Seuil, 1990, in-8°, 370 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'univers historique)
Le très petit nombre des travaux consacrés à l'histoire de l'Etat français contraste singulièrement avec la vigueur des jugements qui s'expriment à son propos. D'où le décalage : l'Etat comme problème politique, ou comme phénomène bureaucratique, est au cœur des passions partisanes et des débats philosophiques tout en restant une sorte de non-objet historique. Ce quasi-vide, Pierre Rosanvallon a voulu commencer à le combler dans cet ouvrage, qui est à la fois bilan et programme. Bilan, il propose une première synthèse des travaux disponibles et offre une vaste bibliographie commentée. Programme, il dessine un nouveau cadre conceptuel pour comprendre l'histoire de l'Etat. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Delagrave, 1916, gr. in-8°, 128 pp, illustrations de Raynolt, 16 pl. de photos hors texte, reliure pleine toile décorée de l'éditeur, titres dorés et motif de chapiteau gothique à froid au 1er plat, tranches rouges, bon état
Par l'historien d'art Léon Georges Rosenthal (1870-1932). — "Un excellent exposé des principes qui ont présidé à l'origine et à l'épanouissement de notre art gothique, de cet art dont les Allemands s'acharnent aujourd'hui à détruire les plus belles manifestations." (Revue Historique, 1917) — Ce livre sera couronné par le Prix François-Joseph Audiffred, 1917, que décerne l’Académie des Sciences morales et politiques à « l’ouvrage imprimé le plus propre à faire aimer la morale et la vertu et à faire repousser l'égoïsme et l'envie, ou à faire connaître et aimer la patrie ». — "Le martyre de l'art français, c'est celui auquel nous assistons depuis le commencement de cette guerre : les sauvages bombardements et la destruction de tant de monuments de notre histoire et de notre art national depuis les cathédrales et les beffrois de nos villes jusqu'aux plus humbles églises de nos campagnes. Nous avons tous ressenti au plus profond de nos coeurs la douleur de ces blessures et de ces pertes, et un sursaut de révolte nous a dressés contre les vandales. Cependant, observe l'auteur de ce livre, « sommes-nous bien assurés d'avoir, pour cette révolte, accompli tout notre devoir envers les monuments qui ont été mutilés, insultés ou détruits ? Connaissions-nous assez les pierres martyres, les avions-nous entourées d'une piété assez diligente, pour mesurer l'outrage qu'elles ont subi ? » M. Rosenthal a donc pensé qu'il était nécessaire de faire mieux connaître, afin d'en mieux sentir le prix, les monuments que nous avons perdus et ceux qui nous restent, et dans une causerie familière il trace à grands traits, à « la gloire de l'art français», le tableau des créations du génie de notre race à travers les siècles, du Moyen âge jusqu'à nos jours et en dégage la signification et les leçons que nous devons en tirer." (Auguste Marguillier, La Chronique des arts et de la curiosité, 1917) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
P., Informations Techniques des Services Vétérinaires, Revue du Syndicat National des Vétérinaires Inspecteurs du Ministère de l'Agriculture, 1985, in-4°, 343-325 pp, préface d'Edouard Boureau, très nombreuses illustrations et photos en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartonnage illustré de l'éditeur, bon état
Numéro spécial 92 à 95 de la revue Informations Techniques des Services Vétérinaires. — Depuis quelques années, les Informations Techniques des Services Vétérinaires s'attachent à présenter des synthèses sur des sujets d'actualité : didactiques, abondamment illustrées, rédigées par plusieurs spécialistes, elles offrent à un public averti une connaissance mise à jour sur des thèmes variés qui touchent aussi bien à la pathologie animale, sous ses divers aspects, qu'à l'hygiène, à la transformation, à la qualité des produits. L'année qui marque le centenaire de la vaccination contre la rage offrait aux Informations Techniques l'occasion de célébrer l'événement en consacrant à cette maladie un numéro spécial qui soit un ouvrage d'une portée et d'une ambition plus larges qu'à l'accoutumée. Ce numéro spécial rassemble les contributions d'un grand nombre de personnalités compétentes et présente un ensemble qui est moins un thuriféraire de l'oeuvre pastorienne qu'un ouvrage historique et un document scientifique faisant le point de nos connaissances sur l'infection rabique. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Stock, 1931, in-12, 187 pp, broché, pt mque au dos, bon état
Préliminaires. Les Preuves du transformisme. L'Origine de la vie. Le Lamarckisme. Le Darwinisme. Le Mutationnisme. L'Origine de l'homme. Index des principaux ouvrages consultés. —"Bonne vulgarisation, tributaire d'ailleurs d'excellents ouvrages cités en index." (Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1933) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
L'Edition d'Art, H. Piazza, 1977, pt in-8°, xii-175 pp, ornementation dessinée par Paul de Pidoll, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Épopées et légendes)
Les aventures du plus célèbre des héros irlandais : le terrible Cuchulainn. Témoins d'une immense tradition orale celtique, les mythes irlandais ouvrent une fenêtre passionnante sur les croyances, la société et la culture des Celtes protohistoriques. — "Quand les filles de Calatin, sous la figure de trois corbeaux, reparurent à Emania, le héros en était parti (...) Alors les horribles femelles virèrent au-dessus du vallon (...) une grande terreur s’empara de tous ceux qui entendaient le hourvari ; les chiens se mirent à hurler. (...) Alors le courroux poignit Babb, la plus acharnée des trois monstres..." — Fondée en 1920 par l'éditeur d'origine italienne Henri Piazza installé à Paris au 19 rue Bonaparte, active durant plus d'un demi-siècle, la collection « Épopées et légendes » proposa un important fonds de grands textes fondateurs de toutes les civilisations (épopée, chanson de geste, mythe fondateur, matière de Bretagne et de France, saga, etc.). Chaque texte était dit renouvelé, c'est-à-dire réécrit, adapté en français moderne, et présenté par un spécialiste. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Armand Colin, 1937, pt in-8°, viii-648 pp, 131 gravures dans le texte, 38 cartes et croquis, biblio, cart. éditeur, bon état (Coll. Cours d'Histoire Ch. Guignebert, classes de Philosophie et de Mathématiques)
Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Albin Michel, 1958, in-8°, 462 pp, 8 planches en couleurs et 48 planches en héliogravure hors texte, biblio, broché, couv. rempliée illustrée en couleurs, pt accroc au dos, bon état
Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
L'Edition d'Art, H. Piazza, 1926, pt in-8°, v-182 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)
La littérature arabe ancienne est marquée par des légendes, des contes, des récits. Avant l’advenir de l’Islam, cette littérature n’a pas été écrite, mais existait en forme orale, transmise de génération en génération. Parmi les héros les plus marquants des histoires de cette époque préislamique est le grand cavalier-poète, guerrier et protecteur de femmes, Antar. Antar est né d’une mère esclave, noire, et n’est pas reconnu par son père jusqu’à ce qu’il démontre d’une façon incontestable, contre toute espérance, qu’il est un cavalier redoutable. Cet homme, devenu légendaire, vit encore aujourd’hui grâce à la littérature populaire, et son histoire, le Roman d'Antar, a traversé les siècles, d’abord en forme orale, puis écrite. Le Roman d'Antar est devenu connu des Européens à partir de la fin du XVIIIe siècle ; en 1801 Joseph Von Hammer a découvert au Caire un manuscrit complet du roman dont la première moitié datait du XVe siècle, tandis que la deuxième moitié était plus récente . Terrick Hamilton a fait une traduction vers l’anglais en 1820, d’une version syrienne abrégée du roman. L'épisode racontant la mort de Antar était très admirée par Lamartine. Le compositeur russe Rimsky Korsakov s’est inspiré de la légende d'Antar pour composer une œuvre musicale en 1868 ; au début du vingtième siècle, Gabriel Dupont a composé un opéra basé sur la vie d'Antar. En 1923, Rouger a publié à Paris “Le Roman d’Antar d’après les anciens textes arabes”. En 1954, Cedric Dover s’est intéressé à l’histoire d'Antar comme un exemple ancien de littérature noire. En 1978 Diana Richmond a repris le travail de Terrick Hamilton, Devic et Gustave Rouger pour une version abrégée en anglais. En 1980, H. T. Norris a fait une traduction partielle du roman en anglais... — "En Occident, l’épopée de Antara n’est connue aujourd’hui pratiquement que des spécialistes de la littérature arabe. Pourtant, même si ses premières traductions en langues européennes virent le jour bien après celle des Mille et une Nuits, elle fut considérée par de nombreux arabisants occidentaux comme étant supérieure aux Mille et une Nuits et intéressa de nombreux intellectuels occidentaux tout au long du 19e siècle. La geste en question est connue du public européen dès 1777 grâce à la “Bibliothèque universelle des romans”, mais c’est au siècle suivant que les traductions et les études qui la concernent fleuriront, lorsque les premières versions manuscrites achetées à des conteurs locaux sont ramenées en Europe. Dès 1819 paraît “Antar, a Bedouin Romance”, une traduction partielle de l’épopée effectuée par T. Hamilton. La même année sort en français un ouvrage anonyme intitulé de la même manière, “Antar roman bédouin”, publié par Bertrand. En 1836, Fulgence Fresnel, qui a vécu en Orient, se penche à son tour sur l’épopée d’Antar, dont il traduit des extraits, dans ses Lettres sur l’Histoire des Arabes avant l’islamisme. En 1848, Gustave Dugat publie dans le Journal Asiatique la traduction d’un autre épisode de la geste, “Antar en Perse ou les chamelles açâfir”. En 1864 paraît une autre traduction, “Les aventures d’Antar fils de Cheddad”, due à L. M. Devic. La même année, Alphonse de Lamartine publie un petit essai sur le poète arabe, sobrement intitulé “Antar”, dans lequel, après un long avant-propos sur le sens de l’Histoire, puis une série de considérations romantiques sur l’esprit nomade, il narre la biographie du héros. Quelques années plus tôt, le même Alphonse de Lamartine avait offert une place de choix à Antar, à côté d’Homère, Socrate, Cicéron et Rustem, dans sa “Vie des grands hommes” éditée en 1856. En 1868 paraît “Aventures d’Antar : roman arabe”, une autre traduction partielle de l’épopée par M. De Hammer, basée sur un manuscrit conservé à la Bibliothèque impériale de Vienne. Une autre traduction, due encore une fois à L. M. Devic, paraîtra en 1898 sous le titre de “Antar. Poème héroïque arabe des temps préislamiques”. L’intérêt pour cette épopée perdurera dans les premières décennies du 20e siècle : en 1910, Chekri Ganem publie une pièce en cinq actes, en vers, intitulée “Antar”. En 1921, le même Chekri Ganem, en collaboration avec Gabriel Dupont, publie une pièce intitulée “Antar : conte héroïque en quatre actes et cinq tableaux”, s’inspirant de la fameuse épopée, et deux années plus tard une nouvelle traduction adaptée de l’épopée paraît, cette fois sous la plume de Gustave Rouger." (Xavier Luffin, La tradition épique arabe, un genre à (re)découvrir en Occident, 2011) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Genève, Constant Bourquin, les Editions du Cheval Ailé, 1959, in-8°, 137 pp, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. Bibliothèque du Cheval Ailé)
"Rougier donnera plusieurs conférences dans le réseau de l’Alliance française, qu’il publiera en 1947 sous le titre “La France en marbre blanc. Ce que le monde doit à la France”. Ces conférences présentent un portrait de l’apport de la France à la culture européenne. Le portrait de l’esprit et du rationalisme français qu’y trace Rougier à grand renfort de clichés a ceci de particulier que, plutôt que de suivre l’idée convenue selon laquelle les sources de la culture française sont à Rome, Rougier présente une « généalogie » de la France comme héritière du « génie » et du « rationalisme » grec. En cela, il est l’héritier de la « prière sur l’Acropole » de Renan..." (Claudia Berndt et Mathieu Marion, Vie et oeuvre d’un rationaliste engagé : Louis Rougier (1889-1982), Philosophia Scientiæ, 2006) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Hachette, 1911, in-12, 304 pp, index, reliure demi-percaline chocolat, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état
Portraits de dames d'autrefois, de Héloïse à Delphine Gay, par Joseph Henry Roujon (1853-1914), haut fonctionnaire, essayiste et romancier. Il fut le secrétaire de Jules Ferry, puis le directeur des Beaux-Arts en 1891. En 1899, il est élu membre libre de l’Académie des beaux-arts, dont il devient secrétaire perpétuel en 1903. Il est élu membre de l’Académie française en 1911. — "Ce volume n'est qu'un recueil d'articles ; mais ces articles ne sont pas seulement d'une forme exquise, ce sont aussi des morceaux d'histoire ou de critique littéraire brillants et solides tout ensemble, nourris par l'étude et la réflexion de toute une vie. L'histoire occupe une large place dans la galerie de portraits de “Dames d'autrefois” que nous offre aujourd'hui M. Roujon. D'Héloïse à Dorothée de Courlande en passant par Éléonore d'Este, la reine Margot, Marie de Médicis, Christine de Suède, Mme Guyon, la reine Caroline, Mme Dubarry, Mme Roland, Lady Hamilton, Mme de Staël, nous trouvons dans ces pages, non seulement les pastels les plus délicats et les plus spirituels, mais l'intelligence la plus pénétrante des époques et des caractères." (G. Monod, Revue Historique, 1911) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Hachette, 1911, in-12, 304 pp, index, broché, couv. lég. défraîchie, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers). On joint une lettre a.s. de l'auteur (au poète et critique Fernand Gregh, mais ce n'est pas précisé sur la lettre), à en-tête de l'Institut de France et datée de 1904, où il évoque Victor Hugo
Portraits de dames d'autrefois, de Héloïse à Delphine Gay, par Joseph Henry Roujon (1853-1914), haut fonctionnaire, essayiste et romancier. Il fut le secrétaire de Jules Ferry, puis le directeur des Beaux-Arts en 1891. En 1899, il est élu membre libre de l’Académie des beaux-arts, dont il devient secrétaire perpétuel en 1903. Il est élu membre de l’Académie française en 1911. — "Ce volume n'est qu'un recueil d'articles ; mais ces articles ne sont pas seulement d'une forme exquise, ce sont aussi des morceaux d'histoire ou de critique littéraire brillants et solides tout ensemble, nourris par l'étude et la réflexion de toute une vie. L'histoire occupe une large place dans la galerie de portraits de “Dames d'autrefois” que nous offre aujourd'hui M. Roujon. D'Héloïse à Dorothée de Courlande en passant par Éléonore d'Este, la reine Margot, Marie de Médicis, Christine de Suède, Mme Guyon, la reine Caroline, Mme Dubarry, Mme Roland, Lady Hamilton, Mme de Staël, nous trouvons dans ces pages, non seulement les pastels les plus délicats et les plus spirituels, mais l'intelligence la plus pénétrante des époques et des caractères." (G. Monod, Revue Historique, 1911) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Club des Libraires de France, 1955, in-8°, (4)-347 pp, 11 photos de vues aériennes de paysages sur 21 pl. hors texte, imprimé sur Alfa d'Avignon, reliure toile illustrée de l'éditeur (maquette de Pierre Faucheux), qqs rares piqures sur les premiers et derniers feuillets, bon état
"II est fort bien d'avoir réimprimé l'Histoire de la campagne française de Gaston Roupnel, cette manière de petit chef-d'œuvre personnel – ou, si l'on préfère, ce grand poème lyrique du meilleur connaisseur de nos campagnes de l'Est. Seulement, on aimerait trouver au moins une note indiquant, au lecteur ignorant de ces détails, que l'auteur est mort, que son livre depuis longtemps épuisé date de 1932, et que l'ouvrage actuel est une réimpression... Tant pis !... J'aimerais que nos éditeurs aient toujours le même souci, le même scrupule de présentation que les grands auteurs qu'ils publient." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1956) — "M. Roupnel nous apporte de belles vues d'ensemble sur la campagne française. Le livre qu'il nous donne ainsi s'inspire de préoccupations qui ne sont pas sans rappeler celles que nous trouvions dans l'ouvrage de M. Marc Bloch. Le travail de M. Roupnel, qui paraît après celui de M. Bloch, avait été à peu près complètement rédigé auparavant ; il en résulte qu'aucun des deux auteurs n'a pu tirer parti de l'œuvre de l'autre, ce qui est regrettable. En tout cas, réjouissons-nous de l'attention que les historiens français manifestent pour ce que furent dans le passé gens et choses de la terre. Du livre de M. Roupnel nous ne retiendrons pas ce qui rentre plus particulièrement dans le domaine des historiens, ni cette hypothèse d'un grand peuple ligure venant de l'Est à l'époque néolithique et fondant la civilisation agricole de l'Europe occidentale, ni cette autre hypothèse si ingénieusement construite, si habilement appuyée sur les traditions et usages qui se sont perpétués autour du manoir anglais, et d'après laquelle le régime domanial du Moyen Age trouve son origine dans un régime communautaire primitif : « sous le revêtement superficiel du système féodal, la communauté villageoise subsiste encore au Moyen Age comme la réalité profonde de nos campagnes » . Ce n'est pas seulement bien des traits du régime féodal que M. Roupnel fait remonter à cette communauté primitive ; l'organisation systématique des champs, l'existence des biens communaux, les contraintes collectives de l'exploitation rurale, autant de faits qu'il y rattache ; autant de questions qui ne sont pas sans préoccuper les géographes..." (Philippe Arbos, Revue de géographie alpine, 1933) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Grasset 1943, in-12 broché, 415 p. (très bon exemplaire) Première édition (mention fictive d'édition au quatrième de couverture) ; sur bon papier, portrait de l'auteur en frontispice. Réflexions sur les vérités et les difficultés de l'histoire, par un talentueux historien, auteur d'une très bonne Histoire de la Campagne française.
Grasset, 1943, in-12, 413 pp, un portrait de l'auteur dessiné par R. Joël en frontispice, reliure demi-percaline brique, dos lisse avec un fleuron doré, pièce de titre basane verte (rel. de l'époque), charnières fendues, C. de bibl., état correct
Un classique des sciences sociales. Sa défense d'une « histoire structurale » sera appréciée par Fernand Braudel et constitue l'une des sources de sa réflexion sur la longue durée. — "... Non seulement vous avez apprécié avec clairvoyance et indulgence, mais vous avez deviné que ce livre d'histoire avait « son » histoire. J'ai commencé de l'écrire dans les tout premiers jours de juillet 1940. Je venais de voir passer dans mon village de Gevrey-Chambertin, sur la grande route nationale, les flots de l'exode, du douloureux exode, les pauvres gens, les voitures, les charrettes, les gens à pied, une lamentable humanité, toute la misère des routes, et cela pêle-mêle avec des troupes, des soldats sans armes, les restes de l'armée française. Cette immense panique : c'était cela, la France !... Et devant notre maison campaient les soldats de la Wehrmacht, les blindés, les chefs, les guerriers, les vainqueurs !... Quelles atroces journées !... Sur mes vieux jours, aux infortunes irrémédiables de la vie privée allait s'ajouter le sentiment de l'infortune publique, nationale... A deux pas de chez nous l'Allemand était en train de construire sa frontière nouvelle : la ligne de démarcation, cette ligne qui devait pour toujours couper la France en deux !... On en était là. C'était l'aboutissement d'une vieille histoire !... Cette histoire, je l'avais enseignée pendant plus de quarante ans, enseignée avec confiance et avec foi !... De colère et de dépit j'ai commencé d'écrire cette première partie dont le ton pamphlétaire et l'allure critique ont si souvent déplu et déçu. J'en voulais à cette « histoire » qui aurait dû nous être l'expérience de la vie passée, et qui ne paraissait plus rien, qui n'était ni avertissement, ni souvenir utile, ni espoir, ni consolation !..." (Gaston Roupnel, lettre à Fernand Braudel) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Grasset, 1943, in-12, 413 pp, un portrait de l'auteur dessiné par R. Joël en frontispice, broché, couv. lég. salie, pt accroc au dos, état correct
Un classique des sciences sociales. Sa défense d'une « histoire structurale » sera appréciée par Fernand Braudel et constitue l'une des sources de sa réflexion sur la longue durée. — "... Non seulement vous avez apprécié avec clairvoyance et indulgence, mais vous avez deviné que ce livre d'histoire avait « son » histoire. J'ai commencé de l'écrire dans les tout premiers jours de juillet 1940. Je venais de voir passer dans mon village de Gevrey-Chambertin, sur la grande route nationale, les flots de l'exode, du douloureux exode, les pauvres gens, les voitures, les charrettes, les gens à pied, une lamentable humanité, toute la misère des routes, et cela pêle-mêle avec des troupes, des soldats sans armes, les restes de l'armée française. Cette immense panique : c'était cela, la France !... Et devant notre maison campaient les soldats de la Wehrmacht, les blindés, les chefs, les guerriers, les vainqueurs !... Quelles atroces journées !... Sur mes vieux jours, aux infortunes irrémédiables de la vie privée allait s'ajouter le sentiment de l'infortune publique, nationale... A deux pas de chez nous l'Allemand était en train de construire sa frontière nouvelle : la ligne de démarcation, cette ligne qui devait pour toujours couper la France en deux !... On en était là. C'était l'aboutissement d'une vieille histoire !... Cette histoire, je l'avais enseignée pendant plus de quarante ans, enseignée avec confiance et avec foi !... De colère et de dépit j'ai commencé d'écrire cette première partie dont le ton pamphlétaire et l'allure critique ont si souvent déplu et déçu. J'en voulais à cette « histoire » qui aurait dû nous être l'expérience de la vie passée, et qui ne paraissait plus rien, qui n'était ni avertissement, ni souvenir utile, ni espoir, ni consolation !..." (Gaston Roupnel, lettre à Fernand Braudel) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Pantin, Centre national de la danse , 2002, gr. in-8°, 191 pp, 24 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, chronologie, corpus (classement par artiste), broché, couv. illustrée, bon état
Recueil d'essais de théoriciens et de praticiens de la danse mettant en lumière la multiplication des représentations solo sur les scènes européennes depuis le début du XXe siècle. Ils évoquent le renouvellement esthétique, la dimension politique ou idéologique que prend parfois cette forme de création, ce qui rapproche et ce qui sépare les solistes. — On assiste aujourd'hui sur la scène européenne à la multiplication des performances en solo. Comment expliquer ce phénomène ? L'invocation de raisons pratiques ou économiques ne suffit évidemment pas. Alors que les chorégraphes actuels remettent en question le spectacle et le spectaculaire, le solo représente-t-il le lieu privilégié d'une expérimentation et d'un renouvellement esthétique ? Apparu à l'orée du XXe siècle, en même temps que la danse moderne, il n'a cessé depuis lors de se manifester sous des formes variées, souvent empreintes d'une dimension politique ou idéologique. Quel sens donner à cette émergence ? Comment distinguer ce qui rapproche et ce qui sépare le danseur en solo des autres solistes ? Pourquoi le danseur est-il attiré vers cette forme de création solitaire ? Cherche-t-il par son biais à être à la fois acteur et spectateur de lui-même, explorateur et créateur de sa propre matière gestuelle ? Le présent ouvrage est un recueil d'essais où théoriciens et praticiens de la danse mettent en perspective les multiples interprétations du solo dansé. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
P., Amis du Club du Livre du mois, 1958 2 vol. in-4°, 511 pp, pagination continue, 16 planches en couleurs hors texte (11 de photos et 5 illustrations par Geo Ham), très nombreuses gravures et photos en noir dans le texte, tiré sur papier héliogravure, exemplaire n° 98, reliures toile décorées de l'éditeur, bon état
"Ce livre, à l'aide d'excellents textes et de nombreuses illustrations, retrace l'histoire de l'automobile par la plume de Jacques Rousseau, le mieux documenté de nos techniciens." (Le Monde) — Jacques Rousseau, historien de l'automobile durant ses temps de loisirs, est connu pour son ouvrage en deux tomes "Histoire mondiale de l'Automobile" paru en 1958 chez Hachette. Ingénieur des Arts et Métiers, il travailla à partir de 1958 chez Simca. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Club des Libraires de France, 1962, pt in-8°, xxxv-305 pp, 8 planches hors texte de reproductions contrecollées en couleurs, reliure toile blanche à rayures brunes de l'éditeur décorée d'une vignette (silhouette de Rousseau), rhodoïd, ex. tiré sur vélin blanc et numéroté, bon état
Les lettres botaniques de Jean-Jacques Rousseau adressées à Madame Delessert, à la duchesse de Portland, à MM. Liotard, du Peyrou, Clappier, Gouan, de La Tourette, de Malesherbes et Linné, présentées par Bernard Gagnebin, suivies du “Fragment de dictionnaire des termes en usage en botanique” préfacé et annoté par Ernest J. Bonnot, avec huit pages d'herbier reproduites en couleurs. — "Philosophe, éducateur, politicien, compositeur, ... promeneur solitaire, J.-J. Rousseau était aussi botaniste. Sa vie durant et avec un entrain et une activité variables, il s'adonna à cette étude de la nature qui le détournait de ses angoisses et de ses obsessions. Il était en relation avec d'excellents naturalistes de son époque, tels Gouan, de La Tourette, et même avec Linné : la correspondance qu'il entretint avec eux montre que ses connaissances scientifiques étaient loin d'être négligeables. A d'autres correspondants, amateurs ou simples curieux de la nature comme sa cousine Mme Delessert de Lyon, la duchesse de Portland, M. Du Peyrou, le Dr Pierre Clappier, etc., il adressait des plantes et parfois même de véritables cours de botanique très bien menés et fort concrets, qui font l'objet de ses lettres. On trouve aussi dans celles-ci des relations d'excursions (comme celle, d'ailleurs peu agréable, qu'il fit au Mont-Pilat !). Les pages d'introduction de B. Gagnebin, spécialiste de Rousseau, sont la biographie souvent émouvante de Jean-Jacques botaniste. Cet homme universel avait aussi le projet de publier un “Dictionnaire de Botanique”, mais cette œuvre se limita aux termes les plus courants. Les définitions y sont données avec un sens critique que beaucoup de scientifiques actuels seront étonnés de découvrir sous la plume d'un littéraire. Qu'on lise, par exemple, sa longue définition de la « Fleur » ; elle est remarquable de rigueur et de précision. Les commentaires (par notre sociétaire E.-J. Bonnot, membre du Groupe de Roanne) ont pour but de montrer comment, depuis le XVIIIe siècle, les mots définis par Rousseau ont vécu : bien peu nous sont parvenus avec leur sens d'alors ; beaucoup se sont spécialisés et sont l'image de faits plus clairs, plus précis, ayant bénéficié de techniques nouvelles d'observation ; beaucoup sont tombés en désuétude mais certains ont fait fortune parce qu'ils représentaient des données fondamentales pour la compréhension du monde végétal ; d'autres encore se sont conservés intacts grâce à l'utilisation qu'on en a faite dans la nomenclature binominale. L'ouvrage, très bien présenté, est agrémenté de photographies hors texte de planches de l'Herbier de Rousseau : Daucus carota, Alchemilla alpina, etc., Mousses diverses (Mnium undulatum, Hypnum splendens...). Bref, c'est un aspect du travail et de la personnalité du philosophe qui méritait d'être connu, car il constitue une page non dénuée de charme et d'intérêt dans l'histoire des sciences de la Nature !" (Publications de la Société Linnéenne de Lyon, 1963) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Fayard, 1961, in-12, 561 pp, notes, index des noms cités, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques) (Prix Thérouanne de l'Académie française 1962)
Ouvrage d'une lecture toujours très plaisante. L'éditeur promet un livre "complet, documenté, passionnant à lire" et termine par : "C'est un voyage merveilleux qui vous est proposé ; à cheval, en voiture, en bateau, en train, en auto, en avion... Embarquez-vous ! On part..." — Table : Des ombres de la Préhistoire sortent la roue et la barque ; Gloire et agonie de la voie romaine ; Trente siècles de navigation ; Routes et canaux au Grand Siècle ; Révolution industrielle et révolution des transports ; Histoire de la voile ; La vapeur conquiert l'Occident ; Le chemin de fer tentaculaire ; La route avant le moteur ; Avènement du moteur ; La troisième dimension (l'aviation). Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Nathan, 1979, in-8°, 253 pp, biblio, broché, bon état
"Il y a deux démographies distinctes. L'une, la plus développée à notre époque s'intéresse à la mesure des phénomènes, elle regroupe l'analyse et les méthodes pour ordonner les statistiques anciennes ou actuelles. L'autre est plus soucieuse de comprendre l'influence réciproque de la population, de l'économie et des structures sociales. La première démographie pourrait s'appeler démométrie, et la seconde démologie. A. Roussel retrace l'histoire de cette dernière à travers un choix judicieux de textes qu'il introduit par d'intéressants commentaires. Il a retrouvé les passages où les auteurs anciens parlent de population et les cite assez longuement pour qu'on en aperçoive la complexité..." (Population, 1981) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Panazol, Editions Lavauzelle, 2002, 2 vol. in-8°, vii-525 pp, pagination continue, illustrés de 169 gravures sur bois, dessinées par A. Ferdinandus, Jeanniot, Lemaistre, Fr. Régamey et P. Renouard, reliures demi-basane acajou mouchetée de l'éditeur, dos à 4 faux-nerfs, bon état. Réimpression de l'édition de 1888
Neuf grandes écoles : l'Ecole Navale, l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, l'Ecole Polytechnique, l'Ecole Centrale des arts et manufactures ; l'Ecole des Beaux-Arts, l'Ecole de Médecine, l'Ecole de Droit, l'Ecole Normale supérieure, l'Ecole Forestière. L'ouvrage se présente sous forme de lettres qu'auraient pu s'écrire des élèves issus de ces écoles ; Navale, Saint-Cyr et Polytechnique tenant le haut du pavé. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Syros, 1979, in-12, 112 pp, 2 pl. de photos hors texte, broché, bon état (Coll. Mémoire des femmes)
Dans cette conférence célèbre intitulée « l'Eternelle Sacrifiée » prononcée le 28 janvier 1906 à l'université populaire de Lille, Nelly Roussel (1878-1922), grande féministe bourgeoise du début du XXe siècle, faisait de l'union ou du mariage sans amour de la pure et simple prostitution. Elle précisait en effet : « La jeune bourgeoise qui se marie, ou plutôt se laisse marier, pour "se faire une situation" avec un monsieur qu'elle connaît à peine, qu'elle n'aimera jamais peut-être ; l'ouvrière qui prend un amant parce que son maigre salaire ne lui permet pas de vivre seule ; et la malheureuse, qui, pour manger le soir même, raccroche dans la rue le premier passant… accomplissent toutes trois à peu près le même geste, auquel nos lois et nos mœurs les condamnent presque inévitablement: elles livrent leur corps à un homme en échange du pain quotidien ! » Révoltée par ce fait comme bon nombre de féministes de l'époque, Nelly Roussel propose, pour sortir de cette situation, une émancipation générale des femmes, d'un point de vue juridique d'abord (supprimer les dispositions les plus aberrantes du code civil de 1804 qui font de la femme mariée une mineure au regard du droit et de la société), au travail ensuite (autonomie financière, accès à toutes les professions et égalité des salaires), dans la vie politique enfin (obtention, entre autre chose, du droit de vote) ; mais elle souligne également la nécessité de transformer profondément et durablement la nature même de l'union contractée entre un homme et une femme pour en briser l'irréductible caractère inégalitaire. (Christelle Taraud). Copieuse préface (20 pp) et copieuses notes. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
ROUSSELOT (Paul, ancien professeur de philosophie, inspecteur d’académie).
Reference : 28641
(1883)
P., Didier et Cie, s.d. (1883), 2 vol. in-12, 441 et 466 pp, cartonnages bradels toile carmin décorés de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés et décor à froid, qqs rousseurs, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)
"Cette substantielle étude, bien que fondée sur une connaissance très précise des documents et des faits, n’est point exclusivement une œuvre d’érudition, mais plutôt de philosophie. En étudiant époque par époque, non pas seulement ce qu’ont écrit sur l’éducation féminine tous les pédagogues de profession, mais encore ce qu’ont dit et pensé des femmes, de leur nature, de leur destinée, les hommes d’Etat, les théologiens, les philosophes, les historiens, les moralistes, les poètes, y compris les femmes elles-mêmes, « qui ont bien voix au chapitre dans leur propre cause », M. Rousselot nous semble s’être proposé d’apporter ses éléments de solution à l’un de ces redoutables problèmes que notre dix-neuvième siècle a du moins le mérite de poser : celui du vrai rôle de la femme dans les sociétés modernes. Il faut lire les deux volumes de M. Rousselot, le premier commençant avec la civilisation chrétienne, pour s’arrêter à Fénelon et au traité de l'Éducation des filles, le second comprenant le reste du dix-septième siècle, le dix-huitième, où l’auteur distingue comme deux courants contraires dans l’éducation des filles : l’éducation de couvent, l’éducation monastique, et l’esprit séculier de nos sociétés contemporaines, qui se dégage de plus en plus à partir de la Révolution..." (Revue pédagogique, 1883) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Firmin-Didot, s.d. (v. 1887), gr. in-8°, 47 pp, broché, couv. lég. salie, état correct. Rare
Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
Flammarion, 2008 gr. in-8°, 410 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs, notes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Au fil de l'histoire)
Février 1914 : une grande enquête est lancée pour déterminer le sujet le plus "parisien" du moment. Alsace-Lorraine, tensions avec l'Allemagne, poudrière des Balkans ? Erreur. La réponse est : Bergson. Les élégantes qui se pressent aux cours du philosophe s'arrachent d'ailleurs la dernière robe du grand couturier Worth, joliment appelée "M. Bergson a promis de venir..." Chers snobs, que le Collège de France préoccupe davantage que la guerre qui menace. Bergsoniens à la Belle Epoque, ils ont été amateurs de loirs au miel dans l'Antiquité, bourgeois gentilhommes ou précieuses ridicules au Grand Siècle, Incroyables ou Merveilleuses sous le Directoire, fashionables sous la Restauration... mais il leur a fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour connaître la consécration, grâce au livre du romancier anglais Thackeray, “Le Livre des snobs”, acte de baptême du snobisme. Dûment nommés, nos snobs s'habillent à l'anglaise et courtisent les clubs chic, convoitent l'onction du titre de noblesse ou de la particule, s'émerveillent de la mise du comte d'Orsay, de Boni de Castellane, d'Oscar Wilde ou du prince de Galles. Après la Grande Guerre, la séduction du grand monde finit par se tarir. Fleurit alors un snobisme nouveau, aujourd'hui plus vivace que jamais : il faut être dans le vent, ou mourir ! Goûter l'art cubiste puis abstrait, quand la foule en est aux impressionnistes ; s'affoler de la cuisine dite nouvelle pour, quand elle vieillit, célébrer les élucubrations chimiques de chefs inspirés... Ridicules, les snobs ? Avant de leur jeter la pierre, faites votre examen de conscience, en méditant le propos du maître en snobisme que fut Robert de Montesquiou : "il faudrait manquer d'esprit pour ne pas être snob"... Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.