8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Fayard, 1991, gr. in-8°, 768 pp, 22 cartes et graphiques, notes, biblio, glossaire, 4 index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état
Une entreprise colossale dont on a peine à se représenter la démesure : en un demi-siècle, une poignée de conquistadores s'emparent de 2 millions de km² pour y bâtir une réplique de leur société. Les incroyables richesses qu'ils découvrent leur font vite oublier la quête des épices. Une gigantesque machine colonisatrice se met en route. La conquête de l'Amérique nous apparaît aujourd'hui comme le prélude à l'occidentalisation du monde. Mais pour ses acteurs, avides de gloire et de récompenses, elle fut d'abord un face à face quotidien avec l'inconnu. Leurs récits de voyage, leurs lettres nous montrent leur peur de se perdre, leur obsession de la nourriture qui souvent chasse celle de l'or, mais ils nous disent aussi leur émerveillement lorsqu'ils découvrent Mexico, qui leur rappelle Venise, la saveur d'un fruit exotique, le silence des mangroves du Pacifique... Tandis que les cartes se précisent, les protagonistes vieillissent : Colomb, le héros de la première heure, Cortès, le conquérant du Mexique, Pizarre, le gouverneur du Pérou, assassiné dans son palais de Lima... De ces aventures américaines, le Vieux Monde ne reçoit que des échos lointains. Il ignore tout des horreurs de la conquête, du cortège de maladies et des ravages écologiques qu'elle provoque. A défaut d'informations précises, il imagine ce Nouveau Monde peuplé de sauvages et de chimères. Qui douterait de la légitimité de la Conquête dans une Europe qui vient de chasser les Juifs et convertir les Morisques ? A l'heure où le péril turc menace l'empire de Charles Quint, l'or des Indes permettra de financer la Reconquête. L'Amérique bascule dans l'orbite occidentale, entraînant Européens, Noirs et Indiens dans la construction d'un monde nouveau.
Plon, 1878, in-8°, cxxiv-478 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-percaline bronze, dos lisse, pièce de titre basane havane, fleuron et double filet dorés en queue (rel. de l'époque), bon état. Edition originale
Tome 1 seul (sur 2) : de sa naissance à septembre 1757. — Première édition de ces mémoires qui s'achèvent avec la disgrâce de Bernis (1715-1794) en 1758. Né en 1715, d'une lignée ancienne mais fort pauvre, François Joachim de Bernis affirme : "J'ai réussi à obtenir tout ce que je désirai fortement." Plusieurs recueils de petits vers galants lui valurent le surnom de Babet la Bouquetière et un fauteuil à l'Académie française dès l'âge de vingt-neuf ans. Mais c'est madame de Pompadour qui fit sa carrière. Ambassadeur à Venise, puis ministre des Affaires étrangères, il négocia avec bonheur le renversement des alliances. Au comble de la faveur, ayant en conscience, après Rossbach (1757), osé parler de paix, il tomba en disgrâce. Soulagé du pouvoir, il mena une existence opulente et facile à la cour pontificale où, cardinal ambassadeur, il fut aux yeux de tous "le roi de Rome" jusqu'à la Révolution qui le ruina. Dans ces Mémoires passent toute la complexité, le charme et la grandeur d'une figure unique : celle de l'aristocrate secrètement averti de son déclin.
Riveneuve, 2009, in-8°, 322 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état
Condorcet disait avoir toujours aimé presque également les mathématiques et la philosophie. Jusqu'en 1780, son oeuvre scientifique consistait essentiellement en une suite de mémoires sur le calcul intégral et différentiel qui lui assurait une place de premier plan parmi les mathématiciens européens. L'Essai sur l'application de l'analyse de 1785 constitue sa première oeuvre politique d'importance. Il est l'expression la plus achevée de ce qu'il baptisera la "mathématique sociale". L'ouvrage se penche sur les matrices de l'oeuvre de Condorcet et sur les ressorts de son développement dans le cadre de la philosophie des Lumières : disciple de d'Alembert, Turgot et Voltaire, Condorcet dégage les fondements d'une philosophie probabiliste de la connaissance.
Genève, Droz, 1981, gr. in-8°, xii-423 pp, ù
"Fut-on particulièrement jaloux à l'époque de Louis XIII ? Madeleine Bertaud l'affirme qui, se déclarant plus curieuse de l'homme que du style, nous convie à une large et minutieuse enquête de mentalité à travers la littérature morale et la littérature de fiction de 1610 à 1643. Ce qu'elle attend d'abord des nombreuses oeuvres analysées, c'est un témoignage direct sur ce qu'étaient les hommes de cette génération, sur la façon dont ils vivaient, car selon ses propres termes, « l'époque de Louis XIII ne mit pas d'écran déformant entre littérature et réalité »..." (Chantal Morlet-Chantalat, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1983)
P., del Duca, 1968, in-8°, 462 pp, 16 pl. de gravures et portraits hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. Histoire de la Littérature française)
"Ce volume, auquel a collaboré M. R, Ceillier, docteur es sciences naturelles, pour le chapitre consacré à Buffon, n'est pas le moins important de la grande histoire de la littérature que dirige, depuis des années, Mgr Calvet. L'époque qu'il étudie (de 1759, date de Candide, à 1801, date d'Atala) est bien, comme l'affirme l'auteur dans son avant-propos, « l'une des plus importantes de notre histoire littéraire ». On admettra avec lui que la date de 1759 (ou environ) est bien celle où « se rompt l'équilibre entre les forces antagonistes de tradition et de nouveauté » et où « la balance commence à pencher en faveur de ces dernières ». Autrement dit, la date – évidemment approximative, mais il faut choisir une date – du triomphe de l'esprit philosophique, lequel ne cesse pas évidemment d'être combattu, mais s'affirme de plus en plus fort et de plus en plus ouvertement. Voltaire, à Ferney, exerce une sorte de royauté intellectuelle. Inutile de justifier, d'autre part, le choix d'Atala comme point final de cette large évocation. Les prémices du génie de Chateaubriand ne sont pas seulement l'affirmation d'un goût littéraire nouveau (auquel n'ont pas manqué les précurseurs au XVIIIe siècle) ; on peut encore dater de ce moment la liquidation de l'aventure « philosophique » et le profond bouleversement de 1789 clôt incontestablement une époque dans l'histoire de la pensée." (R. Lespire, Revue belge de philologie et d'histoire)
Editions de Fallois, 2011, gr. in-8°, 542 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, 3 tableaux généalogiques, 4 cartes, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
A vingt-deux ans, il passait pour l'égal de César et d'Alexandre. De 1643 à 1648, durant la guerre franco-espagnole, il accumula les exploits et devint l'idole de la jeune noblesse d'épée. Il avait tout, naissance et fortune. Il ne lui manquait que d'être roi. Se croyant tout permis, il rejetait obstacles et interdits et cultivait le scandale. L'action politique, où il s'engagea imprudemment, fut son talon d'Achille. Il soutint d'abord Anne d'Autriche et Mazarin lorsque les magistrats déclenchèrent contre eux la Fronde parlementaire. Mais pour prix de ses services, il montra une telle arrogance et afficha des prétentions si outrées qu'elles lui valurent une année de prison. A sa sortie, il se jeta dans une guerre civile qu'il perdit et, plutôt que de s'incliner, il alla mettre son génie militaire au service des Espagnols, sans pouvoir empêcher leur défaite finale. De retour après la paix des Pyrénées, il se résigna à n'être qu'un homme privé, dans une France qui avait profondément changé. Il opéra alors une extraordinaire mutation psychologique et morale, faisant de son domaine de Chantilly un haut lieu de culture, de tolérance et de paix. A travers l'histoire d'un héros, ce livre invite à réfléchir à la gloire, à ses enjeux, à ses dérives. En arrière-plan, il évoque, avec la régente, Gaston d'Orléans, Mazarin, Turenne et le jeune Louis XIV, les grandes figures d'une époque où les derniers sursauts de l'esprit féodal s'effacent pour laisser place à la France moderne. Bien que solidement documenté et non romancé, il s'anime sous la plume alerte de Simone Bertière de plaisantes anecdotes et se colore d'humour.
Editions de Fallois, 1996, 4 vol. gr. in-8°, 543, 527, 559 et 735 pp, 112 planches de gravures hors texte (dont 48 en couleurs), une carte, chronologie, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état (Prix de la biographie de l'Académie française)
Tome 1 : Les Deux Régentes (Marie de Médicis et Anne d'Autriche) ; Tome 2 : Les Femmes du Roi-Soleil ; Tome 3 : La Reine et la favorite ; Tome 4 : Marie-Antoinette l'insoumise.
Editions de Fallois, 1998, in-8°, 527 pp, 32 pl. de gravures hors texte (dont 16 en couleurs), repères chronologiques, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Prolongement de la passionnante fresque des Reines de France, couronnée par le prix d'Histoire Chateaubriand-La-Vallée-aux-Loups, ce volume, qui peut être lu de façon autonome, fait revivre le plus long règne de notre histoire. Des deux femmes de Louis XIV, l'une, l'insignifiante Marie-Thérèse d'Espagne, a le titre de reine, mais pas la vocation. Françoise de Maintenon, son épouse secrète, a les capacités, mais sa naissance obscure lui interdit de prétendre au titre. Entre elles, la galerie des maîtresses, tour à tour comblées de faveurs et sacrifiées, illuminées et brûlées par la personnalité écrasante du Roi-Soleil : Marie Mancini, l'amour perdu de ses vingt ans ; la tendre Louise de la Vallière, dont la disgrâce sera un chemin de croix ; l'éclatante Montespan, éclaboussée par la sinistre affaire des Poisons... Bien d'autres encore, tenues certes à l'écart des affaires politiques, mais dont les personnalités donneront au règne ses couleurs successives. En historienne scrupuleuse, mais aussi en biographe inspirée, Simone Bertière fait revivre ces figures d'exception. Elle recrée autour d'elles la Cour de Versailles et l'histoire du règne, tout le bruissement du Grand Siècle avec ses aspects tour à tour plaisants et graves, splendides et tragiques."
Editions de Fallois, 2002, fort in-8°, 735 pp, 32 pl. de gravures hors texte (dont 16 pl. en couleurs), généalogies, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix de la Biographie de l'Académie française)
L'Insoumise : un titre singulier, qu'appelle une image de Marie-Antoinette largement renouvelée par une relecture critique des sources. Contrairement à une légende tenace, elle n'est ni douce, ni timide. L'acharnement qu'elle déploie pour obtenir ce qu'elle désire n'a d'égal que la résistance qu'elle oppose à ce qui lui déplaît. Face aux servitudes écrasantes qui sont le lot d'une reine de France, elle se rebelle, refuse de se sacrifier à sa fonction, prétend mener une vie indépendante, conforme à ses goûts, sans mesurer qu'elle donne prise à la calomnie et s'aliène l'opinion. Mais son énergie, son intransigeance, longtemps galvaudées pour des objets frivoles, lui vaudront d'atteindre dans l'ultime épreuve à une authentique grandeur. A ses côtés, deux personnages de premier plan, sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, et son mari. Sur le roi Louis XVI, si maltraité par les biographes de la jeune femme, les documents d'archives apportent des révélations capitales. Toute l'histoire des relations conjugales du couple royal est donc reprise ici à zéro, sur des bases nouvelles. Fidèle à son goût pour la peinture de société, Simone Bertière a fait place à d'autres figures importantes de cette époque, de Louis XV vieillissant et de sa dernière maîtresse la Du Barry à quelques-unes des têtes d'affiche de la Révolution française, comme Mirabeau et Barnave. Tout un monde sur le point de sombrer dans la tourmente. C'est donc un quart de siècle d'histoire de France, un des plus tumultueux, qui est évoqué ici. Mais la politique, omniprésente, est présentée de façon aussi objective que possible, hors de tout esprit partisan. — S'appuyant sur une lecture nouvelle et rigoureuse des sources, Simone Bertière restitue ici sa vérité psychologique et historique à la dernière de ses Reines de France. Marie-Antoinette fut une femme rebelle aux servitudes écrasantes de sa fonction, aspirant à une vie indépendante et conforme à ses goûts. Sa mère – l'impératrice d'Autriche –, Louis XV, la comtesse du Barry, Axel de Fersen, Mirabeau et bien d'autres figures capitales de l'époque revivent dans ces pages. Sur le roi Louis XVI, les documents analysés par Simone Bertière apportent des révélations et, pour la première fois, l'histoire du couple apparaît sous son vrai jour. Le dernier volume d'une fresque historique qui a valu à son auteure de nombreuses récompenses littéraires.
Editions de Fallois, 1994, in-8°, 496 pp, 16 pl. de gravures hors texte, repères chronologiques, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"1559 : Henri II, blessé à mort au cours d'un tournoi, disparaît à 40 ans. Sa veuve, Catherine de Médicis, doit s'effacer devant la nouvelle reine, Marie Stuart, épouse du pâle François II. Jusqu'à la fin du siècle, à travers la tourmente des guerres de religion, les reines de France vont être amenées à jouer un rôle considérable. Après un bref intermède, la figure fascinante de la reine-mère Catherine de Médicis, dont les trois fils règneront tour à tour, domine la période. Sa fille, Marguerite de Valois, la célèbre "Reine Margot", épouse du futur Henri IV, connaît un destin tumultueux entre la politique et l'amour. Moins connues, Elisabeth d'Autriche ou Louise de Lorraine, l'épouse d'Henri III, méritent d'être redécouvertes. Simone Bertière nous conte ces destinées royales avec une rigueur et une intelligence historiques saluées par la critique. En adoptant tour à tour le point de vue de ses héroïnes, elle nous fait revivre ces "années sanglantes" avec l'intensité d'un roman vrai, passionnant enquête sur la place des femmes dans un système royal dominé par l'héritage masculin."
Editions de Fallois, 2007, gr. in-8°, 697 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs et 16 pl. de gravures en noir hors texte, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Bien qu'il fût à l'origine un étranger sans naissance ni fortune, Mazarin se trouvait, à sa mort, maître de la France et arbitre de l'Europe, plus puissant que ne le fut jamais aucun ministre. Triomphant de tous les obstacles, il dut à son intelligence et à sa ténacité une victoire sans appel. Cette victoire fut aussi celle de la France, à l'issue de la longue lutte qui l'opposait à la maison d'Autriche, et elle apporta à l'ensemble de l'Europe une paix ardemment désirée. Autour de lui, les papes Urbain VIII et Innocent X, Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV, Condé, Turenne, le cardinal de Retz et tant d'autres, que le style alerte de Simone Bertière convoque pour dresser un panorama vivant et vrai de cette période charnière, qui fut la matrice du "Grand Siècle". Fondée sur l'information la plus rigoureuse, cette biographie passionnante ouvre, au détour du chemin, quelques réflexions salutaires sur notre époque.
P., L'Intelligence, Henri Jonquières, 1928, in-8°, xvi-345 pp, précédé d'une étude d'Henri Massis, portrait de Louis XIV gravé d'après Lefebvre en frontispice, reliure demi-basane fauve à coins, dos à 4 faux-nerfs, titres et filets dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos frotté, mors, coiffes et coins émoussés, un des 1000 ex. numérotés sur vélin Lafuma (sur un tirage total de 1120 ex.), état correct
"... M. Louis Bertrand nous fait assister au spectacle des efforts dans lesquels se dépense inlassablement l'énergie du Grand Roi, à travers les faiblesses inséparables de la nature humaine. Mais cherchez, dans un Atlas historique, d'abord la carte de la France en 1661, date où il commence à gouverner seul, puis celle de cette même France en 1715, et comparez les frontières. Comparez aussi l'anarchie intellectuelle de l'époque de Louis XIII et l'incomparable équilibre de la pensée française durant toute la seconde moitié du dix-septième siècle. Vous conclurez, comme lui, que le Roi qui obtint ces réussites fut un merveilleux ouvrier de la grandeur nationale... Remercions M. Louis Bertrand de nous apporter cette leçon avec son beau livre qui se trouve ainsi être, en même temps, une courageuse et salubre action civique." (Paul Bourget, de l'Académie française)
Hachette, 1961, pt in-8°, 256 pp, biblio, index, cart. éditeur, bon état, ex. du SP
En étudiant les métamorphoses littéraires de Don Juan, Michel Berveiller a évoqué la succession de ses incarnations historiques. Entremêlant l'anecdote vécue à l'analyse des textes et les éclairant l'une par l'autre, l'auteur ressuscite maints séducteurs célèbres, tels Lauzun, le duc de Richelieu ou Casanova, jusqu'à leurs émules du XXe siècle...
Hachette, 1872 in-12, iv-452 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane noire et date dorée en queue (rel. de l'époque), reliure lég. frottée avec qqs épidermures, coiffe sup. arasée, qqs rares rousseurs, sinon bon état (Coll. Bibliothèque de l'Armée française)
Raconter les campagnes de Berwick revient à énumérer les guerres du règne de Louis XIV et de Léopold Ier : guerre de la Ligue d’Augsbourg, guerre de Succession d’Espagne, guerre de Succession de Pologne. — Jacques Fitzjames, duc de Berwick (1671-1734) était le fils naturel de James Stuart, duc d'York et futur roi Jacques ; il fit toute sa carrière militaire en France. Militaire de grand talent, il participa aux campagnes de Flandres, d'Espagne à plusieurs reprises, du Piémont et d'Allemagne où il fut tué par un boulet en face de Philippsbourg. Il sera fait Maréchal de France en 1706. Ses Mémoires ont été rédigés par l'abbé de La Pause de Margon, une deuxième partie sera donnée par l'abbé Hooke en 1778. "Les mémoires du maréchal de Berwick sont très utiles pour l'histoire de la guerre pour la succession d'Espagne et de la révolte des Camisards. Provenant d'un esprit calme et sincère, ces mémoires permettent de juger la conduite des principaux personnages de l'époque. Ils expriment parfois l'opinion qu'un homme impartial pouvait alors avoir sur le gouvernement de la France." (Bourgeois & André, Sources II, 889).
Fayard, 1995, gr. in-8°, 539 pp, 24 pl. de gravures hors texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Un véritable océan d'archives dispersées à travers le monde (et certaines toujours inaccessibles, comme celles de l'Inquisition romaine) ; une "légende blanche" fabriquée dès le XVIe siècle par les inquisiteurs eux-mêmes et par les pouvoirs politiques qui se servaient d'eux ; une "légende noire" propagée par les victimes et leurs proches, entretenue par les pays protestants ; des pamphlets et des apologies par douzaines ; des travaux d'historiens par centaines. Une institution, créée au XIIIe siècle, régénérée (si l'on peut dire) à l'aube des temps modernes en Espagne, au Portugal et dans leurs possessions d'outre-mer ainsi que dans de nombreux Etats italiens, et abolie seulement au XVIIIe siècle – voire au XIXe siècle dans certains cas ; l'un des appareils bureaucratiques les plus puissants jamais sécrétés par les sociétés d'Ancien Régime. Un monolithisme théorique, imposé par la papauté aux "tribunaux de la foi", mais sur le terrain une hydre asservie aux pouvoirs publics et à leurs visées politiques et sociales, contrainte d'épouser leurs conflits et composée d'hommes aux personnalités et aux ambitions contradictoires. L'Inquisition – ou plutôt les Inquisitions – ne se laisse pas aisément saisir dans sa totalité. Sa complexité défie la synthèse. Ce n'est que sur la longue durée et par une démarche comparatiste que peuvent apparaître les traits fondamentaux de cette police de la foi et des mœurs, et que s'observent les effets de la répression de l'hérésie sur les sociétés dans lesquelles elle s'est enracinée. La nouveauté et l'originalité du présent ouvrage résident dans son souci de comprendre l'Inquisition à travers quatre des aspects qui lui confèrent malgré tout une certaine unité dans le temps et dans l'espace. Les rites et l'étiquette, qui constituent des formes d'affirmation à usage externe et interne, permettent de situer la position des inquisiteurs et de leur entourage face aux pouvoirs civils et ecclésiastiques ; les formes d'organisation révèlent les mécanismes de la prise de décision et de fonctionnement ; les modes d'action sont riches d'enseignements sur les objectifs stratégiques et tactiques des tribunaux de la foi : enfin, les systèmes de représentation (notamment l'emblématique) affichent les programmes mis en œuvre. Par-delà les images rendues familières par la littérature de combat – bûchers, tortures, répression du judaïsme, du protestantisme, de la sorcellerie, surveillance de la pensée par le contrôle des livres –, cet ouvrage dévoile tout un pan mal connu des structures mentales dans les sociétés de l'Europe latine.
PUF, 1985, gr. in-8°, 598 pp, biblio, index, broché, bon état (Publications de l'Université de Poitiers, XX). Edition originale, envoi a.s.
''Du tableau de la production littéraire et artistique auquel Elie-Catherine Fréron consacra les quelques deux cents volumes de ses périodiques, j'ai voulu dégager la figure de celui qui fut le témoin averti et sensible de son temps, mais surtout rendre justice à sa grande valeur de critique. Il fut l'un des premiers à proclamer la dignité d'un genre qui appartient à la littérature. Son esthétique classique, rebelle à la raison des géomètres, occupe une place essentielle dans l'histoire du goût en France. Les ruptures et les conflits, dus à la mise à l'épreuve des principes par les expériences critiques du journaliste confronté au surgissement de la nouveauté littéraire et à l'évolution du public, éclairent d'une manière nouvelle la crise de l'esthétique dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.'' — "... Il me plaît de saluer la publication d'un si bel ouvrage sur l'esthétique de Fréron : enfin il ne sera plus possible de méconnaître le rôle et la valeur de Fréron en tant que critique de l'Europe des Lumières. L'auteur a réussi, non sans risques, après une première partie où elle situe et explique l'entrée de F. dans la carrière, à mener de front l'étude des genres et la chronique journalistique. La seconde partie, la plus longue et la plus importante, porte sur la masse des poètes et l'insuffisance poétique ; la troisième, sur le théâtre et, en particulier, le drame que F. prônait dès 1750 ; la quatrième, sur le roman... Tout dix-huitiémiste y trouvera, à chaque instant, sa pâture..." (Jean Balcou, Dix-Huitième Siècle 1986) — En 1754, Fréron fonda « l'Année littéraire », qui fut l'oeuvre de sa vie et qu'il dirigea jusqu'à sa mort en 1776. Il y critiquait vivement la littérature de son temps en la rapportant aux modèles du XVIIe siècle et combattait les philosophes des Lumières au nom de la religion et de la monarchie. Il s'attaqua principalement à Voltaire qu'il avait déjà décrit dans les Lettres sur quelques écrits du temps « sublime dans quelques-uns de ses écrits, rampant dans toutes ses actions. » La critique fut ensuite reprise à chaque numéro de « l'Année littéraire », souvent mordante mais toujours exprimée avec sang-froid et sur un ton de courtoisie.
P., au Bureau central, 1836, 3 vol. in-4° (28 x 18), 304, 342 et 620 pp, pagination continue pour les tomes 1 et 2 (le tome 2 est paginé 305-647), 156 planches hors texte gravées sur acier par Péronard, C. Lalaisse, Skelton, Dumaine, Desjardins, Rouargue, etc., texte élégamment encadré sur deux colonnes, reliures demi-veau veau glacé vert, dos lisses ornés en long d'un grand fer romantique doré, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), un 2e plat piqué, bon état
Nouvelle édition ornée de plus de 150 figures hors texte gravées sur acier. Bon exemplaire très frais et sans rousseurs. — En 1666, Isaac Lemaistre, sieur de Sacy (1613-1684), prieur de l'Abbaye de Port-Royal, alors emprisonné à la Bastille pour jansénisme (il y restera du 13 mai 1666 au 14 novembre 1668), profite de ces loisirs cloîtrés pour achever la traduction de l'Ancien Testament commencée par son frère Antoine à partir de la Vulgate, mais qui ne lui convenait pas. Il devient ainsi le maître d'œuvre d'une traduction en langue française de la Bible, dite "Bible du Port-Royal" ou "Bible de Sacy". Au XVIIe siècle, sa publication a rencontré de nombreux obstacles, comme tous les livres de Port-Royal soupçonnés de jansénisme.
P., au Bureau central, 1837, 3 vol. in-4° (28 x 18), 304, 342 et 620 pp, pagination continue pour les tomes 1 et 2 (le tome 2 est paginé 305-647), 156 planches hors texte gravées sur acier par Péronard, C. Lalaisse, Skelton, Dumaine, Desjardins, Rouargue, etc., texte élégamment encadré sur deux colonnes, reliures demi-basane havane, dos lisses ornés en long d'un grand fer romantique doré, titre et tomaisons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état
Nouvelle édition ornée de plus de 150 figures hors texte gravées sur acier. Bon exemplaire très frais et sans rousseurs. — En 1666, Isaac Lemaistre, sieur de Sacy (1613-1684), prieur de l'Abbaye de Port-Royal, alors emprisonné à la Bastille pour jansénisme (il y restera du 13 mai 1666 au 14 novembre 1668), profite de ces loisirs cloîtrés pour achever la traduction de l'Ancien Testament commencée par son frère Antoine à partir de la Vulgate, mais qui ne lui convenait pas. Il devient ainsi le maître d'œuvre d'une traduction en langue française de la Bible, dite "Bible du Port-Royal" ou "Bible de Sacy". Au XVIIe siècle, sa publication a rencontré de nombreux obstacles, comme tous les livres de Port-Royal soupçonnés de jansénisme.
Les Belles Lettres, 1978, gr. in-8°, 318 pp, biblio, index, broché, bon état (Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège)
"Premier travail d'ensemble sur une oeuvre « plus célèbre que connue ». Il suit d'abord la genèse de ce « livre-feuilleton ». Conçu, aux alentours de 1498, comme « une sorte de Méthode Assimil à l'usage des apprentis-latinistes », il est, de sa première édition en 1518, à la dernière publiée du vivant de l'auteur en 1533, inlassablement repris et amplifié dans un double objectif didactique : améliorer la pratique de la langue latine des lecteurs et leur permettre de devenir des hommes et des chrétiens accomplis. (...) Si les Colloques composent « comme une Comédie humaine avec des scènes de la vie privée, de la vie militaire, de la vie de campagne, de la vie urbaine, de la vie religieuse », ils représentent surtout une « synthèse de la réflexion érasmienne » sur la vie chrétienne. (...) Enfin le chapitre le plus long étudie « la bataille des Colloques » : elle fait rage pendant les quinze dernières années de la vie d'Erasme qui doit affronter successivement les théologiens de Louvain, ceux de Paris, l'Inquisition espagnole ; après sa mort, l'ouvrage est mis à l'Index et y restera jusqu'à la fin du XIXe siècle. Une remarquable monographie..." (Emile Goichot, Archives des sciences sociales des religions, 1980)
P., Eugène Belin, 1893, in-12, 428 pp, nombreuses gravures et cartes, reliure pleine percaline havane de l'éditeur, bon état
Manuel pour les classes de rhétorique, de seconde (enseignement supérieur) et pour la préparation aux baccalauréats.
P., Eugène Belin, 1904, in-12, 528 pp, 80 gravures sur bois dans le texte, 9 cartes dans le texte et hors texte, reliure toile éditeur, titres en noir au 1er plat et au dos, qqs soulignures crayon, bon état
Manuel de Second Cycle, Classe de seconde, rédigé conformément aux programmes officiels de 1902.
Honoré Champion, 2000 gr. in-8°, 427 pp, préface de Daniel Robert, annexes, biblio, index, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état (Coll. Vie des Huguenots)
Benjamin-Sigismond Frossard (1754-1830), par sa formation à la prestigieuse académie de Genève, par ses goûts, ses tendances philosophiques et ses engagements politiques, est véritablement un « homme des Lumières ». Sa carrière comporte plusieurs points forts. À Lyon, où il est pasteur depuis 1777, il se fait de nombreuses relations : Brissot, les Roland – mais il est aussi membre de la prestigieuse Société royale d'Agriculture. L'université d'Oxford lui décerne le Doctorat honoris causa. Il publie en 1789 “La Cause des esclaves nègres”, qui reste, en langue française, l'ouvrage le plus important et le plus complet contre la traite et l'esclavage. À Lyon, il joue, la Révolution venue, un rôle non négligeable dans l'administration de la ville, puis du département, en particulier pour réorganiser l'instruction publique. En 1802, à Paris, il est un des rédacteurs du mémoire dont l'administration impériale fera la base de la loi de 1802 organisant les cultes réformés. En 1809, il est chargé de créer, de toutes pièces, la Faculté protestante de théologie à Montauban décidée par l'Empereur et, nommé doyen, il s'acquitte de cette mission en dépit de nombreuses difficultés. Le protestantisme français lui doit beaucoup. Outre La Cause des esclaves, il a laissé de nombreux écrits et des traductions (Hugh Blair, Wilberforce) ainsi que ses cours à Montauban (celui de morale évangélique reflète ses tendances philosophiques), dont il est rendu compte. Robert Blanc, qui nous donne cette première biographie de B.-S. Frossard, dont il est le descendant direct, a pu notamment disposer d'un fonds important d'archives familiales. Préface du professeur Daniel Robert, professeur émérite à l'École des Sciences sociales.
Fayard, 2004, in-8°, 639 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, 4 cartes et un plan, généalogie, chronologie, sources, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état
Dans l'esprit d'un Français, Frédéric II est associé à la figure de Voltaire. Si tumultueuse que leur relation ait été, il lui apparaît d'abord sous les traits du roi-philosophe ami des Lumières. Probablement lui évoque-t-il encore le nom de Rossbach et le lamentable désastre du maréchal de Soubise, que l'on vit longtemps comme le signe du déclin de la monarchie française. Roi-philosophe, roi-capitaine, ces deux titres suffisent à lui valoir le qualificatif de "grand". De fait, Frédéric II domine de sa stature le XVIIIe siècle allemand. Kant ne l'appelle-t-il pas déjà "le siècle de Frédéric" ? Mais la gloire de Frédéric II ne s'arrête pas aux limites de l'Allemagne. Dans la hiérarchie des souverains du temps, il prend place aux côtés de Marie-Thérèse, sa grande rivale, et de Catherine II de Russie. La tradition reconnaît Frédéric II comme le modèle du "despote éclairé". S'identifiant à l'État, il s'en regarde comme le premier serviteur. Mais la réalité s'accorde-t-elle avec l'image ? Prétendant décider de tout, Frédéric pousse l'absolutisme jusqu'à sa pointe extrême et reste dans la mémoire collective comme un roi réformateur. Quand il met le principe de tolérance en pratique, son action se porte sur des domaines privilégiés par les Lumières. L'autre grande affaire du règne, le rang de la Prusse en Allemagne, pose le problème du rapport des forces au sein du corps germanique. Avec la conséquence que l'affaire prend aussitôt une dimension européenne. Elle ne peut laisser indifférente aucune des grandes puissances, la France garante des traités de Westphalie, l'Angleterre sa rivale et jusqu'à la Russie qui apparaît alors sur la scène européenne. Même si d'autres facteurs interférent, le conflit austro-prussien enfante deux grandes guerres en Europe. Mais s'il s'agissait d'un faux procès, tant en canonisation qu'en diabolisation ? Et si l'histoire était, une fois de plus, rattrapée par le mythe ?
Plon, 1933, in-12, 316 pp, nouvelle édition avec 8 gravures hors texte, cartonnage éditeur, état correct (Bibliothèque historique Plon)
"Lady Blennerhasset, déjà honorablement connue du public français par son magistral ouvrage sur Madame de Staël et son temps, vient de traduire le livre qu'elle a consacré à Marie Stuart et dont l'édition allemande a paru en 1907. Après les travaux plus considérables de Mignet et de Philippson, cette biographie, de dimensions plus restreintes, vient à son heure. Lady Blennerhasset connaît à fond la « littérature » de son sujet ; mais, pour écrire la vie de son héroïne, elle est allée droit aux sources, et c'est aux lettres de Marie Stuart, à la correspondance des agents diplomatiques anglais ou étrangers, aux Calendars of State Papers qu'elle a eu principalement recours pour démêler le réseau pas mal compliqué de négociations et d'intrigues qui s'est noué autour de la reine d'Écosse soit avant, soit pendant sa captivité. En suivant pas à pas les documents, en utilisant pour les contrôler les travaux de critique et de détail, elle a pu reconstruire l'histoire de Marie Stuart et en pénétrer le mystère. L'exposé est clair et précis, et complet quoique sommaire. Ce n'est qu'une esquisse, sans doute, mais qui ne laisse rien d'important dans l'ombre et fait saillir tout l'essentiel. Un autre mérite de ce petit livre, c'en est l'objectivité. Non seulement lady Blennerhasset s'est gardée de romancer les aventures déjà passablement romanesques et tragiques de la reine d'Ecosse ; non seulement elle a usé discrètement de la psychologie historique, mais elle a tâché de voir et de nous montrer Marie Stuart telle qu'elle a été, dans son temps et dans son milieu, sans parti pris d'apologie ou de dénigrement. Son jugement est toujours mesuré (voir ce qu'elle dit des lettres de la Cassette), juste de ton. Le récit se lit très agréablement et la langue est suffisamment correcte pour que l'auteur n'ait pas besoin de cette indulgence qu'elle réclame trop modestement dans les dernières lignes de sa préface." (Victor-Louis Bourrilly, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1909)
P., Critérion, 1993, in-8°, 251 pp, petit glossaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires Inattendus)
Journal d'un serviteur imaginaire de la marquise de Sévigné écrit par un historien renommé. — "François Bluche s'amuse. Il s'amuse à nous inventer l'authentique journal d'un serviteur imaginaire de la marquise de Sévigné. Il s'amuse à faire parler, dans le style de l'époque et non sans humour, un témoin du dix-septième siècle, qui est censé avoir été le valet de chambre et le confident de la célèbre et spirituelle épistolière. Il s'amuse à lui faire concurrence sur son propre domaine, celui de l'enjouement et de la spiritualité. Il s'amuse, avec une merveilleuse fausse spontanéité, à nous restituer un témoignage sur le Grand siècle, dans ses grands événements politiques comme dans sa vie quotidienne. Mais que le lecteur ne se laisse pas abuser, ce très aimable pastiche est un veritable livre d'histoire." (La Revue administrative, 1993)