8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Plon, 1968, in-8°, 345 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
Laffont, 1994, in-8°, 316 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
Philby, Burgess, Maclean, Blunt, Cairncross. Il y a eu sur ces célèbres agents britanniques de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide de nombreux livres d'historiens, surtout anglais et américains. Mais, pour la première fois, nous avons le récit direct, les mémoires de l'officier du KGB qui fut leur « agent traitant ». Pendant la guerre, il reçoit et traite à Moscou les informations que ses « camarades de Cambridge » lui envoient d'Angleterre : grâce à Cairncross, Staline a connaissance des plans d'un nouveau tank allemand et des préparatifs de l'offensive allemande sur Koursk - ce qui provoque la première débâcle militaire nazie. En 1948, Modine, installé à Londres, obtient de ces agents qu'ils reprennent du service. Même Blunt, très proche de la famille royale et futur conseiller artistique de la reine. C'est ainsi qu'en avril 1950 Staline apprend, grâce à Burgess, que Londres et Washington n'envisagent pas d'intervention en Corée. Maclean, lui, à Washington, a un laisser-passer pour pénétrer dans les bureaux de l'Agence pour l'énergie atomique : tout le courrier anglo-américain, au sujet de la bombe, aboutit à la Loubianka ! Le récit de la fuite de Burgess, Maclean et Philby vers Moscou, lorsque le réseau est découvert, évoque les romans de John le Carré. La fuite de la femme et de la fille de Maclean, organisée par Modine, est encore plus rocambolesque. On saura tout, enfin, sur la vie et la mort de ceux des espions anglais qui choisirent de vivre à Moscou. L'histoire est ici racontée du côté russe, vue et vécue par Modine. C'est ce qui fait l'originalité et le caractère exceptionnel de ce document.
France-Empire, 1991, gr. in-8°, 301 pp, 32 photos sur 16 pl. hors texte, une carte, broché, bon état
Le fameux "triangle d'or", immense région méconnue couvrant une partie de la Chine, de la Thaïlande et du Nord-Laos, fut la source la plus importante d'opium à destination du monde moderne. Ce que l'on sait moins, c'est que les Hauts Plateaux d'Indochine furent le théâtre de combats acharnés entre les unités Viet Minhs et Lao Issaraks d'une part, l'armée franco-laotienne d'autre part. Une fois passés en Chine, deux kilos d'opium valaient le prix d'une mitrailleuse lourde. Or la province des Houa Panhs, où se déroule l'action, en fournissait neuf tonnes par an. On comprend mieux, dès lors, l'acharnement des rebelles pour s'emparer de la récolte. Le colonel Bernard Moinet retrace ici les épisodes authentiques de ces combats qu'il mena comme jeune lieutenant entre 1949 et 1952. Grâce à un style direct et très vivant, on partage les épreuves, les impulsions et les réactions des jeunes hommes engagés dans une forme de guerre totale et nouvelle. Opium Rouge révèle ce que fut la guerre contre-révolutionnaire menée par une poignée d'officiers et de sous-officiers français, au coude à coude avec les Laotiens, à l'un des points essentiels de la stratégie du monde communiste ; Dien Bien Phu, au coeur de cette région, allait en confirmer l'importance capitale. Quarante plus tard, le témoignage de Bernard Moinet a gardé sa double valeur de reportage et de cri d'alarme lancé vers l'Europe, vigoureuse mise en garde contre les menaces, directes et indirectes, émanent du monde asiatique.
Maspero, 1978, in-8°, 153 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Cahiers libres)
G. Molinas et Y. Vargas tentent d'analyser les changements du parti en communistes, en se plaçant du point de vue du militant pour analyser les contradictions internes du parti, qui sont un moteur de son changement. Car si, comme le montre Louis Althusser à propos du XXIIe Congrès, "rien ne va sans contradictions", il faut bien spécifier celles qui sont propres au Parti communiste, ce parti qui n'est jamais tout à fait "comme les autres".
Julliard, 1986, gr. in-8°, 245 pp, 26 photos et documents sur 16 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
L'exécution du bandit Spada le 21 juin 1935 dans le vieux quartier de la Citadelle de Bastia marqua sans aucun doute en Corse la fin d'une époque. L'étrange personnalité de ce hors-la-loi qui sema la terreur et mourut sur l'échafaud, illuminé par l'espérance d'une vie éternelle, constitue la charnière entre le banditisme dit « d'honneur et de vengeance » chanté dans les “lamenti” et le gangstérisme « commercial » que les insulaires reniaient. A travers l'émotion vécue des souvenirs personnels de l'auteur et l'authenticité d'une documentation exceptionnelle et inédite, héritée en grande partie de son père dont l'immense talent d'avocat ne suffit pas à sauver la tête du bandit, la vie de Spada s'inscrit dans une chronique saisissante de la Corse... Celle-ci nous est peinte avec la rudesse de ses mœurs, la violence des luttes électorales, la vendetta, l'amour passionné de ce peuple ardent et fier pour les armes, un procès hors du commun succédant à la démesure de la répression policière, la splendeur farouche de sa nature, l'envoûtement du maquis qui fut toujours l'auxiliaire tragique de son histoire.
Ramsay, 1999, gr. in-8°, 363 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
"La jeune et jolie bourgeoise calaisienne qui épouse, en avril 1921, le capitaine de Gaulle n'imaginait pas d'autre destinée que de rendre heureux l'homme qu'elle a aimé au premier regard. Cependant, très vite, quand les hautes visées de son mari suscitent l'hostilité, dans cette même armée à laquelle il s'est voué, elle est son principal soutien. Dans le drame intime qui les crucifie et les rapproche encore, la naissance de la petite Anne, profondément handicapée, elle prendra plus que sa part du fardeau. Et, lorsque la France est livrée à l'ennemi, avec une intuition inouïe du rôle que s'apprête à jouer son mari, sans nouvelles de lui, elle gagne l'Angleterre seule, avec leurs trois enfants. Pendant la guerre, souvent solitaire, elle souffre sans plier, puis, durant cette longue traversée du désert qui les enferme à La Boisserie, si elle essaie de l'arracher aux tentations de la politique, toujours elle l'assiste et lui facilite le temps de l'écriture. Lorsque revient le moment du pouvoir, dans cet Elysée qu'elle déteste, "Tante Yvonne" est présente à la plupart des rencontres, exaspérante parfois de lucidité et de justesse. Sans elle, Charles aurait probablement rencontré, de toute façon, un destin exceptionnel. Mais peut-être ne l'aurait-il pas accompli avec la même plénitude. Il l'a lui-même écrit : "Ma femme, sans qui rien de ce qui a été fait n'aurait pu l'être." Car ils avaient l'un et l'autre le même souci du prochain et cette "certaine idée de la France" de laquelle, indissolublement, ils demeurent l'incarnation. Yvonne de Gaulle, douée d'un grand courage personnel et d'un réel goût de l'aventure, est l'inattendue, celle qui a tissé, de ses propres mains, une part exemplaire de la légende. C'est cette femme-là que met en scène la biographie de Geneviève Moll, qui tresse remarquablement la grande histoire, forgée par l'homme d'Etat, et une histoire intime, sensible et méconnue."
PUF, 1990, in-8°, x-387 pp, broché, bon état (Publications de l'Institut universitaire de Hautes Etudes internationales - Genève)
Bordas, 1991, pt in-8°, 256 pp, nombreuses photos, biblio, index, cart. éditeur illustré
Maspero, 1971, in-8°, 307 pp, préface de Pierre Frank, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Livres rouges)
La Pensée Universelle, 1988, in-8°, 216 pp, biblio, broché, bon état
L'auteur est professeur de français à Washburn University, aux Etats-Unis, chargée de cours à l'Université du Kansas.
Grasset, 1942, pt in-8°, 258 pp, broché, couv. illustrée, bon état
Abdi était l'un des fidèles marins d'Henry de Monfreid. Un Somali, issu d'une tribu vivant sur les pentes montagneuses bordant l'océan Indien. Il nous raconte la fabuleuse aventure de ses parents, Mamout et Aïcha, poursuivis par la fatalité et traqués par le naïb d'Eïd qui convoite leur or. Ce sont des figures inoubliables d'amants du désert. Un récit véridique, qui nous replace dans un monde violent, passionné, où la cruauté, la ruse, la rapacité voisinent avec la fidélité, la pitié, la loyauté à toute épreuve.
P., La Boutique de l'Histoire, 2007, gr. in-8°, 411 pp, 14 illustrations, sources et biblio, index, broché, bon état
Les pratiques de recommandation et d'influence ont été tolérées et dénoncées tout au long de la IIIe République. Incompatibles avec le projet républicain d'égalité des chances, les services d'intérêt privé rendus par des élus à des Français ordinaires ont alimenté une légende noire. La République des camarades ou des comités, la République radicale aurait favorisé le clientélisme, la corruption et le passe-droit. Ce livre invite à renverser les perspectives et à aller plus loin que ces discours polémiques, du côté des élus, des fonctionnaires chargés de la gestion officieuse des plaintes, et surtout de la masse des solliciteurs, restée dans l'ombre. Qui demande quoi à son député, et pour quelles raisons ? Comment un élu intervient-il en faveur d'un tiers ? Quels soutiens politiques engagent les services espérés ? À partir de correspondances de parlementaires radicaux, croisées avec des sources multiples, ce livre montre comment les demandes sociales personnelles et les liens politiques se sont imbriqués, dans un département provençal – le Vaucluse – dominé, de 1924 à 1940, par la figure d'Édouard Daladier, homme politique de premier plan. Évoluant au rythme de la France radicale, les pratiques clientélistes se sont peu à peu démocratisées, avant de subir le contrecoup de la crise des années 1930. En dépit de la popularité nationale d'Edouard Daladier, un fossé s'est creusé entre ces attentes sociales, les expressions politiques et les choix du gouvernant. L'entrée dans la deuxième guerre mondiale a donné le coup de grâce à ces systèmes de pouvoir, avant le sabordage du régime. L'analyse localisée, appuyée sur des comparaisons avec des pays voisins – Espagne, Italie – explore la faillite des clientélismes libéraux, dans l'Europe méditerranéenne du premier XXe siècle. En France, cette faillite, plus tardive, est liée aux effets différés de la Grande Guerre, ainsi qu'à la conversion difficile de l'État, de l'assistance aux plus fragiles à l'assurance des ayants droit. Faisant du « piston » ordinaire un objet d'histoire, ce livre donne un coup de sonde dans l'épaisseur sociale de la représentation politique, en démocratie. — L’un des principaux arguments échangés entre adversaires politiques sous la Troisième République mettait en jeu l’existence d’un très large « système de faveurs » composé de toutes les promesses d’emplois publics, aides et soutiens divers que l’élu était censé obtenir au profit de ses électeurs. Vu de droite, il s’agissait d’un redoutable instrument de gouvernement des élections placé entre les mains des républicains. Le système était supposé fausser la sincérité du vote et compromettre tout l’édifice d’une République fondée sur le principe de la libre expression du peuple et sur l’abolition des privilèges. Aussi caricaturale et polémique que pouvait être l’idée vague du « système de faveurs », elle a continué de circuler quelque part entre la littérature des essais politiques contemporains (Robert de Jouvenel, Daniel Halévy, André Tardieu) et un certain nombre d’ouvrages historiques postérieurs. Le tri entre la légende et la réalité n’avait jamais été fait. C’est sur cette ligne d’enjeux que Frédéric Monier propose la première étude digne de ce nom consacrée aux requêtes et demandes faites par les électeurs auprès des élus républicains. Certes, le territoire de l’investigation est limité au seul département du Vaucluse et à un seul dignitaire politique (Édouard Daladier), mais l’enquête menée par F. Monier apporte à elle seule des éclairages neufs et précieux. L’étude se situe au plus près du point de rencontre entre histoire politique et histoire sociale.
Gallimard, 1963, in-8°, lx-521 pp, index, broché, dos lég. sali, bon état (Coll. Blanche)
"Ouvrage touffu, mais remarquable par la pénétration des vues qui sont exposées. A vrai dire, le titre lui convient assez mal, et les sociologues pourraient bien ne pas reconnaître leur méthode dans cette « sociologie » du communisme, qui en est plutôt l’histoire et la critique. Mais, au fond, il importe assez peu : il faut examiner surtout la valeur de ce qui nous est offert. Le communisme nous y est présenté comme une « entreprise » qui, à plus d’un trait, ressemble à celle de l’Islam. Il est une religion issue d’une doctrine, le marxisme, et devenue telle par la foi eschatologique et conquérante qu’on a ajoutée à la science de Marx. Cette transformation est l’œuvre principalement du bolchevisme, surtout de Staline, qui, moitié parce qu’il a été servi par les circonstances, moitié parce qu’il a eu le talent d’en profiter, a réussi à concentrer en ses mains les fonctions de législateur, de gouvernant et de magistrat ; et sa dictature, rendue nécessaire par la guerre, a fini par apparaître comme nécessaire également pour le communisme, de même que la lutte menée contre le capitalisme a fini par être une lutte pour la domination de la Russie, avec d’autant plus de chances d’efficacité que ce qui était à l’origine un simple parti politique a pris la forme, la structure et la puissance d’une armée. De là, une nouvelle mentalité. Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel ont été à nouveau unis ; l’activité politique a pris un caractère sacré, tant par le dévouement de ceux qui y participent que par l’interdiction absolue et l’impossibilité d’y apporter le moindre esprit critique. (...) La seconde partie du livre est la plus philosophique. A elle, moins encore qu’au reste, convient le titre de « sociologie », mais elle paraît beaucoup plus forte. L’auteur y fait ressortir la contradiction fondamentale du marxisme, qui est à la fois une «dialectique », c’est-à-dire une philosophie du mouvement, et un système, qui, comme tel, aboutit à nier ou à arrêter le mouvement, contradiction qui du reste était déjà chez Hegel. (...) La troisième partie expose comment cette entreprise en est arrivée à l'impérialisme propre aux religions séculières. Elle analyse en détail le phénomène de « convergence » entre les aspirations ou « projections » du communisme et les réalités sociales et économiques..." (P. Guérin, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1951) — "Ce livre a été écrit en 1948-49 au lendemain de la guerre et du « coup de Prague ». L'auteur définit le communisme par l'immanence réciproque et l'interdépendance fonctionnelle de trois facteurs : un Empire, une Religion séculière et une Organisation subversive... Pour J.M., le communisme peut être comparé à l'Islam (il est un « Islam du XX siècle ») : « Le communisme est à la Russie soviétique comme à l'empire abbasside la religion islamique ». Il est d'autre part indistinctement politique et religion... (...) Dans sa préface à l'édition de 1963, l'auteur se plaint du silence quasi général (un homme comme Mounier, cependant, a fait exception) de l'intelligentzia de l'époque. De fait il a certainement été victime d'un refus idéologique de considérer le communisme comme un objet d'analyse. Et il y aurait beaucoup à écrire sur la façon dont la référence à un marxisme stalinien a stérilisé la recherche intellectuelle dans certains milieux... Il faut constater qu'à une époque où beaucoup d'intellectuels français étaient fascinés par le stalinisme, l'auteur amène une réflexion sur le totalitarisme qui ne manque pas de pertinence sociologique. Il montre bien que le totalitarisme provient de la conjonction de deux facteurs : une resacralisation du politique qui lui donne les traits classiques de l'absolutisme, le développement technique et institutionnel moderne qui permet de soumettre les individus à des suggestions et des pressions continuelles, et ne leur laisse jamais prendre du champ par rapport à ce qu'on leur inculque. Le danger totalitaire guette toutes les sociétés modernes : « l'ère capitaliste » a révélé qu'il était possible de tout organiser, de tout rationaliser. Le totalitarisme, nous dit Monnerot, fait à l'échelle de la société globale ce que le capitalisme a fait à l'échelle de l'usine." (Jean Baubérot, Archives de sciences sociales des religions) — "Comment s'y prennent les communistes ? Quelles sont leurs méthodes ? Quel est le mécanisme de la contagion ? Comment les choses en sont-elles venues au point où elles en sont ? Quelle est la signification d'ensemble des phénomènes totalitaires dans le monde actuel ? Quel est le rapport des masses à l'absolutisme du XXe siècle, et du totalitarisme à l'évolution industrielle ? Quelle est la place du politique dans l'ensemble et dans le jeu des activités humaines ? Comment se sont formés les grands mythes d'aujourd'hui, à quoi ils répondent ? Comment ils agissent et comment enfin intervient le « facteur temps » ?... Telles sont les questions auxquelles, dans ce livre, l'auteur répond, en se basant sur une méthode historique (en ce sens qu'elle vise à comprendre le présent par le passé), en faisant un usage parfois nouveau des données fondamentales de la psychanalyse, et aussi en mettant au point la notion nouvelle en sociologie de « phénomènes de convergence ». Rien, dans ce livre, qui ne puisse intéresser l'homme d'aujourd'hui : même si un individu ne s'intéresse pas aux faits, les faits s'intéressent à lui." (Bulletin de la NRF, juil. 1949)
Plon, 1975, in-8°, 460 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, envoi a.s.
Connu comme l'un des meilleurs orateurs parlementaires de son temps, G. Monnerville était également un écrivain réputé à qui l'on doit, outre de nombreuses études et articles politiques concernant les institutions démocratiques et parlementaires en général, diverses oeuvres importantes. En mai 1968, il publie un ouvrage sur Georges Clemenceau. Puis vient, en avril 1975, un premier volume de souvenirs : "Témoignage - De la France Equinoxiale au Palais du Luxembourg", bientôt suivi, en avril 1980, d'un second "Vingt-deux ans de Présidence."
Fayard, 1976, fort gr. in-8°, 642 pp, index, broché, bon état. Edition originale
L'Histoire place désormais Jean Monnet parmi les quelques hommes du XXe siècle qui, par leur action, ont infléchi le destin du monde et transformé nos conditions de vie. En fait, ses Mémoires, devenus aujourd'hui l'ouvrage de référence d'un nombre croissant de décideurs, révèlent la prodigieuse aventure d'un homme dont l'action a été déterminante à chaque grand carrefour de l'histoire contemporaine: guerre de 14-18, naissance de la Société des Nations, guerre de 1940, mise en route aux Etats-Unis de "l'arsenal des démocraties", engagement américain contre le nazisme, création à Alger du Comité de Libération Nationale, reconstruction de la France, édification de l'Europe unie. Ses Mémoires permettent de comprendre pourquoi et comment ce Charentais pour qui pensée et action sont toujours allées de pair, a, tout au long de sa vie, mis sa détermination inébranlable au service d'une idée simple: "La paix et la prospérité ne peuvent être assurées que par l'union des hommes." — Publiés en 1976, les Mémoires de Monnet constituent une exemplaire reconstruction du passé à la lumière de l’histoire advenue. François Fontaine raconte ainsi que, devant l’empressement des éditeurs et de leurs "ghost writers", Jean Monnet « refusa toutes les offres avant de s’être assuré que l’unité profonde de sa vie pourrait s’exprimer dans une œuvre cohérente »...
Mercure de France, 1961, in-8°, 240 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier courant
Le nom d'Adrienne Monnier est resté dans l'histoire culturelle de l'entre-deux-guerres principalement par association avec la librairie qu'elle a tenue pendant plus de trente ans, au 7, rue de l'Odéon, à Paris, librairie appelée fort justement la Maison des Amis des Livres. Ce fut un des lieux magiques de la vie littéraire parisienne des années vingt et trente, modeste boutique de librairie où fréquenteront tous les noms de la littérature qui se fait ou se fera durant cette époque et où de jeunes étudiants ou débutants des lettres viennent s'initier à la littérature moderne tout en espérant apercevoir André Gide avec son chapeau bosselé et sa cape, ou bien James Joyce qui a traversé la rue, venu d'en face, de la librairie Shakespeare & Cie, que tient la copine Sylvia Beach. L'oeuvre publiée d'Adrienne Monnier comporte deux volumes de poésie et de prose poétique : deux livres de souvenirs (sur la librairie rue de l'Odéon et sur ses séjours à Londres. ville qu'elle affectionnait) ; enfin un certain nombre d'essais libres qu'elle publia en revues entre 1920 et 1953 – essais auxquels elle donnait le titre général de “Gazettes”. (Marc Bertrand)
Pierre Horay, 1954, in-8°, 272 pp, illustré par Becan, Bib, Cabrol, Ferjac, Gassier, Grove, Guilac, Laforge, Oberlé, Sennep, Séoul, Serge et l'auteur, couv. illustrée par l'auteur, envoi a.s. agréménté d'un petit dessin
Souvenirs de trente ans de journalisme parisien. Les coulisses de la presse dans l'entre-deux-guerres, le "Canard Enchaîné", "l'Œuvre", etc.
Editions du Flambeau, 1992, in-8°, 393 pp, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état
Deuxième volume de mémoires de Pierre Monnier, adhérent de l'Action française, ami de Charles Maurras, Thierry Maulnier, Kléber Haedens, Robert Brasillach, qui fut un des fondateurs de l'hebdomadaire nationaliste "L'Insurgé" en 1936, et participa à la création et au développement des "Centres d'apprentissage des jeunes" établis par le gouvernement de Vichy en zone occupée. Après la guerre, il se consacre à la peinture et au dessin de presse (notamment dans "Aux Ecoutes"), à l'édition (sous le nom de Frédéric Chambriand), et à l'écriture (ouvrages sur Céline, Arletty, Chaval et Jouhandeau).
Toulouse-Paris-Colmar, Editions du Hublot et Nouvelle Edition Française, 1945, pt in-8°, 162 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état
Ethnies 16-17, 1994, in-8°, 315 pp, avec la collaboration de Martine Dauzier, Mario Humberto Ruz, cartes, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée
Julliard, 1968, fort in-8°, 476 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale.
Patiemment, l'auteur a conquis la confiance de Fab, de Freddy et de quelques autres barjots, qui l'initient au fonctionnement de la bande, aux rituels des défis et de la solidarité, au langage codé, mi-argot, mi-verlan. Cette enquête ethnographique décrypte ainsi les modes de socialisation de ces jeunes confrontés à la peur et au mépris. Un témoignage captivant, une analyse lucide et décapante. Plus de quarante ans après sa parution, le livre que Jean Monod a consacré aux bandes de jeunes des années soixante qu'on appelait alors les "blousons noirs" n'a pas pris une ride. Cette étude d'ethnologie, dont Claude Lévi-Strauss a eu l'idée, est un travail précurseur, qui frappe par l'étonnante modernité de sa démarche et de ses analyses. Mais surtout, ce livre rappelle que les questions posées par la délinquance de banlieue ne sont pas neuves, et que la dimension de contestation sociale et politique des comportements délinquants jouait alors comme aujourd'hui.
Lille, S.I.L.I.C., 1954, in-8°, 222 pp, 12 pl. de photos en héliogravure hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
France-Empire, 1953, in-12, 414 pp, broché, bon état
"La question marocaine est tombée depuis quelques années dans le champ des controverses partisanes et les spécialistes eux-mêmes ont du mal à résister à l'annexion des clans adverses qui se disputent leur témoignage. Le principal mérite de l'éminent spécialiste qu'est M. Robert Montagne aura sans doute été de refuser le point de vue polémique sans fuir pour autant les thèmes d'actualité les plus brûlants. L'ouvrage n'appartient pas à la série des études savantes chargées de notes et de références ; c'est une série de tableaux et de portraits destinés à fournir au grand public les données essentielles de la question marocaine. L'objet de l'auteur semble avoir été de montrer les facteurs révolutionnaires qui bouleversent profondément et irrémédiablement un pays dont l'aspect traditionaliste ne sera bientôt plus qu'une façade. A ce point de vue l'étude des « trois crises » (le prolétariat, la jeunesse, l'Etat) démontre qu'il est vain d'appuyer une politique sur des données artificiellement entretenues mais réellement périmées. C'est là, semble-t-il, l'apport le plus intéressant de l'étude de M. Montagne. Sa conclusion envisage trois hypothèses d'avenir. L'auteur ne cache pas sa réprobation à l'égard des solutions assimilatrices et son scepticisme à l'égard de la transformation du Maroc en nation arabe indépendante. Mais si le « nationalisme ouvert » qu'il préconise est peut-être la meilleure solution théorique, on ne voit pas très bien quels sont les moyens pratiques de la faire admettre par les parties intéressées. La parole n'est plus ici à l'homme de science mais aux diplomates..." (Marcel Merle, Revue française de science politique, 1954) — Une « synthèse vivante de la crise marocaine » qui a abouti à la proclamation de deux Sultans, Sidi Mohammed ben Arafat, proclamé à Marrakech par les chefs de tribus et soutenu par la presque totalité des Français du Maroc, et Sidi Mohammed ben Youssef, le futur Mohammed V, exilé en Corse par la France, et soutenu par une grande partie de la jeunesse citadine, de la bourgeoisie marocaine, du petit peuple des villes et de la gauche française. — Par Robert Montagne (1893-1954), orientaliste, ethnologue et anthropologue. Spécialiste du monde berbérophone, il est l'auteur de nombreux travaux sur l'Afrique du Nord et le Maroc en particulier. Ancien officier de marine, versé dans l'Aéronavale après la guerre de 1914-1918, Robert Montagne fut amené à faire des levers topographiques au Maroc. Remarqué par Lyautey, dont il devint le conseiller, notamment pour les questions tribales, il joua un rôle dans la reddition d'Abdelkrim et réalisa des études ethnologiques sur les populations marocaines. Maître de conférences à l'Institut des hautes études marocaines à Rabat (Maroc) de 1924 à 1930, il achève en 1930 une thèse d’anthropologie politique sur Les Berbères et le Makhzen dans le Sud du Maroc, source d'une production scientifique très riche et soutenue. Robert Montagne a exercé de multiples fonctions à la tête d’institutions administratives mais également scientifiques : bureaux des Affaires indigènes, Institut français des études arabes de Damas (IFEAD), Centre des hautes études d’administration musulmane (CHEAM, devenu Centre des hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes), qu'il a fondé en 1936 et dirigé jusqu’à sa mort. Il a été nommé en 1948 à la chaire « Histoire de l'expansion de l'Occident » du Collège de France. Administrateur, meneur d'enquêtes collectives, chercheur de terrain, savant de cabinet, Montagne a été à la confluence de la politique et de la science : il a suscité des études, formé des administrateurs, informé des décideurs politiques. Il fut un chercheur de terrain éprouvé, « à l'écoute de ce qui reste méprisé par les orientalistes de son temps : Berbères du Haut-Atlas, dont la siba prend, sous sa plume, les proportions d'un système politique ; Bédouins dont il reconstitue la représentation du monde ; prolétariat néo-urbain à Casablanca, qu'il arrache à la sociologie passéiste de son époque ».
Pygmalion, 1996, gr. in-8°, 412 pp, chronologie, glossaire, documents, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
L'histoire des prisonniers politiques, anarchistes, nationalistes, défaitistes, communistes, royalistes, cagoulards, résistants, collaborateurs, nationalistes algériens, partisans de l'Algérie française, qui se sont succédé à la Santé depuis sa création en 1867 jusqu'en 1968. Cet ouvrage est aussi le témoignage de l'auteur, incarcéré dans cette prison en 1962-1963 aux côtés des officiers et généraux impliqués dans le drame algérien. Pierre Montagnon fut très proche du lieutenant Degueldre, chef historique des commandos Delta, jusqu'à son exécution le 6 juillet 1962. Par autorisation du Garde des Sceaux, l'auteur a eu accès aux archives de la prison, lui permettant ainsi d'apporter un éclairage nouveau et inédit sur nombre d'événements controversés ou mal connus.
Pygmalion, 1984, gr. in-8°, 450 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 3 cartes, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Par son ampleur et son énorme documentation, “La Guerre d'Algérie” de Pierre Montagnon est l'un des plus authentiques témoignages historiques jamais écrits sur un conflit dont les traces subsisteront longtemps dans la société française, touchée au cœur de ses structures politiques et sociales. S'adressant aux jeunes générations comme à ceux qui, de près ou de loin, ont vécu ce drame, ce livre répond à toutes leurs questions. Pourquoi cette terre n'a-t-elle pas constitué une nation au milieu du XXe siècle ? Pourquoi l'insurrection a-t-elle éclaté le 1er novembre 1954 ? Pourquoi et comment s'est-elle développée ? Non seulement Pierre Montagnon relate les faits, mais il remet aussi dans leur juste perspective le pouvoir et les marges d'action dont disposèrent les principaux acteurs et décideurs de l'époque. Il explique ainsi pourquoi un éclairage excessif a été porté sur certains hommes tandis que d'autres, au contraire, sont restés dans l'ombre. “La Guerre d'Algérie” de Pierre Montagnon s'impose aujourd'hui comme un livre fondamental. Il a été couronné par l'Académie française.