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Phone number : 01 42 84 16 68Le Dictionnaire comique de Leroux, «d’une lecture instructive, qui restitue un peu du parler de la conversation courante, qui est un répertoire fort précieux des habitudes de langage de deux ou trois générations».Leroux, Philibert-Joseph. Dictionnaire comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial. Avec une explication très fidèle de toutes les manières de parler Burlesques, Comiques, Libres, Satyriques, Critiques & Proverbiales, qui peuvent se rencontrer dans les meilleurs Auteurs, tant Anciens que Modernes…Amsterdam, Zacharie Chastelain, 1750.In-8 de (2) ff., 15 pp., 285 pp., 336 pp., (1) f. Plein maroquin bleu nuit, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque.215 x 135 mm.Première édition citée par Brunet de ce Dictionnaire du langage familier français du début du XVIIIe siècle.Brunet, III, 998.Ce dictionnaire recense les mots familiers, populaires et vulgaires ainsi que les proverbes et les locutions en les illustrant par des citations d’auteurs réputés.Tout d’abord, d’un point de vue historique, le choix du corpus de Le Roux le situe de plain-pied dans le courant d’opposition au «bon usage » et à l’absolutisme de Louis XIV, dont la politique linguistique du monopole académique n’est qu’une des nombreuses manifestations. En effet, le dictionnaire de Le Roux fut plusieurs fois frappé par la censure – d’autant plus que l’auteur semble avoir été proche de la sensibilité janséniste –, censure qui n’empêchera pas que le Dictionnaire soit réédité, remanié, et même plagié tout au long du XVIIIe siècle. Le Dictionnaire fournit également une image particulièrement riche de la mentalité d’une époque à travers les références encyclopédiques qu’il contient, contribuant par-là « à la connaissance du Grand Siècle en dehors des contraintes imposées par la culture officielle».Du point de vue linguistique Le Roux semble avoir un véritable projet qui témoigne d’une sensibilité pour les questions sociolinguistiques, rhétoriques et pragmatiques, qui se reflète dans la présence, dans les entrées, de marques non seulement grammaticales, étymologiques, sémantiques, diatopiques et diachroniques, mais aussi diaphasiques, diastratiques et pragmatiques (documentation extrêmement intéressante pour reconstituer la langue parlée de l’époque).«Pour l’essentiel, le Dictionnaire est consacré à enregistrer les termes et expressions du langage familier courant, «libre» ou «proverbial», le proverbe étant ici à la fois la locution figurée devenue cliché, mais aussi le maxime imagée reflétant une conception commune ou tout simplement la formule clichée. Véritable recueil de locutions populaires, le recueil de Leroux déborde souvent le cadre littéraire pour s’attacher à l’idiomatique triviale: par là, il constitue un témoignage précieux autant que rare sur l’état de la langue parlée vers la fin du XVIIe siècle. Nombre de ces dictions parmi ceux qui se sont conservés, ont connu une évolution notable de leur sens.La partie la plus intéressante du livre me paraît être ce qui se rapporte à Paris: on y relève une foule d’observations curieuses souvent assorties de réflexions ironiques. Ainsi, on trouve réellement de tout dans ce Dictionnaire, à commencer par ce qu’on ne s’attend pas à rencontrer dans un ouvrage de cette sorte. La lecture en est plaisante et jamais fastidieuse; on voit que Le Roux ne résiste pas au plaisir de développer certains commentaires satiriques de son cru…C’est aussi un livre d’une lecture instructive, qui restitue un peu du parler de la conversation courante, qui est un répertoire fort précieux des habitudes de langage de deux ou trois générations. Il montre la richesse de la création verbale, aussi bien dans le monde populaire que dans la société raffinée, et il collectionne une foule de termes disparus depuis. C’est enfin un dictionnaire fort utile, ‘aux étrangers et aux Français mêmes’, car il permet de comprendre ou de préciser le sens des tournures employées par les auteurs comiques, ‘réalistes’ ou familiers de la fin du règne de Louis XIV. Il est contemporain des derniers burlesques et du jeune Marivaux, de Dufresny, Palaprat, Destouches ou Dancourt, du Théâtre de la Foire et des Italiens. ‘En un mot il y a peu de gens à qui ce Dictionnaire ne soit aussi utile qu’agréable, car on n’y remarquera point cette sécheresse, cette uniformité qu’ont tous les autres’». Yves Giraud.Précieux exemplaire sur grand papier, conservé dans son élégante reliure en maroquin bleu nuit de l’époque.
Édition originale définitive du célèbre roman de Le Sage magnifiquement reliée en maroquin rouge de l’époque aux armes de la Comtesse de Provence (1753-1810). Le Sage, Alain-René. Histoire de Gil Blas de Santillane. Dernière édition revue et corrigée. Paris, Par les Libraires Associés, 1747. 4 volumes in-12 de: I/ (4) ff., 402 pp., (3) ff., 8 gravures à pleine page hors texte ; II/ (2) ff., 342 pp., (2) ff., 9 gravures; III/ (2) ff., 381 pp., (7) pp., 8 gravures; IV/ (4) ff., 369 pp., (10) pp., 7 gravures. Ensemble 4 volumes in-12, plein maroquin rouge, grandes armes frappées or au centre des plats, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs richement ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin vert, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque. 161 x 94 mm. Véritable édition originale de «Gil Blas de Santillane», l’un des grands romans français du XVIIIe siècle dont «Lagarde et Michard» font grand cas. Tchemerzine, IV, 178; Cohen 631. Edition définitive, la dernière publiée par Le Sage, elle servit de modèle aux éditions postérieures. Elle est ornée de 32 jolies gravures hors-texte non signées, gravées à l’eau-forte par Dubercelle. «Cette édition devenue peu commune, présente de nombreuses corrections et des augmentations considérables de l’auteur, lesquelles ne forment guère moins d’une centaine de pages; elle doit donc être regardée comme la première bonne édition du chef-d’œuvre de Le Sage» écrit Brunet (III, 1006). «Lagarde et Michard» consacre une longue analyse à ce roman: «Le Sage appliqua aussi au roman ses dons d'observation et de réalisme satirique. On lui doit surtout le Diable boiteux (1707), inspiré d'un auteur espagnol, Luis Velez de Guevara, et l'Histoire de Gil Blas de Santillane, publiée de 1715 à 1735 (Livres I-VI en 1715 ; VII-IX en 1724 ; X-XII en 1735), qui est beaucoup plus originale en dépit de nombreux emprunts. Parmi ses autres romans nous citerons l’Histoire de Guzman d'Alfarache (1732), Le Bachelier de Salamanque (1734) et La Valise trouvée (1740). Le Roman picaresque. Le Sage doit à ses modèles espagnols, outre une quantité d'anecdotes, le genre même du roman picaresque, pratiqué en Espagne depuis la fin du XVIe siècle. Il s'agit de narrer les multiples et divertissantes aventures d'un picaro, vaurien plutôt sympathique, pauvre hère dont l'injustice sociale fait un fripon, mais toujours capable de s'écrier comme ce personnage de Gil Blas : « Je ne suis pas moins prêt à faire une bonne action qu'une mauvaise». Gentil garçon, mais faible, plus riche de bons sentiments que ferme dans ses principes, Gil Blas lui-même hésite entre la candeur et le cynisme. Ballotté au gré des aventures et des rencontres, tantôt valet tantôt confident du premier ministre, tantôt berné tantôt fripon, Gil Blas montre peu de consistance, mais il est toujours naturel : Le Sage a su faire de lui un véritable type. Les Mœurs de la société française. L'auteur s'intéresse moins aux aventures de son héros qu'aux milieux sociaux qu'il traverse. Complétant les esquisses du Diable boiteux, que l'affabulation même de ce roman rendait forcément brèves et dispersées (cf. p. 61), Le Sage nous promène avec Gil Blas de la caverne des brigands (p. 62) à la Cour (p. 67), en passant par le palais de l'archevêque (p. 64). Noblesse, clergé, médecins, hommes de lettres, comédiens, valets, bandits de grand chemin, tous les milieux sont représentés, avec leurs mœurs, leurs travers ou leurs vices. Bien entendu, la couleur espagnole ne doit pas nous faire illusion c'est la société française de la Régence qui s'anime ainsi sous nos yeux. Très mordante, la satire reste gaie. Le Sage imite parfois La Bruyère surtout dans le Diable boiteux, mais il s'écarte de l'art classique par l'importance qu'il attache aux détails matériels, par une certaine truculence dans le réalisme et par un souci très marqué de peindre, plutôt que des caractères, des individus.» (Lagarde et Michard). «C’est la variété des portraits et des tableaux qui constitue l’intérêt principal de Gil Blas. Le portrait du chanoine goutteux, par exemple, celui du Docteur Sangrado, qui tue ses malades à force de saignées, ne sont pas indignes de la grande tradition moliéresque. Celui de Gil Blas lui-même, déguisé en médecin, celui de Don Carlos Alonzo de la Ventoleria qui, par toutes sortes de procédés, veut réparer l’outrage des années, celui de Don Gonzale Pacheco, vieux rabougri, jouet de sa maîtresse, demeurent inoubliables. Malgré quelques pages plus faibles, ce livre est d’une fraîcheur incomparable, surtout lorsque l’écrivain se plaît à nous peindre avec un sens étonnant de la couleur, le spectacle de ses semblables, plus riches de vices que de vertus. ‘Gil Blas demeure ainsi un des grands documents du réalisme français, un vaste tableau du monde, imprégné d’une morale indulgente mais jamais cynique». Superbe et précieux exemplaire relié en maroquin rouge de l’époque aux armes de la Comtesse de Provence (1753-1810), Marie-Joséphine-Louise-Bénédicte de Savoie, seconde fille de Victor-Amédée III, duc de Savoie et roi de Sardaigne, et de Marie-Antoinette-Ferdinande, infante d'Espagne née à Turin le 2 septembre 1753, épousa 1e 14 mai 1771 Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, plus tard Louis XVIII, dont elle n'eut pas d'enfant. Elle prit en émigration le titre de comtesse de Lille et mourut à Hartwell, en Angleterre le 13 novembre 1810. La comtesse de Provence qui se piquait de littérature avait formé une collection très importante, comprenant 1665 volumes au moment de la Révolution, très bien composée et reliée uniformément en maroquin rouge. REVOIR FICHE AVEC FICHE CHARTRES PAS ENCORE RECUE
Très bel exemplaire de ce classique de la littérature française provenant de La bibliothèque du Comte Roger Du Nord. Paris, Veuve Barbin, 1707. In-12 de (5) ff. y compris 1 frontispice gravé, 318 pp. mal ch. 314, (4) ff. 1 portrait de Le Sage ajouté au début du volume. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné avec un chiffre couronné répété, double filet or sur les coupes, roulette dorée intérieure, tranches dorées sur marbrure. Trautz-Bauzonnet. 158 x 89 mm.
Édition originale de la plus grande rareté du célèbre roman de Le Sage (1668-1747) inspiré de la littérature picaresque espagnole (avec le carton de la page 17-18). Le Petit 481; Tchemerzine, IV, 172-173; Cohen 628. « Les exemplaires de cette première édition sont extrêmement rares » mentionne Tchemerzine. En 1707, Le Sage emprunte à Luiz Vélez de Guevara "le titre et l'idée" du Diable boiteux en écrivant une imitation libre, appropriée aux mœurs françaises d'El Diablo cojuelo, publié en 1641. C'est avec le Diable boiteux que Le Sage s'annonce comme romancier de premier ordre. Le succès du roman, qui fut considérable, acheva enfin de distinguer le nom de Le Sage parmi les écrivains de son temps. « Ce qui se perpétue dans l'ouvrage de Le Sage, c'est le goût du portrait, plutôt physique que moral, qu'il contemple et caresse avec amour dans tous ses détails. Mais tandis que La Bruyère se borne à tracer quelques lignes sobres, dans une intention essentiellement moralisatrice, chez ce dernier au contraire domine un intérêt très différent: l'amour du pittoresque, l'amour purement artistique de la réalité contemplée sous ses aspects les plus colorés et les plus mouvementés ; cette tendance à l'observation du monde de nos semblables se rattache à une longue tradition de l'esprit gaulois ; s'étant exprimée pour la première fois dans les fabliaux et dans les « Chroniques » de Froissart, elle devait trouver plus tard, dans l'œuvre de Balzac, son aboutissement et son couronnement. C'est cette tournure d'esprit qui donne tout son sens et toute sa valeur au « Diable Boiteux. » La présente édition est ornée en premier tirage d’un frontispice par Magdeleine Hortbemels Très bel exemplaire de ce classique de la littérature française provenant de La bibliothèque du Comte Roger Du Nord avec son chiffre couronné au dos, qui avait fait insérer sur les doublures par Trautz-Bauzonnet le chiffre entrelacé LM de la reliure d’origine en maroquin brun attribuée à Louis, duc de Mortemart (1681-1746). La bibliothèque du comte Roger du Nord fut vendue à l’hôtel des commissaires-priseurs, 7 rue Drouot, salle 3, du lundi 28 avril au mardi 6 mai 1884. La plus grande partie des reliures de cette bibliothèque portaient sur le dos et les plats le chiffre couronné du comte Roger du Nord.
Édition de la plus grande rareté de ce roman de chevalerie finement illustré relatant l’histoire d’Alexandre le Grand. De la bibliothèque Robert Hoe. Paris, Nicolas Bonfons, s.d. [vers 1585].Petit in-4 de (1) f. de titre, 44 ff. Figures sur bois dans le texte. Relié en plein maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins, roulette intérieure dorée. Reliure signée Trautz-Bauzonnet. 213 x 153 mm.
Édition illustrée, de la plus grande rareté, de ce roman de chevalerie relatant l’histoire d’Alexandre le Grand. Brunet, I, 164 ; Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, p. 108 ; Pettegree, Livres vernaculaires français, 487. « Le premier chapitre contient une description de la Macédoine et un abrégé de son histoire jusqu’au temps de Philippe, qui ‘épousa Olimpias fille du roy Neptalin, Seigneur des Melosiens…’ Le second chapitre parle de l’origine des sciences, de la célébrité des Egyptiens et de leur habileté dans l’astronomie. Alexandre, âgé de vingt ans, partit de Macedone et vint à Aragates consulter l’oracle d’Apollon… Il passe en Afrique en une île nommée Victans, puis en Egypte… Il fit bâtir Alexandrie… Il traversa la Syrie, entra en Palestine… Alexandre pénètre dans la tente de Darius, est reconnu et s’échappe. Bataille où Darius est vaincu et s’enfuit… Darius vaincu de nouveau s’enfuit vers Persepolis ; il appelle Porus à son secours. Nouvelle victoire d’Alexandre. Darius est assassiné par ses officiers – Alexandre les fait punir… Alexandre trouve une nation de gens qui mangeaient de la chair d’hommes. Il les enferma par deux montagnes… Bataille contre Porus… Alexandre prend la capitale de Porus… Ambassade d’Alexandre à Calistrida, reine des Amazones… L’armée d’Alexandre est attaquée par des animaux féroces et des monstres… Combat singulier d’Alexandre et de Porus. Mort de celui-ci… Alexandre visita ensuite le pays de Ridraste, dont les habitants vont tout nus. Alexandre arriva ensuite en la terre de Tradiaque, et trouva sur une montagne une cité toute de pierres précieuses… L’armée grecque rencontra ensuite des serpents qui avaient des émeraudes sur la tête, d’autres animaux sauvages et de grands oiseaux nommés grifs… L’armée grecque eut ensuite à combattre des bêtes ayant au front comme espées, des dragons, des monstres qui jetaient des flammes, des géants qui avaient un œil au milieu du front… En la terre de Babylone, Alexandre s’empare de la capitale. Il y trouve des députés de toutes les parties du monde qui venaient faire leur soumission au nom de leurs rois et lui apporter des présents. Les Français, ‘qui étaient les plus vaillans gens du monde’, lui présentèrent un bouclier...Alexandre est averti par la naissance d’un monstre que sa fin approche… » (G. Favre, Mélanges d’histoire littéraire, pp. 167-170) « Cette édition n’est pas plus commune que les précédentes. Elle a été vendue 9 fr. 25 c. La Vallière ; mais on la paierait vingt fois plus cher maintenant. Quoique cette édition sans date ait paru après 1560, Hain l’a placée dans son ‘Repertorium du XVe siècle’ ». (Brunet). « Au titre, belle figure d’un chevalier armé attaquant une ville ; 6 vignettes rappelant celles de l’’Amadis’ ». (Brun). L’illustration superbe se compose d’initiales historiées, d’une grande figure sur bois sur le titre représentant un chevalier à l’assaut d’un château, et de 9 vignettes dans le texte représentant des épisodes de la vie d’Alexandre le grand. Précieux exemplaire de ce roman de chevalerie du XVIe siècle finement illustré, élégamment relié en maroquin rouge par Trautz-Bauzonnet. Localisation des exemplaires dans le monde : 1 seul, à la B.n.F. Provenance : Robert Hoe (avex ex libris), ex libris W L G.
Leyde, Elzevier, 1647. In-4 de (6) ff., 732 pp., (3) ff. Veau moucheté, dos à nerfs orné de fleurons dorés, coiffes anciennement restaurées, mors supérieur faible, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 225 x 163 mm.
Édition originale de la biographie du fameux ministre de Henri IV, figure emblématique du protestantisme, conseiller intime du roi et l’un des hommes les plus remarquables de son temps. Willems, Elzevier, 619; Brunet, III, 1912. L’ouvrage a été rédigé par David Licques d’après le manuscrit de Mme de Mornay (Charlotte Arbaleste) et les notes de deux secrétaires du ministre. L’épitre dédicatoire, signée des Elzevier, est en réalité de Valentin Conrart, huguenot lui aussi, dont les réunions littéraires ont donné naissance à l’académie française. Elle est également en édition originale. Précieux exemplaire du poète Saint-Amant, portant sur le titre la mention de sa main A Saint-Amant. Élevé dans la foi réformée, familier du cercle de Conrart, Saint Amant était l’ami intime du petit-fils de Duplessis-Mornay, Philippe de Jaucourt, Baron de Villarnoul (La mère du Baron de Villarnoul était la fille de Duplessis-Mornay) celui qu’il appelait «sa chère moitié» et pour qui il avait écrit, l’année précédente, l’Épistre à Monsieur le Baron de Villarnoul (1646): Quoy que le temps toute chose corrompe, Mon Villarnoul en mes vers brillera, Tant que la Terre, ou le Ciel tournera …
Superbe exemplaire de cette édition fort rare revêtu d’un délicieux maroquin rouge de l’époque. Amsterdam, J.-Fr. Bernard, 1735. 3 volumes in-12 de: I/ (2) ff., lxviii pp., 362 pp. ; II/ (1) f., 424 pp.; III/ (1) f., 384 pp., pte. déch. en marge de la p.59 sans atteinte au texte. Plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisses richement ornés, filet or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de l’époque. 166 x 95 mm.
Rarissime édition du Roman de la Rose imprimée en 1735. Brunet, III, 1175. «Le Roman de la Rose, textes de Guillaume de Lorris et de Jean de Meun, sera une des œuvres les plus copiées jusqu’à la fin du XVe siècle: plus de trois cents manuscrits en subsistent. Remanié par Gui de Mori, traduit en flamand au XIIIe siècle, en anglais par Geoffrey Chaucer, mis en 232 sonnets par le toscan Durante au XIVe siècle, il sera finalement mis en prose française par deux fois au XVesiècle. L’une de ces adaptations est de Jean Molinet. Imprimé dès 1480, plusieurs éditions du roman parurent, portant un texte plus ou moins rajeuni. Celle de 1526 est due à Clément Marot. Le succès du roman, peut-être redevable à la continuation de Jean de Meun, a pourtant imposé avant tout les procédés de Guillaume de Lorris. Le songe autobiographique, toutes ses personnifications courtoises se sont répandues dans la littérature, narrative comme lyrique mais aussi dans l’iconographie. Quant à l’encyclopédie de discours, citations et sentences de Jean de Meun, elle était d’abord destinée à des lecteurs lettrés. Ce sont donc des écrivains et des poètes qui en usèrent surtout, citant un certain nombre de hauts lieux du texte, comme le discours de Genius ou les plaintes du jaloux dans le discours d’Ami. Le débat sur le Roman de la Rose qui éclate au début du XVe siècle met en cause uniquement Jean de Meun; Jean Gerson le distingue soigneusement de Guillaume de Lorris. Et cette querelle est moins littéraire que morale: la lecture trop souvent morcelée que l’on faisait du texte conduit à une incompréhension de son système global; les morceaux antiféministes ou qui prônent la liberté sexuelle y sont donc entendus pour eux-mêmes. Le roman survivra cependant à cette mise en cause et deviendra même au début du XVIe siècle un réservoir d’exemples linguistiques pour les premières grammaires françaises. Le Roman de la Rose sera alors érigé en antique chef-d’œuvre national. Sa richesse, aujourd’hui, continue de s’offrir à la glose interprétative des critiques.» (Sylvie Lefêvre). « Ce qui surprend toujours lorsqu'on aborde le ‘Roman de la Rose’ c'est qu'il soit œuvre d'humanistes, procédant de deux esprits bien différents et explicitant de manière exemplaire l'évolution des esprits. Le poème de Guillaume de Lorris est un art d'aimer, et si tout l'amour courtois, qui va bientôt disparaître, s'y exprime, il est déjà tout imbu des Anciens, d'Ovide en particulier ; celui de Jean de Meun, est une encyclopédie, où l'auteur rassemble en noble discours toutes les données de science et de la philosophie, c'est aussi un ample poème cosmologique. Ainsi, chacun, dans son genre propre, a réuni tout ce qu'il était possible de rassembler sur deux sujets aussi importants ; mais alors que Guillaume de Lorris se tourne vers un passé, qui bientôt n'existera plus, Jean de Meun entrevoit l'avenir et annonce le XVe siècle humaniste. Par là, ‘Le Roman de la Rose’, œuvre la plus significative de tout le Moyen-Age français, se trouve situé au tournant que prit, entre ses deux dates extrêmes de composition, l'esprit français ; on y trouve, assez singulièrement réunis, deux courants de pensée qui sont en quelque sorte deux constantes principales de la littérature française. » Superbe exemplaire de cette édition fort rare revêtu d’un délicieux maroquin rouge de l’époque.
Première édition donnée par Méon, dédicacée au comte Daru, ornée de 4 superbes gravures de Monnet et d’un portrait gothique de Jehan de Meung par Girardet. Paris, Didot, 1814. 4 volumes in-8 de : I/ (1) f.bl., (2) ff., 1 portrait, xxiii pp., (1) p.bl., 175 pp., (1) p.bl., 1 gravure à pleine page, 164 pp., (1) f.bl. ; II/ (1) f.bl., (2) ff., 1 gravure à pleine page, 460 pp., (1) f.bl. ; III/ (1) f.bl., (2) ff., 1 gravure à pleine page, 395 pp., (1) f.bl. ; IV/ (1) f.bl., (2) ff., 1 gravure à pleine page, 496 pp., (1) f. d’errata. Maroquin bleu à grain long de l’époque, plats richement décorés de diverses roulettes dorées et à froid, dos à nerfs très richement ornés, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque signée Thouvenin. 216 x 132 mm.
« Cette édition bien imprimée et sur papier vélin, doit être préférée à toutes les autres ». (Brunet, III, 1175). Première édition donnée par Méon, dédicacée au comte Daru, ornée de 4 superbes gravures de Monnet et d’un portrait gothique de Jehan de Meung par Girardet. Bulletin Morgand et Fatout, 11334 ; Graesse, IV, p. 263. « Ce qui surprend toujours lorsqu'on aborde le ‘Roman de la Rose’ c'est qu'il soit œuvre d'humanistes, procédant de deux esprits bien différents et explicitant de manière exemplaire l'évolution des esprits. Le poème de Guillaume de Lorris est un art d'aimer, et si tout l'amour courtois, qui va bientôt disparaître, s'y exprime, il est déjà tout imbu des Anciens, d'Ovide en particulier ; celui de Jean de Meun, est une encyclopédie, où l'auteur rassemble en noble discours toutes les données de science et de la philosophie, c'est aussi un ample poème cosmologique. Ainsi, chacun, dans son genre propre, a réuni tout ce qu'il était possible de rassembler sur deux sujets aussi importants ; mais alors que Guillaume de Lorris se tourne vers un passé, qui bientôt n'existera plus, Jean de Meun entrevoit l'avenir et annonce le XVe siècle humaniste. Par là, ‘Le Roman de la Rose’, œuvre la plus significative de tout le Moyen-Age français, se trouve situé au tournant que prit, entre ses deux dates extrêmes de composition, l'esprit français ; on y trouve, assez singulièrement réunis, deux courants de pensée qui sont en quelque sorte deux constantes principales de la littérature française. » Superbe exemplaire imprimé sur papier vélin fin, revêtu d’éblouissantes reliures de l’époque du grand Thouvenin, le plus illustre relieur du temps, en maroquin bleu richement orné.
Précieux exemplaire orné de 5 figures, le seul répertorié de premier état, provenant des bibliothèques A. Firmin-didot et C. Bourlon de Rouvre, cité par Tchemerzine et Bourdillon. Paris, J. Jehannot, s.d. [vers 1520-1521]. Petit in-4, a8, b-e4, f8, g-k4, l8, m-p4, q8, r-v4, x8, y-z4, r4, A-B4, C8, D4, E6 = (142) ff., 2 col., 41 l., 1 grand bois sur le titre répété au verso, extrémité de l’angle supérieure droit du titre restauré. Maroquin rouge, large fleuron doré au centre des plats, dos à nerfs orné, double filet or sur les coupes, tranches dorées. Trautz‑Bauzonnet. 188 x 129 mm.
L’exemplaire Ambroise Firmin-Didot et Charles Bourlon de Rouvre, le seul cité par Tchémerzine (IV-227) et Bourdillon (note 4 page 52) de cette précieuse édition du Roman de la Rose imprimée vers 1520-21. Cet exemplaire parait être le seul répertorié en ce premier état : avant l’adjonction du chiffre XXIX sur le titre après la mention « Imprimé à Paris ». « Titre r. et n. dans une petite bordure de la page : gde lettrine carrée S de départ, couvrant 4 lignes de textura, suivie d'une ligne plus petite et d'un bois d’un nouveau style (répété au v°), rompant avec la double fig. antérieure. Cette fois, L'amant et sa belle dans un paysage, devant un château. Marque de J. Janot à la fin. 5 figures. » Guillaume II, seigneur de Lorris en Gâtinais, est connu pour avoir été armurier en 1239 au château de Melun et avoir rendu des sentences arbitrales avec Philippe de Rémy, bailli du Gâtinais en 1242. Mais son œuvre littéraire laisse supposer qu'il était clerc, en tout cas qu'il connaissait fort bien la littérature latine (notamment Ovide, qu'il imite). Son Roman de la Rose emprunta beaucoup à un premier Roman du même nom, dû à Jean Renart, mais avec talent il sut faire passer l'allégorie (la Rose est l'aimée) du domaine religieux au domaine profane et courtois, tout en lui gardant un côté mystique. Malheureusement, mort très jeune, il laissa l'œuvre inachevée (4 000 vers). Jean de Meung (1250-1305), opulent bourgeois et universitaire qui ne prenait pour maître que la nature et détestait autant l'ascétisme que l'amour courtois, fut son continuateur un peu inattendu. On lui doit un Testament et un Codicille, ainsi que des traductions du Livre des merveilles de Giraud de Barri, du Livre de chevalerie de Végèce, de la Consolation de la philosophie de Boèce. En 1270-75, il décida d'écrire une longue continuation (18 000 octosyllabes) au Roman de la Rose inachevé de Guillaume de Lorris, formant ainsi un traité complet de l'amour, fondé sur une philosophie de la plénitude et de la fécondité. Cette œuvre est en vers, comme celle à laquelle elle fait suite. Le Roman de la Rose (en vers) n'a plus été republié perdant très longtemps (deux siècles ?) après la dernière édition de 1538, mais il en existe de nombreuses rééditions modernes en goth., parmi lesquelles on citera celle de Paris, Delarue, 1878 (1938, 30 vente Fière, n° 522). Également, rééd. par J. de Bonnot, 1988. Précieux exemplaire orné de 5 figures, le seul répertorié de premier état, provenant des bibliothèques A. Firmin-didot et C. Bourlon de Rouvre, cité par Tchémerzine et Bourdillon.
Précieux exemplaire relié en 1704 aux armes de la Comtesse de Verrue. * I. La Princesse des Pretintailles, septembre 1702. Paris, Pierre Ribou, 1702. 43 pages. * II. Le Galant nouvelliste. Paris, Pierre Ribou, 1703. 58 pages, marge inf. de la p. 21 découpée sans atteinte au texte. * III. L’Inconstance punie, ou l’Origine des Cornus. Novembre 1702. Paris, Pierre Ribou, 1702. 48 pp. * IV. Les Colinettes. Mars 1703. Paris, Pierre Ribou, 1703. 52 pp. * V. Le Poëte Courtisan ou les Intrigues d’Horace à la cour d’Auguste. Paris, Pierre Ribou, 1704. (1) f., 37 pp. * VI. L’Origine du Lansquenet. Avril, 1703. Paris, Pierre Ribou, 1703. 48 pp. * VII. Suite de la lecture ambulante, ou les Amusements de la Campagne. Le Nouvel Art d’aimer. Juillet 1702. Paris, Pierre Ribou, 1702. 36 pages. * VIII. Dialogues des Animaux. Paris, Pierre Ribou, 1703. 34 pp. * IX. Suite des dialogues des Animaux. Paris, Pierre Ribou, 1703. 29 pp. * X. Continuation des Proverbes choisis. 2ème partie. Paris, Pierre Ribou, 1703. 35 pp. * XI. Continuation des Proverbes choisis. 3ème partie. Paris, Ribou, 1703. 36 pp. * XII. Zatide, histoire arabe. Paris, Ribou, 1703. 38 pp., quelques rousseurs. Le tout en 1 volume in-12 plein veau fauve, double filet or sur les plats, armoiries au centre, dos à nerfs orné de pièces d’armes, pièce de titre indiquant «Beaucoup d’Histoires», filet or sur les coupes, tranches rouges. Reliure armoriée de l’époque. 149 x 88 mm.
Précieux recueil de douze éditions originales de Contes de Fées d’une insigne rareté de la Comtesse d’Auneuil, l’une des célèbres précieuses, constitué et relié à l’époque pour Madame la Comtesse de Verrue (1670-1736). La Comtesse d'Auneuil animait en véritable précieuse un salon ouvert à tous les beaux esprits. «Madame la Comtesse d’Auneuil a publié, chez Ribou, des Contes de Fées insérés dans de petits ouvrages galants sous forme épistolaire, «où le bel esprit est mêlé à des contes de fées», tels que Nouvelles diverses du tems; La Princesse des Pretintailles, L’inconstance punie, Nouvelles du tems ; et Les Colinettes. Nouvelle du tems. Dans ces deux derniers, qui sont une sorte de journal des modes sous forme de conte de fées, Mme d’Auneuil tente de forger une origine féerique à certaines modes vestimentaires du temps (comme les pretintailles et les colinettes). On sent la superficialité du thème qui sert de prétexte au conte. Elle cherche même une explication merveilleuse aux cornes, symbole de l’inconstance d’un amant, dans L’Origine des cornes. Madame d’Auneuil se vante de nous avoir appris, dans ses Nouvelles diverses du tems, «ce qui se passe dans les ruelles des Dames, et dans le Cabinet des Muses», et par la suite d’être satisfaite de sa tâche. Ce qui nous intéresse ici est précisément le témoignage de Madame d’Auneuil sur les ruelles, puisqu’elle les a réellement fréquentées et faisait partie de ce monde. C’est aussi ce qui prouve le rattachement de l’auteur à la préciosité, et justifie sa présence dans notre étude. Storer dit que Madame d’Auneuil «se contente de préciosité usée pour peindre ses caractères et leurs sentiments»; pour nous il suffit de savoir que c’est une précieuse. Comment peut-elle alors lui reprocher les caractéristiques habituelles, telles que le romanesque excessif, la tendance à la superficialité voire au ridicule, et la négligence de style, puis lui reconnaître le mérite d’avoir su décrire avec une telle précision les détails des ajustements d’une princesse, à la manière d’un Watteau? La féerie de Madame d’Auneuil, c’est, en somme, une féerie des ruelles des dames. Nous voyons dans cette courte vogue du merveilleux dans la dernière décennie du XVIIe siècle, une compensation à la splendeur passée de Versailles et Marly. En effet, le faste excessif qui existait autrefois dans la réalité ne se retrouve désormais que dans le conte de fée. D’autre part, ces mêmes grandes dames sont passées de l’un à l’autre, non seulement du fait du changement d’état de la cour, mais aussi de leurs revers personnels, tels que l’exil, la maladie ou la pauvreté. Il est en effet significatif d’entendre chez Mme d’Aulnoy, la marquise de *** dire à Mme D*** (l’auteur elle-même), s’apprêtant à lire un de ses contes: «si je savais autant de contes que vous, je me trouverais une fort grande dame». Savoir bien conter est un critère de qualité et peut pallier au défavorisement social, comme Les Enchantements de l’éloquence de Mlle l’Héritier l’illustre si bien sur le plan métaphorique. D’ailleurs, ce ne sont pas seulement les grandes dames qui se sont mises aux contes de Fées. Perrault, qui lui aussi avait essuyé des revers en perdant son office auprès de Colbert, s’y était essayé.» (Préciosité et Contes de fées littéraires). Précieux exemplaire relié en veau fauve aux armes de Madame de Verrue (1670-1736). Jeanne-Baptiste d’Albert de Luynes, Comtesse de Verrue, promit dès ses premières années tout ce que plus tard elle devait tenir. Saint-Simon en parlant des cinq filles que Louis-Charles d’Albert, due de Luynes, avait eues de sa femme, Anne de Rohan de Montbazon, indépendamment des deux fils qu’elle lui avait donnés, dit que «la plupart étaient belles, mais que celle-ci l’était fort.» Esprit plein de finesse, elle apprit très vite tout ce qu’on voulut, et devina trop tôt ce qu’on ne voulut pas lui apprendre. Pleine de cœur, elle le donna sans compter. Sa bibliothèque n’est plus comme chez Madame de Chamillart, un choix sévère de quelques volumes; c’est une grande bibliothèque où la femme artiste a obéi à son tempérament, en compulsant, à côté du théâtre qu’elle affectionnait, tout ce qu’elle a pu réunir de romans, de mémoires, de pièces piquantes et de gauloiseries hardies jusqu’à la licence.
L’exemplaire Delbergue-Cormont, le plus richement illustré parmi les quelques exemplaires de luxe cités par Cohen, ici orné des gravures en 4 états. Provenances: Delbergue-Cormont; H. Bonnasse (ex-libris). A Paris, de l’Imprimerie de P. Didot l’aîné, an V, 1797. 2 tomes en 2 volumes in-12. Tome I: 255 pp., plus 1 portrait en double état et 4 figures en 4 états. Tome II: 239 pp., plus 4 figures en 4 états et 2 portraits. En tout 3 portraits gravés et 8 charmantes figures par Lefèvre, gravées par Coiny. Plein maroquin bleu, triple filet doré, dos à nerfs richement ornés, double filet or sur les coupes, roulette intérieure, têtes dorées. Reliure signée Cuzin. 160 x 98 mm.
Le premier et le plus précieux exemplaire cité et décrit par Cohen, col. 48: «Un bel exemplaire en grand papier vélin, en maroquin bleu de Cuzin, avec les 4 états des figures, 700 fr., vente Delbergue-Cormont (n° 192)». L’un des 100 exemplaires du tirage de luxe imprimé au format in-12 sur grand papier vélin avec les figures en double état: eau-forte et avant lettre, ici exceptionnellement en 4 états: contre-épreuves et avec la lettre. «Cette jolie édition, qui fait partie de la collection dite de Bleuet, se trouve en papier vélin in-18 avec ou avant la lettre.» (Cohen). L’un des célèbres romans de société du XVIIIe siècle. En 1738, l’auteur, Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, dame de Graffigny (1695-1758) séjourna à Cirey chez Mme du Châtelet, où habitait Voltaire, et sa correspondance assez indiscrète (publiée en 1820 seulement) nous restitue l’image d’un Voltaire saisi sur le vif, hypersensible aux attaques de ses adversaires, obsédé par elles, continuellement aux prises avec les querelles de son amie – bref, «le plus malheureux des hommes». Venue à Paris en 1739, presque sans argent, Mmede Graffigny y trouva des secours inespérés; elle se fit connaître par ses «Lettrespéruviennes», publiées en 1747, où, par le truchement de son héroïne, qu’elle imaginait brusquement transplantée à Paris, elle faisait une vive critique des inégalités sociales. Ce roman eut un très grand et durable succès; il a inspiré les réflexions de Turgot. La publication en cours de sa correspondance complète (depuis 1985) révèle une épistolière de premier ordre, au centre d’un réseau d’informateurs et de fidèles. Les «Lettres persanes» de Montesquieu ont servi de modèle aux «Lettres d’une péruvienne». Arrachée à son Pérou natal, une jeune Inca est ramenée de force en France. Un officier amoureux d’elle la prend son sous aile et tente d’en faire une jeune Française. À son fiancé resté au Pérou, Zilia raconte sa découverte de la France, tout en se languissant de leurs retrouvailles. Peu à peu, elle parvient à retourner à son profit tous ses handicaps: le déracinement, la différence de langue et de culture, le manque d’autonomie. En autodidacte, grâce à la lecture et à l’observation, elle s’instruit. Elle ne choisit ni l’assimilation ni l’oubli des origines, mais une troisième voie, synthèse d’ici et d’ailleurs. Dans ce roman d’amour par lettres, Françoise de Graffigny fait le récit de l’émancipation progressive d’une femme qui refuse d’être asservie à un protecteur ou un amant. Paru en 1747, l’ouvrage rencontre un extraordinaire succès dans toute l’Europe, déclenchant une véritable mode «à la Péruvienne». Il est l’un des premiers bestsellers de la littérature française, et l’un des premiers manifestes pour l’indépendance des femmes. Précurseure du droit à la différence, féministe avant l’heure, déjà critique de l’appropriation culturelle: telle est Françoise de Graffigny, dont il convient de redécouvrir le magnifique roman. Précieux et magnifique exemplaire, l’un des plus grands connus (H: 160 mm contre 155 mm pour l’exemplaire Carlo De Poortere) parmi les 100 du tirage de luxe sur grand papier orné de la suite des gravures ici exceptionnellement en 4 états: avec la lettre; avant la lettre; eau-forte et contre épreuve. Des bibliothèques Delbergue-Cormont et Henri Bonnasse.
En haut de la première page se lisent trois mots en anglais de la main de Mallarmé et correction page 11. [Derenne, Paris, 1876]. In-8, ff. montés sur onglets, plein maroquin vert à grain long, titre en capitales dorées au centre du premier plat, filets dorés sur les bords des plats et du dos qui porte en long le nom de l’auteur. Reliure de l’époque. 210 x 130 mm.
Exemplaire unique en placards de l’édition originale du poème de Mallarmé. Ces placards collés dos à dos sur de légers cartons présentent le texte au complet, les pages étant numérotées comme l’imprimé mais sans les feuillets préliminaires pour le faux-titre, titre et justification qui ne figurent pas dans les placards. Par contre, ceux-ci sont précédés d’un premier feuillet curieux servant à la fois de titre, d’avis et de dédicace : les Directeurs des Journaux et les Rédacteurs, en cas qu’ils veuillent faire une citation de l’ouvrage, ont ici le texte entier sur placards, propre à être coupé et livré à l’imprimerie. Offrir à trois amis, ayant pour nom Cladel, Dierx et Mendès, ce peu de vers (qui leur plut) y ajoute du relief ; mais autant vaut que mon cher éditeur en saisisse le public rare des amateurs : l’illustration faite par Manet l’ordonne. Sur un papier collé en haut de la première page du texte se lisent trois mots en anglais au crayon mauve (Basil from Houston) de la main de Mallarmé, sans doute une adresse pour envoi ; petite correction à la page 11. (Galantaris, Verlaine Rimbaud Mallarmé. Catalogue raisonné d’une collection. Voir n° 251, p. 347). «Rare et très recherché». (Clouzot). L’Après-midi d’un faune est le monologue d’un faune qui évoque les nymphes et la nature qui l’entoure dans une succession d'images poétiques. L'ensemble est dédié, dans l'incipit, à trois amis de Mallarmé, à savoir Léon Cladel, Léon Dierx et Catulle Mendès. Le poème fit l'objet entre 1892 et 1894 d'une mise en musique par Claude Debussy qui composa le Prélude à l'Après-midi d'un faune, sur lequel Vaslav Nijinski créa une chorégraphie en 1912.
Rare édition originale de ce roman imprimé à Paris en 1626. Séduisant exemplaire conservé dans son vélin muet de l’époque. Paris, Jacques Quesnel, 1626. Avec Privilège du Roy. Fort in-8 de (14) ff., 909 pp. Papier légèrement bruni. Vélin souple, muet, dos lisse. Reliure de l’époque. 179 x 115 mm.
Edition originale de la plus grande rareté de ce roman de Pierre de Marcassus. Catalogue des livres de M. le Duc de La Vallière, n°8929. L’ouvrage est dédié au cardinal de Richelieu. «Pierre de Marcassus (Gimont 1584-Paris 1664), professeur à Paris, auteur de traductions, de pastorales dramatiques et de romans, a fait un poème sur les amours de Des Barreaux et de Marion de Lorme (‘Muses illustres’, 1658). Il allia dans sa vie comme dans son œuvre le souci de la mode littéraire la plus actuelle avec le respect d’un néoplatonisme, d’un idéalisme esthétique et d’une conception du poète inspiré proches des idéaux du XVIe siècle. Il fut en somme le contemporain inactuel des salons et des milieux parisiens en vue dans la première moitié du XVIIe siècle.» (Dictionnaire des Lettres françaises, p. 810). «Pierre de Marcassus, auteur du XVIIe siècle, né en Gascogne en 1584, vint jeune à Paris où il régentait déjà la troisième au collège de Boncourt en 1617. Il fut ensuite précepteur de François de Vignerot, marquis de Pont-de-Courlay en Poitou, neveu du cardinal de Richelieu, & frère de madame la duchesse d’Aiguillon. Il fut pourvu après d’une chaire d’éloquence au collège de la Marche, qu’il a occupée longtemps. Il mourut dans cet emploi à Paris au mois de décembre 1664. Il avait au moins 84 ans. Cet auteur a été historien, poète & traducteur... Marcassus est un des commentateurs de Ronsard, & il choisit pour sa tâche la ‘Franciade’ de ce poète. On a de lui trois romans: ‘la Clorimène’, 1626, ‘le Timandre’ et ‘l’Amadis de Gaule’ en 1629. Il était ami de l’abbé de Marolles. Il avait connu particulièrement Molière, alors fort jeune; & son fils nommé aussi Pierre de Marcassus avait été lié particulièrement avec ce fameux comique». Séduisant exemplaire, grand de marges car conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque.
« ‘Arlequin poli par l’amour’ marque le début de Marivaux comme dramaturge ». A Paris, chez la veuve Guillaume, 1723. Avec Approbation & Privilège du Roy. Petit in-8 de 54 pp., (1) f. pour l’Approbation et (2) ff. pour le Privilège. Plein veau brun, filets à froid autour des plats, dos à nerfs restauré, coupes décorées. Reliure de l’époque. 164 x 99 mm.
Edition originale très rare du premier succès de Marivaux. Tchemerzine, IV, 402. Seuls deux exemplaires sont répertoriés sur le marché public depuis plusieurs décennies dont un en reliure moderne de Stroobants. Arlequin poli par l'amour est née de la rencontre de Marivaux avec les comédiens italiens en 1720. C'est la pièce où, pour la première fois, s'expriment les grands thèmes qui alimenteront son écriture : la découverte de l'amour, l'expression de la jalousie, la méprise, la fidélité, le malentendu, la manipulation, la trahison... « ‘Arlequin poli par l’amour’ marque le début de Marivaux comme dramaturge ». Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, plus communément appelé Marivaux, naît en 1688 à Paris. Après des études de droit plutôt chaotiques, il obtient sa licence en 1720 et est reçu avocat, mais jamais il n'exercera : sa rencontre avec le philosophe Fontenelle, ainsi que sa fréquentation assidue du salon de la spirituelle et éclairée Mme de Lambert, l'ont en effet depuis longtemps persuadé de se consacrer à la littérature. Après un premier roman (Les Effets surprenants de la sympathie en 1712) et quelques incursions dans l'écriture parodique (notamment un Télémaque travesti et une Iliade travestie entre 1714 et 1716), il se tourne vers le théâtre. Il doit son premier succès à Arlequin poli par l'amour, joué par les Comédiens italiens de Luigi Riccoboni en 1720, dont il devient l'auteur attitré, et ce jusqu'en 1740. « En 1720, Marivaux donne sa première comédie parisienne, ‘L’Amour et la Vérité’. C’est un échec qu’il accepte aussitôt. Le genre allégorique n’étant pas à la mode, il confie quelques mois plus tard une nouvelle pièce aux Comédiens-Italiens : ‘Arlequin poli par l’amour’ est un succès. Marivaux est rassuré, mais il souhaite être représenté sur la scène la plus prestigieuse de France, celle des Comédiens-Français. Deux mois plus tard, il leur donne ‘Annibal’. Marivaux doit se rendre à l’évidence : la tragédie n’est pas un genre qu’il maîtrise et la pièce est un échec ». Il y a dans cette pièce l'inconscience éperdue et la naïveté insolente de la jeunesse, l'ambition de ses idéaux et la brutalité de leur désenchantement. Arlequin et Silvia ne sont pas loin de nous : entrant dans l'âge adulte, ils butent ensemble contre un monde dont ils ne tarderont pas à mesurer le danger et dont la fée, figure de pouvoir absolu, leur fera comprendre les règles. Car c'est également un regard sur notre monde que nous propose Marivaux : jusqu’à quel point accepte-t-on la soumission à un pouvoir en place ? Jusqu’où abuse-t-on de son pouvoir et jusqu'où en supporte-t-on les abus ? Il y a derrière la comédie les prémices d'une réflexion plus politique : la révolution, le soulèvement, la destitution, la fascination et le goût du pouvoir. « Marivaux présente dans cette petite pièce une réflexion sur le pouvoir : à se trahir les uns les autres, les puissants risquent de le perdre. Il y fournit aussi de manière plus voilée, des éléments pour penser l’accès du paysan ou du sauvage à la civilisation. La force symbolique de la pièce tient à ce télescopage du temps de l’apprentissage du langage et de celui de l’entrée dans la sexualité, événements habituellement séparés par un certain nombre d’années. L’imagination du lecteur a de quoi divaguer entre le paysan et le sauvage, entre l’enfant et l’adolescent en âge d’aimer. Et l’on pourrait s’amuser à reconnaitre, depuis le sommeil et l’interjection initiale d’Arlequin jusqu’au moment de l’échange de la bague avec la fée un véritable défilé des pulsions partielles, préludant à l’amour d’objet. La manière dont Marivaux traite son histoire peut conduire à un certain nombre d’énoncés peu conformes à la doxa en vigueur. » (F. Salaün, Pensée de Marivaux). Exemplaire à marges immenses en reliure ancienne.
«Jolie édition, la plus recherchée» des Œuvres de Clément Marot, écrit Brunet. Superbe et prestigieux exemplaire relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette, distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque. Marot, Clément. Les Œuvres. La Haye, chez Adrian Moetjens, 1700. 2 tomes en 2 volumes petits in-12 de: I/ xvi pp., 318; II/ (1) f. de titre, pp. 321 à 732, (16) pp. de table. Reliés en plein maroquin olive de l’époque, filet doré encadrant les plats, dos à nerfs ornés de pièces d’armes figurant des soleils dorés dans les caissons, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque. 131 x 75 mm. La plus précieuse édition du XVIIe siècle. Brunet, III, 1458; Tchemerzine, IV, 506; Graesse, IV, 411; Catalogue Rothschild 615; Bulletin Morgand et Fatout 11362. Exemplaire de première émission sous cette date, ayant les mêmes fleurons aux deux titres. «Jolie édition, la plus recherchée… Il est difficile de s’en procurer des exemplaires bien conservés de marges, et dont les feuillets n’aient pas une teinte rousse» mentionne Brunet. Dans ses élégies, épîtres, ballades, rondeaux, chansons, complaintes, épigrammes et psaumes, Marot apporte en effet le meilleur de l’ancienne poésie française et une inspiration réellement populaire sous le vernis de la politesse de cour. Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manqua pas de rendre hommage à «Maître Clément». Superbe et prestigieux exemplaire, de toute rareté en reliure armoriée de l’époque. Précieux volume relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette (1692-1776), distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque. «Jacques-Annibal Claret de la Tourrette, baron d’Eyrieu, seigneur de Fleurieu, Eveux et autres lieux, fils de Jacques-Claude, président de la cour des monnaies de Lyon, et de Bonne Michon, naquit à Lyon le 12 mai 1692. Connu sous le nom de président de la Tourrette de Fleurieu, pour le distinguer de son père, le président de la Tourrette, il fut conseiller du Roi en ses conseils et président en la cour des monnaies de Lyon. Il épousa le 12 décembre 1722 Agathe Gauthier, fut lieutenant-criminel prévôt des marchands et commandant pour le Roi en la ville de Lyon du 11 décembre 1740 à la fin décembre 1745 et secrétaire perpétuel de l’Académie de Lyon; il mourut dans son château de la Tourrette à Eveux le 18 octobre 1776. Bibliophile comme son père, dont il augmenta les collections, il possédait la plus belle bibliothèque que Lyon ait renfermée jusqu’alors. Il faisait parfois apposer un soleil sur le dos de ses livres.» Olivier pl. 38. Ex-libris armorié au contreplat supérieur de Jacques-Annibal Claret de la Tourrette daté 1719.
«Jolie édition, la plus recherchée» des Œuvres de Clément Marot, écrit Brunet. La Haye, chez Adrian Moetjens, 1700. 2 tomes en 2 volumes petits in-12 de: I/ xvi pp., 318; II/ (1) f. de titre, pp. 321 à 732, (16) pp. de table. Reliés en plein maroquin olive de l’époque, filet doré encadrant les plats, dos à nerfs ornés de pièces d’armes figurant des soleils dorés dans les caissons, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque. 131 x 75 mm.
La plus précieuse édition du XVIIe siècle. Brunet, III, 1458; Tchemerzine, IV, 506; Graesse, IV, 411; Catalogue Rothschild 615; Bulletin Morgand et Fatout 11362. Exemplaire de première émission sous cette date, ayant les mêmes fleurons aux deux titres. «Jolie édition, la plus recherchée… Il est difficile de s’en procurer des exemplaires bien conservés de marges, et dont les feuillets n’aient pas une teinte rousse» mentionne Brunet. Dans ses élégies, épîtres, ballades, rondeaux, chansons, complaintes, épigrammes et psaumes, Marot apporte en effet le meilleur de l’ancienne poésie française et une inspiration réellement populaire sous le vernis de la politesse de cour. Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manqua pas de rendre hommage à «Maître Clément». Superbe et prestigieux exemplaire, de toute rareté en reliure armoriée de l’époque. Précieux volume relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette (1692-1776), distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque. «Jacques-Annibal Claret de la Tourrette, baron d’Eyrieu, seigneur de Fleurieu, Eveux et autres lieux, fils de Jacques-Claude, président de la cour des monnaies de Lyon, et de Bonne Michon, naquit à Lyon le 12 mai 1692. Connu sous le nom de président de la Tourrette de Fleurieu, pour le distinguer de son père, le président de la Tourrette, il fut conseiller du Roi en ses conseils et président en la cour des monnaies de Lyon. Il épousa le 12 décembre 1722 Agathe Gauthier, fut lieutenant-criminel prévôt des marchands et commandant pour le Roi en la ville de Lyon du 11 décembre 1740 à la fin décembre 1745 et secrétaire perpétuel de l’Académie de Lyon; il mourut dans son château de la Tourrette à Eveux le 18 octobre 1776. Bibliophile comme son père, dont il augmenta les collections, il possédait la plus belle bibliothèque que Lyon ait renfermée jusqu’alors. Il faisait parfois apposer un soleil sur le dos de ses livres.» Olivier pl. 38. Ex-libris armorié au contreplat supérieur de Jacques-Annibal Claret de la Tourrette daté 1719.
«Jolie édition, la plus recherchée» des Œuvres de Clément Marot, écrit Brunet.Superbe et prestigieux exemplaire relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette, distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque.Marot, Clément. Les Œuvres. La Haye, chez Adrian Moetjens, 1700.2 tomes en 2 volumes petits in-12 de: I/ xvi pp., 318; II/ (1) f. de titre, pp. 321 à 732, (16) pp. de table. Reliés en plein maroquin olive de l’époque, filet doré encadrant les plats, dos à nerfs ornés de pièces d’armes figurant des soleils dorés dans les caissons, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque.131 x 75 mm.La plus précieuse édition du XVIIe siècle.Brunet, III, 1458; Tchemerzine, IV, 506; Graesse, IV, 411; Catalogue Rothschild 615; Bulletin Morgand et Fatout 11362.Exemplaire de première émission sous cette date, ayant les mêmes fleurons aux deux titres.«Jolie édition, la plus recherchée… Il est difficile de s’en procurer des exemplaires bien conservés de marges, et dont les feuillets n’aient pas une teinte rousse» mentionne Brunet.Dans ses élégies, épîtres, ballades, rondeaux, chansons, complaintes, épigrammes et psaumes, Marot apporte en effet le meilleur de l’ancienne poésie française et une inspiration réellement populaire sous le vernis de la politesse de cour.Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manqua pas de rendre hommage à «Maître Clément».Superbe et prestigieux exemplaire, de toute rareté en reliure armoriée de l’époque.Précieux volume relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette (1692-1776), distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque.«Jacques-Annibal Claret de la Tourrette, baron d’Eyrieu, seigneur de Fleurieu, Eveux et autres lieux, fils de Jacques-Claude, président de la cour des monnaies de Lyon, et de Bonne Michon, naquit à Lyon le 12 mai 1692. Connu sous le nom de président de la Tourrette de Fleurieu, pour le distinguer de son père, le président de la Tourrette, il fut conseiller du Roi en ses conseils et président en la cour des monnaies de Lyon. Il épousa le 12 décembre 1722 Agathe Gauthier, fut lieutenant-criminel prévôt des marchands et commandant pour le Roi en la ville de Lyon du 11 décembre 1740 à la fin décembre 1745 et secrétaire perpétuel de l’Académie de Lyon; il mourut dans son château de la Tourrette à Eveux le 18 octobre 1776. Bibliophile comme son père, dont il augmenta les collections, il possédait la plus belle bibliothèque que Lyon ait renfermée jusqu’alors.Il faisait parfois apposer un soleil sur le dos de ses livres.»Olivier pl. 38.Ex-libris armorié au contreplat supérieur de Jacques-Annibal Claret de la Tourrette daté 1719.
«Jolie édition, la plus recherchée» des Œuvres de Clément Marot, écrit Brunet.Superbe et prestigieux exemplaire relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette, distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque.Marot, Clément. Les Œuvres. La Haye, chez Adrian Moetjens, 1700.2 tomes en 2 volumes petits in-12 de: I/ xvi pp., 318; II/ (1) f. de titre, pp. 321 à 732, (16) pp. de table. Reliés en plein maroquin olive de l’époque, filet doré encadrant les plats, dos à nerfs ornés de pièces d’armes figurant des soleils dorés dans les caissons, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque.131 x 75 mm.La plus précieuse édition du XVIIe siècle.Brunet, III, 1458; Tchemerzine, IV, 506; Graesse, IV, 411; Catalogue Rothschild 615; Bulletin Morgand et Fatout 11362.Exemplaire de première émission sous cette date, ayant les mêmes fleurons aux deux titres.«Jolie édition, la plus recherchée… Il est difficile de s’en procurer des exemplaires bien conservés de marges, et dont les feuillets n’aient pas une teinte rousse» mentionne Brunet.Dans ses élégies, épîtres, ballades, rondeaux, chansons, complaintes, épigrammes et psaumes, Marot apporte en effet le meilleur de l’ancienne poésie française et une inspiration réellement populaire sous le vernis de la politesse de cour.Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manqua pas de rendre hommage à «Maître Clément».Superbe et prestigieux exemplaire, de toute rareté en reliure armoriée de l’époque.Précieux volume relié a l’époque en maroquin olive pour Jacques-Annibal Claret de La Tourrette (1692-1776), distingué bibliophile lyonnais, dont les soleils dorés apposés sur les dos des reliures sont la marque.«Jacques-Annibal Claret de la Tourrette, baron d’Eyrieu, seigneur de Fleurieu, Eveux et autres lieux, fils de Jacques-Claude, président de la cour des monnaies de Lyon, et de Bonne Michon, naquit à Lyon le 12 mai 1692. Connu sous le nom de président de la Tourrette de Fleurieu, pour le distinguer de son père, le président de la Tourrette, il fut conseiller du Roi en ses conseils et président en la cour des monnaies de Lyon. Il épousa le 12 décembre 1722 Agathe Gauthier, fut lieutenant-criminel prévôt des marchands et commandant pour le Roi en la ville de Lyon du 11 décembre 1740 à la fin décembre 1745 et secrétaire perpétuel de l’Académie de Lyon; il mourut dans son château de la Tourrette à Eveux le 18 octobre 1776. Bibliophile comme son père, dont il augmenta les collections, il possédait la plus belle bibliothèque que Lyon ait renfermée jusqu’alors.Il faisait parfois apposer un soleil sur le dos de ses livres.»Olivier pl. 38.Ex-libris armorié au contreplat supérieur de Jacques-Annibal Claret de la Tourrette daté 1719.
La plus précieuse et la plus bibliophilique édition du XVIIe siècle des "Œuvres" de Clément Marot. A la Haye, chez Adrian Moetjens, Marchand Libraire près de la Cour, à la Librairie Françoise, 1700. Deux volumes petit in-12 de xvi pp., 732 pp. et (8) ff. de table. Maroquin bleu nuit, aux angles, quadrilobes mosaïqués de maroquin rouge ornés, pièce centrale chantournée de maroquin beige et losange rouge, ornés de petits fers, large bordure de fleurons dorés, filet doré en encadrement, dos à nerfs ornés de fers et quadrilobes mosaïqués rouge et brun, tranches dorées sur marbrures. Reliure mosaïquée de l’époque. 133 x 74 mm.
La plus précieuse et la plus bibliophilique édition du XVIIe siècle des Œuvres de Clément Marot. « Jolie édition, la plus recherchée... Il est difficile de s’en procurer des exemplaires bien conservés de marges et dont les feuillets n’aient pas une teinte rousse » mentionne Brunet (Manuel du Libraire et de l’amateur de livres, III, c. 1418). Cas du présent exemplaire, très pur et à très grandes marges (hauteur: 133 mm). Dans ses élégies, épîtres, ballades, rondeaux, chansons, complaintes, épigrammes et psaumes, Marot apporte en effet le meilleur de l’ancienne poésie française et une inspiration réellement populaire sous le vernis de la politesse de cour. Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manqua pas de rendre hommage à « Maître Clément ». De sa grand amye Dedans Paris, ville jolie, Ung jour passant melancolie, Je prins alliance nouvelle A la plus gaye damoyselle Qui soit d’icy en Italie. D’honnesteté elle est saisie, Et croy, selon ma fantaisie, Qu’il n’en est gueres de plus belle Dedans Paris. Je ne vous la nommeray mye, Sinon que c’est ma grand amye ; Car l’alliance se feit telle Par un doulx baiser que j’eus d’elle, Sans penser aulcune infamie. Édition qui se joint à la collection elzévirienne. Les deux fleurons de titre sont semblables dans la bonne édition, tandis qu’ils sont différents dans la réimpression qui a été faite sous la même date. (Ils sont ici semblables). Cette édition a toujours été prisée des grands bibliophiles et les bibliographes listent le nom de ses illustres détenteurs: Baron Pichon, Comte d’Hoym, Lignerolles, De Backer, La Roche Lacarelle, Didot, Mac Carthy, Pixérécourt, Labedoyere, Solar… Quant à Deschamps (Supplément à Brunet, il mentionne les enchères très élevées atteintes dans les années 1870 par les beaux exemplaires d’une hauteur de marges d’au moins 129 mm: (le présent exemplaire mesure 133 mm) «en mar. doublé de Boyet, exempl. Gaignat, 760 fr. Brunet (0m,137 de haut.); en mar. de Padeloup, aux armes du comte d’Hoym, 1500 fr. Baron Pichon , et serait vendu plus cher aujourd’hui; en mar. de Bradel, mais de 0m,129 seulement, 250 fr. Bordes; en maroquin de Trautz, exemplaire grand de marges, annoncé sur papier fort, 705 fr. Benzon; en mar. de Padeloup, haut. 0m,129, 330 fr. Leb. De Montgermont; en mar. de Bauzonnet, mais taché de rousseur, 120 fr. Labitte (1870); en mar. de Bauzonnet, 200 fr. au catal. Morgand et Fatout, et en mar. de relieurs di secondo cartello, deux exemplaires à 180 fr. au même cat.; en mar. de Trautz, 400 fr. cat. Fontaine de 1872. Nous citerons encore un délicieux exempl., relié en mar. doublé, par Padeloup, haut. 0m,134 qui fait partie du cabinet de M. de Ganay.» Rappelons qu’un livre de bibliophilie se négociait à cette époque à compter de 10 fr Or. Le présent exemplaire, revêtu d’une reliure mosaïquée de l’époque, compte parmi les plus précieux connus. « Au cours du XVIIIe siècle et spécialement de 1715 à 1775, un petit nombre de relieurs, pour la plupart parisiens, exécutèrent pour certains amateurs des reliures d’un caractère très particulier, décorées en mosaïque d’application de cuirs de différentes couleurs. La technique employée était connue depuis le XVIe siècle et demeurera utilisée. Elle est très exactement décrite par Dudin sous le nom de « reliure à compartimens » dans son Art du relieur doreur de livres publié en 1772, avec le patronage de l’Académie royale des sciences: « On commence par couvrir son livre en veau blanc ou en maroquin de couleur ou en tel autre fond qu’on veut ; il faut seulement que le cuir soit le mieux choisi et le plus exempt de tous défauts, trous et taches qu’on puisse se procurer. Quand le cuir est bien sec, on pose dessus un dessin tel qu’on le veut exécuter dont les différentes parties sont colorées ; on calque le dessin sur le veau et sur ce calque on colle des morceaux de maroquin teints en diverses couleurs et de toutes les teintes ; on pare ces peaux le plus mince qu’il est possible, de manière qu’on puisse voir le jour au travers ; on les taille en morceaux de la grandeur des parties du dessin qu’ils doivent représenter et on les colle avec de la colle de farine sur la peau, mettant très peu de colle pour ne point faire d’épaisseur ; quand ces morceaux sont collés, on met le livre en presse pendant un certain temps pour qu’ils s’unissent et ne fassent plus, pour ainsi dire, qu’un seul corps avec la peau qui fait le fond... Ensuite on dore tout ce qui est couvert de dessin, de même que tout le fond qui est semé de petits points... On recherche par dessus cet or le contour des fleurs, rinceaux, feuillages et autres parties du dessin, suivant exactement ces contours pour les circonscrire d’un filet d’or qui en termine l’extrémité. » Les reliures « à compartimens » étaient d’une technique extrêmement minutieuse et d’un prix de revient très élevé, ce qui explique pourquoi les exemples qui nous en ont été conservés sont très peu nombreux. » Précieuses reliures issues de l’«Atelier des Petits Classiques» ainsi nommé car le caractère commun de ces rarissimes reliures mosaïquées est de recouvrir de petites éditions classiques.
Précieux exemplaire à grandes marges de l’un des principaux livres de langue française du XVIe siècle conservé dans sa reliure parisienne en maroquin rouge doublé de maroquin bleu. A Lyon, à l’enseigne du Rocher, 1544. In-8 de 479 pp., (17) pp., 264 pp. Plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs richement orné, double filet doré sur les coupes, doublures de maroquin bleu à dentelle, tranches dorées sur marbrures. Reliure signée Belz-Niedrée. 160 x 104 mm.
L’édition de référence, dite du Rocher, l’une des plus précieuses des Œuvres de Clément Marot. « Édition du plus grand intérêt, parce qu’étant la dernière donnée du vivant de Marot, et publiée par lui, elle a fixé le texte et le classement adoptés pour les éditions postérieures. Ce classement, dans l’ordre des genres de poésies ou de poèmes, est suivi là pour la première fois. C’est aussi dans cette édition que parait pour la première fois la traduction complète des cinquante psaumes de David, par Clément Marot, dont il n’avait été donné que des fragments dans les éditions précédentes. L’impression du volume est d’ailleurs très soignée. La marque qu’on voit sur le titre et à la fin est celle de l’imprimeur lyonnais Antoine Constantin. L’édition est connue sous le nom d’édition du Rocher, à cause de cette marque et des mots à l’enseigne du Rocher qu’on lit au-dessous. Dans son avis au lecteur, l’imprimeur annonce que la nouvelle disposition des œuvres a été faite « soubs la correction et bon jugement toutes fois de l’autheur... » Et il ajoute que plusieurs pièces parues ici étaient inédites. Dans la seconde partie, la traduction des Psaumes de David est précédée de trois épîtres, l’une « Au Roy très chrestien François premier de ce nom », la seconde « Au Roy encores » et la troisième « Aux dames de France touchant les dicts Pseaumes ». (J. Le Petit). « Édition remarquable » mentionne Brunet (III, 1455). Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manquera pas de rendre hommage à « Maître Clément ». Sa franchise d’esprit et de ton lui vaudront à plusieurs reprises tant l’incarcération que l’exil. Poète officiel de la cour de 1527 à 1534 Marot travaille à inventer des genres nouveaux. Il est ainsi l’inventeur en France du sonnet, importé d’Italie, à la suite de Pétrarque, ainsi que de l’églogue et de l’élégie, si prisées des poètes latins. « Dans sa poésie toute personnelle Marot évoque ce que Rabelais exprima avec la prose : de même que sous le rire de Rabelais se lisent les grandes préoccupations de son temps, sous la légèreté apparente de l’œuvre de Marot, se lisent la critique de la justice, le goût de la liberté, la mise en place de nouveaux rapports entre le poète et le roi, la défense d’idées religieuses nouvelles ». Le succès du poète à son époque fut immense et suscita maintes légendes. Ses textes furent présents dans tous les recueils de l’époque ; sa traduction des Psaumes servit de livre de prières à toute l’église réformée ; mais la légende retient aussi l’image du poète rossant le guet à la façon de Villon. De sa grand’ amye Dedans Paris, ville jolie, Ung jour passant melancolie, Je prins alliance nouvelle A la plus gaye damoyselle Qui soit d’icy en Italie. D’honnesteté elle est saisie, Et croy, selon ma fantaisie, Qu’il n’en est gueres de plus belle Dedans Paris. Je ne vous la nommeray mye, Sinon que c’est ma grand amye ; Car l’alliance se fet telle Par un doulx baiser que j’eus d’elle, Sans penser aulcune infamie. Précieux exemplaire à grandes marges de l’un des principaux livres de langue française du XVIe siècle conservé dans sa reliure parisienne en maroquin rouge doublé de maroquin bleu. Provenance : des bibliothèques R. Grandsire et L. Michaud avec ex libris.
Bel exemplaire conservé dans ses éclatantes reliures en maroquin rouge de l’époque. La Haye, chez Adrian Moetjens, 1700.2 tomes en 2 volumes petits in-12 de : I/ xvi pp., 318 ; II/ pp. 319 à 732, (16) pp. de table. Reliés en plein maroquin rouge de l’époque, plats ornés de fleurons d’angle dorés reliés par des filets d’encadrement dorés en pointillés, dos à nerfs finement ornés, coupes décorées, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure de l’époque.134 x 74 mm.
La plus précieuse édition du XVIIe siècle.Brunet, III, 1458 ; Tchemerzine, IV, 506 ; Graesse, IV, 411 ; Catalogue Rothschild 615 ; Bulletin Morgand et Fatout 11362.« Jolie édition, la plus recherchée… Il est difficile de s’en procurer des exemplaires bien conservés de marges, et dont les feuillets n’aient pas une teinte rousse » mentionne Brunet.Dans ses élégies, épîtres, ballades, rondeaux, chansons, complaintes, épigrammes et psaumes, Marot apporte en effet le meilleur de l’ancienne poésie française et une inspiration réellement populaire sous le vernis de la politesse de cour.Poète officiel adulé par François Ier et Charles Quint, Marot marque par son talent la première époque vraiment remarquable de la poésie française dont l’esprit reparaîtra chez La Fontaine qui ne manqua pas de rendre hommage à « Maître Clément ».Bel exemplaire d’une étincelante pureté, somptueusement relié à l’époque en maroquin rouge.
Superbe recueil complet des 10 contes de Maupassant publiés par la Société des Bibliophiles de l’Académie des beaux-livres. Paris, aux frais et pour les sociétaires des Bibliophiles de l’Académie des Beaux-livres, 1891-1892. 10 ouvrages réunis en un volume grand in-8. Maroquin gris bleu, encadrement de filets et de fleurons dorés sur les plats, dos à nerfs richement orné, double filet or sur les coupes, large roulette dorée intérieure, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étui. Ch. de Samblanx. 265 x 175.
Superbe recueil complet des 10 contes de Maupassant publiés par la Société des Bibliophiles de l’Académie des beaux-livres. «L’ouvrage complet se compose de dix fascicules avec pagination et couverture particulière pour chacun d’eux. Tous ces contes ont été imprimés sur papier fabriqué exclusivement pour la Société avec filigrane encadrant chaque page et portant dans la pâte en haut: Guy de Maupassant; et en bas Contes choisis. Quelques sociétaires ont fait relier leur exemplaire en conservant toutes les couvertures, soit en les laissant à leur place, soit en les reléguant à la fin du volume; d’autres ont conservé les fascicules tels quels en les renfermant dans un étui». (Annales administratives des Bibliophiles contemporains, p. 89). Il se compose d’une couverture, d’un faux titre et d’un titre, accompagnés d’un frontispice en couleurs de Paul Avril d’après Félicien Rops, suivis des 10 titres suivants, chacun avec sa couverture particulière : - Le Loup. Histoire de chasse. Novembre 1891. (2 ff.), 12 pp. Édition entièrement gravée, illustrée de 15 eaux-fortes relevées d’aquatinte par Everet Louis Von Muyden (1853-1922), dont une sur le titre, 12 bandeaux, une lettrine et un cul-de-lampe. Le texte a été gravé au burin par A. Leclère. - Hautot père & fils. 1892. (2 ff.), 20 pp., 3 planches. Édition illustrée de 12 compositions de Georges Jeanniot, dont 3 hors texte, la plupart en couleurs, retouchées à l’eau-forte et au burin par Henry Manesse et tirées en taille-douce polychrome par la maison Wittmann. Pages 5 à 8 reliées par erreur après le titre. - Allouma. 1892. (2 ff.), 30 pp., (1 f.). Édition illustrée de 2 têtes de chapitre en couleurs et de 2 culs-de-lampe en camaïeu, gravés par Paul Avril. - Mouche. Souvenir d’un Canotier. 1892. (2 ff.), 20 pp. Édition entièrement gravée, illustrée à chaque page d’une composition de Ferdinand Gueldry gravée sur cuivre par Fillon. Le texte a été gravé au burin par A. Leclère. - La Maison Tellier. 1892. (2 ff.), 44 pp., (2 ff. dernier blanc). Édition illustrée de 25 aquarelles de Pierre Vidal dans le texte, gravées par Hellé et Ruckert, et coloriées par Grenengaire - Un Soir. 1892. (2 ff.), 27 pp. Édition illustrée de 28 compositions de Georges Scott, gravées sur bois par D. Quesnel et Duplessis. - Le Champ d’oliviers. 1892. (2 ff.), 34 pp., (1 f.), 3 planches. Édition illustrée de 9 compositions de Paul Gervais, dont 3 têtes de chapitre, 3 culs-de-lampe et 3 hors-textes, héliogravées et tirées en taille-douce par Boussod et Valadon. - Mademoiselle Fifi. 1892. Frontispice, (2 ff.), 22 pp., (1 f.), 3 planches. Édition illustrée de 22 compositions d’A. Gérardin et Charles Morel dont 18 dans le texte, gravées sur bois par Jules Tinayre et 4 hors texte, gravées sur cuivre par Hellé, dont une en couleurs. Exemplaire enrichi de la planche en couleurs qui était remise aux sociétaires après la publication. - L’Épave. 1892. (2 ff.), 17 pp., (1 f.). Édition non illustrée. Exemplaire enrichi de 2 très belles aquarelles originales signées (signature difficile à déchiffrer) et datées de 1917, ainsi que d’un très beau croquis original au crayon non signé. - Une partie de campagne. 1892. (2 ff.), 18 pp., (1 f. blanc). Édition non illustrée. Exemplaire enrichi d’une eau-forte en couleurs d’Henri Boutet, qui était remise aux sociétaires après la publication, et de 3 superbes aquarelles originales signées d’Alcide Robaudi (1850-1928), sur le faux titre ainsi que sur les pages 1 et 18. «Collection des 10 contes de Maupassant publiés par la Société des Bibliophiles contemporains, et tiré pour les seuls membres de la Société. Chaque conte porte une pagination distincte, a une couverture de couleur et d’ornementation différentes, et offre un type particulier d’impression, d’illustration et de gravure. Pour pouvoir donner à l’ouvrage complet une apparence homogène, il a été fait un titre général portant le nom imprimé du sociétaire, une couverture d’ensemble et un beau frontispice gravé par Paul Avril, d’après Félicien Rops, tiré en couleur. Les artistes qui ont contribué à l’illustration de ces contes sont: Evert Van Muyden, G. Jeanniot, P. Avril, F. Guledry, P. Vidal, G. Scott, P. Gervais, A. Gérardin et C. Morel.» (Catalogue de la Bibliothèque d’Alfred Piat, 1446) Le tirage était, selon Vicaire, de 188 exemplaires sur vélin filigrané au nom de l’auteur et de la collection, non mis dans le commerce. Cet exemplaire porte le numéro 71 ; il fut spécialement imprimé pour M. Léon Guillon. Il a été enrichi du prospectus imprimé sur papier bleu envoyé aux sociétaires. «Ces 10 fascicules sont illustrés de figures en noir et en couleurs par Pierre Vidal, P. Avril, Lunois, Paul Gervais, F. Gueltry, Van Muyden, etc. Frontispice gravé en couleurs par P. Avril, d’après F. Rops. Cette édition a été tirée à un très petit nombre d’exemplaires, pour les membres de la Société seulement». (Bulletin de la Librairie Damascène Morgand, VI, 26287) Superbe exemplaire dont toutes les couvertures d’origine de couleurs et d’ornementations différentes ont été conservées dans une très belle reliure de Charles de Samblanx.
Provenance: ex-libris gravé Marcel de Merre et ex-libris Robert Desprechins dessiné par Cocteau. Paris, Ed. Rouveyre et G. Blond, 1883. In-12 de (1) f.bl., 298 pp., (1) f., (1) f.bl. Demi-maroquin bordeaux à coins, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, couvertures roses et dos conservés. Etui. Tchékéroul. 184 x 113 mm.
Edition originale «assez rare» (Clouzot), dont il n’a pas été fait de tirage sur grand papier, de ces fameuses nouvelles, sous la bonne couverture imprimée par Rouveyre et Blond. Carteret, II, 112; Clouzot, 197. «Il existe des exemplaires de l’édition originale avec des couvertures roses portant comme nom d’imprimeur Ch. Maréchal et J. Montorier sur le plat verso: la vraie couverture originale est celle qui porte dans le bas du plat verso: ‘Ed. Rouveyre et G. Blond, imprimeurs-éditeurs, rue de Richelieu, 98.’ Contient: La Bécasse – Ce Cochon de Morin – La Folle – Pierrot – Menuet – La Peur – Farce normande – Les Sabots – La Rampailleuse – En mer – Un Normand – Le Testament – Aux Champs – Un coq chanta – Un Fils – Saint Antoine – L’Aventure de Walter Schnaffs.» (Vicaire, 609) «Depuis qu’une paralysie des jambes l’immobilise dans son fauteuil, le grand chasseur que fut le baron des Ravots doit se contenter, pour satisfaire sa passion, de tirer de sa fenêtre sur les pigeons que son domestique, caché dans un massif, lâche à intervalles imprévus. A la saison des chasses, il réunit ses amis pour se faire conter leurs prouesses, puis, disposant sur le col d’une bouteille, une sorte de tourniquet sur lequel est épinglé le crâne d’une bécasse, il fait pivoter l’appareil, et le bec de l’oiseau désigne, en fin de course, celui des convives qui devra raconter une histoire. Ces récits n’ont pas entre eux d’autre lien que ce prétexte. Il y a, dans le nombre, de ‘bonne histoires’ assez cruelles, comme celle qui s’intitule ‘Ce cochon de Morin’ […] ‘La rempailleuse’, une des plus grandes pages d’amour que Maupassant ait écrites, est le récit d’une passion sans réponse qui obsède et nourrit toute une existence; depuis le jour où la petite rempailleuse a consolé un garçonnet de son âge en lui donnant les deux liards qu’il avait perdus, elle ne vit plus que pour revoir, avec la même émotion d’année en année, selon l’itinéraire des ambulants, ce garçon toujours indifférent qui accepte les minces économies de la petite et finira par accepter l’héritage qu’elle laisse à sa mort au seul homme qu’elle ait vu sur la terre. ‘Le testament’ est une autre page d’amour: les dernières volontés d’une épouse délaissée, et qui, d’outre-tombe, dénonce, témoigne et conclut en consacrant le seul amour de sa vie. Enfin, ‘Le Fils’, où s’accusent les remords des amours insouciantes, parce que les amours peuvent causer la mort et peuvent créer de la vie, sans nul proportion ni correspondance avec le caprice d’un moment». (Dictionnaire des Œuvres, II, 60). Superbe exemplaire en parfaite condition, non rogné, dans une fine reliure de Tchékéroul avec les couvertures roses et le dos conservés. Provenance: ex-libris gravé Marcel de Merre et ex-libris Robert Desprechins dessiné par Cocteau.
Précieux exemplaire de cette rare originale, grand de marges car relié sur témoins, avec les couvertures et le dos conservés. Bruxelles, Henry Kistemaeckers, 1882. In-16 de (1) f.bl., 1 portrait, 172 pp. y compris le faux-titre et le titre imprimé en rouge et noir, (2) ff. pour la table et l’achevé d’imprimer. Relié en demi-maroquin havane à coins, lisse, couvertures et dos conservés, non rogné. Reluire signée Affolter. 158 x 100 mm.
Édition originale « tirée à petit nombre sur vergé » (Clouzot). Rahir, La Bibliothèque de l’amateur, 532 ; Bibliothèque De Backer, 2383 ; Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, 758 ; Carteret, II, 110 ; Clouzot, 197. Elle est ornée d’un portrait de Guy de Maupassant gravé à l’eau-forte par Just. « Mademoiselle Fifi est un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant (1850-1893) publié en 1882 […]. ‘Mademoiselle Fifi’, qui donne son titre à l’ouvrage, est une évocation de la guerre de 1870. Dans cinq récits de ce recueil, le style de Maupassant retrouve tout son mordant, cette terrible concision dans le tragique et ce sens heureux du comique, qui sont les marques de son génie : ‘Une ruse’, ‘Un réveillon’, ‘A cheval’, ‘Deux amis’, et ‘Le voleur’. Le premier met en scène un vieux médecin de province, lequel évoque avec sobriété une sienne intervention en vue de sauver l’honneur d’une jeune femme, qui vient de voir mourir chez elle, en pleine nuit, son amant. ‘Un réveillon’ est un récit ayant pour cadre la campagne normande : Maupassant y révèle toute sa maîtrise. Par une nuit glacée de Noël, le même médecin se voit appelé par la famille du père Fournel, un vieux de 96 ans qui est mort le matin même. Quand il arrive, tout le monde est à table. Comme il demande à voir le mort, on lui répond avec embarras. En fin de compte, on soulève le dessus de la table sous laquelle, selon l’usage normand, se trouve une grande huche : le pauvre vieux y repose. En manière d’excuse, la petite fille explique en larmoyant que, la maison ne comptant qu’un seul lit, elle et son époux ont été contraints de coucher sur la dure pendant toute la maladie du vieux. Main tenant que les formalités funèbres sont terminées, ils se sont permis de récupérer leur couche. […]Dans ‘Deux amis’, nous assistons à la tragique histoire de deux braves petits commerçants pendant le siège de Paris, qui paieront de leur vie le goût qu’ils eurent toujours pour la pêche à la ligne. ‘Le voleur’ passe communément pour un chef-d’œuvre de comique. » (Dictionnaire des Œuvres, IV, 315). Précieux exemplaire enrichi de cet envoi autographe signé de l’auteur sur un papillon collé sur le premier feuillet blanc: « A Monsieur Gille avec les affectueux compliments de Guy de Maupassant ». Lors de la parution de Mademoiselle Fifi, Maupassant séjourne à Menton. Toutes les dédicaces de ce livre sont donc envoyées depuis Menton sur « papillons » séparés, et collées dans les exemplaires, à Paris, par l’éditeur. (Voir correspondance, p.298). Précieux exemplaire de cette rare originale, grand de marges car relié sur témoins, avec les couvertures et le dos conservés.
Edition originale de ce «virulent libelle cotre l’arbitraire de la justice de son temps» écrit par Mirabeau au donjon de Vincennes. Hambourg, 1782. 2 tomes en 1 volume in-8 de xiv pp., (1) f., 366, (2) pp., 237 pp., mouillure dans la marge sup. des pp. 1 à 17 de la seconde partie. Plein veau marbré, filet à froid autour des plats, dos lisse orné, tranches rouges. Reliure de l’époque, mors et coiffes frottées. 195 x 125 mm.
Edition originale du virulent ouvrage de Mirabeau écrit pendant sa détention au donjon de Vincennes et s’élevant contre le despotisme. Graesse, IV, 535; Einaudi 3932; Cioranescu 45191; Conlon 82; Bûcher 573. Mirabeau (1749-1791) est le fils de l’économiste Victor Riquetti de Mirabeau. Homme politique français, il est l’un des personnages les plus marquants de la Révolution et l’orateur de plus brillant de l’assemblée constituante. Il a des relations très difficiles avec son père et mène une vie de débauche où il accumule de nombreuses dettes. Pour le soustraire à ces dernières, il sera enfermé par lettres de cachet en prison sur demande de son père à plusieurs reprises. Après avoir interpelé son père et le Roi sur son sort de détenu, tous deux restés muets, Mirabeau rédigea cet essai qui analyse l'iniquité et dénonce le pouvoir arbitraire. Il fustige dans la seconde partie «le bon plaisir» et instruit les procès de Richelieu et de Louis XIV, en qui il voyait les fossoyeurs de la monarchie. L’ouvrage eut un grand retentissement à l'époque. L’ouvrage composé durant les 4 années d'incarcération de Mirabeau à Vincennes, est un réquisitoire contre la justice arbitraire et le pouvoir. Il débute par une histoire du droit pénal français, et poursuit sur l'organisation de l'administration pénitentiaire à la fin de l'Ancien Régime, qu'il dénonce violemment. Mirabeau est donc emprisonné au donjon de Vincennes de 1777 à 1780. Il y rencontre Sade, qui y est enfermé à la même époque. Il y écrit beaucoup: des lettres, notamment à Sophie de Monnier, publiées en 1792 sous le titre de Lettres à Sophie, chef-d’œuvre de la littérature passionnée, ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, Les Lettres de cachet et des prisons d’Etat, mais aussi une œuvre érotique particulièrement crue. Des Lettres de cachet et des prisons d'État sera publiée en 1782. «‘Des Lettres de cachet’ n’est pas seulement une éloquente protestation contre le despotisme, un plaidoyer chaleureux en faveur de la liberté individuelle, mais encore un véritable travail d’érudition rempli d’exemples historiques, et qui suppose d’immenses lectures». (Barbier). « C'est par l'histoire et par la raison que Mirabeau combat les détentions arbitraires ». (P Negrin) « Des Lettres de cachet mérite de grands éloges. Les principes du droit naturel, base de toute société et de toute civilisation, y sont exposés et développés avec autant de force que de netteté. Mirabeau s'y montre déjà grand publiciste et l'écrivain y fait pressentir l’orateur. » (A. de Montor). « Cet ouvrage, nouvelle dénonciation du pouvoir arbitraire, plaidoyer en faveur de la liberté individuelle, défense de la justice et de l'humanité contre le despotisme, eut un tel retentissement à l'époque, que Vergennes demanda à la Prusse d'arrêter la publication de cet écrit licencieux, de le saisir et de détruire le manuscrit... » (H. Auréole, Bibliographie sur Mirabeau).
Précieux exemplaire, l’un des 30 imprimés sur papier du Japon. Paris, Charpentier et Fasquelle, 1900. Grand in-8 de (4) pp., 519 pp., (1) p., (1) f.bl. Conservé tel que paru, broché dans les couvertures d’origine à l’imitation d’un cahier d’écolier, non rogné. 253 x 162 mm.
Edition originale du chef-d’œuvre d’Octave Mirbeau. Talvart, XV, pp. 253-254. Précieux exemplaire, l’un des 30 imprimés sur papier du japon, second papier après 20 exemplaires sur Chine. Celui-ci porte le n°30. «Ce livre de Mirbeau est un violent réquisitoire contre les maux dont souffre la société moderne. Il unit la satire des mœurs familiales à une assez trouble sensualité. Aussi la satire s’éclipse-t-elle par endroits, et l’on voit le «journal» se transformer, finalement, en une simple chronique scandaleuse.» (Dictionnaire des Œuvres, III, 854). Très bel exemplaire conservé tel que paru, broché dans les couvertures d’origine à l’imitation d’un cahier d’écolier.