Librairie Camille Sourget

Mlle Camille Sourget

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‎VERLAINE, Paul‎

Reference : LCS-13890

‎Bonheur « Bonheur » de Verlaine‎

‎L’édition originale de Bonheur de Verlaine, l’un des 55 exemplaires sur papier de Hollande, unique tirage sur grand papier. Paris, Léon Vanier, 1891.In-8 de (2) ff., 120 pp. Relié en plein maroquin brun à grain long, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse légèrement insolé orné d’un encadrement de triple filet doré, filet doré sur les coupes, doublures de maroquin havane à grain long ornées d’un encadrement de triple filet doré, gardes de tissu à motifs géométriques, couvertures et dos conservés, tranches dorées sur témoins. Reliure signée de Semet et Plumelle. 184 x 124 mm.‎


‎Édition originale de ce recueil de poèmes de Verlaine. Carteret, II, 428; Clouzot, p. 267. L’un des 55 exemplaires sur papier de Hollande justifiés à la main, unique tirage sur grand papier, celui-ci portant le n°26. Le présent recueil est en fait le dernier volet du polyptique religieux formé de Sagesse, Amour et Parallèlement. L'idée de ce recueil date d'octobre 1885, mais il faudra attendre avril 1887 pour que Verlaine s'attelle à cette œuvre « chrétienne ». Entre mai 1887 et fin avril 1891, date de sa sortie en librairie, le poète hésita à le confier à son éditeur habituel, à la faveur d'Albert Savine à qui le poète céda en 1888 le droit de faire paraître l'ouvrage. Finalement c'est à Vanier qu'il laissa le soin de publier Bonheur après s'être brouillé avec l'éditeur pressenti. Bel exemplaire conservé dans sa reliure en maroquin doublé de maroquin avec les couvertures conservées. Provenance: des bibliothèques Brayat et H. Bradley Martin avec leurs ex libris.‎

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EUR8,500.00

‎Verlaine, Paul.‎

Reference : LCS-17571

‎Parallèlement. L’édition originale de "Parallèlement" de Verlaine, précieux exemplaire conservé broché et bien complet de la pièce "Chasteté".‎

‎Édition originale, tirée à 500 exemplaires, du « dernier ouvrage important du ‘pauvre Lélian’ ». Paris, Léon Vanier, 1889. In-8 de (2) ff.bl., (3) ff., 116 pp., (1) f.bl. Cahier volant comprenant le recueil de vers « Chasteté », exemplaire truffé d’un billet autographe signé de Paul Verlaine au crayon. Conservé dans sa couverture beige clair imprimée d’origine, non rogné, sur témoins. Etui-chemise en demi-maroquin signé Pierre-Lucien Martin. 187 x 122 mm.‎


‎Édition originale, tirée à 500 exemplaires, du « dernier ouvrage important du ‘pauvre Lélian’ ». « Certains exemplaires possèdent une pièce supplémentaire : ‘Chasteté’, ce qui leur donne une forte plus-value ». (Clouzot, p. 267). « Quelques exemplaires contiennent, encartée, une poésie, ‘Chasteté’ (2 ff.), offerte aux lecteurs ; elle devait paraître, sans titre, dans Bonheur ». (Carteret, II, 425). Exemplaire bien complet de la pièce Chasteté encartée par Léon Vanier, qui paraîtra dans Bonheur. « Recueil poétique de Paul Verlaine (1844-1896). Paru en 1889, c’est le dernier ouvrage important du ‘pauvre Lélian’. Il est formé de pièces écrites à diverses époques. Quelques poèmes de jeunesse, d’autres écrits à la prison de Mons et pris dans la manuscrit de Cellulairement jamais publié, enfin des compositions inspirées par des épisodes sentimentaux et sexuels, normaux ou non (1885-1888). Si l’érotisme semble le lien qui a présidé à la composition de ‘Parallèlement’ et lui évite – assez mal- une allure chaotique, on peut s’interroger sur le dessein qu’a eu l’auteur en exhumant et en collant bout à bout des pièces vieilles déjà de vingt ans parues dans diverses revues ou restées à l’état de manuscrit. Selon ses propres mots, ‘il feint de communiquer avec le diable’ ; il veut donner ‘un recueil en vers des sensations des plus sincères, mais bien osées’. [...] On peut y voir une œuvre tout entière dominée par la sensualité, ‘parallèle’ au mysticisme de ‘Sagesse’ et ‘Amour’, ou une évocation des amours ‘parallèles’ du poète, une manifestation de ses deux courants d’inspiration, Arthur le compagnon infernal, Mathilde l’épouse légitime. Datant d’époques très différentes de la vie de Verlaine, ces poèmes donnent une allure générale de son talent poétique. L’influence de Baudelaire s’y fait jour, tout comme ailleurs celle de style argotique et familier... » (Dictionnaire des Œuvres, V, 123). Très bel exemplaire conservé broché et bien complet de la pièce Chasteté.‎

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EUR5,500.00

‎VOLTAIRE‎

Reference : LCS-11978

‎La Henriade « La Henriade » de Voltaire‎

‎Edition de luxe et première édition illustrée de La Henriade. L’un des rares exemplaires imprimés sur papier fort de Hollande, à très grandes marges. A Londres, 1728. In-4 de (3) ff., 202 pp. et 12 planches. Collation conforme à l’exemplaire conservé à la B.n.F. Relié en plein maroquin bleu, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs richement orné, double filet sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure du XIXe siècle signée Chambolle-Duru. 300 x 235 mm.‎


‎Edition de luxe et première édition illustrée de La Henriade de Voltaire. Bengesco, n365 ; Cohen, 1025 ; Le Petit, Bibliographie des éditions originales, pp. 534-535. Elle comporte la dédicace de Voltaire, “To the Queen” et l’édition a été remaniée par voltaire par rapport a la première de 1723. La présente édition de Londres 1728 est la première à porter le titre ‘La Henriade’ et la première qui soit complète, c’est-à-dire en dix chants. C’est d’autre part la première qui ait été faite entièrement sous les yeux de voltaire, corrigée avec soin et revue par lui. “La première qui ait été corrigée avec soin et revue par Voltaire, cette édition de luxe présente un texte parfois différent de celui de l’édition de 1723 et des suivantes, et partout ce texte est beaucoup plus correct. Cette belle édition peut donc être considérée comme la première vraiment authentique.” (Le Petit). « Les exemplaires sur papier de Hollande sont rares. » (Cohen, 1025). Elle comporte un frontispice par de Troy, gravé par Surugue, un fleuron sur le titre dessiné par Michaux, gravé par C. (Cochin), 10 grandes figures par de Troy, Lemoine, Vleughels, gravées par Desplaces, Dupuis, Tardieu, Jeaurat, Cochin, 10 vignettes dessinées par Michaux, gravées par Dupuis, Poilly, Fletcher, Lépicié, et 10 culs-de-lampe par les mêmes. « La vignette qui se trouve en tête du ‘Chant troisième’ contient le portrait, en médaillon, de la reine Elisabeth d’Angleterre. » (Le Petit) Voltaire a écrit La Henriade en l’honneur du roi de France Henri IV et de la tolérance. Le sujet central de l’ouvrage est le siège de Paris, commencé par Henri III et poursuivi par Henri de Navarre, futur Henri IV. La Henriade est un poème composé de deux parties; d’événements réels et de fictions toutes puisées dans le système du merveilleux, telles que la prédiction de la conversion d’Henri IV, la protection que lui donne le roi saint Louis IX de France, ancêtre de la Maison Royale de France, son apparition, etc. La censure avait remarqué dans le poème plus d’un endroit contenant des propositions sentant l’hérésie et elle exigeait des suppressions auxquelles l’auteur ne crut pouvoir consentir. Voltaire dut faire paraître hors de France un poème qu’il ne pouvait espérer faire publier avec l’assentiment de l’autorité, la dédicace ayant été refusée au nom du roi par le régent. Il décida alors de le faire imprimer secrètement à Rouen par Viret. Il s’agit de l’édition qui fut publiée en 1723 sous le titre La Ligue ou Henry le grand, poème épique, à Genève, chez Jean Mokpap (Rouen, Viret), in-8. Ce poème n’a que 9 chants et possède des lacunes considérables. En 1728, Voltaire se trouvait en Angleterre et venait d’essuyer une terrible banqueroute. Louis XV lui fit envoyer deux milles écus et tout Londres se pressa pour faire imprimer, par souscription, une édition de La Henriade, ce qui fut fait et rendit par la générosité de la nation anglaise sa fortune à l’auteur. Puisque Louis XV avait refusé la dédicace, Voltaire en fit l’honneur à la reine Élisabeth dont il admirait le pays et ses institutions libérales. “La Henriade garde de l’importance par les sentiments profonds de tolérance religieuse et civile qui l’animent. Ce héros de prédilection de la France personnifie aussi ce type de souverain éclairé qu’attendaient les gens cultivés de cette époque et dont le “Siècle des Lumières” fixera définitivement les caractéristiques.” Précieux exemplaire, l’un des rares imprimés sur grand papier de Hollande, à très grandes marges avec de nombreux témoins (hauteur 300 mm), revêtu d’un beau maroquin bleu du XIXe siecle de Chambolle-Duru.‎

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EUR7,500.00

‎VOLTAIRE.‎

Reference : LCS-A23

‎Œdipe, Tragédie. Par Monsieur de Voltaire. Édition originale de la première œuvre de Voltaire qui l’imposa d’emblée comme l’un des grands écrivains du XVIIIe siècle.‎

‎Précieux exemplaire relié en maroquin rouge de l’époque aux armes de François VIII de La Rochefoucauld (1663-1728), Chevalier des Ordres du roi. Paris, Pierre Ribou; au Palais, Pierre Huet, Jean Mazuel et Antoine-Urbain Coustelier, 1719. In-8 de (4) ff. et 131 pp. Plein maroquin rouge, triple filet doré autour des plats, armoiries au centre, dos à nerfs finement orné, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrures. Reliure en maroquin armorié de l’époque. 183 x 108 mm.‎


‎Édition originale, rare et très importante dans l’histoire littéraire du XVIIIe siècle, parue dès 1719. Première œuvre de Voltaire, cette tragédie parut lors du premier exil de Voltaire à Châtenay. Elle fut accueillie avec une extrême faveur et marque le commencement du succès de l’auteur dans la carrière théâtrale. «L’Œdipe de Voltaire (François-Marie Arouet, 1694-1778) tente de retrouver la simplicité grecque. Elle porte principalement sur l’amour de Philoctère pour Jocaste». L’Épître à S.A.R. Madame est signée Arouet de Voltaire, l’approbation est du 2 décembre 1718, et le privilège du 19 janvier 1719. Œdipe fut représenté pour la première fois le 18 novembre 1718. Quinault-Dufresne jouait Œdipe, et Melle Desmares Jocaste. La pièce eut, dans sa nouveauté, quarante-cinq représentations. Elle fut reprise le 7 mai 1723, avec Melle Le Couvreur et Quinault-Dufresne (Mercure de mai, 1723, p. 966). À la suite de la pièce figurent 6 Lettres écrites par l’auteur, qui contiennent la critique de l’Œdipe de Sophocle, de celui de Corneille, & du sien. Précieux exemplaire relié en maroquin de l’époque aux armes de François VIII de La Rochefoucauld, duc de La Rochefoucauld et de la Roche-Guyon, prince de Marsillac, marquis de Barbezieux, comte de Duretal, fils de François VII, grand veneur de France, grand maître de la garde-robe et gouverneur du Berri, et de Jeanne-Charlotte du Plessis-Liancourt. Il naquit le 17 août 1663; il obtint l’érection de la terre de la Roche-Guyon en duché-pairie et la survivance des charges de grand veneur et de grand maître de la garde-robe les 18 et 20 novembre 1679 et devint maréchal de camp le 3 janvier 1696. A la suite de la mort de son père (1714), il fut reçu duc et pair au titre de la Rochefoucauld le 2 septembre 1715, puis chevalier des ordres du roi le 3 juin 1724; il mourut à Paris le 22 avril 1728 après s’être démis de sa charge de grand veneur. Il avait déposé le 23 novembre 1679, à Paris, Madeleine-Charlotte Le Tellier de Louvois.‎

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EUR7,500.00

‎VOLTAIRE, François Marie Arouet.‎

Reference : LCS-18032

‎Candide, ou l’Optimisme. Traduit de l’allemand de Mr. le Docteur Ralph. Nouvelle édition originale de Candide, le chef-d’œuvre de Voltaire, qui modifia le texte pour aboutir à l’édition Cramer, considérée jusqu’à ces dernières années comme l’originale.‎

‎« “Candide” se détache comme le chef-d’œuvre voltairien : bref, attractif, expression accomplie d’une pensée et d’un art, par quoi Voltaire, auteur de dizaines de volumes aujourd’hui peu fréquentés, assure sa présence auprès de la postérité » (René Pomeau). S.l. [Genève, Cramer], 1759. [Amsterdam, Marc Michel Rey]. In-12 de 299 pages. Quelques taches, demi-basane brune, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches jaunes. Reliure de l’époque. 163 x 97 mm.‎


‎Edition originale mythique de Candide découverte par la critique internationale moderne ces toutes dernières décennies. Connue à quelques exemplaires, elle est désormais classée en tête et porte le n°1 parmi les 17 éditions de Candide de l’année 1759 sur le site de la B.n.F. (Catalogue général). Cette édition est décrite par Morize, n°13. « La première édition scientifique de Candide, préparée par André Morize, a paru chez Hachette il y a un siècle environ en 1913. Morize était l’élève de Gustave Lanson, qui venait de publier en 1909 une édition critique des ‘Lettres philosophiques’, laquelle a inauguré l’ère des éditions scientifiques de textes modernes. Morize présente le texte avec une longue introduction et un apparat critique exemplaire. Cette édition, mise à jour en 1931 et en 1957, a connu, à juste titre, une longue vie, et dans plusieurs domaines ce travail reste inégalé. Elle est à la base, plus ou moins directement, de toutes celles qui ont suivi. » Pour Morize notre présente édition présente un texte antérieur à celui de l’édition Cramer que Voltaire aurait modifié au cours de l’impression de celle-ci. Cette édition originale est également étudiée et décrite par Ira. O. Wade « A manuscript of Voltaire’s Candide », n°2, 1957 ; ce qui permet à la B.n.F. d’écrire : « Wade, de son côté, a conclu qu’il s’agissait de l’originale véritable et qu’elle était due à l’éditeur hollandais Marc Michel Rey en raison de sa conformité, pour les fleurons et la typographie, avec une édition de la « Nouvelle Héloïse » de 1761, ayant les mêmes fleurons et portant, comme l’originale de cet ouvrage, l’adresse de M. M. Rey. Il est en effet évident que ces deux éditions sont d’un même éditeur, mais l’adresse est apocryphe… » (B.n.F.). Dès 1957, Ira Wade avait attiré l’attention sur le manuscrit de Candide (dit de La Vallière, du nom du duc à qui Voltaire l’envoya avant même la publication) qui se trouve à la bibliothèque de l’Arsenal, et il publia une étude importante concernant ce manuscrit. René Pomeau est le premier à avoir exploité pleinement cette découverte dans une édition critique, et, sur les traces de Wade, il décrit le manuscrit, qui présente un état du texte qui précède la première publication. (Ref : Reviewed Work : Voltaire and Candide. A Study in the Fusion of History, Art, and Philosophy. With the Text of The La Vallière Manuscript of Candide by Ira O. Wade Review by : William F. Bottiglia, Modern Language Notes - Vol. 76, N° 2 (Fev. 1961), pp. 171-174., Published by The Johns Hopkins University Press.) « “Candide” est un livre de polémique. Voltaire y réfute, en effet, la doctrine de l’optimisme dont le philosophe Leibniz s’était fait le champion : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles », chaque chose étant déterminée par le principe de « raison suffisante » et conduite à ses fins dernières par la « fatalité en bien ». Voltaire proteste là contre. De ce que Dieu ait fait le monde le plus parfait possible, il ne suit nullement que ce monde soit exempt de défauts, ni que tout mal concourt au bien universel. Qu’on le veuille ou non, un tel système tend forcément à engourdir l’intelligence. La simple observation des faits nous montre que tout s’inscrit en faux contre l’optimisme en question. Dans toute la chronique de son siècle, Voltaire ne voit guère que le théâtre des pires abominations. Il dénonce l’hypocrisie et la méchanceté des hommes, sans oublier leur sottise, en même temps que le désordre des événements et l’absurdité des institutions. Chemin faisant, il dit leur fait à quelques aberrations de l’esprit humain qu’il haïssait plus que tout : le goût de la guerre, le dogmatisme et l’intolérance religieuse. Candide est donc un abrégé de l’univers, où l’auteur tourne en dérision tout le système de Leibniz. L’idée de notre précarité nous est rendue partout sensible. D’autant plus que Voltaire demeure assez distinct de ses personnages. Hormis peut-être Gulliver, il n’est pas d’ironie plus âcre, plus recuite et plus continue que celle de Candide. Certes, il nous indique, à la fin, un recours contre ce pessimisme : le jardin, ce nirvâna. Mais comment y croire sans réserve ? Ce n’est là qu’un pis-aller, et le problème du mal reste entier. De tous les romans que Voltaire écrivit à partir de 1759, Candide est sûrement le plus philosophique, bien que son auteur l’appelât une « petite coïennerie ». Voltaire atteint tout ce qu’il vise. Si radical, en effet, que soit son pessimisme, il est toujours tonifiant. Il est certain que Voltaire est le maître du pessimisme ironique. Eugène Marsan observe à cet égard : « De toutes ses veines, c’est celle-là qui a le moins souffert du temps. Ce qu’il avait de caduc dans sa poésie, de sec dans son histoire, de court dans sa philosophie a fini par rebuter, au lieu que le pessimisme de Candide a de plus en plus séduit. » Ajoutons que Voltaire s’y révèle grand styliste : exempt de toute rhétorique, il atteint le naturel, la clarté, la correction, la finesse et l’équilibre. » L’édition Cramer de Candide considérée jusqu’à ces toutes dernières années (et ce depuis la bibliographie de Bengesco) comme l’originale était peu courante. 100 000 € était le prix affiché au Salon de Paris de mai 2001 par des libraires anglo-saxons pour cette édition Cramer reliée en veau usagé. La présente véritable édition originale dont le texte fut revu et modifié par Voltaire, connue à quelques exemplaires seulement, est si rare qu’elle ne figurait que dans les additifs de Bengesco. (Ref. Bengesco, II, Add. au tome I, p. XVII.)‎

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EUR39,000.00

‎VOLTAIRE, François Marie Arouet.‎

Reference : LCS-18034

‎Candide ou l’Optimisme, traduit de l’allemand de Mr. le Docteur Ralph. L’édition originale de Candide en reliure de l’époque.‎

‎Cette édition originale de Candide est très rare. S.l. [Genève, Cramer], 1759. [Reliés à la suite] : II- [Maubert de Gouvest, Jean-Henri]. Ephraïm justifié. Mémoire historique et raisonné sur l’état passé, présent et futur des finances de Saxe... adressé par le Juif Ephraïm à son cousin Manasses d’Amsterdam. Nouvelle édition. Erlangen, 1758. III- [Du même]. Lettre du Prince de Prusse mourant, au Roi son frère. Erlangen, 1758. IV- [Rémond de Saint-Sauveur]. Remerciement d’un Particulier à Messieurs les Philosophes du Jour. V-[Coyer, Gabriel-François]. Lettre au R.P. Berthier sur le matérialisme. Genève (Paris), 1759. Soit 5 ouvrages reliés en 1 volumes in-12 de : I/ (1) f.bl., 299 pp. (signatures A-Nh), (1) f.bl. ; II/ viii pp., 103 ; III/ 23 pp. ; IV/ 8 pp. ; V/ 77 pp. L’encre noire a légèrement déchargé en transparence lors de l’impression de Candide. Reliure de l’époque en veau marbré, dos lisse orné de motifs dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges. Reliure de l’époque. 161 x 93 mm.‎


‎Véritable édition originale de Candide, « très rare et fort recherchée ». (Douze autres ont paru la même année). Elle est conforme aux caractéristiques données par A. Morize. « Il existe de Candide huit éditions différentes, publiées en 1759 sans nom de ville ni d’imprimeur, toutes tirées dans le même format, et ayant toutes un titre identique. De ces huit éditions, celle-ci est la première. » (Bengesco. B.N.F., En Français dans le texte). Dès le 2 mars 1759, Candide fut dénoncé au conseil de Genève qui ordonna la destruction du livre. Voltaire est le maître du pessimisme ironique. Eugène Marsan observe à cet égard : « De toutes ses veines, c’est celle-là qui a le moins souffert du temps. Ce qu’il avait de caduc dans sa poésie, de sec dans son histoire, de court dans sa philosophie a fini par rebuter, au lieu que le pessimisme du Candide a de plus en plus séduit ». Cette édition originale de Candide est très rare. II/ Edition originale de ce texte de Maubert de Gouvest. Voltaire a analysé un ouvrage de cet auteur. Celui-ci, ancien capucin, était devenu le secrétaire du roi de Pologne Stanislas Ier. Maubert de Gouvest (1721–1767), “successivement officier d'artillerie, capucin, calviniste, directeur des comédiens français en Allemagne” (Quérard), fulfilled the first of these roles at the Electoral court of Saxony in 1745, when he took part in the Battle of Dresden against Prussia. The present work compares these two nations, now engaged in the Seven Years War, in the form of a letter from a German Jew to his cousin in The Netherlands. Barbier II, cols 140–1; Goldsmiths' 9385; Quérard V, 629. III/ Maubert de Gouvest revendique dans sa correspondance avec Cobenzl la paternité de la Lettre du prince de Prusse mourant, au roi son frère (Erlangen, 1758). V/ Edition originale de cette lettre, hostile aux Philosophes, et qui sera pourtant insérée dans l’édition de 1773 des œuvres complètes de Diderot comme étant de sa main. Précieux exemplaire de cette réunion de textes du XVIIIe siècle, dont l’édition originale de Candide, conservé dans sa reliure en veau marbre de l’époque.‎

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EUR29,500.00

‎VOLTAIRE, François Marie Arouet.‎

Reference : LCS-18355

‎La Henriade. Imprimé par ordre du Roi pour l’éducation de Monseigneur le Dauphin. Le premier ouvrage publié par Didot Fils et l’un des plus rares et des plus beaux livres illustrés du XVIIIe siècle.‎

‎La Henriade de Voltaire conservé dans son maroquin de l’époque mosaïqué et armorié, condition d’exception pour un livre imprimé au cours de la Révolution française. Paris, P. Didot, fils aîné de F.A. Didot l’aîné, 1790. Grand in-4 de 1 portrait, 1 pl. hors-texte, xl pp., 222 pp., (1) f., 12 planches hors-texte. Plein maroquin rouge à grain long, plats richement ornés de filets, grecque et roulette dorées, dos à faux-nerfs mosaïqué avec incrustation de bandeaux de maroquin vert, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, chiffre doré du prince Albert de Saxe-Teschen répété cinq fois dans les entre-nerfs, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure armoriée et mosaïquée de l’époque. 308 x 228 mm.‎


‎Le premier ouvrage publié par Didot Fils et l’un des plus rares et des plus beaux livres illustrés du XVIIIe siècle. Bengesco, n404; Brunet, V, 1361. «Cette édition, très correcte, ne fut imprimée qu’à 250 exemplaires, sur le plus beau papier vélin d’Angoulême, avec de nouveaux caractères gravés exprès et tout récemment, par Firmin Didot. C’est le premier ouvrage auquel Didot fils aîné ait donné ses soins». La Henriade, poème de Voltaire, parut en 1723. Le personnage principal est le sage roi Henri IV qui met fin par son abjuration aux graves querelles religieuses du temps qui opposent catholiques et calvinistes. Exemplaire magnifique, tout à fait exceptionnel, imprimé sur grand papier vélin enrichi de dix figures par Moreau, gravées par Dambrun, de Launay, Duclos, Guttenberg, Helman, Lingée, Patas, Romanet, Simonet et Trière, un portrait de Henri IV, par Porbus, gravé par Tardieu, un portrait ajouté de Voltaire, gravé par Langlois, d’après La Tour, et le portrait de Frédéric-Guillaume de Prusse par Moreau le jeune. Cette édition des œuvres de Voltaire ne se trouve pour ainsi dire jamais en maroquin armorié de l’époque puisqu’elle fut imprimée en pleine Révolution française. Exemplaire unique, imprimé sur grand papier, relié en maroquin rouge décoré de l’époque avec incrustation de mosaïques de maroquin vert pour le Prince Albert de Saxe-Teschen dont il porte le chiffre répété au dos du volume et l’étiquette de bibliothèque, et son épouse, la sœur de la reine de France, Marie-Antoinette. «Albert, duc de Saxe-Teschen, épousa, en 1766, l’archiduchesse Christine, fille de l’empereur François Ier et sœur de Marie-Antoinette, reine de France, et il fut nommé, conjointement avec Christine, au gouvernement des Pays-Bas autrichiens. Il maniait fort habilement le crayon et le burin. C’est d’après ses dessins et sous sa direction qu’a été construit le superbe château de Laeken, près de Bruxelles. Il fonda l’Albertina à Vienne». Les bibliographes ne mentionnent aucun autre exemplaire relié en maroquin de l’époque mosaïqué et armorié. ‎

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EUR18,000.00

‎VOLTAIRE, François Marie Arouet.‎

Reference : LCS-18383

‎Recueil des romans de Voltaire contenant Zadig suivi de Micromégas / Candide ou l’Optimisme / L’ingénu histoire véritable / La Princesse de Babylone / Lettres d’Amabed suivies du Taureau blanc. Préface par Arsène Houssaye. Eaux-fortes par Laguillermie Précieuse édition collective regroupant les plus grands romans de Voltaire.‎

‎Luxueux exemplaire, l’un des 20 imprimés sur papier de Chine contenant la suite des eaux-fortes en double état. Paris, Librairie des Bibliophiles, rue Saint-Honoré, 1878. 7 tomes en 5 volumes grand in-8 ornés d’un portrait et de 11 eaux-fortes, l’ensemble en double-état, avant et avec la lettre. Maroquin rouge, triple filet encadrant les plats, dos à nerfs, double filet sur les coupes, tranches dorés. Reliure signée Chambolle-Duru. 214 x 130 mm.‎


‎Précieuse édition collective des romans de Voltaire regroupant ses plus grands succès, à savoir Zadig, Micromégas, Candide ou l’Optimisme, L’ingénu histoire véritable, La Princesse de Babylone, Lettres d’Amabed suivies du Taureau blanc. Bengesco, I, 1547 L’édition ouvre sur une préface d’Arsène Houssaye. L’un des 20 précieux exemplaires du tirage de tête imprimé sur papier de Chine (celui-ci portant le n°12) contenant une suite supplémentaire des eaux-fortes avant la lettre. L’illustration superbe se compose d’un portrait de Voltaire et de 11 eaux-fortes par Laguillermie. La suite d’eaux-fortes est ici présente en double état, avant et avec la lettre. Superbe exemplaire de ce tirage sur papier de Chine regroupant les plus grands romans de Voltaire, très finement relié en maroquin rouge par Chambolle-Duru. Provenance: Emile Monteaux avec ex-libris.‎

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EUR5,500.00

‎VOLTAIRE, François-Marie Arouet dit.‎

Reference : LCS-186414

‎Œuvres complètes de Voltaire Les Œuvres complètes de Voltaire remarquablement publiées par Beaumarchais et élégamment reliées en maroquin vert strictement de l’époque.‎

‎L’un des exemplaires imprimés sur grand papier fin. De l’imprimerie de la Société Littéraire typographique 1784-1789. 70 volumes. Grand in-8, maroquin vert, encadrement doré sur les plats, roulette intérieure et coupes finement ornées, dos lisses ornés de motifs dorés (certains légèrement passés), pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, tranches dorées. Quelques rousseurs inhérentes au papier. Reliure de l’époque. 245 x 150 mm.‎


‎[embed]https://streamable.com/ag8ywo[/embed] La plus célèbre édition – de Kehl – sur grand papier fin, des œuvres de Voltaire, publiée par Beaumarchais, avec des Avertissements et des Notes de Condorcet. Cohen 1042-1047. Cette édition est la plus complète, la plus belle et la mieux ordonnée parue jusqu’alors. Pour la première fois, y est donnée la volumineuse correspondance de l’auteur, plusieurs pièces de théâtre et autres morceaux curieux restés inédits. Nous sommes redevables à Beaumarchais de la qualité de cette édition de luxe car il mit tout en œuvre pour produire un livre remarquable: il racheta les caractères du grand typographe anglais Baskerville, acquit trois papeteries dans les Vosges, monta une imprimerie à Kehl (territoire à l’abri de la censure française) et dépensa une fortune pour se procurer lettres et manuscrits de Voltaire. La collection comporte de nombreuses illustrations d’après les dessins de Moreau le Jeune dont c’est le chef-d’œuvre. Ce dessinateur du Cabinet du roi, voyant annoncée l’édition de Kehl, grava les illustrations pour son propre compte et les publia en livraison; il céda plus tard les épreuves à Beaumarchais et elles furent jointes aux exemplaires de choix. Ces figures comprennent: une dédicace avec le portrait de Frédéric-Guillaume par Pourbus, 93 figures par Moreau, gravées par Baquoy, Croutelle, Dambrun, Delaunay, Delaunay jeune, Delignon, Duclos, Fosseyeux, Guttenbeerg, Halbou, Helman, Langlois, Lemire, Leveau, Lingée, De Longueil, Maquelier, Maviez, Patas, Romanet, Simonet, Tardieu et Trière, 14 portraits, 2 portraits et 2 frontispices supplémentaires, 1 plan, 1 tableau, 14 planches et l’introuvable titre gravé «Estampes destinées à orner L’édition in Octavo Dédiées à Son Altesse royale Le Prince de Prusse par J. M. Moreau, Paris, A.P.D.A.» Cette suite d’illustrations est un des chefs-d’œuvre de Moreau et se soutient sans défaillance d’un bout à l’autre pendant près d’une centaine de compositions. Superbe exemplaire conservé dans ses reliures uniformes en maroquin vert strictement de l’époque.‎

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EUR85,000.00

‎ZOLA‎

Reference : LCS-3437

‎Photographies. Portraits de Denise. Photographies originales prises par Zola représentant sa fille‎

‎Superbe ensemble de 3 photographies originales prises par Zola à la fin de sa vie, représentant sa fille Denise alors âgée de 11 à 13 ans. Entre 1897 et 1902. 3 photographies originales, tirages argentiques d’époque. 230 x 167 mm.‎


‎Superbe ensemble de 3 photographies originales prises par Emile Zola entre 1897 et 1902, présentant des portraits de sa fille Denise alors âgée de 11 à 13 ans. Les 3 portraits regroupés ici sont les suivants : -Denise de trois quarts profil, tête appuyée sur ses mains jointes, en robe fleurie. (1900-1902). -Denise de trois quarts profil, assise dans un fauteuil, col de dentelle blanche. (1900-1902). -Denise de face, le visage tourné vers la gauche, en bonnet de dentelle (1897-1902). Emile Zola (1840-1902) est un photographe méconnu. Ce n’est qu’à partir de 1895 qu’il s’est mis à la photographie : il a achevé le cycle des Rougon-Macquart et est l’écrivain le plus célèbre de l’époque. C’est avec passion qu’il devient photographe, après avoir acheté dix appareils et installé chez lui un laboratoire. Il pratique la photo en toutes circonstances : en famille et dans les rues de Paris, mais aussi lors de l’exil à Londres consécutif à l’affaire Dreyfus, ou encore, peu avant sa mort, à l’occasion de l’exposition universelle de 1900. Jusqu’à sa mort, il prendra environ 6000 clichés pour la plupart disparus ou inédits, c’est dire l’intensité du travail photographique de l’écrivain et de l’énergie qu’il y déploya. L'œuvre photographique d'Emile Zola, révélée en 1979 par l'étude que lui consacra François-Emile Zola, puis par diverses expositions, montre l'acuité du regard que l'écrivain porta sur la ville et le monde contemporain. La photographie de famille tient une place importante dans la production photographique de Zola. Les photos d’Emile Zola sont très rares sur le marché. La majorité d’entre elles sont conservées au Musée d’Orsay et au Musée de Médan. Le Musée d'Orsay a fait l'acquisition de vingt-six portraits de Denise, la fille que l'écrivain eut de Jeanne Rozerot ; ceux-ci ont été réalisés entre 1898 et 1902, date de la mort de l'écrivain. Ces portraits témoignent de l'attachement sensible qu'il portait à sa fille. Zola opère ici en artiste, faisant adopter à Denise de nombreuses attitudes méditatives et gracieuses, avec la conscience d'un photographe professionnel. Ces pièces illustrent l’immense passion que Zola eut pour la photographie. « Zola est photographe comme il est écrivain : à la recherche de la vérité, il écarte les accessoires, refuse les poses théâtrales alors à la mode, ne pratique aucune retouche. Sa recherche concerne avant tout le cadrage ou la perspective, et il explore tous les formats, utilise tantôt les plaques, tantôt la pellicule qui vient de faire son apparition. » Denise Le Blond-Zola (1889-1942), la fille de Zola et de Jeanne Rozerot, lingère et maitresse de l’écrivain, garda de son père un impérissable souvenir. Après la mort du romancier, Alexandrine Zola, l’épouse légitime du romancier, s'occupa de son éducation et lui fit connaître tous les habitués des jeudis de la rue de Bruxelles. Elle épousa à l'âge de 19 ans, un des plus fervents admirateurs de Zola, Maurice Le Blond, et eut trois enfants, Aline (1909), Françoise (1911) et Jean-Claude (1914). Dotée d'un réel talent littéraire, elle publia dans la célèbre collection de la Bibliothèque rose, sous le pseudonyme de Denise Aubert, plusieurs romans pour enfants, dont La Villa dans les dunes (1921) et La Maison forestière (1925). Après avoir collaboré, avec son mari, à la documentation de l'édition Bernouard des Oeuvres complètes de Zola, elle fit paraître, en tête du premier volume, une étude biographique de son père; ce travail, développé, devint en 1931 Emile Zola raconté par sa fille. Elle fit partie, avec Judith Cladel et Lucie Delarue-Mardrus, d'une académie féminine des lettres, et participa à la préparation d'une anthologie des femmes françaises, qui demeura inédite. La même dévotion pour Émile Zola unissait la maîtresse et la femme légitime. Ainsi cette dernière fit reconnaître les enfants, après la mort de Zola qui, dès 1906, purent porter le nom de leur célèbre père. Précieux ensemble de trois tirages originaux faits par Zola lui-même, dans un état de conservation exceptionnel. Provenance : Famille Zola, avec authentification des tirages.‎

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EUR12,000.00

‎ZOLA, Emile‎

Reference : LCS-13847

‎ENSEMBLE DE LA CORRESPONDANCE MANUSCRITE AUTOGRAPHE D'ANTOINE GUILLEMET A ÉMILE ZOLA. Ensemble de la correspondance manuscrite autographe d'Antoine Guillemet à Emile Zola‎

‎L’ensemble unique de la correspondance manuscrite, en grande partie inédite, d’Antoine Guillemet à Émile Zola, écrite entre 1867 et 1901. 1867-1901. 121 lettres manuscrites autographes, la plupart en cahiers de 4 pages, soit 334 pages au total. Écrites à l’encre marron ou noir.‎


‎ [playlist type="video" ids="16286"] Ensemble unique regroupant les 121 lettres manuscrites autographes envoyées par Antoine Guillemet à Emile Zola entre 1867 et 1901, dont 111 sont encore inédites. « C’est par l’intermédiaire de Paul Cézanne que Zola fit la connaissance de Guillemet le 7 mai 1866. Une amitié qui ne devait s’achever qu’avec la mort de Zola en 1902, commençait… Zola possédait plusieurs toiles de Guillemet : ‘Marine, Temps gris’ de 1872 et la ‘Campagne d’Aix’ (1866) dédicacée à Zola… Dès ses premières lettres à Zola, Guillemet déborde d’enthousiasme pour les jeunes artistes de la nouvelle école. Il admire Cézanne et présente avec bonheur la mise en œuvre de tableaux restés célèbres… Guillemet évoque Pissarro, Cézanne, Baille, Marion dans la première lettre (2 novembre 1866) si intéressante pour la biographie de jeunes hommes qui étaient inconnus à l’époque et qui sont devenus de nos jours des hommes célèbres… Evidemment, Guillemet, peintre paysagiste, voyage à la recherche éternelle du motif inspirateur. Isolé, il réclame des nouvelles de ses amis à Zola… Il arrive souvent que Guillemet exprime son enthousiasme pour les romans de Zola, en particulier pour ‘Madeleine Férat’… La plupart du temps, Zola et Guillemet, séparés pendant les mois d’été, ne s’écrivent que pendant cette saison… Qu’il est regrettable que les lettres de Zola à Guillemet écrites à cette époque aient été perdues. Les dernières lettres de 1869-1870 sont datées de Saint-Raphaël. On sent Guillemet proche de l’impressionnisme dans son admiration des belles couleurs méditerranéennes : il fait des études, des ébauches. Il ne quitte pas de vue les œuvres de ses amis Pissarro, Manet, Monet, Cézanne… En bref, Guillemet s’est ému pour les gens de cette époque, narguant des célèbres et aimant des obscurs qui ne le restèrent pas indéfiniment. Il y apporta parfois une discrimination pas toujours heureuse, mais, avec beaucoup d’esprit, il sut déguiser les sentiments que lui inspirait l’infériorité de son art, ou plus exactement une certaine impuissance créatrice… N’empêche que, jusqu’en 1870, sa correspondance avec Zola nous révèle le caractère spontané d’un homme de goût. » (Renée Baligand) Paul Alexis, ami intime d’émile Zola rappelle le contexte de cette rencontre : ”Une belle année d'ailleurs, pour Zola, que cette année 1866-67. De la jeunesse, de l'enthousiasme, et les premières douceurs du succès ! Toutes les difficultés d'une vie jusque-là si difficile, subitement aplanies ! De la liberté, plus de travail de bureau le tenant à l'attache ! Et, avec cela, de l'argent plus qu'il n'en avait jamais eu ! L'été venu, il put s'offrir une débauche de verdure, aux bords de la Seine, à Bennecourt. Là, pendant quelques semaines, les amis de Provence, Baille, Cézanne, Marius Roux, Valabrègue, vinrent tour à tour ; et je vous laisse à deviner les parties de canot, coupées de discussions artistiques qui faisaient soudain s'envoler les martinets de la berge. A Paris, tout en restant beaucoup chez lui et en noircissant déjà pas mal de papier, Zola avait fait de nouvelles connaissances, surtout dans le monde des peintres. Avec Cézanne, qui venait alors de rencontrer Guillemet, il fit le tour des ateliers, surtout des ateliers de l'école dite « des Batignolles, » qui fut le berceau des impressionnistes d'aujourd'hui.” La carrière de Guillemet débute en 1859, lorsqu'on lui passe commande d'une copie de la célèbre toile de Géricault, Le Radeau de la Méduse. En 1861, le jeune Guillemet est présenté à Jean-Baptiste Camille Corot par Berthe Morisot. Cette rencontre lui fournit l'occasion de côtoyer de nombreux peintres de l'avant-garde, tels qu'Édouard Manet, Camille Pissarro, Claude Monet et Gustave Courbet. Impressionniste, il est tenté, à partir de 1872, par le naturalisme influencé en cela par sa longue amitié avec Zola, qui espérait en lui « le génie attendu ». L'écrivain s'en inspire pour écrire L'Œuvre. Il va d’ailleurs demander à Guillemet de le documenter sur la peinture en 1885. Ce dernier devient une source essentielle de renseignements, d’anecdotes sur le jury des Salons et ses intrigues. Critique d’art et amateur de peinture paysagiste, Zola exprime en ces termes son intérêt pour Guillemet à l’occasion du Salon de 1875: “Un autre élève de Corot, Guillemet, se distingue par une remarquable élégance… Il aime les larges horizons et les rend avec un luxe de détails qui ne nuit pas à la splendeur de l’ensemble”. A l’occasion du Salon de 1876, Zola écrivait encore à propos de son ami : « Au nombre des jeunes paysagistes en passe de devenir à leur tour des maîtres, je nommerai Guillemet, dont les toiles furent très remarquées lors du dernier Salon. Cette année son tableau appelé ‘Villerville’ m’a paru encore meilleur. C’est tout simplement un rivage de mer à marée basse, des éboulis et des falaises à droite, la mer à gauche, une ligne verte à l’horizon. Cela donne une pression sombre et sublime : une brise saline venant de la mer vous souffle au visage ; le soleil se couche, l’ombre approche des immensités lointaines. Ce qui constitue l’originalité de Guillemet, c’est qu’il garde un pinceau vigoureux tout en poussant à l’extrême l’étude des détails. Il appartenait autrefois à un groupe de jeunes artistes révolutionnaires qui se piquaient de n’exécuter que des esquisses ; plus le côté technique était maladroit et plus bruyamment on vantait le tableau. Guillemet a eu le bon sens de se séparer du groupe et il lui a suffi de soigner davantage ses toiles pour connaitre le succès. Il est devenu peu à peu un personnage connu, tout en gardant, je l’espère, ses convictions premières. Sa technique s’est perfectionnée et son amour de la vérité est resté le même ». Toutes ces lettres sont écrites et envoyées par Guillemet depuis les divers endroits dans lesquels il réside à la recherche de l’inspiration : Aix-en-Provence, Paris, Bennecourt, Saint-Raphaël, Jersey, Villerville, les Sablons, … Parmi les 121 lettres manuscrites de cette correspondance, la seconde, datée du 2 novembre 1867 comporte en plus du message de Guillemet toute une page autographe de la main de Cézanne également adressée à Zola, alors que les deux amis peintres passent quelques semaines à peindre à Aix-en-Provence. Ces 121 lettres adressées par le peintre à l’écrivain entre 1867 et 1901 constituent un témoignage unique et extrêmement précieux sur cette époque. Description des us et coutumes du milieu artistique, anecdotes concernant des peintres depuis devenus incontournables, peinture des paysages français de l’époque, ces lettres sont surtout riches des échanges d’idées entre les deux hommes et la preuve d’une sincère et fidèle amitié mêlée d’une admiration réciproque. ‎

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EUR75,000.00

‎ZOLA, Emile‎

Reference : LCS-18613

‎Les trois villes. Rome. Edition originale de Rome.‎

‎Exceptionnel exemplaire sur papier de Chine couleur jonquille, inconnu des bibliographes. Paris, Bibliothèque-Charpentier, 1896. In-8: (2) ff. dont le faux-titre portant une note de G. Charpentier et E. Fasquelle, 751 pp., (1) p. Plein maroquin janséniste havane, dos à cinq nerfs, roulette sur les coupes, large dentelle intérieure, tête dorée, tranches dorées sur témoins, couvertures jaunes conservées. Reliure de l’époque signée par Charles Meunier. 188 x 116 mm. ‎


‎Exceptionnel exemplaire de l’édition originale de «Rome» en tirage de tête sur papier de couleur, l’un des 5 exemplaires tirés sur papier jaune, tirage inconnu des bibliographes. Carteret, II, 492. Rome: exemplaire imprimé sur papier de chine couleur jonquille, inconnu des bibliographes. Le tirage répertorié par les bibliographes fut limité à 330 exemplaires, dont 300 sur papier de Hollande et 30 sur japon. Aucun bibliographe ne mentionne cet exemplaire sur papier de chine couleur jonquille. Justification manuscrite signée des éditeurs Charpentier et Fasquelle en regard de la page de titre. «Nous certifions que ‘Rome’ d’Emile Zola a été tiré à cinq exemplaires sur papier jaune. Ce 1er Juin 1896. G. Charpentier et E. Fasquelle». «Les Trois Villes» sont la trilogie d’Emile Zola (1840-1902) comprenant «Lourdes» (1894), «Rome» (1896), «Paris» (1898). Les Rougon-Macquart ne sont pas achevés que le romancier, qui a effectué un bref séjour à Lourdes en septembre 1891, a l’idée de se battre sur le terrain de ses détracteurs: le renouveau de la foi. Il veut «établir le bilan religieux, philosophique et social du siècle». La crise que traverse l’abbé Pierre Froment sert de fil conducteur aux trois œuvres. Pierre est devenu prêtre pour obéir à la volonté de sa mère à la suite de la mort de son père, chimiste célèbre, au cours d’une expérience de laboratoire. Mais il se met à douter. Il part donc à Lourdes avec le pèlerinage annuel, pour retrouver la foi. Il accompagne la jeune Marie de Guersaint, qu’il a aimée des années plus tôt, mais qui a été condamnée à l’immobilité par un mal mystérieux. Marie est miraculeusement guérie. Son mal, en fait, était dû à l’hystérie. Pierre ne retrouve pas la foi. Il ne peut pas non plus retrouver Marie, qui a fait vœu de virginité si elle était guérie. Il doit donc rester prêtre, mais il imagine une religion nouvelle, plus proche des hommes, «faisant à la terre une part plus large, s’accommodant des vérités conquises». Œuvre de pitié et d’émotion, divisée en cinq journées, les cinq journées que le pèlerinage national consacre à son voyage annuel. «Lourdes» peint les pèlerins, leur foi, le «besoin de surnaturel persistant chez l’homme» malgré les conquêtes de la science, la figure de Bernadette, mais aussi les escroqueries à la guérison, les marchands du temps. C’est l’œuvre d’un homme sincère, s’interrogeant à travers son personnage sur la crise que traverse son époque. Pierre a écrit un livre, La Rome nouvelle, où il défend cette religion dont il avait eu l’idée dans le train qui le ramenait de Lourdes à Paris, une religion qui retrouverait les vertus du christianisme primitif. Mais son œuvre est frappée d’interdiction par la Congrégation de l’Index. Il vient donc à Rome plaider sa cause devant le Saint-Père, mais il n’est jamais reçu, il se heurte à une Eglise rétrograde et peureuse, il se perd dans les labyrinthes de l’administration et de la hiérarchie. Revenu à Paris, il retrouve son frère aîné, Guillaume, qu’il avait perdu de vue. Grâce à son aide morale et matérielle, il abandonne l’habit sacerdotal, se marie, a des enfants, retrouve confiance en la vie et en l’avenir, croit en la possibilité d’une nouvelle société fondée sur les progrès de la science. En attendant cet avènement, «Paris» fait un bilan très noir, montre l’homme écrasé par les rouages d’une société énorme, impersonnelle, injuste, prête à exploser. Œuvre touffue, angoissée, c’est une protestation hardie «contre toutes les puissances de mensonge et de servitude» (Jaurès). Exceptionnel exemplaire de cette originale d’Emile Zola tirée sur papier jaune, finement relié par Charles Meunier avec les couvertures conservées, en maroquin havane afin d’harmoniser la reliure au papier jonquille. ‎

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Littérature - Librairie Camille Sourget
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