8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Grasset, 1994, in-8°, 328 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
S’il est une passion à laquelle Georges Mandel sacrifia toute sa vie, c’est bien la politique. Ce fut, pour cet homme illustre et énigmatique, une passion sans partage, dévorante, destructrice. Il y perdit sans doute son existence, mais il y gagna son destin. A l’heure où d’aucuns, ici ou là, croient devoir réduire la part de noblesse et d’abnégation qui s’attache au service de la « chose publique », il n’était peut-être pas inutile de ressusciter, en conséquence, la figure – voire la légende – de ce grand ministre. C’est à cette entreprise que Nicolas Sarkozy a voulu consacrer son livre. On y retrouvera, bien sûr, le Georges Mandel qui fut l’intime collaborateur de Clémenceau. On y retrouvera l’homme aux cols durs, aux rancunes tenaces, aux convictions sans faille, qui, dans les années trente, essaya – contre des adversaires qui ne l’épargnèrent jamais – de moderniser la France et sa démocratie. On l’y suivra enfin dans son parcours singulier, tout de ferveur et de pragmatisme, jusqu’à son assassinat en 1944. Mais par-delà les rigueurs de cette biographie, ne faut-il pas entendre, dans ce livre, l’hommage qu’un homme politique d’aujourd’hui veut rendre à un homme politique d’hier ?
Hachette, 1925, in-12, 253 pp, préface par S.E. Le Cardinal Mercier, traduit de l'anglais, broché, bon état
"... Beaucoup d'auteurs ont écrit comme Ch. Saroléa sur la Russie des Soviets. Mais ou bien ils ne l'ont point vue, ou bien ils en ignorent la langue et l'histoire. S'ils l'ont visitée, ils ont, même malgré eux, fait le « voyage de Potemkin », car ils étaient incapables d'échanger trois mots avec « l'homme dans la rue ». M. Sarolea, slavisant expert, n'était pas exposé à pareille disgrâce. Avant la guerre, il a fait des séjours fréquents et prolongés en Russie. Il a vécu, à Yasnaïa-Poliana, dans l'intimité du grand Tolstoï, dont il fut le biographe. Non seulement il peut comparer la Russie d'hier à celle d'aujourd'hui, mais il a été mieux placé que personne pour voir et juger. Son livre est un livre « de première main ». C'est aussi un livre « de bonne foi ». On ne peut refuser à l'auteur le mérite de la sincérité. Et d'excellents juges affirment que sa description de la Russie soviétique correspond à la réalité..." (Le Figaro, 1925)
P., Editions du Sagittaire, 1931, in-12, 285 pp, broché, bon état (Coll. Grandeur et servitude). Edition originale, prière d'insérer joint
"Depuis de longues années, M. Albert Sarraut a étudié, des points de vue les plus divers, ce problème d'expansion lointaine qui touche à tous les aspects de l'activité politique et économique contemporaine. Aussi la question coloniale prend, dans ce présent livre, une ampleur, une acuité et une profondeur exceptionnelles. La colonisation est un acte de conquête, inéluctable et fatal, qu'il s'agit de légitimer chaque jour davantage par les bienfaits matériels et moraux qu'en recueillirent les pays colonisés et par le bénéfice général qu'en retirera la vie universelle. Telle est la démonstration fondamentale de l'auteur, qui expose dans quelles conditions l'Europe et la France ont été impérieusement poussées à coloniser. Mais le dynamisme colonial en pénétrant les races auxquelles il apportait la civilisation européenne, a engendré des réactions profondes qui mettent actuellement les nations colonisatrices en présence de problèmes de conscience et de crise d'autorité qui exigent leur union prompte et loyale pour les examiner et les résoudre. La question coloniale apparaît à M. Albert Sarraut comme immédiatement liée au vaste projet de Fédération Européenne..." (Prière d'insérer)
P., Editions de l'Empire français, 1941, pt in-4°, 448 pp, une photo de l'auteur en frontispice hors texte, texte sur 2 colonnes, nombreuses illustrations, caricatures et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état
Souvenirs polémiques de Jean-Mathieu Sartori, né en 1882, qui règle ses comptes avec à peu près tout le monde et plus particulièrement avec l'Action Française. Jean Sartori était le directeur de “La Bonne Guerre”, « tribune libre, politique et financière », qualifiée par Paul Jankowski (Cette vilaine affaire Stavisky, p. 250-252) de « misérable feuille à scandales adressée à quatre ou cinq mille parlementaires, magistrats et financiers ». Sartori tenta de faire chanter Stavisky au printemps 1933,puis concluera par la suite, selon Fred Kupferman : « quand nous publions avec un an d'avance le dossier complet de l'affaire Stavisky, c'est du chantage. Quand la grande presse se décide à en parler, c'est de l'information. »
Editions du Scorpion, 1961, in-8°, 264 pp, préface du général Salan, une carte, biblio, petit glossaire des mots kabyles, broché, bon état, bande éditeur conservée
Monographie de la SAS (Section administrative spécialisée) de Pirette entre 1956 et 1961. L’installation par l’administration coloniale de la réforme communale en Kabylie dans le contexte de la guerre d’Algérie. Les auteurs sont Pierre Sas (pseudonyme de Pierre Charié-Marsaine) et Yves Romanetti. — "Un document de valeur dont la publication servira utilement la cause de l'Algérie française." (Général Salan) — "Ce petit ouvrage est le fruit du travail de trois ans « sur le tas » d'une équipe militaire et civile réduite, de Français de souche européenne et kabyle. D'origines provençale, poitevine, bretonne, algéroise, corse, kabyle ou morvandelle, ils prouvent par l'amitié qui les unit que l'Intégration est possible et qu'ils ont tous la même Patrie. Que tous ceux qui parcourent ces lignes sachent que lorsque la S.A.S. fut créée, ils vivaient séparés sur les deux rives de la Méditerranée. Un seul lien bien ténu commençait à les unir, la connaissance pour les uns et la mission pour les autres d'un Capitaine qui n'avait jamais servi en Afrique du Nord. Cet officier à peine rentré d'Indochine était en permission dans son Morvan natal lorsqu'il reçut sa mise à la disposition du Ministre de l'Algérie et l'ordre de rejoindre Dra-El-Mizan. Après avoir bouclé sa cantine, il se retrouve quelques jours après en Kabylie devant Monsieur Rousseau, administrateur de grande classe, qui lui donne, ainsi qu'à une dizaine de camarades officiers, sa mission, des directives, quelques moyens se résumant à : 4 contrats d'attachés civils ; 30 contrats de Moghazenis (supplétifs musulmans) ; et au petit discours suivant : « Recrutez, installez-vous. Construisez un bordj, des mairies. Formez des maires, des secrétaires de mairie, des gardes-champêtres. Encadrez et ramenez les populations. Faites ce que nous n'avons pu faire, et ne nous jugez pas, nous, vos anciens; pensez que jusqu'à ce jour, mon adjoint et moi nous étions seuls pour administrer 120.000 Kabyles ». Jamais amitié et conseils ne nous firent défaut, et c'est ainsi que l'Equipe de Pirette est née, consolidée par le prix du sang que son premier chef, le Capitaine Moreau a payé..." (Avant-propos)
New Delhi, Dominant Publishers, 2005, in-8°, (10)-147 pp, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais
Sonia Gandhi, née le 9 décembre 1946, est une femme politique indienne d'origine italienne. Elle épouse Rajiv Gandhi, fils aîné d'Indira Gandhi, en 1968. Sonia Gandhi ne s'occupe pas de politique jusqu'à l'assassinat de son mari le 21 mai 1991, mais en 1998, elle entre formellement en politique, accepte la présidence du parti affaibli et se déclare candidate au poste de Premier ministre. Entre 1998 et 2017, elle sera la présidente du Parti du Congrès de l'Inde, poste auquel lui succède son fils Rahul en décembre 2017. — "Sonia Gandhi, belle-fille puis veuve de deux Premiers ministres indiens, aurait pu prétendre à cette fonction [de Premier ministre], puisqu’elle est la présidente du Congrès Indira, parti leader de la coalition de centre-gauche qui a remporté les élections législatives du printemps 2004. Mais en raison de la controverse suscitée par le Bharatiya Janata Party (BJP, « parti du peuple indien », droite hindoue), au sujet de son origine italienne, elle a choisi de renoncer à cette position au profit de Manmohan Singh, l’architecte du programme de réformes économiques lancées au début des années 1990. Sonia Gandhi, présidente du Congrès, mais aussi du National Advisory Council (un comité consultatif formé après les élections pour veiller à la mise en œuvre du Programme minimum commun par la coalition), est toutefois considérée par tous comme le véritable centre du pouvoir." (Stéphanie Tawa Lama-Rewal , Les femmes et le pouvoir exécutif en Inde, in Histoire@Politique, 2007/1)
Lettres du Monde, 1991, in-8°, 193 pp, préface du Bâtonnier Brunois, broché, bon état, envoi a.s.
Fayard, 1972, in-8°, 467 pp, avec la collaboration d'Anita Hirsch et d'autres auteurs, 6 figures, 3 cartes, index, broché, bon état
Tome 3 seul (sur 4). — "Singulier Alfred Sauvy. Peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le refus de toutes les complaisances, l'opposition à tous les conformismes. Et peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le souci de s'en tenir aux sources brutes de l'information économique. Alfred Sauvy s'efforce d'observer l'histoire économique au moyen de l'analyse statistique critique. Sa matière à lui, c'est le chiffre, mais elle n'est pas moins explosive que l'homme." (Maurice Roy, L'Express) – "Scientifique et serein, Sauvy est d'une férocité savoureuse. On ne le lit pas, on le déguste." (Louis Salleron, La Vie française) – "... Une enquête passionnante dirigée par Alfred Sauvy. Un travail indispensable pour la compréhension de l'histoire contemporaine." (Le Nouvel Observateur) – "La connaissance de ces années reste obscurcie par l'ignorance et, pis encore, par les préjugés. En tirant les leçons du passé, Alfred Sauvy sert l'avenir." (L'Expansion)
Calmann-Lévy, 1959, in-12, 264 pp, 4 figures, index des noms cités, broché, couv. lég. salie, bon état, bande éditeur conservée, envoi a.s. à l'économiste Jean Marchal
"Un petit livre alerte et profond qui devrait avoir de nombreux lecteurs. Chantre de l'expansion, Alfred Sauvy y trace un bilan passionné mais lucide de notre pays tiraillé entre le dynamisme dû à son renouveau démographique et un malthusianisme si fortement enraciné." (Le Monde) — "S'appuyant sur une large documentation statistique et utilisant toutes les ressources de sa grande expérience en matière de démographie, Alfred Sauvy a rédigé ce livre pour le grand public. Ayant tout d'abord décrit la situation passée de la natalité en France en en montrant les causes et les conséquences malheureuses, il analyse ensuite le mouvement de renouveau qui s'est dessiné dans notre pays depuis la récente guerre. Mais quel sera l'accueil fait à ce flot montant de jeunesse ? C'est une critique clairvoyante de toutes les formes de malthusianisme et un plaidoyer, parfois virulent, pour que la Nation prenne enfin conscience des charges mais aussi des espoirs que représentent des enfants plus nombreux, qu'elle leur fasse une place, qu'elle bouleverse ses vieilles traditions politiques et économiques et qu'elle reconstruise une France nouvelle." (J. Beaujeu-Garnier, L'Information Géographique, 1960) — "... Ce qui plaît, dans ces pages, c'est à la fois l'information très étendue qu'elles recèlent et l'esprit hautement scientifique qui les anime : ce est pas chez A. S. qu'on pourrait trouver de références à une quelconque idéologie préconçue (cf les pp. 221-224 sur les solutions autoritaires ; les pp. 234- 235 sur le colonialisme et l'anti-colonialisme ; la réponse pp. 216-217 à la question : faut-il protéger le grand capital ?)..." (Jean Lhomme, Revue économique, 1961) — "Après un rappel historique, montrant comment la baisse des naissances n'a pas apporté la richesse, S. évoque l'effort de ceux qui, entre les deux guerres, et à la veille du drame de 1939, surent faire passer dans les institutions la politique qui permit le redressement. Un hommage à l'action d'Adolphe Landry prend toute sa signification dans cette perspective. Mais, comme des enquêtes l'ont montré, si le comportement des Français a changé, puisqu'ils ont plus d'enfants, leur psychologie est restée malthusienne; ils ne sont pas encore remis de la peur de la croissance. Le problème est d'accueillir les jeunes, grâce à une politique appropriée d'investissements dans les bonnes directions. Dans les trois domaines-clefs de l'enseignement, du logement et de l'emploi, S. dénonce les dispositifs malthusiens toujours en place, et éclaire par antithèse les voies où il ne serait que temps de s'engager pour les faire sauter. Par l'effet de la croissance retrouvée, « la France est condamnée au progrès ». Éclairer l'opinion, pour qu'elle pèse de tout son poids dans le sens de l'avenir, et non dans celui du passé, est l'un des moyens pour provoquer le climat psychologique nécessaire à l'expansion. Ce nouveau livre témoigne de la volonté inlassable de S. d'œuvrer en vue de cet objectif." (A. Girard, Population, 1959)
Julliard, 1963, in-8°, 316 pp, traduit du hongrois, broché, bon état (Coll. Dossiers des Lettres Nouvelles). Edition originale. A noter : le titre de la couverture est différent de celui de la page de titre qui est "Volontaires pour la potence". Le titre dut être modifié en dernière minute parce que déjà utilisé en 1950 par un autre éditeur (Berger-Levrault). L'éditeur Maurice Nadeau raconte dans ses mémoires qu'on le força à retirer le livre de la vente sous peine de procès
Le témoignage d'un rescapé du procès Rajk. L'histoire vécue par l'un des principaux accusés, de l'arrestation puis de la mise en condition de quelque deux cents victimes – toutes innocentes – lors des procès préfabriqués de Budapest en 1949, qui devaient, sous le régime stalinien de Râkosi, décimer Laszlo Rajk et l'élite du P.C. hongrois. — "Après le Rapport Khrouchtchev, après Budapest, après ces “Volontaires pour l'échafaud” de Savarius, témoignage d'une victime du procès contre Rajk « et ses complices » (qu'on me force à retirer de la vente sous peine de procès), on ferme les yeux, les oreilles, l'entendement à ce que raconte Chalamov..." (Maurice Nadeau, “Grâces leur soient rendues: Mémoires littéraires”, 2015) — "Pour savoir ce qu'était la terreur stalinienne en Hongrie il faut lire deux livres : “Volontaires pour l'échafaud” de Béla Szász (Vincent Savarius), publié chez Julliard en 1963 et “Les beaux jours de l'enfer” de György Faludy, aux éditions John Didier, publié en 1965." (Charles Kecskemèti, “Morphologie et mécanismes d’une révolution : Budapest 1956”, 2006) — "Tous ces épisodes [d'octobre 1956] ont été remarquablement narrés par Bela Szasz lui-même, dans un ouvrage publié sous le pseudonyme de Vincent Savarius : “Volontaires pour l'échafaud” (1963)" (Alain Decaux, “C'était le XXe siècle, tome 4 : De Staline à Kennedy”, 2014)
Sablé (Sarthe), Editions de l'Abbaye de Solesmes, 1975, in-8°, 357 pp, broché, couv. illustrée d'une photo de Paul Delatte, bon état
Biographie de Dom Paul Delatte qui fut abbé de Solesmes de 1890 à 1921. — "La vie de l'abbé de Solesmes nous aidera à mieux voir à quelles sources il puisait sa spiritualité : Ecriture, Pères, Liturgie, ce qui ne va guère sans théologie. Ce livre ne nous décrit d'ailleurs pas que la montée d'une âme contemplative, mais la vie d'un conducteur d'hommes, d'un administrateur, d'un bâtisseur, mais au demeurant surtout d'un grand moine aux prises avec les difficultés d'une époque particulièrement mouvementée. L'auteur a su maintenir dans son admiration un brin d'humour qui est de discrétion." (J. Plagnieux, Revue des Sciences religieuses) — "L'intention qui a présidé à la rédaction de ces pages n'a pas été de constituer une biographie à proprement parler de celui qui fut, à la tête de l'abbaye de Solesmes, le second successeur de dom Guéranger ; à plus forte raison de fournir une histoire d'un abbatiat, long de trente-et-un ans et rempli d'événements, du dedans et du dehors, qui furent pour le monastère d'une importance capitale. Il s'est agi seulement de rassembler des « Souvenirs ». Et c'est bonheur. Le caractère intime de ceux-ci, leur rapport avec une physionomie morale très personnelle, projettent sur l'activité du Père Abbé une lumière et une vie qu'un récit d'histoire eût difficilement su reproduire..." (Etienne Catta, Revue d'histoire de l'Église de France)
Editions Soteca, 2010, in-8°, 413 pp, préface de Jacques Frémeaux, postface de Olivier Forcade, 11 photos dans le texte, 6 cartes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vivre dans la guerre)
Ouvrage issu de thèse. — Quand éclate la Grande Guerre, le nord du département de la Seine, épargné par les opérations militaires, participe néanmoins par le biais des réquisitions, à l'effort consacré à la défense de la France. Cette banlieue ne connaît guère le feu qu'à travers les raids aériens allemands et les explosions qui se produisent dans les dépôts de munitions. Les premières conséquences de la guerre sont les mouvements de populations qui l'affectent dès l'origine et tout au long du conflit, et notamment le flot incessant des réfugiés qui fuient devant l'armée allemande. Touchée par le manque et la cherté des denrées alimentaires et du combustible, elle a pu, et notamment grâce à la politique interventionniste de ses élus, passer, non sans quelques privations, ce cap difficile, mais ceci au prix d'un endettement des communes. Cependant, le conflit est pour la banlieue nord et nord-ouest de Paris, une période de plein emploi qui contraste avec la situation d'après-guerre. L'essor de l'industrie a procuré du travail aux anciens résidants comme aux nouveaux arrivants, mais néanmoins, en raison de la hausse vertigineuse du coût de la vie, les dernières années de la guerre voient se développer des mouvements sociaux importants ainsi qu'une progression des idées socialistes, dans un environnement matériel et moral dégradé.
Ed. Hier et Aujourd'hui, 1947, fort in-12, 461 pp, traduit de l'américain, broché, bon état
"Un « chef d’œuvre » stalinien oublié." (Jean Jacques Marie, Cahiers du mouvement ouvrier) — "Si l'Histoire du Parti communiste (bolchevique) du temps de Staline est un monument durable du mensonge historique le plus meurtrier, il existe aussi, de l'histoire stalinienne, des versions libérales et érudites. “La Grande Conspiration contre la Russie” de M. Sayers et A. E. Kahn fut un modèle du genre, avec son jeu de références et ses notes bibliographiques, utilisant aussi au besoin des ouvrages interdits en Union soviétique, comme “Ma vie” de Trotsky, mais au service d'une vision entièrement orthodoxe de l'histoire russe, avec, par exemple, des perles comme celle-ci : « La mort de Trotsky ne laissait plus qu'un seul candidat vivant au rôle de Napoléon en Russie : Adolf Hitler ». Au lendemain de la guerre et du front populaire des États, j'ai été le témoin de l'efficacité de ce type de discours..." (Pierre Vidal-Naquet, Un Eichmann de papier, 1980) — "... Ceux qui veulent connaître dans tous ses détails la conspiration trotskiste, ceux qui veulent apprendre ce que signifia le trotskisme pour la Russie ; ceux qu’il intéresse de savoir à quelle source viciée les trotskistes actuels puisent leurs arguments et les motifs de leurs provocations, qu’ils lisent ce livre : ils y trouveront l’histoire complète, minutieuse de cet homme que Lénine appelait le « Judas de la Révolution russe », et de tous ses adeptes vendus comme lui aux fascistes allemands et japonais. Sayers et Kahn, pierre après pierre, élèvent sous nos yeux la Cinquième colonne, qui, à l’intérieur de l’URSS, cherchait à ébranler, puis à perdre le régime soviétique. Ils montrent Trotsky lançant ses campagnes de propagande meurtrière, “tenant bon”, espérant la mort de Staline, et se reposant sur Hitler du soin de préparer son effondrement, avec l’aide de ses disciples ; Trotsky en qui vinrent se fondre tous les venins de l’antibolchévisme, et qui servit le capitalisme de tout son pouvoir, jusqu’à sa mort." (Léopold Durand, Cahiers du Communisme, n° 10, octobre 1947)
P., La Jeune-République, Cahiers de la démocratie n° 50, 1938, in-12, 64 pp, broché, non coupé, bon état. Peu courant
Bilan, en 1938, de la situation de l'Algérie et propositions pour l'avenir. Jean Scelles (1904-1996) fondera, dès 1940, la première organisation de résistance algérienne, en créant le réseau de résistance Combat Outre-Mer. — Table : Préface : l'Algérie française vivra ; I. Le projet Blum-Viollette ; II. L'Habitat musulman ; III. L'Artisanat en Algérie ; IV. Pour un tourisme populaire ; V. L'Enseignement en Algérie ; VI. La situation de la femme musulmane.
Michel Lafon, 2012, in-8°, 254 pp, traduit de l'allemand, la page de titre indique “Les Femmes et Hitler”, 10 photos dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Adolf Hitler n’a pas toujours été ce Führer à la personnalité charismatique qui savait électriser les foules pour mieux provoquer la haine. Il a également été un fils, un cousin énamouré, un jeune homme emprunté qui ne savait pas s’habiller. Pour la première fois, un journaliste allemand nous révèle le destin de ces femmes qui ont entouré, soutenu et parfois adulé Hitler. Sans elles, il n’aurait pas bénéficié de financements pour lancer ses campagnes politiques, ni de relais d’opinion pour imposer ses idées et accéder au pouvoir suprême. Certes, on connaît son idylle fatale avec Eva Braun, la fascination qu’il a exercée sur Winifred Wagner qui lui offrit le papier sur lequel il écrivit Mein Kampf en prison, ou sur Magda Goebbels qui sacrifia ses six enfants avant de se suicider. Mais qui sait qu’une jeune aristocrate anglaise était présente à ses côtés lorsqu’il annexa l’Autriche, et qu’il avait une petite amie française, qui donna naissance à un fils neuf mois après leur rencontre ?
Grasset, 2005, gr. in-8°, 594 pp, biblio, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état
Contrairement à une idée solidement ancrée, François Mitterrand ne s'est nullement opposé à la réunification de l'Allemagne. Il en a été au contraire l'un des visionnaires ; l'a pensée, avant même que d'autres la jugent possible, dans le contexte bien plus large d'une unification de l'Europe. Loin de se contenter d'accompagner le mouvement de l'histoire, il l'a anticipé, dirigé, accéléré ou ralenti au fil des nécessités politiques et économiques. C'est ce que montre avec brio le chercheur allemand Tilo Schabert, dans un livre fondé sur des enquêtes détaillées et des interviews des acteurs de l'époque. On y trouvera autant le portrait d'un homme d'État qu'une description vivante et concrète de cet "atelier" de la politique mondiale où le président français côtoya toutes les grandes figures qui ont accompli le tournant révolutionnaire européen de la fin du XXe siècle. Un livre majeur, qui a reçu le premier prix parlementaire franco-allemand.
Editions de la Revue des Jeunes, Sesclée et Cie, 1934, in-12, 250 pp, un portrait photographique hors texte, reliure demi-percaline violine, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Edition originale, un des 400 ex. hors commerce numérotés sur vélin bouffant réservés aux souscripteurs du “Souvenir de Clotaire Nicole”. Rare
Véritable édition originale du premier livre de Pierre Schaeffer (1910-1995), le père de la musique concrète, très impliqué avant-guerre dans le scoutisme catholique, qui sera réédité aux Editions du Seuil en 1938. — Clotaire Nicole (1910-1932), totemisé Cheval Goguenard est une figure exemplaire des Scouts de France des débuts du mouvement. De caractère difficile et d’un physique ingrat, il découvre la foi au patronage du Bon-Conseil où il n’y alors pas encore de troupe. Il y est baptisé à quinze ans puis, désireux de modeler le patronage sur le modèle scout, doit le quitter. Il entre alors, en 1929, à la 38e Paris (Saint-Dominique) avec Pierre Schaeffer, son futur biographe. Il devient le Chef de troupe de la nouvelle 57e Paris à la rentrée de 1929. Puis il rentre à Polytechnique en 1930 et devient l'un des fondateurs du Clan des Rois Mages en 1931. Clotaire Nicole meurt accidentellement lors d'une course en montagne pendant l’été de 1932. Il repose au cimetière de Clamart, où un buste signale sa tombe. (Scoutopedia)
Presses de la Cité, 1964, in-8°, 365 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, une carte de la Russie sur les gardes, cart. éditeur, jaquette illustrée (menus accrocs sans gravité à la jaquette), bon état
"La Princesse Schakovskoy est née à Moscou en 1906. Elle a donc connu les dernières années du régime tzariste, la guerre, la Révolution d'octobre et les débuts du bolchevisme. Pour la petite fille qu'elle était alors, c'est beaucoup. Par bonheur, sa mémoire a enregistré un certain nombre de ces scènes qui fournissent un appoint de choix à l'histoire générale. Comme elle le rappelle à juste titre, au temps où elle faisait ses premiers pas à Moscou, la Russie, en retard depuis des siècles sur l'Occident connaissait une subite progression. De 1908 à 1917, la population de la Sibérie devait augmenter de vingt millions de colons « volontaires et actifs », les recettes de l'État surpassaient les dépenses, les exportations étaient en excédent sur les importations... Le récit de cette enfance et des premières années qui ont suivi fournit de la vie russe à cette époque une peinture qui rappelle Anna Karénine et quantité d'autres romans dus à Tourgueniev, à Gogol, à tous les grands écrivains russes. Dans cette vie familiale, ne manque même pas le défilé des « Mademoiselles », c'est-à-dire des gouvernantes françaises qu'on trouvait dans toutes les bonnes familles de la societé. Puis cette existence si douce s'achève en 1917. On prendra connaissance avec une toute particulière émotion des pages qui retracent cette période, suivie du périlleux exode de la famille pour se fixer en France après de multiples aventures." (Revue des Deux Mondes, 1965) — "Dans « Lumières et ombres », Zinaïda Schakovskoy entraîne ses lecteurs dans les paysages paisibles de la Russie de son enfance, transformés brusquement en champs de bataille sanglants."
Presses de Sciences Po, 2009, pt in-8°, 442 pp, annexes, sources et biblio, index, broché, bon état
Dans le rapport de force entre la France et la Suisse durant la seconde guerre mondiale puis la phase de reconstruction, c'est surtout la Confédération helvétique qui impose ses points de vue, alors qu'apparemment elle ne joue pas dans la cour des grandes nations. L'ouvrage décrit les relations de profit entre les deux pays durant la guerre, l'histoire politique de la France d'après-guerre, les raisons du triomphe international de la place financière suisse, et les dessous des mouvements de capitaux et des biens industriels. On voit la Suisse exploiter une position dominante dans le secteur financier pour faire triompher ses desseins. Janick Marina Schaufelbuehl met en lumière dans un récit captivant et précis le rôle joué par l'évasion des capitaux français vers la Suisse, la dépendance structurelle de la France à l'égard de l'industrie helvétique, ou encore la capacité de la Suisse à utiliser la France pour s'intégrer dans le camp atlantique. La place financière helvétique doit son essor international aux capitaux français. Ce tableau surprenant, documenté et argumenté de manière convaincante, permet de mieux comprendre une étape fondamentale de l'Europe moderne, mais aussi, actualité toujours brûlante, les perpétuelles tensions autour du secret bancaire suisse.
Ramsay, 1998, gr. in-8°, 350 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Umberto Eco, dont les travaux érudits n'excédaient guère, à une époque, le cercle restreint de la recherche universitaire, accéda au rang d'auteur "best-seller" par le succès fulgurant d'œuvres telles que Le Nom de la rose et Le Pendule de Foucault. Tour à tour romancier prolifique et savant ironique, le personnage d'Umberto Eco lui-même est néanmoins peu connu du grand public. Daniel Salvatore Schiffer a comblé cette lacune avec cette première biographie mondiale d'un homme hors du commun. S'inspirant de la structure des ouvrages d'Umberto Eco, l'auteur nous fait découvrir un personnage aux multiples facettes. Historien de l'esthétique, critique littéraire, sociologue des médias, sémioticien, polémiste, moraliste, philosophe, romancier, Umberto Eco est tout cela à la fois - et davantage. Cette biographie s'organise comme un prisme en un portrait lumineux de cet homo universalis, selon la chronologie de son œuvre et le passionnant parcours intellectuel qui, telle une labyrinthique bibliothèque, organisent le savoir et les mystères du monde.
Denoël, 1971, 2 vol. in-8°, 538 et 678 pp, traduit de l'américain, index, brochés, couv. à rabats, bon état
« La crise de l'ordre ancien » raconte les quatorze années qui précédèrent la venue au pouvoir de Roosevelt et retrace les conditions qui amenèrent la crise de 1929. Pendant cette période, les présidents se succédèrent sans pressentir la détérioration progressive du pays. On voit ici le bouillonnement de cette Amérique des années vingt, animée de courants imprévisibles, agitée de mutations incontrôlables, où la richesse éphémère des nantis s'oppose à la misère durable des victimes d'une évolution économique trop rapide. De cette Amérique va émerger Franklin Delano Roosevelt, riche praticien, fils unique adulé par sa mère et élevé dans une atmosphère de bien-être et de rectitude morale et sociale. Mais, sur ce dilettante qui, comme tous les membres de la tribu Roosevelt, « veut toujours galoper en tête lorsqu'il monte à cheval », va s'abattre l'épreuve. La paralysie partielle et la souffrance physique et morale lui donneront la maturité et la sérénité nécessaires pour assumer pendant douze ans la responsabilité de la puissante démocratie américaine, à laquelle par la grande espérance du New Deal, il redonnera puissance et confiance en soi. Lorsque, le 4 mars 1933, le nouveau président des États-Unis prête serment devant le Capitole, une brume de désespérance s'étend sur le pays. Treize millions d'Américains sont en chômage. Toutes les banques ont fermé leurs portes. C'est la crise, la plus grande débâcle financière et économique qu'un pays ait connue et qui menace d'effondrement total la naguère toute puissante Amérique. Mais l'homme qui quitte son fauteuil d'invalide pour se dresser en s'appuyant sur l'épaule de son fils, le président Franklin Delano Roosevelt lance à l'Amérique : « Cette nation réclame des actes, et tout de suite… Nous devons agir et agir rapidement ». « L'ère de Roosevelt » commence. Elle durera jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
Denoël, 1966, fort in-8°, 948 pp, traduit de l'américain (“A Thousand Days: John F. Kennedy in the White House”), broché, couv. illustrée à rabats, bon état
"Une fresque de la présidence américaine allant bien au-delà de la personne du président défunt..." (Revue française de science politique, 1968) — Arthur Schlesinger était conseiller spécial du président Kennedy.
Gallimard, 1956, in-12, broché, bon état
L'autre vie de Gide, Madeleine, qu'il ne nommait pas devant les femmes du clan, l'évoquant seulement sous le nom de sa demeure « Cuverville ». « Icône de la faute et du remords, Madeleine, sans cesse évoquée et invoquée dans le Journal, devient pourtant de plus en plus "fictive" au long des années où se constitue, autour de Gide, ce qu'on pouvait appeler un clan jusqu'à la naissance de Catherine, mais qui, dès lors, apparaît bien comme une famille. » (Nemer, Corydon citoyen, p. 221). Ce livre est le premier à lui donner chair. — "Ce que le livre de M. Jean Schlumberger montre avec le plus d'évidence, c'est une femme qui avait reçu une éducation contraignante, dont la mère avait quitté le foyer (Si le grain ne meurt y fait allusion, et les familles, écrit M. Schlumberger, "excellent à enkyster certains secrets dans un silence hermétique".) Le scandale avait fixé encore plus la jeune fille dans un protestantisme rigide et dans la peur des réalités de l'amour. Elle refusa longtemps d'épouser son cousin. Le malheur fit qu'elle l'épousa. Pour le reste les images que donne M. Schlumberger de Madeleine Gide au long de sa vie n'ajoutent à ce qu'on savait que par des détails. M. Schlumberger croit qu'elle souffrait plus de voir son mari s'intéresser trop aux petits paysans normands qu'aux jeunes Arabes lors des voyages qu'elle fit avec lui en Algérie. Il y a là une nuance de la respectabilité bourgeoise, la même qui provoque la demande qu'elle lui adresse quand il vivait loin d'elle rue Vaneau (où elle ne pénétra jamais) : "Sans parler du plaisir que me donnerait, fût-ce seulement une toute petite visite de deux ou trois jours, je crois que l'effet en serait excellent sur les gens." Elle n'eut jamais un mot pour le condamner devant les autres ; cela ne veut pas dire qu'elle était indifférente." (Le Monde, 7 juillet 1956)
JC Lattès, 1993, in-8°, 436 pp, traduit de l'allemand, 20 photos en noir et en couleurs sur 8 pl. hors texte, broché, bon état
"Michael Schmidt ne surestime pas outrageusement l'importance de ces néo-nazis, contrairement à une tendance très répandue en France, ni ne cherche à faire inutilement sensation. Pas de grands discours historico-philosophiques creux, pas de psychanalyste, mais un réel souci, efficace et concret, de rester sur le terrain de l'investigation. Sans doute a-t-il parfois tendance à trop insister sur l'aspect « internationale noire » de ces mouvements qui, malgré leurs connexions à travers le monde, n'en restent pas moins groupusculaires et divisés. Et il ne traite que très peu des néo-nazis français (...) Mais à part ces quelques défauts mineurs, il réussit le tour de force exceptionnel d'éclairer ce monde étrange de l'intérieur, avec une véracité étonnante." (Henry Rousso)
Plon, 1950, in-8°, iii-368 pp, traduit de l'allemand par René Jouan, chronologie, broché, bon état
Par l'interprète de la Wilhelmstrasse. — "Un livre vivant, intéressant, empreint d'une grande honnêteté de pensée et d'expression." (André François-Poncet)