8, rue Bréa
75006 Paris
France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Plon, 1894 in-8°, xvi-566 pp, préface du marquis Costa de Beauregard, 2 portraits en héliogravure hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état
Oudinot prit part à toutes les grandes campagnes du Consulat et de l'Empire, à l'exception de l'Espagne et du Portugal. — "Biographie d'Oudinot coupée de fragments de souvenirs de la seconde épouse du maréchal née Eugénie de Coucy." (Tulard, 1107) — "A signaler une publication des plus intéressantes, ce sont les extraits des souvenirs inédits de la duchesse de Reggio sur son mari, le Maréchal Oudinot, publiés par M. Gaston Stiegler. Si les souvenirs de la duchesse de Reggio, en effet, ne nous la font pas connaître comme une femme d'un esprit supérieur, si elle nous y apparaît plutôt comme une admiratrice quand même des pouvoirs établis que comme une observatrice pénétrante et caustique, plus proche parente en un mot de Mme d'Abrantès que de Mme de Rémusat, ils n'en sont pas moins charmants par l'aisance du style et par la bonté et la sincérité de coeur qu'ils révèlent chez leur auteur. Les récits des premières années de Mlle Eugénie de Coucy, de sa première entrevue puis de son mariage avec le maréchal ont une fraîcheur de naïveté tout à fait délicate. Elle a su tracer des moeurs et des habitudes de la petite noblesse provinciale ralliée à Napoléon un tableau très vivant et très intime, comme elle a su résumer avec sobriété et simplicité le récit poignant de la retraite de Russie, de l'arrivée chez elle d'Oudinot, atteint du typhus, et de la campagne de France. Sans doute, dans cette dernière partie, on trouvera que les angoisses de la duchesse se rapportent plus encore à son mari qu'à son pays, mais c'est qu'au fond elle voyait la Restauration plutôt avec plaisir. Ses origines, ses relations, son caractère la rattachaient à la monarchie. Sa présentation à l'empereur ne lui a pas laissé un mauvais souvenir ; elle voit toujours « cet oeil bleu foncé qu'on ne pouvait pas plus fixer qu'on ne fixe le soleil. » Mais le comte d'Artois la captiva bien autrement ; ce qu'elle éprouva devant lui, c'est la vénération et la confiance (p. 322). Il faut tenir compte de ces sentiments pour comprendre son jugement sur le retour des Bourbons et aussi tout ce qu'elle a écrit sur la Restauration. Au total, c'est un livre d'une très agréable lecture, plein de détails intéressants, entre autres sur la chute de l'Empire et sur cette curieuse entrevue de la Malmaison, qui réunissait Joséphine, Mme de Staël et Mme Walewska. En somme, la physionomie d'Oudinot ressort assez exacte de ce livre quand on fait la part de l'admiration, avec plus de dignité que d'élan, plus de loyauté que d'intelligence, plus de bravoure enfin que de génie militaire." (Louis Farges, Revue Historique, 1894)
Gallimard, 1979, in-8°, 436 pp, traduit de l'anglais, une carte, bibliographie choisie, références, index, broché, couv. illustrée, dos passé, bon état (Coll. Leurs Figures)
Seul volume paru. — George Painter nous offre le premier volume d'une nouvelle biographie de Chateaubriand. Il y décrit l'enfance bretonne de son héros à Saint-Malo et au château de Combourg, ses aventures et ses amitiés dans le Paris révolutionnaire, sa traversée de l'Atlantique en 1791 et l'extraordinaire périple qui, au départ de Baltimore, le mènera jusqu'aux zones frontalières encore mal connues dans l'ouest des États-Unis. Le livre se termine avec son mariage, la campagne à laquelle il participe sans conviction dans l'armée des Princes et l'exil en Angleterre. Une étude approfondie des sources originales et de nombreux documents, en grande partie inconnus ou mal utilisés jusqu'ici, ont permis à l'auteur d'apporter plusieurs informations inédites et de rectifier bien des idées reçues, en particulier sur l'itinéraire américain de Chateaubriand, sa visite au président Washington, la personnalité de son compagnon Francis Tulloch, son activité politique à Paris et en Bretagne au début de la Révolution, la manière dont il a vécu le siège de Thionville et son arrivée à Jersey. Comme dans sa célèbre biographie de Proust, George Painter a magistralement étudié les rapports entre l'art et la vie d'un jeune homme et la manière dont ils ont façonné un écrivain de génie. Il remplace pour nous le personnage vaniteux et faux d'une légende hostile par un Chateaubriand sincère et tout semblable à l'homme des Mémoires d'outre-tombe.
Les Belles Lettres/Ophrys, 1929, gr. in-8°, xxxii-328 pp, un portrait de G. Pariset en frontispice, une biographie et une bibliographie des travaux de Georges Pariset (1865-1927) par Christian Pfister, index, broché, couv. de relais des éditions Ophrys, bon état (Publications de la Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg)
Georges Pariset, 1865-1927, par Chr. Pfister. Bibliographie de G. Pariset, suivi de 14 études érudites : Sieyès et Spinoza ; Nouveautés révolutionnaires ; L'état social et économique sous la Convention ; Le pays sous le Directoire ; L'armée républicaine ; Les antécédents de Bonaparte ; Le lieutenant Napoléon Bonaparte, étudiant à Strasbourg ; Napoléon Ier en Espagne ; Un transport de prisonniers français en Angleterre, 1804 ; Les aventures de Louis-François Vanhille, prisonnier de guerre chez les Anglais de 1806 à 1814 ; L'utopie des deux Lorrains sous Napoléon Ier ; Eloge de Gambetta, 1921 ; La bourgeoisie française depuis la Révolution ; Histoire du régionalisme français.
Louis-Michaud, 1910 pt in-8°, 187 pp, 35 gravures, reliure toile verte, couv. conservée, bon état (Coll. historique illustrée). (Tulard, 1117)
Hachette, 1966 in-8°, 282 pp, une carte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Prix Thiers de l'Académie française 1967). Peu courant
George III était le troisième monarque de la maison de Hanovre mais à la différence de ses deux prédécesseurs, il était né en Grande-Bretagne et sa langue maternelle était l'anglais. Le règne et la vie de George III, plus longs que ceux de tous les précédents souverains britanniques, furent marqués par une série de conflits ayant impliqué une grande partie de l'Europe et des territoires jusqu'en Afrique, en Amérique et en Asie. Au début de son règne, la Grande-Bretagne, à l'issue de la guerre de Sept Ans (1756-1763), devint la puissance dominante en Amérique du Nord et en Inde. Puis, un rééquilibrage des puissances eut lieu après la guerre d'indépendance américaine, qui vit les colonies américaines entrer en révolution et acquérir leur autonomie en 1783. La suite de son règne fut marqué à partir de 1793 par des guerres successives contre la France révolutionnaire et napoléonienne qui se terminèrent par la défaite de Napoléon Ier en 1815.
P., Le Normant, 1814 pt in-8°, 122 pp, seconde édition, broché, couv. muette d'attente, qqs rousseurs, bon état. Rare
L'occupation puis la retraite de Moscou, réflexions d'un militaire russe, anecdotes relatives à la campagne de Russie, etc.
P., Chapelot, 1914, in-12, viii-268 pp, 35 pl. de photos hors texte, 7 croquis, 2 cartes dépliantes hors texte in fine, reliure demi-basane noire, dos à 4 nerfs pointillés, titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Rare
Sous le pseudonyme d'Alain de Penennrun se cache un jeune et brillant officier de l'armée française, envoyé du journal l’Illustration à l’État-major serbe en juillet 1913. Doué d'un remarquable talent d'observation secondé par une plume des plus alertes, il écrivit au jour le jour ses souvenirs et ses impressions. Le premier chapitre est consacré à l'étude de l'origine du conflit qui mit simultanément aux prises la Bulgarie avec la totalité des forces des autres nations balkaniques. Les chapitres II et III sont des notes de voyage (passage à Belgrade, puis à Uskub, arrivée au quartier général du prince Alexandre de Serbie). Le chapitre IV est une étude technique de la bataille de la Bregalnitza. Les chapitres V à VII sont consacrés aux combats d'Egri-Palanka, à l'arrêt des opérations, aux négociations de Bucarest, et à une tournée rapide au milieu des troupes roumaines. Le chapitre VIII contient des remarques personnelles sur les opérations de la deuxième guerre balkanique, une brève comparaison des quatre armées principales des Balkans, et une étude rapide de la situation politique telle qu'elle paraît résulter du traité signé à Bucarest le 10 août 1913.
P., Chapelot, 1913, in-12, ix-259 pp, 62 photos sur 32 pl. hors texte, dont le frontispice, une grande carte dépliante en couleurs (qui manque souvent), reliure demi-toile carmin, dos lisse, pièce de titre chagrin noir, qqs rares soulignures crayon, bon état
"Bénéficiaire de la fameuse lettre blanche accordée par l'état-major bulgare à quelques représentants de la presse, Alain de Penennrun, correspondant de l'Illustration, a été de ceux qui, avec M. René Puaux, ont de Mustapha-Pacha rejointe Jana le quartier général de la Ille armée et assisté aux combats livrés devant Tchataldja. Même itinéraire donc, et même scènes entrevues; mais ce journal de marche laisse une impression tout autre que l'exposé de l'excellent professionnel qu'est le reporter du Temps. C'est plus coloré, plus vivant, et, militairement, plus précis. Aussi bien, Alain de Penennrun n'est, lui, qu'un journaliste occasionnel : ce pseudonyme dissimule un officier de l'armée active, passionné de son métier. Il voit les choses en soldat, et certains détails, à peu près dépourvus de sens pour un profane, ont pour lui une signification très précise. Tout le monde peut lire la déroute sur les chemins jonchés de morts et de débris, ou philosopher à la rencontre d'un convoi de blessés, mais non pas toujours interpréter comme il sied ce qui s'offre à la vue, et deviner le reste. Ces pages alertes sont très dignes d'être lues. Alain de Penennrun rend un juste hommage à l'élan du soldat bulgare, à l'énergie et aux talents des chefs, à la remarquable organisation de l'armée victorieuse. Ses critiques sont minimes. Mais encore les fait-il, et n'hésite-t-il pas à déclarer que, tous comptes faits, les Bulgares ont perdu la bataille de Tchataldja. Ils peuvent donner des raisons : l'état sanitaire, l'inutilité du sacrifice..., militairement leur échec n'est pas niable. Le triomphe n'en est pas moins éclatant : Lule-Burgas, et hier Andrinople témoignent suffisamment de l'héroïsme bulgare." (La Revue critique des idées et des livres, 1913) — "Sous le pseudonyme d'Alain de Penennrun se cache un jeune et brillant officier de l'armée française. Dès les premiers bruits de guerre entre les puissances balkaniques et ;la Turquie, celui-ci, profitant d'un congé, gagna Sofia pour suivre et voir à l'œuvre l'armée bulgare. Malgré les difficultés sans nombre auxquelles il se heurta dès son arrivée, il réussit, grâce à sa qualité de représentant de l'Illustration sous laquelle il voyageait, à se faire accréditer auprès des armées bulgares comme correspondant de guerre et à obtenir l'autorisation de les accompagner dans leur vertigineuse randonnée à travers la Turquie. Doué d'un remarquable talent d'observation secondé par une plume des plus alertes, il écrivit au jour le jour ses souvenirs et ses impressions; il envoya ainsi à l'Illustration, au cours même de la campagne, des relations claires et précises qui mirent immédiatement son nom en relief. Rentré en France, le jeune militaire s'est proposé de retracer les faits dont il a été le témoin et de faire connaître à ses camarades de l'armée les observations qu'il a recueillies et les quelques critiques qu'il a eu l'occasion de faire au cours de sa mission. Il a été ainsi amené à écrire cet excellent journal de marche si vivant, si varié que par moments on croit lire un roman d'actualité. L'ouvrage est tout particulièrement intéressant et instructif ; il est fait tout entier d'impressions vécues, écrit dans une langue claire, chaude et colorée, accompagné presque à chaque page de photographies abondantes et suggestives. Il est dans son ensemble un légitime hommage rendu à la valeur de l'armée bulgare et de ses chefs; il se termine en outre par une pensée réconfortante : les victoires des Bulgares sont presque des victoires françaises. Leurs généraux, qui se sont couverts de gloire sur les champs de bataille de Thrace, sont en effet les élèves de nos maîtres les plus distingués, les BonnaJ et les Langlois; les méthodes de combat, les procédés de tir, le matériel qui a lui-même donné de si merveilleux résultats, tout cela est de fabrication et d'importation françaises." (Journal des sciences militaires, 1913) — "René Puaux et Alain de Pennenrun suivent l’armée bulgare de Sofia à Tchataldja pendant la campagne de 1912. L’état-major bulgare observe les règlements adoptés par les Japonais au cours de la guerre de Mandchourie et chaque journaliste reçoit un code d’instructions précisant ce que la censure l’autorise à transmettre. À Sofia, les journalistes sont regroupés avec les attachés militaires. Un train spécial les conduit sur le front. Cinq reporters français sont autorisés à « battre librement la campagne » : Puaux, Pennenrun, Vallier (Le Matin), le marquis de Segonzac (L’Echo de Paris) et Ludovic Naudeau (Le Journal). Pennenrun admire la détermination et le courage de ce peuple chrétien en armes, dont il est convaincu du bon droit : « Et voici pourquoi nous assistons à ce réveil formidable et puissant d’une jeune chrétienté qui, demain, l’épée à la main, frappera aux portes de Constantinople pour rétablir la croix à Sainte-Sophie. » S’ils entendent parler d’excès des irréguliers bulgares ou de quelques troupes, ils rendent hommage au comportement de l’armée bulgare : « Si les bandes irrégulières macédoniennes et aussi les troupes bulgares se sont quelquefois montrées un peu trop disposées à reléguer les considérations humanitaires au second plan (sic), ce n’est pas le cas autour de nous. Plus de dix fois, voici que des prisonniers turcs isolés ou en groupe se sont présentés à ma vue, escortés par des soldats bulgares, et, toujours, j’ai admiré chez les vainqueurs la véritable fraternité qu’ils déployaient à leur égard, partageant amicalement avec eux cigarettes et nourriture. » En revanche, les récits d’atrocités turques que recueille Pennenrun sont à faire frémir, et il les accrédite : « On ne peut même pas suspecter d’exagération les auteurs de ces terribles récits. Tout cela, ce sont des choses vues par des centaines de témoins oculaires. Des photographies ont même été prises. Tous les témoignages concordent »." (Yves Ternon, 2008)
Perrin, 1906 in-8°, viii-422 pp, un portrait en frontispice, gravures hors texte, broché, bon état
"Pittoresques souvenirs pleins d'évasions, de complots et d'intrigues amoureuses. Pépé a combattu en Calabre sous Joseph et a été officier d'ordonnance de Murat pour lequel il a préparé un débarquement en Sicile." (Tulard, 1133) — Le général napolitain Guillaume Pepe, qui a été mêlé à l'histoire du royaume de Naples sous la République et l'Empire et a joué un rôle capital dans la préparation du « Risorgimento », a publié en 1847, en trois volumes, ses propres mémoires, d'un puissant intérêt. Léo Mouton en a donné une édition abrégée. Ces mémoires concernent essentiellement la guerre en Calabre et le royaume de Naples.
Calmann-Lévy, 1888 in-8°, iv-499 pp, reliure demi-chagrin noir, dos lisse avec titres, doubles filets, fleuron et date dorée en queue (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état
Excellente biographie d'Hélène Massalka, originaire de Pologne, épouse du prince de Ligne, puis du comte Potocki. L'auteur a eu accès à sa correspondance. Lucien Perey est le pseudonyme de Luce Herpin (1825-1914). — "Ses lettres présentent un intérêt historique, dans les détails qu'elle donne sur le monde de la noblesse peu à peu ralliée à l'empire, et qui déjà ne boude plus, n'osant plus croire à un autre avenir, au milieu des victoires de Napoléon. Hélène Potocka donne même un portrait de l'empereur, qui prouve qu'elle subit aussi l'ascendant de sa gloire... Si ces mémoires d'une jolie femme sont curieux, c'est surtout par la peinture qu'elle fait de la société de son temps. Les anecdotes piquantes ne manquent point. (...) Un des documents curieux de l'étude consiste dans la reconstitution de la garde-robe d'Hélène Potocka. Il y est fait mention de cinquante camisoles de nuit en taffetas blanc, de deux cents paires de bas de soie blanche et cent paires de jarretières pareilles. Voilà d'affriolants détails intimes sur cette belle mondaine d'autrefois." (L'Année littéraire, 1888)
Calmann-Lévy, 1923 in-12, iv-499 pp, broché, bon état
Bonne biographie d'Hélène Massalka, originaire de Pologne, épouse du prince de Ligne, puis du comte Potocki. L'auteur a eu accès à sa correspondance. — "... Ses lettres présentent un intérêt historique, dans les détails qu'elle donne sur le monde de la noblesse peu à peu ralliée à l'empire, et qui déjà ne boude plus, n'osant plus croire à un autre avenir, au milieu des victoires de Napoléon. Hélène Potocka donne même un portrait de l'empereur, qui prouve qu'elle subit aussi l'ascendant de sa gloire... Si ces mémoires d'une jolie femme sont curieux, c'est surtout par la peinture qu'elle fait de la société de son temps. Les anecdotes piquantes ne manquent point. La veille de l'entrée de Louis XVIII à Paris, alors qu'il couchait à Saint-Ouen, il avait remis le soin de sa sécurité au duc de Berry. Mais celui-ci avait un rendez-vous amoureux avec une danseuse de l'Opéra et donna le commandement de la garde nationale au maréchal Oudinot, lequel avait, lui, rendez-vous, pour la nuit, avec sa femme. Il se déchargea sur le commandant de la garde nationale qui, à son tour, pour un motif analogue, appela un colonel de la ligne, et celui-ci, en cette nuit qui devait être si bien remplie pour l'amour, délégua ses pouvoirs à un capitaine. Voilà qui fait l'éloge de la chaleur de coeur des officiers de l'entourage du roi, sinon de leur scrupuleuse observation à leurs devoirs ! (...) Un des documents curieux de l'étude de M. Perey consiste dans la reconstitution de la garde-robe d'Hélène Potocka. Il y est fait mention de cinquante camisoles de nuit en taffetas blanc, de deux cents paires de bas de soie blanche et cent paires de jarretières pareilles. Voilà d'affriolants détails intimes sur cette belle mondaine d'autrefois." (L'Année littéraire, 1888)
Les Sables-d'Olonne, Le Cercle d'Or, 1989, in-8°, 157 pp, 8 pl. de gravures et fac-similés hors texte, biblio, index, broché, bon état
GLM/Perrin, 1993, in-8°, 378 pp, 3 cartes, sources, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état
Dans le cycle de l'épopée napoléonienne, le maréchal Ney (1769-1815) occupe la place d'un Roland ou d'un Bayard. Duc d'Elchingen et prince de la Moskowa par la grâce de l'Empereur, surnommé le "brave des braves", il s'illustre par sa vaillance et par une audace pas toujours réfléchie. Déifié par la légende, Ney l'a été aussi en raison de sa fin tragique. Il est fusillé au début de la seconde Restauration pour s'être rallié à Napoléon pendant les Cent Jours, au lieu de le ramener dans une "cage de fer", ainsi qu'il l'avait promis à Louis XVIII. Le maréchal Ney rejoint, à la barre des grands procès de l'histoire de France, Louis XVI, Bazaine, Dreyfus, Pétain. Cassure politique, le procès Ney a suscité une vive polémique, habilement exploitée par les bonapartistes, les orléanistes et les républicains. L'exécution du "brave des braves", un matin gris du mois de décembre 1815, au carrefour de l'Observatoire, fait oublier l'irritabilité de ce "mauvais coucheur", sa nature mobile, et cette opinion sévère de Napoléon : "Il était bon sur un champ de bataille, mais je n'aurais pas dû le nommer maréchal." L'exploration du fonds Ney aux Archives nationales met en lumière, à côté de sa vaillance, les contradictions et les faiblesses du plus célèbre maréchal de Napoléon qui, à défaut d'avoir été "un esprit", fut incontestablement un "caractère". Fils d'un modeste artisan de Sarrelouis, il manifeste de l'orgueil pour ce qu'il est et du mépris pour ce qu'il a été. Le "Lion rouge", comme on le baptisa, rugira de colère, une ultime fois, à Waterloo, avant de faire face au peloton d'exécution.
Le Pavillon, Roger Maria éditeur, 1970 gr. in-12, 207 pp, introduction de Jean Savant, gravures et carte, broché, bon état
"Les auteurs réunissent traits et anecdotes se rapportant à Napoléon et la religion. Brefs chapitres, souvent ornés de gravures, qui nous mènent « des années de jeunesse » à « Sainte-Hélène » en passant par le concordat, les articles organiques, le catéchisme impérial, etc." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1972)
Les Indes savantes, 2012 in-8°, 310 pp, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
L'histoire de la Révolution et de l'Empire s'est écrite en tenant compte, entre autres, d'une littérature abondamment produite par les acteurs des années 1789-1815. Mais derrière la célébrité des textes d'une marquise de La Rochejaquelein, d'un baron Marbot ou d'un sergent Bourgogne se cache l'histoire éditoriale de ces ouvrages, parfois rocambolesque, souvent aventureuse, toujours passionnante. À partir de 1814 en effet, des textes des témoins de la Révolution et de l'Empire passent du domaine privé à l'espace public, et contribuent à marquer la culture romantique et l'identité nationale de leurs récits. Forts connus, ces textes n'ont pourtant jamais été l'objet d'une histoire expliquant comment ils sont devenus des livres. La façon dont les témoins ont mis par écrit leurs souvenirs est pourtant riche d'enseignements sur la portée des événements révolutionnaires et impériaux. Elle éclaire aussi le rôle de la mémoire dans la culture romantique, politique et nationale du XIXe siècle. Elle révèle comment les héritiers de ces acteurs se sont sentis à leur tour investis de la mission de transmettre aux générations futures des témoignages dont certains n'étaient initialement voués qu'à exister dans un cercle privé. Natalie Petiteau se livre ici à une étude systématique des processus de mise par écrit et de publication des mémorialistes de la Révolution et de l'Empire, en mettant toutefois l'accent sur les témoins des années impériales, plus nombreux et plus célèbres. Quelques études de cas montrant par ailleurs l'apport de ces textes aux historiens prolongent ce travail.
P., La Boutique de l'Histoire, 2008 in-8°, 278 pp, biblio, broché, bon état
L'histoire du Premier Empire a jusqu'ici été l'objet d'approches événementielles et militaires, de biographies fleuves ou de récits anecdotiques. Le nouvel ouvrage que propose Natalie Petiteau, reconnue en France et à l'étranger comme l'une des meilleures spécialistes de la période, propose une lecture inédite des années 1800-1815 en portant son regard non pas sur Napoléon, mais sur les millions de Français qui ont vécu sous son règne afin de savoir comment ils ont reçu et perçu ce régime. Alors qu'ils sortaient de dix ans d'une Révolution qui avait commencé à les initier aux pratiques de la démocratie, les Français ont renoué sans révolte retentissante avec un régime monarchique qui a du reste légué au XIXe siècle une légende aux répercussions politiques importantes : il n'est pas innocent que le premier président de la République, élu au suffrage universel, ait été un Bonaparte. C'est dire que la compréhension du XIXe siècle passe par une lecture attentive de la façon dont l'Empire a été vécu dans les villages et les cités, parmi les humbles comme au sein des salons de la bonne société parisienne ou provinciale. Il s'agit donc d'observer ici non plus les célèbres attentats ou complots, non plus les réactions des grands personnages du régime. Le travail ici présenté, fondé sur la lecture minutieuse de nombreuses sources d'archives, à Paris comme en province, vise à saisir ce qu'était "l'état des esprits", pour reprendre la terminologie d'alors, qui s'exprime dans un espace public moins atone qu'on ne l'a longtemps dit. Cet ouvrage s'inscrit donc de surcroît dans une histoire de l'opinion publique jusqu'alors totalement négligée pour cette période, tant on considérait que le régime impérial l'avait totalement étouffée. Il éclaire, ce faisant, la façon dont s'est imposée, dans la vie politique française contemporaine, la référence à l'homme charismatique et omnipotent.
Victor Palmé, 1881-1886, 9 vol. in-8°, * pp, reliures pleine toile verte, pièces de titre de maroquin vert, C. de bibl. annulés, bon état
Tome I. La Révolution (xvi-540 pp). Tome II. La Terreur (401 pp). Tome III. Réaction thermidorienne (501 pp). Tome IV. Directoire (485 pp). Tome V. Consulat (499 pp). Tome VI. Empire (587 pp). Tome VII. Restauration & Cent-Jours (448 pp). Tome VIII. Louis XVIII (496 pp). Tome IX. Charles X (550 pp). Manque les deux derniers volumes sur La Monarchie de Juillet (T. X) et la République de 1848 (T. XI).
La Vouivre, 2010 in-8° carré, xxviii-175 pp, édition établie par Roger Quentin, texte sur 2 colonnes, 13 illustrations dans le texte et hors texte, biblio, index, broché, bon état
André Peyrusse est une figure attachante du Premier Empire. Discret et fidèle aux chefs qu'il sert, Kleber et Bonaparte surtout, il livrera sur la campagne d'Égypte et de Syrie un regard intéressant car il s'y trouve témoin de premier ordre. Dans cette cinquantaine de lettres, il parle des hommes et de leurs espérances, des faits et de leur désespérance. Son point de vue est à la fois celui d'un provincial qui garde encore le contact avec les gens de sa région de Carcassonne, et celui d'un homme attaché au Trésor et son chef Estève, donc au fait de nombreuses choses et moins ambitieux que nombre de ceux qui suivirent Napoléon. Une préface tente de retracer le reste de sa biographie, sa famille ancrée dans le Sud-Ouest, les trois frères que l'on a souvent confondus, la carrière qu'il a poursuivie sous l'Empire et après.
P., Laplace, Sanchez et Cie, 1881 in-12, xx-471 pp, 4 belles gravures coloriées sous serpentes, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état
Fils d’un avocat et neveu d’un médecin, Picard (1769-1828) refusa de suivre la carrière du barreau ainsi que celle de la médecine, pour se livrer au théâtre. A l’âge de vingt ans, il fit représenter, en collaboration avec Joseph Fiévée le Badinage dangereux, au théâtre de Monsieur. La première de ses œuvres signalée par la critique est une comédie intitulée Médiocre et rampant, ou le moyen de parvenir , qui fut représentée en 1797. Cette même année, il se fit acteur et joua sur divers théâtres. En 1801, il devint chef de troupe, obtint le privilège du théâtre Louvois, et produisit avec activité des œuvres dans lesquelles il jouait lui-même sur la scène dont il était directeur, ce qui le fit comparer à Molière. L’Opera-Buffa, dont les représentations avaient lieu trois fois par semaine dans la même salle, fut placé en 1804 sous sa direction. En 1807, il quitta l’état de comédien et entra à l’Académie française. À la fin de la même année, sa troupe ayant fusionné avec celle des Comédiens-Italiens, l’administration de l’Académie impériale de musique lui fut confiée jusqu’en 1816. En 1816, il prit la direction de l’Odéon et, après que ce théâtre eut été détruit par un incendie en mars 1818, il obtint de transporter sa troupe à la salle Favart. Le 6 janvier 1820, il ouvrit la nouvelle salle de l’Odéon et quitta la direction en 1821. Le succès de Picard auprès de ses contemporains est dû à son naturel, sa franche gaieté, son talent de l’observation, l’art de faire saisir les ridicules et de développer une donnée scénique.
P., Le Vasseur et Cie, s.d. (1891), in-4°, xxiii-381 pp, un frontispice de Sergent, 98 illustrations et culs-de lampe d'après Raffet (la plupart), Carle Vernet, Charlet, Detaille, Sergent, pièces justificatives, cartonnage percaline rouge, dos et plat ornés, tranches dorées (reliure de l'éditeur), reliure lég. salie, bon état
Le seul historique de cette unité que l'on retrouve aux Pyramides, à Friedland et à Sébastopol.
Picard, 1974, gr. in-8°, 295 pp, broché, bon état
Recueil de notices biographiques très complet de tous les officiers, originaires des régions situées entre La Rochelle et Angoulème, qui ont émigré entre les débuts de la Révolution française et la fin de l'Empire et servis dans les corps de l'Armée des Princes. — "Les travaux de Jean Pinasseau seront très utiles à tous ceux qui ont à faire des recherches sur les émigrés." (Jean-Claude Devos, Bibliothèque de l'école des chartes)
Perrin, 1996 in-8°, 272 pp, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Cambacérès, homme de l'ombre, des réseaux, du pouvoir et de l'argent, est un personnage clef de la Révolution et de l'Empire. Ce provincial, né à l'époque des Lumières, sait prendre le vent d'où qu'il vienne. Révolutionnaire de la première heure, il rédige les cahiers de doléances de la noblesse de Montpellier. Juriste habile, il se taille une réputation comme président du tribunal criminel de l'Hérault. Franc-maçon militant, il s'attache des fidélités indéfectibles. Mais c'est à Paris que se fait l'histoire du temps. Et Cambacérès y montre les mêmes qualités de sérieux et d'entregent, d'abord à la Convention, puis au Comité de Salut public et au Directoire. Son triomphe, il le doit à un homme, Napoléon Bonaparte, auprès duquel il devient tout à la fois le premier juriste de l'Empire – c'est lui qui rédige le code civil – et une sorte de vice-empereur qui, derrière le goût du luxe, de la pompe, de la table et des fêtes, régente la Cour et dispute à Talleyrand les rênes du pouvoir intérieur. Grâce à des archives inédites, Pierre-François Pinaud, enseignant à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, brosse le portrait de celui qui fut, avant la lettre, le "Premier ministre" de la France.
Plon, 1909 in-8°, vii-401 pp, un portrait en héliogravure en frontispice, reliure demi-maroquin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire finement relié
"Jean de Bry n'est guère connu et mentionné dans les histoires générales que pour avoir été « assassiné » à Rastatt en 1799. De son vivant même, sous l'Empire, ses administrés du Doubs l'appelaient le mautuê (mal tué). Il a pourtant joué encore un rôle comme préfet à Besançon de 1802 à 1814, et il vécut longtemps dans l'exil après les Cent Jours, écrivant de nombreuses lettres qui, à défaut des mémoires jetés au feu par lui-même en 1830, renseignent assez bien sur sa vie et sur son époque. M. P., a réuni dans ce volume les renseignements nombreux et inédits qu'il possédait sur ce personnage à ceux qu'on peut trouver dans les archives. En tant que biographie d'un révolutionnaire assagi et même repenti, son livre est un des meilleurs du genre, écrit par un homme qui est parfaitement informé de l'histoire générale de la Révolution et de l'Empire et qui, s'il montre pour son héros quelque indulgence, ne se croit pas obligé de le louer en tout ni de pallier ses fautes ou ses faiblesses. (...) Son rôle diplomatique à Rastatt est court, et médiocre. M. P. nous donne un résumé de l'histoire du Congrès où tout n'est pas nouveau, certes, mais qui a le mérite, rare en un pareil sujet, d'être bien ordonné, clair et vivant. La tragédie du 9 floréal an VII y occupe naturellement une place importante. M. P. en fait un très bon exposé ; sans éclaircir tout à fait le mystère qui enveloppera toujours les causes de l'assassinat, il donne les hypothèses les plus vraisemblables et démontre de façon péremptoire l'absurdité des accusations portées contre le Directoire et Jean de Bry lui-même. Tout, jusqu'au caractère du personnage, rend injustifiable cette calomnie répandue par les royalistes et les jacobins et propagée plus tard par Napoléon dans les récits de Sainte-Hélène. La partie la plus étendue du livre de M. P. traite de l'administration de Jean de Bry comme préfet du Doubs sous le Consulat et l'Empire. Ici le cadre de la biographie s'élargit, et c'est une véritable étude d'histoire locale que l'auteur nous donne, avec la compétence d'un homme qui habite le pays et qui en connaît les traditions et les archives dans le détail. (...) M. P. a conté avec un visible plaisir et un agrément sensible la vie de ce brave homme qui ne fut pas un homme brave. Son livre se lit aisément, il est composé et écrit avec soin." (Raymond Guyot, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1911)
P., Fondation Calouste Gulbenkian, Centre culturel portugais, 1984 gr. in-8°, xvi-646 pp, 8 pl. de portraits hors texte, notes bibliographiques, documents, annexes, bibliographie (I. liste alphabétique des auteurs (et anonymes), II. classement par thèmes), chronologie des correspondances et des documents annexes, index des noms, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Texte remanié de la thèse de 3ème cycle, présentée devant l'Université Paris-Sorbonne IV en 1974. Table : I . Le climat, les événements, les hommes ; II .Marie-Urbane de Lima Barreto, baronne de Beaumont (1778 ?-1831) ; III. Suzanne Cappadoce-Peireira, (1760 ?-1831) ; IV. Marianne da Silva (1777-1843) ; Conclusion : une philosophie de l'échec. — "D'après des correspondances inédites recueillies à Braga, Paris, dans les archives au Brésil et aux Pays-Bas ainsi qu'à la Torre de Tumbo et parmi les documents de l'Ambassade de France au Portugal, l'auteur (archiviste-paléographe) publie les lettres de trois femmes presque inconnues : la baronne de Beaumont, Madame Cappadoce-Pereira et Marianna da Silva, qui ont eu des relations amoureuses ou amicales avec deux hommes politiques portugais : le Comte de Barca et le chevalier de Brito. Malheureusement, les réponses n'ont pas été retrouvées. Cette correspondance à sens unique éclaire les rapports politiques entre la France et le Portugal pendant le premier quart du XIXe siècle. Dans un premier chapitre (p. 3-78), l'auteur tente de donner un survol des relations franco-portugaises, dont les éléments peuvent éclairer les lettres, parfois obscures. Rappelons que Maria I, veuve depuis 1786, avait perdu son fils aîné en 1788. Son fils cadet, D. Joào (futur D. Joâo VI) exerça la régence, vu l'état de santé de sa mère (le Portugal est un pays catholique où les femmes avaient le droit d'être reine, il y en a plusieurs exemples). Le Portugal semble avoir peu réagi à la Révolution française jusqu'à la mort de Louis XVI, mais le changement de régime a provoqué de nombreux troubles dans les relations entre les deux pays. L'Angleterre, traditionnelle alliée du Portugal, a joué un rôle important dans ces relations, car la France essaya de détacher le Portugal de l'influence de la Grande-Bretagne. Il ne faut pas oublier que la famille royale portugaise et nombre de nobles et d'hommes influents gagnèrent le Brésil lors de l'invasion française de 1807 ; D. Joâo VI ne regagnera le Portugal qu'en 1821. Les lettres adressées par les trois épistolières sont dirigées tantôt au Portugal ou au Brésil, tantôt dans diverses villes européennes : Paris, La Haye, Bruxelles, St-Petersbourg ou Vienne où ces deux hommes politiques ont occupé un poste diplomatique ou ont été en mission. Antonio de Araùjo de Azevedo, plus tard comte de Barca, est né dans le Minho (1754). Issu d'une bonne noblesse du Nord du pays, il est poussé vers la diplomatie et étudie le droit et la philosophie à l'Université de Coimbra, avant d'entrer aux Affaires étrangères. Envoyé à la Haye, où il est suivi par Brito, il y prend contact avec les Israélites de souche portugaise, réfugiés aux Pays-Bas, dont Cappadoce et Da Silva (d'où la correspondance publiée plus loin). Nous trouvons ensuite le diplomate à Paris, où il fut incarcéré deux mois au Temple, puis à Hambourg, à Berlin, à St-Petersbourg, à Vienne. Après une traversée du désert, il est envoyé au Congrès de Vienne comme Ministre, et mourra en 1817. Il n'est pas aisé de juger l'œuvre politique de cet homme, car il manque beaucoup d'éléments, mais il est certain qu'il a occupé une place importante à une époque mouvante. Le chevalier a souvent été le second de Barca et a lui-même rempli les fonctions de ministre plénipotentiaire, notamment aux Pays-Bas, puis à Paris où il fut mêlé au séjour de D. Miguel dans cette ville, avant son départ en exil pour Vienne. D. Pedro, fils cadet de D. Joâo VI, anti-libéral devait en effet provoquer une guerre civile au Portugal, dont il sortit vaincu. Le chevalier de Brito est mort à Paris, en 1825, à 64 ans. Il a laissé la réputation d'humaniste qui reste encore à prouver, car aucun travail exhaustif n'a été effectué en ce sens. Mais, comme Barca, Brito était un homme cultivé et ouvert, vivant à une époque troublée. Si Monsieur Jean de Pins ne peut publier les lettres ou les manuscrits de ces deux hommes politiques portugais, il présente la correspondance de trois femmes, issues d'un même milieu social : la bourgeoisie d'affaires. « Leurs efforts pour échapper à leur condition par le même culte de l'homme mûr, avec ses aspects sécurisants, sa fortune réelle ou supposée. S'ajoutent des motivations plus ou moins conscientes, comme le sentiment d'une revanche chez Madame de Beaumont, la volonté de puissance chez Madame Cappadoce, voire la sauvegarde de sa personnalité pour Marianne Da Silva » (p. 79). Le deuxième chapitre est consacré à Maria Urbana de Oliveira Barreto, baronne de Beaumont (1768?-1831). Aurait-elle rencontré Barca à Londres ? Puis à Paris ? Cependant, cette Portugaise épouse le général de Beaumont, en 1808 ; Brito est son témoin. Le général mourra en 1813, pendant les campagnes napoléonniennes. Mère et veuve, Marie-Urbane cherche un soutien financier, une pension de Napoléon, la restitution de ses biens au Portugal. Elle s'adresse à Barca en dernier recours. Elle se remarie en 1817 avec le colonel d'Ecquevilley (mort en 1828). La correspondance avec Barca couvre les années 1814-1817. Si l'orthographe y est incertaine, le ton est assuré : elle tient Barca pour l'Homme qui l'a abandonnée. Elle n'est pas une perdante et veut assurer son avenir. La fin de sa vie est peu connue. Suzanne Cappadoce-Pereira (1760?-1831), juive française, née Lévy, à Paris, en 1760, épouse en 1807 Abraham Cappadoce-Pereira dans la religion catholique et un troisième chapitre nous en parle. En Hollande, Suzanne a noué de tendres relations avec Barca, puis avec Brito ; ces relations semble avoir été dirigées par l'intérêt de jouir de la protection d'hommes qui pourront l'aider lors de la débâcle financière de son mari ; elle sollicite ou implore, mais avec dignité. Suzanne Cappadoce aurait incité Barca à lui faire connaître à l'étranger les lettres portugaises ; Barca avait déjà traduit en portugais les Odes d'Horace et des textes de Dryden et de Gray et est l'auteur d'un pamphlet: «Venality». Juive française, épouse d'un Hollandais de souche portugaise, Suzanne Cappadoce appartient à l'intelligentsia européenne, sans avoir choisi de camp. Chapitre IV : Mariana da Silva (1777-1843). Née à Nimègue d'une famille Israélite réfugiée aux Pays-Bas, célibataire, fait appel à Brito pour régler les ennuis de sa famille. Elle ne cherche pas à remplacer Suzanne Cappadoce dans la vie de Brito et elle reste d'une grande discrétion. Elle écrit bien et avec plaisir. Il n'y eut entre eux que cette correspondance, sauf, peut-être, une brève relation amoureuse. Dans la conclusion (p. 191), J. de Pins résume très bien la mentalité des trois épistolières : « Aucune d'elle, en définitive, ne parvient à surmonter le triple handicap du déracinement, de l'amoindrissement de son train de vie et surtout de sa jeunesse perdue : Marie-Urbane se drape dans sa dignité ; Marianne s'enferme chez elle, rideaux tirés ; Suzanne se réfugie dans un passé romanesque. Chacune, au demeurant, aura sa part de rêve ». Les lettres, annotées avec le plus grand soin, ont été traduites pour celles (rares) écrites en portugais. Une série de documents annexes écrits ou adressés par diverses personnalités, éclaire certains points de la correspondance. Une abondante bibliographie, un index des lettres et un index onomastique facilite le maniement de ce gros volume. Tant par sa présentation que son écriture, cette œuvre est un document très fouillé et utile à ceux qui s'intéressent à l'étude de la vie diplomatique en Europe occidentale au début du XIXe siècle." (S. Cornil, Revue belge de philologie et d'histoire, 1989)
Plon, 1930, in-12, 266 pp, bandeaux, culs-de-lampe et dessins de Gustave Alaux, cart. percaline crème, dos lisse avec titres rouges, plats de papier carmin (rel. de l'époque), papier jauni, bon état
"Un combat entre des galères françaises et espagnoles en août 1638, alors que Richelieu était Grand Maître de la Navigation ; deux batailles entre des frégates françaises et anglaises à Algésiras et à Cadix au cours de l'été 1801, se terminant par une scène où le Premier Consul Bonaparte déclara que le capitaine Troude était l'Horace français ; et le combat entre des navires français et chinois sur la rivière Min à la fin du mois d'août 1884, constituent les trois victoires décrites avec fougue et accompagnées de gravures sur bois très guerrières dans ce petit livre. Les descriptions minutieuses des navires, et des uniformes des trois époques concernées seront d'un intérêt considérable pour les amateurs d'histoire navale." (H. D. Hill Fairfax, Books Abroad, 1931)