8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Hachette, 1867, in-12, 372 pp, 3e édition, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état
"Le « radicalisme » de Simon – bien que ce dernier ait été député de l'opposition républicaine – est un radicalisme philosophique, celui de la liberté : contre l'Empire, il réclame la liberté politique et intellectuelle totale, contre l'Église catholique, la liberté d'examen et de conscience totale..." (Claude Nicolet, L'Idée républicaine en France)
Hachette, 1860, in-12, xxxi-412 pp, 5e édition, reliure demi-basane violine, dos lisse à larges filets à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état
L'auteur reprend les points fondamentaux de la religion naturelle des temps modernes, tout en insistant sur sa dimension éducative (cf. J. Lagrée, “La Religion naturelle”, Paris, PUF, 1991, p. 93-101) — "Simon expose la religion naturelle qui convient au philosophe (...). Il recommande un culte personnel mais renonce volontiers au culte public" (G. Weill, “Histoire du parti républicain”, p. 335-336) — La libre pensée de Jules Simon fut une philosophie religieuse. Convaincu de la vérité de la religion naturelle, il s’en fit l’évangéliste. La Religion naturelle ne vise pas à être une géométrie de Dieu. Elle est un manuel d’édification philosophique écrit par un Fénelon laïque du XIXe siècle. (L. Liard, Revue pédagogique, 1898)
P., L. Hachette, 1854, in-12, iv-426 pp, 2e édition à la date de l'originale, reliure demi-veau glacé violine, dos à 4 faux-nerfs guillochés, titres, palette et roulette dorés, fleurons à froid, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon état
Edition à la date de l'originale. Comme Proudhon ou Vacherot, Jules Simon voulut livrer sa vision d'une philosophie populaire, pratique, politique, mobilisée contre l'Empire. — "La philosophie morale était représentée par Jules Simon, à l'époque où Taine s'insurgea au nom de la science contre la philosophie universitaire. La morale, telle que la concevait Jules Simon, ne se conclut ni d'une synthèse métaphysique du monde, ni du spectacle de la nature, ni de l'histoire, ni même de la science de l'homme ; elle est purement et simplement l'art d'interroger la conscience morale et d'expliquer clairement les réponses de l'oracle. « II est inutile de raisonner au delà. Avec ce maître on ne discute point. Nous portons en nous l'idée de la justice et la notion du devoir. Il faut renoncer à trouver la formule du devoir ailleurs que dans la raison elle-même. Il faut obéir au devoir, parce qu'il est le devoir »." (Simon Deploige, Délimitation du Conflit entre la Morale et la Sociologie, in Revue néo-scolastique, 1909)
P., Calmann-Lévy, 1878, 2 vol. in-8°, 473 et 453 pp, reliure demi-chagrin havane, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, caissons à froid (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état (Le Quillec, 4258)
Exposé, qui tient des Mémoires, publié par J. Simon, sous le titre : Le Gouvernement de M. Thiers (1878). Il s'agit du complément des “Souvenirs du quatre septembre” (1874), donné pour expliquer l'action au gouvernement de Thiers de l'un des hommes de la Défense Nationale. — En février 1871, après la chute du Second Empire lors de la guerre contre la Prusse, Adolphe Thiers devient chef du pouvoir exécutif. En mai de la même année, son gouvernement ordonne l'écrasement de la Commune de Paris. Le 31 août 1871, il devient le premier président de la Troisième République. — Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé et docteur en philosophie, Jules Simon est élu député en 1848. Il refuse de prêter serment à Napoléon III. Opposant à l'Empire, il est élu au Corps législatif en 1863 ; le 4 septembre 1870, il devient membre du gouvernement de la Défense nationale ; ministre de Thiers, il démissionne en mai 1871 par opposition à la droite monarchiste. Républicain modéré, il sera sénateur inamovible à partir de 1875.
P., Michel Lévy frères, 1874, in-8°, 392 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés, titres dorés (rel. de l'époque), un mors lég. frotté, bon état
Mémoires d'un contemporain des débuts de la IIIe République. Jules Simon (1814-1896) faisait partie des députés républicains de Paris choisis, selon l'idée de Jules Ferry, pour former un gouvernement lors de la chute du Second Empire, et qui sont acclamés par la foule le 4 septembre 1870, à l'Hôtel de Ville de Paris. Il sera ministre de l'Instruction publique dans le gouvernement de défense nationale, après la chute du second Empire
P., Boivin et Cie, s.d. (v. 1902), in-4°, 288 pp, texte sur 2 colonnes, 394 gravures sur bois (scènes et portraits) d'après les dessins de E. Bayard, Yan Dargent, Férat, Ferdinandus, Guiguet, Lix, Parent, Philippoteaux, H. Rousseau, Roux, Thorigny, Valnay, reliure demi-percaline vermillon à coins, dos lisse avec titres dorés et caissons à froid, tranches dorées (rel. de l'époque), bon état
Seuil, 1986, in-8°, 331 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état
J.-F. Six fait apparaître en 1886 la pure genèse du monde moderne.
P., Editions de Delphes, 1964, in-4°, (96) pp, 10 illustrations originales en noir à pleine page de André Masson, en feuillets sous chemise cartonnée sous toile de jute, titre, auteur et illustrateur écrits sur un lacet de cuir servant de fermoir (rel. de l'éditeur), bon état. Tirage à 600 exemplaires numérotés. Exemplaire non numéroté sur simili-japon. Belle édition typographique
Note de l'éditeur, en tête : "Ce travail fut écrit en juin 1862, par un ouvrier tapissier au bagne de Dellys, en Algérie. Il a été vendu en placard dans les rues de Paris, après le Siège et pendant la Commune". — "Le célèbre poème de Six, l'ancien ouvrier tapissier, vétéran de 1830 et de 1848, prisonnier sous l'Empire, écrit en déportation à Dellys (sous-titré "Le Rêve du proscrit") à la mémoires de la Révolution de février, a été réédité avec beaucoup de succès en 1871. En 1869, l'auteur était rédacteur au journal syndical La Voix du Peuple." (Le Quillec, 4269).
Fayard, 1968, in-8°, 287 pp, adaptation française de Philippe Jullian, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
De ses voyages à travers le monde elle ramenait tout un bric à brac, sans parler d'une véritable ménagerie – léopards, singes, crocodiles et serpents. Mais ces longues randonnées qui l'ont menée de l'Amérique du Nord en Argentine et d'Athènes à Saint-Pétersbourg, étaient de vraies marches triomphales qui suscitaient des enthousiasmes délirants que de nos jours seules les idoles du sport et de la chanson suscitent pendant quelques brèves heures. Cornelia Otis-Skinner a su faire revivre la grande Sarah avec tous les prestiges de son art, son amour de la gloire, son sens de la publicité, ses caprices et ses passions. Son ouvrage est plein de vues pertinentes, d'anecdotes drôles et révélatrices.
Genève, 1951, in-4° carré, 149 pp, riche iconographie en couleurs (reproductions collées), rel. toile éd., sans la jaquette (Coll. Les grands siècles de la peinture)
Olivier Orban, 1989, in-8°, 401 pp, 12 pl. de gravures et photos, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Le 5 mai 1826, naît à Grenade, pendant un tremblement de terre, la future impératrice des Français, Eugénie. Considérée comme la plus belle femme de son temps, elle s'éteindra presque un siècle plus tard à l'âge de 94 ans. Pourtant, après un mariage d'amour avec Napoléon III et un début de règne heureux et glorieux, sa vie basculera dans la tragédie : le drame du Mexique et l'exécution de Maximilien d'Autriche, la défaite de Sedan, la destitution de l'empereur, l'exil en Grande-Bretagne, la mort de Napoléon III et de leur fils unique et chéri, Eugène-Louis. Malgré ce destin si cruel, Eugénie reste auprès des historiens un personnage néfaste, ambitieux et responsable de la chute de l'Empire. Le livre de William Smith, grâce à des documents inédits, nous permet de découvrir une femme généreuse, passionnée et qui, jusqu'à la fin de sa vie, est restée attentive à la naissance du monde moderne.
Maspero, 1976, in-8°, 442 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
"Heureuse initiative que d'avoir rassemblé en un volume divers articles et contributions d'Albert Soboul sur le sujet évoqué par le titre. Certains sont déjà assez anciens ou se trouvent disséminés dans plusieurs revues et volumes de rapports de congrès. Cette confrontation a été pour l'auteur une occasion de redéfinir sa théorie et de compléter l'ensemble par quelques inédits. Élève entre autres de Georges Lefebvre, Albert Soboul est comme chacun sait un des spécialistes les plus représentatifs de l'histoire de la Révolution Française d'après la dernière guerre mondiale. Il y a consacré un nombre impressionnant de livres dont plusieurs destinés à un large public de lecteurs éclairés. C'est surtout “Les Sans-Culottes parisiens en l'an II” (1958) qui a largement contribué à une nouvelle interprétation – grâce à la mise en œuvre d'une documentation massive – marxiste de la lutte des classes à l'époque de Robespierre. Soboul n'a jamais caché son appartenance idéologique au PCF, ce qui lui a valu d'être contesté par des historiens plus à droite aussi bien que par des collègues plus « gauchistes ». Si on lui a parfois reproché un certain degré de sectarisme, peut-être surtout à cause de l'ardeur avec laquelle il défend ses vues, nul n'a pu sérieusement mettre en doute l'envergure et la fertilité de ses conceptions et son sincère désir d'en arriver à une interprétation aussi « objective » que possible. (...) Voilà de la matière à discussion. Il y a à prendre et à laisser dans cette « anthologie » sortie de la main d'un des plus grands connaisseurs de la Révolution et de ses effets au XIXe siècle." (J. Craeybeckx, Revue belge de philologie et d'histoire)
Editions Ouvrières/Revue Le Mouvement social n° 59, 1967, in-8°, 167 pp, broché, bon état
9 études érudites par M. Rebérioux, G. Haupt, S. Miller, F. Basch, M. Debouzy, Cl. Willard, M. Schuler, R. Musolino, F. Laurent-Prigent, un texte de Léon Blum.
Cahiers de l'Université libre de Saint-Germain-en-Laye, 1996-2002, 4 vol. in-4°, 95, 61, 182 et 195 pp, 137 planches de gravures et documents hors texte, brochés, couv. illustrées, biblio, bon état
Tome I : Les soubresauts de l'histoire au XIXe siècle et leurs répercussions à Saint-Germain-en-Laye (95 pp, 27 pl. h.t.) ; tome II : Saint-Germain-en-Laye lutte pour son environnement déjà en péril au XIXe siècle (61 pp, 20 pl. h.t.) ; tome III : L'ordre établi est-il remis en cause ? (182 pp, 49 pl. h.t.) ; tome IV : Saint-Germain-en-Laye ville occupée : 1814-1815 et 1870-1871 (195 pp, 41 pl. h.t.)
P., Garnier Frères, 1858, in-12, 382 pp, une carte dépliante de l'Inde en frontispice, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, caissons à froid, titres dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, petite trace d'humidité ancienne au coin des derniers feuillets, bon état
Le prince Alexis Soltykoff (1806-1859) est un dessinateur, collectionneur d'art et diplomate russe, auteur de voyages en Perse et en Inde. À partir de 1829, il occupa des postes diplomatiques, d'abord à Constantinople, puis à Athènes et plus tard à Londres, Florence, Rome et Téhéran. En 1840, il prit sa retraite et s'installa à Paris, où il prépara ses voyages en Inde. Il y fit deux voyages, un en 1841-1843 et un en 1844-46, qui lui valurent le sobriquet d'« Indien » dans l'aristocratie russe et française.
Plon, 1993, fort in-8°, 666 pp, index, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état
Le XXe siècle consacre le triomphe de la prostitution. Elle accompagne les pionniers d'Amérique ou d'Afrique du Sud, elle nourrit les fantasmes des bourgeois victoriens comme des ouvriers berlinois, elle fait naître le mythe de la traite des blanches avec son cortège de rumeurs, d'antisémitisme et de crimes. La fermeture des maisons closes n'y changera rien. Quant au combat des femmes, des écrivains ou des institutions contre ce phénomène, il est aussi noble que vain, le plus souvent. En dressant, pour la première fois, l'état des lieux de la prostitution mondiale, Jacques Solé arrive en effet à ce constat : la société industrielle engendre une société prostitutionnelle. D'un continent à l'autre se sont organisés des réseaux de tourisme sexuel ; la prostitution des enfants est devenue une industrie, et le retour des grandes pandémies a fait resurgir la diabolisation féminine et homosexuelle. En racontant la misère sexuelle du monde, Jacques Solé met à nu les déchirures de nos sociétés. Ce livre, au confluent de l’histoire et du document, est une contribution capitale à la compréhension de nos peurs et de nos désirs depuis un siècle.
Seuil, 1997, gr. in-8°, 415 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Voilà plus de deux siècles que l'Egypte fascine les Français. Les savants et artistes emmenés par Bonaparte l'ont révélée au monde, sinon à elle-même. Plus tard, Champollion déchiffrera les hiéroglyphes, Auguste Mariette créera le musée du Caire et les saint-simoniens rêveront du canal de Suez, que Ferdinand de Lesseps réalisera... A cette passion française répond dès le départ une attirance des Egyptiens pour la patrie de Voltaire et de Rousseau. Très tôt naîtra ainsi, sur les bords du Nil, une «France égyptienne», avec sa presse florissante, ses salons littéraires et ses écoles prestigieuses. Un livre de référence."
Hachette, 1893 in-12, 216-6-(2) pp, un portrait en frontispice sous serpente, reliure demi-percaline bleue, dos lisse, pièce de titre basane fauve, fleuron et double filet dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grands Ecrivains français)
"Oeuvre d'un historien distingué, c'est une étude fort remarquable par la finesse des aperçus, la peinture des caractères, l'analyse des oeuvres littéraires. Mme de Staël a été tellement mêlée aux événements politiques de son temps qui son biographe ne peut s'empêcher de faire quelques excursions sur le terrain de l'histoire. On retrouvera là une des idées favorites de M. Sorel : c'est que la révolution a été le couronnement naturel de notre édifice monarchique. « La France, livrée à elle-même, dit-il (p. 39), se tournait en démocratie, selon ses instincts, l'impulsion de son passé, et l'éducation qu'elle tenait de ses rois... La France suivait le cours de son histoire. » M. Sorel, après avoir très fidèlement et très impartialement raconté la carrière de cette grande déséquilibrée qui s'appela Mme de Staël, résume en quelques pages son appréciation dans un chapitre intitulé: «L'influence. La postérité dans la politique, dans l'histoire et dans la littérature. »..." (Revue des Questions historiques)
Stock, 1981, in-8°, 144 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
Le 18 mars 1843, un mystérieux jeune homme rend visite à la "colonie paternelle et agricole" de Mettray, près de Tours, maison de correction modèle. Il est porteur d'une lettre, il est porteur d'une lettre d'introduction d'un haut personnage du régime et chargé par lui d'une étrange mission : enquêter sur l'état d'esprit de l'enfance et de la jeunesse. Mais le même soir, les colons de Mettray se révoltent. La semaine de la Comète est le récit des journées dramatiques qui suivent cette prise de pouvoir. Mais le narrateur n'est pas un témoin impartial et il ne se borne pas au rôle d'observateur. Ce texte, pourrait être le rapport inédit du Jeune Arthur de Gobineau à Alexis de Tocqueville. L'auteur s'intéresse toutefois davantage au contenu très actuel de ce document : une analyse du danger que représenterait la jeunesse pour l'ordre établi. Comment y faire face ? Par la terreur. Or, cette «politique de la jeunesse» est couramment pratiquée à notre époque. De quoi se demander si ce «rapport secret» est resté si secret et s'il n'est pas devenu un bréviaire qui inspire en sous-main bon nombre de gouvernants. (4e de couverture)
Arthaud, 1969-1971, 2 vol. gr. in-8° carré, 310 et 329 pp, 75 héliogravures hors texte, 12 cartes, tableaux chronologiques, biblio, index, brochés, couv. à rabats, bon état (Coll. Sociétés contemporaines)
Albin Michel, 1943, in-12, 318 pp, broché, couv. illustrée, tranche piquée, bon état
Ethnologie française, 1979, gr. in-8°, 16 pp, paginé 69-84, 16 tableaux, 8 figures, notes, broché, bon état. Tiré à part extrait de “Ethnologie française”, IX, 1, 1979
Comment entrevoir certains traits de la physionomie des foules parisiennes du second Empire...
P., Coquebert, s.d. (1846), gr. in-8°, 324 pp, 10 compositions gravées sur bois hors texte et 80 vignettes dans le texte par Bertall, Penguilly et Saint-Germain, reliure demi-veau glacé havane, dos lisse orné en long, fleurons à froid, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), coupes frottées, qqs rares rousseurs, bon état. Rare (Carteret, III, p. 566 - Vicaire, VII, 637)
Premier tirage. Bel exemplaire de ce récit de voyage en l'an 3000. Comme toujours, les planches hors texte sont uniformément brunies. — Edition originale de ce roman d'anticipation précurseur des dystopies du XXe siècle. Emile Souvestre est un des premiers écrivains à construire une utopie dans laquelle la technique est au centre de la cité et façonne l’organisation sociale. Une société où l'individualisme est devenu la loi, où la recherche du profit motive toutes les relations humaines et qui exhibe, gravée à l'entrée des maisons, sa devise provocatrice : "Chacun chez soi, chacun pour soi". Tel est le tableau menaçant qu'Emile Souvestre dresse de l'an 3000, dans ce Monde tel qu'il sera. Le plaisir de la lecture du roman d'anticipation de Souvestre tient aussi à l'humour et au dynamisme d'une écriture qui enchaîne les scènes comiques et satiriques. — "Dès le siècle dernier, les écrivains qui se sont souciés de passer la tête par-dessus le mur du présent, balancent entre fiction et essai et lorsqu'ils affectent de préférer la forme romanesque, l'adoptent souvent par habitude ou pour mieux retenir le chaland, et ne se soucient pas toujours de l'exploiter vraiment. Un exemple exceptionnel en est donné par Émile Souvestre (1805-1854). Ce polygraphe assez quelconque dans le reste de sa prose toute hérissée de bons sentiments, mais ici inspiré, publie en 1846 “Le Monde tel qu'il sera”, faux roman, mais véritable essai prospectif. Souvestre place sa cible en l'an 3000, mais c'est en réalité notre siècle qu'il vise, et les effets probables du machinisme sur la société. Pour les condamner évidemment. Avec une pertinence surprenante dans le détail, il inaugure de la sorte plusieurs genres à la fois, le roman d'anticipation, la réflexion prospective, la déploration du progrès sous forme de dystopie et, de façon plus générale, il introduit la fascination horrifiée, quasiment morbide, à l'endroit de la technique, qui demeurera pendant un siècle et demi, en attendant la suite, le trait dominant de la Science-Fiction française." (Gérard Klein, 1995) — "Auteur prolifique, Émile Souvestre publie en 1845-1846, en livraisons puis en volume, “Le Monde tel qu'il sera”, ouvrage d’anticipation dans lequel il propose au lecteur une vision de la vie en l’an 3000. Volontiers caricatural, ironique, anachronique, décalé, ce roman est riche d’enseignements sur l’image que l’on peut se faire au milieu du XIXe siècle d’un futur lointain. Souvestre y met en scène une société fortement marquée par les doctrines fouriériste et saint-simonienne, qui ont répandu la foi en une perfectibilité indéfinie de l’Homme, et qui défendent l’égalité entre tous ; le romancier, dubitatif, montre un monde futur empli d’innovations et de réglementations. Cet ouvrage marque donc une rupture forte avec les textes d’anticipation – qu’ils soient utopiques ou non – proposés jusqu’alors, car il prend ses distances avec la valeur de progrès. De plus, il se propose d’envoyer ses lecteurs encore plus loin dans le temps que ne l’avaient fait jusqu’alors les auteurs « visionnaires » (Louis-Sébastien Mercier, par exemple, ne dépassait pas le XXVe siècle dans “L’An 2440, rêve s’il en fut jamais”, publié en 1771). Souvestre devance d’autres auteurs bien plus reconnus aujourd’hui, tels que Jules Verne, Herbert George Wells ou Albert Robida." (Noémie Boeglin, Le Monde tel qu’il sera, un roman oublié, 2017) — "Chez Souvestre, dans “Le Monde tel qu'il sera” (1846), c’est le procédé plus convenu du voyage temporel par réveil du personnage dans une époque future qui était investi. Marthe et Maurice, un jeune couple parisien du dix-neuvième siècle rêvant à un avenir meilleur pour le genre humain, se réveillent onze siècles plus tard, pour trois jours de découverte d’une civilisation de l’an 3000 qui s’avérera décevante dans sa quête déshumanisante de l’intérêt personnel et de l’efficacité forcenée. Le procédé narratif permet la rétrojection des observations sur un présent dévalué à l’aune de ses effets négatifs possibles." Valérie Stiénon, « La dystopie française d’Émile Souvestre à Léon Daudet. Petite traversée générique », in Jean-Paul Engélibert et Raphaëlle Guidée (dir.), Utopie et catastrophe. Revers et renaissances de l’utopie (XVIe-XXIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 115
Michel Lévy frères, 1859, in-12, 283 pp, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), trace de mouillure claire aux premiers feuillets, bon état
Hachette, 1865, gr. in-8°, (2)-579 pp, un frontispice avec les portraits de Speke et Grant, 77 gravures dans le texte et hors texte d'après les dessins du capitaine J. A. Grant, 3 cartes hors texte, tableaux in fine, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, caissons et titres dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), trace de mouillure en queue sur les 60 premières pages et en marge sur les derniers feuillets, reliure salie, état correct
Le passionnant journal d'une mission qui identifia de manière définitive le lac Victoria-N'yanza comme la source du Nil. Bien que Speke ait déjà proposé cette hypothèse lors d'une expédition précédente en compagnie de Burton, ce dernier, dans le "Voyage aux grands lacs de l'Afrique orientale, 1855-59", avait tourné Speke en dérision, en dénigrant "cette prétendue découverte, appuyé sur de si minces raisonnements" Reparti de Zanzibar en 1860, Speke devait cependant prouver le bien-fondé de son assertion, après trois ans et de nombreuses péripéties relatées dans ce journal...