firmin-Didot, 1929, in-8°, 152 pp, 8 pl. de gravures hors texte, vignettes et culs-de-lampe de J.-J. Dufour, sources et biblio, broché, bon état (Coll. Histoires de France)
Le 21 septembre 1822, quatre jeunes sergents du 45e régiment de ligne basé à La Rochelle sont guillotinés à Paris, en place de Grève. Leur crime est d'appartenir à la Charbonnerie, une organisation qui fait profession de comploter contre le régime. — "Un des épisodes les plus fameux de l'histoire de la Restauration, narré avec soin et sincérité." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1931)
Tallandier, 1936, in-12, 222 pp, un portrait en frontispice, broché, couv. illustrée, état correct
La reine du théatre. — "M. Lucas-Dubreton nous conte avec cette conscience et ce sérieux qui lui sont habituels la vie de Rachel." (Georges Girard, Le Figaro, 13 juin 1936) — "Il a paru, coup sur coup deux livres bien intéressants pour ceux que le théâtre attire encore, l'un de M. Binet-Valmer, sur Sarah Bernhart (chez Plon), l'autre de M. J. Lucas-Dubreton, sur Rachel (chez Tallandier). Même pour les gens de ma génération, qui ont tellement suivi et applaudi la première, ou pour les amateurs de littérature dramatique, qui n'ignorent rien du rôle énorme joué au XIXe siècle (de 1838 à 1858) par Rachel, ces deux ouvrages contiennent une importante révélation : c'est que, essentiellement, ces deux actrices fameuses furent avant tout d'illustres gourgandines... M. J. Lucas-Dubreton, auquel nous devons tant de livres éblouissants sur l'époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, s'est attaché à étudier de très près, moins la carrière dramatique de Rachel que la vie privée, si lamentable, de cette pauvre fille. Il nous donne une idée du dévergondage – il n'y a pas d'autre mot – qui, à trente-sept ans, devait menait la malheureuse au tombeau..." (Armand Praviel, L'Express du Midi, 1er septembre 1936)
Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 542 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Ouvrage issu de thèse. — La mémoire nationale a longtemps désigné le «bloc conservateur de l’Ouest» comme l’espace politique caractéristique du maintien des traditions religieuses et sociales et de leur traduction politique. La réalité est plus nuancée et fait apparaître des territoires en contradiction avec cette image convenue. André Siegfried avait qualifié la Cornouaille, c’est-à-dire essentiellement le sud du département du Finistère, de «berceau de la République» et de «foyer originel des idées démocratiques en Bretagne». Plusieurs facteurs y concourent : l’héritage révolutionnaire est présent dans les villes et le principe de l’égalité a essaimé dans les campagnes ; le prolétariat maritime est à la source d’un véritable «sans-culottisme» ouvert aux idéologies de contestation ; la petite bourgeoisie des nombreux petits centres urbains se réclame de la modernité ; enfin, le «catholicisme bleu» y sépare souvent la foi religieuse des engagements profanes. La Cornouaille est, dès 1870, un espace politique ouvert. Si elle se reconnaît dès juillet 1871 dans la République modérée, elle n’en est pas moins sensible aux courants du radicalisme et du socialisme : le premier, présent dans les ports dès 1870, se répand dans les campagnes à la fin du siècle ; le second, sous sa forme anarcho-syndicaliste, essaime à partir de ses bases brestoises et nantaises au début du XXe siècle.
Payot, 1984 in-8°, 587 pp, chronologie, broché, couv. illustrée, qqs très rares annotations crayon, bon état (Bibliothèque historique)
"« Puisque la personnalité de Bismarck a décidé du destin de l'Allemagne, cette nation doit connaître le caractère de cet homme tel qu'il fut, et non comme l'idolatrie et la haine l'ont défiguré. » Ainsi M. Emil Ludwig présente-t-il le but qu'il s'est proposé en écrivant la biographie du « chancelier de fer ». C'est précisément contre cette image simpliste et légendaire, perpétuée par les portraits qui figuraient au chevet de tout bon Allemand et par les innombrables statues rigides érigées dans les villes allemandes, que se dresse M. Ludwig. Son livre n'a pas le dessein de retracer une œuvre, ni même une politique, mais d'essayer de démêler les traits multiples d'un caractère schématisé par l'histoire, mais qui fut d'une extraordinaire complexité et qui est demeuré difficilement accessible. M. Ludwig s'avère, une fois de plus, narrateur fidèle et artiste metteur en scène. Il sait rénover le sujet par une présentation habile, un groupement judicieux des faits et surtout par une pénétrante analyse psychologique. Le personnage est ainsi dépeint sous un jour nouveau : bien des traits de caractère jusqu'alors négligés, ou refoulés par d'autres chroniqueurs, sont mis en relief et laissent quelque peu confondu ou étonné. Pour mieux comprendre son Bismarck, l'auteur s'est attaché – et c'est là une des parties les plus originales du livre – à fouiller minutieusement la période non politique de sa vie, sa jeunesse inquiète, sa formation intellectuelle et sociale, et il apparaît que ces années de jeunesse, qui vont jusqu'au delà de la trentaine, époque de l'entrée dans la vie politique active, ont été décisives pour le développement intérieur de ce caractère fait d'oppositions violentes... Les ouvrages pleins de talent de Ludwig s'élèvent bien au-dessus du lot des biographies plus ou moins romancées fort en vogue." (P. Benaerts, Revue Historique, 1932)
Perrin, 1998, in-8°, 364 pp, 8 pl. de photos hors texte, 46 cartes et documents, biblio, biographies, index, broché, couv. illustrée, bon état
En 1899, éclatait en Afrique du Sud une guerre totale. Elle opposa l'Empire britannique aux Républiques boers du Transvaal et de l'Orient. Durant presque trois ans, la "guerre des Boers" unit ainsi aux prises deux peuples blancs : l'un luttant pour sa survie et l'autre pour sa suprématie. Cette guerre du "David" Boer contre le "Goliath" anglais fut un conflit international puisque face à des forces venues de tout l'Empire britannique, les Boers furent renforcés par des volontaires français, allemands, italiens, irlandais, russes, américains, hollandais, scandinaves, serbes... Pour la première fois, l'histoire de ces volontaires est racontée. Trois chapitres leur sont consacrés. Les Boers suscitèrent un immense courant de sympathie en Europe où les opinions publiques s'enflammèrent pour leur cause. Ils devinrent les héros à la fois de la gauche qui en fit les champions du combat anticolonialiste et de la droite qui vit en leur lutte l'enracinement opposé au "cosmopolitisme anglo-saxon". pour venir à bout de leurs adversaires, les Britanniques enfermèrent tous les civils boers dans des camps dits de "reconcentration" où mourut une génération de femmes et d'enfants. Puis, pratiquant la politique dite de la "Terre brûlée", il incendièrent 25 000 à 30 000 fermes. Après la défaite, des milliers de Boers déracinés allaient se prolétariser; se heurtant à la concurrence de la main d'œuvre noire, ils imposèrent par la force les premières lois raciales. Une des conséquences de cette guerre fut la politique d'apartheid. Mais, contrairement à une idée reçue, la guerre des Boers ne fut pas qu'une guerre de Blancs. Dans les deux camps, des Noirs participèrent activement aux opérations. Ce livre ne se contente pas de raconter les épisodes militaires de la "guerre des Boers", il explique ses origines et la replace dans le contexte régional et international de l'époque. Illustré d'une cinquantaine de cartes originales, il est sur ce thème l'ouvrage de référence.
P., Librairie de L. Hachette, 1858, in-12, (2) ff., 356 pp, une carte dépliante de l'Inde moderne d'après les documents les plus récents, dressée par F. de Lanoye et gravée par E. George, broché, bon état. Edition originale française
Ouvrage contenant de très nombreux renseignements sur la colonisation anglaise en Inde. L'édition originale anglaise a été publiée en 1857 et Lutfullah est mort en 1874. — "Lutfullah naquit le 4 novembre 1802, dans la ville de Dhar ou Dharanagar, ancienne capitale du Malwa ou Inde-Centrale. Il donne en tête de son ouvrage sa généalogie (...) Lutfullah était à peine âgé de quatre ans quand il perdit son père, et resta sans autre appui que celui d’une mère jeune et sans expérience, et d’un oncle maternel, chargé déjà d’une famille nombreuse. Pour comble de malheur, le pays était désolé à la fois par la famine et l’anarchie. Vers 1810, la position des deux familles était devenue tout à fait misérable ; elles vendaient tout ce qu’elles possédaient, et jeûnaient quelquefois un jour ou deux pour gagner, à force de labeur, une maigre pitance. Les femmes travaillaient du fuseau ou de l’aiguille depuis le matin jusqu'au milieu de la nuit ; l’oncle copiait des livres, et le jeune Lutfullah, déjà versé dans la langue persane et dans les éléments de la grammaire arabe, l’aidait tout le long du jour en lisant et conférant textes et copies. Ce fut alors que, l’oncle, le neveu et la mère de celui-ci s'étant rendus à Baroda pour y recueillir des aumônes, Lutfullah vit avec surprise, parmi la population, deux races d’hommes qu’il n’avait pas encore vues, les Anglais et les Parsis, Ce premier voyage de l’auteur fut suivi d’un autre moins considérable à l’antique cité d’Oudjaïn, si célèbre dans les ouvrages sanscrits. Dans cet endroit, la mère de Lutfullah, cédant aux conseils de son frère, se remaria avec un officier d’un grade correspondant à celui de capitaine (soubadar), au service de la mère de Daulat-Rao Scindiah, maharadjah ou souverain des Mahrattes. Ce personnage traita d’abord fort bien son beau-fils, et ordonna à ses gens de lui apprendre l’équitation et l’usage des armes. Mais, étant devenu père d’un fils, il commença à se détacher de Lutfullah et à l’accabler d’injures, de mortifications et de sévices. L’enfant prit le parti de s’enfuir et se dirigea vers Agra, emportant un pain, un Coran, un exemplaire de Hafiz, que lui avait donné le maharadjah et une épée. (...) On conçoit tout ce qu’un pareil genre de vie pouvait offrir d’intéressant pour un homme doué d’une vive intelligence et d’un esprit observateur. Aussi la description des localités visitées par Lutfullah pendant celte période de son existence forme-t-elle une des parties les plus curieuses de ses mémoires. L’auteur ne laisse échapper aucune occasion de nous faire connailre les monuments remarquables de chaque ville où il séjourna, les moeurs des populations et le caractère des individus avec lesquels il se trouva en rapport. (...) Au mois de juin 1834, Lutfullah, de retour à Surate, entra au service du nawab ou vice-roi nominal de cette ville, en qualité de secrétaire. La cour de ce prince, pensionnaire du gouvernement anglo-indien, était le théâtre de basses intrigues, dans lesquelles l’auteur ne voulut pas jouer un rôle ; il ne tarda donc pas à renoncer à son poste, et fut de nouveau employé par les Anglais comme surintendant d’un district. Vers la fin de 1838, il alla rejoindre un de ses anciens élèves, nommé à des fonctions diplomatiques dans le Sind. On se trouvait alors à la veille de la première expédition des Anglais dans l’Afghanistan, et la mission à laquelle Lutfullah était attaché avait pour objet d’obtenir des émirs du Sind le libre passage d’un corps d’armée anglais à travers leur territoire, et, de plus, un tribut annuel de 300,000 roupies et le payement immédiat de 2,100,000 autres roupies, sous prétexte que la tranquillité à venir des territoires soumis aux émirs dépendait des résultats de la guerre entreprise contre les Afghans. Le récit de celte négociation forme un des chapitres les plus curieux de l’ouvrage. On en peut dire autant du suivant, consacré à raconter divers incidents de la marche de l’armée anglaise dans le Sind. Après avoir quitté le service des Anglais, Lutfullah reprit son ancien métier de professeur de langues, jusqu’au moment (avril 1842), où il fut attaché à la maison de Mir Djafer Aly, un des gendres de son ancien maître, le nawab de Surate. (...) La précédente analyse, bien que détaillée, ne peut donner qu’une idée fort incomplète de l’intérêt soutenu qu’offre la lecture des mémoires de Lutfullah. L’écrivain se montre toujours observateur sagace et narrateur plein de bonne foi. Quoiqu’il proteste souvent de son orthodoxie, il n’a contre la religion chrétienne aucune prévention, et relève assez librement ce qui lui parait blâmable dans les croyances et les coutumes musulmanes. La traduction de l’ouvrage est écrite d'un style facile et, en général, élégant." (Constitutionnel, 19 juillet 1858)
Aubier, 1981, pt in-8°, 253 pp, 63 illustrations dans le texte et à pleine page, petit guide de lecture, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Floréal), bel envoi a.s. (10 lignes) à Emmanuel Le Roy Ladurie
"Avec brièveté et clarté (mais avec des raccourcis qui font bon marché de disparités sociales et régionales énormes), l'ouvrage d'Hervé Luxardo évoque nombre d'aspects de la vie paysanne : la politique au village, l'école, les amours paysannes... Plus personnelle est sans doute la présentation de thèmes encore peu développés (la lecture paysanne) ou qui percent depuis peu dans le champ des études rurales (voir par exemple les passages sur les attaques de diligences et les incendies criminels comme formes de la violence rurale). Ce livre n'est pas de ceux qui sont destinés en priorité aux spécialistes du sujet (quand bien même ils peuvent trouver de l'agrément et quelque profit à sa lecture). Mais “Rase campagne” puisse être lu, selon les cas, comme une alerte synthèse, une première présentation des résultats de recherches contemporaines en ce domaine ou une incitation à poursuivre plus avant les lectures, voire les recherches." (Anne-Marie Thiesse, Annales ESC, 1987)
Panazol, Editions Lavauzelle, 2003, in-8°, 237 pp, préface du général Hirschauer, un portrait photo en frontispice, 6 pl. de photos hors texte, 4 cartes et plans, qqs fac-similés et illustrations dans le texte, reliure demi-basane acajou mouchetée de l'éditeur, dos à 4 faux-nerfs, bon état. Réimpression de l'édition de 1932
Le capitaine Lux raconte son arrestation en 1910, sa condamnation, son emprisonnement, son évasion en 1911. — "Le 2 janvier 1912, L’Ouest-Eclair publie un article assez mystérieux sur l’arrivée à Paris, en train, d’un officier français évadé d’Allemagne. Deux ans et demi avant la mobilisation de l’été 1914, une telle affaire parait bien sibylline et il est vrai qu’elle ne manque pas de rebondissements. Chef du bureau de renseignement de Belfort, le capitaine Charles Lux est arrêté en Allemagne alors que, de Suisse, il tente de se livrer à l’espionnage d’installation de zeppelins. Pris en charge immédiatement par les autorités allemandes, l’officier est jugé et condamné à une peine de six ans de forteresse, qu’il effectue en grande partie à Glatz, à la frontière de l’actuelle République Tchèque et de la Pologne. Une telle peine peut paraître disproportionnée tant, dans ce genre d’affaire, les services savent en général s’entendre et s’échanger de bons procédés. Mais le capitaine Lux est arrêté en pleine tension franco-allemande et, alors que son procès est instruit pendant l’affaire du Maroc, son sort ne peut être réglé à l’amiable. Publiant vingt ans après les faits le récit de son évasion, l’espion interprète ce jugement comme la preuve irréfutable de l’injustice pangermaniste, de l’inévitable soif d’extension de l’Allemagne et de son « acharnement naturel » (p. 49) à l’encontre de la France. Ce livre de souvenirs, qui se dévore comme un haletant roman d’aventures, est publié en 1932, soit presque quinze ans après la Première Guerre mondiale..." (Erwan Le Gall)
Spartacus, 1994, in-8°, 171 pp, présentation par Ernest Everhard, broché, couv. illustrée, bon état
À partir de 1913, Rosa Luxemburg s’engagea dans une campagne vigoureuse de dénonciation du militarisme allemand et des risques de guerre. En février 1914, elle fut condamnée à un an de prison pour incitation de soldats à la désobéissance, mais la sentence ne fut pas exécutée immédiatement. Dès le ralliement de la majorité du parti à la politique de guerre, elle rassemble ceux de ses membres les plus déterminés à s’y opposer. Mais en février 1915, elle est incarcérée à Berlin, et c’est en prison, en quelques semaines, qu’elle écrit cette analyse des causes de la guerre mondiale et de l’effondrement de la social-démocratie et de l’Internationale et des conséquences qu’on peut en tirer pour le mouvement ouvrier. Dans les conditions difficiles imposées par la clandestinité, l’arrestation ou la conscription des militants qui lui étaient proches, ce texte ne sera diffusé qu’après sa sortie de prison en 1916, sous le pseudonyme de Junius, déjà utilisé par un pamphlétaire anglais du XVIIIe siècle pour dénoncer la politique du roi Georges III et la corruption des milieux dirigeants.
Denoël Gonthier, 1971, in-8°, 348 pp, broché, état correct. Tome I seul (sur 2) : le tome II contient les lettres de 1900 à 1914.
Les Amis de Spartacus, 1997, in-8°, 192 pp, avant-propos par Jean-Michel Kay, “La vie héroïque de Rosa Luxemburg” par Berthe Fouchère, une photo de R. Luxemburg, broché, couv. illustrée, bon état
Ces textes ne sont pas des recettes : ils sont des leçons, tirées à chaud du combat militant, sur ce qui a conduit le socialisme dans l’impasse. Sans la sécheresse de la théorie, mais riches d’une compréhension profonde des mécanismes de notre société, les analyses de Rosa Luxemburg ont l'immense mérite d'avoir été confirmées par l'histoire du 20e siècle.
Plon, 1931, in-8°, ix-478 pp, un portrait en frontispice, 3 tableaux généalogiques dépliants , biblio, broché, bon état
"M. Pierre de Luz nous a donné du comte de Chambord une biographie très élogieuse et où les problèmes dynastiques tiennent une place importante, mais qui, sentiment monarchique à part, est l'œuvre d'un esprit averti et d'un chercheur attentif, qui écrit très agréablement." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1934) — "Les manuels d'histoire apprennent aux enfants de France que le 2 août 1830, Charles X, après avoir rapporté les fameuses ordonnances qui furent le prétexte de la révolution de Juillet, abdiqua en faveur de son petit-fils Henri V et que ce prince, connu jusqu'alors sous le nom de duc de Bordeaux, suivit son grand-père dans l'exil. La monarchie de Juillet se déroule, puis la Seconde République, le Second Empire, la guerre de 1870-1871, la présidence de M. Thiers : quarante-trois ans d'histoire. De Henri V, il n'est plus jamais question que par allusion – insurrection vendéenne, « conspirations de salon ». Et puis, soudain, on le voit reparaître, au premier plan. Hier, il était oublié, aujourd'hui, il est indispensable... Celui qui réfléchit, qui sait déjà que tout événement historique a des causes immédiates et des causes profondes, celui-là met à profit un jour de congé pour chercher dans une bibliothèque des livres qui puissent le renseigner sur les raisons de ce long interrègne, de cette prodigieuse résurrection et enfin de cette restauration manquée... Si les gros livres ne le rebutent pas, le chercheur lira Chesnelong, Maxime Petit, Arthur Loth, Hanotaux, Henry de Pène. Tous ces auteurs lui apporteront des clartés, aucun ne lui donnera la pleine lumière. Aucun ne lui expliquera le mystère d'octobre-novembre 1873, de ce prince qui, après une longue revendication de sa couronne perdue, semble refuser de la reprendre au moment où elle lui est offerte. C'est que ni la lettre de Salzbourg, ni le séjour du comte de Chambord à Versailles en novembre 1873 ne sont intelligibles lorsqu'on ignore la vie du prince entre le moment où il a quitté la France pour l'exil et le moment où la France s'étant rouverte devant lui, il a paru hésiter au seuil de la patrie et rester volontairement en exil. Il fallait reconstituer de bout en bout l'histoire de Henri V, de sa naissance en 1820 à sa mort en 1883. C'est à quoi nous nous sommes attachés..." (Introduction)
P., J.-B. Baillière, 1870, fort in-8°, xvi-592 pp, un frontispice, une planche hors texte et 68 figures gravées sur bois dans le texte ; + 4 ff.-372 pp, illustré de 114 figures gravées sur bois in-t. ; + 40 pp de catalogue de l'éditeur, reliure pleine percaline verte de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, encadrements à froid sur les plats, une charnière recollée, 2e plat lég. défraîchi, bon état. Peu courant. Edition la plus complète, les 2 volumes reliés ensemble par l'éditeur
Sir Charles Lyell, géologue anglais, est l'un des premiers défenseurs, sinon le créateur de la théorie des causes actuelles, il s'efforça dans ses écrits, principalement dans ses célèbres Principles of Geology, qui soulevèrent bien des polémiques, d'expliquer tous les phénomènes géologiques du passé par ceux qui se produisent actuellement sous nos yeux ; il s'attacha plus particulièrement à décrire minutieusement les causes des oscillations du sol et il émit sur les volcans et les tremblements de terre une foule d'idées nouvelles qui rencontrèrent du reste beaucoup de contradicteurs. C'est lui également qui, le premier, vers 1828, classa les dépots tertiaires d'après la proportion des coquilles d'espèces encore existantes trouvées dans chacun d'eux ; il arriva ainsi à une division tripartite, pour laquelle il imagina les noms, généralement adoptés, d'éocène, de miocène et de pliocène. Il étudia enfin avec le plus grand soin la migration des espèces et l'origine de l'espèce et il aboutit à des conclusions qui concordent sur beaucoup de points avec les opinions de Darwin. C'est ainsi qu'après de longues recherches dans les principales cavernes de l'Europe, il assigna à la race humaine une très grande antiquité. (La Grande Encyclopédie XXII, 837) — L'édition originale de 'The Geological Evidences of the Antiquity of Man' remonte à 1863. Lyell, éminent géologue (le premier, déjà, à avoir apporté sa caution à Boucher de Perthes), est avec cet essai le premier grand savant à apporter explicitement son appui aux théories évolutionnistes de Darwin et Wallace. Son retentissement est tel qu'il est traduit immédiatement en français (1864), et que Büchner s'en empare pour le traduire en allemand.