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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Calmann-Lévy, 1889, in-8°, 217 pp, un portrait photographique du comte de Chambrun sous serpente en frontispice, broché, bon état
Première partie des "Comptes-rendus de la Presse", avec un choix d'articles et de lettres (de 1889) sur le recueil de de Chambrun publié par Clarisse Bader chez Calmann-Lévy; précédé d'une introduction de Dick May. Bien complet du cliché photographique en frontispice. Préfet du Jura sous le Second Empire, puis député de droite de Lozère et sénateur de 1876 à 1879, de Chambrun, frappé de cécité, avait abandonné la vie politique pour se consacrer à l'étude.
P., G. Chamerot, 1889, in-8°, iii-329 pp, un portrait photographique de la comtesse de Chambrun sous serpente en frontispice, broché, bon état
Supplément, ou 2ème partie des "Comptes-rendus de la Presse", avec un nouveau choix d'articles et de lettres (de 1889) sur le recueil de de Chambrun publié par Clarisse Bader chez Calmann-Lévy; précédé d'une "nouvelle introduction" de Dick May. Bien complet du cliché photographique en frontispice. Préfet du Jura sous le Second Empire, puis député de droite de Lozère et sénateur de 1876 à 1879, de Chambrun, frappé de cécité, avait abandonné la vie politique pour se consacrer à l'étude.
Presses de la Renaissance, 1984, in-8°, 379 pp, 12 illustrations, broché, couv. illustrée, bon état
Biographie de Suzanne Valadon (1865-1938), peintre, maîtresse de Toulouse-Lautrec, Erik Satie, Utter..., et mère de Maurice Utrillo. "Elle se voulait libre d'aimer et de peindre, en un temps où seuls les hommes pouvaient prétendre à mener la vie de bohème. Qui était donc cette Suzanne Valadon qui, au début du siècle, brava préjugés et interdits par amour de sont art ? Au-delà de tout scandale, sa vérité à elle tenait en un seul mot : la peinture. De ce désir d'être pleinement et sans entrave naquit en effet - et quel que fût le prix à payer pour elle et pour ses proches - une oeuvre puissante et singulière que l'on méconnaît aujourd'hui. Comme si Valadon subissait son purgatoire... Il n'est pas de livre sur le Montmartre de la Belle Epoque qui ne parle de "Suzanne la Folle" la "mauvaise mère" d'Utrillo le maudit. Les biographes de Toulouse-Lautrec ou d'Erik Satie évoquent la maîtresse du peintre et du musicien. Mais à ce jour, en dehors de quelques monographies, aucun ouvrage ne lui était entièrement consacré : Valadon n'existait qu'à travers les hommes de sa vie. La présente biographie romanesque vient enfin réparer cet étrange oubli..."
Christian Bourgois, 1986, in-8°, 490 pp, 2 pl. de portraits et 8 pl. de gravures, cartes et plans hors texte, figures dans le texte, broché, bon état (Coll. Epistémè)
S.l., Perséa, 1986, in-4°, (95) pp, non paginées + 89 planches en couleurs hors texte par Léon Jean Joseph Dubois (1780-1846), dessinateur et lithographe, conservateur-adjoint de la section égyptienne et orientale du musée du Louvre, imprimé sur papier fort, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état
Réimpression soignée de l'édition de Paris, Firmin-Didot, 1823, du célèbre ouvrage de Champollion, avec la reproduction de la page de titre et du feuillet de souscription de l'édition originale. — "J'obtins alors, par l'étude attentive de tous les monuments égyptiens qu'il m'a été possible d'examiner, une série très étendue de noms propres hiéroglyphiques de divinités égyptiennes, et les manuscrits sur papyrus m'ont papyrus m'ont donné les formes hiératiques de ces mêmes noms. Cette recherche m'a fourni d'importantes notions sur le matériel du culte égyptien ; elle m'a conduit à déterminer le rang hiérarchique de chacun des personnages divins figurés sur les monumens de l'Égypte ; enfin je suis convaincu du peu de succès avec lequel on a jusqu'ici appliqué aux représentations des dieux, sculptées sur les temples ou peintes sur les caisses des momies, les noms de divinités égyptiennes que nous ont transmis les auteurs grecs et latins. Les résultats généraux de cette étude seront en partie consignés dans le recueil que je publie sous le titre Panthéon égyptien." (Champollion, Précis du système hiéroglyphique, 1824)
La Ferté-Vidame, Editions Les Temps neufs, 2020, in-8°, 73 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte en couleurs, postface de Jean-Marc Hovasse, biographe de Victor Hugo, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sur papier courant tirée à 200 ex. seulement
Il est un petit poème que Victor Hugo a composé à l’âge de quinze ans, en 1817, mais qui n’a été publié qu’en 1934, peu avant le cinquantenaire de sa mort, et qui dissimule dans son acrostiche le prénom, inaperçu depuis deux siècles, d’un amour de prime jeunesse : Honorine. Qui était Honorine ? En admirateur inconditionnel et passionné du grand écrivain depuis ses vertes années, Éric Chams, qui a percé le secret de ce poème découvert à dix-neuf ans en 1973, conduit pas à pas le lecteur dans les arcanes d’une (en)quête au long cours. Avec une minutie implacable, comme dans sa seconde recherche relative à un mot trompeusement flatteur de Sainte-Beuve sur Hugo, dont il restitue le véritable sens. Et un humour acéré que révèle le billet d’humeur final visant à extirper le grand Hugo de la griffe du temps présent.
Chez tous les libraires du Dauphiné, 1862, in-8°, xii-114 pp, broché, couv. imprimée, état moyen. Rare
Par Napoléon Chancel (1808-1883), révolutionnaire dauphinois.
P., Les Editions des Quatre Vents, 1945, in-12, 247 pp, broché, dos lég. abîmé, bon état. Edition originale, ex. du SP, bande éditeur conservée, envoi a.s. à Jean Cassou
Ils étaient jeunes, riches et beaux... Mais naïfs, et peu aguerris face au machiavélisme d'un Napoléon III qui les mena l'un à la mort et l'autre à la folie. Charlotte de Belgique, fille de Léopold Ie et sœur de Léopold II, épouse le 27 juillet 1857, à 17 ans, Maximilien, le frère de l'empereur d'Autriche François-Joseph. Ce mariage arrangé devient, aux premiers regards échangés, un véritable mariage d'amour. Le jeune couple, dont on ne sait que faire, gouvernera deux ans le royaume lombardo-vénitien et passera ensuite plusieurs années dans une retraite studieuse. Toutefois, l'offre funeste de la couronne mexicaine qui lui fut faite en 1863 par un Napoléon III calculateur viendra le troubler. Mais ce pays ne voulait pas d'eux, alors qu'eux ne rêvaient que de lui... Ce roman historique dépeint admirablement ces deux personnalités complexes aux destinées tragiques qui vécurent une véritable épopée antique. Henriette Chandet fait vivre sous sa plume la trahison de l'armée française envoyée par Napoléon III, la rudesse du peuple mexicain qui se bat contre une occupation illégitime, les désespoirs de ce couple qui veut régner de manière éclairée. En effet, Maximilien écartera le clergé et abolira le servage imposé aux paysans indiens. Et puis, il y a cet enfant... L'auteur soulève ici l'hypothèse des nobles origines de l'un des plus grands généraux français, Maxime Weygand.
Albin Michel, 1955, in-8°, xxvii-611 pp, introduction par Paul Chalus, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)
"L'ouvrage est divisé en trois parties, dont la première, « Les grandes générations », étudie chaque pays et ses compositeurs représentatifs, la deuxième, « L'évolution de la technique » démontre l'excellence et la finesse de la critique de M. Chantavoine, comme par exemple dans ses analyses des accompagnements des lieder de Schubert. La troisième partie intitulée « La vie musicale en Europe » est une synthèse admirable. Il faut louer la spontanéité du style, la clarté de l'exposé et la précision de l'image générale." (Music & Letters, 1956)
Plon, 1871, in-8°, (4)-662 pp, troisième édition, notes, 30 pp de documents en annexe, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs guillochés soulignés à froid, titres dorés et quadruples filets à froid (rel. de l'époque), bon état. Les 5 cartes en couleurs de l'Atlas in-folio ont été repliées in fine et reliées avec le livre
Rare complet des cartes qui n'ont pas été reprises dans les éditions ultérieures. — Les 16e et 17e corps, commandés par le général Chanzy, forment la deuxième « armée de la Loire ». La deuxième armée de la Loire tient alors tête aux Prussiens à Josnes et Villorceau les 7 et 8 décembre, puis à Fréteval 14 et 15 décembre. Bien que renforcée par le 21e corps du général Jaurès, elle perd la bataille d'Auvours au sud-est du Mans les 11 et 12 janvier 1871. Les combats continuent à Sillé-le-Guillaume (Sarthe) le 15 janvier et à Saint-Melaine près de Laval le 18 janvier, avec le 19e corps, nouvellement créé et où furent arrêtés les Prussiens. L'armée se retranche alors derrière la Mayenne, jusqu'à l'armistice du 28 janvier 1871. — "... Au moment où chacun discute sur ce qui s'est passé pendant la guerre si fatale que nous venons de soutenir, lorsqu'on cherche à se rendre compte des causes de nos désastres, j'ai jugé utile de publier les faits importants auxquels il m'a été donné de prendre part dans des conditions qui m'ont permis de voir les choses d'assez près pour les exposer fidèlement. J'ai commandé une de nos armées les plus importantes : je lui dois de raconter ses efforts pour défendre le pays et sauver son honneur. Je rapporte les faits militaires sans les commenter, avec une exactitude qui ne sera contestée par personne... Je ne dissimulerai pas nos imperfections, nos défaillances et nos défaites ; mais je dirai, sans les exagérer nos efforts et les quelques succès dont le pays a le droit de s'enorgueillir. Ne voulant écrire que ce que j'ai vu, je ne parlerai pas des autres armées..." (Préface, datée du 20 juin 1871)
Hachette, 1957, pt in-8°, 288 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte,
"Figure légendaire et pathétique, Louis II attire les biographes. La présente Vie s'appuie avant tout sur la correspondance et le journal intime du souverain dont, à la manière britannique, elle donne de larges extraits. L'avantage de la méthode est qu'elle nous met directement en présence du héros : il y a quelque chose de fascinant dans ce spectacle. L'inconvénient, c'est que le récit est décousu et laisse de côté bien des points importants, le rôle politique de Louis par exemple. Mais surtout ce contact prolongé avec un malade, psychologiquement désaxé et soumis à l'esclavage du plus lamentable des vices, a quelque chose de profondément malsain et la juste sévérité de l'auteur pour les honteuses misères qu'il nous rapporte ne parvient pas à purifier l'atmosphère. La finesse et la discrétion du portrait psychologique n'excusent point ce que le livre a de déplaisant." (Etienne Celier, Etudes, 1957)
Société de Production Littéraire, 1978, gr. in-8°, 262 pp, biblio, broché, bon état
Le 8 juin 1854, à Constantinople, le prince Napoléon harangue l'avant-garde de l'armée d'Orient : "... Vous êtes les premiers soldats français qui depuis les croisades faîtes votre entrée dans ce pays..." Avec leurs alliés protestants anglais, les soldats de Napoléon III sont venus défendre, aux côtés des musulmans turcs, la papauté de Rome contre la papauté des tsars. A 3.000 kilomètres de Notre-Dame, dans cette presqu'île de Crimée labourée par l'histoire ; sous les murs de Sébastopol, d'où la flotte russe menace la Méditerranée et la route des Indes, "les croisés de la civilisation," vont lutter sans peur ; en face d'eux, les guerriers intrépides d'un autre empereur qui défendent leur terre natale et les images sacrées que les popes passent avant chaque assaut entre les rangs agenouillés. Une guerre oubliée. Il n'en reste trop souvent que des dessins de zouaves chapardeurs et des images de bombes à mèche qui ressemblent à des bombes de conspirateurs mexicains. Une guerre étrange. Entre les sorties sanglantes, poitrine contre poitrine, des trêves pour la récupération des blessés et le relèvement des morts. La Croix-Rouge avant Dunant. Une guerre moderne. Le boulet laisse la place à l'obus ; la batterie flottante imaginée par Napoléon III annonce le cuirassé. Une guerre trahie par l'histoire. Sébastopol a été effacé par la défaite de 70. Le livre de Jean-Pierre Chappuis rend leur gloire aux conquérants de Malakoff ensevelis sous Sedan, aux héros de l'Alma enfermés avec Bazaine, aux vainqueurs d'Inkermann désarmés comme Bourbaki.
Plon, 1951, pt in-8°, 334 pp, sources, broché, bon état
Excellent livre sur la diplomatie française pendant la crise orientale de 1840 et plus particulièrement la période de huit mois (du 1er mars au 28 octobre 1840) où Louis Adolphe Thiers était président du conseil et ministre des Affaires étrangères.
Flammarion, 1989, gr. in-8°, 477 pp, 8 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, arbre généalogique, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)
Où il apparaît que la reine Victoria, loin d'être “victorienne”, était une femme de caractère, mais ouverte et tolérante, passionnée, qui aimait la vie et son rôle de reine. Albert, l'homme de sa vie, fut plus victorien qu'elle ; Il réussit, jusqu'à un certain point, à la convertir aux valeurs d'une société sûre d'elle et triomphante, mais fort misogyne, qu'elle incarna finalement. Monica Charlot peint un portrait attachant de la reine dans la première moitié de sa vie, jusqu'à la mort du prince consort. Ses sources sont souvent inédites : le journal intime de Victoria, ses très nombreuses lettres et autres documents des Archives royales de Windsor auxquelles l'auteur a eu le privilège d'accéder, mais aussi les témoignages, écrits et pamphlets de l'époque. De quoi faire revivre, par la vivacité du style et la chaleur du regard, Victoria en son siècle.
Provins, Le Hériché, 1872, in-12, 275-xxxvii pp, annexes, reliure demi-basane chagrinée bordeaux, dos lisse, titres et encadrement dorés, couv. conservées, qqs rares rousseurs, bon état, envoi a.s.
Fasquelle, 1933, in-8°, 336 pp, 9 fac-similés hors texte, broché, bon état
P., Les éditions Rieder, s.d. (1937), pt in-8°, 335 pp, 7 planches de documents hors texte in-fine, broché, état correct
Les véritables origines de l'Affaire. – Esterhazy a écrit le bordereau sur l'ordre et sous la dictée du colonel Sandherr. – Dix lettres de la veuve du colonel Henry. – Le mystère du Mont-Valérien. – Un dossier de la police allemande de Mulhouse sur Dreyfus. — "Ce qui reste mystérieux dans l'affaire, ce sont les mobiles qui ont poussé Henry à charger Dreyfus par tous les moyens. D'après M. Charpentier, un “dossier Z” venu d'Alsace aurait induit Sandherr et Henry à croire Dreyfus coupable ; pour ne pas compromettre leur informateur en en faisant état, ils auraient fait écrire le bordereau par Esterhazy pour qu'il fût attribué à Dreyfus et permît de le condamner. Cette hypothèse me paraît non seulement à peu près gratuite, mais peu compatible avec l'ensemble des faits connus. L'hypothèse la plus vraisemblable reste que Henry a voulu perdre Dreyfus pour couvrir Esterhazy, soit qu'il eût trahi de concert avec celui-ci, comme le supposait Reinach, soit plutôt qu'il l'eût employé pour faire passer à l'ambassade d'Allemagne de faux documents et que, s'étant aperçu de sa trahison, il eut voulu la cacher par crainte qu'elle ne le compromît. D'après M. Charpentier, telle était l'opinion d'Alfred Dreyfus à la fin de sa vie." (J. Maurain, Revue Historique, 1938)
Belin, 1997, in-8°, 285 pp, 32 photos dans le texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Un savant, une époque)
Jean Perrin fit des débuts fracassants en apportant la preuve directe, à 24 ans, de l'existence de l'électron. Sur sa lancée, il démontra expérimentalement l'existence des atomes. Le prix nobel de physique couronna ses travaux. Mais tout génial physicien qu'il fût, Perrin refusa d'admettre les deux théories essentielles - la chimie électronique et la mécanique quantique appliquée à la chimie - qui permirent de comprendre la nature des laisons chimique et autoriseront le développement fulgurant de la chimie. Cette discipline n'était pour lui qu'une sous-discipline de la « physique classique », son obstination en la matière est sans doute l'un des facteurs responsables du retard de la chimie française pendant des décennies. Jean Perrin fut néanmoins un homme politique de poids. Membre du gouvernement de Léon Blum, il engagea, pour la première fois en France, une véritable politique scientifique. Il est ainsi le créateur du CNRS et du Palais de la Découverte.
CHARRIER-SAINNEVILLE (Sébastien-Claude Salicon), ancien lieutenant de Police à Lyon.
Reference : 100822
(1818)
P., Tournachon-Molin et H. Seguin et Lyon, J. Targe, 1818, in-8°, (4)-150-66 pp, pièces justificatives, broché, couv. d'attente muette, intérieur propre et sans rousseurs, bon état. Edition originale
"Charrier-Sainneville (1768-1840), administrateur, était lieutenant de police à Lyon lorsque sa brochure "Compte Rendu des événements qui se sont passés à Lyon" attira l'attention du gouvernement sur la conspiration factice du 8 Juin 1817, et devint ainsi en butte à des haines puissantes, par suite desquelles il rentra dans la vie privée." (Quérard II, 140).
Fayard, 1990, gr. in-8°, 909 pp, 22 illustrations, biblio, index, broché, bon état
Du milieu du XVIIe siècle aux années 1830, c'est le temps d'un apogée pour le livre imprimé, plus présent et plus familier, porteur de savoirs neufs et guide pour les pratiques. Après la Fronde, une tutelle plus rigoureuse du pouvoir monarchique modifie profondément les conditions de l'activité d'édition. Des censures plus sévères, d'Eglise ou d'Etat, sont imposées à ceux qui écrivent et produisent les livres. Le régime des privilèges favorise les libraires de la capitale aux dépens de leurs confrères des provinces. Du coup se trouvent encouragées les audaces de ceux qui, malgré les risques encourus, publient, dans et hors le royaume, livres contrefaits et livres prohibés. Jusqu'aux commencements du XIXe siècle perdure un " ancien régime typographique " que caractérise la stabilité du processus de fabrication du livre, guère changé depuis Gutenberg, et la domination du capital marchand sur l'activité typographique. La croissance du nombre de titres publiés, qu'ils soient livres, périodiques ou libellés, doit s'accommoder des contraintes anciennes. Comme le précédent, ce tome s'efforce de croiser deux histoires. La première étudie les hommes, les techniques, les gestes. Histoire de choix et de concurrences, de réussites et d'échecs, d'atelier et de boutique. Histoire de la décision et de l'engagement personnels, du labeur et de la peine grâce auxquels un texte devient un livre. Mais cette histoire en appelle une seconde : celle des objets et des lectures qui s'en emparent. Le livre, en effet, est une marchandise, produit d'une technique et d'une économie, mais une marchandise destinée à une fin culturelle. Entre 1660 et 1830, ses formes se modifient, ses emplois se multiplient, ses lectures se transforment. De ce point de vue, les décennies qui entourent la Révolution sont décisives. De là, le parcours de cet ouvrage qui propose d'abord trois approches, centrées sur le processus éditorial, le commerce du livre et les usages de l'imprimé, de la période 1660-1780, avant de rassembler en une dernière partie, menée de 1780 à 1830, les innovations, fragiles ou durables, d'un demi-siècle aux bouleversements nombreux.
P., Bourgogne & Martinet, 1847-1870, 24 vol. in-4°, richement illustré de gravures sur bois, qqs rousseurs éparses, reliures demi-basane verte époque, bon état. Bel ensemble de la revue Le Magasin pittoresque, complet des années 1847 à 1870, soit 24 années reliés deux par deux (1847/1848, 1849/1850, ... jusqu'à 1869/1870) en reliures d'époque
Revue surtout intéressante (mais pas seulement) pour les milliers d'illustrations gravées sur bois. Edouard-Thomas Charton (1807-1890) fonda le Magasin pittoresque à l'age de 25 ans, en 1833, puis dirigea Le Tour du Monde et la Bibliothèque des Merveilles. Il est la figure emblématique de la vulgarisation scientifique et littéraire réussie. Pendant cinquante ans, période qui correspond à la première série (tomes 1 à 50, publiés de 1833 à 1882), les articles ne sont pas signés et seuls figurent les noms des auteurs des pensées ou des poèmes cités. Tous les textes furent publiés sous la responsabilité d’Edouard Charton, responsabilité qu’il partagea pendant les quatre premières années avec Euryale Cazeaux. En 1883, commence une deuxième série, les tomes sont numérotés annuellement à partir de 1. Il n’y a pas de changement dans le nombre de pages ni dans la présentation générale de la revue, mais tous les articles y compris ceux d’Edouard Charton sont signés. On connaît les noms des collaborateurs de la première série par des listes publiées avec les index, sans lien avec les articles. Une première liste, en forme d’énumération, paraît dans l’avertissement d’Edouard Charton daté du 31 décembre 1837. Il y annonçait le retrait d’Euryale Cazeaux. Edouard Charton cite plus de quarante noms, avec une mention spéciale pour Jean Reynaud, directeur de l'Encyclopédie nouvelle, auteur prolifique. D’autres listes suivront, toujours sans lien avec les articles, aussi n’est-il généralement pas possible d’associer un texte à un auteur, sauf lorsqu’on a la possibilité de faire des recoupements. Outre Reynaud, Souvestre, Carnot, Cazeaux et Charton, de nombreux collaborateurs sont issus au début des rangs des saint-simoniens comme Fortoul, Aicard, Joncières, Transon, Alby, Urbain, Alexandre de Saint-Chéron qui avait épousé la fille de Bazard, Morville, secrétaire d’Enfantin, et Pauline Roland. Töpffer et Delacroix, deux hommes d'image ont collaboré avec leur plume. La table alphabétique et méthodique des quarante premières années 1833-1872 comporte une liste des rédacteurs , des dessinateurs (Grandville, Johannot, Giacomelli, Daubigny, Marville, Freeman, Grenet, Töpffer, Delacroix, etc) et des graveurs ayant collaboré sur cette période. On y relève les noms de plus de cent vingt personnes dont vingt femmes. George Sand collabora incognito, elle fut en relation suivie avec Edouard Charton. Son nom ne figure dans aucune des listes de collaborateurs, mais elle a, si on en croit un article de 1882, signé Edouard Drumont, reproduit dans le Magasin pittoresque de 1900, fournit des textes à Edouard Charton, pour le Magasin pittoresque, sans jamais signer ses écrits.
Pygmalion, 1982, in-8°, (4)-415 pp, préface de Dominique Venner, gravures, bandeaux et culs-de-lampe d'après Bodmer, G. de Penne et Crafty, dictionnaire des termes de vénerie in fine, reliure pleine toile citrouille de l'éditeur, dos lisse orné, encadrement et illustration dorés au 1er plat, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grands Maîtres de la Chasse et de la Vénerie)
Réimpression de l'édition originale de 1890 (Thiébaud, 572), augmentée d'une courte préface ; une étude exhaustive sur les grandes races de chiens courants et le gibier chassé à courre. Complété par un dictionnaire des termes de vénerie, un précieux recueil des principales fanfares avec musique et paroles, et un savoureux tableau statistique des meutes et équipages de France en 1889. — "... Les passionnantes comparaisons entre les élevages de chiens en France et en Angleterre, les remarques sur l'amélioration des meutes, les multiples observations et conseils qui jalonnent ce livre n'ont pas vieilli d'un poil... Un grand classique pittoresque et précieux." (Dominique Venner)
Tallandier, 1970, in-8°, 475 pp, 49 gravures et photos, chronologie, reliure pleine toile bordeaux de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, tiré sur papier vergé couché ivoire, bon état
Premier volume seul (sur 7) de cette nouvelle édition de l'Histoire de la Troisième République de Jacques Chastenet (première édition : Hachette 1952-1963). — "Les Français de plus de soixante-dix ans et les Français de moins de quarante sauront un gré particulier à M. Jacques Chastenet d'écrire pour eux les volumes successifs de son Histoire de la Troisième République (...) Aux premiers il rappelle de vieux souvenirs. Aux seconds, il fait découvrir des terres inconnues. Que les uns et les autres lui en soient reconnaissants, c'est justice." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1955)
Hachette, 1958, in-8°, 372-(7) pp, cartes, index, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état
Tome III seul (sur 7) — "L'auteur aborde ici, avec le même souci d'objectivité que dans les précédents volumes, ce qu'on est convenu d'appeler la « belle époque ». Le récit s'ordonne autour de quelques événements-clés, comme l'affaire Dreyfus et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. La politique extérieure tient une place importante dans ce volume qui couvre l'époque où prennent une forme définitive les constellations d'où sortira la guerre. L'ouvrage débute et se termine par un tableau de la société française, du genre de vie, des activités économiques, intellectuelles, artistiques." (Revue française de science politique, 1955)
Hachette, 1961, in-8°, 300 pp, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rousseurs, bon état
20 juin 1837 : Victoria monte sur le trône d'Angleterre. – 1er mai 1851 : La reine inaugure la première Exposition Universelle. Ces deux dates limitent la « Early Victorian period », époque attachante qui a vu l'Angleterre se transformer radicalement sous le seul effet de l'industrialisation. À la « Old Merry England » se substitue une Angleterre manufacturière et bourgeoise qui va se débarrasser des entraves au commerce et remplacer ses « coaches » par les chemins de fer. L'esprit religieux et traditionaliste des Anglais pour qui l'ordre social établi – et d'ailleurs nullement étanche – et voulu par Dieu, leur permettra l'économie d'une révolution. Un contexte humain aussi riche a poussé M. Jacques Chastenet à s'attacher surtout à la vie des hommes de l'époque victorienne. Grands seigneurs déployant encore un faste royal, fermiers hauts en couleur et bons vivants, derniers témoins de la Vieille Angleterre, paysans souvent malheureux mais conformistes, prolétariat urbain entassé dans des taudis, et dont l'Opéra de Quat'sous ne donne qu'une image poétisée, bourgeois récemment enrichis et fleurant encore l'odeur du vernis d'un ameublement tout neuf, tous revivent avec leur grandeur et leurs préjugés, fidèles agissants d'un Dieu qui est un Dieu anglais et bon comptable, loyaux sujets d'une Reine qui incarne leur idéal : la respectabilité... — "... Dès sa jeunesse, l’Angleterre l’avait fasciné, aussi bien par les vicissitudes originales de son histoire que par ses institutions... De cet intérêt sont sortis, en 1946, une belle étude sur “Le Parlement d’Angleterre” ; puis, distribués sur vingt ans à partir de 1947, “Le siècle de Victoria”, “Elisabeth Ire”, “Winston Churchill”, “La vie quotidienne en Angleterre au début du règne de Victoria”, et, enfin en 1965, “L’Angleterre d’aujourd’hui”. À l’exception de deux, ces livres traitent donc de sujets anciens, où Chastenet rencontrait d’illustres prédécesseurs en langue anglaise, mais aussi en langue française, et même en langue allemande avec Emil Ludwig, tardif et sévère chevalier servant de Marie Stuart. Son service en est-il déprécié ? Certainement non. La reprise fréquente, presque périodique, des matières historiques les plus importantes est légitime et nécessaire. Une époque lointaine, une haute figure, analysée en 1920 ou analysée en 1950, n’ont ni même formule ni même saveur et les bons historiens ne s’y répètent pas plus que ne font les bons peintres quand ils se lèguent de siècle en siècle des scènes traditionnelles. La vaste expérience que Chastenet avait acquise des hommes publics, des mouvements économiques, des méthodes de la diplomatie, le mettaient à même de percevoir l’ossature des événements, ce plan sans finalité, ce bilan de données profondes dont les contemporains n’ont pas toujours conscience et qui pourtant décide du succès ou de la perte de leurs entreprises..." (Georges Dumézil, Discours de réception à l'Académie française, 14 juin 1979)