8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 SEDES, 1999, in-8°, 192 pp, 10 cartes et illustrations, chronologie, glossaire, biblio, broché, bon état
La France des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles est un royaume paysan. Son économie repose essentiellement sur le travail de la terre, qui occupe près de quatre Français sur cinq. Les structures et les valeurs de la société sont fondées dans une large mesure sur la propriété foncière. Cette assise terrienne a modelé une civilisation rurale qui a perduré bien au-delà de la Révolution. Ce livre présente les caractéristiques écologiques, humaines, économiques, sociales et culturelles de l'ancienne civilisation rurale. Il s'attache aussi à saisir, sous l'apparente immobilité, les changements qui, entre le XVIe et le XVIIIe, siècles, ont préparé l'entrée des campagnes dans la modernité. Il propose un choix de documents commentés, des notices techniques, une chronologie, un glossaire, une bibliographie, qui permettent au lecteur contemporain de se repérer dans un monde rural qui a cessé de lui être familier.
P., Librairie militaire de J. Dumaine, 1880, in-8°, 368 pp, un tableau dépliant hors texte (ordre de bataille à Fontenoy), reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à frod, fleurons et titres dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. taché, bon état
Etude parue originellement dans le Journal des sciences militaires.
Edic-Economica, 1987, gr. in-8°, xx-344 pp, préface d'André Corvisier, 8 pl. de gravures et fac-similés hors texte, annexes, biblio, index, broché, bon état
"Avec cet ouvrage, Jean-Luc Quoy-Bodin a fait une oeuvre objective d'historien, et non de pamphlétaire, redressant au passage quelques contre-vérités. Cela permet d'éclairer d'un jour nouveau la vie de ceux qui, il y a deux siècles, furent francs-maçons. Il précise que la mode des « loges » venue d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande se situe en France en 1744, au moment de la guerre contre l'Autriche. La franc-maçonnerie, jugée comme un mouvement humaniste, gagna bientôt toutes les armées européennes. Les grands maîtres se recrutant parmi les membres les plus en vue de la haute noblesse, la franc-maçonnerie fut alors taxée d'« aristocratie dans une aristocratie ». Jean-Luc Quoy-Bodin, qui a effectué un gros travail de recherche, a retrouvé les noms des initiés dans l’armée et peut ainsi suivre jusqu’a la Restauration la marche d’une société dont le coté secret semble assez relatif. Ce qui est trés intéressant, c’est qu’il montre la situation morale de l’armée à la fin du XVIIIe siécle et le malaise qui y régnait. Les grades élevés étant interdits aux roturiers, les « officiers de fortune » ne pouvaient, aprés de longs services dans le rang, qu’accéder au grade de capitaine en second. Les cahiers de doléances de 1789 se font l’écho de véhémentes protestations. De plus, l’ennui qui régnait dans les garnisons de province incita les officiers à se faire « initier » pour y trouver un pôle de distraction. « II s’agit d'étre diverti, plutot que converti », disait-on alors. Cette fantaisie dura tout un hiver, racontérent des témoins, puis d’autres amusements prévalurent... La Révolution fit évoluer l’esprit de ces maçons d’occasion..." (Françoise Escoffier, Revue des Deux Mondes, mai 1988)
Klincksieck, 1978, gr. in-8°, 590 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état (Publications de l'Université de Haute Bretagne)
Neuf villes de Normandie, Maine, Anjou et Bretagne, choisies en raison de leur diversité... Neuf lieux d'observation pour une double analyse : celle d'indicateurs tels que l'alphabétisation ou la propriété des livres ; celle de structures et réseaux de diffusion que sont imprimeries, librairies et sociétés.
Editions Apogée, 1993, in-8°, 181 pp, 2 cartes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Bâtard, déserteur, jeteur de sorts et violeur de fillettes, le Grand Chapelletout illustre une forme extrême de marginalité agressive. En nous montrant l'anormal, les archives judiciaires révèlent les normes d'autrefois dans la vie quotidienne, les dialogues, les gestes, les regards, les relations de voisinage, les tensions. Témoins, accusés et juges nous campent le criminel, l'oppresseur, le voisin aussi, et plus magnifiquement encore les hommes et les femmes “ordinaires” du XVIIIe siècle.
Hachette, 1978, in-8°, 358 pp, 6 cartes et graphiques, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes)
"Pour beaucoup d'« honnêtes gens », il va de soi que, dans l'histoire de la France chrétienne, c'est le XVIIe siècle qui est le grand siècle – « le grand siècle des saints » – , le XVIIIe étant celui de Voltaire et de la déchristianisation. A ne porter attention qu'aux grands hommes en négligeant les fidèles, les historiens d'hier et d'avant-hier ont contribué, parfois malgré eux, à la diffusion de cette idée fausse. C'était oublier que la France de Louis XIII et du début du règne de Louis XIV est un « pays de mission » où, en dépit des efforts de quelques rares évêques réformateurs, le clergé rural est encore largement inculte, trop souvent intempérant et concubinaire, et par conséquent incapable d'assurer l'encadrement et l'instruction du peuple chrétien. A cet égard, on ne saurait exagérer l'importance de la création des séminaires ; or elle n'est effective dans la plupart des diocèses de France que dans les années 1690-1710. Jean Quéniart rétablit les vraies perspectives en rappelant que c'est dans les années 1720-1730 que l'immense effort de christianisation atteint des résultats qui ne seront guère dépassés : « géographiquement et socialement, c'est vers cette date que le tableau de l'Église de France être le plus triomphal ». Certains lecteurs seront peut-être surpris que ce triomphe est donc contemporain du Régent et de ses roués, alors qu'un siècle plus tôt la France du pieux Louis XIII et de saint Vincent de Paul était comparée par maints évêques contemporains à un pays d'infidèles, d'idolâtres et de Turcs. Précieuse mise au point parmi d'autres, fournie par ce livre serein, chaleureux et salubre." (François Lebrun, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1979)
RABUTIN (François de) – SALIGNAC (Bertrand de) – COLLIGNY (Gaspar de) – LA CHASTRE (Claude de) – ROCHECHOUART (Guillaume de).
Reference : 110456
(1823)
P., Foucault, 1823 2 vol. in-8°, 444 et 515 pp, reliures demi-veau glacé fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièces de titre et d'auteur chagrin carmin et vert (rel. de l'époque), bon état (Coll. complète des mémoires relatifs à l'histoire de France depuis le règne de Philippe-Auguste jusqu'au commencement du 17e siècle ; avec des notices sur chaque auteur, et des observations sur chaque ouvrage par M. Petitot)
Bel exemplaire, bien relié. Les commentaires de Rabutin, entré au service du roi dans la compagnie du duc de Nevers, vont de 1551 juqu'à la paix de Cateau-Cambrésis en 1559. "Récit riche en détails sur Mézières et la guerre des Ardennes, le voyage du roi sur le Rhin et en Luxembourg, les campagnes du Hainaut et de Picardie, Renty, Saint-Quentin. Son horizon est celui d'un simple homme d'armes, mais véridique et assez impartial." (Hauser, Sources II, 1253) – Bertand de Salignac, seigneur de La Motte Fénelon est l'oncle de l'auteur de Télémaque. Sa relation du siège de Metz en 1552 se distingue par une élégante clarté et un ton de bienveillance – Ecrit pendant sa captivité à l'Ecluse en 1557, le discours de Gaspard de Colligny est emprunt d'une précision militaire, d'esprit et d'exactitude historique – La relation de La Chastre est un petit mémoire ou discours sur l'état de la France après le désastre de Saint-Quentin, sur le retour d'Italie du duc de Guise, et le recouvrement de Calais et Thionville – Les mémoires de Guillaume de Rochechouart offrent un petit résumé des événements auxquels ce seigneur prit part durant une longue vie, sous les règnes de Louis XII, François Ier, François II, Henri II et Charles IX.
P., Editions Bossard, 1922, pt in-8°, 202 pp, un portrait gravé sur bois par Achille Ouvré en frontispice, numéroté sur papier vélin pur chiffon (Coll. des Chefs-d'œuvre méconnus)
Cologne, Aux dépens de la Compagnie, 1755, in-12, xxxvi-756 pp, reliure veau fauve marbré, dos à 5 nerfs pointillés et caissons fleuronnés dorés, pièce de titre maroquin carmin, filets dorés sur les coupes (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire très propre et exempt de rousseurs
Tome VIII seul (sur 13) qui renferme les 12 premiers articles du seizième siècle. — "L’Histoire ecclésiastique" fut un véritable best-seller dû à la plume de Claude Fleury (1640-1723), fameux précepteur du duc de Bourgogne que Madame de Sévigné admirait. Le premier volume fut publié à l’automne 1690. Les dix-neuf suivants parurent avec régularité jusqu’en 1720. Fleury mourut le 14 juillet 1723, frappé d’apoplexie : il avait couvert la période allant de l'établissement du christianisme jusqu’à l'année 1414 et la réunion du Concile de Constance. La poursuite de la publication, à partir de 1726, fut prise en charge par l’oratorien Jean-Claude Fabre (1668-1753), avec l’aide de son ancien confrère Claude-Pierre Goujet (1697-1767). Seize volumes parurent encore par leurs soins à partir de 1726 jusqu’en 1738, mais les deux derniers furent saisis et Fabre sommé de renoncer à la publication des suivants. Pour cette raison, l’Histoire ecclésiastique ne fut pas poursuivie au-delà de l'année 1594. Cette "Histoire ecclésiastique" était regardée par Voltaire comme la meilleure histoire de l’Église connue. À partir de 1748 fut publié cet "Abrégé de l’Histoire ecclésiastique" (Cologne-Paris, Aux dépens de la Compagnie, 13 volumes), rédigé par un protégé de Mgr de Caylus, évêque d’Auxerre : il s’agissait de l’abbé Bonaventure Racine (1708-1755) que son jansénisme avait fait expulser de tous les collèges dans lesquels il avait tenté d’enseigner. La publication s’en poursuivit de manière posthume jusqu’en 1762, et l’abrégé assurait également la continuation de l’Histoire jusqu’au XVIIIe siècle.
P., Par la Compagnie des Libraires, 1767, 3 vol. in-12, xxxiv-(10)-460, 451 et 422 pp, un frontispice et 12 planches gravées hors texte, bandeaux, culs-de-lampe, reliures plein veau granité, dos à 5 nerfs guillochés et caissons dorés ornés, pièces de titre et de tomaison basane carmin et chocolat, encadrements à froid sur les plats, coupes filetées, tranches mouchetées (rel. de l'époque), mors frottés, petite trace de mouillure ancienne au tome 3, bon état
Table : Tome 1 : Extrait de la vie de Jean Racine ; La Thébaïde ou les frères ennemis, variantes de la Thébaïde ; Alexandre, variantes d'Alexandre ; Andromaque, variantes d'Andromaque ; Les plaideurs, variantes des Plaideurs ; Britannicus, variantes de Britannicus. – Tome 2 : Bérénice, variantes de Bérénice ; Bajazet ; Mithridate ; Iphigénie ; Phèdre. – Tome 3 : Esther ; Athalie, variantes d'Athalie ; Plan du 1er acte d'Iphigénie en Tauride ; Oeuvres diverses : La Nymphe de la Seine, La renommée aux Muses, Idylles sur la paix, Epigrammes ; Cantiques spirituels, Lettres et discours, Fragments historiques, réflexions pieuses sur quelques passages de l'Ecriture Sainte ; Ouvrages attribués à M. Racine.
Lausanne et Genève, Marc-Michel Bousquet et Compagnie, 1747, 2 vol. in-12, (1)-141-319 et 405 pp, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-veau moucheté à coins, dos lisse avec doubles filets dorés, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), un mors fendu sur 3 cm, accroc au 1er plat, bon état (Barbier, III, 256)
Contient : Tome 1 : Discours prononcé par M. Racine à l'Académie française, à la réception de M. l'Abbé Colbert le 30 octobre 1678 ; Plan du premier acte d'Iphigénie en Tauride ; Extrait du traité de Lucien intitulé Comment il faut écrire l'Histoire ; Fragments historiques ; Reflexions pieuses sur quelques passages de l'Ecriture sainte ; Hymnes du Bréviaire romain ; Ouvrages attribués à Jean Racine : Discours prononcé à la tête du clergé par M. l'Abbé Colbert, Relation de ce qui s'est passé au siège de Namur ; Mémoires contenant quelques particularités sur la vie et les ouvrages de Jean Racine. – Tome 2 : Recueil des lettres de Jean Racine : Lettres écrites dans sa jeunesse à quelques amis ; Lettres à Boileau, et les réponses de Boileau ; Lettres de Racine à son fils ; Lettres de Madame de Maintenon ; Lettres de M. Racine l'aisné. — "Ses Mémoires ne sont pas seulement une oeuvre de piété filiale. On y puise aussi des renseignements sur Boileau, et les anecdotes sont amusantes et vives. Surtout le commentaire de chaque pièce qui nous fait connaître un des aspects essentiels du purisme grammatical desséchant qui a régné jusqu'à la fin du XVIIIe siècle." (Grente, Dictionnaire des Lettres françaises)
P., Société Française d'Imprimerie et de Librairie, 1907, gr. in-8°, 464 pp, biblio, index, reliure demi-chagrin bleu nuit, dos à 5 nerfs, tête dorée, bel exemplaire. Edition originale, envoi a.s.
Remarquable étude. — "Le chancelier du Vair a passé pour l'homme le plus éloquent de son temps. Sous ce rapport, il a soigné sa renommée car il fut un des premiers à imprimer et à répandre ses discours et ses écrits, à les revoir, à les corriger même selon l'effet obtenu, si l'on en croit ses contemporains. Il a donc laissé la matière d'une jolie étude. Elle convenait particulièrement à un jeune professeur, qui en a fait le sujet d'une thèse de doctorat ès lettres, brillamment soutenue en Sorbonne. Après une jeunesse passée soit à étudier en Italie, soit à intriguer avec le duc d'Anjou dans les Pays-Bas, Guillaume du Vair rentre dans la vraie vocation parlementaire de sa famille, et vient à Paris, où tout en remplissant sa charge de magistrat, il se lie avec les beaux esprits de l'époque : Turnèbe, Jean Morel, du Belloy, de Thou. Arrive la Ligue, et il se lance dans ce que nous appellerions aujourd'hui la politique. Partagé entre des tendances diverses, il déteste la tyrannie, surtout quand elle est exercée par un roi aussi faible et aussi méprisable que Henri III ; mais il est attaché aux traditions catholiques et monarchiques. De là des hésitations, qui furent celles du tiers-parti sous la Ligue. Elles s'accusent dans les oeuvres successives que M. Radouant a analysées avec beaucoup de soin : l'oraison funèbre de Marie Stuart, le discours des Barricades, la supplication au roi, le traité de la « constance, » l'exhortation à la paix, et surtout le discours pour la loi salique à la veille de ce fameux arrêt du Parlement de Paris, qui fit plus pour la cause de Henri IV qu'une armée. Guillaume du Vair vécut vingt-cinq ans encore ; mais il ne semble pas que la fin de sa carrière ait été aussi brillante que le début. Au reste, l'auteur nous a bien fait connaître l'homme et l'écrivain et son livre est plein de recherches érudites." (G. Baguenault de Puchesse, Revue des questions historiques, 1908)
P., Société Française d'Imprimerie et de Librairie, 1907, gr. in-8°, 464 pp, biblio, index, broché, bon état. Edition originale
Remarquable étude. — "Le chancelier du Vair a passé pour l'homme le plus éloquent de son temps. Sous ce rapport, il a soigné sa renommée car il fut un des premiers à imprimer et à répandre ses discours et ses écrits, à les revoir, à les corriger même selon l'effet obtenu, si l'on en croit ses contemporains. Il a donc laissé la matière d'une jolie étude. Elle convenait particulièrement à un jeune professeur, qui en a fait le sujet d'une thèse de doctorat ès lettres, brillamment soutenue en Sorbonne. Après une jeunesse passée soit à étudier en Italie, soit à intriguer avec le duc d'Anjou dans les Pays-Bas, Guillaume du Vair rentre dans la vraie vocation parlementaire de sa famille, et vient à Paris, où tout en remplissant sa charge de magistrat, il se lie avec les beaux esprits de l'époque : Turnèbe, Jean Morel, du Belloy, de Thou. Arrive la Ligue, et il se lance dans ce que nous appellerions aujourd'hui la politique. Partagé entre des tendances diverses, il déteste la tyrannie, surtout quand elle est exercée par un roi aussi faible et aussi méprisable que Henri III ; mais il est attaché aux traditions catholiques et monarchiques. De là des hésitations, qui furent celles du tiers-parti sous la Ligue. Elles s'accusent dans les oeuvres successives que M. Radouant a analysées avec beaucoup de soin : l'oraison funèbre de Marie Stuart, le discours des Barricades, la supplication au roi, le traité de la « constance, » l'exhortation à la paix, et surtout le discours pour la loi salique à la veille de ce fameux arrêt du Parlement de Paris, qui fit plus pour la cause de Henri IV qu'une armée. Guillaume du Vair vécut vingt-cinq ans encore ; mais il ne semble pas que la fin de sa carrière ait été aussi brillante que le début. Au reste, l'auteur nous a bien fait connaître l'homme et l'écrivain et son livre est plein de recherches érudites." (G. Baguenault de Puchesse, Revue des questions historiques, 1908)
Desclée De Brouwer, 1935, in-8°, xvi-386 pp, 11 pl. de gravures hors texte, notes, index, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Temps et visages), envoi a.s.
"« En France, confiait Mazarin à Don Luis de Haro, nous en avons trois (femmes) qui seraient capables de gouverner ou de bouleverser trois grands royaumes : la duchesse de Longueville, la princesse Palatine et la duchesse de Chevreuse. » On sait assez dans quelles agitations, quelles intrigues, quelles aventures se sont jetées les duchesses de Chevreuse et de Longueville ; on est moins renseigné sur la princesse Palatine. Dans les périodes troublées où elle a vécu, son influence politique, qui fut grande, s'exerça surtout par des négociations secrètes, n'ayant guère laissé de traces. Dans tous les camps elle avait des amis, et des amis très chers pour ne pas les qualifier autrement, parmi les plus haut placés; et, sans perdre leur confiance ni leur témoigner la moindre déloyauté, elle s'efforçait de les accorder, de concilier les partis et de les gagner à la cause royale. Bossuet a légèrement soulevé le voile qui recouvrait ces intriques et ces tractations, dans son Oraison funèbre de la princesse Palatine. Ses allusions discrètes, enveloppées en sa somptueuse langue oratoire, pouvaient être facilement saisies par une assistance où se mêlaient les témoins et peut-être quelques-uns des acteurs des événements visés. C'est là un des mérites de l'ouvrage de M. Raffin : il éclaire la vie d'Anne de Gonzague et se présente comme un commentaire historique de l'Oraison funèbre. L'auteur suit la princesse au cours des diverses étapes de son existence, à travers les manifestations variées de son activité extérieure comme de son évolution religieuse. (...) Et ainsi, outre son objet principal qui est la biographie de la princesse Palatine, cet ouvrage est riche en détails précieux qui en font une excellente contribution à l'histoire de quelques personnages du XVIIe siècle." (H. Couget, Revue d'histoire de l'Église de France, 1936)
Plon, 1947-1950, 2 vol. in-8°, 344 et 258 pp, une carte dépliante hors texte dans le tome 1, brochés, couv. du tome 1 lég. défraîchie, sinon bon état. Seuls volumes parus. Le tome 1 a étét couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques
"L'auteur, dans un dessin clair, rapide et d'allure tout à fait classique, sauf peut-être, et assez heureusement, pour la politique de Choiseul et de Vergennes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, a tracé la courbe de l'influence politique de la France de la fin des guerres de religion à la veille de la crise révolutionnaire." (A. Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France, à propos du tome 1)
Plon, 1947, in-8°, 344 pp, une carte dépliante hors texte, broché, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques)
"L'auteur, dans un dessin clair, rapide et d'allure tout à fait classique, sauf peut-être, et assez heureusement, pour la politique de Choiseul et de Vergennes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, a tracé la courbe de l'influence politique de la France de la fin des guerres de religion à la veille de la crise révolutionnaire." (A. Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France)
Plon, 1959, fort in-8°, ix-664 pp, 10 illustrations et 3 figures, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
"En retrait du commerce océanique par rapport aux villes du Ponant, longtemps éloignée des échanges avec l'Océan Indien par suite du privilège de la Compagnie des Indes, Marseille, pour l'historien non prévenu, semble avoir joué un faible rôle dans les échanges commerciaux avec les Indes orientales et occidentales. Ce sera un des mérites de M. Rambert que d'avoir mis en lumière, au cours des 664 pages de ce volume, l'ampleur du commerce entretenu par Marseille avec les Colonies, de l'adolescence de celles-ci à 1789, de l'avoir comparé à celui des grands ports du Ponant, de l'avoir appuyé sur des tableaux, des chiffres et des références. Dans cette comparaison, Marseille lutte souvent pour la seconde place non certes avec Bordeaux qui conservera longtemps la tête dans les échanges avec les Antilles, mais avec Nantes et Le Havre. (...) La période étudiée embrasse plus d'un siècle, jalonnée par des dates remarquables : 1670, lettre de Colbert à Nicolas Arnoul, intendant des Galères l'exhortant à « porter les propriétaires [du Lacydon] à envoyer quelques vaisseaux dans les Isles de l'Amérique où j'apprends, écrivait le ministre, que ceux qui y ont déjà esté ont fait un profit considérable » ; lettres patentes de février 1719 octroyant aux Marseillais la libre pratique du commerce avec les Iles, arrêt du Conseil du 13 août 1769 suspendant l'activité de la Compagnie des Indes orientales et mettant fin à son monopole. 1785, constitution d'une nouvelle Compagnie des Indes, par un arrêt qui accorde à celle-ci, pour sept années de paix, le privilège du commerce des Indes à l'exclusion des Mascareignes. Les profondes césures dues aux guerres maritimes (guerre de Succession guerre de Sept ans, guerre de l'Indépendance américaine), la lente montée des prix, prodrome économique de la Révolution, lui imposent son rythme propre. Quelques grandes figures de négociants ou d'armateurs marseillais, Jean Magy et Jean Louis Maurellet les précurseurs, puis Fabre et Georges Roux de Corse, Joseph et Georges Audibert, les frères Roux et Jacques Rabaud au xviiie, s'y détachent. Quant à l'espace couvert par les navires du grand port méditerranéen, il va des rives orientales de l'Amérique à Canton en passant par l'Inde, les Mascareignes et les Côtes de Guinée. Dans ce cadre largement ouvert dans l'espace et le temps, M. Rambert en trois parties consacrées aux Antilles, à l'Amérique septentrionale et aux Indes orientales, a ordonné le résultat de ses recherches. Si l'étude du commerce marseillais, appuyée sur une connaissance approfondie de l'administration royale, du milieu des armateurs et des négociants, des opérations maritimes et commerciales, des denrées d'importation et d'exportation, des tarifs et des prix en forme l'essence, bien d'autres questions s'y détachent avec un relief insoupçonné : Evolution du régime de l'Exclusif et progrès du libéralisme au cours du XVIIIe siècle, commerce de Guinée pour lequel Marseille semble avoir eu une longue répugnance, commerce d'Inde en Inde dont un marseillais Pierre Blancard exposera les règles, commerce par Suez, expédition de Chine, voyages quadrangulaires Marseille - Indes Orientales - Mozambique - Antilles, commerce des piastres, indispensables dans les échanges avec l'Extrême-Orient, commerce de la morue où Marseille occupe une place primordiale puisqu'elle dépasse Dieppe le grand port de pêche de la Manche, émigration provençale aux Iles et aux Mascareignes. Aucun des aspects secondaires de son sujet n'a échappé à l'auteur. Il semble difficile, à moins que ne se découvrent d'autres sources cachées à ce jour, d'ajouter à cette étude exhaustive, qui fait de M. Rambert un historien du commerce et de la colonisation." (M.-A. Ménier, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1962)
Laffont, 1986, in-8°, 872 pp, cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins). Epuisé
Oeuvre majeure de l'historiographie protestante, très innovante à l'époque dans le regard porté sur la papauté. Il s'agit en fait de la traduction d'une partie des "Fürsten und Völker von Süd-Europa im 16 und 17. Jahrhundert", publiés à Berlin en 1827-1836 (quatre volumes). Alexandre de Saint-Chéron fut le premier à introduire la pensée du "père de l'histoire moderne" en France.
Hachette, 1938, in-12, 254 pp, broché, couv. illustrée (lég. salie), bon état (Coll. Les Vies privées)
P., Editions Pages d'Histoire, 2018, gr. in-8°, 134 pp, notes, biblio, index, reliure pleine toile carmin, dos lisse, titres dorés, bon état. Tiré à 150 exemplaires seulement
"Le Testament politique du cardinal de Richelieu a troublé ses lecteurs depuis sa première publication en 1688, quarante-sept ans après la mort du cardinal. Le livre d'Orest Ranum propose à la fois une lecture attentive de ce texte difficile et important et une série de réflexions sur certaines des questions plus larges qu'il soulève. Aucun spécialiste n'était plus qualifié pour entreprendre cette double tâche, car Ranum a enseigné à des générations d'historiens à réfléchir en profondeur aux mécanismes du pouvoir aux débuts des temps modernes et au langage complexe utilisé alors pour décrire les actions politiques. Ses recherches sur ces questions ont été remarquables par l'ampleur de leur vision. Dans "Les Bienfaits", Ranum se concentre sur un seul des multiples thèmes du Testament politique, celui du don..." (Jonathan Dewald, H-France Review Vol. 19, 2019)
Plon, 1876, in-8°, xxxi-300 pp, broché, dos fendu recollé, bon état
"Le comte de Plélo n'est guère connu que par sa mort héroïque sous les murs de Dantzig en 1734. C'est en éditant les œuvres de d'Argenson que M. Rathery a fait sa connaissance. Peu à peu il a reconstitué ce portrait d'un homme de mérite qui a été mêlé, quoique toujours en seconde ligne, à tout le mouvement du siècle et qui peut servir de type pour toute une génération de nobles français. Il nous le montre, entraîné d'abord par l'exemple de ses jeunes amis, gaspillant une notable partie de sa fortune dans les folies d'usage ; puis se mariant et trouvant l'amour dans le mariage, si bien qu'on voit déjà percer dans ce gentilhomme, qui a vécu dans le premier tiers du XVIIIe siècle, la réforme morale qui en marquera la fin : par ce côté, Plélo appartient à ce groupe d'âmes sensibles et de coeurs généreux que nous connaissons déjà par la correspondance de la comtesse de Sabran et du chevalier de Boufflers ; on ne le croirait pas contemporain du maréchal de Richelieu et des derniers roués de la Régence..." (Revue Bleue, politique et littéraire, 1877)
Victor Palmé, 1874, in-8°, vi-496 pp, reliure demi-chagrin havane, dos à 4 nerfs (reliure de l'époque)
Charles-Lavauzelle, 1895, in-12, 380 pp, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec fleuron doré, pièce de titre basane havane, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Rare
"Les Réflexions et souvenirs du chevalier de Ray, que vient de publier M. Lucien Mouillard, contiennent des observations vraiment intéressantes sur les généraux français ou au service de la France pendant les deux guerres de Sept ans, sur l'esprit du soldat français dans les armées de Louis XV, sur la réforme de la gendarmerie de France en 1763-1769. Quant au chevalier de Ray lui-même, nous ne savons presque rien de lui, car il s'efface modestement derrière les autres, et l'éditeur, qui a pris la peine de nous donner un résumé des campagnes en Bohême, Bavière, Allemagne, Italie et Flandre de 1742 à 1748, en Hanovre et en Hesse de 1756 à 1762, n'a pas jugé utile de lui consacrer plus de quatre ou cinq pages. Dans ses Réflexions, le chevalier de Ray se montre à nous comme un observateur intelligent, bien qu'un peu superficiel, et bienveillant, bien qu'il sentît fortement les injustices dont il avait souffert pendant sa carrière active ; mais, ce qui est touchant, c'est son amour pour le soldat, dont il aime à rappeler les traits d'endurance, d'héroisme ou de bonté, vertus qu'à ses yeux la guerre seule était capable de développer, car « la paix est le temps de l'apathie et de l'indifférence pour son prochain » (p. 42). Cette sorte de philosophie de la guerre n'est point banale." (Louis Farges, Revue Historique, 1895)
Hachette, 1900, in-12, 208 pp, portrait-frontispice hors texte, cart. demi-parchemin ivoire, pièce de titre de maroquin noir, couv. conservées, bon état, envoi a.s. (Coll. les grands écrivains français)
Club du Livre Sélectionné, s.d. (1962), in-8°, 446 pp, préface du général Weygand, un portrait en frontispice, 16 pl. de gravures et 3 cartes repliées hors texte, reliure simili-cuir bordeaux de l'éditeur, bon état
Par Alfred Rébelliau (1858-1934), bibliothécaire à l'École normale supérieure, professeur d'université et historien. Cet ouvrage posthume, préparé pour le tricentenaire de la naissance de Vauban (1633-1707), paraît avec quelque trente ans de retard. C'est surtout à l'homme de guerre que Rébelliau s'attache, à celui pour lequel Saint-Simon créa le beau mot de « patriote ». — "Ce « Vauban » est une biographie, sans doute, puisque le héros est suivi de ses humbles commencements au sommet de son ascension. Mais il est bien davantage : le tableau d'une époque, une savante page d'histoire dont le talent de l'écrivain, l'allure du récit procurent au lecteur autant d'agrément que de profit..." (Préface).