8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., MA Editions, 1985, in-12, 279 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le monde de...)
P., Ollendorff, 1896, gr. in-8°, ix-275 pp, mention de 2e édition, préface d'Etienne Macdonald, duc de Tarente, reliure demi-percaline ocre, dos lisse, pièce de titre basane noire, 2 feuillets tachés (p. 48-49), bon état, ex-libris Jean-Claude Lachnitt. Peu courant (Bourachot, 423)
Par le colonel baron Jacques Albert Verly (1815-1883). Né à la Jamaïque, il est simple élève-cavalier à l'école de cavalerie de Saumur de 1833 à 1834, puis gravit progressivement tous les grades de sous-officier avant d'être nommé sous-lieutenant au 6e régiment de chasseurs en 1843. Devenu lieutenant, il entre aux guides d'état-major, puis est promu capitaine en 1852 avant d'être nommé capitaine-commandant des cent-gardes le 21 février 1856. Il termine sa carrière au grade de colonel dans cette unité. Il reçoit le titre de baron en 1867 et est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur le 24 décembre 1869. Fait prisonnier avec l'empereur le 2 septembre 1870 à Sedan, il est mis en retraite d'office durant sa captivité, en totale contravention avec les lois en vigueur à l'époque. Le colonel Verly était très apprécié... — "De Notre-Dame au Zululand : juin 1856 à juin 1879, vingt-trois ans d'étapes, joyeuses en France, et courtes, celles-là, effroyables pendant l'invasion, douloureuses dans l'exil pour parvenir au sommet du calvaire glorieux, tout là-bas, face à l'ennemi, sous le soleil d'Afrique, sous le vent de Sainte-Hélène !", conclut l'auteur au terme de son récit.
P., Décembre-Alonnier, 1869 in-12, 427 pp, table des personnages cités dans le volume, reliure pleine percaline rouge, dos lisse avec fleuron, date et double filet doré en queue, pièce de titre chagrin noir (rel. de l'époque), bon état
Fils d'un instituteur du Rhône, Auguste Vermorel (1841-1871) est journaliste à vingt ans et fonde “La Jeune France”, qui lui vaut deux condamnations. Il crée, avec un groupe de jeunes proudhoniens, “Le Courrier français”, qui va connaître une grande audience. Ce journal professe un collectivisme antiautoritaire et autogestionnaire. Lissagaray souligne que “Le Courrier français” « était le seul journal de l'époque ; les ouvriers, les républicains d'avant-garde le lisaient ». Et P. Lafargue proclame « qu'il était le seul journal où un socialiste qui se respecte puisse écrire ». “Le Courrier français” succombe en 1868. Cependant, ses livres vigoureux “Les Hommes de 1848” et “Les Hommes de 1851” (1869) attirent à Vermorel la haine et les calomnies de vieux républicains quarante-huitards. Henri Rochefort l'accuse d'être lié avec la police et l'empereur, et Félix Pyat reprendra ces accusations avant et pendant la Commune. (Jean Bancal, Encyclopaedia Universalis)
P., Dentu, 1886, in-12, 293 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. passé, qqs rousseurs, bon état
Une galerie de portraits de personnalités de l'époque : Ferdinand de Lesseps, Louis Veuillot, le docteur Charcot, De Marcère, Hetzel, Jules Verne, le général Trochu, Andrieux, Alfred Naquet, Meissonier, Edouard Dentu, Renan, De Falloux, le général Chanzy, Jules Clarétie, Ludovic Halévy, Louise Michel, etc.
Dijon, Impr. de Simonnot-Carion, 1842, in-8°, 96 pp, reliure demi-basane noire, dos lisse avec auteur doré en long et filets à froid (rel. de l'époque), bon état. Edition originale
Par l'avocat Jean-Baptiste-Victor Versigny (1819-1872). Après un brillant parcours en droit à Dijon (sa thèse, soutenue en 1841, lui vaut le premier prix de doctorat de la faculté de droit de Dijon), il s’inscrit ensuite au barreau de Besançon. Aux lendemains de Février 1848, Versigny préside à Gray (Haute-Saône) le « Club indépendant », où, avec son frère Agapite, il intervient « en faveur de la doctrine fouriériste et du travail attrayant ». Il se fait élire représentant de la Haute-Saône à l’Assemblée législative en mai 1849. De 1849 à 1851, siégeant à gauche, c’est un des députés actifs de la Montagne. Opposant au Second Empire, il est exilé en Suisse après le coup d’État du 2 décembre 1851, et se consacre à la construction de chemins de fer, donnant des consultations juridiques remarquées. Il rentre en France en 1864 et reprend son métier d'avocat à Paris. En septembre 1870, sa réputation de juriste le fait nommer à la commission qui remplaçait provisoirement le Conseil d’État, mais son nom est rayé lors de la désignation de celui-ci par l’Assemblée de Bordeaux. Son “De l’influence du criminel sur le civil” (1842) faisait autorité.
P., Gaume Frères et J. Duprey, 1861, gr. in-8°, 64 pp, broché, couv. lég. défraîchie, état correct
Louis Veuillot (1813-1883), journaliste catholique passionné, défendit avec vigueur l'enseignement privé. Sous le Second Empire, après avoir soutenu vigoureusement le régime, il lui retira son appui quand Napoléon III se mit à favoriser les idées libérales ou favorables à l'héritage révolutionnaire. Il critiqua violemment dans « L'Univers » la politique italienne de Napoléon III, favorable à la réunification italienne aux dépens des Etats pontificaux. Ceci qui valut au journal d’être interdit, le 30 janvier 1860.
P. et Bruxelles, Société générale de librairie catholique, Victor Palmé, 1878, in-12, 544 pp, 6e édition, reliure demi-basane lie-de-vin, dos à 4 nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état
I. Ecrivains. II. Journaux et journalistes. III. Femmes auteurs. IV. Les honorables préopinants. V. Tartuffes. VI. Persécuteurs. VII. Le public. Livre supplémentaire. Les gens qui ne pensent point. — "J'appelle « libres penseurs, » comme ils se nomment eux-mêmes, les lettrés ou se croyant tels qui, par livres, discours et pratiques ordinaires, travaillent sciemment à détruire en France la religion révélée et sa morale divine. Professeurs, écrivains, législateurs, gens de banque, gens de palais, gens d'industrie et de négoce, ils sont tout, ils font tout, ils règnent. Ils nous ont mis dans la situation où nous sommes, ils l'exploitent et l'empirent. J'ai voulu les peindre ; non pas, je l'avoue, par admiration pour eux. Catholique et enfant du petit peuple, je suis doublement leur adversaire..." (Avant-propos)
P., Victor Palmé, 1891, in-12, 472 pp, 13e édition, reliure demi-basane lie-de-vin, dos à 4 nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état
Vigoureux pamphlet des moeurs parisiennes, qui dévoile les coulisses de la presse et des spectacles, le monde de la science, des lettres et de l'université pour les condamner sévèrement. Livre à clefs où Vallès, George Sand, Gautier, Hugo, Champfleury apparaissent sous de faux-noms. Les deux premiers livres, consacrés à la Presse, le troisième consacré aux divertissements parisiens (théâtre, cafés concerts, etc...), suscitèrent les plus vives réclamations dans le monde et dans les journaux, à cause des violences qu'il contenait ; mais le volume s'épuisa en quelques heures et faisait prime le soir même du jour de sa mise en vente (Paul Lacombe, 1144). Le titre “Les Odeurs de Paris”, est évidemment choisi pour contraster avec un autre de ses livres, “Le Parfum de Rome”.
Tours, Alfred Mame, 1866, in-8°, (4)-412 pp, 13e édition, 4 planches gravées sous serpentes (par J. Outhwaite d'après K. Girardet) y compris le titre gravé avec vignette, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs orné de caissons dorés, tranches dorées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état (Bibliothèque de la Jeunesse chrétienne). Les planches gravées sur acier présentent des vues de Fribourg (la cathédrale et une partie de la ville vues de la région de la Motta), la cathédrale de Berne et le pèlerinage d'Einsiedeln. La vignette de titre gravée représente la prière au chalet.
Félix Alcan, 1908, fort in-8°, xv-696 pp, reliure demi-maroquin noir à coins, dos à 5 nerfs, couv. conservées (rel. de l'époque frottée, coiffe sup. arrachée, intérieur propre)
Perrin, 1908, fort in-8°, 437 pp, 12 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
"En 1908, Pierre Vialles, un historien montpelliérain qui a déjà fait paraître un ouvrage sur la cour des Comptes de Montpellier, publie cette biographie importante. L'auteur a disposé de documents inédits sur sa carrière à Montpellier. Il insiste aussi sur le rôle de chef d'Etat qu'a tenu Cambacérès en 1794 et 1795." (Laurence Chatel de Brancion) — "L'œuvre de M. P. Vialles est solide, exacte, intéressante. Il nous fait mieux connaître l'intéressante figure de ce petit conseiller à la Cour des Aides de Montpellier que la Révolution porta jusqu'aux plus hautes charges de l'Etat. On a coutume de l'y voir briller au second rang, comme second consul ou archi-chancelier de l'Empire. L'un des mérites de ce livre est de nous rappeler que Cambacérès sut occuper dignement le premier rang, puisqu'il fut, depuis Thermidor jusqu'à la fin de la période conventionnelle, le véritable chef du gouvernement, comme président des Comités de législation, de sûreté générale et de salut public. Le livre de M. V. mérite plus particulièrement d'être signalé ici pour le long chapitre (pp. 12-66) consacré à la vie de Cambacérès à Montpellier jusqu'au début de la Révolution. On y trouve de précieux détails sur l'administration municipale du père de Cambacérès, qui fut maire de Montpellier durant de longues années (1753-1756 et 1761-1778), et sur la célèbre querelle de la Cour des Aides et des Etats de Languedoc. On a l'impression que dans ces conflits entre la noblesse terrienne, la noblesse de robe et la noblesse administrative doit résider la cause déterminante qui fit, dès les premiers jours de 1789, de hardis révolutionnaires d'hommes aussi éminemment modérés et amis de l'ordre que le président Bonnier ou le conseiller Cambacérès..." (L.-J. Thomas, Annales du Midi, 1910) — "M. Vialles a écrit un livre consciencieux, intéressant, souvent même amusant, et par certains endroits légérement scabreux, sur celui qui fut le grand jurisconsulte de la Convention, le second consul de la République et l'archichancelier de l'Empire. La tâche était rendue difficile par la disparition de documents importants tels le dossier Cambacérès qui a existé dans les papiers de la police générale jusqu'en 1814, et la collection des lettres que l'archichancelier envoyait quotidiennement à l'Empereur absent, et qu'il semble avoir brûlées dans la nuit du 29 au 30 mars 1814, avant de partir pour Blois avec Marie-Louise. Quarante et une de ces intéressantes lettres envoyées par Cambacérès à Napoléon pendant la campagne de France, du 25 janvier au 28 février 1814, échappées au feu et conservées aux Archives nationales, ont été réimprimées en annexe par M. Vialles." (André Fribourg, Revue de synthèse historique, 1908)
Editions de Gigord, 1979, in-8°, 509 pp, 370 illustrations, plans et graphiques, 39 cartes, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Manuel scolaire, Classe de Première)
S.l., 1965, gr. in-8°, 16 pp, broché, bon état. Tiré à part extrait de “Carnet Péguy”, 1965, envoi a.s. à Philippe Vigier
Hachette, 1967, gr. in-8°, 294 pp, 8 planches en couleurs, 70 gravures, portraits et fac-similés en noir dans le texte, imprimé sur papier vergé, reliure simili-cuir vert bouteille décoré de l'éditeur, rhodoïd, étui carton, bon état (Coll. Génies et Réalités)
Hugo (Jacques de Lacretelle) ; Le Romantique (Pierre Moreau) ; Le Dramatique (Pierre-Aimé Touchard) ; Le Lyrique (Gilbert Sigaux) ; Le Romancier populaire (Roger Ikor) ; Le Visionnaire (Paul Zumthor) ; Le Politique (Henri Guillemin) ; L'Homme (André Maurois) ; Hugo, en somme... (Claude Roy). — "On sait avec quel soin sont édités, illustrés et reliés les volumes de la collection « Génies et Réalités »." (André Gavoty, Revue des Deux Mondes)
Maspero, 1977, in-8°, iv-246 pp, préface de Lucien Descaves, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Mémoire du Peuple)
"Souvenirs de la fin du Second Empire et des combats de la Commune où Victorine Brocher, 33 ans en 1871, se distingue. Condamnée à mort injustement pour l'incendie de la Cour des Comptes, elle se réfugie en Suisse où elle publie, 38 années après, son "Journal..." dont le titre rappelle que plusieurs fausses Victorines ont été fusillées à Paris. Elle est morte en 1921." (Le Quillec II, 256)
P., Rivière, 1952, fort in-8°, xix-700 pp, 20 pl. hors texte (dont 6 cartes dépliantes in-fine), broché, bon état
"L'histoire normande bénéficie d'un copieux et remarquable apport, d'une véritable mine, grâce à la publication de M. Vidalenc. Tout ce qui a trait à l'histoire de ce département de l'Eure pendant près d'un demi-siècle a été traité par l'auteur. Le domaine exploré correspond exactement aux soucis de l'historien moderne, tels que le premier numéro des Annales de Normandie les a définis : composition du champ politique, économique, social, culturel, et non pas de façon « historisante », « événementielle », mais bien « structurale ». L'auteur a prouvé son aisance à manier les techniques les plus variées, il a fourni un exemple saisissant des exigences d'une histoire intégrale. En particulier, l'histoire économique et sociale est excellente pour la métallurgie. Il reste hors de doute que ce travail est une somme indispensable à tout Normand curieux du proche passé. C'est une source abondante et sûre, comportant un appareil critique et bibliographique favorisant la consultation des sources et les comparaisons avec l'histoire des autres régions de Normandie." (Marcel Reinhard, Annales de Normandie, 1953) — "Un département français sous la monarchie constitutionnelle. Dans sa thèse récente, l'auteur a étudié dans un département moyen, outre la vie politique, religieuse et intellectuelle, la vie économique et sociale précisément. Observons tout d'abord que l'Eure n'a pas eu de journal départemental avant 1838 ! M. Vidalenc passe donc en revue les classes dirigeantes, l'évolution agricole, le développement industriel, les échanges et les voies de communications. (...) A une histoire de la province française dans la première moitié du XIXe siècle, l'ouvrage apporte donc une contribution précieuse." (Paul Leuilliot, Annales ESC, 1953)
Lyon, Les Créations du Pélican, 1994, in-4°, 139 pp, nombreuses photos en couleurs, biblio, reliure toile noire de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état
Qui se souvient de Frédéric-Auguste Bartholdi ? Qui connaît le nom de cet Alsacien né en 1834 dans la bonne bourgeoisie colmarienne ? Qui reconnaît en lui l'auteur de "La Liberté éclairant le monde", plus connue sous le nom de "Statue de la Liberté", ou du "Lion" de Belfort, œuvres colossales et emblématiques d'une époque ? Pourtant, la vie de ce statuaire célèbre au dix-neuvième siècle tient du roman. Il traverse son époque en côtoyant ses héros : Hugo, Gambetta, Garibaldi, Grant... Il épouse la cause de la République, la défendant les armes à la main contre l'envahisseur prussien lors de la guerre de 1870. Il trouve au sein de la franc-maçonnerie le soutien matériel et moral à l'édification de ses projets. Bartholdi sait obtenir l'appui des plus illustres, s'assurer les faveurs de la presse et gérer sa promotion. Cela dans un but unique bâtir son œuvre. Une œuvre qui frappe encore les esprits par se dimension, sa force, son message...
P., Dentu, 1876, gr. in-8°, vii-657 pp, reliure demi-veau glacé blond, dos à 4 nerfs filetés, soulignés à froid et bordés de filets dorés, pièce de titre chagrin carmin, tranches pennées (rel. de l'époque), dos très lég. frotté, bon état, ex-libris de Montgermont. Edition originale. Bel exemplaire
"En politique, aussi bien que chez les êtres organisés, un monstre ne saurait naître avant d’être conçu. La Commune de Paris a dû avoir une origine propre, comme tout ce qui a une forme, une vie à soi et une fin. Des faits d’une inconcevable imprévoyance l’ont aidée à sortir de terre, rien de plus incontestable ; mais si, le 18 mars, elle a pu apparaître, et si elle s’est implantée au pouvoir pendant soixante-six jours, c’est que les organisateurs de cette orgie criminelle en avaient depuis longtemps préparé et combiné tous les éléments. Car ce n’est pas dans l’espace de deux mois seulement que les passions de plusieurs milliers d’individus ont été excitées et allumées jusqu’au délire. Il y a des années que l’œuvre infernale était étudiée dans tous ses détails par cette société qui a rempli le monde du bruit de ses congrès et de la discussion de ses théories : l’Internationale..." — "La Commune n'entreprenait pas seulement une oeuvre politique, elle visait aussi à une oeuvre morale. Fonder le régime communal et fédéral ne lui paraissait pas suffisant, elle voulait encore régénérer le peuple de Paris. C'est pour cela qu'elle arrêta les prêtres, ferma les églises, et qu'elle s'efforça, par un enseignement nouveau, d'arracher enfin les âmes à l'ignorance et à la superstition cléricales..." — L'auteur était vicaire de Saint-Roch. Selon lui, aux causes habituelles de l'insurrection vient s'ajouter « la politique socialiste du Second Empire ». (Le Quillec, 4640) — "Voici un des travaux les plus complets qui aient été faits sur le douloureux episode d'histoire contemporaine dont nous avons été les témoins attristés et indignés : une horde de bandits, sortant des antres des sociétés secrètes, s'imposant â toute une population, régnant en. maîtresse dans la capitale, forçant le gouvernement à entreprendre un. siège en règle, et couronnant enfin sa honteuse domination par l'incendie de nos principaux monuments et le meurtre des otages. Quel tableau ! et comment le raconter dans tous ses détails, à travers les récits incomplets et contradictoires ? Comment tracer sa route au milieu de cette masse de documents plus ou moins dignes de foi ? M. l'abbé Vidieu n'a pas reculé devant cette tâche immense, nous constatons qu'il a réussi à mettre en relief tous les faits, qu'il les a groupés avec méthode et qu'il a même apporté sur plusieurs points sa part spéciale d'informations. Notre devoir était donc de signaler ce livre comme un des plus importants sur la matière. En voici le plan. et les divisions : – Première partie : Les origines et les. débuts de la Commune (p. 1-175). L'auteur recherche quelle part revient à l'Internationale dans le mouvement du 18 mars, raconte cette journée, l'intervention des maires, l'organisation du comité central, expose la constitution de la Commune, étudie son personnel et examine les causes qui préparèrent son avénement. – Deuxième partie : Règne de la Commune (p. 176-429).Voici la Commune à l'oeuvre : nous allons voir comment elle applique son programme et par quels procédés elle gouverne. L'auteur nous la montre dans une série de chapitres provoquant la guerre civile, persécutant les prêtres, s'attaquant à la liberté individuelle, emprisonnant les otages et les mettant au régime cellulaire ; supprimant les journaux, voulant régénérer la société par l'instruction communale et les clubs, soutenant énergiquement mais avec de continuels échecs la lutte contre l'armée de Versailles, en. proie à des divisions intestines qui l'affaiblissent encore, et, à bout de ressources, finissant par décréter la terreur. – Troisième partie : Chute de la Commune (p. 430-621). Nous assistons aux dernières convulsions de la haine et de la démence : lutte acharnée contre l'armée de Mac-Mahon; incendies allumés sur tous les points, massacre des otages. Après avoir retracé avec détail ces scènes effroyables, l'auteur donne l'exposé de l'oeuvre accomplie par la justice à l'égard des inculpés, et, dans deux derniers chapitres, il recherche les causes de la chute de la Commune et examine la possibilité de -son retour, en indiquant les moyens qu'il croit de nature à prévenir ce retour..." (Revue des Questions historiques, 1877)
P., Dentu et Palmé, s.d. (1880), in-12, 352 pp, tableaux du commandement et des effectifs de l'armée fédérée en annexe (34 pp), reliure pleine toile violine, dos lisse avec titres et tomaison dorés et filets à froid, encadrements à froid sur les plats, ex. frais et sans rousseurs, bon état
Tome 2 seul (sur 2) – "La Commune n'entreprenait pas seulement une oeuvre politique, elle visait aussi à une oeuvre morale. Fonder le régime communal et fédéral ne lui paraissait pas suffisant, elle voulait encore régénérer le peuple de Paris. C'est pour cela qu'elle arrêta les prêtres, ferma les églises, et qu'elle s'efforça, par un enseignement nouveau, d'arracher enfin les âmes à l'ignorance et à la superstition cléricales..." – L'auteur était vicaire de Saint-Roch. Selon lui, aux causes habituelles de l'insurrection vient s'ajouter « la politique socialiste de l'Empire » (Le Quillec, 4640).
Laffont, 1967, in-8°, 419 pp, préface de Georges Neveux, broché, couv. à rabats, bon état
Lille, Desclée, de Brouwer et Cie, 1906, in-8°, 195 pp, un portrait hors texte, broché, bon état
P., Editions du Cèdre, 1950, in-8°, 142 pp, broché, papier jauni comme toujours, bon état
Correspondance inédite avec Théophile de Ferrière, Sainte-Beuve et Madame Ackermann.
S.l.n.n. (Revue forestière française), s.d. (1980), gr. in-8°, 8 pp, paginé 128-135, une reproduction d'une affiche de l'époque, notes, broché, bon état. Tiré à part extrait de “Société et forêts. Actes du colloque de l'Association des ruralistes français "Forêt et société", Lyon, 22-23 novembre 1979”, Revue forestière française, numéro spécial, 1980
"Dans l'étude des rapports entre l'Homme et la Forêt, comme dans l'histoire des relations entre populations rurales et Administration forestière, il est une période, relativement courte (une vingtaine d'années), dans notre Histoire nationale, qui présente, me semble-t-il, un intérêt particulier et une réelle originalité. Elle s'étend de l'année 1829, où débute dans le Saint-Gironnais la célèbre Guerre des Demoiselles,et va jusqu'à la fin de cette année 1848 qui voit se produire de véritables batailles rangées entre des communautés rurales soulevées contre les forestiers et les troupes envoyées au secours de ces derniers : S. Coquerelle estime que, parmi les nombreux troubles paysans qu'a connus cette première année de la seconde République, « de très loin, les mouvements forestiers furent les plus graves, surtout dans l'Est et dans les Pyrénées »; c'est en grande partie à cause d'eux que le gouvernement républicain a dû immobiliser quelque 60 000 hommes de troupe pour rétablir l'ordre dans les campagnes... Comment expliquer cette brusque et terrible flambée de haine d'une partie des populations rurales contre des forestiers convaincus, par ailleurs, d'agir dans l'intérêt bien entendu de ces mêmes populations ? ..." (Ph. Vigier)
P., Editions Radot, 1928, in-12, 219 pp, broché, couv. abîmée avec pt mques, état moyen
"Paul Vigné d’Octon n’avait rien d’une girouette. Député de l’Hérault de 1893 à 1906, il est toujours resté fidèle au radicalisme et plus précisément à l’aile gauche du Parti radical, dans les années où celui-ci accède aux responsabilités. Homme de convictions, il compte aussi parmi les premiers anticolonialistes ; cet ancien médecin de marine a vu au cours de ses voyages la réalité de la domination coloniale, sa violence, son inhumanité, qu’il dénonce dans ses discours comme dans ses livres, aux titres éloquents : Chair noire, Terre de mort, La Sueur du burnous... Mais Paul Vigné d’Octon a parfois la plume plus légère et c’est avec cet esprit boulevardier si goûté de son temps que cet homme de vérité s’amuse à révéler, en 1928, Les Grands et les Petits Mystères du Palais-Bourbon. D’abord parues en feuilleton dans la presse, ces « scènes vécues de la vie parlementaire » narrent l’initiation d’un jeune et naïf député de province qui découvre la réalité du régime, très éloignée du manichéisme des campagnes électorales. En vers de mirliton, Vigné d’Octon célèbre ainsi la buvette, où se côtoient le plus pacifiquement du monde les figures politiques du moment : le député ouvrier Coutant, les socialistes Vaillant et Jaurès, le prêtre démocrate Lemire, le réactionnaire Aynard, le royaliste vendéen Baudry d’Asson ou l’austère Brisson, radical et franc-maçon notoire : "La buvette est le lieu sacré des armistices, // Qu'un seul ne peut violer sans que tous le maudissent, // Pour âpre et violent qu'ait été le combat, // Ici, sans hésiter, on met les armes bas, // Le citoyen Jaurès parle à l'abbé Lemire. // De ses jardins ouvriers, lui dit qu’il les admire. // Coutant, pape d'Ivry, veut baptiser Aynard // Qui sourit et pelote Vaillant le Communard. // Le vieux Baudry d'Asson chante la Carmagnole // Et Brisson, oui, Brisson, quand il y vient rigole. // Prodigieux vraiment comme devant ce bar // S'humanisent les plus enragés de chambard". Les couloirs, la salle des Pas-Perdus, le bureau de tabac, pas un recoin du Palais-Bourbon n’est caché au lecteur..." (Bruno Fuligni, L'Art de retourner sa veste. De l'inconstance en politique, 2016) — L'ancien député restitut bien l'atmosphère de camaraderie qui régnait entre les parlementaires en dehors des séances mais il analyse également au vitriol le « calme imperturbable de ces diarrhéiques bavards, qui s’installent à la tribune aussi aisément qu’aux water-closets, dont la bêtise est cuirassée d’un triple airain, sur lequel glisse le ridicule, qui prennent des lazzis pour des compliments, le bruit de leurs lèvres pour de l’éloquence, et ne descendent qu’après avoir fait le vide ». (p. 145)
Lyon, Imprimerie Léon Sézanne, 1938, in-8°, 115 pp, 3e édition, un portrait photo en frontispice, 3 pl. de photos et 3 pl. de plans hors texte, biblio, broché, bon état
L'association du nom des frères Lumière au développement du cinématographe ne doit pas faire oublier qu'Auguste Lumière (1862-1954) fut avant tout un biologiste de renom. Abandonnant dès 1895 à son frère Louis la nouvelle invention, il créa un laboratoire de physiologie expérimentale et de pharmacodynamique pour orienter ses découvertes vers la médecine expérimentale. Ce seront les Laboratoires Lumière, à Lyon, dirigés par lui-même jusqu'au 25 octobre 1940, date à laquelle il passa la présidence de son entreprise à son fils, tout en continuant ses recherches jusqu'à sa mort.