Bordeaux, Imprimerie Nouvelle F. Pech et Cie, 1920, in-4°, lxxxiii-484-(1) pp, texte sur 2 colonnes, imprimé sur papier vergé, reliure pleine toile bleue à la bradel avec la couverture originale contrecollée au 1er plat, dos muet, bon état
Tome IV seul, complet en soi, de cette édition de référence publiée de 1909 à 1933 en cinq volumes, sous la direction de Fortunat Strowski, François Gebelin et Pierre Villey. Le volume IV est consacré aux Sources des Essais (par Pierre Villey). Le volume V contient un Lexique de la langue des Essais et index des noms propres (par Pierre Villey). — "On ne cherchera pas ici tout le commentaire historique et moral que comportent les Essais. Il est relativement aisé à chacun de suppléer aux lacunes laissées à dessein, car la plupart des noms et des faits historiques évoqués par Montaigne sont généralement bien connus et les idées morales sur lesquelles s'exerce sa méditation ont fait l'objet des réflexions de bien des moralistes. Si, pour la commodité du lecteur, j'ai donné çà et là quelques éclaircissements et informations jugés indispensables, et si j'ai repris les traductions des citations en langues étrangères, l'objet propre de mon enquête était un peu différent ; j'avais avant tout à rechercher les sources des Essais. Les sources d'une œuvre aussi vivante devaient être cherchées d'abord dans la vie, et spécialement dans la vie intime de l'auteur. Il fallait donc éclaircir les allusions aux faits contemporains qui avaient stimulé sa pensée, aux choses locales ; il fallait établir des rapprochements d'essai à essai qui constituent comme un commentaire de Montaigne par lui-même, et des rapprochements entre les essais et les autres témoins de la pensée de Montaigne : Journal de voyage, lettres, éphémérides, inscriptions de sa librairie, notes marginales jetées sur ses volumes..." (Pierre Villey, Avant-propos)
Sans lieu, 1749, pt in-8°, xix-(8)-194 pp, reliure plein veau moucheté, dos à 5 nerfs, titre et caissons fleuronnés dorés, coupes filetées, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état (Barbier, II-235). Rare
"(...) Cet ouvrage a pour objet général de prouver, que chercher à rectifier ses idées, c'est chercher à acquérir toutes les vertus ; que le vrai nous conduit toujours bien ; & que l'homme le plus parfait est celui qui se trompe le moins : de façon que par-là il est démontré, que notre plus grand intérêt est d'avoir toutes les bonnes qualités." (Avant-propos)
MONTAUSIER (Charles de Sainte-Maure, duc de)]. LE PETIT (Nicolas).
Reference : 110993
(1729)
Paris Rollin, Genneau 1729 1 vol. relié 2 tomes reliés en 1 volume in-12, plein veau havane, dos à nerfs orné de fleurons et encadrements dorés, pièce de titre bordeaux, tranches rouges, (16) + 184 + (2) + 212 + (4) pp., portrait-frontispice gravé par Tardieu d'après Ferdinand. Edition originale de cette biographie du duc de Montausier (1610-1690), brillant militaire et gentilhomme de la Cour de Louis XIV, pair de France, habitué de l'Hôtel de Rambouillet et gouverneur du Grand Dauphin. Cette édition comprend, à la fin du tome II (p. 133-212, avec une page de titre particulière), la première publication de La Guirlande de Julie, célèbre recueil de madrigaux conçu par Montausier à la gloire de Julie d'Angennes, fille du marquis de Rambouillet. Le recueil rassemble 62 madrigaux galants des familiers de l'hôtel de Rambouillet : Montausier lui-même, Georges de Scudéry, Tallemant des Réaux, Charles d'Angennes (le père de Julie), Habert, Arnauld d'Andilly, Racan, etc. La coiffe supérieure manque. Sinon très bon exemplaire en reliure d'époque.
Calmann-Lévy, 1926, fort in-8°, xxxiii-304 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état
Engagé à 14 ans, Montbas participa pendant 44 ans aux campagnes de la plupart des généraux de Louis XIV et fut particulièrement attaché à Turenne. Sa carrière fut honorable, d'autant que le mérite y eut plus de part que la faveur. Resté longtemps dans un grade subalterne il reçut finalement du roi le don d'un régiment en 1773. Brigadier de cavalerie légère en 1688, brigadier des armées en 1690, Montbas termina sa carrière militaire en tant que gentilhomme de la maison du Roi, commandeur de Saint-Lazare.
Plon, 1934, in-12, viii-244 pp, un portrait du marquis de Montcalm et une carte dépliante hors texte, broché, couv. lég. tachée, papier lég. jauni, bon état
"Un solide ouvrage de vulgarisation fort bien écrit. L'auteur a tiré parti des travaux essentiels et donne de Bougainville et Levis une idée juste et nuancée. Évoquant les divergences qui, sous les noms de Vaudreuil et Montcalm, opposaient les Canadiens-nés et les Français de France, il paraît rendre aux antagonistes la justice qui leur est due, tout en exaltant les qualités héroïques du héros de Carillon..." (E. Préclin, Revue Historique, 1935)
Montfaucon de Villars, Crébillon, Marmontel, Nougaret, Sade.
Reference : 25497
(1999)
Desjonquères, 1999, in-8°, 188 pp, repères bibliographiques, repères chronologiques, broché, bon état (Coll. XVIIIe siècle)
On ne sait d'où viennent ces êtres mythologiques qui tombent amoureux des humains ; invisibles les sylphes flottent entre réalité et imaginaire dans les récits merveilleux qui se multiplient au XVIIIe siècle. Voluptueux, insaisissable, le sylphe, ou son double féminin la sylphide, apparaît bien souvent comme une machine de séduction dont le secret se trouve dans les rêveries amoureuses des hommes et femmes livrés à eux-mêmes. Le siècle des Lumières exprime à travers leurs figures charmantes ses doutes sur l'unité du physique et du moral, du sensible et de l'imaginaire. Cette anthologie de onze auteurs, dont Montfaucon de Villars, Crébillon, Marmontel, Nougaret, Sade, permet de suivre un siècle et demi d'évolution des moeurs et des valeurs amoureuses, de la France de Louis XIV à celle de Louis-Philippe.
MONTGLAT (Francois de Paule de Clermont, Marquis de) – LA ROCHEFOUCAULD (François, prince de Marsillac, baron de Verteuil, duc de) – GOURVILLE (Jean Hérault de).
Reference : 114719
(1838)
P., Chez l'éditeur du Commentaire analytique du Code civil, 1838, pt in-4°, 593 pp, texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 larges faux-nerfs ornés, caissons dorés et à froid, titres et tomaison dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Nouvelle Collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, avec des notices, par MM. Michaud et Poujoulat)
"Ces souvenirs sont rédigés selon l'ordre des temps, comme ceux de Saint-Simon, mais divisés par campagnes ; ce sont donc des annales historiques. Ils ont, des annales, "l'exactitude, l'allure calme et monotone, la forme régulière et pesante". Toutefois, la grande qualité de l'auteur est l'impartialité : s'il mêle à son récit des réflexions et des critiques, celles-ci sont toujours judicieuses et jamais méchantes. De plus, comme la plupart du temps Montglat a été un témoin oculaire, les informations qu'il donne doivent être prises en considération. Les négligences de son style ajoutent même en quelque sorte à la véracité de l'écrivain : celui-ci n'avait songer qu'à rédiger ses souvenirs pour lui-même, et non pour la postérité : il n'a donc eu aucun souci de farder ou de dissimuler la vérité." (Bourgeois et André II, 747) – Les Mémoires de La Rochefoucauld racontent avec netteté, élégance et précision l'histoire de la régence d'Anne d'Autriche. On y trouve en particulier le récit particulièrement saisissant de la Fronde à laquelle La Rochefoucauld participa activement aux côtés des Princes, contre le jeune Roi, la Reine mère et Mazarin. Un des plus importants témoignages sur la période allant de 1624 à 1652. – "Jean Hérault, devenu plus tard seigneur de Gourville (1625-1703), est le type de ces hommes partis de rien qui surent, au XVIIe siècle, faire leur fortune dans la finance. D'abord au service des La Rochefoucauld, il tâtat de la Bastille, s'enfuit à l'étranger; mais il s'était rendu indispensable, on l'amnistia, il se retrouva successeur désigné de Colbert (1683). Il mourut respecté de tous." (Bourgeois et André II, 808)
S.l.n.n., 1750, 6 vol. in-12, * pp, reliure pleine basane époque, dos lisses très ornés, tranches rouges, coiffes un peu usagées, tome IV abîmé (un mors fendu, mouillure, petit travail de vers sans atteinte au texte)
Ces mémoires de l'agent secret de Philippe V renferment une foule de particularités intéressantes sur les négociations diplomatiques et les événements politiques de 1725 à 1727. Le tome VI contient les pièces justificatives. Trois autres tomes ont également été publiés ultérieurement et manquent la plupart du temps. Tome I. Années 1725 et 1726 (portrait-frontispice gravé par Tanjé d'après Huber, xlviii-547 pages). ; II. Année 1726 (494 pages). ; III. Années 1726 et 1727 (450 pages). ; IV. Année 1727 (503 pages). ; V. Année 1727 (488 pages). ; VI. Pièces justificatives des cinq premiers volumes (572 pages). Source importante pour l'histoire diplomatique européenne du règne de Louis XV. Diplomate français au service du roi Philippe V d'Espagne, Montgon (1690-1770) fut envoyé par celui-ci au Portugal, puis en France, avec mission de rassembler les partisans de l'Espagne et de les opposer à ceux de la maison d'Orléans. Le duc d'Orléans étant l'héritier présomptif du trône tant que Louis XV n'aurait pas d'enfant, et Louis XV à la santé fragile menaçant de disparaître sous peu, Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, intriguait pour briguer la couronne de France, malgré la renonciation solennelle qui avait mis un terme à la guerre de succession d'Espagne. Les intrigues de Montgon dévoilées, le malheureux diplomate fut condamné à l'exil et à une retraite prématurée.
P., Perlet, 1802, in-8°, 416 pp, reliure pleine basane granitée, dos lisse à caissons ornés, pièce de titre chagrin rouge (reliure de l'époque lég. usée et tachée, petits manques au coin supérieur du 2e plat, intérieur frais)
Réhabilitation de Louis XV et Louis XVI. (Barbier II, 892 e)
Perrin, 1992, in-8°, 325 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Victor de Mirabeau (1715-1789) fut en son temps aussi célèbre que le deviendra son fils, le tribun. Humbert de Montlaur, son descendant direct, fait revivre ici les traits et l'oeuvre de ce personnage extraordinaire, fascinant, infiniment divers, ce "très rare penseur", dira Victor Hugo, quelque peu oublié par l'Histoire. A “l'Ami des hommes”, Montesquieu accordait pourtant une part de génie et nombreux furent, parmi ses contemporains – Vauvenargues, Turgot, Malesherbes, Jean-Jacques Rousseau –, ceux qui lui témoignèrent admiration et fidélité. Erudit, poète, agronome, économiste, réformateur éclairé – souvent visionnaire –, contempteur de tous les abus, à la fois féodal et démocrate, selon Tocqueville, défenseur du genre humain, il vit ses ouvrages aussitôt accueillis avec enthousiasme par l'Europe des Lumières. Victor de Mirabeau, homme privé, est également captivant. Féru de noblesse, ambitieux pour sa race, obsédé par la pérennité de son nom, il se montre envers les siens tour à tour plein de faiblesse et de violence. C'est cette violence qu'on a surtout retenue. Particulièrement celle déployée contre un fils exceptionnel, mais indomptable. Avec sagacité, sans parti pris pour l'un ou l'autre des Mirabeau engagés dans une lutte terrible où les rivalités d'esprit comptent autant que toutes sortes d'incompatibilités majeures, l'auteur, à l'aide des sources les plus rigoureuses, et notamment d'archives familiales inédites, retrace un drame généralement abordé avec passion au seul profit de tribun, la plupart de ses biographes méconnaissant à priori les efforts tentés pour "ramener" cet indomptable, défigurant jusqu'à la caricature l'image de celui qui entendait le sauver. On suivra avec intérêt et émotion la réconciliation des deux Mirabeau à l'aube de la Révolution française avec, en conclusion, le jugement du plus prestigieux de nos orateurs : "Il faut faire justice à mon père comme philosophe politique, car on a vraiment oublié jusqu'à l'ingratitude les services qu'il a rendus."
P., Chez l'éditeur du Commentaire analytique du Code civil, 1838, pt in-4°, vii-610 pp, texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 larges faux-nerfs ornés, caissons dorés et à froid, titres et tomaison dorés (rel. de l'époque), bon état (Nouvelle Collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, avec des notices, par MM. Michaud et Poujoulat)
"Henri IV appela les Mémoires de Montluc "la Bible du soldat". Malgré son désir de dissimuler ses prévarications (et ses) trahisons, et de poser pour le vieux brave homme de guerre..., Monluc... se montre le plus souvent exact dans la suite et le détail minutieux des faits." (Hauser III, 1419) – Les commentaires de Rabutin, entré au service du roi dans la compagnie du duc de Nevers, vont de 1551 juqu'à la paix de Cateau-Cambrésis en 1559. "Récit riche en détails sur Mézières et la guerre des Ardennes, le voyage du roi sur le Rhin et en Luxembourg, les campagnes du Hainaut et de Picardie, Renty, Saint-Quentin. Son horizon est celui d'un simple homme d'armes, mais véridique et assez impartial." (Hauser II, 1253).
Paris Combet et Cie 1902 1 vol. Relié in-folio, percaline bleu avec une grande composition en couleurs sur le premier plat, tranches dorées (J. Fau et A. Poënsin), IV + 80 pp. Premier tirage des 41 compositions en couleurs in texte par Job (dont 2 sur double planche). Décoloration au second plat de la reliure et coins très légèrement usés, sinon bel exemplaire, cet album étant entièrement monté sur onglet.
Paris Del Duca, coll. "Histoire de la Littérature française" 1967 1 vol. broché in-8, broché, non coupé, 481 pp., 16 planches hors-texte, bibliographie et index. Léger accroc en coiffe. Bon état.
Versailles, J.-M. Mercier, 1927, gr. in-8°, 45 pp, broché, bon état. Tiré à part de la Revue de l'Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise
"MM. Ch. Hirschauer et Ch. Bémont ont publié dans la Revue de l'Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise (1927) une étude destinée par A. Morel-Fatio à cette revue et trouvée sur son bureau après sa mort ; elle est intitulée L'abbé Jean de Vayrac (1664-1734 ?) ; elle est incomplète et on a préféré la donner telle quelle, sans retouche ; mais elle contient beaucoup de choses intéressantes à propos de l'auteur de l'Etat présent de l'Espagne." (Bulletin Hispanique, 1928)
Armand Colin, 1968, in-8°, 344 pp, biblio, index, broché, bon état
Mame, 1978, fort et gr. in-8°, 784 pp, introduction initiant le lecteur au sens et aux fonctions de l'Utopie. Traduction en regard du texte de More (reproduction de l'édition intégrale de Bâle (novembre 1518) en fac-similé), notes en bas de page et commentaires à la suite du texte, 2 portraits hors texte de More, dont un en couleurs, par Hans Holbein, 6 gravures du temps, biblio, index des matières traitées, définitions des mots techniques, reliure toile de lin écrue de l'éditeur, dos lisse avec pièces d'auteur et de titre basane bordeaux, empreinte de la signature de More au 1er plat, bon état, envoi a.s. d'André Prévost
"Il s'agit d'une « somme » sur ce fameux libelle. Elle était depuis longtemps en chantier et A.P. la mène ici à terme avec une ferveur méticuleuse. Le texte de l'Utopie nous est livré en deux versions synoptiques : l'édition latine de Bâle (1518) en fac-similé et une nouvelle version française prenant le relais des nombreuses déjà produites : 1550, par Jean Leblond, 1643, par Samuel Sorbière, 1715, par Nicolas Gueudeville, 1780, par Thomas Rousseau, 1842, par Victor Stouvenel, 1935, par Grunebaum- Ballin, 1966, par Marie Delcourt. But : « permettre au lecteur d'entrer directement en contact avec un témoin de la pensée occidentale » (p. 262). Cet objectif est d'autant mieux atteint que ce texte-perle est ici présenté dans un copieux contexte-écrin de pièces complémentaires et de commentaires circonstanciés portant sur : la genèse de livre ; sa structure, ses rythmes et sa logique interne ; son activation comme « expérience existentielle » ; ses fonctions archétypiques pour l'auteur et pour ses audiences... et naturellement sa langue, ses éditions, ses traductions. On retiendra les pénétrantes pages sur la signification religieuse d'une telle utopie ; on appréciera et on discutera les nombreuses notations comparatives entre l'utopie et le millénarisme... On voudrait écrire des pages sur cette contribution capitale qui sera pendant longtemps une source classique et irremplaçable. Elle est à elle seule toute une bibliothèque et celle-ci, par son ampleur, sa pertinence, démontre qu'une utopie, aussi mince et aussi fragile soit-elle, est de nature à s'avérer topique, expansive et perenne." (Henri Desroche, Archives de sciences sociales des religions, 1979)
Lille, Université de Lille III / Editions Universitaires, 1973, gr. in-8°, 190 pp, biblio, broché, prière d'insérer, bon état
P., Editions de la Maison des sciences de l'homme et Cambridge University Press, 1984, fort gr. in-8°, 687 pp, 43 graphiques, tableaux, sources et biblio, broché, bon état
"II s'agit de cinq études écrites de 1969 à 1976 réunies en ce gros volume dans l'ordre de leur rédaction et précédées d'un article liminaire intitulé d'Amsterdam à Séville : de quelle réalité l'histoire des prix est-elle le miroir. Puis viennent : Gazettes hollandaises et trésors américains (1580-1660) ·, Or brésilien et gazettes hollandaises (1699-1806) (pp. 120-217); Métaux précieux américains et conjoncture (1659-1720) (pp. 218-350) ; L'argent et l'or d'Amérique au XVIIIe siècle (pp. 351-549) ; Le flux, le stock et les norias (pp. 550-655). Suit l'indication des sources (pp. 656-661) et une bibliographie (pp. 661-679). L'originalité de l'effort de M. Morineau consiste évidemment dans l'utilisation de sources auxquelles on n'avait guère eu recours jusqu'à présent. Pour la période 1580 à 1618, il s'agit des gazettes des foires de Francfort (Messrelationen) contrôlées par les Fuggerzeitungen pour la période la plus ancienne et complétées par diverses correspondances utilisées dans les travaux d'une série d'auteurs récents. En 1618 commence la publication des gazettes hollandaises. D'abord les Tydinghen uyt verscheydene Quartieren de Broer Jansz et le Courant uyt Italien, Duytsland enz. de Caspar van Hilten, puis le Haarlemsche Courant. II y a des lacunes assez importantes dans la conservation de ces publications, mais l'auteur y supplée par l'utilisation des Nieuwe Tydinghen d'Abraham Verhoeven d'Anvers, du Mercure Allemand rédigé en français à Genève, du Mercure de France et de la Gazette de France de Téophraste Renaudot, des Relations Véritables de Bruxelles. Il existe aussi des sources espagnoles non officielles, c'est-à-dire pas uniquement basées sur les comptes de la Hacienda utilisés par Hamilton. Des sondages ont été opérés, en outre, pour la période jusqu'à 1660 à Venise et Florence. En 1666 commence la Gazette d'Amsterdam, principale source de l'auteur jusqu'en 1778 dont les lacunes ont été comblées par d'autres publications analogues et par des correspondances consulaires. Pour la fin de la période, l'auteur utilise aussi la Gazette de Leyde et celle d'Utrecht, toutes deux rédigées en fiançais, ainsi que la Gaceta de Madrid et la Gaceta de Lisboa et même les rapports du consul russe à Lisbonne. Matériel énorme on le voit – plus de 300.000 pages (p. 661) – et notre énumeration n'est pas complète. (...) Le gros volume dont je rends compte mérite très largement de retenir l'attention de tous les historiens de l'économie, de la colonisation et de la société durant toute l'époque moderne." (Charles Verlinden, Revue belge de philologie et d'histoire, 1989)
Armand Colin, 1971, in-8°, 387 pp, 36 tableaux et cartes, 5 graphiques hors texte, sources et biblio, broché, bon état (Coll. Cahiers des Annales), envoi a.s.
"Y a-t-il eu réellement une révolution agricole en France au XVIIIe siècle ? L'évaluation des rendements céréaliers est choisie par M. comme critère de la dite « révolution ». L'emploi de la moyenne nationale ne lui paraissant guère approprié, il entreprend une enquête rétrospective à partir de la statistique de 1840, laquelle fait apparaître une nette concordance des rendements à l'hectare et à la semence, pour le froment comme pour le seigle, avec les chiffres de Young, Lavoisier, Quesnay, voire d'Olivier de Serres. Des coups de sonde régionaux confirment cette stabilité durant tout le XVIIIe siècle, voire depuis le Moyen Âge, jusqu'au milieu du XIXe. Selon M., il n'y a donc pas eu de décollage, mais un glissement continu, des progrès parcellaires, imposés par la nécessité. En Angleterre, par contre, à la fin du XVIIIe siècle, le rendement à l'hectare était supérieur de 40 à 50 % au rendement français, et le rendement à la semence plus élevé de 2 points. Comment expliquer le passage de la population de 19 à 25 millions, soit un accroissement annuel de 4 p. 1 000 ? Là aussi, fortes disparités entre les régions. En aucun cas, la population n'a dépassé les subsistances, ce qui permet de comprendre l'« entassement » rural prolongé jusqu'en 1848. M. ramène donc la prétendue révolution à une simple récupération. En conclusion : ni révolution démographique, ni révolution agricole, mais des Frances inégales, et un siècle disjoint, disjoint de l'avenir, et conjoint au passé. Peut-être la population sous François Ier était-elle égale à celle de 1789 ? D'importants documents – cartes, graphiques, données statistiques – , appuient cette thèse, qui conteste la présentation trop optimiste du XVIIIe siècle." (J. Hecht, Population, 1972)
P., Mme Vve Jules Renouard, 1868-1869, 2 vol. gr. in-8°, viii-396 et lvii-330 pp, reliures demi-veau blond, dos lisses à filets dorés, pièces de titre et de tomaisons basane noire (rel. de l'époque), un mors fendu et recollé au tome 1, bon exemplaire
Un texte exceptionnel. Les Mémoires de Charlotte Duplessis-Mornay retracent l'histoire des guerres de religion et l'adoption par la France de l'édit de Nantes, dit Traité de tolérance (1598). Epouse de Philippe Duplessis-Mornay, bras droit du futur Henri IV, Charlotte Duplessis-Mornay recueille des informations de première main qu'elle présente et analyse dans un style clair et élégant avec un souci d'exactitude et d'objectivité qui font de ce texte une source historique cruciale. Son point de vue de femme, d'épouse et de mère fait de son témoignage un document rare et poignant d'écriture historienne et féminine sur les guerres de religion. On y trouve des récits d'enfance et de voyages, l'histoire du ralliement à la cause protestante, le témoignage de la saint Barthélemy niais aussi la mise en place des réseaux internationaux de soutien au protestantisme. Entre les lignes de l'histoire, s'inscrit la chronique d'une famille noble entièrement dévouée à la cause protestante.
Armand Colin, 1940, gr. in-8°, 552 pp, broché, bon état. Très importante bibliographie.
Recherche sur la doctrine des oeuvres , l'art de plaire, la préciosité en littéraire, des genres tragiques et comiques et épistolaires. Intéressants chapitres sur La Fontaine , La Fayette et Bossuet.
P., del Duca, 1960, in-8°, 481 pp, 16 pl. de gravures et portraits hors texte, biblio, index, broché, qqs soulignures et annotations stylo, bon état (Coll. Histoire de la Littérature française)
Des origines de l'humanisme à la Pléiade ; De Ronsard à Malherbe.
London Victor Gollancz 1970 1 vol. relié in-8, cartonnage de l'éditeur, XIII + 336 + IX pp. (sans jaquette, plan et arbre généalogique manuscrit en page de garde). Texte en anglais.
P., Librairie Fontaine, 1984, in-8°, 236 pp, notice biographique par Mme Carette, préface de Madame de Motteville [1643-1666], broché, couv. illustrée à rabats, bon état
"Dame de compagnie d'Anne d'Autriche, Françoise de Motteville (1621-1689) a laissé un témoignage vivant sur les événements de la Régence." (Bourgeois et André II, 773) — Françoise Bertaut (1621-1689) fut mariée en 1639 au premier président de la cour des comptes de Rouen, Nicolas Langlois, seigneur de Motteville, octogénaire. Veuve à vingt ans, elle rejoint la cour après la mort de Louis XIII et vécut dans l'intimité d'Anne d'Autriche.
P., Chez l'éditeur du Commentaire analytique du Code civil, 1838, pt in-4°, 625 pp, texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 larges faux-nerfs ornés, caissons dorés et à froid, titres et tomaison dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Nouvelle Collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, avec des notices, par MM. Michaud et Poujoulat)
"Dame de compagnie d'Anne d'Autriche, Françoise de Motteville (1621-1689) a laissé un témoignage vivant sur les événements de la Régence. Le texte de cette édition est revu sur une copie faite par Conrart." (Bourgeois et André II, 773) – "Le Père Berthod fut un de ces agents que la royauté employait pour intriguer et négocier, afin d'attirer à elle la population. Il s'acquitta de sa tâche à Paris, et surtout à Bordeaux, où, pendant la Fronde, 1652-1653, il courut parfois de graves dangers." (Bourgeois et André II, 812).