8, rue Bréa
75006 Paris
France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Plon, 1928, in-12, v-282 pp, 2 gravures hors texte, cart. bleu-nuit de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état
"On ne se souvient guère aujourd’hui de Madame de La Ferté-Imbault, marquise d’Étampes, née à Paris en 1715 – l’année où disparut Louis XIV – et morte, toujours à Paris, en 1791, à la veille de l’exécution de Louis XVI. Personnalité importante de la société mondaine de son temps, Madame de La Ferté-Imbault n’apparaît pas seulement dans les mémoires et les correspondances de ses contemporains; elle a laissé un témoignage direct de sa vie et de son monde dans divers Mémoires, Anecdotes, Lettres, Portraits aujourd’hui encore inédits. C’est à partir de ces manuscrits que les deux plus grands spécialistes de notre comtesse, le marquis de Ségur et Constantin Photiadès, ont élaboré leurs biographies." (Benedetta Craveri, Revue d'histoire littéraire de la France, 2005) — "Un livre bien fait, bien écrit, qui, par le fond et la forme, contraste avec ces biographies bâclées dont est encombré en ce moment le marché littéraire... Cette fois, on n'a pas ravaudé en hâte des pages ramassées au hasard, on n'a pas démarqué de compilations périmées ; M. Constantin Photiadès a cherché les éléments de vérité à des sources inédites, il les a découverts dans les Archives nationales et dans les archives privées, notamment dans les papiers conservés par le marquis d'Estampes et par le comte Wladimir d'Ormesson. Son livre a amplement bénéficié de cette consciencieuse information ; c'est avec une très vivante précision qu'il évoque la figure du personnage auquel il, est consacré et le milieu où fut goûtée la fantaisie calculée de “La Reine des Lanturelus”. La marquise de La Ferté-Imbault avait l'esprit robuste et profond; son éducation et son penchant naturel l'attiraient vers les livres sérieux, les méditations graves ; il y avait en elle l'étoffe d'un moraliste. Elle était belle et bien faite, sa brune beauté lui valait de nombreux hommages, et au premier rang de ses admirateurs elle compta un roi, le bon Stanislas Leczinski. Mais de bonne heure les déboires et les tristesses ne manquèrent pas à sa vie ; veuve prématurément d'un mari léger et futile, elle vit mourir sa fille alors que celle-ci entrait. à peine dans l'adolescence ; et un peu plus tard elle eut la douleur de perdre sa nièce par alliance, morte en donnant le jour à une fille qui devait devenir la vicomtesse de Bourdeilles. Mais, pour ne pas entrer constamment en conflit avec sa mère si impérieuse, si jalouse de sa royauté salonnière, Marie-Thérèse s'était de longue date entraînée à la contrainte. Elle avait pris le parti de cacher tous les côtés graves et réfléchis de sa nature. Elle dissimulait sa réelle valeur sous les dehors du caprice et de l'étourderie. Elle babillait, elle ironisait, tout lui était prétexte à plaisanterie, et à folle plaisanterie bref, pour parler comme elle, « sa raison se déguisait sous un domino de déraison ». Ainsi allait, dans le bal masqué que lui semblait le monde, cette jeune femme qui était vertueuse et pieuse et qui, aux heures de solitude, avait les plus graves lectures, faisait sa compagnie préférée des Pères de l'Eglise, des prédicateurs chrétiens, des moralistes du seizième et du dix-septième siècle de ceux qu'elle appelait « ses vieux amis morts ». On ne voyait, on ne voulut voir longtemps en elle qu'une personne aimable, gaie, fantasque, dont la verve folle déridait les plus moroses – bref, le boute-en-train des Lanturelus. Le « Sublime Ordre des Lanturelus » avait été fondé au cours de l'hiver 1771. A l'instar des confréries occultes qui pullulaient alors, des sociétés badines se constituaient et prenaient figure de sociétés secrètes. Un secret qui était bientôt celui de Polichinelle ! On parlait des Lanturelus dans toutes les cours d'Europe. On savait que le baron de Grimm était « doyen de l'Ordre », le cardinal de Bernis « grand protecteur », le duc de La Trémoïlle « grand fauconnier », Le Pelletier de Saint-Fargeau « chancelier », etc. Marie-Thérèse avait débuté comme « grande-maîtresse », mais, de par la volonté de ses sujets, elle était devenue « Sa Très Extravagante Majesté Lanturelienne, fondatrice de l'Ordre et autocrate 'de toutes les Folies »... Il y a là un aspect de la vie mondaine du dix-huitième siècle qui méritait d'être fixé. (...) Il faut savoir beaucoup de gré à M. Constantin Photiadès de nous avoir fait mieux connaître cette femme d'esprit qui fut une femme de tête, une femme de coeur et une honnête femme." (Raymond Lécuyer, Le Gaulois, 15 mars 1928)
P., EDHIS, 1973, 2 vol. in-12, (4)-239 et (3)-277-(2) pp, 2 tomes reliés en un volume plein cuir éditeur, bon état. Reprint de l’édition originale publiée chez P. Lambert, en 1757. Tirage à 250 exemplaires numérotés
Clément Humbert Piarron de Chamousset (1717-1773), philanthrope français, était maître des comptes. Il consacra sa fortune au service des pauvres et des malades, améliora le régime des hôpitaux et créa à ses frais un hôpital modèle où il supprima l'usage de réunir plusieurs malades dans un même lit. Il fut nommé intendant général des hôpitaux sédentaires de l'armée. On lui doit, en outre, plusieurs établissements d'utilité publique, entre autres celui de la petite poste. Il eut la première idée des associations de secours mutuels. Sous ce titre général, le lecteur trouvera tous les écrits de ce précurseur de la législation de Sécurité Sociale actuelle : Plan d'une maison d'association, lettre critique à l'auteur d'une brochure intitulée : Plan d'une maison et réponse de Chamousset. Exposition d'un plan proposé pour les malades de l'Hotel Dieu, Mémoire politique sur les enfans, sur les revenus de l'hôpital Saint Jacques, et Plan général pour l'administration des hôpitaux du royaume, et pour le banissement de la mendicité.
P., Furne et Cie, 1854, gr. in-8°, xv-560 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Peu courant
Amédée Pichot (1795-1877), directeur de la Revue britannique, prévoyait un second volume (jamais paru) qui devait s'intituler : "Histoire de la lutte de Charles-Quint contre le sultan des Turcs, les papes de Rome et les rois très-chrétiens". Charles-Quint intéressait fort les historiens du XIXe siècle : en 1859, à son tour, Mignet publiait "Charles Quint, son abdication, son séjour et sa mort au monastère de Yuste".
P., Ladvocat, 1830, 2 vol. in-8°, xxxvi-386 et 434 pp, brochés, couv. très lég. salies, bon état. Edition originale
Le dernier prétendant jacobite aux trônes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande : le prince Charles Edouard, le petit-fils du dernier roi de la dynastie des Stuart, Jacques II. En août 1745, il débarque sur la côte écossaise dans l'espoir de reprendre son trône aux "vilains Hanovriens", les bouscule à Prestonpans, arrive à deux jours de marche de Londres, triomphe de nouveau à Falkirk Muir, a la quasi-totalité de l'Écosse sous son contrôle – puis c'est la défaite sanglante de Culloden (16 avril 1746), où l'armée britannique anéantit ses forces. Fuite, traque, poursuite pendant des mois, avant de trouver un navire pour regagner la France...
Hachette, 1872, 4 vol. gr. in-8°, xi-575, 582, 544 et 438 pp, imprimé sur papier vergé, table générale, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré du Prytanée militaire aux 1er plats (rel de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état
Première édition, avec son importante table analytique (128 pp). La France n'a-t-elle jamais essayé de se gouverner elle-même ? Le sujet avait été mis au concours par l'Académie des sciences morales et politiques en 1866, quand sous la houlette d'Emile Ollivier, la formation du tiers parti consacrait le virage libéral du Second Empire.
Calmann-Lévy, 1979, in-8°, 324 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Ouvrage couronné par l'Académie française (prix Feydau de Brou, 1980)
"Sur la famille aux derniers siècles de l'Ancien Régime, cet ouvrage se distingue par l'ampleur du champ couvert et la continuité du souci comparatiste. Six chapitres étudient, du début du XVIe aux environs de 1750 – période d'évolution lente et où dominent les traits communs –, les caractéristiques essentielles : législation, choix du conjoint et amour conjugal, problèmes matériels et financiers, « mystères de la vie et de la mort », types de maisonnées, couples et enfants illégitimes. Le dernier – « Le temps des divergences » – est consacré à l'évolution dans les deux pays au cours du demi-siècle 1750-1800, alors que « la famille en France connaît une véritable crise et entre dans une phase nouvelle de son histoire »." (Emile Goichot, Archives des sciences sociales des religions, 1980)
Marseille, 1975, gr. in-8°, 17 pp, paginé 259-275, notes, broché, bon état. Tiré à part extrait de “Provence historique”, 1962
Extrait des Mémoires d'Antoine de Félix.
Tallandier, 1973, pt in-8°, 416 pp, 25 illustrations en couleurs sur 16 pl. hors texte, 158 gravures et portraits en noir dans le texte et à pleine page, 7 cartes, chronologie, index, biblio, reliure pleine toile rouille décorée de l'éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Histoire universelle)
Suzanne Pillorget introduit Voltaire et Rousseau à propos des idées nouvelles sous le règne de Louis XV : la tendance à l'irréligion, l'irrévérence ou même l'hostilité envers l'Église, l'exaltation de la raison constituent les idéaux de l'Europe des Lumières. Cette idée est explicitée dans le chapitre « Les Lumières de 1748 à 1763 » où sont traités Voltaire et Rousseau. L'accent est mis sur le rationalisme et la lutte contre l'Infâme.
Plon, 1925, in-12, 242 pp, broché, bon état
Un poète de Marie Stuart : M. de Maisonfleur ; Maucroix et la marquise de Brosses ; Au pays de Louise de la Vallière ; L' « Estelle de Florian » : Madame Gonthier ; Une figure d'Alsace : la baronne d'Oberkirch ; Ondine Valmore.
Albin Michel, 1941, in-8°, 253 pp, édition revue, augmentée et précédée d'une introduction par G. Lenotre, 16 gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Cette réédition, revue et augmentée, de l'ouvrage de M. Pilon inaugure une nouvelle collection consacrée à la vie de famille à travers les âges. C'est sur « les solides assises de la famille » que l'auteur a vu s'établir la grandeur de l'Ancien Régime; et il tend à montrer que les gens du XVIIIe siècle, même quand ils furent en réaction contre la tradition ou quand ils se laissèrent prendre aux idéologies de l'époque, ne s'égarèrent jamais, pour la plupart, « au point de méconnaître la notion familiale, indispensable ... à tout état ». A ses développements sur les divers aspects de la vie de famille et sur ses manifestations dans les différentes classes de la société, l'auteur a ajouté, en appendice, un certain nombre de textes, parmi lesquels nous retiendrons surtout ceux qui concernent l'éducation dans les couvents. L'illustration du volume reproduit des peintures ou des gravures du XVIIIe siècle. Elle est très fine et constitue, pour le lecteur, un attrait de plus." (R. Limouzin-Lamothe, Revue d'histoire de l'Église de France, 1942)
Clavreuil, 1945, in-8°, 261 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, bon état
Le chevalier d'Eon n'a cessé de défrayer la chronique. Tout à tour homme et femme, ou les deux à la fois, agent secret de Louis XV et diplomate officiel, il est mêlé à d'innombrables intrigues. Les contemporains déjà ne cessaient de colporter sur cet inclassable des fables incroyables et prenaient des paris sur sa véritable identité sexuelle...
Amsterdam, Chez Zacharie Chatelain, 1729, 2 vol. in-12, (36)-415 et (8)-404 pp, 10 planches gravées en taille douce (dont 2 dépliantes), culs-de-lampe, reliures plein veau moucheté, dos à 5 nerfs guillochés et caissons ornés, titres dorés (rel. de l'époque), dos frottés, un mors faible, sinon bon état
Tomes 1 et 2 seuls (sur 3) — "Intéressants mémoires sur la Régence, particulièrement au chapitre économique et financier avec les passages concernant la Compagnie des Indes et le système de Law. Les finances de la France étant dans un état désastreux à la mort de Louis XIV, le duc d'Orléans devenu Régent se laisse séduire par le système financier de l'écossais Law, qui crée une banque rue Quincampoix à Paris et émet du papier-monnaie garanti par la Compagnie des Indes. Après un énorme succès initial et une spéculation effrénée la confiance faiblit et le système s'effondre en 1720 dans une panique qui fait de nombreuses victimes. Deux belles gravures dépliantes (Tome 2) présentent sous forme caricaturale et allégorique les victimes du système. Parmi les portraits figurent celui de Law." (Barbier III, 200)
Plon, 1930, in-12, 266 pp, bandeaux, culs-de-lampe et dessins de Gustave Alaux, cart. percaline crème, dos lisse avec titres rouges, plats de papier carmin (rel. de l'époque), papier jauni, bon état
"Un combat entre des galères françaises et espagnoles en août 1638, alors que Richelieu était Grand Maître de la Navigation ; deux batailles entre des frégates françaises et anglaises à Algésiras et à Cadix au cours de l'été 1801, se terminant par une scène où le Premier Consul Bonaparte déclara que le capitaine Troude était l'Horace français ; et le combat entre des navires français et chinois sur la rivière Min à la fin du mois d'août 1884, constituent les trois victoires décrites avec fougue et accompagnées de gravures sur bois très guerrières dans ce petit livre. Les descriptions minutieuses des navires, et des uniformes des trois époques concernées seront d'un intérêt considérable pour les amateurs d'histoire navale." (H. D. Hill Fairfax, Books Abroad, 1931)
Rome, Université Pontificale Grégorienne, 1963, in-4°, ix-488 pp, texte dactylographié, biblio, broché, bon état. On joint un carton d'invitation à la soutenance de la thèse
P., J. Rothschild, 1891, in-8°, xvi-639 pp, 300 illustrations, portraits et plans en noir dans le texte et hors texte, broché, couv. illustrée, dos factice, état correct. Edition originale
Excellent et très érudit livre sur le Quartier des Halles à Paris, en particulier sur les demeures seigneuriales qui ont précédé l'hôtel de Soissons où vécut Catherine de Médicis. — Table des matières : Histoire du quartier de la Halle au blé. Topographie du quartier de la Halle au blé. Notes et documents historiques. Plans chronologiques. Noms et sceaux de tous les propriétaires des hôtels. Bibliographie. Appendice et pièces justificatives. Table analytique des matières. — "M. Piton a dû se borner, par suite de l'abondance des documents, à nous faire l'histoire de l'emplacement qu'occupaient la Halle au blé et ses environs immédiats. L'origine de ce quartier remonte au XIIe siècle. C'est en effet à cette époque que l'on trouve la mention de plusieurs maisons, telles que celle des seigneurs de Nesle, et c'est le récit des transformations successives de cette maison illustre que M. Piton s'est surtout attaché à nous retracer. Le premier propriétaire connu est Jean Ier, de Nesle en Picardie. La maison de Nesle devait être de quelque importance, car Louis IX la convoita pour y loger sa mère, la reine Blanche. C'est ainsi que cet hôtel devint, très légitimement, la propriété des rois de France, jusqu'au jour où Philippe de Valois le donna au roi de Bohême Jean de Luxembourg. A la fin du XIVe siècle, l'hôtel de Nesle devient l'hôtel d'Orléans. Mais le duc d'Orléans est assassiné en 1407... Un siècle passe sur l'hôtel d'Orléans, un instant devenu couvent pour abriter les pauvres Filles repenties, lorsque Catherine de Médicis, dont l'hôtel était voisin, mais trop à l'étroit, acheta cette antique demeure pour la faire abattre, et les bâtiments rasés firent place à des jardins qui vinrent à propos agrandir ceux de son hôtel. Devenu l'hôtel de Soissons au XVIIe siècle, il subsista jusqu'au milieu du siècle suivant. C'est, en effet, vers 1755 que fut décidée la construction d'une halle aux grains, ce qui fut fait sur l'emplacement du palais de Catherine... Telle est, résumée d'une façon très incomplète, l'histoire du quartier de la Halle au blé. Je regrette de ne pouvoir parler des notes, parfois si intéressantes, qui accompagnent le texte de cette consciencieuse monographie ; notes si abondantes qu'elles occupent les deux tiers du volume. Elles se trouvent réparties entre la Topographie historique, les Documents historiques suivis de plans, et les Pièces justificatives ; on aurait fort à faire de citer tous les noms de famille parisiens qui s'y trouvent mentionnés..." (A. Trudon des Ormes, Bibliothèque de l'École des chartes, 1892)
Le Passage, 2013, in-8°, 237 pp, broché, couv. illustrée, bon état
Roman. Un portrait que vous avez toujours vu chez vous. II a été peint au début de la Révolution à Paris. La facture en est classique, on y respire un certain luxe tranquille dans lequel vit une famille très Ancien Régime. Et pourtant... Quand le hasard vous met entre les mains le journal écrit par l'homme représenté sur le tableau, celui-ci se met à révéler ses secrets et c'est l'envers du décor que l'on découvre. Car ce journal, c'est celui de Jean Lacoste, un homme qui vient de la campagne, avoue son ambition de grimper l'échelle sociale et décrit sans détour les étapes de sa métamorphose : son enfance dans un village du Quercy, sa découverte de Paris et d'une société brillante, son arrivée à Lyon où se révèlent à lui un métier, celui du tissage de la soie, et un art, celui de la décoration. On suit avec bonheur le récit de ces années d'apprentissage, jalonnées de séduisantes figures féminines. Elles le mèneront à occuper une position enviable, celle d'un citadin élégant dont la fortune est faite. Mais à jouer les marquis en se faisant portraiturer dans son beau salon parisien, Jean Lacoste ne s'approche-t-il pas dangereusement de la guillotine ?
CDU, 1941, in-4°, 60 pp, texte dactylographié, broché, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne)
Armand Colin, 1964, gr. in-8°, 144 pp, 2 pl. hors texte, index, broché, bon état (Coll. Cahiers des Annales)
"Un paysage impitoyable, une société rustique et ignare, une famille indigente, voilà ce que la vie offre à ses débuts à Thomas Platter. C'est son autobiographie, traduite dans un français moderne mais plus fidèle que les tentatives précédentes à la simplicité, à la maladresse même, du vieux suisse alémanique de l'original, que nous présente Marie Helmer. Quelles duretés, quels détours cette âme vigoureuse devait-elle subir et vaincre avant d'en arriver à l'accomplissement de son premier vœu ardent : se faire une éducation ; puis, beaucoup plus tard, à s'établir confortablement dans la vie, respecté enfin, professeur, père de famille, propriétaire de plusieurs maisons à Bâle, et, dans l'émouvante simplicité de son âme, reconnaissant à Dieu de lui avoir prodigué tant de bienfaits. Sans aucune révolte, loin de tout ressentiment des longues années de lutte cruelle, le vieux Platter cède, aux environs de sa 73e année, aux vœux de ses amis et surtout de son cher fils Félix et raconte naïvement les minces épisodes de son enfance montagnarde, ses vagabondages à travers l'Europe, toujours à la recherche d'une école, les méfaits, innocents parfois, mais plus d'une fois frôlant le crime, des bandes d'« étudiants » auxquelles il fut attaché, souvent bien contre son gré. Les grands événements, ce furent la rencontre avec Zwingli et sa conversion à la nouvelle foi, ailleurs l'intérêt bénévole, l'instruction qu'il trouva auprès de Myconius à Zurich. Cette vie d'homme fruste, qui nous permet tant de vues obliques dans un coin du seizième siècle, méritait d'être portée de nouveau à l'attention de tous ceux qui ne voudraient, ou ne sauraient se battre avec un dialecte difficile." (Eva Marcu, Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, 1965)
Gallimard, 1980, fort in-12, 1824 pp, glossaire, note bibliographique, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, rhodoïd, qqs rares annotations crayon, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade). Volume épuisé
Ce volume contient : Essais - Journal de voyage en Italie - Lettres - Notes sur les « Éphémérides » de Beuther. Appendice : Les Sentences peintes dans la « librairie » de Montaigne. — Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l'auteur d'un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d'un homme retiré, jouissant d'un exil intérieur propice à l'exercice du jugement. C'est dans l'espace qui s'étend entre ces deux figures, l'homme à cheval et l'homme de papier, qu'il faut appréhender Les Essais. Grand amateur de livres, Montaigne juge sévèrement « l'écrivaillerie » de son temps et combat la culture livresque lorsqu'elle conduit au pédantisme. Familier des interminables périodes de ses confrères en « parlerie », il use d'un langage « coupé », d'un style primesautier – « soldatesque », dit-il. Non content d'inventer une forme, l'essai, il se dote d'une écriture qui est le truchement de son âme et, on le sent bien, l'exact reflet de la vivacité de son esprit. De sorte qu'il ne nous enseigne pas : il nous parle – de lui, de l'humain à travers lui, et donc de nous. D'une voix et sur un ton jusqu'alors inouïs, et peu entendus depuis, il sape en ironiste le conformisme intellectuel et, le premier, revendique pour chacun le droit à l'esprit critique et au libre examen dans tous les domaines (celui de la foi excepté). C'est pourquoi, alors que tant d'ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant.
Gallimard, 1981-1983, 2 forts vol. in-12, cclvi-1454 et ccxxviii-1704 pp, un tableau généalogique des rois d'Angleterre, biblio, index, reliures plein cuir souple de l'éditeur, dos lisses ornés de filets dorés, rhodoïds, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)
Tome I : Poèmes : Vénus et Adonis ; Le Viol de Lucrèce ; Sonnets ; La Plainte d'une amante ; Le Pèlerin passionné ; Le Phénix et la tourterelle. Drames historiques : Henry VI ; Richard III ; Le Roi Jean ; Richard II ; Henry IV ; Henry V ; Henry VIII. Comédies : La Comédie des erreurs ; La Sauvage apprivoisée ; Les Deux Gentilshommes de Vérone ; Peines d'amour perdues ; Le Songe d'une nuit d'été ; Le Marchand de Venise ; Beaucoup de bruit pour rien. – Tome II : Comédies (suite) : Les Joyeuses épouses de Windsor ; Comme il vous plaira; Le Soir des Rois ; Tout est bien qui finit bien ; Mesure pour mesure. Tragédies : Titus Andronicus ; Roméo et Juliette ; Jules César ; La Tragique histoire d'Hamlet ; Troilus et Cressida ; Othello ; Le Roi Lear ; La Tragédie de Macbeth ; Antoine et Cléopâtre ; Coriolan ; Timon d'Athènes ; Périclès ; Cymbeline ; Le Conte d'hiver ; La Tempête.
Gallimard, 1960-1961, 2 forts vol. in-12, xxix-1374 et 1725 pp, index, reliures plein cuir souple de l'éditeur, dos lisses ornés de filets dorés, jaquettes illustrées, rhodoïds, étuis carton, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade). Volumes épuisés
"Mon dessein est d'écrire tout ce que j'ai appris et ce que j'apprendrai d'agréable et digne d'être remarqué, et je prétends dire le bien et le mal sans dissimuler la vérité" écrit Tallemant des Réaux (1619-1692) au début des Historiettes, qu'il appelle de petits Mémoires. Il a rempli son programme "Si l'on met à part les exagérations provoquées par la malignité et l'amour de la médisance, cette oeuvre, tout impersonnelle, que l'auteur n'a rédigée ni dans un but de justification ni pour se faire valoir, dans laquelle il ne parle pas de lui même, est unique au XVIIe siècle : ces "mémoires des autres" ont pour l'étude des moeurs et des idées une importance capitale " (Bourgeois et André II, 793).
Berger-Levrault, 1973, gr. in-8°, 447 pp, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bandes conservées ("avec de nombreux inédits", "Prix Malherbe 1975"), bon état
"Il s'agit bien, précisons-le, d'une biographie, et non d'une analyse littéraire des Mémoires. Tout au contraire, – et c'est peut-être là un des aspects les plus originaux et les plus nouveaux du livre – , M. Poisson insiste tout au long sur ce fait, évident mais souvent négligé ou perdu de vue, que les Mémoires ont été écrits très longtemps après les événements qu'ils relatent : quarante-cinq ans pour le début des Mémoires, vingt-cinq ou vingt-six ans pour la fin. Prendre pour argent comptant le récit des Mémoires et rebâtir d'après lui la vie de l'auteur serait donc, non seulement inutile (pourquoi récrire après Saint-Simon ce qu'il a écrit mieux que personne ?) mais illusoire. M. Poisson s'est fixé pour règle de ne recourir aux Mémoires, pour relater la vie de Saint-Simon, qu'à titre d'appoint, et toutes vérifications faites à l'extérieur : ce qui l'amène à citer, dans ses notes, une impressionnante quantité de documents d'archives. Un des éléments neufs et originaux du livre de M. Poisson est le développement consacré au sort posthume des Mémoires et des autres écrits de Saint-Simon, ainsi qu'à l'évolution et à l'épanouissement du saint-simonisme aux XIXe siècle et XXe siècle. On a l'impression, quand on referme l'ouvrage, de mieux connaître la curieuse, irritante et, finalement, malgré tout, attachante personnalité du coléreux duc et pair. « Nous avons essayé moins de le juger que de le comprendre », écrit M. Poisson dans son avant-propos. Il y a pleinement réussi, et au-delà. On se sent l'envie, après lui, de relire aussitôt les Mémoires ; c'est le plus beau compliment, je pense, qu'on puisse faire à l'auteur de ce livre." (Michel Duchein, La Gazette des archives, 1974) — "Cette biographie est à la fois sérieuse et palpitante. Exploitant son fichier avec un sens très sûr du vivant, du coloré et du caractéristique, Georges Poisson révèle d'emblée des qualités d'écrivain et d'historien. L'honnête homme désireux de mieux connaître l'existence de l'un des plus extraordinaires écrivains de langue française qui furent jamais, pourra revivre le curieux destin de Louis de Rouvroy, deuxième duc de Saint-Simon et premier mémorialiste de France ; il constatera en tournant les pages l'intérêt constant porté par le biographe aux mentalités, aux manières de vivre, de sentir et de penser d'une époque qui coïncide avec les règnes de Louis XIII et Louis XIV, et la Régence. Le lecteur des Mémoires sera ravi de découvrir que le dernier quart du livre se penche avec un luxe de détails sur Saint-Simon après 1723 (c'est-à-dire après la mort du Régent qui clôt les Mémoires), et sur « Saint-Simon après Saint-Simon »." (Dirk Van Der Cruysse, Cahiers Saint-Simon) — "Cet ouvrage constitue une biographie minutieuse et admirablement documentée de Saint-Simon. On y suit le personnage depuis l'enfance jusqu'aux dernières années dans ses multiples aspects de courtisan, de politique et de mémorialiste. Ce livre se recommande par sa très riche information, sa clarté et, ce qui ne gâte rien, l'agrément de la lecture." (Raymond Trousson, Dix-Huitième Siècle)
L'Harmattan, 1990, gr. in-8°, 218 pp, 16 pl. de photos hors texte, qqs gravures dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
"Aimer Dieu c'est aimer ses images" : cette phrase de sainte Thérèse d'Avila pourrait servir d'emblème au concile qui se réunit à Trente, en 1545, pour tenter de lutter contre une Réforme iconoclaste qui envahit l'Europe, brise les "veaux d'or" catholiques et interdit au croyant de contempler l'image de son Dieu. Ce qui aurait pu sembler une simple querelle esthétique cache en fait une profonde crise politico-religieuse. Derrière l'enjeu de la représentation, c'est celui du pouvoir qui se dessine. En effet les guerres de Religion se conjuguent a l'effondrement d'un monde très hiérarchisé, figé et ordonné, prenant modèle sur la physique aristotélicienne. Nulle puissance qui ne vienne du Grand Architecte divin. A chacun sa place et son destin. Mais voilà que le bel édifice vacille sous les coups de la Réforme. L'échelle de Jacob qui structure l'espace entre l'homme et son Dieu s'affaisse. La nouvelle physique galiléenne, ouverte à l'infini, offre à l'individu une dangereuse liberté. La féodalité ne se relèvera pas de ce formidable changement dans la vision du monde. L'Eglise catholique qui lui prêtait ses schémas résistera-t-elle ? Parviendra-t-elle par la toute-puissance de l'art et du discours mystique à redresser les hiérarchies et à combler les espaces béants ? C'est ce que nous avons voulu, à l'aube de la modernité, tenter de découvrir ici.
Nouvelles Editions Latines, 1966, in-8°, 396 pp, broché, couv. illustrée d'un portrait de Frédéric le Grand, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française), envoi a.s.
"Frédéric II a fait l'objet de nombreuses biographies, dont la meilleure, de loin, est celle de Pierre Gaxotte, à qui ce livre est dédié. Marcel Pollitzer analyse ici avec minutie, fort de documents d'archives de notre ministère des Affaires étrangères, dont la plupart étaient inédits, le comportement du « despote éclairé » dès son avènement et pendant les guerres de Succession d'Autriche et de Sept Ans. L'auteur prussien de “l'Anti-Machiavel” fut, comme on pouvait le croire, un disciple accompli de l'Italien subtil. Son machiavélisme, dont il joua en maître, lui permit d'entraîner la France dans une guerre injustifiée, de conclure, la Sibérie une fois conquise, une paix séparée avec l'Autriche, puis de traiter avec l'Angleterre, ce qui entraîna, à Versailles, « le renversement des alliances ». Conduite par l'Angleterre au déclenchement d'une guerre, leurrée du vain espoir de porter un coup mortel au Hanovre, la France s'y épuisa au point d'ébranler sa propre monarchie, longtemps avant que la Révolution de 1789 lui eût donné le coup de grâce. L'appendice publiant tout ou partie des lettres de Louis XV, de Fleury, du marquis d'Argenson, des maréchaux de Broglie et de Noailles et des ambassadeurs des deux pays, illustre un récit mené avec aisance par l'historien." (Revue des Deux Mondes, 1967)
Avignon, Aubanel, 1955, in-8°, 180 pp, biblio, broché, couv. illustrée d'un portrait de Charles-Edouard, bon état. Edition originale, un des 2000 ex. numérotés sur Fleur d'alfa des papeteries d'Avignon, envoi a.s. à Pierre Chanlaine
Charles Edouard Stuart (1720-1788), surnommé Bonnie (« beau » en scots) Prince Charlie, était le fils aîné du prince Jacques François Stuart (lui-même fils du roi Jacques II d'Angleterre, Jacques VII d’Écosse, qui avait perdu son trône en 1688) et le prétendant Stuart aux couronnes anglaise et écossaise. La mère de Charles, Maria Clementina Sobieska était la petite-fille du roi polonais Jean III Sobieski.