8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Hachette, 1948, in-8°, 384 pp, cartonnage bradel papier époque, titres dorés au dos, bon état
"L'activité de Robert Burnand (1882-1953) en tant qu'homme de lettres ne peut être ici rappelée en détail. Il collabora à des revues de caractères très divers, notamment à la “Revue de Paris”. Sensible, dans la considération du passé, aux côtés curieux et piquants, il travaillait avec zèle à l'édition intégrale du Journal des Goncourt qui lui avait été heureusement confiée. Il était préparé à la mener à bien par sa connaissance des hommes et des événements de la fin du XIXe siècle. Ses livres si pétillants, La vie quotidienne en France en 1830, puis de 1870 à 1900 (1947), Napoléon III et les siens (1948), Le duc ďAumale et son temps (1949), Paris 1900 (1951), sont des meilleurs dans le genre anecdotique, la petite histoire, dit-on, qui, malgré les rares qualités exigées, doit payer par la brièveté l'étendue du succès. On peut dire d'elle ce que Pascal a dit de l'éloquence, « qu'il y faut de l'agréable et du réel, mais que cet agréable soit lui-même pris du réel ». Il présida la Société des Etudes historiques. Il venait d'être élu vice-président de la Société de l'Ecole des chartes." (G. Brunel, Bibliothèque de l'école des chartes, 1953)
Hachette, 1948, in-8°, 384 pp, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vermillon et vert, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, dos uniformément passé, bon état
"L'activité de Robert Burnand (1882-1953) en tant qu'homme de lettres ne peut être ici rappelée en détail. Il collabora à des revues de caractères très divers, notamment à la “Revue de Paris”. Sensible, dans la considération du passé, aux côtés curieux et piquants, il travaillait avec zèle à l'édition intégrale du Journal des Goncourt qui lui avait été heureusement confiée. Il était préparé à la mener à bien par sa connaissance des hommes et des événements de la fin du XIXe siècle. Ses livres si pétillants, La vie quotidienne en France en 1830, puis de 1870 à 1900 (1947), Napoléon III et les siens (1948), Le duc ďAumale et son temps (1949), Paris 1900 (1951), sont des meilleurs dans le genre anecdotique, la petite histoire, dit-on, qui, malgré les rares qualités exigées, doit payer par la brièveté l'étendue du succès. On peut dire d'elle ce que Pascal a dit de l'éloquence, « qu'il y faut de l'agréable et du réel, mais que cet agréable soit lui-même pris du réel ». Il présida la Société des Etudes historiques. Il venait d'être élu vice-président de la Société de l'Ecole des chartes." (G. Brunel, Bibliothèque de l'école des chartes, 1953)
Fayard, 1994, fort gr. in-8°, 700 pp, traduit de l'anglais, un tableau généalogique, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Selon Péguy, Alfred Dreyfus est devenu l'homme dont le monde a le plus répété le nom depuis la mort de Napoléon. Les innombrables livres et articles consacrés à l'Affaire ne retracent pourtant guère l'histoire de la famille, et en particulier du frère, Mathieu, qui a tant aidé à sauver le prisonnier d'une mort certaine à l'île du Diable. Alfred Dreyfus et sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs et sa belle-famille jouent un rôle trop grand pour qu'on ne les fasse pas sortir de l'ombre. Chacun d'entre eux fait partie intégrante de ce drame, mais l'histoire de la famille, avant comme après l'Affaire, est plus éclairante et plus remarquable encore en ce qu'elle est exemplaire de l'histoire des juifs en France. A travers la crise des années 1890 puis lors de ses résurgences dans les luttes idéologiques qui ont culminé avec le régime de Vichy, la famille Dreyfus n'a cessé d'affirmer les principes de citoyenneté et d'égalité auxquels elle doit de s'être assimilée. Le loyalisme qui a soutenu le prisonnier et les siens prend en effet sa source dans le décret de 1791 qui émancipa les juifs et qui, l'éducation et la prospérité aidant, finit par les persuader que la France était une nouvelle Terre promise. Jeune témoin de la guerre de 1870 qui arracha son Alsace natale à sa patrie, Alfred Dreyfus se sentit tenu par l'honneur de servir la nation en embrassant la carrière militaire. Ce même esprit et ce même sens du devoir animeront les membres de sa famille qui se battront en 1914-1918 dans les tranchées ou qui entreront dans les mouvements de la Résistance. — "Publié en 1991 en anglais, l'ouvrage de Michael Burns était attendu tant son approche est originale et intelligente. Écrire l'histoire d'une famille française, d'origine juive, suivie sur cinq générations, afin d'éliminer le caractère trop conjoncturel de la trajectoire d'Alfred, le protagoniste du drame, était l'ambition de l'auteur. D'Abraham Israël Dreyfus, mort en 1819, à Madeleine Lévy, la petite-fille du capitaine, assassinée à Auschwitz en 1944, c'est un grand pan de notre histoire nationale qui transparaît dans cette anti-saga rédigée par un historien américain spécialiste des luttes franco-françaises de la fin du siècle dernier. De l'arrière grand-père, boucher né à Rixheim, dans le Haut-Rhin, au polytechnicien affecté à l'état-major de l'armée après son passage à l'École de Guerre, un colporteur alsacien et un industriel prospère, Jacob puis Raphaël, ont préparé l'ascension sociale du plus célèbre des Dreyfus de France. Du colporteur au commissionnaire en tissus établi à Mulhouse, à cinq kilomètres du village natal, la gradation paraît presque naturelle, mais Raphaël Dreyfus ne s'arrêta pas en chemin et créa lui-même, en 1862, la filature de coton qui allait être à la source de la richesse familiale. La suite est davantage connue mais Michael Burns fournit les chiffres qui permettent d'apprécier le changement de condition sociale de cette famille. En investissant 300.000 F au départ (au moins 8 à 9 millions de francs 1995), le fondateur de la grande usine mulhousienne se hisse au niveau des plus performants de ses confrères, les Koechlin qui l'ont aidé notamment. Industriel alsacien reconnu et admis par ses pairs, il doit assurer l'éducation de ses sept enfants – deux étaient morts en bas âge –, dont Alfred, né le 9 octobre 1859 et le dernier. Comme Poincaré et tant d'Alsaciens-Lorrains de cette génération, l'enfant de onze ans restera marqué toute sa vie par l'entrée des Prussiens dans sa cité en 1870. Si Raphaël a choisi la France et Carpentras après la signature du traité de Francfort, son fils aîné, Jacques, veillera sur l'entreprise familiale. Mathieu, le frère chéri, optera également pour la voie des affaires, mais en fixant sa résidence à Bâle où le passage vers le Reich est aisé. Polytechnicien moyen, entré 182e sur 236 et sorti 128e, Alfred Dreyfus est promu capitaine en 1885, un an avant d'épouser la fille d'un diamantaire richissime – 50 millions de fortune en équivalent actuel – Lucie Hadamard, et d'entrer à l'École de Guerre (77e sur 81). Sorti 9e, il a démontré à sa manière l'extraordinaire capacité de ces Juifs français, parfaitement intégrés à la bonne société de leur temps, à réaliser, par leur acharnement à réussir, cette ascension sociale dont rêvent tant de Français de l'époque. La suite de la carrière de l'officier stagiaire à l'état-major était connue et, dans sa narration des péripéties de l'Affaire, Michael Burns n'apporte aucun élément neuf, ce qui n'était nullement son ambition. Il évite de s'appesantir sur les voyages semi-clandestins d'Alfred en Alsace, avant 1894, et ne signale pas les rapports secrets l'accusant, antérieurement à l'enquête du colonel Sandherr, d'être un espion à la solde de l'Allemagne. De même, il exagère probablement le succès bien réel de “La France juive”, qualifié de « plus grand best-seller » du siècle avec la “Vie de Jésus”, ce qui est faux dans les deux cas. C'est sur l'existence du condamné au bagne des îles du Salut que l'ouvrage se révèle, de loin, le témoignage le plus fidèle sur ces années d'exil. En historien rigoureux et scrupuleux, Burns ne manque pas de relever des détails majeurs. Ainsi révèle-t-il que Lucie adressa chaque mois un mandat de 500 F – 7 500 F 1995 au moins – à son mari et que celui-ci fut autorisé à utiliser cette « masse » pour améliorer son ordinaire. Les provisions achetées à Cayenne et les livres absorbent l'essentiel de ses revenus mais les colis expédiés par la maison Félix Potin améliorent singulièrement la nourriture de la geôle. Ses souffrances n'en furent pas moins grandes, mais il fallait un enquêteur aussi tenace que l'historien anglo-saxon pour oser utiliser ces renseignements sans que l'on ose l'accuser de nourrir la légende du « syndicat » juif corrupteur. On regrettera quelques erreurs qui trahissent une connaissance limitée de l'histoire de France. Ainsi Félix Faure aurait-il été le président de la République qui aurait battu tous les records de longévité à ce poste et le premier à aller jusqu'au bout de son mandat, ou encore la retraite du commandant Dreyfus aurait été arrêtée à 2 350 F par mois en 1906, ce qui aurait été énorme. De même, faire débuter l'Union sacrée en 1913 dès l'appel de Poincaré à Viviani pour former le gouvernement est-il osé et, bien entendu, absurde, mais on ne signale ces énormités que pour qu'elles disparaissent de la réédition d'un ouvrage destiné à durer. D'ailleurs la seconde partie de l'essai, après la grâce de 1899, est si riche que l'on oublie vite ces scories. On appréciera particulièrement les pages sur l'existence et les idées du capitaine entre 1900 et la Grande Guerre. Dans cette zone opaque que les biographes ont occultée ou méconnue, Michael Burns s'intéresse par exemple au refus du sionisme, du nationalisme juif, jugés utopiques par l'officier français. Il le montre lecteur averti des théories d'avant-garde, ami de Jaurès mais convaincu par Léon Bourgeois que le solidarisme permet aux élites de payer leur dette envers la société. Plus à gauche, quoique libéral, qu'on ne l'a dit et répété, Dreyfus refusera le socialisme mais acceptera le syndicalisme comme un mouvement naturel de la société industrielle avancée. Les passages consacrés à Mathieu Dreyfus qui dépensa un million – 15 millions 1995 – pour faire reconnaître l'innocence de son frère, à sa fille Magui qui épousa le fils de Joseph Reinach, Ado, tué à la guerre en 1914, sont excellents et souvent neufs puisque les descendants des deux familles alliées ont ouvert leurs archives à l'historien Michael Burns. Le militantisme de Marguerite au Redressement français d'Ernest Mercier situe nettement à droite cette branche de la famille, ce qui ne saurait surprendre les historiens du XXe siècle, lesquels savent que nombre d'héritiers de Gambetta aboutirent à la Fédération républicaine chère au cœur de Méline. Mariée au richissime « père » de l'industrie électrique française, Marguerite Dreyfus-Reinach ne s'écartait guère des modèles politiques familiaux et Mathieu, son père, approuvera l'anticégétisme viscéral du grand patron des années trente. Sans le savoir, il justifiait a posteriori les craintes de Jules Guesde et des anarchistes qui furent réticents à prendre la défense d'un galonné bourgeois et capitaliste et pour qui il fallut le “J'accuse” de Zola et les “Preuves” de Jaurès pour les convaindre d'oublier leurs préventions initiales. Alfred Dreyfus signa, lui, la pétition en faveur de Sacco et Vanzetti, en 1927, et il demeura jusqu'à sa mort, en 1935, hostile au sionisme, Français de confession israélite par choix raisonné, ce que l'auteur semble lui reprocher implicitement, quittant alors le territoire de l'historien pour celui du biographe partisan. Il insiste en revanche, à juste titre, sur la destinée de chacun des membres de la parentèle, sur le calvaire de Madeleine, enfermée à Drancy, déportée à Auschwitz, qui pesait 30 kg lors de son décès. Il évoque les autres Dreyfus qui émigrèrent aux États-Unis ou rejoignirent la France libre à Londres. Par cet éclairage exceptionnel sur l'histoire d'une famille française, d'origine juive, il offre au lecteur un recul qui fait de ce livre l'un des meilleurs écrits sur un sujet dont la bibliographie est considérable." (Jean-Yves Mollier, Revue d'Histoire du XIXe siècle - 1848, 1995)
De Boccard, 1931, gr. in-8°, xviii-408 pp, un portrait hors texte, index, broché, bon état
Ferdinand Eckstein, aussi connu sous le nom de baron d'Eckstein (1790-1861), figure littéraire oubliée du XIXe siècle, est un philosophe et auteur dramatique danois principalement actif en France à l'époque romantique. Il fonde son propre journal, « Le Catholique » (1826-1829). Philosophe formé par l'idéalisme allemand et le traditionalisme catholique, il est, pendant les années 1830 et 1840, le principal représentant du mouvement de la renaissance orientale à Paris. Il affirme que l'étude des textes et des langues d'Orient est le plus urgent devoir des intellectuels de son temps. Sa défense passionnée de l'orientalisme le fait d'ailleurs surnommer « le baron sanskrit » ou « le baron Bouddha » (formule due à Heinrich Heine, alors aussi installé à Paris). — "... C'est d'Eckstein qui a vulgarisé et répandu la curiosité pour la pensée de l'Extrême-Orient ; c'est à d'Eckstein que Lamartine doit le plus clair de son orientalisme. Avant Renan, il a été l'un des grands agents du germanisme intellectuel en France, d'une action moins bruyante que celle de Cousin, mais plus profonde. Le « primitivisme », qui était surtout une mode avant lui, est devenu vraiment, avec lui, un objet d'études. Son esprit historique, sa philosophie de l'histoire, qui l'apparentent à Michelet ; son impartialité scientifique, qui lui valut l'estime d'un Renan, d'un Émile Egger ; ses études ésotériques mêmes, qui lui donnent, dans l'histoire de l'occultisme, une place voisine de celle de Nodier (mais il est plus sérieux), de Ballanche (mais il est moins brumeux) ; sa foi sincère de converti, qui n'épargne pas les vérités sévères aux écrivains religieux de son temps, lui auraient mérité, dans la pensée du XIXe siècle, une plus grande influence. Son influence politique, du moins, – surtout à la tête du “Drapeau blanc” et du “Catholique”, – est très nette. Distincte de celle de Joseph de Maistre, de Bonald, de Chateaubriand surtout, elle aurait pu imprimer, à l'action catholique de son temps, une orientation décisive, – la seule qui parût vraiment redoutable aux doctrinaires du “Globe”. Mais elle se confondit trop, après 1830, avec celle du groupe de “l'Avenir” et du groupe du “Correspondant”... Son “Catholique” représente une date historique : entre l'époque du “Conservateur”, où un Lamennais exprimait avec tant de fougue les passions des ultras, et l'époque du “Correspondant” et de “l'Avenir”, où le même Lamennais met la même fougue au service du libéralisme, il établit la transition naturelle. “Le Catholique” marque le passage de 1820 à 1830. Littérairement, d'Eckstein est incontestablement un inspirateur des novateurs, et le P. Burtin montre ce qui passe de son “Catholique” chez un Victor Hugo, par exemple dans la préface de “Cromwell”... Cet écrivain garde une place de premier plan, dans une lignée trop souvent ignorée, – celle de ces écrivains méconnus que j'appellerais volontiers les grands polygraphes : Walckenaer, Charles Nodier, Paul Lacroix, Ferdinand Denis... Ce sont des érudits capables de parler de tout, d'occultisme et de philologie, de Moyen Age et de folklore. Ils ont été des importateurs d'idées aussi bien par leurs conversations que par leurs écrits. lls continuent quelque peu la tradition des anciens érudits faméliques et querelleurs. Il y aurait à écrire sur eux un livre pittoresque, dont le P. Burtin vient de composer un chapitre important." (Pierre Moreau, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1932)
Milano, Banca Commerciale Italiana, 1989, fort gr. in-8°, 849 pp, index, reliure pleine toile éditeur, jaquette, bon état (Coll. Studi e ricerche di storia economica italiana nell'età del Risorgimento). Texte en italien
Hatier, 1977-1978, 3 vol. gr. in-8°, 223, 222 et 224 pp, biblio, broché, couv. illustrées, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. d'histoire contemporaine)
Complet. 1 : L'essor de la puissance anglaise, 1760-1832 (par François-Charles Mougel) ; 2 : L'Angleterre triomphante, 1832-1914 (par François Bédarida) ; 3 : les temps difficiles, 1914-1977 (par Jacques Leruez et Jeannine Surel). — "... Ce que nous aimons dans ces livres, fruits d'une recherche considérable et d'une connaissance intime et concrète de l'Angleterre et des Anglais, mais aussi résultat d'un effort de synthèse particulièrement réussi, c'est la lucidité avec laquelle les auteurs ont cherché, et réussi la plupart du temps, à nuancer et quelquefois rectifier certaines idées préconçues, largement répandues sur l'évolution de la Grande-Bretagne." (Revue française de science politique)
Hatier, 1972, gr. in-8°, 224 pp, 6 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. d'histoire contemporaine)
Editions de France, 1928, in-12, 243 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés, filet à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos lég. et uniformément passé, papier lég. jauni, bon état. Première édition sur papier courant, enrichie d'un envoi a.s.
Les souvenirs d'enfance et jeunesse de Béraud dans le Lyon de la fin du XIXe siècle, autour de la boulangerie tenue par ses parents. "Né à Lyon en 1885, Henri Béraud peut être considéré comme le grand écrivain de cette ville, l'équivalent de ses contemporains Mauriac pour Bordeaux et Pagnol pour Marseille. Sa ville est omniprésente au long de son oeuvre et Béraud excelle à rendre son atmosphère florentine, impitoyable et feutrée. En 1922, il reçoit le prix Goncourt pour "le Martyre de l'Obèse" et le "Vitriol de Lune". Dans sa trilogie de la "Conquête du Pain", il fait d'abord revivre ses lointains ancêtres dauphinois, avec "le Bois du Templier pendu" (1926), puis la révolte de 1834 des canuts de la Croix-Rousse avec "les Lurons de Sabolas" (1932), enfin les atroces règlements de comptes de la bourgeoisie lyonnaise et du monde des soyeux avec "Ciel de Suie" (1933)." (Jean Butin)
Plon, 1930-1931, 4 vol. in-8°, 494, 525, 346 et 527 pp, traduit de l'allemand, 68 gravures hors texte, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs, titre, tomaisons et fleurons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire
Complet. — I. Le secrétariat d'Etat des Affaires étrangères et les premières années de la chancellerie, 1897-1902 ; II. Du renouvellement de la Triplice jusqu'à la démission du chancelier, 1902-1909 ; III. La Grande Guerre et la débâcle, 1909-1919 ; IV. Sa jeunesse et sa carrière de diplomate, 1849-1896. — "... Les mémoires de Bülow débordent de malice et de rancune, surtout contre ceux qui ont, selon son opinion, gâté son oeuvre ou ont trompé sa confiance. Il dénigre un peu trop son successeur Bethmann-Hollweg ; il dit beaucoup de mal de ses anciens amis Eulenburg et Monts et de bien d'autres. II flétrit tous ceux qui ont dirigé la politique allemande après sa chute en 1909, politique d'imprévoyance et d'incapacité qui a mené l'Allemagne à la Grande Guerre. On voit bien que lui, Bülow, n'aurait pas fait la politique de l'ultimatum à la Serbie. On trouve dans ses mémoires une galerie de portraits de princes, de ministres, de diplomates, de généraux, d'hommes de cour allemands, aussi bien qu'étrangers. Les caractéristiques sont loin d'être objectives, mais toujours intéressantes et amusantes. C'est comme un musée Grévin des personnes qui ont gouverné l'Europe aux alentours de 1900. La figure centrale de ce musée, c'est bien l'empereur Guillaume II. On sait que l'empereur a renvoyé son chancelier en 1909 avec tous les signes de la disgrâce et qu'il l'a designé comme canaille (« Luder »). On comprend que Bülow lui en veuille et qu'il raconte ouvertement tout ce qui s'est passé entre lui et son souverain. (...) Des événements politiques traités dans le premier volume, il faut mentionner l'occupation de Kiaotcheou, la crise chinoise de 1900, les négociations anglo-allemandes de 1898-1901, la guerre des Boers, la construction de la marine allemande, les mesures contre les Polonais. Bülow donne une quantité de détails intéressants. (...) Ce livre est une source de premier ordre pour bien connaître l'esprit de l'époque de Guillaume II, pour bien connaître les caractères de l'Empereur et des hommes de sa cour, leurs faiblesses et leurs intrigues ; c'est un tableau unique des moeurs et des idées de ce monde..." (Paul Darmstaedter, Revue d'histoire moderne) — "... Bülow dépeint la vie politique et sociale des pays dans lesquels il a vécu. II parle beaucoup de sa vie amoureuse. On voit que l'octogénaire n'était pas moins fier de ses exploits amoureux que de ses succés diplomatiques. Mais la grande valeur de ce volume, comme des précédents, consiste dans les portraits qu'il nous trace de nombre des princes, hommes d'Etat et diplomates qui ont joué un rôle dans l'Europe de 1870 à 1900. L'empereur Guillaume Ier et son fils malheureux, Bismarck et ses fils, Hohenlohe et Münster, Alexandre II et III, Mac-Mahon et Grévy, Gambetta et Jules Ferry, Marco Minghetti et Crispi, le roi Charles de Roumanie et beaucoup d'autres apparaissent sur la scène. Je ne connais aucun ouvrage de notre époque qui soit, sous ce point de vue, comparable aux mémoires de Bülow..." (Paul Darmstaedter, Revue d'histoire moderne, à propos du tome IV sur la période 1849-1896)
Gallimard, 1982, in-8°, 443 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
"Religion et politique se rencontrent et se recoupent nécessairement, par la morale. Ce n'est pas pour leur bien. Les vrais politiques n'ont que faire de la religion, qui les embarrasse même s'ils s'en servent. Les croyants qui servent une politique sont entraînés où ils ne devraient pas, ou ne voudraient pas, aller. Les catholiques libéraux au XIXe siècle l'apprirent à leurs dépens. J'ai voulu faire le portrait de trois d'entre eux, qui furent les plus célèbres, portraits qui pourraient se compléter et s'éclairer l'un l'autre : Montalembert, aujourd'hui tellement oublié, Dupanloup, dont seule une chanson a conservé le nom, et Lacordaire, mal connu. On remonte par eux jusqu'à Lamennais et au groupe de La Chênaie, qui réunit un moment autant de ferveurs et d'enthousiasmes que jadis Port-Royal. Mais si Port-Royal marquait une fin, il y eut à La Chênaie une source, dont les eaux se retrouvent dans tout le siècle, et qui n'a pas fini de se répandre." (José Cabanis) — "J. C. écrit d'une plume alerte et, s'il ne fait guère appel à des inédits (il y en a cependant quelques-uns et qui ne manquent pas d'intérêt), il connaît bien les mémoires et les correspondances du temps, dont il parsème son ouvrage de citations suggestives, commentées avec finesse et bien replacées dans la trame des événements qui ont secoué l'Église de France entre 1830 et 1870. Il a placé en exergue une phrase de Baudelaire : «Lacordaire est un prêtre romantique et je l'aime», et manifestement il la prend à son compte, en dépit de la sévérité avec laquelle il juge l'intermède politique du célèbre dominicain au lendemain de la Révolution de 1848. Curieusement, malgré le titre, Lacordaire n'apparaît que dans le dernier tiers du livre. Les deux premiers tiers sont consacrés à deux autres figures marquantes du libéralisme catholique français du milieu du XIXe s., Charles de Montalembert et Mgr Dupanloup. Au total trois portraits partiels mais très vivants, où abondent les notations psychologiques suggestives et les réflexions tout aussi suggestives sur les problèmes que pose aux chrétiens, et surtout aux hommes d'Église, l'engagement dans le temporel." (R. Aubert, Revue théologique de Louvain, 1985)
P.-Genève, Slatkine Reprints, 1980, fort in-8°, lxviii-712 pp, broché, bon état (Coll. Ressources). Réimpression de l'édition de Paris, 1844
Principal ouvrage du médecin et philosophe Pierre Jean Georges Cabanis (1757-1808). C'est dans cet ouvrage que Cabanis pose les bases de la Psychophysiologie. "Cabanis reprenant les données de Condillac sur la sensibilité voit dans ce phénomène le lien entre la vie physiologique et la vie mentale. Il applique à la psychologie le raisonnement des sciences biologiques et interprète les faits de sensibilité comme des faits biologiques. (...) Il tourne le dos aux argumentations théoriques et il est le premier à appliquer aux manifestations de la pensée les procédés de la recherche scientifique." (Histoire de la Science, Pléiade, 1639-40).
Albin Michel, s.d. (1938), pt in-8°, 383 pp, 106 gravures, broché, couv. illustrée, bon état
Autour de la vie de Bohème. L'obsession de la mort chez les cérébraux. Les égéries : inspiratrices et compagnes.
P., Deville Cavelin, Pagnerre, 1834, in-8°, (4)-504-(6) pp, troisième édition, reliure demi-chagrin havane, dos lisse avec titres et filets dorés, palette en queue (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire bien relié, intérieur très frais
Troisième édition très augmentée. Le futur auteur du Voyage en Icarie critique violemment les premiers mois du gouvernement de Louis-Philippe. Ce pamphlet lui vaudra l'exil en Angleterre. – "Son premier ouvrage important ... qui lui valut, pour offenses diverses au roi et au gouvernement, cinq ans de prison d'abord..." (Maitron) – "Le livre montre qu'il faut regagner le terrain perdu par les réformes sociales depuis le Directoire, revenir à la Convention, reconquérir les libertés de presse, d'association, la gratuité de l'enseignement, le suffrage universel et supprimer le budget des cultes." (Desanti)
Genève, Slatkine Reprints, 1979, in-8°, lx-viii-603 pp, Présentation d''Henri Desroche, reliure pleine percaline éditeur, très bon état
Editions Anthropos, 1970, in-8°, lx-(1 ff.)-viii-603 pp, index, reliure toile rouge vermillon éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Oeuvres, tome I)
Reproduction en fac-similé de l'édition faite à Paris, au Bureau du Populaire, en 1848.
Les Indes savantes, 2018, gr. in-8°, 280 pp, 3 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Au mois de juin 1855, le brick Vesta, parti un mois plus tôt de San Francisco, débarque ses passagers, au nombre de cinquante-sept, sur des barques sorties de la côte du Nicaragua. Les passagers sont jeunes et bien armés, spécimens que l'existence se plaît à jeter dans l'aventure : des idéalistes, des joueurs professionnels, d'anciens soldats en mal d'action, des chercheurs d'or déçus, des rêveurs de gloire, des ratés courant après la fortune, et aussi quelques jeunes gens en quête d'amour. Leur chef, lui, n'évoquait pas la sensualité. Mince, de petite taille, il avait un visage régulier, juvénile mais aussi fermé que sa veste. Il s'appelait William Walker. Un an plus tard, William Walker avait acquis une célébrité mondiale. Vainqueur de la guerre civile, il s'était fait élire président du Nicaragua et affermissait son pouvoir à l'aide d'une armée que des renforts ne cessaient de grossir. Il fallut l'alliance des quatre pays voisins, l'intervention des flottes américaine et britannique, – et surtout la rancune d'un magnat de Wall Street que Walker avait eu la maladresse de spolier – pour venir à bout de cet aventurier. Mais Walker n'était pas qu'un aventurier : médecin, juriste, avocat, puis journaliste, il compta parmi les signatures les plus lues de la Nouvelle-Orléans. Plus tard, il écrivit avec talent l'histoire de la guerre qu'il avait déclenchée. Il périt fusillé sur la plage de Trujillo, en 1860, au cours d'une quatrième et folle tentative de reprendre le Nicaragua, à la tête d'une poignée d'aventuriers. Il y repose toujours.
P., Société anonyme des publications scientifiques et industrielles, 1901, in-8°, iv-296 pp, 133 illustrations en noir dans le texte, broché à grandes marges, couverture imprimée datée de 1902, bon état
L'évolution de la mode parisienne tout au long du XIXe siècle. Illustré de croquis. La naissance du mannequin n’est pas due à Charles Frederick Worth, comme cela est écrit dans de nombreux ouvrages. Mais à partir de 1858, date de la première collection sous son nom, le couturier anglais a fait du mannequin une figure incontournable pour la présentation du vêtement de mode. Et lors des défilés, les hommes accompagnant leurs femmes semblent plus intéressés par le mannequin que par la toilette...
Toulouse, Editions Milan, 1997, pt in-4°, 128 pp, 164 illustrations en couleurs, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état
Ce livre est essentiellement centré sur les parfums créés par la Compagnie française des Parfums d'Orsay. Mais il nous présente aussi Gabriel Alfred Guillaume, comte d'Orsay , l'une des figures marquantes du dandysme. — Gabriel Alfred Guillaume, comte d'Orsay a vingt ans au début du XIXe siècle. C'est un jeune homme brillant, séducteur, riche, artiste à ses heures, remarqué pour sa distinction et son port élégant. Les prémices de la période romantique feront de lui, à l'égal d'un Brummel, l'une des figures marquantes du dandysme. Vivant entre Londres et Paris, éclectique et curieux de tout, il aborde avec un égal bonheur la peinture et la sculpture, mais l'Histoire retiendra surtout sa passion pour le parfum et son talent à marier les fragrances, à inventer, pour les femmes qu'il courtise, quelques “filtres d'amour”. En 1908, la Compagnie française des Parfums d'Orsay adopte son image et réédite des créations comme cette “Eau du Bouquet” qui deviendra “Étiquette Bleue”. Pres d'un siècle durant, à l'image de celui que Lamartine qualifiait « d'archange du dandysme », les Parfums d'Orsay seront synonyme de raffinement et de luxe avec des créations recherchées qui portent aujourd'hui les signatures prestigieuses des cristalleries de Lalique ou de Baccarat. Près de quatre-vingt flacons originaux verront ainsi le jour, entraînant dans leur sillage des centaines de déclinaisons de produits parfumants, poudres, eaux, et cosmétiques et de très nombreuses créations publicitaires portant la signature d'artistes célèbres comme Georges Lepape ou Marie Laurencin. Journaliste depuis plusieurs années pour la presse féminine, chef de rubrique pour le magazine d'antiquités “Aladin”, Monique Labré est également auteur de plusieurs ouvrages, dont “Les Échantillons de parfum” et “Les Cartes parfumées”, en collaboration avec Marina Sebbag. Le mérite de ce livre est de pouvoir offrir au lecteur le premier, et le dernier, catalogue raisonné d'une des plus prestigieuses maisons de parfumerie françaises et d'avoir retrouvé, grâce à l'amical concours de collectionneurs français et étrangers, des flacons et des documents d'une très grande rareté dont beaucoup n'avaient jamais été montrés.
Presses de Draeger frères, 1937, gr. in-8° carré (19 x 24,5), 128 pp, illustré de 20 gravures dans le texte et à pleine page et d'un portrait de C. Nativelle, broché, couv. rempliées, bon état
Nativelle, pharmacien installé au Marais, d'idées avancées, décrivit en 1844 le principe actif de la digitale, employée comme tonique cardio-vasculaire : la digitaline. Il réussit à l'isoler en 1868. — "On ne saurait trop rappeler le magnifique travail et la vie splendide de ce chercheur acharné que fut Nativelle, dont l'existence fut consacrée à l'étude de la digitaline. Dès son adolescence, Claude Nativelle se passionna pour les végétaux : « J'aime plus que tout les fleurs et les plantes... il y a un trésor dans les plantes », et il étudia la pharmacie, on sait avec quel succès. Il se passionna pour l'étude de la digitale, non sans polémique avec des confrères. Un soir il appela tout son monde. Comme l'a excellemment écrit mon regretté ami Albéric Cahuet, « il tenait deux petites carafes où s'étaient fixés en aiguilles fines, blanches et brillantes, les purs cristaux qu'il avait si longtemps cherché à obtenir, les diamants de la médecine du cœur, le miracle venu des plantes »... « Mes amis, s'écriait Nativelle, je vous présente la digitaline, la vraie, la digitaline cristallisée pure. » L'Académie de Médecine attribua le prix fondé par le doyen Orfila au savant qui avait effectué cette découverte et qui désormais allait occuper dans la banlieue parisienne un pavillon où était aménagé un petit laboratoire, égayé d'un jardin. On connaît de nombreuses préparations de digitaline (suppositoires, poudres de feuilles, macérations, infusions de feuilles fraîches, alcoolature, vin composé, intrait) ; on sait surtout la puissance de la digitaline cristallisée en thérapeutique cardiaque : « Elle ralentit, renforce, régularise le cœur, provoque la diurèse et réduit les œdèmes... » On dit volontiers qu'elle est la quinine du cœur..." (Léon Binet, Revue des Deux Mondes)
P., Emile-Paul frères, 1914, in-12, 374 pp, 4 planches hors texte, reliure demi-basane verte, dos lisse avec aigle et fleurons dorés dans un encadrement en long, filet doré sur les plats, tête dorée, couv. conservée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état
Le coup de théâtre de 1840 ; Les immortelles de Longwood ; L'aumonier de la "Belle Poule" ; La nuit de la résurrection ; Le second retour de l'empereur ; Une journée impériale sous la Monarchie de Juillet ; Les lendemains.
Plon, 1942-1947, 3 vol. in-8°, 306, 260 et 398 pp, 27 gravures hors texte, brochés, bon état
"Ces Mémoires, littérairement, valent en soi." (Emile Henriot) — "Joseph Caillaux a joué un rôle éminent entre 1900 et 1914, dirigeant une des négociations diplomatiques les plus délicates entre la France et l'Allemagne, transformant le système fiscal français, devenant le chef du parti radical et radical-socialiste, qui était alors le grand, le seul parti de gouvernement. Les épreuves qu'il a traversées depuis le drame du Figaro, en 1914, jusqu'à son arrestation en 1917 et sa condamnation par la Haute Cour, sa réhabilitation de 1924 et sa rentrée active dans la constellation politique en 1925 ont permis de dire que ce fils de l'ancien ministre du 16 mai, inspecteur des Finances, ministre de Waldeck-Rousseau, l'homme de la paix à l'époque d'Agadir, a connu, comme il se plaît à l'écrire lui-même, un « destin hors série ». Mais ses Mémoires ne dessinent pas clairement les aspects divers de sa carrière exceptionnelle et marquent mal ce qui fait la grandeur de l'homme et de son action. Cela tient sans doute au fait qu'elles ont été rédigées après coup, sur des notes, des dossiers, de la correspondance, et non sur un agenda où l'homme d'État, chaque jour, aurait consigné à grands traits les démarches de sa pensée et les faits principaux auxquels il aurait été mêlé..." (Jacques Kayser, Politique étrangère, 1947) — "... Le schéma est donc très simple : sitôt arrivé au pouvoir, Poincaré, de complicité avec Isvolsky, nous achemine à la guerre ; comme Caillaux risque de faire échouer cette politique, Poincaré, Barthou et Klotz lancent contre lui la campagne de Calmette. La guerre éclate ; en 1917, deux politiques : celle de Caillaux, qui est de hâter la paix afin de rendre possible une réconciliation continentale ; celle de la guerre jusqu'au bout, qui a pour effet de livrer la France à la tutelle des Anglo-Saxons ; pour battre Caillaux, Poincaré et Clemenceau se réconcilient, et le ministère Clemenceau est constitué. (...) Ce qui demeure intéressant, ce sont les professions de foi que fait Caillaux en matière de politique extérieure, et notamment l'exposé (p. 192-193) de ses projets en 1917 ; on voit clairement la filiation qui relie ses positions à celles des défenseurs de l'accord de Munich, d'un homme comme Georges Bonnet, peut-être même de certains des « collaborateurs » du régime de Vichy. Dans un curieux passage, Caillaux déclare d'ailleurs qu'il aurait admis, en 1917, d'être frappé d'une espèce d'ostracisme ; ce qu'il n'a pas admis, c'est un procès en haute trahison dépourvu de fondement. Reconnaissons que, autant ses jugements de politique générale sont critiquables, autant ses plaidoyers personnels paraissent solides. Ce dernier tome des Mémoires est suivi de divers appendices. Le plus important, « Comment j'ai donné le Maroc à la France », se compose essentiellement de lettres de Jules Cambon au président du Conseil au cours des négociations d'Agadir ; si ces lettres ne contredisent pas la thèse exposée par Caillaux dans le volume II des Mémoires, elles ne la confirment qu'avec une grande discrétion, compréhensible d'ailleurs sous la plume d'un diplomate. Puis viennent deux lettres de Poincaré à Clemenceau sur l'affaire Bolo, quelques pièces justificatives se rattachant au procès Caillaux, enfin le récit d'une conversation avec Briand, en 1932, sur la responsabilité de Poincaré dans le déclenchement de la guerre de 1914 ; Caillaux porte contre Poincaré des accusations si énormes qu'on aimerait en trouver des confirmations irréfutables..." (Jacques Néré, à propos du tome III, Revue Historique, 1948) — "Nous avons dans les Mémoires de Joseph Caillaux des morceaux d'histoire pleins de suc et qui feront naître dans le coeur des jeunes hommes de justes haines et un vigoureux mépris." (Pierre Cazenave, La Tribune des Nations)
Plon, 1942, in-8°, 306 pp, 9 gravures hors texte, broché, papier jauni, bon état
Tome I seul (sur 3).
New York, MacMillan, 1893, pt in-8°, xix-210 pp, second edition, reliure pleine percaline de l'éditeur, encadrement à froid sur les plats, titres dorés au dos, bon état. Texte en anglais
Deuxième édition (la première date de 1885) de cette étude sur Auguste Comte par le philosophe écossais Edward Caird (1835-1908).
Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 454 pp, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Enserré entre les montagnes d'un côté et la mer de l'autre, doté d'excellent mouillages naturels, le Fujian est situé sur le passage de voies maritimes importantes reliant le nord au sud du pays et la Chine à l'Asie orientale et du Sud-Est. La province est traditionnellement tournée vers la mer. Une ouverture également imputable à sa topographie au relief enclavé, disposant d'un arrière-pays montagneux difficilement exploitable. Les innombrables criques qui percent la ligne côtière, la multitude d'îles et d'îlots avoisinants et les vallées insoupçonnées qui dorment à l'abri des escarpements du bord de mer, ont façonné, aux dires des fonctionnaires qui eurent à gérer ces lieux, un penchant pour les activités illégales : contrebande et piraterie notamment. Cet ouvrage explore les relations entre le pouvoir et la population côtière, ainsi que les politiques menées pendant près de deux siècles et demi pour tenter de contenir l'économie du littoral dans le cadre de la loi. L'étude apporte également une contribution neuve à la politique impériale de défense des côtes et d'organisation de la marine de guerre. C'est une contribution importante à l'histoire maritime de la Chine.
Fayard, 1988, gr. in-8°, 270 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Si je regarde en arrière, écrit Coubertin dans ses Mémoires, je constate que d'un bout à l'autre de ma vie d'homme, j'ai fait le métier d'éclaireur. "Eclaireur : voilà bien le mot juste pour désigner une action publique menée en lisière des rouages traditionnels. Dans la grande effervescence qui agite les élites françaises sur les moyens de régénérer la nation après la défaite de 1870, il choisit en liaison avec les plus hautes instances du pays (et en dépit de leurs réticences), de définir et de mettre en œuvre un modèle efficace de formation morale, intellectuelle et physique. Essayiste, journaliste conférencier, historien, il mène pour ce faire, en France et à l'étranger, des enquêtes pénétrantes sur les divers systèmes d'éducation et noue dans l'ensemble du personnel politique français comme avec les gouvernants et chefs d'Etat étrangers de solides amitiés qui lui permettront d'avoir une large vision des problèmes du monde. A la France – qu'il entend "rebronzer" – il propose un programme éducatif fondé sur l'initiative, l'esprit d'entreprise, l'harmonie sociale, l'hygiène, la santé par le sport, et plusieurs de ces idées trouveront à terme une traduction concrète. Entre les peuples il s'efforce d'établir des liens de compréhension et de coopération pour combattre les excès d'un nationalisme dont il perçoit les dangers : les Jeux olympiques, recréés en 1896 à son initiative sur le modèle de ceux de la Grèce antique, en sont un moyen privilégié. Aucun débat de son temps n'aura laissé indifférent cet idéaliste allergique à toute utopie, ce visionnaire bâtisseur : les Jeux olympiques, la plus spectaculaire de ses réalisations, ne sont-ils pas aujourd'hui, en dépit de tout, la seule occasion qu'ont tous les hommes de la planète de communier dans une même ferveur ?