8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Albin Michel, 1996, in-8°, 209 pp,
Albin Michel, 1994, in-8°, 172 pp,
Nouvelles Editions Latines, 1959, in-8°, 317 pp, broché, couv. illustrée, bon état. On joint un feuillet reproduisant quelques recensions de la Presse
"L'ouvrage dénote un certain courage en face de l'opinion car les temps actuels sont peu favorables à cette classe ; cette réhabilitation est d'ailleurs très dure car si l'auteur acquitte la bourgeoisie des reproches qui lui ont été adressés, depuis cinquante ans surtout, tel celui d'avoir été cause de la misère populaire comme suite de l'avidité du profit capitaliste, il la fustige durement et sans ménagement de reproches d'ordre moral et idéologique ; ainsi elle serait responsable de la contamination des idéologies modernes qui lui ont fait abandonner les idées traditionnelles et celles-ci qui lui accordaient le sens de ses droits et de ses pouvoirs lui imposaient en retour une mesure précise de ses devoirs et obligations. (...) On notera également la critique des slogans sur lesquels sont édifiées la réprobation et la haine de la classe capitaliste, ainsi les passages de la fameuse enquête de Villermé sur la misère de la classe prolétarienne du XIXe siècle qui sont seuls connus et cités, sont ici accompagnés de leur contexte et d'autres passages qui reflètent des idées et des faits assez différents. En ce qui concerne l'Église, un chapitre entier se réfère à l'attitude du clergé catholique, notamment en France, à l'égard de la bourgeoisie; il est appuyé sur un rappel des idées de l'Ancien Régime sur les conditions sociales, le négoce, le prêt à intérêt, l'attitude de la papauté à l'égard des principes de 1789. Une étude du Concordat de 1801 et des régimes successifs du XIXe siècle jusqu'à la fin de la quatrième République, des opinions sur la séparation des églises et sur les concordats suivent encore. Bref, c'est une œuvre sérieuse, étayée sur des connaissances solides de l'histoire mais animée d'une vigoureuse et très nette position doctrinale ; c'est un livre qui se lit avec intérêt et sur lequel sociologues et historiens auront profit à méditer." (G. Lepointe, Revue d'histoire de l'Église de France, 1960)
P., Collection Hetzel, E. Dentu, libraire-éditeur, 1862, in-12, 353 pp, plus 8 pp. de prospectus, reliure demi-percaline gris-clair, dos lisse avec fleuron, date et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état
Le savoureux argot des voleurs occupe les pages 269 à 347 (Yve-Plessis, Bibliographie raisonnée de l'argot et de la langue verte en France du XVe au XXe siècle, 198). Le titre de couverture porte seulement : 'L’Esprit des voleurs, suivi d’un dictionnaire d’argot'. Le titre long est celui de la page 15, juste après l’avant-propos. Emile Colombey est un pseudonyme d’Emile Laurent. — « Ils [ces mots] passèrent chez Colombey, Le monde des voleurs, leur esprit, et leur langue, Paris, 1862. Son dictionnaire d’argot (p. 269–347) est un extrait du vocabulaire de Vidocq, augmenté de trouvailles de Victor Hugo (Colombey cite les Misérables dans son avant-propos). On y trouve toutes les fantaisies argotiques du grand écrivain (bichot, évêque, caleur, garçon, dévisser le coco, tordre le cou, gahisto, diable, gat, chat, goffeur, serrurier, guédouze, la mort, hers, maître, pilche, étui, sorgabon, bonsoir, spade, épée) ; et, par l’intermédiaire de Colombey, elles firent le tour de la lexicographie argotique : Larchey (1872), Delesalle (1899), Bruant (1901). » (Sainéan 1907, p. 297)
Maurice Devriès, s.d. (v. 1940), in-4°, 16 pp, qqs petites traces de scotch, cart. souple éditeur illustré
Album de 16 fac-similés de documents : le décret de la Convention nationale décidant l'abolition de l'esclavage, des lettres de l'abbé Grégoire, de Bugeaud, Savorgnan de Brazza, Francis Garnier, Galliéni, le père de Foucauld, Jules Ferry, Mangin, Laperrine, Lyautey, etc.
Denoël, 1988, in-8°, xi-390 pp, 16 pl. de documents hors texte, index, reliure toile éditeur lég. abîmée (trace de mouillure), jaquette illustrée (Coll. L'Aventure coloniale de la France)
"Un empire ne se bâtit jamais sans horreurs ni violence, écrit Gilbert Comte dans cet ouvrage, qui relate une aventure fertile en images d’Epinal exotiques, dont l’Exposition coloniale de 1931 fut le mémorable kaléidoscope. Pour autant, l’auteur ne se propose pas d’exalter cette « épopée », comme on disait encore avant guerre, mais plutôt d’en éclairer les multiples ambiguïtés. Ainsi, note-t-il, Marx estimait dans son Manifeste que la colonisation européenne entraînait « dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares », alors qu’Albert Sarraut, pourtant ministre des colonies (de 1920 à 1924), reconnaissait qu’elle avait été « au début, un acte de force intéressé ». Le même patriotisme – ou la même ambition – habitait-il les capitaines Voulet et Chanoine, responsables d’atrocités dignes de la guerre de trente ans, au Niger, et le quasi angélique Savorgnan de Brazza, prenant possession du Congo sans tirer un coup de fusil ? Quelle ambiguïté, enfin, dans la carrière de Blaise Diagne, le premier Noir élu député, chargé par Clemenceau du recrutement des tirailleurs sénégalais, chair à canon privilégiée des ultimes assauts de la guerre des tranchées. Aussi bien, après que les Gallieni, Mangin et autres Marchand aient bâti cet empire, de bons esprits comme André Gide se sont alarmés d’une mise en valeur parfois forcenée des colonies, comme pour la construction du chemin de fer du Congo-Océan, où mourait en moyenne un manœuvre noir par traverse de rail posée. En conclusion, Gilbert Comte affirme qu’en 1960 « aucun dirigeant de la nouvelle Afrique indépendante ne souhaitera ramener alors son pays dans l’état où le découvraient les premiers explorateurs ». Cela relève de l’évidence, mais le problème est de savoir si un commerce pacifique n’aurait pas mieux valu, pour « civiliser » l’Afrique, que de sanglantes conquêtes suivies d’une exploitation sans scrupules." (Claude Wauthier, Le Monde diplomatique, 1988)
Editions Beauchesne, 1979, gr. in-8°, 160 pp, broché, bon état
13 études érudites.
P., A. Durand et Pedone-Lauriel, 1882, in-12, x-356 pp, 2e édition, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec filets dorés, pièce de titre basane bordeaux (rel. de l'époque), coupes et plats lég. frottés, bon état. Peu courant
"Nous avons cru inutile de refaire un livre de doctrine ; la confection d'un simple manuel, bien moins théorique que pratique, nous a semblé mieux répondre aux habitudes du temps présent. Aujourd'hui, dire le fait, c'est tout dire ; un mot de la loi, et encore ; mais la jurisprudence des arrêts sonne agréablement à l'oreille du juge ; et c'est pour satisfaire à cette tendance que nous avons fait la part si large aux documents judiciaires..." (préface)
P., J.-P. Costard, 1773, 6 vol. in-8°, xv-535-(4), 528, 516, 527, 552 et 502 pp, nouvelle édition (la première en 1770), 22 vignettes de titre gravées, reliures plein veau naturel moucheté, dos à 5 nerfs ornés de caissons fleuronnés dorés, pièces de titre maroquin rouge, coupes guillochées, tranches rouges (rel. de l'époque), ex-libris gravé Château des Perrays, qqs épidermures sur qqs plats, qqs coiffes lég. usées, bon état
"Ouvrage curieux et recherché pour l'abondance et le pittoresque de sa documentation. C'est un des recueils les plus complets de traditions et superstitions peu connues et bizarres qui intéressent le symbolisme, la magie, la démonologie, le folklore, etc. Les moindres peuplades y sont l'objet de révélations curieuses avec un luxe de détails forts piquants. Un certain nombre de gravures sur cuivre ajoute au texte déjà très suggestif un rehaut attrayant." (Caillet) — "Ouvrage des plus curieux sur les mœurs des sauvages du Canada, de la Floride, de la Virginie, du Brésil, de l'Asie, de l'Afrique, etc." (Chadenat II- 6963) — Le tome V est consacré aux Amériques, notamment des états de l'Amérique du Nord (Nouvelle-Angleterre) et du Canada. L'ouvrage ne se contente pas d'exposer les grands peuples (Japon, Turquie, Inde) mais s'intéresse également à des peuplades peu connus voir oubliés comme les Guèbres.
Calmann-Lévy, 1958, in-8°, 481 pp, traduit de l'américain par Noël Calef, dessins de Richard Albany, photographies de Reuben Goldberg, 16 pl. de photos hors texte, glossaire, reliure pleine toile écrue de l'éditeur (lég. piquée), titres sépia au 1er plat et au dos, bon état
Par l'ethnologue et anthropologue Carleton Stevens Coon (1904-1981). En 1939, il soutint que rasé et habillé, un Néandertalien passerait inaperçu dans le métro de New York...
P., Grund, 1954, pt in-4°, 40-(4) pp, un frontispice en couleurs et 30 planches hors texte, liste des différents brevets, broché, couv. rose rempliée illustrée d'une vignette en couleurs, bon état (Prix Charles Blanc de l’Académie française, 1955)
Intéressante documentation sur un artisanat qui n'a pas suscité une abondante littérature. — "Cet ouvrage n'est pas un traité technique. Comme son auteur l'indique du reste dans l'avant-propos, il ne cherche pas davantage à être « une histoire de l'art longuement et savamment documentée ». Le but de Mme Copper-Royer était autre. Après avoir réuni avec patience et amour une collection d'objets en marqueterie de paille et avoir examiné d'autres collections, elle a groupé dans le présent recueil des renseignements et des observations destinés à « aider les collectionneurs et les artisans ». Les lecteurs amateurs de curiosités liront avec plaisir ce charmant livre joliment illustré. L'auteur n'a pas limité son étude à la France. Les objets décrits et représentés sont aussi bien extrême-orientaux qu'européens. Ils relèvent plutôt d'un art savant que populaire, ainsi les coffrets figurant des scènes antiques, mythologiques ou des reproductions de tableaux de Watteau. Néanmoins, l'auteur signale, p. 31, l'existence de petits objets courants en marqueterie de paille, « contant l'histoire pittoresque d'un pays par les moyens les plus simples, c'est de l'imagerie populaire, de la tradition folklorique ». Par ailleurs, on en trouve des spécimens reproduits notamment pl. 5, 9 et 27." (Michèle Richet, Arts et traditions populaires, 1956)
Hatier, 1970, gr. in-8°, 448 pp, très nombreuses illustrations (quelques-unes en couleurs) et cartes, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Collection d'Histoire Hatier, programme 1957, classe de Seconde)
Aubier, 1995, gr. in-8°, 470 pp, 24 pl. d'illustrations en noir et en couleurs, notes, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
Comment se sont créés les usages modernes du temps libre ? Comment le désir de voyage, la soif d'aventures et de sensations nouvelles, les divertissements de la foule, le besoin de quiétude et de découverte de soi se sont-ils combinés à l'accélération des rythmes de vie ? Telles sont les questions auxquelles entend répondre cet ouvrage conçu et coordonné par Alain Corbin, avec des contributions de Julia Csergo, Jean-Claude Farcy, Roy Porter, André Rauch, Jean-Claude Richez, Léon Strauss, Anne-Marie Thiesse, Gabriella Turnaturi et Georges Vigarello.
CORBIN (Alain), Noëlle GÉRÔME et Danielle TARTAKOWSKY (dir.).
Reference : 1439
(1994)
ISBN : 9782859442484
Publications de la Sorbonne, 1994, gr. in-8°, 440 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. 30 études érudites
L'usage politique des fêtes. En mettant l'accent sur l'instrumentalisation, la formule choisie laisse supposer l'existence préalable, hors de la sphère du politique, d'un tissu d'émotions festives, d'une liesse collective, offerts à la conquête et à la captation. Cependant y eût-il jamais fête pure de toute politique ? Les auteurs se proposent d'étudier la gestion de la mémoire, le réseau des références historiques partagées dans la commémoration, la célébration, l'exaltation, la vindicte ou l'anathème. Ils analysent l'expression des valeurs qui fondent la portée pédagogique ou militante de l'événement, ainsi que sa dimension utopique. Ils tentent de repérer la genèse des emprunts, l'intensité des réaménagements, l'originalité des assemblages.
Berg International, 1982, gr. in-8°, 208 pp, broché, couv. illustrée à rabats, qqs annotations et soulignures stylo, sinon bon état
"Ce volume regroupe le texte de trois conférences déjà anciennes (respectivement de 1952, 55 et 56), et rééditées à l’intention d’un public plus vaste. Le thème général en est la perception du temps dans la pensée gnostique iranienne (mazdéenne) et musulmane (ismaélienne). La question et ses implications sont bien sûr immenses. La philosophie et l’ethnologie contemporaines ont souligné combien la conception quantitative du temps, découpé en heures et en jours, n’est qu’une vision parmi d’autres dont se servent les humains pour se situer dans leur devenir, et que bien des peuples et des courants de pensée ont une approche beaucoup plus complexe de l’évaluation du changement. C’est à explorer les rythmes de certaines autres façons de vivre la durée, que s’est attaché ici Henry Corbin. (...) Au cours de ces développements d’une ampleur intellectuelle et d’un mouvement parfois magistraux, Henry Corbin donne au lecteur de pénétrer dans des mondes mentaux, intégrant « quelque chose comme une autre dimension encore », et cette impulsion même vers l’exploration des « formes de l’esprit » en Iran est aussi un des apports les plus féconds du livre." (Pierre Lory, Bulletin critique des Annales islamologiques, 1986)
P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1950, in-8°, 254 pp, broché, bon état
Sur l'assistance aux gens de mer. — "Expliquer les caractères originels, puis les enrichissements successifs, tant de la pension elle-même que de l'Etablissement des Invalides de la Marine, c'est définir l'attitude que les divers gouvernements de notre pays ont été amenés, par l'évolution des idées et des faits, à prendre envers les navigateurs de nos côtes. La petite histoire d'une Caisse dont l'existence est totalement ignorée de la masse des Français reflète ainsi de près l'histoire maritime, et par l'intermédiaire de celle-ci, l'histoire générale. Le sujet traité est à maints égards aride, presque hermétique ; il ne laisse pas cependant de présenter quelque attrait pour l'historien." (Préface)
P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, s.d., in-8°, 254 pp, broché, bon état. Réimpression de l'édition de 1950
Sur l'assistance aux gens de mer. — "Expliquer les caractères originels, puis les enrichissements successifs, tant de la pension elle-même que de l'Etablissement des Invalides de la Marine, c'est définir l'attitude que les divers gouvernements de notre pays ont été amenés, par l'évolution des idées et des faits, à prendre envers les navigateurs de nos côtes. La petite histoire d'une Caisse dont l'existence est totalement ignorée de la masse des Français reflète ainsi de près l'histoire maritime, et par l'intermédiaire de celle-ci, l'histoire générale. Le sujet traité est à maints égards aride, presque hermétique ; il ne laisse pas cependant de présenter quelque attrait pour l'historien." (Préface)
P., Librairie Delagrave, 1917, in-4°, vii-(1)-214-(1) pp, 60 photographies dans le texte, cart. percaline rouge de l'éditeur avec 1er plat polychrome montrant cinq scènes d'activité industrielle (reproduction d'une pièce originale à Sèvres (voir p. 81), cerf-volant monté, construction navale, machine-outil), dos lisse avec titre et fleurons, tranches dorées (Schmitt, graveur), cartonnage lég. sali, bon état
Bel ouvrage didactique composé de nombreuses notices (illustrées de 60 photos) sur les poudreries, les manufactures d'allumettes (p. 41- 55), les manufactures de tabac (p. 57-75), les manufactures de Sèvres et des Gobelins, l'Imprimerie nationale, les télégraphes et téléphones, l'usine d'essais de Billancourt, les constructions navales, etc. Le cartonnage éditeur illustré de motifs en couleurs témoigne bien de la naïve fierté industrielle de l'époque.
Boulogne-Billancourt, Renault, Hervé Gros, 1998, in-4°, 127 pp, préface de Louis Schweitzer, 340 photos en noir et en couleurs, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
Décembre 1898 : Renault vend ses 12 premières voitures et très vite, des dizaines d'entrepreneurs, artisans et mécaniciens qui à travers toute la France rêvent de l'automobile, s'associent à son aventure. C'est l'étonnante et émouvante épopée de ces hommes que ce livre fait ressurgir à l'aide de documents d'archives pour la plupart inédits. Ce livre est un hommage aux hommes qui ont participé à l'aventure du réseau Renault pendant un siècle.
Tallandier, 1990, fort in-8°, 514 pp, 11 cartes, tableau chronologique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Du Mississippi au Mékong, de Terre-Neuve à l'île Bourbon, du Levant aux lagons océaniens, de l'Inde des comptoirs à l'Afrique Noire des explorateurs, pendant huit siècles, les Français ont découvert, combattu, commercé, construit, évangélisé, voyagé, conquis, exploité un peu partout dans le monde. Cette longue aventure de la présence française outre-mer, dont la colonisation ne représente qu'un des aspects, les auteurs de cet essai ont voulu la traiter comme une histoire chronologique. Les portraits des acteurs connus ou presque anonymes y alternent avec la relation des événements et l'exposé des politiques... — "Avant sa mort survenue brutalement en 1988, l'éminent spécialiste de l'histoire africaine qu'était Robert Cornevin avait entrepris et rédigé aux deux tiers cet ouvrage que son épouse et collaboratrice a achevé. A la fois précis et clair, de lecture agréable, il se veut le manuel détaillé qui permet de faire revivre l'action des Français outre-mer dans un récit méthodique et événementiel à jour des recherches récentes des historiens. Il était indispensable de faire le point, après une longue période de silence sur cette question que la décolonisation avait rendu tabou, mais en tenant compte des acquis des nombreuses thèses et études approfondies, souvent limitées dans l'espace et/ou le temps qui ont renouvelé profondément cette partie de notre histoire. Robert et Marianne Cornevin ont réussi la gageure de réaliser une telle synthèse, œuvre de vulgarisation intelligente, s'appuyant sur un solide appareil critique (notes, chronologie, bibliographie abondante) et onze cartes simples et claires. L'ouvrage est divisé en onze chapitres chronologiques d'inégale importance, mais qui traduisent bien les différentes étapes de notre histoire coloniale. Chaque chapitre comporte, en dehors de quelques paragraphes sur l'évolution générale (administration des colonies ou économie par exemple), plus ou moins développés selon la période, une revue systématique de chacun des territoires coloniaux de la France. Ces paragraphes de synthèse, bien présentés et bien placés, font que ce morcellement géographique n'est pas un handicap, tout en permettant à chacun de retrouver aisément, dans une table des matières liminaire très détaillée, la colonie qui l'intéresse personnellement en la situant dans l'évolution générale. Il est évidemment hors de question de résumer un tel ouvrage, qui est un excellent manuel, où notre action coloniale est présentée avec un évident souci d'objectivité sereine. Il met d'ailleurs à sa juste place le rôle des hommes, ministres comme Richelieu ou Colbert, explorateurs de Jacques Cartier à La Pérouse et à René Caillé. Ce volume se lit aisément et avec plaisir." (Jean Tarrade, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1991)
P., La Restauration nationale, 1987, in-8°, 126 pp, biblio, broché, bon état
Le terme de Contre-Révolution renvoie à d’innombrables personnages et a donné lieu à bien des études historiques, spécialement les guerres de l’Ouest. La pensée contre-révolutionnaire en revanche a été beaucoup moins traitée, et souvent de façon réductrice et caricaturale. Les penseurs qui menèrent par la plume la lutte contre les Lumières méritent pourtant d’être redécouverts et connus. C’est de cet héritage intellectuel dont il est question dans cet ouvrage. Son ambition n’est pas d’être exhaustif mais d’inviter à une lecture féconde pour peu qu’on s’intéresse à la bataille des idées qui finalement oriente l’histoire. Dès qu’il entreprit son action politique Maurras s’en revendiqua : « Ma besogne a consisté à tirer un seul mouvement de l’effort contre-révolutionnaire du XIXe siècle, je n’ai presque rien inventé… ». À vrai dire, le maître de l’Action française se montre ici trop modeste car son apport a été essentiel pour faire de cet héritage un effort intellectuel cohérent. N’empêche qu’il y a un devoir de reconnaissance à l’égard de ces penseurs et qu’on peut toujours faire son miel d’une pensée beaucoup plus riche qu’on ne l’a dit. — A. Chénier, Rivarol, Joseph de Maistre, Louis de Bonald, Auguste Comte, Sainte-Beuve, Blanc de Saint-Bonnet, Frédéric Le Play, Fustel de Coulanges, Hippolyte Taine, Ernest Renan, La Tour du Pin, Albert de Mun, Charles Maurras et la Contre-Révolution.
G. Masson, 1887, in-12, iii-551 pp, reliure percaline bleue éditeur. Très bon état
Editions De Borée, 2012, gr. in-8°, 388 pp, très nombreuses photos, portraits et documents d'époque reproduits en noir et en couleurs, chronologies, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s. (nom du destinataire biffé)
De 1840 au milieu des années 1990, un panorama de la criminalité féminine française, de Marie Lafarge à Florence Rey en passant par les soeurs Papin, Marie Besnard ou encore Simone Weber. — Le crime au féminin est plus rare que le crime au masculin. Il représente une infime partie des crimes de sang jugés depuis plus d'un siècle et demi dans notre pays. Parfois, à l'issue de son procès, même si sa responsabilité a été démontrée, la criminelle est déclarée non coupable et sort libre du tribunal. Et avant l'abolition de la peine capitale en 1981, la criminelle était rarement condamnée à mort ; quand c'était le cas, la grâce lui était généralement accordée. Le crime au féminin n'est donc pas perçu de la même façon par la société que le crime au masculin. Serge Cosseron et Jean-Marc Loubier dressent ici le portrait de femmes criminelles qui, de la moitié du XIXe siècle aux années 1990, tuèrent par amour, par jalousie, par cupidité, par vengeance ou par désespoir, pour des raisons personnelles ou politiques, ou bien encore sur un coup de folie. S'appuyant sur des archives judiciaires, des récits, des témoignages, des rapports d'expertises médicales et psychiatriques, les auteurs font oeuvre d'historiens en explorant dans sa crudité et sa violence cet univers du crime qui ne cesse, aujourd'hui encore, de fasciner et d'intriguer. Nous croiserons donc des femmes dont les noms sont restés gravés dans les mémoires, telles Simone Weber, condamnée pour avoir dépecé son ex-amant, les soeurs Papin, auteurs d'un double meurtre morbide, Violette Nozière, la parricide des surréalistes, Marie Besnard, la Bonne Dame de Loudun, et beaucoup d'autres encore dont on avait jusque-là oublié les forfaits pourtant fort singuliers... — "Cet épais recueil en hard cover et papier glacé, qui pèse son kilo et demi, bénéficie d'une typo claire, d'un jeu sur les textes en rouge et surtout de reproductions de documents très bien choisis, rarement vus et parfaitement mis en page. De plus, les auteurs insèrent une chronologie résumée très lisible dans le corpus, ce qui replace très bien l'affaire dans son temps. Les affaires sont classés chronologiquement, ici de l'empoisonneuse Marie Lafarge, jugée en 1840, jusqu'à Florence Rey, la compagne d'Audry Maupin, dont le casse pour s'emparer d'armes en 1994, dériva en "virée infernale" qui fit cinq morts. Avec une écriture très maîtrisée, les auteurs évitent le rapport pur et dur et se permettent des développements motivants sur le avant, le pendant et le après. Les têtes d'affiche sont là : Hélène Jégabo, la serial killeuse bretonne condamnée en 1851 pour des dizaines d'empoisonnements, Gabrielle Bompard l'appât du huissier Gouffé, "l'ogresse" Jeanne Weber, Mme Steinheil, Henriette Caillaux qui révolvérisa le directeur du Figaro, les sœurs Papin, Violette Nozière, Violette Morris l'ignoble guestapiste, Pauline Dubuisson, Denise Labbé qui tua sa petite fille sur la demande de son amant, sans oublier "les modernes" dont le souvenir reste encore vif dans notre mémoire comme Valérie Subra, l'appât pour plusieurs hommes victimes de ses deux amis, Nathalie Ménigon d'Action Directe ou Simone Weber la mamie à la meuleuse. Les autres cas moins connus suscitent un intérêt supplémentaire. Comme Mme Caillaux, Mme Hugues, femme de député, révolvérisa en 1885 un homme de scandale. Ce détective privé fut tué dans les locaux du tribunal et le mari Clovis Hugues (qui avait lui-même abattu un homme en duel pour laver son honneur) sauta au cou de sa femme pour la féliciter après son tir. Rachel Galtié, entre 1902 et 1903 empoisonna mari, frère et grand-mère pour toucher des assurances-vie. L'alcoolique baronne de Couvrigny qui couchait avec son fils débile et ses bonnes, fit tuer son mari à coups de fusil. Drame de la misère malgré la particule. L'anarchiste Germaine Berton tua le patron des services de l'Action française tandis que Camille Tharault, femme battue, descendit le champion cycliste Henri Pellisier en 1935 au cours d'un repas entre amis. Même statut pour Yvonne Chevallier qui tue son ministre de mari en 1946. Depuis le film de Chabrol, on connaît le destin de l'avorteuse Marie-Louise Giraud décapitée en 1943 mais moins celui de Germaine Godefroy, dernière femme décapitée en France à Angers en 1949, pour le meurtre à la hachette de son charbonnier de mari. À l'heure de la débâcle en 1940, Cécile Housseau assassine son beau-fils handicapé et l'enterre. Elle sera confondue dix ans plus tard. Si certaines meurtrières furent acquittées (Mme Caillaux, Mme Hugues, Camille Tharault, Yvonne Chevalier) en raison de la mansuétude des tribunaux de l'époque pour leur honneur, Marie Besnard l'a été aussi pour l'accusation de ses treize empoisonnements. Légalement, elle n'est donc pas une criminelle et n'a donc pas sa place dans ce recueil. Ces affaires plus oubliées mais qui n'en ont pas moins provoqué un grand raffut médiatique, nous font prendre conscience combien les auteurs ont développé leur texte avec talent en distillant leurs informations dans des récits passionnants qui intègrent les données psychologiques et historiques. En bonus de l'ouvrage, ils ont ajouté trente-deux faits divers concernant des meurtrières racontés en un texte court et bien fait. On y retiendra le cas, en 1869, de la femme Delpech, baptisée "l'Ogresse de Montauban" accusée d'avoir tué plus de cinquante enfants dont sa fille. Quelque peu différent du cas de Jeanne Weber qui éprouvait une jouissance sexuelle à étouffer ses jeunes victimes, la femme Delpech prenait des enfants en nourrice et se débarrassait d'eux (après un biberon au vitriol et la tête plongée dans l'eau bouillante !) pour continuer à toucher l'argent des pensions de pauvres filles-mères peu regardantes sur le devenir du fruit de leur péché." (Michel Amelin, K-libre, 2012)