8, rue Bréa
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France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Fayard, 1954, in-12, 380 pp, cartes, chronologie, biblio, index, broché, annotations crayon et stylo, état correct (Coll. les Grandes études historiques)
"Jacques Chastenet, dont on a gardé précieusement, dans un des meilleurs rayons de sa bibliothèque, le “William Pitt” et le “Wellington”, publie aujourd'hui un “Siècle de Victoria” qui le sacre définitivement comme un des meilleurs spécialistes de l'Angleterre moderne. Pour Chastenet, le XIXe siècle apparaît comme un siècle de prépondérance britannique : pendant cette période, affirme-t-il, c'est la Grande-Bretagne qui a donné le ton dominant à la civilisation. D'où le titre de son livre. On lira avec passion la magnifique aventure nationale des Melbourne, des Peel, des Palmerston, des Russell, des Gladstone, des Disraeli, des Salisbury, étonnante équipe qui, groupée autour de sa souveraine, ne poursuivra qu'un but en dépit des contradictions apparentes : la création, la sécurité, la grandeur de l'Empire. On lira d'autant plus volontiers ce livre qu'il est écrit par un historien dont l'érudition et le sens psychologique, politique et diplomatique se doublent des plus brillantes qualités qu'on peut réclamer d'un homme de lettres." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1947)
Fayard, 1957, fort in-12, 421 pp, biblio, index, qqs rares annotations stylo sur 20 pages, broché, bon état (Coll. les Grandes études historiques), envoi a.s.
Armand Fallières (1841-1931) fut président de la République française de 1906 à 1913. — “La France de M. Fallières” permet à Jacques Chastenet de brosser une grande fresque vivante, animée, colorée. Ces pages présentent un particulier intérêt parce que l'auteur a tenu à mettre en relief les aspects les plus variés de cette « époque pathétique » où la majorité des Français se croyait destinée à vivre pour toujours dans un pays pacifique et sans histoire... Jacques Chastenet nous démontre que les privilégiés de ces temps heureux se bouchaient volontairement les yeux pour ne pas voir la réalité. L'admission au dictionnaire de l'Académie du mot “épater” constituait un véritable événement. Il est vrai que Paul Bourget pouvait écrire gravement : « L'Académie française représente, avec le Vatican et la Chambre des Lords, l'un des trois piliers de la civilisation. » (Georges Huisman, Hommes et mondes, 1951)
P., Garnier Frères, s.d. (1908), fort in-12, 486 pp, une gravure en frontispice, broché, rousseurs, qqs marques au crayon en marges, état correct
Texte identique à l'édition précédente (Discours historiques sur la chute de l'empire romain, la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares), composé en très petits caractères, moins la dernière partie : Analyse raisonnée de l'histoire de France.
P., Henri Jonquières, 1929, in-8°, lviii-301 pp, préface et notes par Joseph Le Gras, 8 pl. de gravures hors texte, index, broché, bon état (Coll. Jadis et Naguère)
En 1792, François-René de Chateaubriand, « l'homme couvert de femmes », pour reprendre le titre d'un roman, épouse « par distraction », puis l'oublie pendant plus de dix ans, Céleste de Lavigne, bretonne comme lui, jeune comme lui : elle a dix-sept ans, il en a vingt-quatre. Souvent délaissée pour les « Madames », elle n'en jouera pas moins, à partir de 1805, un rôle considérable auprès de son mari, présidera aux destinées de la Vallée-aux-Loups puis à celles de l'Infirmerie Marie-Thérèse, l'encouragera dans ses projets politiques, suivra de très près ses écrits et vouera aux gémonies tous ceux, sans exception, qui lui font une ombre quelconque. Dévote confite en prières ou ambitieuse fanatique, femme politique ou d'intérieur, tendre ou sèche, autant de facettes suggérées dans ses Cahiers, écrits de 1830 à 1833. Avec eux, les “Mémoires d'outre-tombe” ne sont jamais loin. Plus rapides, plus concis, plus virulents aussi, ils en sont un peu le contrepoint. D'un texte à l'autre, les nuances comme les ressemblances fascinent et rendent mieux compte de la communauté d'idées, des influences réciproques qui existaient entre l'écrivain et cette épouse qui, au fond, ne cessera jamais de l'admirer. — "Divisés en deux cahiers, le Cahier Rouge (1804-1815) et le Cahier Vert (1815-1844), ces mémoires constituent une apologie de Chateaubriand. La Restauration occupe les pp. 96-302." (Bertier, 238)
P., Le Normant, 1820, in-8°, (4)-ii-302 pp, reliure plein veau naturel, dos lisse très orné, pièce de titre basane vermillon (rel. de l'époque), un cachet à moitié effacé sur la page de titre, mors proprement recollés, bon état
Seconde édition, parue la même année que l'originale, de cette célèbre et vibrante relation commandée à Chateaubriand par la Cour en hommage au duc de Berry. On trouve in fine le texte célèbre : "Il s'élève derrière nous une génération impatiente de tous les jougs, ennemie de tous les Rois ; elle rêve la république, et est incapable, par ses mœurs, des vertus républicaines". Le duc de Berry, deuxième fils du comte d’Artois (le futur Charles X) était sous la Restauration le chef du parti ultra-royaliste et l’espoir de la continuité dynastique des Bourbons. Il fut assassiné à la sortie du théâtre le 14 février 1820 par un fanatique isolé, Louvel.
P., Le Normant, 1833, in-8°, 121 pp, reliure demi-veau fauve, dos lisse à filets guillochés dorés, tranches citron (rel. de l'époque), mors fendus, pt mques en tête et en queue, qqs pâles rousseurs, bon état
Édition originale et seule publiée. Mis en vente le 29 décembre 1832, cet écrit, plaidoyer magnifique pour la "duchesse captive", constitue la dernière brochure politique de Chateaubriand.
P., chez les Marchands de nouveautés, 1830, in-8°, 57-vii-4 pp, broché, dérelié, bon état. Rare
Par Agricol-Hippolyte de Lapierre de Châteauneuf (1766-1842).
Hachette, 1973, in-8°, 381 pp, notices biographiques, tableau synoptique, index, broché, couv. à rabats, bon état (Histoire de la philosophie, 5)
P., Augustin Challamel, 1893, in-12, x-347 pp, préface d'Alfred Letellier, député d'Alger, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), dos unformément passé, bon état. Rare
Enquête sur les problèmes algériens qui forme un résumé précieux de la situation en 1892. D'abord histoire de la colonisation et examen du problème de la colonisation. Difficultés de la constitution de la propriété individuelle et de l'état-civil indigènes ; les travaux publics ; la justice (pour les Européens et pour les indigènes) ; de la nécessité de faire des sacrifices pour l'enseignement des Européens et des indigènes. Il faut être prudent pour la naturalisation des indigènes ; il convient de les gouverner avec sévérité, mais avec justice. De la question des Juifs. Le Gouverneur général doit avoir plus d'indépendance qu'on ne lui en laisse actuellement. (Taillart, “L'Algérie dans la littérature française”, 2312)
Delagrave, 1980, in-8°, 190 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. M. Chaulanges)
P., Mouton, 1975, in-8°, 376 pp, broché, bon état (Coll. Le Savoir historique)
"L'auteur, spécialiste de l'histoire de la noblesse à la fin de l'Ancien Régime, donne un recueil de textes brièvement commentés et précédés d'introductions substantielles dans leur relative concision. Les textes sont presque tous empruntés à des historiens de notre époque, mais parfois aux œuvres du XVIIIe siècle. Ils illustrent la démonstration de l'auteur. Le volume se lit avec intérêt et agrément. L'idée directrice explique le choix des limites chronologiques : au cours de ce long siècle, l'évolution a été rapide, sans révolution véritable. Définies de fait comme de droit, non pas en termes idéologiques ou sociologiques, mais empiriques, les élites se sont reconnues et ont été acceptées par la naissance et la richesse, accessoirement par le mérite et les talents (sans que le rôle des services et des talents se soit accru largement avec le temps). L'accent s'est lentement déplacé de la naissance à la richesse ; mais il s'agit toujours de la propriété foncière. Le notable, noble ou grand bourgeois est issu de la Révolution, mais déjà les années pré-révolutionnaires voyaient se profiler ce nouveau personnage social. La Révolution, de ce point de vue, réside dans l'intégration de la fortune au rang de privilège, ce que sanctionne le cens. Il faut attendre 1830 pour que la richesse autre que foncière se voie reconnaître les mêmes droits que la propriété. L'armée a suscité une certaine promotion sociale au cours des guerres, mais les talents des sciences et des arts ont été récompensés à dose homéopathique, moins par l'Empire que par les rois. Avec la propriété, comme toujours, le moyen de promotion a été le service du souverain et de l'État. On dira donc que la fusion des élites en cours dès le XVIIIe siècle est presque réalisée en 1848. La thèse, admise par la majorité des historiens contemporains, gomme à l'excès l'influence de la Révolution. Mais il faut convenir que la flambée de 1792 à 1794 fut brève autant qu'inoubliable ; l'évolution a prédominé, mais elle imposa ses inerties et sa lenteur." (L. Girard, Revue belge de philologie et d'histoire, 1982)
Presses universitaires de Rennes, 2010, gr. in-8°, 382 pp, 41 illustrations en noir et en couleurs sur 32 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
L'imaginaire de la Belle Epoque et des Années Folles est tout entier colonisé par le judiciaire. Depuis, films et feuilletons, séries noires et histoires du crime se sont multipliés au point de saturer l'univers des images et des représentations dans lequel nous vivons. Au coeur de cet imaginaire se trouve la cour d'assises, souvent assimilée à une pièce de théâtre ou à un spectacle. Maurice Garçon écrivait en 1928 : "au lieu de sentiments imaginés, de situations inventées, ce sont des personnages vivants qui étalent leurs passions, montrent leurs douleurs, exposent leurs tares, proclament leur effroi". Fondé sur le dépouillement de très nombreux récits de procès, la présente étude constitue le premier ouvrage historique sur le fonctionnement, de l'intérieur, de la juridiction la plus célèbre du système pénal. Aux dires de nombreux observateurs, les palais de justice semblent avoir été bâtis pour accueillir des récits de vie, des paroles extravagantes, des histoires de corps lacérés et d'âmes pantelantes. Pour restituer les audiences, sans doute faut-il s'intéresser, tout d'abord, à la scène judiciaire, aux comptes-rendus de procès rédigés par les "tribunaliers", et à la façon dont les débats sont menés. Il importe aussi de retrouver les manières de parler, les gestes esquissés, les larmes versées et les regards échangés. Enfin, pour rendre compte du "drame judiciaire" lui-même, il faut encore suivre les "héros des cours d'assises", saisit le mystère du passage à l'acte, s'attacher à la transformation du réel en judiciaire. L'histoire de la cour d'assises entre 1881 et 1932 s'avère essentielle pour comprendre la justice pénale contemporaine, à condition de se montrer attentif au cadre, à l'atmosphère, aux contraintes d'espace et de temps, au rituel judiciaire, aux plaies de la société perçues comme des blessures individuelles.
Aubier, 2000, in-8°, 301 pp, notes, sources, index, broché, bon état (Coll. Historique)
Spécialistes diligentés par la justice, les "experts du crime" doivent fouiller les chairs boursouflées, analyser les entrailles, proposer un diagnostic des facultés mentales des accusés. Ce savoir-faire, il leur a fallu un siècle pour l'imposer : en 1791, ils n'existent guère aux yeux de la justice et de l'opinion ; le législateur prévoit (et encore, dans les seuls cas de mort violente) la présence d'un homme de l'art pour examiner les cadavres. Or, à la veille de la Grande Guerre, le recours aux experts est devenu presque systématique. Dans l'intervalle, ils inventent de nouvelles catégories de blessures, proposent un inventaire raisonné des folies admises dans les prétoires, fondent la toxicologie, découvrent même les traces des "poisons invisibles" : malgré quelques erreurs judiciaires retentissantes, ils triomphent au point que l'on songe, dans les années 1890, à leur donner la première place dans le procès pénal. L'histoire de cette corporation et des pratiques médico-légales, essentielles pour comprendre la "société judiciaire" restait à faire.
P., Société générale de librairie catholique, et Victor Palmé, et Bruxelles, Joseph Albanel, 1879, in-8°, vii-342 pp, nombreuses gravures dont 20 à pleine page hors texte, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs filetés, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale
Important recueil de notices biographiques sur 18 anciens élèves de Sainte-Geneviève tués à l'ennemi pendant la Guerre de 1870-1871 : Emmanuel de Beaurepaire, Pierre de Berghes, Georges Aubry, Edgard de Saiset, Raoul de Kreuznach, Henri de Falaiseau, Henri Nouaux, Charles de Luynes, Auguste de Nyvenheim, Henri d'Adhémar, Antoine de Levezou de Vesins, Edouard Domet de Mont, Bernard de Quatrebarbes, Maurice du Bourg, René de Fromont de Bouaille, Georges Barbereux, Renaud de la Frégeolière, Louis de l'Estourbeillon.
P., Marcel Rivière, 1956, fort in-8°, ix-717 pp, avant-propos de Edouard Ehni, biblio, index, broché, bon état
"Livre touffu, au premier abord, que celui de M. Paul Chauvet. A le dépouiller attentivement, il constitue, par l'énorme documentation, autrefois éparse et ici rassemblée, une somme, fort utile, de références d'histoire ouvrière certes, mais aussi d'histoire de l'imprimerie et de la presse, de 1789 à 1881, d'autant plus que, ne se limitant pas à Paris, il comporte un important chapitre provincial, où figurent Lyon, Nantes, Marseille, Toulon, Rouen, Troyes, Dijon et, au moins, une vingtaine d'autres villes encore." (Paul Leuilliot, Annales ESC, 1958)
Centre de propagande des Républicains Nationaux, Georges Lang Imprimeur, 1932, in-12, 158 pp, tableaux, biblio, broché, bon état. Peu courant
Le Centre de propagande des républicains nationaux est une organisation politique française de la droite modérée, active dans l'entre-deux-guerre. Fondé en 1926 à l'initiative d'Henri de Kérillis, il avait pour but de donner aux formations de la droite parlementaire un soutien tactique et logistique en vue de remporter les échéances électorales. Le Centre s'est particulièrement illustré dans la création d'affiches antisocialistes et anticommunistes.
Stock/Laurence Pernoud, 1993, gr. in-8°, 355 pp, 28 photos sur 12 pl. hors texte, biblio, chronologie sommaire, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Dans cet ouvrage, les anecdotes sont amusantes mais la qualité de l'information est assurée. L'auteur avait pourtant un lourd passif à liquider : au nombre de nos stéréotypes du «Tibet mystérieux », celui de la Tibétaine femme facile, une vue qu'il fallait réconcilier avec celle des petites nonnes lancées à l'attaque du communisme dans les années quatre-vingt et avec les reines d'un matriarcat chimérique dans la théorie historique chinoise (pp 9-82). (...) Après l'histoire et la littérature apologétique, l'ethnographie est mise à contribution (pp 177-260), pour montrer les réalités de l'accouchement, de l'éducation des filles et des attitudes psychologiques à leur égard, de la situation des femmes dans le mariage, etc. Le chapitre final (pp 261-326) est riche en aperçus novateurs sur les dévotions quotidiennes et exceptionnelles, les pèlerinages, le monachisme féminin, le rôle des femmes dans la possession médiumique et la divination oraculaire et dans les conceptions tantriques. Destins hors lignes et notations quotidiennes s'entrecroisent pour donner une image contrastée et réaliste des personnages féminins." (Françoise Aubin, Archives des sciences sociales des religions, 1995)
Paris, 1881-1883, 2 vol. in-12, reliures demi-toile (verte et fauve), dos lisses avec titres dorés et dates en queue (rel. de l'époque), charnières du premier volume recollées, coins émoussés, bon état. Soit les 55 premiers numéros (16 pp chacun) reliés en 2 volumes. Très rare, la Bnf n’en possède pas d’exemplaires et aucun autre ex. n'est recensé dans le monde (WorldCat)
Il s'agit d'une compilation annotée d'articles de journaux consacrés aux chemins de fer. Cette publication avait pour but de réunir les nombreux articles sur le sujet éparpillés dans des milliers de journaux. Le premier volume (1881-82) comprend les 24 numéros, plus une page de titre et une table des matières. Le deuxième volume (1882-83) comprend les numéros 25 à 55, avec une page de titre et une table des matières pour ces 31 numéros.
CDU, 1962, in-4°, 83 pp, texte dactylographié, biblio, broché, soulignures stylo, couv. tachée, défraîchi, état médiocre (Coll. Les cours de Sorbonne)
CDU, 1964, in-4°, 83 pp, texte dactylographié, biblio, broché, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne)
Perrin, 1932 in-12, ii-245 pp, broché, bon état
Une partie seulement du manuscrit laissé par M. Chesnelong, celle qui concernait sa mission à Froshdorf en 1873, avait été publiée sous le titre de “La Campagne monarchique d'octobre 1873”. Le petit-fils de M. Chesnelong a cru le temps venu d'en détacher aussi les chapitres relatifs à la fin de l'Empire et aux débuts de la 3e République, et on ne saurait trop le féliciter d'avoir eu cette pensée, car peu de lectures offrent un aussi vif intérêt. (...) Chesnelong raconte avec beaucoup d'intérêt les luttes parlementaires qui préparèrent le 24 mai 1873. Il faisait partie, en même temps que de la droite modérée, du groupe spécial dénommé « groupe des conservateurs n'appartenant à aucun groupe », dont le concours, tout entier et sans aucune exception, était indispensable pour renverser Thiers, s'il ne voulait pas adopter une politique de résistance au radicalisme nette et sans équivoque. La réunion tout entière décida de voter à l'unanimité contre le ministère, dût la crise ministérielle aller jusqu'à une crise gouvernementale. Le 24 mai «acte non de passion irréfléchie mais de préservation déjà tardive et d'autant plus nécessaire »
P., Henri Plon, 1871 in-12, 149 pp, préface de Charles Yriarte, broché, couv. illustrée par H. de Hem, dos factice, état correct. Edition originale
Paru en mai 1871 en Angleterre, l'ouvrage “The Battle of Dorking” connut un retentissement remarquable et donna lieu à l'édition de nombreuses brochures qui le réfutaient, le complétaient ou le critiquaient. Dès août 1871, il est traduit en français et longuement préfacé par Charles Yriarte. Signe de l'intérêt que l'Europe toute entière prend à cette fable qui, après la foudroyante victoire allemande sur la France, en 1870, trouve toute sa raison d'être. Cette courte nouvelle uchronique se présente sous la forme d'un récit : en 1921, un ancien volontaire anglais raconte à ses enfants comment, cinquante ans auparavant, après l'annexion du Danemark et de la Hollande par le Reich allemand, la flotte anglaise a été défaite sur mer par la flotte prussienne. Puis comment l'Angleterre envahie est définitivement battue lors de la bataille de Dorking, malgré le courage et la détermination des miliciens et des volontaires, par les armées prussiennes. Et simultanément le monde se recompose : les Etats-Unis absorbent le Canada ; l'Espagne, Gibraltar... A la fois récit d'anticipation, texte politique et prémonitoire, destiné à faire prendre conscience à tous du danger que représente, à terme, l'émergence de la puissance allemande en Europe, une remarquable nouvelle de guerre spéculative (une des premières du genre).
Presses de la FNSP, 2012, in-8°, 344 pp, 6 photos, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Il y a plus d'un siècle, bien avant la naissance du commerce équitable, des Français se font les apôtres d'une consommation engagée. Une association, la Ligue sociale d'acheteurs, incite en effet les consommateurs à tenir compte des conditions de travail des ouvriers et des employés. Elle conseille par exemple de ne pas faire ses courses le dimanche afin de promouvoir le repos hebdomadaire ou de choisir sa couturière sur une liste qu'elle a établie. Catholiques atypiques, ouverts à d'autres pays, à d'autres religions et à de nouveaux rapports de genre, ces militants choisissent le biais de la consommation pour traiter de questions politiques et sociales - une idée venue de Grande-Bretagne et des Etats-Unis - et trouver leur place dans la IIIe République. En retraçant les origines, l'histoire et la postérité de la Ligue, des années 1880 jusqu'aux années 1930, cet ouvrage offre un éclairage inédit sur l'histoire de la société française dans la première moitié du XXe siècle.
Tours, Mame, 1896, gr. in-8°, 349 pp, index, reliure demi-percaline carmin, dos lisse avec pièce de titre basane noire et date dorée en queue (rel. de l'époque), bon état. Peu courant
"En 1871, le conseil municipal de Tours chargea Mgr Chevalier de recueillir les documents et les détails relatifs à l'histoire de la capitale de la Touraine, devenue pour quelques semaines la capitale de la France. Après de consciencieuses et habiles recherches, après de longs entretiens avec les personnages les plus qualifiés pour juger les actes du gouvernement de la Défense nationale et les mesures administratives, Mgr Chevalier rédigea un important ouvrage, qui ne fut pas publié de son vivant, et que la maison Mame a eu l'heureuse idée d'éditer, On y suit les efforts patriotiques d'une population prête à se sacrifier pour résister à l'invasion, mais l'on voit aussi l'indiscipline et le découragement de certaines troupes de francs-tireurs, mal recrutées et mal commandées, dont la tenue contraste avec l'allure martiale et l'esprit militaire des zouaves de Charette et des volontaires de Cathelineau, Mgr Chevalier trace un curieux tableau de l'arrivée à Tours de Gambetta, de Garibaldi et de plusieurs députés républicains espagnols, « missionnaires de l'idée internationale accourus pour asseoir, sur les ruines sanglantes de notre patrie, le règne de leurs chimères et de leurs utopies. » Après le combat de Monnaie, la Touraine fut envahie el. les troupes françaises se retirèrent sur Angers. Le 21 décembre, sous prétexte qu'une patrouille de uhlans avait été assaillie aux portes de Tours, les Prussiens bombardèrent Tours jusqu'à ce qu'une délégation de la municipalité eût obtenu la cessation du feu. La Touraine eut ses otages et ses victimes, et les Prussiens se signalèrent particulièrement dans la région par des exactions et une brutalité indignes d'une armée victorieuse. Enfin, le 9 mars 1871, l'armée prussienne évacua Tours. Une statistique soigneusement contrôlée évalue à sept millions les pertes causées par l'occupation allemande dans les arrondissements de Tours, Loches et Chinon, la ville de Tours exceptée." (Revue des Questions historiques, 1897)
Tours, Imp. A. Mame et Fils, 1896, gr. in-8°, 349 pp, index, broché, dos fendu proprement recollé, bon état. Peu courant
"En 1871, le conseil municipal de Tours chargea Mgr Chevalier de recueillir les documents et les détails relatifs à l'histoire de la capitale de la Touraine, devenue pour quelques semaines la capitale de la France. Après de consciencieuses et habiles recherches, après de longs entretiens avec les personnages les plus qualifiés pour juger les actes du gouvernement de la Défense nationale et les mesures administratives, Mgr Chevalier rédigea un important ouvrage, qui ne fut pas publié de son vivant, et que la maison Mame a eu l'heureuse idée d'éditer, On y suit les efforts patriotiques d'une population prête à se sacrifier pour résister à l'invasion, mais l'on voit aussi l'indiscipline et le découragement de certaines troupes de francs-tireurs, mal recrutées et mal commandées, dont la tenue contraste avec l'allure martiale et l'esprit militaire des zouaves de Charette et des volontaires de Cathelineau, Mgr Chevalier trace un curieux tableau de l'arrivée à Tours de Gambetta, de Garibaldi et de plusieurs députés républicains espagnols, « missionnaires de l'idée internationale accourus pour asseoir, sur les ruines sanglantes de notre patrie, le règne de leurs chimères et de leurs utopies. » Après le combat de Monnaie, la Touraine fut envahie el. les troupes françaises se retirèrent sur Angers. Le 21 décembre, sous prétexte qu'une patrouille de uhlans avait été assaillie aux portes de Tours, les Prussiens bombardèrent Tours jusqu'à ce qu'une délégation de la municipalité eût obtenu la cessation du feu. La Touraine eut ses otages et ses victimes, et les Prussiens se signalèrent particulièrement dans la région par des exactions et une brutalité indignes d'une armée victorieuse. Enfin, le 9 mars 1871, l'armée prussienne évacua Tours. Une statistique soigneusement contrôlée évalue à sept millions les pertes causées par l'occupation allemande dans les arrondissements de Tours, Loches et Chinon, la ville de Tours exceptée." (Revue des Questions historiques, 1897)