8, rue Bréa
75006 Paris
France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Lille, ANRT, Université de Lille III, 1997, 2 vol. gr. in-8°, 490-(10) pp, pagination continue, qqs illustrations, annexes, sources et biblio, brochés, bon état, envoi a.s.
Thèse pour le doctorat d’histoire sous la direction d’Antoine Prost, Université de Paris 1. Exemplaire hors commerce réalisé à la demande de l'auteur par l'Atelier National de Reproduction des Thèses de Lille. — Une histoire de l'éducation nationale vue d'en bas et réalisée avec les archives propres de l'établissement. Cette monographie d'un lycée centenaire du IXe arrondissement est à 4 temps : le temps des demoiselles, de 1891 à 1914, celui du diplôme, d'un ardent féminisme et d'œuvres sociales (vestiaire et colonie de vacances). L'établissement payant recrute parmi les enfants de la bourgeoisie du quartier (familles juives, protestantes et laïques militantes), mais contrairement aux directives, pousse ses ''aigles'' à faire des études supérieures, alors que les ''oisons'' suivent un mi-temps, pour l'après-midi faire des visites avec leur mère. Le temps des bachelières, de 1914 à 1954, avec la scolarisation de la petite bourgeoisie de banlieue. Le lycée fabrique une centaine de bachelières par an, dans les années trente. Une partie du recrutement est maintenant due au mérite (examen d'entrée en sixième) et pas seulement au statut social. La seconde guerre est pour le lycée, une période noire, étant donné le fort pourcentage d'élèves juives (déportation, Étoile jaune, enfants cachés, fonctionnaires exclus). Le temps des effervescences et des mouvements lycéens (mai 68, l'affaire Guiot, celle des fiches, l'agitation contre la loi Debré, etc. ), la création d'un foyer de contestation et d'intense créativité entraînant une fracture dans le monde adulte (enseignants et parents). Le temps du reflux des activités pédagogiques périscolaires et de l'agitation politique, après 1980 (malgré 1986 et 1990), une mixité incomplète, un collège socialement plus élitiste que le lycée, la disparition des banlieusards. Le lycée qui n'est plus un lycée de jeunes filles, cherche un second souffle.
Grasset, 1933, fort in-12, 400 pp, index, broché, bon état
Proche de Charles Maurras et de Georges Valois, le marquis Louis Amédée "Marie" Joseph de Roux (1878-1943), historien et avocat, était président de la section poitevine d'Action Française. — "Ouvrage d'un homme de parti, et qui ne s'en cache pas, le volume de M. de Roux est à la fois informé et pénétrant. Il fait état de recherches personnelles et de documents inédits, tels que les Mémoires du maréchal de Mac-Mahon et ceux, publiés depuis et très précis, sinon très importants, de Charles Cheneslong. Surtout il pose les questions nettement (origine de la solution républicaine, genèse des lois scolaires, par exemple) et les examine avec clarté, sans négliger volontairement aucun document. On peut ne pas admettre ses conclusions ; mais sa façon de les établir mérite toujours un examen attentif et fait réfléchir." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1934)
Seuil, 1956, in-8°, 289 pp, préface de Henri Marrou, broché, non coupé, ex. du SP, état correct (Coll. Esprit)
Tours, Alfred Mame, 1881, in-8°, 192 pp, une gravure en frontispice, cartonnage violine de l'éditeur, encadrements et décors noir et or sur les plats et au dos, tranches dorées, dos passé, bon état
Histoire de la Cochinchine, suivie de souvenirs de 1828 à 1858.
P., Imprimerie de Lefebvre, chez les Marchands de Nouveautés, 1815, in-8°, viii-579 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (reliure vers 1870), bon état. Bel exemplaire
Ce livre était initialement paru à Londres en 1811 et avait valu de sérieux problèmes à son auteur, l'économiste grenoblois Maurice Rubichon (1766-1849). Il y critique la constitution anglaise, le fonctionnement parlementaire et celui de la justice. Profondément royaliste et hostile à la démocratie, Rubichon s'était fait l'avocat de l'Ancien Régime et de son modèle économique. Le chapitre consacré aux colonies (pp. 501-548) évoque notamment les bienfaits de l'esclavage. Un ouvrage néanmoins important, car l'on y trouve la première critique de l'industrialisation et des manufactures anglaises, certes écrite d'un point de vue traditionaliste au sens bonaldien (l'auteur faisait d'ailleurs partie de l'entourage du comte d'Artois et suivit Charles X dans l'exil), mais dont la perception est sensiblement plus aiguë que celles des contemporains. Rubichon publiera un second volume en 1819. — "Ce sont d'excentriques thèses pour ce temps du XIXe siècle ; mais, quoi qu'il en soit, on trouve dans ces livres des documents plein d'intérêt, raisonnés avec clarté et sagacité, et la théorie du passé soutenue avec une profonde conviction et un vigoureux talent." (Joseph Garnier, in Coquelin et Guillaumin, Dictionnaire de l'Economie Politique, 1873)
Maspero, 1977, in-8°, 261 pp, broché, couv. illustrée à rabats, état correct (Coll. Actes du Peuple)
Ouvrage issu de thèse. — "Le texte même a subi fort peu de modifications. On y retrouve la chronique, heure par heure, des événements et de leurs répercussions ; on y voit plus aisément, par la facilité de feuilleter, les caractères, les personnes, les réunions, les actes et les conflits. Rien n'a été ajouté aux aspects proprement économiques et sociaux de la vie industrielle et de la stratification humaine, sur lesquels l'auteur se borne à l'essentiel, et nous donnera sans doute quelque jour davantage. Un seul chapitre a été presque complètement récrit, le dernier: « la résonance de l'événement ». Elle fut considérable dans l'Europe Occidentale, voire au delà. C'est surtout sur les répercussions françaises qu'appuie cette nouvelle rédaction..." (André Allix, Géocarrefour, 1954)
Plon, 1967, in-8°, 318 pp, broché, bon état (Coll. Histoire des Mentalités)
Personne n'avait encore étudié la pensée sociale de Stendhal ; les critiques se sont contentées jusqu'à ce jour de parler du « jacobinisme de Stendhal », homme de progrès. Or ses convictions sociales ont été beaucoup plus ardentes qu'on ne se l'est imaginé ; très préoccupé par les problèmes de population, d'éducation, d'impôts, l'auteur de Lucien Leuwen s'est intéressé au saint-simonisme et au fouriérisme. Le livre de Fernand Rule présente un aspect méconnu du génie stendhalien et apporte une contribution importante à l'histoire des idées sociales au XIXe siècle. — Table : Les apprentissages de Stendhal : l'idéologie, l'économie politique ; La querelle des industriels ; Entre le libéralisme et le socialisme ; Les idées sociales de Stendhal.
PUF, 1952, in-8°, x-308 pp, préface de André Siegfried, 8 pl. de portraits, gravures, carte et fac-similés, broché, bon état. Edition originale
Les souvenirs d'un voyage aux États-Unis en 1855, par Jean-Francois Cretinon et François-Marie Lacour (de Vienne sur le Rhône), partis rejoindre la colonie icarienne de Nauvoo. Le séjour se poursuit par un long périple à travers les États-Unis. — "L'aventure icarienne aux Etats-Unis dans la deuxième moitié du XIXe siècle a donné lieu à une vaste littérature, à laquelle est venue s'ajouter, ces dernieres années, la publication de témoignages inédits d'anciens Icariens. Le livre “Allons en Icarie. Deux ouvriers viennois aux Etats-Unis en 1855”, présenté par I'historien Fernand Rude, est construit autour des récits laissés par Jean-Francois Crétinon et Francois-Marie Lacour, deux icariens déçus. Ainsi que le signale Fernand Rude, chaque membre doit, selon la 47e condition d'admission rédigée par Cabet, pour être admis au sein de la communauté, remettre à son arrivée la chronique de son voyage. Dans l'introduction, longue et fort documentée, Rude resitue l'épopée des deux Viennois dans son contexte et en comble les nombreuses lacunes." (Diana Cooper-Richet, Le Mouvement social) — "Les quatre-vingts pages d'introduction du livre constituent une importante contribution à l'histoire et à la sociologie de l'utopie cabétiste. Oui, utopie, car il s'agit bien d'une idéologie personnelle, indépendante de toute structure économique, aboutissant à une société créée de toutes pièces sur des bases strictement morales. Cette idéologie utopiste portait le même nom qu'une doctrine dont les tenants affirment qu'elle est le contraire d'une utopie, mais bien la résultante prévue de données économiques et sociales nécessaires, et elle en diffère profondément. Par contre, elle a des rapports certains avec le babouvisme, l'owénisme, et il est possible que le mouvement italien actuel connu sous le nom de Comunità ait quelques liens avec la Communauté de Cabet. Mais il faut voir une autre parenté de celle-ci, celle qui l'attache au fouriérisme, propagateur de phalanstères. C'est, en effet, un système de type phalanstérien dont Cabet adonné le plan dans son Voyage en Icarie paru, sous sa première forme, en 1839-1840. L'œuvre a eu un immense succès, français et international. Elle a eu une résonance singulière à Vienne, l'une des neuf villes de France abondantes en communistes actifs : soixante-deux abonnés au Populaire contre seize à Grenoble, voilà une indication chiffrée qui a sa valeur, et il n'est pas étonnant que, dans le premier contingent d'Icariens qui décident, en février 1848, de partir pour le Texas, il y ait un Viennois. La foi des cabétistes dans leur messie ne devait pas être bousculée par les premiers échecs : en 1849, en 1850, il y eut de nouveaux départs auxquels participèrent encore des Viennois, et, en 1855, cinq familles de Vienne, réunissant dix-huit personnes, partirent pour Nauvoo. Ce sont les papiers de deux de ces familles qui, mis à la disposition de M. Rude, lui ont permis de dégager les journaux de voyage de deux des partants et qu'il publie. L'une des relations est de J.-F. Crétinon, ouvrier imprimeur, l'autre de F.-M. Lacour, compagnon chapelier : deux témoignages qui se complètent étroitement, mais qui émanent de deux individualités très différentes, dont l'éditeur a bien marqué les caractères propres. M. Rude a pris comme base de son édition le texte de Crétinon, joignant, en caractères italiques, les parties du journal de Lacour qui ne sont pas un simple remaniement du texte de Crétinon..." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1954)
RUETE (Emily, née Princesse d'Oman et de Zanzibar).
Reference : 99654
(1991)
ISBN : 9782811106041
P., Karthala et Nairobi, CREDU, 1991, in-8°, 328 pp, traduit de l'allemand par L. Lindsay, 4 cartes et plans, 8 pl. de gravures et photos hors texte, généalogie, broché, couv. illustrée, bon état
Par Salmé bint Saïd, l'une des 36 enfants du sultan Saïd, qui naquit à Zanzibar et y passa son enfance et sa jeunesse. Elle s'éprit d'un commerçant allemand qui faisait du négoce dans l'océan Indien et l'épousa, vivant le reste de ses jours en Allemagne. Ecrits en allemand et publiés anonymement en 1886, ces Mémoires parurent en anglais dès 1888 sous le nom de l'auteur Emily Salmé Ruete. Témoignage unique sur la famille régnante et sur la vie à Zanzibar au XIXe siècle, ils séduisent à la fois par la qualité de l'écriture et le récit du destin exceptionnel d'une princesse arabe et musulmane.
Alès, Imp. Marès, 1990, in-8°, 156 pp, 2e édition mise à jour par Hubert Latham, un portrait, broché, bon état
Généalogie de l'homme politique, banquier et négociant Michel Delaroche (ou de La Roche ; Genève, 31 octobre 1775 - Ingouville, 7 août 1852). Il fut président du Tribunal de commerce et de la Chambre de commerce du Havre de 1814 à 1819, membre du conseil général de la Seine-Inférieure de 1818 à 1832, et député du département de 1819 à 1824, puis de 1831 à 1833. Il sera également maire du Havre de 1830 à 1831.
P., Emile-Paul, 1921, in-8°, xvi-378 pp, broché, bon état
Deux importants chapitres sur le Premier Empire : la campagne de Russie et Waterloo (Tulard, 1288). Le reste des mémoires concerne l’entourage du roi Louis-Philippe jusqu’en 1848. — "Intéressants et souvent objectifs" (Tulard, 1288) — "Il décrit avec un sens certain de l'observation la cour et l'entourage des Orléans, les intrigues politiques..." (Bertier, 889) — "À partir de 1824 ces souvenirs, notés, semble-t-il, au jour le jour, ne manquent pas d'intérêt." (Revue Historique, 1923)
P., Victor Palmé, 1871, in-12 (12 x 19), xi-485 pp, faux-titre et page de titre imprimés en rouge et noir, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs pointillés et caissons ornés, titre doré (rel. de l'époque), bon état. Édition originale. Rare
Le Comte Russell-Killough s’engagea dix ans dans le 1er Régiment Étrangers de Carabiniers à pied pour la défense de la papauté de 1858 à 1868. — "Le titre seul de ce livre en indique l'intérêt ; c'est un témoin qui raconte ce qu'il a vu, les événements dont il a été l'un des acteurs, et qui aime, jusqu'au sacrifice de sa vie, la cause pour laquelle il a combattu. Ce n'est cependant pas une narration suivie, ni une histoire complète de l'époque à laquelle se rattachent les faits racontés (1860-1872) ; mais ce sont des notes mises en ordre, des souvenirs très vivants, des récits militaires pleins d'une ardeur toute guerrière, et des excursions pleines d'intérêt sur le terrain des mœurs, de la politique et de la religion, entremêlés d'anecdotes personnelles et de détails pittoresques qui captivent l'attention. L'écrivain aime Rome et le Pape, et il les fait aimer ; on ne saurait faire un meilleur éloge de son œuvre." (Annales Catholiques, 1872)
P., Dentu, 1876, in-8°, xii-553 pp, traduit de l'anglais par Charles Bernard-Derosne, broché, couv. lég. salie, dos factice
P., Firmin-Didot frères, 1848 in-8°, (4)-212-207 pp, 31 gravures et cartes, reliées in fine, texte sur deux colonnes, reliure demi-basane verte, dos lisse, pièce de titre basane carmin (“L'Univers - Egypte moderne”) (rel. de l'époque), dos, coiffes et mors frottés, mque à la coiffe sup., qqs rousseurs, bon état (Coll. L'Univers pittoresque. Histoire et description de tous les peuples)
Albin Michel, 1949, in-8°, xxii-301 pp, 24 pl. de gravures hors texte, biblio, index, reliure demi-percaline bleue à la bradel, titres et doubles filets dorés au dos, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)
Le Préromantisme – Le Romantisme triomphant : I. La France (La peinture ; Arts mineurs) ; II. L'art romantique hors de France (Angleterre et Etats-Unis ; Allemagne ; Pays latins, scandinaves et slaves) – Le Postromantisme.
P., Michel Lévy, 1859, 2 vol. in-8°, xxvi-462 et 582 pp, reliures demi-chagrin bleu nuit, dos à 4 petits nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, C. de bibl., qqs annot. crayon, plats lég. frottés, bon état. Édition originale
Édition originale rare. Madame Récamier avait commencé à rédiger elle-même ses Mémoires, cependant elle demanda qu'ils soient détruits à sa mort. Tout ne fut pas anéanti et des fragments figurent dans ce recueil : séjour au couvent, première entrevue avec Mme de Staël, destitution de Bernard, exil de Mme de Staël et affaire Moreau. —"Recueil dû à Mme Lenormant, nièce et fille adoptive de Mme Récamier, qui a rédigé l'introduction. Guizot aurait été consulté sur certains points de rédaction..." (Tulard, 1214) — "Courtisée en 1814 par Wellington et Benjamin Constant, Madame Récamier fut à partir de 1817 l'amie de Chateaubriand, qui lui resta fidèle lorsque des revers de fortune l'eurent obligée à se retirer à l'Abbaye-aux-Bois. Ces mémoires ont été détruits en conformité avec les dispositions testamentaires de Madame Récamier." (Bertier de Sauvigny, 853)
P., La Librairie Mondiale, s.d. (1907), in-4°, 291 pp, un frontispice et 6 pl. hors texte en couleurs, nombreuses illustrations dans le texte, reliure pleine percaline rouge de l'éditeur (très lég. salie), dos lisse titré en noir, 1er plat illustré d'un décor polychrome de cigognes, titres dorés, tranches dorées, bon état
Fayard, 1999, in-8°, x-420 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Bien qu'il ne repose pas sur un véritable corps de doctrine, l'anticléricalisme est bien une idéologie politique et sa permanence dans la vie politique française depuis deux siècles au moins montre sa vitalité. Il vit son âge d'or durant la Révolution française, rebondit sous la Restauration et la Monarchie de juillet en réaction aux excès cléricaux, revient sur le devant de la scène sous la IIIe République et connaît jusqu'à nos jours des poussées dont certaines sont inattendues (dans les années 1990, l'opposition au foulard islamique a partie liée avec lui) et d'autres plus classiques, comme le rejet de l'abrogation de la loi Falloux ou la dénonciation du voyage du pape à Reims en 1996 par le réseau Voltaire. Composante inséparable de l'histoire des idées, au début du XIXe siècle et à la fin du XXe siècle, l'histoire de l'anticléricalisme en France est aussi celle de la culture, de la religion et du pouvoir.
Armand Colin, 1965, gr. in-8°, 424 pp, 10 cartes et tableaux, biblio, cart. éditeur, qqs soulignures stylo, état correct (Coll. U)
"Un livre passionnant. A cause de sa trame : il fait revivre une période de soixante ans non par le détail des incidents, des dates, des anecdotes, mais par une sorte de reconstruction de l'essentiel : et, comme le veut le style de la collection, de nombreux textes placés en annexe des chapitres permettent de se rendre compte directement du langage de l'époque, à partir de discours ou de lois d'articles ou de chansons..." (Alfred Grosser, Revue française de science politique, 1966)
Armand Colin, 1962, 2 vol. in-8°, ix-968 pp, pagination continue, préface de Pierre Renouvin, biblio, index, brochés, bon état
"Pour lire sans sauter une ligne une thèse de 968 pages imprimées, il faut acquérir, page après page, de nouvelles raisons d'être convaincu qu'il agit d'une oeuvre profondément originale et parfaitement réussie. Bien des auteurs prétendent faire l'histoire de l'opinion, qui se contentent en réalité de recenser les déclarations des hommes d'Etat, d'analyser les écrits des penseurs ou des grands écrivains, ou même d'établir des revues de presse à propos de quelques événements. René Rémond a été plus ambitieux : il a voulu appréhender d'une façon globale l'opinion d'une société tout entière pendant près d'un demi-siècle. Il s'est intéressé non seulement aux idées exprimées par quelques hommes, mais à la psychologie collective et à l'histoire des mentalités, aux représentations plus ou moins confuses, aux stéréotypes, aux passions et aux idéologies qui conditionnent le jugement d'un peuple sur un autre peuple. Les Etats-Unis, dans son livre, jouent le rôle d'un réactif, d'un révélateur au sens chimique du terme. Ce qui l'intéresse au premier chef, ce n'est pas l'histoire des Etats-Unis pendant la première moitié du XIXe siècle, ce n'est pas seulement non plus l'image que les Français ont de l'Amérique, mais c'est tout ce que cette image de l'Amérique révèle des structures et des mouvements en profondeur de l'opinion française. L'exemple des Etats-Unis ne pouvait être mieux choisi. En effet, alors que l'opinion française à l'égard de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la Russie ne change guère entre 1815 et 1850, le jugement des Français sur les Américains se modifie brusquement après 1830 : l'Amérique idyllique, frugale, vertueuse, terre de liberté et de civisme, modèle du gouvernement à bon marché qu'exaltaient sans la bien connaître les libéraux de la Restauration, disparaît en l'espace de trois ou quatre ans et, après la mort de Lafayette, qui symbolise la belle époque de l'américanophilie, la plupart des Français paraissent convaincus que les Américains sont grossiers, chauvins, malhonnêtes, et que les Etats-Unis sont le pays du mercantilisme et du fanatisme. La Démocratie en Amérique de Tocqueville se situe au moment où l'image des Etats-Unis vient de virer du rose au noir. Le livre de René Rémond relate donc l'histoire d'une « modification » et il recense minutieusement tous les événements qui contribuent à l'expliquer..." (Jean Touchard, Revue française de science politique, 1964)
Le Centurion, 1982, in-8°, 334 pp, broché, qqs annotations crayon, bon état
13 études érudites par Gérard Cholvy, Gaston Bordet, Jean-René Derré, Pierre Pierrard, Jean-Marie Mayeur, Daniel Olivier, Etienne Fouilloux, etc.
P., Didier, 1858, in-12, xv-464 pp, seconde édition, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état
Par le comte de Rémusat (1797-1875), la première biographie en langue française du moine philosophe et alchimiste anglais (1214-1294), figure tutélaire de la méthode scientifique. En philosophie, Charles de Rémusat fut un spiritualiste de l'école de Victor Cousin. — Livre I. Sa vie. Ses expéditions en Espagne - Expédition d'Essex en Irlande - Avènement de Jacques Ier - Sa conduite à la chambre des communes - Première édition du Traité de l'avancement des sciences - conflit avec E. Coke - Composition des Cogitata et visa - Publication du De sapientia veterum - Bacon Procureur général - Bacon ministre - Bacon après sa chute - Ecrits divers - Sa maladie et sa mort - Livre II. Analyse des ouvrages et de la philosophie de Bacon - Examen de la philosophie de Bacon - Histoire de la philosophie et de l'influence de Bacon - etc.
Calmann-Lévy, 1878, in-8°, ix-391 pp, deuxième édition, reliure demi-papier carmin à la bradel, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), coiffes abîmées, bon état
Drame historique. — "... En 1828, M. de Rémusat composa un drame historique sur la Saint-Barthélemy. On voit, en le lisant, que la plupart des mémoires du temps lui sont familiers. On retrouve à chaque instant les récits de Tavannes, de Villeroy, de Marguerite de Valois, ou ceux de Sully, Bouillon, Lanoue, Montluc et Brantôme. On y reconnaît jusqu’à leurs expressions. Ce n’est pourtant pas une marqueterie ; c’est un récit original, saisissant, où les causes des évènements sont parfaitement déduites, et dont le principal mérite est peut-être une appréciation exacte, et souvent profonde, des caractères. Je renonce, bien malgré moi, à vous en lire quelques pages qui vaudraient mieux, pour vous faire apprécier le talent dramatique de l’auteur, que l’analyse la plus fidèle..." (Jules Simon, Discours de réception à l’Académie française, 22 juin 1876)
Calmann-Lévy, 1878, in-8°, ix-391 pp, reliure demi-basane lie-de-vin, dos lisse avec titres et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé avec qqs rares épidermures, bon état. Edition originale
Drame historique. — "... En 1828, M. de Rémusat composa un drame historique sur la Saint-Barthélemy. On voit, en le lisant, que la plupart des mémoires du temps lui sont familiers. On retrouve à chaque instant les récits de Tavannes, de Villeroy, de Marguerite de Valois, ou ceux de Sully, Bouillon, Lanoue, Montluc et Brantôme. On y reconnaît jusqu’à leurs expressions. Ce n’est pourtant pas une marqueterie ; c’est un récit original, saisissant, où les causes des évènements sont parfaitement déduites, et dont le principal mérite est peut-être une appréciation exacte, et souvent profonde, des caractères. Je renonce, bien malgré moi, à vous en lire quelques pages qui vaudraient mieux, pour vous faire apprécier le talent dramatique de l’auteur, que l’analyse la plus fidèle..." (Jules Simon, Discours de réception à l’Académie française, 22 juin 1876)
Perrin, 2017, in-8°, 247 pp, présentation de Jean Lebrun, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de Jean Lebrun à un académicien
"Le Saint-Simon du XIXe siècle." (François Furet) — Rémusat fut l'un des principaux penseurs et hommes politiques français du XIXe siècle. Né en 1797, mort en 1875, il fut successivement journaliste, député et ministre de la monarchie de Juillet, puis de la IIIe République naissante. Ses “Mémoires de ma vie” constituent un chef-d'œuvre que François Furet éleva à la hauteur des écrits de Saint-Simon. Ce libéral de conviction – orléaniste de cœur, devenu républicain de raison – y dépeint en maître la vie politique et sociale, dresse des portraits d'anthologie des contemporains capitaux et offre un récit enlevé des nombreuses révolutions et crises politiques qui ont scandé l'époque, des Cent-Jours au coup d'Etat du 2 décembre 1851, en passant par les Trois Glorieuses et la révolution de 1848. Jean Lebrun en propose la quintessence : une belle préface sur l'homme et l'œuvre précède des extraits substantiels, tous introduits et reliés entre eux afin de rendre leur lecture à la fois limpide et accessible à tous. Grâce à son travail, cet immense ouvrage, seulement connu des spécialistes de la période, va pouvoir accéder au rang de classique qu'il mérite pleinement par sa finesse analytique et sa beauté littéraire.