Librairie Camille Sourget

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‎RABELAIS‎

Reference : LCS-18598

‎Les Œuvres de M. François Rabelais, Docteur en Médecine. Dont le contenu se voit à la page suivante. Augmentées de la vie de l’Auteur & de quelques Remarques sur sa vie & sur l’histoire. Avec l’explication de tous les mots difficiles. Et la clef nouvellement augmentée. Célèbre et rarissime exemplaire des Œuvres de François Rabelais (1483-1553) imprimé en 1691 sorti à l’époque de l’atelier du « Queen’s Binder A », adjugé 11 986 € le 6 octobre 2009, il y a 16 ans par Bonhams.‎

‎Le miracle Rabelaisien. MDCLXXXXI (1691), Bruxelles. 2 tomes reliés en 4 volumes. I/ (12) ff., 230 pp., II/ pp. 231 à 488, (6) ff., III/ (1) f., pp. 489 à 696, IV/ pp. 697 à 946, (4) ff. Titles with woodcut globe device, title of volume one in red and black, third volume with brun-hole in one leaf causing loss of a few words, bookplate of the college of saint Augustine in Canterbury. In a contemporary binding of red turkey, by Queen’s Binder A (William Nott ?), the covers tooled with an elaborate design made of strapword, curved tools, dos, flowers, etc., within gilt ruled and dotted borders, gilt panelled spines decorated with corner tools so as to leave an unadorned diagonal stripe in a zig-zag. Dimensions des reliures : 127 x 70 mm.‎


‎Althougt slilghtly later than the usual accepted dates for the word of Queen’s Binder A (William Nott?), whose main output dates from the 1670s and 1680s, it seems almost certain that these volumes came from his bindery. They bear a close affinity to two bindings illustrated in the «fine» binding section of Howard Nixon’s Catalogue of Bindings in the Pepys Library, nos 43a and 43b, and a very similar tool can be seen on a binding featured in Maggs Bros. Catalogue 1212, Bookbinding in the British Isles, item no. 54. Le miracle Rabelaisien. « Parlons-en, à la manière du « miracle grec », rencontre entre la logique et l'art. Les « miracles » s'expliquent plus aisément que le banal et le quotidien. Le miracle rabelaisien vient de la rencontre unique entre le rire et le savoir. En ce sens, il réalise, en le dépassant, un grand rêve médiéval : la Gaie science, la jonction entre le Nord et la Méditerranée. La Gaie Science résulte de ce qu'à ce moment la vie populaire dans sa fraîcheur neuve et intacte présente à l'homme de génie les figures dont il pourra (lui seul) s'emparer pour dire ce qu'il peut et doit (lui seul) dire. » « Nous avons présenté Rabelais comme un grand penseur, comme un philosophe. Et que voulut‑il dire d'autre dans son fameux prologue, avec l'éloge de Sacrale ? Que signifie cet avertissement solennel: « A plus haut sens interpréter ce que par aventure cuidiez dict en gaité de cœur ». L'initiation au pantagruélisme va du rire à la sagesse sans que l'un efface l'autre. Il couvre l'intervalle entre la gauloiserie et la science : une totalité. Que fut-il donc ? Un mauvais moine, un curé anticlérical, un médecin ambulant ? Ce sont les aspects superficiels de sa biographie ! Un bon vivant ? un conteur populaire ? un publiciste de roi ? un primitif, un mage et un mystique ? un encyclopédiste ? Oui, tout cela, que les exégètes, commentateurs, historiens, biographes, érudits se sont partagé Et quelque chose de plus, qui lui appartient en propre : sa qualité unique. Comment voir son œuvre ? Un magnifique palais avec des recoins remplis d'ordures, comme l'a dit quelque part Anatole France ? une auberge de village, où l'on boit du petit vin blanc en joyeuse compagnie ? un paysage de vignobles, de champs et de prairies ? ou bien une montagne mystérieuse avec des temples païens en ruine, des châteaux du Moyen Âge, d'audacieux édifices modernes avec des gouffres et des sommets perdus dans les nuages ? Oui. Et quelque chose d'autre et d'unique qui lui appartient en propre et que nous définirions une fois de plus par la jonction entre la joie de vivre et la lucidité. On aimerait ici avoir la place déparier longuement de la cathartique par le rire et par le verbe, ainsi que de la pureté rabelaisienne. La chair la plus obscure fut illuminée et purifiée, une fois, dans une miraculeuse rencontre, par le Verbe. Et le Verbe se fit véritablement chair joyeuse. Mais ce sont choses qui se sentent mieux qu'elles ne se disent». (Henri Lefebvre). Rarissime Rabelais sorti à l’époque du célèbre atelier du «Queen’s Binder A».‎

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EUR20,000.00

‎RABELAIS, François.‎

Reference : LCS-18482

‎Les Epistres de Maître François Rabelais, Docteur en Médecine, escrites pendant son voyage d’Italie. Edition originale des « Epistres » de Rabelais écrites pendant son voyage en Italie.‎

‎Superbe exemplaire à grandes marges. Paris, Charles de Sercy, 1651. In-8 de (20) ff. préliminaires y compris le frontispice gravé, 75 pp. chiffrées, (9) ff. de table, 197 pp. mal chiffrées 191 et (18) ff. non chiffrés, le dernier blanc. Plein maroquin rouge, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs orné, filets or sur coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure signée de Trautz-Bauzonnet, vers 1860. 166 x 108 mm.‎


‎Edition originale de ces lettres adressées par Rabelais à Godefroy d’Estissac, evesque de maillezais, lors de son voyage en Italie. Tchemerzine, V, 323; De Backer, I, 287. Vers 1520, Rabelais est moine chez les Cordeliers de Fontenay-le-Comte. Persécuté dans son couvent, il entre au monastère de Maillezais en Poitou, protégé par Geoffroy d’Estissac, prieur et évêque de cette abbaye bénédictine. Devenu à son tour bénédictin, Rabelais s'attache à la personne de Geoffroy d'Estissac dont il sera le secrétaire jusqu’en 1526. Il gardera des rapports épistoliers réguliers avec celui qu’il considère comme son premier protecteur. En 1530 Rabelais arrive à Montpellier, étudie la médecine, et devient médecin en 1532 à l’Hôtel-Dieu à Lyon. C’est au début de 1534 que Rabelais quitte Lyon pour l'Italie, comme médecin attaché à la personne du Cardinal Du Bellay. D’aout 1535 à mai 1536, Rabelais séjourne encore à Rome dans le but de demander au pape l’autorisation de poursuivre la médecine et de réintégrer l’ordre des bénédictins après la condamnation dont furent frappés Gargantua et son auteur. Le recueil, édité par les frères de Sainte Marthe, se compose des lettres adressées d'Italie par Rabelais à son premier protecteur. Divisées en 16 chapitres elles évoquent autant les rapports du Pape avec Charles V, les différends opposant les familles Médicis et Strozzi, que les combats opposant le Roi de Perses aux Turcs,... Des détails beaucoup plus intimes révèlent ainsi l'envoi de graines du jardin secret du Pape au Belvédère, à l'évêque de Maillezay : « les salades de Legugé, me semblent pourtant bien aussi bonnes, & quelque peu plus douces & amiables à l'estomach, mesmement de votre personne, car celles de Naples me semblent trop ardentes & trop dures... ». «Ce volume est orné d’un beau frontispice de F. Chauveau, offrant le portrait de Rabelais à mi-corps assis devant une table et écrivant». (De Backer) Superbe exemplaire à grandes marges.‎

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EUR3,500.00

‎RABELAIS, François‎

Reference : LCS-17802

‎Les Œuvres de M. François Rabelais, Docteur en Medecine. Dont le contenu se voit à la page suivante. Augmentées de la vie de l’Autheur & de quelques Remarques sur sa vie & sur l’histoire. Avec la Clef & l’explication de tous les mots difficiles. Les Œuvres de Rabelais imprimées à Rouen vers 1675. Séduisant exemplaire conservé en superbe maroquin brun olive de l’époque.‎

‎Précieuse édition des Œuvres de François Rabelais, l’une des dernières parues au XVIIe siècle. S.l. [Rouen], 1659 (1669) [mais 1675]. 2 tomes reliés en 4 volumes in-12 de : I/ (12) ff., 262 pp. ; II/ pp. 263 à 488, (5) ff. de table ; III/ 210 pp. ; IV/ pp. 211 à 459, (9) pp. de table et 1 figure dans le texte p. 347. Maroquin brun olive, filet estampé à froid encadrant les plats, dos à nerfs, roulette dorée sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque. 151 x 85 mm.‎


‎Précieuse édition des Œuvres de François Rabelais, l’une des dernières parues au XVIIe siècle. « C’est une contrefaçon antidatée. Elle contient les mêmes pièces que les deux éditions précédentes, avec, en plus, une ‘Clef du Rabelais’, qui trahit la fausseté de la date. Cette ‘clef’, en effet, a paru pour la première fois en 1675. Dans le « Bulletin du bibliophile’ de juin-juillet 1851, M. J. Chenu a publié une note sur cette édition, qu’il croit véritablement imprimée par les Elzevir. La simple inspection de la sphère imprimée sur les titres démontre l’impossibilité de cette hypothèse. L’édition que nous décrivons – fort élégante, d’ailleurs, autant au point de vue typographique qu’à celui de la qualité du papier – nous parait avoir été imprimée à Rouen. Elle a été elle-même contrefaite plusieurs fois, probablement à Bruxelles. Nous en avons sous les yeux trois différentes imitations (avec la date de 1659 sur les deux tomes), mal imprimées et sur mauvais papier ». Plan, Les Éditions de Rabelais, 130. « C’est une contrefaçon du Rabelais Elzevir, qui est postérieure à l’édition de 1675. Elle a été elle-même contrefaite plusieurs fois sous les adresses de Bruxelles, Henri Prix, ou d’Amsterdam, Adrian Moetjens ». (Tchemerzine, V, 318). Elle est précédée d’une notice sur la vie de Rabelais. Le tome second comporte en outre un alphabet en 77 pages consacré à l’explication des termes utilisés par Rabelais dans ses Œuvres ainsi qu’une Clef. L’édition est ornée d’une figure à pleine page représentant la Dive bouteille. Les éditions anciennes des Œuvres de Rabelais sont toutes fort recherchées. Très séduisant exemplaire, d’une grande pureté, de cette élégante édition des Œuvres de Rabelais, conservé dans sa reliure en maroquin olive de l’époque, condition des plus rares pour les éditions anciennes de Rabelais.‎

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EUR7,500.00

‎RABELAIS, François.‎

Reference : LCS-17580

‎Œuvres de maître François Rabelais, publiées sous le titre de Faits et Dits du Géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec La Prognostication Pantagrueline, l’Épître du Limosin, la Crème Philosophale & deux Épîtres à deux Vieilles de mœurs & d’humeurs différentes. Nouvelle édition. Où l’on a ajouté des Remarques Historiques & Critiques, sur tout l’Ouvrage ; le vrai Portrait de Rabelais ; la Carte du Chinonnois ; le dessein de la Cave peinte ; & les différentes vûës de la Devinière, Métairie de l’Auteur. Première édition critique et commentée des Œuvres de Rabelais ornée du portrait de l’auteur, de la carte du Chinonais et de 3 estampes de la Devinière.‎

‎Précieux exemplaire relié à l’époque aux armes d’Armand-Jean de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu. Amsterdam, chez Henri Bordesius, 1711. Ensemble 6 tomes reliés en 5 volumes in-12 illustrés d’un frontispice, d’un portrait de l’auteur, de la carte dépliante du Chinonais et de 3 planches dépliantes dans le tome 1. Complet. Reliés en veau glacé fauve de l’époque, armes frappées or au centre des plats, dos à nerfs finement ornés, pièces de titre de maroquin brun, filet doré sur les coupes, tranches rouges. Reliure de l’époque. 160 x 98 mm.‎


‎« Première édition critique et commentée de Rabelais ; elle a été donnée par Le Duchat, en collaboration avec La Monnoye. » Tchemerzine, V, 319 ; Plan n°133. Elle est précédée d’une préface de Le Duchat et d’une notice sur la vie de Rabelais. Le tome 6 comporte en outre un alphabet en 67 pages consacré à l’explication des termes utilisés par Rabelais dans ses Œuvres. L’édition est ornée d’un portrait de l’auteur gravé par W. de Broen, de 4 estampes dépliantes, dont une grande carte du Chinonais (285 x 207 mm), une représentation de la Devinière (210 x 158 mm), une gravure de la Chambre de Rabelais (175 x 158 mm) et une gravure dépliante représentant l’extérieur de la Devinière et le jardin, ainsi que d’une figure à pleine page représentant la Dive bouteille. L’exemplaire comporte bien les remarques de premier tirage avec le frontispice et le portrait de l’auteur signés par de Broen. Les éditions anciennes des Œuvres de Rabelais sont toutes fort recherchées. Très séduisant exemplaire, d’une grande pureté, de cette première édition critique illustrée des Œuvres de Rabelais, relié à l’époque en veau fauve glacé aux armes d’Armand-Jean de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu (1631-1715). Armand-Jean de Vignerot du Plessis, prince de Mortagne, duc de Fronsac, duc de Richelieu, par substitution aux nom et armes du cardinal dont il était le petit-neveu par les femmes, et le filleul, était le fils aîné de François II, marquis de Pontcourlay, gouverneur du Havre, et de Marie-Françoise de Guemadeuc. Né au Havre le 3 octobre 1631, il entra d’abord dans l’Eglise et reçut l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen, dont il se démit ensuite pour devenir général des galères en janvier 1643, lieutenant général pour le Roi sur les mers du Levant, gouverneur du Havre à la mort de son père en 1646, et duc et pair de France à la même date : il se démit de sa charge de gouverneur des galères en juillet 1661, fut nommé chevalier d’honneur de la Dauphine en décembre 1679, fonction qu’il remplit jusqu’en janvier 1684, et fut créé chevalier du Saint-Esprit en juin 1691. Il mourut le 10 mai 1715, âgé de 83 ans, après s’être marié trois fois : le 26 décembre 1649 avec Anne Poussart du Vigean, première dame d’honneur de la reine ; le 30 juillet 1684 avec Anne-Marguerite d’Acigné ; et le 20 mars 1702 avec Marguerite-Thérèse Rouillé de Meslay, veuve du marquis de Noailles. Il avait hérité de la bibliothèque du Cardinal qu’il légua à la Sorbonne, selon le vœu de ce dernier.‎

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EUR10,000.00

‎RABELAIS, François‎

Reference : LCS-16392

‎Œuvres de Maître François Rabelais, publiées sous le titre de Faits et Dits du Géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec La Prognostication Pantagrueline, l’Epître du Limosin, la Crème Philosophale, deux Epîtres à deux Vieilles de mœurs & d’humeurs différentes, & des Remarques Historiques & Critiques, sur tout l’Ouvrage. Édition revue et annotée du texte de Rabelais‎

‎Édition revue et annotée du texte de Rabelais. Bel exemplaire en maroquin rouge de l’époque provenant de la bibliothèque de Beauchamp et de l’ancienne collection Boisrouvray. S.l. [Paris, Prault], 1732.6 tomes reliés en 5 volumes in-8. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisses ornés de roulettes formant faux-nerfs et de fleurons dorés, roulette dorée sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque. 177 x 112 mm.‎


‎Édition revue du texte, donnée par Le Duchat en collaboration avec La Monnoye. Tchemerzine, V, 319 ; Brunet, IV, 1060 ; Rahir, p.599 ; Plan 133. La première édition critique et commentée de Rabelais fut publiée à Amsterdam l’année précédente. Elle est ici rééditée par Jamet l’Aîné et Thomas Gueulette qui y ont ajouté des commentaires et des notes personnelles. L’édition est ornée de deux portraits de Rabelais par Scotin, dont l’un en frontispice représentant l’auteur écrivant son ouvrage, une carte dépliante du Chinonais ornée de 3 petits portraits de Rabelais en médaillons et 3 figures dépliantes représentant « La Devinière », l’intérieur de la chambre de l’auteur et « le dehors de la chambre de Rabelais à Chinon ». Les éditions anciennes des œuvres de Rabelais sont toutes recherchées. Très bel exemplaire, particulièrement grand de marges (hauteur : 177 mm), conservé dans son élégante reliure en maroquin rouge de l’époque. Il provient de la bibliothèque de Beauchamp, avec timbre vert armorié sur les faux-titres et de la collection Guy du Boisrouvray.‎

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EUR15,000.00

‎RACINE‎

Reference : LCS-3687

‎Alexandre le grand. Tragédie. Alexandre Le Grand de Racine‎

‎L’une des plus rares pièces de Racine en vélin de l’époque. Paris, 1666. Paris, Théodore Girard, 1666.In-12 de (10) ff., 72 pp. mal chiffrées 84. Quelques mouillures. Relié en vélin souple de l’époque, dos lisse. Etui. Reliure de l’époque. 139 x 80 mm.‎


‎Rarissime contrefaçon de l’édition originale de l’une des principales tragédies de Racine, non mentionnée par les bibliographes. C’est l’une des pièces les plus recherchées de Racine. La présente édition, qui n’est mentionnée par aucun bibliographe, possède la même pagination que l’originale, hormis l’extrait du privilège qui ne figure évidemment pas dans les feuillets préliminaires, et elle reproduit les erreurs de pagination de l’originale. Le titre, au lieu de la marque « à l’Envie » de Girard gravée sur cuivre, est orné d’un panier de fleurs gravé sur bois. Alexandre le Grand, seconde pièce de Racine, fut représentée à Paris à compter du 4 décembre 1665. « Dans cette œuvre de jeunesse, Racine cède au goût héroïco-galant, avec un Alexandre parfait amant, un Porus à la fois amoureux et héros au langage fleuri de préciosité. La tragédie plut : l’amour y était traité avec grâce ; nous trouvons çà et là quelques traits plus sentis qui font présager le futur poète de la femme et de l’amour ». (Dictionnaire des Œuvres, I, 81). Bon exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. Nous n’avons pu localiser aucun exemplaire de cette contrefaçon dans l’ensemble des Institutions publiques du monde (OCLC).‎

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EUR4,500.00

‎RACINE, Jean‎

Reference : LCS-186397

‎Athalie. Tragédie. Tirée de l’Ecriture sainte. L’édition originale d’Athalie de Racine, « l’un des sommets de la poésie française ».‎

‎Edition originale de la dernière grande tragédie de Racine, souvent considérée comme son chef-d’œuvre, ornée d’un frontispice gravé par J. Mariette d’après J.-B. Corneille. Paris, Denys Thierry, 1691. In-4 de (1) f.bl., (6) ff., 1 frontispice gravé, 87 pp. Petit trou en marge de la p. 40. Relié en plein veau granité de l’époque, dos à nerfs orné de fleurons dorés, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 252 x 185 mm.‎


‎Edition originale de la dernière grande tragédie de Racine, souvent considérée comme son chef-d’œuvre, ornée d’un frontispice gravé par J. Mariette d’après J.-B. Corneille. Tchemerzine, V, 350; Graesse, Trésor de livres rares, VI, 15; Rahir, La Bibliothèque de l’amateur, 601; Brunet, IV, 1083; Le Petit, Bibliographie des éditions originales, 377-379; Guibert, Bibliographie des Œuvres de Jean Racine, 107-110. Composée à la demande de Louis XIV et de Madame de Maintenon, Athalie fut d’abord représentée par les élèves de Saint-Cyr, dans la plus grande simplicité, sans décor, ni costume, aux mois de janvier et février 1691. Souvent considérée comme le chef-d’œuvre de Racine, la pièce fut vivement appréciée par le comité privé devant lequel elle fut jouée. Elle ne fut cependant donnée en public qu’après la mort de l’auteur, le 3 mars 1716, au Théâtre-Français. Dans cette pièce lumineuse Racine campait avec génie l’affrontement entre le bien et le mal et le drame bouleversant et grandiose de la reine. L’auteur renouvelait son art, proche de celui du théâtre grec par son action continue, tout en étoffant le spectacle par des chœurs magnifiques, mis en musique par Jean-Baptiste Moreau. «‘Athalie’ fut la dernière pièce de Racine et son dernier chef-d’œuvre» (Guibert). Cette tragédie ne reçut véritablement sa consécration qu’au XIXe siècle, lorsque les romantiques virent dans Athalie «l’un des sommets de la poésie française». Bel exemplaire très pur conservé dans sa reliure de l’époque de l’une de nos grandes tragédies classiques.‎

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EUR6,900.00

‎RACINE, Jean‎

Reference : LCS-18288

‎Œuvres de Racine. Tome Ier (et second). « Racine le poète du cœur, et d’autant plus sublime qu’il ne l’est que quand il faut l’être ; Racine, le seul poète tragique de son temps dont le génie ait été conduit par le goût. » Voltaire. « Edition originale collective des Œuvres de Jean Racine, la première complète. Elle est plus recherchée que celle de 1687. » (A. J. Guibert CNRS).‎

‎Exceptionnel exemplaire réglé entièrement non cartonné et donc de premier tirage (Ref. Le Petit, p. 384), conservé dans sa pure et belle reliure en maroquin janséniste de l’époque. A Paris, chez Denys Thierry, m.dc.xcvii (1697). Avec privilège du Roy. 2 tomes en 2 volumes in-12 de : I/ (6) ff. dont 1 frontispice, 468 pp., tache d’encre p. 11 ; II/ (6) ff. dont 1 frontispice, 516 pp. En tout 12 figures à pleine page comprises dans la pagination. Plein maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, titre et tomaison frappés directement en lettres d’or sur les caissons du dos, coupes décorées, large et très belle roulette dorée intérieure, tranches dorées sur marbrures. Superbe reliure en maroquin janséniste de l’époque. 155 x 92 mm.‎


‎« Edition originale de tout premier tirage, avant les corrections, des Œuvres de Jean Racine. Deux éditions moins complètes avaient précédé en 1676 et 1687 ». (Mgr Jean Calvet). « Edition originale collective des Œuvres de Jean Racine, la première complète. Elle est plus recherchée que celle de 1687. » (A. J. Guibert. Jean Racine. CNRS. 1968) Relié en beau maroquin d’époque, elle est ainsi de la plus insigne rareté et appartient au petit nombre des chefs-d’œuvre de la littérature et de la bibliophile françaises. « Condition extrêmement rare », mentionnait Cl. Guérin en 1978, il y a 41 ans. « Elle fixe le texte définitif de son œuvre » (Tchemerzine, V, p. 360) et est ornée de 2 frontispices et 12 figures par François Chauveau. Jules le Petit (Bibliographie des éditions originales françaises) la décrit ainsi : « Cette excellente édition est la dernière qui fut donnée par Racine, et elle a fixé le texte de toutes les éditions postérieures. C'est aussi la première qui soit complète, et dans laquelle on ait fait entrer sous une pagination suivie « Esther » et « Athalie ». Elle n'a pas de préface générale, pas plus que les éditions précédentes, mais seulement des préfaces pour chaque pièce. Déjà, en 1687, les mêmes libraires avaient publié une édition dans laquelle Phèdre avait paru, en suivant la pagination du deuxième volume. Cette édition intermédiaire a moins d'importance que celle de 1697, revue évidemment par Racine, qui y modifia un peu le texte en quelques endroits et y changea légèrement l’orthographe de certains mots. Pourtant celle de 1697 fut imprimée presque entièrement d’après l’autre. Les différences d’orthographe se voient surtout à la fin des mots terminés par la syllabe ui ou uy : dans l’édition de 1687, on écrit, par exemple, « oui, lui, celui, ennui, aujourd'hui », et, dans l'édition de 1697, ces mots sont écrits souvent « ouy, luy, celuy, ennuy, aujourd'huy », etc... Racine supprima quelques vers dans l'édition de 1697, aux deux premiers actes de la Thébaïde et aux deux derniers de Bajazet. La préface de cette dernière pièce offre des différences avec celle de l'édition précédente, et on y a supprimé une page à la fin. » « Le tome II de l’édition de 1697 renferme des corrections faites par des cartons après le tirage, en onze endroits, aux pages 146, 163, 172, 273 ; 407, 427-428, 451, 471-472, 503. Cela fait 9 feuillets cartonnés, renfermant seulement des corrections typographiques ou des changements insignifiants de mots fautifs. Ces cartons se distinguent des feuillets primitifs en ce qu’on voit sur tous en bas les mots Tome II, qui ne se trouvent dans le cours du volume qu’au bas du premier feuillet de chaque cahier. » Précieux exemplaire entièrement non cartonné ne comportant pas la mention Tome II au bas des pages 146, 163, 172, 273, 407, 427-428, 451, 471-472, 503 et donc de premier tirage avant les corrections. « Dans mille ans d’ici, Racine fera verser des larmes ; il sera l’admiration des hommes dans toutes les contrées de la terre ; il inspirera à l’humanité la commisération, la tendresse. On demandera qui il était, de quel pays, et on l’enviera à la France… ». Diderot. « Racine et Corneille, avec tout leur génie, ne sont eux-mêmes que des parleurs… mais chez Racine tout est sentiment ; il a su faire parler chacun pour soi, et c’est en cela qu’il est vraiment unique parmi les auteurs dramatiques de sa nation. » Rousseau. Valeur de l’édition de 1697 reliée en beau maroquin de l’époque. Les éditions originales de Racine reliées en beau maroquin d’époque apparaissent très rarement sur le marché. Les ventes publiques de la célèbre bibliothèque Jacques Guérin ne présentaient aucun exemplaire des trois originales collectives de 1676, 1687 et 1697 en telle condition et il faut remonter à la vente de 1984 pour trouver un exemplaire de la réédition non originale de 1702 relié en deux volumes in-12, « maroquin citron doublé de maroquin aux armes de Madame de Chamillart » vendu 480 000 FF (72 000 €) il y a 35 ans. Réf : « Très beaux livres anciens de Jacques Guérin. Paris, 29 mars 1984, n° 81). Plus proche du présent exemplaire, les deux volumes in-12 des « Œuvres de Racine imprimées en 1676 » (édition incomplète selon Mgr Jean Calvet) reliés comme ici en maroquin d’époque, furent vendus 320 000 F (48 000 €) il y a 38 ans (Réf : Hôtel Drouot, 19 juin 1981, n°203). Mais la seule comparaison pertinente provient de l’analyse des catalogues du comte de Lignerolles et de Jacques Guérin. En 1894, Lignerolles présentait sous le n°1651 un exemplaire des Œuvres de Racine de 1697 identique au notre et sous le n°1652, l’exemplaire Chamillart imprimé en 1702 et revendu par Jacques Guérin le 29 mars 1984. Bibliothèque de Feu M. Le Comte de Lignerolles. Paris, mars 1894 : N°1652. Œuvres de Racine. A Paris, Par la Compagnie des libraires, 1702. 2 vol.in-12, réglés, front et fig., mar citron, fil. à froid, doublés de mar rouge, dent. int, tr. dor. Cette édition contient les mêmes matières que celle de 1697, mais quelques différences, notamment dans la comédie des Plaideurs dont le texte est remanié en grande partie, et dans la tragédie d’Esther qui et divisée en cinq actes au lieu de trois. Aux armes et au chiffre de madame de Chamillart. Vendu 1 800 F or le 29 mai 1894. Mars 1894 N°1651. Œuvres de Racine. A Paris, Chez Claude Barbin, 1697. Maroquin rouge époque. 2 vol in-12, front et fig. de Chauveau, mar rouge, fil., dos ornés, tr. dor. (Rel anc. non doublée). Superbe exemplaire de cette édition rare et estimée la dernière donnée du vivant de Racine et la première contenant les tragédies d'Esther et d'Athalie. Le tirage n’est pas précisé. Excellente reliure de Boyet. Parfaite conservation. De la bibliothèque de J. –Ch. Brunet. Vendu 4 150 F or le 29 mai 1894. Et 90 ans plus tard. Bibliothèque Jacques Guérin – Hôtel Drouot, 29 mai 1984. Ex. Chamillart. L’exemplaire Lignerolles, décrit ci-dessus sous le n°1652 des Œuvres de Racine ; édition de 1702 aux armes de Chamillart repasse dans la vente publique Jacques Guérin du 29 mai 1984 : N°81. RACINE (Jean). Œuvres. Paris, Compagnie des libraires, 1702. 2 volumes in-12, maroquin citron, filets à froid chiffre doré aux angles, doublé de maroquin rouge, dentelle intérieure, armoiries, tranches dorées (Reliure de l’époque). Célèbre exemplaire de Madame de Chamillart, relié à ses armes et à son chiffre. Cette bibliophile raffinée ne possédait qu’un nombre assez restreint de volumes, tout particulièrement des ouvrages de théologie et d’histoire, c’est dire tout l’intérêt de cet exemplaire. Adjugé 480 000 FF soit 72 000 € le 29 mars 1984, il y a 35 ans. Rappelons que l’exemplaire de 1697 identique au nôtre relié en maroquin d’époque fut vendu chez Lignerolles plus du double de l’exemplaire Chamillart (voir ci-dessus, n°1651). Magnifique exemplaire réglé de tout premier tirage des Œuvres de Racine imprimées en 1697 relié en somptueux maroquin rouge janséniste de l’époque orné d’une large et superbe roulette intérieure dorée. Tchemerzine ne mentionne que deux exemplaires en maroquin ancien dont celui de Jacques-Charles Brunet vendu 4 120 F OR en 1868 soit plus de 400 fois le prix d’un livre de bibliophilie qui à cette époque se négociait à compter de 10 F OR.‎

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EUR39,000.00

‎RACINE, Jean‎

Reference : LCS-13076

‎Œuvres Edition définitive des Œuvres de Racine‎

‎Corrigée par l’auteur, elle fixe le texte définitif du théâtre racinien. Précieux exemplaire présentant le premier état du texte, avant les 11 cartons. Paris, Denys Thierry, 1697.2 tomes en volumes in-12 de : I/ (6) ff. dont 1 frontispice, 468 pp. ; II/ (6) ff. dont 1 frontispice, 516 pp. ; en tout 12 figures à pleine page comprises dans la pagination. Petite déchirure p. 89 du tome 2 sans atteinte à la gravure. Plein veau havane de l’époque, dos à nerfs ornés de fleurons dorés, pièces de titre de maroquin rouge, coupes décorées, tranches mouchetées rouges. Reliure de l’époque. 160 x 90 mm.‎


‎Première édition collective complète des Œuvres de Racine, et la dernière corrigée, revue et donnée par l’auteur. « Elle fixe le texte définitif de son œuvre ». (Tchemerzine, V, p. 360). On y trouve ajoutées Esther, Athalie et Les Cantiques spirituels, pièces qui ne se trouvaient pas dans les éditions précédentes. Jules le Petit (Bibliographie des éditions originales françaises) la décrit ainsi : « Cette excellente édition est la dernière qui fut donnée par Racine, et elle a fixé le texte de toutes les éditions postérieures. C’est aussi la première qui soit complète, et dans laquelle on ait fait entrer sous une pagination suivie ‘Esther’ et ‘Athalie’. Elle n’a pas de préface générale, pas plus que les éditions précédentes, mais seulement des préfaces pour chaque pièce. Déjà, en 1687, les mêmes libraires avaient publié une édition dans laquelle ‘Phèdre’ avait paru, en suivant la pagination du deuxième volume. Cette édition intermédiaire a moins d’importance que celle de 1697, revue évidement par Racine, qui y modifia un peu le texte en quelques endroits et y changea légèrement l’orthographe de certains mots. Pourtant celle de 1697 fut imprimée presque entièrement d’après l’autre. Les différences d’orthographe se voient surtout à la fin des mots terminés par la syllabe ui ou uy : dans l’édition de 1687, on écrit par exemple « ouy, luy, celuy, ennuy, aujourd’huy », etc ... Racine supprima quelques vers dans l’édition de 1697, aux deux premiers actes de la ‘Thébaïde’ et aux deux derniers de ‘Bajazet’. La préface de cette dernière pièce offre des différences avec celle de l’édition précédente, et on y a supprimé une page à la fin. Le tome II de l’édition de 1697 renferme des corrections faites par des cartons après le tirage, en onze endroits, aux pages, 146, 163, 172, 273, 407, 427-428, 451, 471-472, 503. Cela fait 9 feuillets cartonnés, renfermant seulement des corrections typographiques ou des changements insignifiants de mots fautifs. Ces cartons se distinguent des feuillets primitifs en ce qu’on voit sur tous en bas les mots Tome II, qui ne se trouvent dans le cours du volume qu’au bas du premier feuillet de chaque cahier. » Précieux exemplaire présentant le premier état du texte avant les 11 cartons signalés par les bibliographes, la mention « tome II » ne figurant pas au bas des feuillets incriminés. Il présente ainsi le texte originel et non cartonné. L’édition est illustrée de deux frontispices, l’un signé de C. Le Brun et de 12 gravures sur cuivre, une pour chacune des pièces, la plupart signées de Chauveau. Bel exemplaire très pur conservé dans sa reliure de l’époque. Les éditions originales des œuvres de Racine en reliure de l’époque ont toujours été appréciées des bibliophiles.‎

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EUR7,500.00

‎RADIGUET, Raymond‎

Reference : LCS-18582

‎Le Bal du Comte d’Orgel. La véritable édition originale du dernier roman du jeune Radiguet.‎

‎L’un des 20 exemplaires mythiques dits «des bonnes feuilles». Paris, Bernard Grasset, 1924. In-12 de (244) pp. Broché sous couverture vert d’eau imprimée spécialement, dos de la couverture passé, chemise, étui demi-chagrin brun. 187 x 119 mm.‎


‎Véritable édition originale, très rare, dite «des bonnes feuilles», du second et dernier roman du jeune Radiguet. Tirage unique dit des « bonnes feuilles » limité à 20 exemplaires pour les amis de Radiguet, donnant le premier état du roman avant les modifications et suppressions apportées par la suite par les correcteurs (Cocteau, P. de Lacretelle, R. Behaine, J. Kessel, Grasset). La couverture porte cette mention : Epreuve du roman de Raymond Radiguet Le Bal du comte d'Orgel. En l'état exact laissé par l'auteur et avant toutes corrections même typographiques. À chaque page on peut constater que le texte est très différent de celui publié et qu'il y eut de très nombreuses et importantes modifications. Il a été tiré de ces bonnes feuilles vingt exemplaires numérotés. Le chiffre de cet exemplaire, difficilement lisible,semble être le n° 4. Raymond Radiguet avait remis à Grasset les épreuves de son second roman en octobre 1923. Jugeant le texte abouti, l'éditeur en tira immédiatement des épreuvesavant la fin du mois d'octobre. Radiguet mourut brutalementle 12 décembre sans avoir pu les corriger. En hommage au romancier disparu, Grasset en fit cependant tirer 20exemplaires, avant l'édition définitive, dont le texte sera fortement modifié. «Ce second et dernier livre du jeune Raymond Radiguet (1903-1923), paru un an après sa mort, marque une étape dans la manière de cet écrivain si prodigieusement précoce. Tandis que dans ‘le Diable au corps’ il avait traité le thème d’un adolescent engagé dans un trop grand amour, avec d’évidentes intentions antiromantiques et anti-rhétoriques, se fiant seulement aux maigres enchantements d’une minutieuse et précise ‘relation’, il tente ici le roman de pure analyse: un roman, où seule la psychologie est romanesque, tout effort d’imagination tendant à suggérer, non des événements extérieurs, mais des sentiments. Comme tel, le roman, ou plutôt le conte, est dépourvu de toute intrigue. François, jeune homme tranquille et raffiné, qui vit seul avec sa mère et se trouve suffisamment riche pour n’être pas obligé d’exercer une profession, fait par hasard, un soir, la connaissance au théâtre du comte Anne d’Orgel, type pittoresque d’aristocrate pour qui la vie consiste à observer scrupuleusement et sagement une série de devoirs mondains. L’excellent vieillard l’introduit dans son milieu et dans sa famille. François y fait la connaissance de la jeune femme de son nouvel ami. Quelques regards suffisent pour faire naître l’amour entre eux. Cet amour est cependant combattu par le sens du devoir et par la loyauté de ces deux âmes. Au cours d’un bal, les deux protagonistes acquièrent la certitude intime et profonde que leur passion, pour dominée qu’elle soit par la fatalité, n’en sera pas moins toujours sacrifiée au devoir. En effet, rien ne se passe et le drame reste purement intérieur: ce qui nous vaut de minutieuses analyses psychologiques […]. Radiguet a offert, avec ce petit livre, un modèle typique d’une des tendances caractéristiques qui domine le roman français contemporain: le néo-classicisme.» (Dictionnaire des Œuvres, I, 376). Précieux exemplaire conservé broché tel que paru.‎

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EUR15,000.00

‎REGNIER, Mathurin.‎

Reference : LCS-17579

‎Les Satyres du Sieur Régnier. Dernière édition, revue, corrigée & de beaucoup augmentée, tant par le sieur de Sigogne, que de Berthelot. Dédiées au Roy. Première édition en partie originale des Satyres de Régnier, « le plus grand poète satirique du temps » publiée quelques mois après la mort de l’auteur, la plus recherchée avec celle de 1608.‎

‎Précieux et remarquable exemplaire, l’un des deux répertoriés conservés dans sa première reliure en vélin de l’époque en tout premier tirage avant la mention ajoutée sur le titre général dans le second tirage « qu autres des plus signalez Poetes de ce temps ». Paris, pour Gilles Robinot, au Palais en la Gallerie des prisonniers, 1614. Avec privilège du Roy. In-8 de (4) ff., 123 ff., (1) f. de privilège. F. de titre légèrement effrangé, infime galerie de vers dans la marge blanche inf. des ff. 83 à 88, pte. mouillure dans le coin inf. des ff. 104 à 112. Au f. 93 commencent les « Autres Satyres et Folastreries, tant du Sieur de Sigonne & Bertelot, qu’autres des plus signalez Poëtes de ce temps ». Plein vélin souple, restes d’attaches, dos lisse, nom de l’auteur calligraphié à l’encre à l’époque sur la tranche supérieure. Reliure de l’époque. 162 x 104 mm.‎


‎Très rare Première édition en partie originale du rarissime premier tirage des « Satyres » de Mathurin Régnier, fort apprécié du roi Henri IV, « le plus grand poète satirique du début du XVIIe siècle » (Pa. D), publiée après sa mort, la cinquième par ordre chronologique, contenant 16 pièces satiriques qui paraissent ici pour la première fois sous ce titre : « Autres Satyres et Folastreris, tant du Sieur de Sigonne & Bertelot, qu’autres des plus signalez Poëtes de ce temps », mais la meilleure. Tchemerzine, V, 386. « Les premières éditions de Régnier, publiées en 1608, 1609, 1612, et 1613 du vivant de l’auteur, sont d’une curieuse incorrection ; c’est que le poète vivant le pot en main dans les cabarets et les tripots, absolument insoucieux de sa gloire, était le plus détestable correcteur d’épreuves qu’on pût imaginer ; les éditions qui suivent la mort de l’auteur, arrivée en 1613, sont meilleures. » (Deschamps). Mathurin Régnier n'est pas seulement le plus grand poète satirique du début du XVIIe siècle, il incarne comme aucun autre l'esprit de la satire classique en vers, même aux yeux de Boileau, qui se voudra modestement son disciple. Il naquit à Chartres, en 1573, alors que les guerres de Religion faisaient rage. Le recueil de Satyres qu’il fait paraître en 1608 propulse Régnier au rang de chef de file des ronsardiens, mais aussi des poètes comiques les plus impertinents de l’époque comme Sigogne, Motin et Berthelot, les pourvoyeurs inlassables des recueils de poésies libres. Chacun s’accorde à reconnaître en lui une qualité d’inspiration comparable à celle d’Horace, de Perse et de Juvénal. « La réussite de Régnier est d’avoir su créer un espace poétique, où, à partir des lieux communs de la réflexion morale, il peut donner libre cours à son goût de la franchise et de la liberté. Il y développe une esthétique de l’humeur, de la nonchalance et du caprice, qu’il met au service de l’amitié, mais qu’il considère aussi comme un instrument d’émancipation individuelle au sens des libertins. A défaut de présenter une sagesse, il met en scène un tempérament, qui fait du poème un lieu et un ferment d’humour et de plaisir. Cette impulsion vitale et tonique caractérise sa verve comique. Il conçoit le vers comme une solution qui résout de manière jubilatoire les contradictions insurmontables de la vie morale. C’est pourquoi il recherche inlassablement le bon mot, le trait qui fait mouche, la formule burinée qui s’incruste dans la mémoire et déclenche un sentiment d’euphorie. Il a comme peu de poètes le génie de l’alexandrin robuste, énergique, gorgé de tonus : Il m’est comme aux putains mal aisé de me taire (Sat. II, v. 96) ; (Je) sentis à son nez, à ses levres décloses,/Qu’il fleuroit bien plus fort, mais non pas mieux que roses (Sat. XI, v. 219-220) ; Je fis dans un escu reluire de Soleil (Sat. XII, v. 24). A défaut de trouver la vérité, Régnier suscite un élan qui tire de l’apathie et de la morosité, qui restitue le frémissement et le tourbillon de la vie, qui sait recréer le fouillis et le brouhaha captivant des êtres et des choses, tirer joie de leurs contradictions. Son réalisme, c’est d’être avant Baudelaire un poète de la ville, de nous immerger dans le doux vacarme de la poésie sociale. A défaut de savoir où, Régnier est « une force qui va » : l’homme a au moins le pouvoir d’opposer à l’absurdité de vivre l’énergie de son humour et la fierté de son nonchaloir. Comme les plus grands satiriques, Régnier est un poète du temps actuel, celui qui nous contrarie sans cesse, mais qui se confond avec le mouvement et le jaillissement des jours. » Précieux et remarquable exemplaire, l’un des deux répertoriés conservés dans sa première reliure en vélin de l’époque en tout premier tirage avant la mention ajoutée sur le titre général dans le second tirage « qu autres des plus signalez Poetes de ce temps ».‎

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EUR8,500.00

‎RENAN, Ernest‎

Reference : LCS-4113

‎L’Abbesse de Jouarre. L'édition originale de l'Abesse de Jouarre, de Renan‎

‎L’un des 25 premiers exemplaires imprimés sur papier du Japon. Paris, Calmann Lévy, 1886.In-8 de (2) ff., vi pp. de préface, (1) f., 110 pp., (1) f., (1) f.bl. Relié en plein maroquin brun janséniste à grain long, dos à nerfs, double filet doré sur les coupes, doublures de reps bordeaux ornées de nombreux filets dorés, gardes de reps bordeaux, tranches dorées, non rogné avec témoins, couvertures conservées. Reliure signée de Canape R. D. 243 x 155 mm.‎


‎Édition originale de ce roman d’Ernest Renan, l’un des 25 exemplaires de tête sur Japon. Vicaire, Manuel de l’amateur, 1032 ; Bibliothèque de Backer, 2129 ; Carteret, II, 258. « L’Abbesse de Jouarre est la seule pièce de Renan au sujet de laquelle la question d’une représentation ait été sérieusement posée. Son histoire a donc l’intérêt d’une expérience. […] Impossible d’éviter « la couleur locale » ; l’action est un épisode de la Révolution française : il faut bien jouer en costumes du temps et recréer autour des personnages le climat de la Terreur. De fait, même si la fable inventée par Renan n’est pas une histoire vraie, elle est une histoire vraisemblable. Renan insistait volontiers sur ce point qui distingue le quatrième drame des trois précédents. « Je ne connais, écrit-il un jour, aucun récit du temps de la Révolution qui présente la donnée même que j’ai essayé de mettre en action dans l’Abbesse de Jouarre. » Mais, « quant à l’état psychologique des prisons du temps de la Terreur, et au développement que prirent, dans ce milieu terrible, les intrigues amoureuses, je n’ai rien dit qui ne soit tout à fait conforme à l’histoire. Les textes sont innombrables… » Cette fable est l’aventure de Julie Constance de Saint-Florent, abbesse de Jouarre, religieuse sans la foi mais strictement fidèle à ses vœux, aventure en deux époques. Quelques jours après la bataille de Fleurus, le 25 juin 1794, Julie est en prison dans l’ancien Collège du Plessis ; elle revient du Tribunal révolutionnaire ; l’exécution est pour le prochain matin. L’homme qui l’aime et qu’elle aime, le marquis d’Arcy, est dans la même prison et sera, demain, dans la même charrette. Les vœux de l’abbesse les avaient séparés : la mort imminente les délie de tout devoir […] Or, le lendemain matin, le nom de Julie Constance de Saint-Florent n’est pas sur la liste des condamnés qui doivent partir pour l’échafaud […]. » (H. Gouhier, Renan auteur dramatique, pp. 67-87). Bel exemplaire grand de marges relié en maroquin doublé de reps bordeaux, avec les couvertures orange imprimées conservées.‎

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EUR2,500.00

‎RESTIF DE LA BRETONNE.‎

Reference : LCS-A80

‎La Famille vertueuse. Lettres traduites de l’anglais. « Le caractère de tous ces personnages est merveilleusement bien soutenu ; ce sont les peintures les plus vives des séductions, du vice et du libertinage, mises en contraste avec les mœurs les plus simples, les plus pures, les plus patriarcales, et les suites les plus effrayantes d'une vie déréglée. Il y a dans ces tableaux une chaleur, une négligence, une vérité de style, qui donne de l'intérêt et même une sorte de vraisemblance aux événements les plus extraordinaires et les plus légèrement motivés. » P. L. Jacob.‎

‎«Restif ressemble à Balzac. Mais il ressemble de la même façon aux deux autres grands forcenés de notre littérature : Proust et Saint‑Simon. » Jean Dutourd. Paris, Veuve Duchesne, 1767. 4 parties en 4 volumes in-12: I/ xxxvi pp. préliminaires, 251 pages; II/ 288 pages; III/ 300 pages; IV/ 299 pages et (13) pages de table. Plein veau havane marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, tranches rouges. Reliure de l’époque. 166 x 95 mm.‎


‎«Edition originale du premier ouvrage de Restif, publié sans nom d’auteur.» P.L. Jacob, Bibliographie de Restif de la Bretonne, 77 à 81; J. Rives-Child, Restif de la Bretonne, 197-198. La Famille vertueuse, roman épistolaire en quatre parties qui se joue dans un milieu franco-britannique, présente l’histoire de deux familles ennemies. Après une chronique de famille, la dernière partie révèle les origines de cette haine qui a marqué la vie de plusieurs générations. En même temps c'est un roman d'amour ou plutôt de mariage ; tout au long des quatre parties, on suit le chemin vers l'union de la jeune Léonor avec Sir Blaker. Mais pour les lecteurs, les personnages principaux s’estompent dans le fourmillement de personnages, d'événements invraisemblables et de péripéties inattendues. Les histoires et épisodes sans liens apparents avec la trame principale rendent la lecture du roman difficile. Dans sa difformité, le premier roman de Rétif possède presque toutes les caractéristiques du roman populaire de l'époque. Le roman Elisabeth de Mme Benoît a inspiré Rétif à se faire romancier. Restif raconte lui-même, dans son Monsieur Nicolas (tome VIII, p. 4544) comment il composa son premier ouvrage : « J’étais amoureux de Mlle Bourgeois, et ce fut elle qui me donna l'énergie nécessaire pour écrire. Cette énergie me fit surmonter les premiers dégoûts de cette lassitude de travail qui accompagne les commencements de l'art d'écrire. J'y pris goût enfin, et quelques pensées m'ayant ébloui, comme il arrive à tant de petits auteurs, je crus produire un chef-d'œuvre. Je me rappelle que, les jours de fête, particulièrement consacrés à mon auteuromanie, je passais fièrement dans les rues, en me disant : « Qui croirait, en me voyant, que je viens d'écrire les belles choses de ce matin ! ». Ce roman est le premier que Restif ait composé et publié ; il prit son temps pour l'écrire, car il en fit deux ou trois mises au net, avant de le donner à l'impression. Il nous raconte lui-même (Monsieur Nicolas, tome IX, p, 2662 et suiv.) comment il devint romancier et comment il réunit les éléments de son ouvrage : « D'abord j'eus l'histoire d'Henriette, arrivée dans la maison de la belle Pâtissière, où j'avais demeuré ; ce trait m'avait été raconté par Bonne Sellier, Ainsi j’eus une base. Pour achever de m'encourager, j'y mis Rose, comme amie de ma Léonore. J'y plaçai une histoire analogue à mon aventure épistolaire avec les deux sœurs, dans l'anecdote des filles de Mounk. J'avais connu quelque chose de relatif au trait d'Adèle ; enfin, j'en savais une très-intéressante, que j'ai déguisée comme celle de Llamas, jésuite, devenu père d'une fille qu'il marie en Californie, pays où l'on est aussi stupide pour le moins qu'au Paraguai. Ce fut avec ces matériaux que je construisis mon premier édifice.» « je vendis La Famille vertueuse à la dame Duchesne, 15 livres la feuille ; l'ouvrage en fit 51 ; et je me crus très riche ! Jamais si grosse somme ne m'avait appartenu. On imprima, sous ma double direction de prote et d'auteur, chez F.-A. Quillau, dans les 6 premiers mois de 1767, mais l'ouvrage ne parut qu'à la Saint-Martin... « J'avais achevé le manuscrit de «La Famille vertueuse» avec la fin de 1766... on commença l'impression le 20 janvier 1767. J'étais ivre de joie de me voir imprimer. Les 4 volumes furent achevés au mois de mai... je résolus de me consacrer tout entier à la littérature. » (Monsieur Nicolas, t. IX, p. 214-239). Rare exemplaire en élégante reliure pleine de l’époque.‎

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EUR7,500.00

‎RESTIF DE LA BRETONNE‎

Reference : LCS-12938

‎La Fille naturelle. Rare contrefaçon de l'un des premiers ouvrages de Restif‎

‎Rare contrefaçon de l'un des premiers ouvrages de Restif, qu’il considérait lui-même comme « la plus attendrissante de toutes ses [mes] productions ». A La Haye et se trouve à Lausanne, chez Franç. Grasset, 1776. 2 parties reliées en 1 volume in-12 de : I/ (1) f., viii pp., 155 pp., (3) pp., (1) f.bl. ; II/ (2) ff., 181 pp., (3) pp. Conservé dans son cartonnage muet d’attente, dos lisse avec le titre manuscrit à l’encre, non rogné. Reliure de l’époque 166 x 117 mm.‎


‎Rare contrefaçon de l'un des premiers ouvrages de Restif. Rives Childs, V, 8, p. 209. Le texte est identique à celui de la première édition de 1769, les fautes n’ayant pas été corrigées. « Le jeune Nicolas Anne Edme Rétif (1734-1806) est envoyé en 1751 à Auxerre pour être mis en apprentissage chez un imprimeur, où il séduit la belle épouse de son patron qu’il devait évoquer plus tard sous les traits de Mme Parangon. Devenu ouvrier typographe en 1755, il décide de se rendre à Paris où il ne tarde pas à entrer à l’Imprimerie royale. Il vient tout juste d’atteindre sa majorité. Esclave de son tempérament, il inaugure sans plus attendre la vie d’homme à bonnes fortunes qui sera toujours sienne. Environ 1760, et dans l’espoir de mettre un terme à ses fredaines, sa famille juge bon de lui faire épouser une fille d’Auxerre appelée Agnès Lebègue. Après avoir donné quatre filles à son épouse, il s’en sépare. De plus en plus il passe ses nuits à courir les mauvais lieux, afin d’y observer le vice, et, bien entendu, le pratique lui-même pour l’acquit de sa conscience. En 1767, il débute enfin dans les lettres en publiant ‘La Famille vertueuse’, roman en quatre volumes. Enhardi par le vague succès qu’il obtient, il décide de vivre uniquement de sa plume. Il se sent d’autant mieux armé pour cette lutte que, sachant la typographie, il sera capable d’imprimer lui-même ses ouvrages, et, par là, pourra se moquer des exigences des imprimeurs. En 1769, il donne ‘La Fille naturelle’, puis ‘Le Pied de Fanchette’. » (Dictionnaire des auteurs, IV, 70) « L’auteur a composé cette historiette intéressante d’après le récit d’Edme-Rapenot, libraire, qui avait connu l’héroïne et sa fille ». (Rives Childs) « Je mis aussitôt la plume à la main, dans une chambre isolée de l’imprimerie de Quillau, où j’étais alors occupé à caser moi-même ‘la Confidence nécessaire’. Ce fut l’ouvrage de huit jours... Nous étions en 1768 et c’était le quatrième ouvrage que je composais, depuis mon retour de Sacy au 1er octobre 1767. ‘La Fille naturelle’ est la plus attendrissante de toutes mes productions, l’histoire de ‘Zéphire’ exceptée, et même une des plus utiles. Je n’en ferai pas l’analyse, parce qu’elle est conservée dans ‘les Contemporaines’, en deux Nouvelles, l’une intitulée ‘la Sympathie paternelle’, l’autre ‘la Fille reconnue’, outre que j’en ai fait une comédie également intéressante, intitulée ‘la Mère impérieuse ou la Fille naturelle’, dont je rendrai compte. La vente de ce roman me fut avantageuse, et me fit subsister » (Mes ouvrages, p. 12-14) Précieux exemplaire, à l’état neuf, conservé tel que paru, non rogné dans son cartonnage muet d’attente. Provenance : ex libris manuscrit sur le titre « Alexandria Cocconia Polisiania, 1776 ».‎

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EUR2,500.00

‎RESTIF DE LA BRETONNE‎

Reference : LCS-18594

‎Les Contemporaines. Édition originale des Contemporaines de Restif ornée des 283 ravissantes figures de Binet.‎

‎Exemplaire en plein maroquin rouge décoré. Leipzig, Büschel et se trouve à Paris, chez Belin, puis chez Mérigot, 1780-1785. 42 tomes en 21 volumes in-12. Plein maroquin rouge, triple filet doré autour des plats, dos somptueusement ornés, double filet or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrures. Reliure signée de Chambolle-Duru vers 1870. 163 x 98 mm.‎


‎Edition originale des Contemporaines, ornée en premier tirage de 283 fines estampes hors-texte de Binet, dont de nombreuses avant la lettre et 10 dépliantes. Paul Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, 162-188. Restif commença Les Contemporaines en 1779. Il avait composé un petit nombre de Nouvelles qu'il devait intituler «Nouvelles Parisiennes». Le succès des premiers volumes lui fit poursuivre son œuvre qu'il porta successivement à 17 tomes, puis à 30 et enfin à 42. L’auteur dut se défendre en justice contre plusieurs plaintes en diffamation déposées par des parisiennes qui sentaient « dépeintes sous d’assez tristes couleurs » par Restif. «Je ne fouille pas dans l’intérieur des familles pour y découvrir des faits capables d’alarmer leur tranquillité... J’ai mis des noms français et cité des rues pour donner plus de naturel à mes récits... Malgré cette innocence dans mes vues, je me vois accusé, poursuivi, obligé de consumer en frais le médiocre produit de mon ouvrage». L’ouvrage est à juste titre célèbre et recherché pour son illustration très raffinée, composée de 283 fines figures à pleine page dessinées par Binet. «Binet s’était soumis aux caprices de Restif qui lui imposait des types et des formes rencontrées dans son imagination. Très bon et très habile dessinateur, Binet consentait ainsi à donner des tailles de poupée et des pieds d’enfants aux femmes qu’il représentait». Ces estampes étaient recherchées dans toute l’Europe où Restif était considéré comme le souverain arbitre de la mode française. Les modistes et les couturiers, en particulier, s’inspiraient de ces modèles du bon goût. Toutes les gravures de cet exemplaire bien complet sont d’excellent tirage et parfois même avant la lettre, sans la légende. «Ces nombreuses figures ont coûté beaucoup d’argent». P. Lacroix. La publication de ces nouvelles campées sur le vif provoqua l'indignation de quelques-unes des femmes décrites par Restif. « Ces historiettes m'ont attiré une foule de chagrins, par ma véracité.» Exemplaire relié en plein maroquin rouge décoré, enviable condition pour l’une des principales œuvres de Restif de la Bretonne. ‎

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EUR28,000.00

‎RESTIF DE LA BRETONNE‎

Reference : LCS-18364

‎Les Nuits de Paris ou le spectateur nocturne. Edition originale conservée dans sa reliure de l’époque strictement uniforme, condition rare.‎

‎Édition originale de l’un des ouvrages les plus recherchés de Restif, présentant les 14 premières parties aux bonnes dates, et bien complète de la rare 15e partie en édition originale. Londres, et se trouve à Paris, 1788-1790. 15 parties reliées en 15 volumes in-12. I/ 1 gravure, (2) ff., 240 pp.; II/ 1 gravure, pp. 241 à 484, III/ 1 gravure, pp. 485 à 720; IV/ 1 gravure, pp. 721 à 956, 1 cahier décousu; V/ 1 gravure, pp. 957 à 1191 [1196]; VI/ 1 gravure, pp. 1197 à 1440; VII/ 1 gravure, pp.1441 à 1680, pt. manque de papier en marge de la p.1449 sans atteinte au texte ; VIII/ 1 gravure, pp. 1681 à 1920, pt. manque de papier en marge des pp. 1763 et 1839 sans atteinte au texte ; IX/ 1 gravure, pp. 1921 à 2160 ; X/ 1 gravure, pp. 2161 à 2400, pt. manque de papier n’atteignant pas le texte p. 2355; XI/ 1 gravure, pp. 2401 à 2640, manque de papier n’atteignant pas le texte pp. 2627 et 2639; XII/ 1 gravure, pp. 2641 à 2880; XIII/ 1 gravure, pp. 2881 à 3120; XIV/ 2 gravures, pp. 3121 à 3360, pt. trou p. 3181; XV/ 1 gravure, pp. 1 à 264 chiffrée 164, erreur de num. Qq. ff. brunis. Total de 16 gravures. Demi-basane fauve, dos lisses richement ornés de motifs et filets dorés, pièces de titre et de tomaison rouges, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 164 x 95 mm.‎


‎Édition originale de l’un des ouvrages les plus recherchés de Restif, présentant les 14 premières parties aux bonnes dates, et bien complète de la rare 15e partie en édition originale. Jacob, Restif de la Bretonne, pp. 258-300; Rives Child, pp. 303 à 306. La 16e partie ne figure pas ici. Elle ne fut publiée par Restif qu’en 1794 et presque tous les exemplaires en furent détruits par crainte du comité de police de la commune de Paris. Le bibliographe Jacob affirmait ainsi: «on peut assurer qu’il n’en existe pas 10 exemplaires». «Le spectateur nocturne c’est Restif, que l’on reconnait plus particulièrement avec son grand chapeau, dans la première figure. Entre autres sujets curieux, il faut remarquer Restif présentant sa fille à la comtesse Fanny de Beauharnais à un diner chez Grimod de la Reynière…» (Cohen, 882-883). Restif, Le Spectateur nocturne, trace dans les 14 premières parties un extraordinaire tableau de Paris d'avant la Révolution. L’édition est ornée en premier tirage de 16 (sur 17, sans la planche Le Billard) gravures non signées de Binet dans lesquelles Restif est presque toujours représenté avec son costume caractéristique de spectateur nocturne. La planche Le Billard (partie VIII) fut rarement ajoutée et manque à la plupart d'exemplaires. La 15e partie, publiée en 1790, deux ans après, présente pour l’historien un intérêt exceptionnel: elle est, en quelque sorte, le journal personnel de Restif pendant la Révolution. Elle a un titre différent des autres: ‘La Semaine nocturne: Sept Nuits de Paris; qui peuvent servir de Suite aux III-CLXXX déjà publiées, Ouvrage servant à l’Histoire du Jardin du Palais-Royal’. «Elle constitue un document d’une valeur unique sur cette époque troublée; il faut lire d’un seul trait ces 600 pages haletantes, à peine interrompues par de petites nouvelles dans le goût des ‘Contemporaines’; on y verra combien la conscience française fut psychiquement déchirée d’avoir à exécuter celui, qui, la veille, était appelé le Père de la Nation». Ce journal personnel et cette description virulente de la Révolution valurent à Restif, de Marat en particulier, de passer devant le Comité de Police de la Commune de Paris. Ce grand ouvrage essentiellement parisien a toujours été recherché alors même que les œuvres de Restif étaient encore décriées, négligées et presque inconnues. C’est un livre unique qui représente la physionomie morale de Paris à la fin du XVIIIe siècle. Les ouvrages de Restif se rencontrent très difficilement en jolie condition d’époque. Édition originale bien complète de la rare 15e partie, conservée dans sa reliure de l’époque strictement uniforme, condition rare.‎

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EUR13,000.00

‎RESTIF DE LA BRETONNE, Nicolas Edme.‎

Reference : LCS-18390

‎La Vie de mon Père. Par l’Auteur du Paysan perverti. Édition originale « du plus célèbre de tous les livres de Restif ».‎

‎Exemplaire bien complet de l’ensemble de ses gravures et conservé dans sa reliure de l’époque. Neufchatel, et se trouve à Paris, chez Humblot, 1779. Deux parties en 1 volume in-12 de (3) ff., 152 pp., 7 gravures hors-texte ; 139 pp. , (3) pp., 7 gravures hors-texte, les pp. 21-22 ont été reliées par erreur après la p. 38. Demi-basane à coins, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge à grain long. Reliure de l’époque. 161 x 93 mm.‎


‎Édition originale de second tirage « du plus célèbre de tous les livres de Restif » (Dictionnaire des Œuvres). Rive Childs, 249; Lacroix, pp. 152-154; Cohen, 501; Pichon, 3426; Bulletin Morgand et Fatout, 5243 et 9533; Sander, 1713. Bien que Rives Childs la considère comme une seconde édition, il s'agit en fait d'un second tirage quasiment identique au premier, avec les mêmes gravures. Elle est ornée de 14 gravures à pleine page hors texte et de 2 portraits en médaillon représentant le père et la mère de l’auteur, sur le titre de chaque partie. Considéré par son auteur comme l’écrit le plus estimable qu’il eût produit, cette biographie vivante du père de Restif reste une des peintures les plus précises de la condition paysanne peu avant la Révolution et une excellente source de renseignements sur le monde rural en France au dix-huitième siècle. L’auteur relate avec une grande fraîcheur de style les travaux et les jours d’Edmé Restif (1692- 1764),laboureur bourguignon. Le ton sensible adopté par l’auteur s’accordait si bien au goût du jour que ce fut un succès. Avec pour toile de fond la France au dernier siècle de l’Ancien Régime, Restif fait revivre une inoubliable figure de paysan vénéré de ses concitoyens, les villageois de Sacy. C’est là du meilleur Restif avec, dans la facture, l’aisance et le coloris d’un écrivain-né. C’est à la fois un monument élevé à son père par un fils se reprochant, sans trop y croire, d’avoir dérogé en abandonnant la terre, un document sur la vie paysanne et l’évocation d’un cocon familial, d’une communauté patriarcale et du pays de son enfance. (Dictionnaire des Œuvres). Voici ce qu’en dit Restif : « Cet ouvrage, le plus estimable des miens et celui dont le succès a été le plus général, me fut inspiré tout à coup, en finissant l’impression du “Nouvel Abeilard”, à laquelle j’avais travaillé sans relâche, je mis la main à la plume avec ardeur et je l’écrivis tout d’un trait, car je ne fus occupé d’autre chose, tant que l’impression dura. » (Mes ouvrages, p. 149). « C’est de ce petit ouvrage composé en 1778 qu’un homme en place a dit:“Je voudrais que le Ministère en fit tirer cent mille de ces petites parties pour les distribuer gratis à tous les chefs de villages”. » (Revue des ouvrages, p. CLXXXV). Le Journal de Paris (du mercredi 24 mars 1779) avait fait le plus grand éloge de La Vie de mon père:« Cette nouvelle production de Restif de la Bretonne nous semble au-dessus de tout ce qu’il a publié, tant pour le choix du sujet que par l’utilité, la simplicité, on peut même dire par la grandeur des sentiments.Tout y est naturel, intéressant, vrai. » Exemplaire bien complet de l’ensemble de ses gravures et conservé dans sa reliure de l’époque.‎

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EUR4,500.00

‎RESTIF DE LA BRETONNE, Nicolas Edme.‎

Reference : LCS-A29

‎Les Françaises, ou XXXIV Exemples choisis Dans les Mœurs actuelles, Propres à diriger les Filles, les Femmes, les Épouses & les Mères. Edition originale des Françaises de Restif de la Bretonne.‎

‎Rarissime et superbe exemplaire conservé dans ses brochures de l’époque, condition très recherchée. Neufchâtel, Paris, Guillot, 1786. 4 volumes in-12 de: I/ 272 pp. et 8 planches; II/ 312 pp. et 9 planches ; III/ 312 pp. et 9 planches; IV/ 324 pp., (8) ff., 8planches. Brochés, non rognés, sous couvertures d’attente muettes et 4 étuis de maroquin rouge à filets dorés et chemises de Rivière & Son. Exceptionnellement complété de: Binet. Les Françaises. Suite de 17 planches gravées. 1786. In-4 oblong (217 x 278 mm). Chemise et étui de cartonnage. Suite complète des 34 planches sur 17 feuilles destinées à illustrer Les Françaises de Restif de la Bretonne. Avec les papillons imprimés portant le titre et la tomaison. 185 x 115 mm (texte); 278 x 220 mm (suite)‎


‎Edition originale de ce recueil de nouvelles qui sont autant de véritables tableaux de mœurs, que l’auteur mit 26 jours à écrire. Recueil de nouvelles et de deux pièces de théâtre à l’intention des jeunes gens des deux sexes, inscrites dans le cycle des Contemporaines qui «offrent un tableau général de nos mœurs» d’après Avis de l’Éditeur où l’auteur a tâché de ne pas donner que de jolis riens, lançant son fameux avertissement prophétisant la Révolution proche : «Riches, ne soyez donc plus ni durs, ni insolents, où vous hâterez une révolution désastreuse pour vous! Tandis qu’il en est temps, prévenez-la, en devenant justes & raisonnables. [...] Faites de vos vastes domaines un usage utile, ou l’État va vous les ôter» (La Femme dépensière, vol. II, p. 139). Cet ouvrage est fort rare ; il contient 34 gravures numérotées, correspondant aux 34exemples que renferme l’ouvrage. Deux de ces figures seulement sont signées, la 28ème et la 31ème : Binet del., E. Giraud l’aîné scul. Dans ces estampes, Restif ne s’est plus contenté de commander, à son dessinateur, des pieds de femme d’une extrême petitesse ; il a imaginé, par une autre bizarrerie, de donner, aux têtes de femmes les plus hautes de taille, une dimension si exiguë, que ces têtes ne paraissent pas appartenir aux corps ; il a exigé que son dessinateur représentât les jeunes filles et les jeunes garçons comme des poupées à ressorts. Rien n’est plus étrange que ces femmes longues et maigres, à têtes de lilliputiennes, et que ces enfants qui semblent sortir d’un bocal d’esprit de vin. On peut supposer que c’était un nouveau goût anormal qui couvait dans l’imagination excentrique de l’amoureux des petits pieds... On n’a pas encore remarqué que, dans ces figures, la plupart gravées finement, il y a certainement des portraits, entre autres celui d’une femme âgée, qui reparaît sans cesse sous différents noms dans les Exemples. Le portrait de Grimod de la Reynière fils est très ressemblant dans un des trois convives assis à table (estampe de la Femme d’ivrogne.) » P. L. Jacob. Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne. Cette édition originale est donc illustrée de 34 figures gravées en taille-douce par Giraud l’aîné d’après Louis Binet, numérotées, dont deux signées (n° 28 et 31). Avec les 8feuillets non chiffrés à la fin du IVème volume contenant une table des Contemporaines et des Parisiennes et autres ouvrages de Restif. «Dans aucun des autres ouvrages de Restif, Binet n’a autant exagéré la petitesse des têtes, des pieds et la finesse des tailles des femmes» (Cohen). Plusieurs personnages de l’entourage de l’auteur sont représentés dans les illustrations, comme Grimod de la Reynière, que le Bibliophile Jacob dit reconnaître dans la figure 20 (III, p.84) illustrant l’Épouse d’ivrogne. Il est bien complet des 8 feuillets de table que l’on trouve à la fin du dernier volume. Exceptionnel exemplaire conservé dans ses rarissimes brochures de l’époque de l’introuvable suite complète de format oblong in-4.‎

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EUR4,500.00

‎REVUE DU MONDE NOUVEAU.‎

Reference : LCS-849

‎REVUE DU MONDE NOUVEAU. Rare édition originale de la revue littéraire créée par C. Cros‎

‎Rare édition originale, bien complète des trois numéros, de la remarquable Revue du monde nouveau créée par Charles Cros en 1874. Paris, n°1 (15 Février) - n°2 (1er Avril) - n°3 (1er Mai) 1874.3 fascicules grand in-8 paginés en continu de 1 à 224. Conservés dans les brochures d’origine vertes imprimées. Quelques piqures. Préservés dans une chemise et un étui de papier marbré vert.254 x 163 mm.‎


‎Rare édition originale, bien complète des trois numéros, de cette remarquable revue littéraire créée par Charles Cros. « La Revue du Monde Nouveau paraît le premier de chaque mois, et publie des œuvres originales inédites de tous les poètes, prosateurs, savants, peintres et sculpteurs, musiciens, dont le talent doit faire époque. La Revue du Monde Nouveau sera le principal recueil à consulter pour se rendre compte des variations que, dans toutes les branches, subissent l’art et la science en nos temps si tourmentés. Cette revue, faite avec une lucide indépendance et sans aucun esprit de parti, sera donc une mine précieuse pour ceux que les manifestations de l’esprit humain intéressent actuellement ou intéresseront dans l’avenir ». La revue, financée par Nina de Villard et dirigée par Charles Cros et Henri Mercier, ne comptera que trois numéros, en février, avril et mai 1874. L’un des objectifs majeurs de ce journal littéraire était de découvrir de nouveaux talents, de mettre à jour des trésors. De nombreux auteurs de l’époque contribuèrent au succès de cette revue : Théodore de Banville, Antoine Cros, Léon Dierx, Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, Mallarmé, Léon Cladel, Zola, Charles Cros, Henri Mercier, Cressonnois, Cabaner, Léon Valade, Hérédia, Germain Nouveau, Alphonse Daudet, Polémon, Villiers de L’isle-Adam. Parmi les textes réunis dans cette revue on peut notamment remarquer, dès le premier numéro, l’essai en prose de Mallarmé intitulé Le Démon de l’analogie ou encore la première publication du Convive inconnu (Convive des dernières fêtes) de Villiers de l’Isle-Adam. Le Candidat par Gustave Flaubert, de Villiers de l’Isle-Adam, paraît aussi ici pour la première fois, dans le deuxième numéro. « Par-delà les légendes et leurs inévitables enjolivements, je ne connais pas, pour ma part, de plus remarquable témoignage de l’effervescence d’un milieu et d’un temps que les trois numéros de La Revue du Monde Nouveau, fondée par Charles Cros en 1874. Alors que la troisième page de couverture annonce le recueil poétique (Les Chansons perpétuelles) et l’ouvrage scientifique qu’il prépare (Mécanique cérébrale, première partie : " la Perception "), les différentes rubriques assemblent en gerbes des poèmes de Leconte de Lille, Banville, Germain Nouveau ou Charles Cros ; des poèmes en prose dont " Le démon de l’analogie " de Mallarmé ; des nouvelles de Daudet, de Zola (Villégiature), de Villiers de l’Isle-Adam (Le convive inconnu, repris dans Contes cruels) ; une gravure d’après Manet, illustrant un sonnet que Charles Cros dédie à Nina de Villard. Mais encore et toujours, de l’infatigable instigateur de toutes aventures : " L’alchimie moderne " (sur la fabrication des pierres précieuses) ; " La Science de l’amour " ou " L’Église des Totalistes " (qui paraît sans signature dans la section " bibliographie ") ». (D. Grojnowski, Charles Cros : un soldat d’avant-garde). La revue est illustrée de 4 gravures d’après les dessins de Manet (Une Parisienne), Préault (Jacques Cœur), Henri Cros (Madame Viole), et H. Rousseau (Mariano de Padilla). Edition originale rare de cette revue littéraire conservée telle que parue, dans ses brochures vertes imprimées.‎

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EUR6,900.00

‎RIMBAUD, Arthur.‎

Reference : LCS-18391

‎Les Illuminations. Notice par Paul Verlaine. "Les Illuminations" ont ouvert de nouveaux horizons à la littérature.‎

‎Bel exemplaire provenant de la bibliothèque Charles Hayoit. Paris, La Vogue, 1886. Grand in-8 de 103 pp. Relié en maroquin rouge décoré, plats ornés d’encadrements de filets dorés avec fleurons d’angles, dos à nerfs orné de fleurons dorés, encadrements intérieurs de filets dorés, doublures et gardes de soie moirée rose, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couvertures rouge saumon imprimées conservées. Reliure dans le genre de Huser, mais non signée. 221 x 137 mm.‎


‎« Édition originale très rare et très recherchée » (Clouzot, p. 135). Vicaire, 1134-1135. Elle ne fut tirée qu’à 200 exemplaires dont 30 sur papier du Japon. Exemplaire n°146, un des 170 sur Hollande. Les poèmes en prose de Rimbaud avaient été publiés une première fois dans les numéros de mai-juin 1886 de la revue La vogue avant d’être réunis dans cette plaquette en octobre 1886. «Le manuscrit autographe compte au total 44 illuminations; le musicien Charles de Sivry, beau-frère de Verlaine, le conserva jusqu’en 1886, puis le confia à Louis le Cardonnel qui le fit remettre à Gustave Kahn alors directeur de La Vogue.» (Dictionnaire des Œuvres). Gustave Kahn le publia avec les erreurs que l’on sait. Cette édition, certes fautive mais éperdument attachante, donne aussi les poèmes de Rimbaud écrits en 1872, ceux du «dégagement rêvé». En 1887, le critique et écrivain Félix Fénéon en souligna l'importance dans Le Symboliste, disant que ce texte était « en dehors de toute littérature et sans doute au-dessus ». La notice de Verlaine, en tête du volume, exprime son admiration : «A seize ans il avait écrit les plus beaux vers du monde (...). Il a maintenant dans les trente-deux ans, et voyage en Asie ou il s'occupe de travaux d'art. (...) On l'a dit mort plusieurs fois. » «Synthèse de l’œuvre rimbaldienne, ‘Les Illuminations’ ont ouvert de nouveaux horizons à la littérature, paraissant même frayer et épuiser d’avance les voies qu’elles impliquent. La ferveur de ce poète de dix-huit ans ressemble à celle d’un chercheur d’or trouvant la «veine» qui le sacre et justifie son existence; et ce qui frappe dans cette œuvre, tout à la gloire de l’adolescence, c’est sa fulgurance et son intensité». (Dictionnaire des Œuvres). Bel exemplaire provenant de la bibliothèque Charles Hayoit.‎

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EUR38,000.00

‎RONSARD, Pierre de.‎

Reference : LCS-18532

‎Continuation Du Discours des Miseres de ce Temps. A La Royne Par P. de Ronsard Vandomois. Cinq œuvres importantes et rarissimes de Pierre de Ronsard (1524-1585) réunies au XVIIIe siècle.‎

‎D’après Jean-Paul Barbier, Ma bibliothèque poétique, cet exemplaire réunissant cinq œuvres rarissimes de Pierre de Ronsard en reliure du XVIIIe siècle serait le seul connu. A Paris, chez Gabriel Buon, au clos Bruneau, à l’enseigne S. Claude, 1563. In-4 de 10 ff., signés A à B par 4 et C par 2. Soit: «A ma connaissance, cet exemplaire est le seul connu (voir Barbier, 4, n°45) d’un premier état de la seconde famille des éditions de 1563, qui se caractérise par: Le privilège au verso du feuillet 10 (et non au verso du titre). Un plus grand nombre de vers par page, de telle sorte que le texte se termine au recto du feuillet 10 et non au verso. Le décalage du début des strophes à droite» (Jean-Paul Barbier). Plein veau marbré, dos lisse richement orné, tranches rouges, coiffe supérieure restaurée. Reliure vers 1740. 214 x 133 mm.‎


‎Selon Jean-Paul Barbier, un seul exemplaire connu: le sien, «lavé, en reliure moderne, 205 mm de hauteur». Le présent exemplaire, le second connu «non lavé, en reliure ancienne, hauteur 214 mm». Premier état rarissime – de la secondefamille des éditions de 1563 de la «Continuation du Discours des Miseres de ce temps». «Cette édition de 1563 ne diffère de la première de 1562 que par la date» mentionne Tchemerzine. «Ces éditions originales renferment un certain nombre de vers que ne donne pas la collection des œuvres, imprimées en 1584 et depuis. Dans ces discours en vers, l’auteur retrace avec une énergique éloquence les maux que les calvinistes occasionnèrent à la France, sous la minorité de Charles IX; ce qui lui attira de la part des partisans de la réforme de violentes réponses» (Brunet). Dans la Continuation du Discours des Miseres de ce temps Ronsard monte au créneau pour défendre le parti catholique mais surtout l’unité de la France alors emportée dans la tourmente depuis le massacre de Vassy (1562). Adversaire de Théodore de Bèze, mais aussi critique des défaillances internes de l’église, Ronsard s’engage dans la lutte polémique, où il souffrit maints pamphlets. Mal à l’aise peut-être dans ces rivalités sans fin, mais forcé malgré lui de prêter sa plume au parti du roi, le poète produit conjointement ces épîtres politiques en vers et des poèmes à la nouvelle Genèvre. Le «poète royal» entre en action et procure ici 14 discours très variés, tous marqués d’une forte rhétorique délibérative, et d’un mélange de tons, noble et familier. Ronsard tour à tour morigène, exhorte, déplore, conseille et flatte ses lecteurs multiples en s’adressant à leur conscience pour les inviter à agir, c’est-à-dire, pour le poète, à respecter l’ordre ancien. - Suivi de: Ronsard, Pierre de. Institution pour l’Adolescence du Roy tres chrestien Charles Neuvième de ce nom. A Paris, chez Gabriel Buon, 1564. Seuls 4 exemplaires recensés par J.P. Barbier. 6 feuillets signés A par 4 et B par 2. Il y a 26 vers à la page courante, 16 vers à la première page de texte et 14 vers à la dernière page (dans les trois éditions de 1563, on avait 18 vers à la première page, ce qui retranchait deux vers à la dernière page, les pages courantes restant les mêmes. Il y a une réclame au verso du feuillet 4. «A ma connaissance, c’est la seule édition datée de 1564. J’en ai recensé quatre exemplaires: à Harvard, à la Bibliothèque nationale, à la Bibliothèque de l'Institut, et celui-ci (Barbier 4, n°19)». (Jean-Paul Barbier). L’exemplaire Barbier, l’un des quatre connus, est lavé, en reliure moderne, hauteur 205 mm; le présent exemplaire non lavé, en reliure ancienne, mesure 214 mm. Les conseils prodigués par le poète au roi de onze ans qu'il aima tant et dont la mort prématurée le laissa plus tard inconsolable s'inspirent largement d'une épître latine que le futur chancelier Michel de l'Hospital avait adressée au frère de Charles IX, François II, en 1559 («De sacra Francisci II. Galliarum regis initiatione... »), et de la traduction de cette épître par Joachim du Bellay («Discours sur le sacre du treschrestien Roy Françoys II... »). Bien que cette pièce soit rangée parmi les discours politiques du Vendômois (et bien qu'on y trouve le conseil de punir les séditieux), les querelles suscitées par la religion n'y sont guère évoquées. L'Institution fut composée à l'époque du Colloque raté de Poissy, en automne 1561. S'inscrivant dans la tradition des conseils prodigués par Erasme au jeune Charles-Quint et par Budé à François Ier, démarquant parfois mot pour mot les déclarations et mises en garde proférées par le bon L'Hospital, l'Institution, composée «en moraliste, non pas en pamphlétaire » (R. Aulotte, in Renaissance Studies in Honor of I. Silver : 37), ne contient pas d'idées puissamment originales. Mais le ton vigoureux qui caractérisera les Discours de 1562-1563, le sens de l'harmonie, la vivacité et l'élévation d'esprit du poète éclatent déjà dans le premier vers, où sont résumés tous conseils donnés plus loin : « Sire, ce n'est pas tout que d'estre Roy de France,... ». - Suivi de: Ronsard, Pierre de. Elegie de P. de Ronsard Vandomois, sur les troubles d’Amboise, 1560. A. G. des Autels Gentilhomme Charrolois. A Paris, chez Gabriel Buon, au clos Bruneau à l’enseigne S. Claude, 1563. Unique exemplaire répertorié. 6 feuillets, signés A par 4.et B par 2. Unique édition et seul exemplaire répertorié contenant 28 vers à la page pleine. L’édition originale rarissime de 1562 contient 27 vers à la page pleine. «L’élégie sur les troubles d’Amboise a paru pour la première fois dans l’édition collective de 1560 (tome III, Cinquième Livre des Poèmes, du f. 215 verso au feuillet 219 verso). C’est le premier des discours politiques de Ronsard, dont on constate la modération extrême. On sait qu’en 1560 le poète avait recommandé de s’opposer au péril que représentait la Réforme. Cet ennemi qui se trouvait alors partout dans la population, ce séditieux qui avait tenté un coup de main contre le château d’Amboise où résidait la famille royale, il fallait «par livres l’assaillir, par livres luy respondre». En 1562, alors que la guerre civile menace, le Vendômois fait réimprimer son poème en plaquette. Et il persiste à recommander l'usage des livres pour seuls moyens de répression. J’ai découvert l'exemplaire apparemment unique de cette version à la Bibliothèque Publique et Universitaire de Genève (Barbier 4, n°1). Mais le 1er mars 1562, l’échauffourée de Vassy met le feu aux poudres. Saisissant ce prétexte, les chefs protestants, bouclent leur cuirasse et le poète modifie son conseil. Le rebelle mérite un autre traitement; il faut «par armes l’assaillir, par armes lui respondre». C'est le texte que l'on trouve ici. C'est celui que le seul Buon réimprimera durant la première guerre de religion. L’exemplaire Jean-Paul Barbier mesure 206 mm, celui-ci 214 mm. - Suivi de: Ronsard, Pierre de. Remonstrance au peuple de France. A Paris, chez Gabriel Buon, au clos Bruneau à l’enseigne S. Claude, 1564. 16 feuillets signés A à D par 4. Il y a 28 vers à la page courante, 24 vers au f (I) v°, et 8 vers au f. 16 v°. Il y a des réclames au dernier feuillet des cahiers A, B et C. Le début des strophes est décalé à droite. Seule édition recensée à la date de 1564 (voir Barbier 4, n° 57). Elle est semblable à l’édition dont j’ai fait la « quatrième famille » des éditions de 1563, à cette différence que le début des strophes est décalé à droite, et non à gauche. La « quatrième famille » de 1563 se caractérise par la suppression du cahier E, composé de deux feuillets, le texte commençant désormais au verso du titre, et le privilège étant repoussé au verso du feuillet 16, où il est casé après la fin du poème. Par ailleurs, on y observe la correction du vers où Ronsard reproche à Condé d'avoir envoyé son frère Antoine de Navarre à la mort (voir Notice N°37, deuxième vers du f. 15 v°, reproduit). Ici, on lit cette version banalisée (f. 14 v°, vers 22, reproduit ci-dessus à droite) : « Vostre frere avant l'age au sepuichre envoyé... ». L’exemplaire Jean-Paul Barbier, lavé, en reliure moderne, mesure 205 mm; celui-ci, non lavé en reliure ancienne, mesure 214 mm. - Suivi de: Ronsard, Pierre de. Responce de P. de Ronsard Gentilhomme Vandomois, aux injures et calomnies, de ie ne sçay quels Predicans, & Ministres de Geneve. A Paris, Chez Gabriel Buon, au clos Bruneau, à l’enseigne S. Claude. 1563. 26 feuillets signés a à f par 4 et g par 2. Il y a 28 vers à la page courante, 16 au feuillet 3 v°. Il n'y a pas de réclame à la fin des cahiers. « D'après mes recherches (Barbier : 145SS.), il existe trois familles (chacune comportant des états différents) d'éditions de cet ouvrage données en 1563 par Buon, éditeur officiel choisi par Ronsard. Cet exemplaire appartient à la troisième famille. Brièvement on peut résumer la situation ainsi : a) première famille Il n'y a pas de manchette en marge du feuillet 12 r°, et on trouve au vers 16 du feuillet 22 r° : « Et plus vous mesprisés... » (pour : « m'espuisés »). Le deuxième état a pour titre de départ au feuillet 2 r° «Epistre », au lieu de « Epistre au lecteur ». Enfin, le poème « In laudem Ronsardi » ne se trouve pas au verso du feuillet 26 dans le premier état. b) deuxième famille Le dernier mot de la deuxième ligne du transport du privilège, au verso du feuillet I, est coupé ainsi : « calom- », alors que l'on trouvera « calomnies » dans la troisième famille. De même au feuillet 2 r° le dernier mot est « t'imprimer » («une marque» dans la troisième famille). Enfin, au feuillet 25 r° la dixième ligne se termine par « seul-» (« seule -» dans la troisième famille). c) troisième famille (J'y ai englobé l'édition de 1564, malgré quelques minuscules différences avec la dernière édition de 1563). On y trouve les différences signalées ci-dessus (description de la deuxième famille) et d'autres variantes orthographiques ou textuelles comme : « Or ce Dieu tout puissant... » au lieu de « Or ce Dieu tout parfait... » au vers 7 du feuillet 10 r° dans les éditions des première et deuxième familles. On doit aussi signaler la présence dans le Bulletin de la Librairie Morgand (VIII, 1898-1899, n° 33269) d'un exemplaire portant la date de 1562. Comme la mort du duc de Guise, à laquelle Ronsard se réfère, survint en 1563, on peut douter de l'exactitude d'une telle indication. Ce poème est l'avant-dernière apostrophe de Ronsard aux protestants, la dernière étant 1'Epître qui ouvre le Recueil des Nouvelles Poésies. Il répond ici à trois «petits livres » qui ont été « segrettement composez deux moys au paravant par quelques ministreaux... et depuis... imprimez à Orleans contre moy ». Je décris plus loin mon exemplaire du pamphlet protestant, effectivement divisé en trois parties, dont la première était signée A. Zamariel (pseudonyme d'Antoine de la Roche-Chandieu, Zamariel signifiant « chant de Dieu » en hébreu), tandis que les deuxième et troisième étaient l'œuvre d'un certain B. de Mont-Dieu, dans lequel il faut certainement voir Bernard de Montméja « ia » signifiant également « Dieu » dans la langue hébraïque. Ajoutons que Chandieu et Montmejà, dont l'opuscule s'intitulait : Response aux calomnies contenues au Discours et Suyte du Discours sur les Miseres de ce temps… entendaient se venger des attaques lancées par Ronsard contre leurs coreligionnaires dans les Discours des Misères de ce temps. Ce qui est remarquable dans la Réponse décrite ici, c'est le ton de dignité adopté par le poète. Après un début sarcastique après avoir réfuté les accusations portées contre sa personne, il transporte le débat sur le plan de l'histoire de la littérature avec une hauteur extraordinaire mais sans aucune morgue […]. Voilà qui témoigne déjà d'une personnalité exceptionnelle. Mais que dire de la manière dont le maître se défend de l'accusation de lasciveté portée, non sans quelques motifs, contre lui ? Un autre se serait embrouillé dans de fumeuses dénégations, tentant d'expliquer que sa tonsure ne lui interdisait pas d'écrire des vers amoureux, qu'il n'avait pas été ordonné prêtre malgré ses cures et ses abbayes, etc. Au contraire, avec la plus parfaite aisance et cette fraîcheur de ton qui marque tant de sonnets dédiés à Marie, notre poète explique simplement comment se passe une de ses journées... C'est un récit exquis, trop long à reproduire ici, malheureusement, mais que je compte au nombre de mes vers préférés. Je n'en donne qu'un échantillon : « Jayme à faire l'amour, j'ayme à parler aux femmes, A mettre par escrit mes amoureuses flammes, J'ayme le bal, la dance, et les masques aussi, La musicque et le luth, ennemis du souci. Puis quand la nuit brunette a rangé les estoilles Encourtinant le ciel et la terre de voilles, Sans soucy je me couche, et là levant les yeux, Et la bouche et le cueur vers la voute des cieux, Je fais mon oraison, priant la bonté haute De vouloir pardonner doucement à ma faute ». (f. 13 v°). L’exemplaire J.P. Barbier mesure 189 mm de hauteur, le présent exemplaire, 214 mm. Précieux et remarquable volume dans lequel un amateur de littérature précieuse réunit vers 1740 cinq œuvres de Pierre de Ronsard imprimées en 1563 et 1564 qui étaient déjà à l’époque d’une insigne rareté et dont Jean-Paul Barbier qualifie certaines «d’unique exemplaire connu». L’exemplaire relié vers 1740 est à grandes marges – une œuvre dépasse de 25 mm celle de J.P. Barbier - et non lavé – (rares taches et traces d’anciennes mouillures; déchirure marginale sans manque de texte aux deux derniers feuillets de la cinquième œuvre.)‎

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EUR10,000.00

‎ROSTAND, Edmond.‎

Reference : LCS-18581

‎Cyrano de Bergerac. Comédie héroïque en cinq actes en vers. Représentée à Paris, sur le Théâtre de la Porte Saint-Martin, le 28 décembre 1897. L’édition originale de Cyrano, l’un des 50 exemplaires de tête imprimés sur papier du Japon.‎

‎C’est l’œuvre la plus populaire du théâtre français de la fin du XIXe siècle. Paris, Charpentier et Fasquelle, 1898. In-8 de 225 pp. et (3) pp. bl. Bradel soie brodée verte à recouvrements, dos lisse, pièces de titre de maroquin havane, tête dorée (P. Goy & C. Vilaine). 193 x 134 mm.‎


‎Edition originale du chef d’œuvre de Rostand. Rahir, La Bibliothèque de l’amateur, 621; Bibliothèque de Backer, n°2502. «Comédie héroïque en cinq actes en vers, représentée à Paris, au Théâtre de la Porte Saint-Martin, le 28 décembre 1897». Précieux exemplaire, l’un des 50 de tête imprimés sur papier du Japon, non justifié. Le 28 décembre 1897, la comédie héroïque de Rostand devient le plus grand succès théâtral depuis Hernani. Un succès sans précédent : quarante rappels! La pièce sera jouée 400 fois jusqu’en 1900 et Coquelin, présenté à l’auteur l’année précédente par Sarah Bernhardt, reprendra le rôle jusqu’à sa mort, soit 950 fois. Rostand fut élu à l’Académie française en 1901 : il y est reçu à trente-trois ans, soit le plus jeune académicien d’alors. «C’est l’œuvre la plus populaire du théâtre français de la fin du XIXe siècle […] Du point de vue lyrique et dramatique, cette comédie est parfaite […] on ne peut qu’admirer sa qualité poétique, souple et étincelante, à travers laquelle se cristallise toute une tradition littéraire française qui va d’Honoré d’Urfé jusqu’à Dumas père et Richepin, en passant par Scarron et Regnard. Cyrano, le héros au grand nez et au cœur d’enfant, terrible spadassin et amant ingénu, est un personnage cher à l’esprit français et que chaque siècle a représenté sous une forme ou sous une autre. Il incarne ici, dans sa plénitude, le héros romantique du XIXè siècle». (Dictionnaire des Œuvres, II, p. 190). Très bel exemplaire de cette originale littéraire, conservé dans une jolie soie brodée à motif floral. Ex-dono manuscrit d'un conservateur du Musée de la Légion d'honneur daté 1926 sur une garde, annotation au crayon p. 135, tache sur 2 ff. de texte et 2 ff. de garde.‎

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EUR15,000.00

‎ROUMANILLE, Joseph.‎

Reference : LCS-17647

‎La Campano mountado. Pouèmo en sèt cant de J. Roumanille autour di Margarideto, di Sounjarello, di Capelan, etc. Édition originale de ce recueil de poésies en provençal par « le Père du Félibrige », Joseph Roumanille.‎

‎Précieux exemplaire de ce rare recueil de poésies provençales, conservé dans son élégante reliure de l’époque en demi-chagrin bleu nuit. En Avignoun, Enco de J. Roumanille, Libraire, 1857. In-12 de ix pp., (3) pp., 144 pp. Relié en demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs orné de filets dorés, pièce de titre de maroquin vert, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 172 x 106 mm.‎


‎Édition originale de ce recueil de poésies en provençal publié peu après la création du félibrige en 1854. C.-P. Julian et P. Fontan, Anthologie du Félibrige provençal, p. 12. Campano mountado (La Cloche montée, 1857) est un poème héroï-comique composé de sept chants « à la manière » du Lutrin à savoir: Sabòly, Lou Journau, Lou Diable, Moussu lou Curat, Vitòri, L’aigo-signado, La man que dardaio. « La Cloche montée est l'histoire très-plaisante, et très-poétique par moments, d'un certain sonneur de l'église Saint-Didier d'Avignon, brave homme passionné pour ses cloches et qui passe sa vie à recueillir de l'argent, sou par sou, de porte en porte, afin d'enrichir de notes nouvelles le carillon de son église. On devine ce qu'un tel cadre offrait d'occasions piquantes au peintre des mœurs avignonnaises. Cette fois M. Roumanille a lâché la bride à sa fantaisie comique ; soyez sûrs pourtant que les pensées élevées paraissent toujours à propos au milieu des plus vives bouffonneries. C'est là, je le sais bien, une peinture toute locale; le héros du poème vit encore, et chacun peut le rencontrer dans la rue : qu'importe? Cette joyeuse folie de M. Roumanille ne dépare pas l'aimable gravité de ses œuvres. » (Saint-René Taillandier. La Renaissance de la vie provençale, p. 251). Joseph Roumanille, né à Saint-Rémy-de-Provence en 1818 et mort à Avignon en 1891, est un poète français écrivant en provençal. « Il était l’ainé de sept enfants dans une famille de paysans aisés, milieu catholique où l’on conservait pieusement les traditions du terroir et l’usage de la langue provençale. Le jeune Joseph fit ses études au Collège du Tarascon, et fut ensuite maître d’études à Nyons, dans la Drôme, puis à Avignon où il eut parmi ses élèves Frédéric Mistral et Anselme Mathieu. Attiré de bonne heure par la langue de sa province, il publia un premier recueil de vers en provençal : ‘Les Pâquerettes’, en 1847. Après la Révolution de 1848 il collabora au journal légitimiste d’Avignon ‘La Commune’, dans lequel il publia des pamphlets dialogués où se manifeste un talent remarquable de prosateur et de polémiste ; la plupart de ces écrits ont été réunis dans ‘Lis Oubreto’ (1860). De plus, Roumanille sollicita la collaboration des jeunes poètes provençaux de l’époque, dont il accueillit et analysa les productions dans les colonnes de son feuilleton ; il réunit le tout en volume en 1852 sous le titre de ‘Les Provençales’ (Li Prouvençalo’). Dès lors, Roumanille fait figure de chef d’école : il établit, d’accord avec Mistral, les principes de l’orthographe nouvelle du provençal, qu’il énonce dans la préface de ‘La Part de Dieu’ (1852), et il participe à la fondation du Félibrige le 21 mai 1854 à Font-Ségugne, près d’Avignon, aux côtés de Mistral, Aubanel, A. Mathieu, Giera, Brunet et Tavan. Il était l’aîné des sept ; il avait préparé le mouvement par son œuvre et son action personnelle ; aussi mérite-t-il d’être surnommé le ‘Père du Félibrige’. » (Dictionnaire des auteurs, IV, 143). En 1855, Joseph Roumanille devient libraire-éditeur, en Avignon. Sa librairie, rue Saint-Agricol, devient un outil de la cause félibréenne. De nombreux autres ouvrages sortiront de cette maison d'édition devenue le foyer de la renaissance provençale, tels que « Mirèio » de Mistral et « Armana Prouvençau ». Précieux exemplaire de ce rare recueil de poésies provençales, conservé dans son élégante reliure de l’époque en demi-chagrin bleu nuit.‎

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EUR2,000.00

‎ROUMANILLE, Joseph et MISTRAL, Frédéric.‎

Reference : LCS-17235

‎Un liame de rasin countenènt lis obro de Castil-Blaze, Adoufe Dumas, Jan Reboul, Glaup e T. Poussel reculido e publicado pèr J. Roumanille e F. Mistral. Très rare édition originale de ce recueil de poèmes par cinq membres du Félibrige‎

‎Castil-Blaze, Adoufe Dumas, Jan Reboul, Paul Giéra et Toussaint Poussel. Avignon, J. Roumanille, 1865. In-12 de 263 pp., (1) p. Relié en demi-chagrin bordeaux, dos à nerf, non rogné, couvertures imprimées conservées. Reliure postérieure. 184 x 118 mm.‎


‎Edition originale de ce très rare recueil réunissant 74 poèmes par cinq membres importants du Félibrige : Castil-Blaze, Adoufe Dumas, Jan Reboul, Paul Giéra et Toussaint Poussel. Talvart 1890. Paul Giéra, dit Glaup, est un poète français de langue provençale, né et mort à Avignon. Il fut l'un des sept membres fondateurs du Félibrige avec Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan. Toussant Poussel était un médecin avignonnais membre du Félibrige. Très proche de Roumanille, il publia quelques textes et poèmes en provençal. Jean Reboul, né à Nîmes le 23 janvier 1796 et mort le 28 mai 1864, est un poète provençal. Il est l'auteur du célèbre L’Ange et l’enfant, paru en 1828. Parmi ses autres poésies, Le Dernier Jour fut de celles qui lui assurèrent une place honorable parmi les poètes français. Chateaubriand lui rendit visite à Nîmes et le félicita pour ses travaux. Lamartine, Alexandre Dumas et d'autres célébrités de l’époque comme Andersen vinrent aussi lui rendre visite. Jean Reboul était un actif protecteur des félibres. Né dans le département du Vaucluse, le 18 décembre 1805, Adolphe Dumas à vécu de l'autre côté de la Durance, à Cabannes, proche du pays Mistralien. Après avoir écrit de nombreux poèmes et plusieurs pièces, souvent retirées de l'affiche pour faire place à celles d'Alexandre Dumas, il se fait nommer le 14 juin 1855 pour "recueillir les poésies populaires de nos provinces régionales". En février 1856 il rencontre Frédéric Mistral à Maillance. En août 1858 il le présente à Lamartine, dont il est le secrétaire; Cela lui vaudra d'être nommé « le père des félibres ». Ami de Frédéric Mistral, Il fut, par beaucoup, considéré comme le « père des félibres ». « Quant à vous, vous savez ce qu’il en est de nous: vous êtes le père des Félibres. Nous vous aimons à outrance. » (Lettre de Frédéric Mistral à Adolphe Dumas, 28 décembre 1859). Castil-Blaze, de son vrai nom Joseph Blaze est né à Cavaillon le 1er décembre 1784. Chroniqueur musical et compositeur exilé à Paris, Castil-Blaze n'a jamais oublié sa Provence natale et fut, comme Adolphe Dumas - lui aussi exilé à la capitale - un porte drapeau de la langue provençale de laquelle il était si fier. La majorité de son œuvre a principalement été publiée après sa mort, par ses amis félibres. Ce sont Roumanille et Mistral, deux autres félibres, qui rassemblent et publient ces poèmes à Avignon en 1865. Ils dédient le recueil à la comtesse Maria Lamsdorff (1835-1866). L’ouvrage est composé de cinq parties rassemblant 74 poèmes de ces cinq auteurs provençaux: · De Paul Giéra : Li galejado, A bigand, Li mau partejado, Li mau parteja, Trefoulimen, ... · De Toussaint Poussel : Lis avignounenco, Lou guerbe-fio, L’aigo-boulido, Janeto, La campano d’argent, Margarido, ... · De Jan Reboul : A moun ami M. G. de Labaumo, Meste Matieu, ... · De Castil-Blaze : Lou renaire, L’amo danad, La liouno dou ventour, Liso, Lou Vioulounaire, Lou Vin de tavèu, Li Pipaire, Cansoun d’ibrougno, Revihet, Tasten-Lou, L’Ome prepauso, Moun Espitau, A l’asard, bautezar, Lou Grand bal, A Benedit, Er d’intrado de Figaro, La Calounnio, Madaleno, A Margarido, Lou Luberoun, Lou Musician, · D’Adoufe Dumas : Mi regret de Prouvenco, A Roumanillo em’a Mistral, mi bons ami,Retournarai, Souveni, Oumèro, Lauro, Bono Annado, A Napoleon III, A Moussu brun, A Noste Sant Paire, A mi bravi Felibre, Nouvé, Lou cavaire, Lou mau dou pais, ... Bon exemplaire de ce très rare recueil de poésies provençales, relié avec les couvertures conservées. Localisation des exemplaires : 4 seulement dans les Institutions publiques françaises.‎

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EUR2,000.00

‎SADE, Donatien-Alphonse-François comte, dit marquis de.‎

Reference : LCS-18043

‎Aline et Valcour, ou le roman philosophique. Ecrit à la Bastille un an avant la Révolution de France. Orné de seize gravures. Edition originale d’une insigne rareté, de l’un des ouvrages les plus célèbres du marquis de Sade, paru pendant la révolution.‎

‎« Sade entend faire d’’Aline et Valcour’ son chef-d’œuvre ». (Gilbert Lely). Paris, chez la Veuve Girouard, 1795. 4 tomes en 8 volumes in-12 de : I/ (1) f.bl., xiv pp., 150 pp., 2 gravures hors-texte ; II/ (2) ff., pp. 151 à 315, 2 gravures hors-texte ; III/ (2) ff., 234 pp., (1) f. d’errata, 3 gravures hors-texte ; IV/ (2) ff., pp. 261 à 503 (saut de pages sans manque de la p. 234 à 261), (1) f. d’errata, 1 gravure hors-texte, 8 ff. brunis ; V/ (2) ff., pp. 5 à 267, 1 gravure hors texte, pte. restauration à l’angle inf. de la p. 141, pt. trou p. 219 ; VI/ (2) ff., pp. 269 à 575, 2 gravures, pte. brûlure p. 291, défaut d’impression à la p. 563 ; VII/ (2) ff., 204 pp., 2 gravures hors-texte, défaut de papier p. 143 ; VIII/ (2) ff., pp. 206 à 374, 2 gravures hors-texte. Qq. rares rousseurs pâles ou brunissures. Soit un total de 15 gravures sur 16 (comme dans la plupart des exemplaires la planche libre du tome 3 fait défaut). Demi-veau blond, dos lisses ornés de filets dorés, tranches peigne. Petite galerie de vers aux mors des vol. 1, 4 et 5. Reliure du XIXe siècle signée de Raparlier. 123 x 77 mm.‎


‎Édition originale d’une insigne rareté, de l’un des ouvrages les plus célèbres du marquis de Sade (1740-1814), paru pendant la révolution. Ce roman philosophique est l’un des plus grands du XVIIIe siècle « à côté de ses modèles ‘Cleveland’ et ‘La Nouvelle Héloïse’, mais aussi ‘Candide’ et ‘Jacques Le fataliste’ » (Michel Delon, Pléiade). Homme de lettres, romancier, philosophe et homme politique français, longtemps voué à l'anathème en raison de la part accordée dans son œuvre à l'érotisme et à la pornographie, le « divin marquis » aura légué à la postérité les mots dérivés de son nom. L'expression d'un athéisme anticlérical virulent est l'un des thèmes les plus récurrents de ses écrits et la cause de leurs mises à l'index. Sade a écrit Aline et Valcour de 1786 à 1789, alors qu’il était incarcéré à la Bastille. Ce roman est le premier de ses ouvrages à avoir été publiés sous son vrai nom. Le roman paraitra finalement en 1795, au prix de la persévérance de son auteur et modifié au gré des événements qu'on pourrait définir, dans le cas de Sade, comme le désir de plaire à un public en satisfaisant par ses corrections les autorités. « ‘Fruit de plusieurs années de veilles’, le roman d’Aline et Valcour a pu être composé, parallèlement à d’autres écrits de moindre envergure, entre le 28 novembre 1785, date de l’achèvement du rouleau de ‘Sodome’, et l’époque du 1er octobre 1788 où, dans le ‘Catalogue raisonné’ de ses ouvrages, l’auteur a mentionné un tel roman, soit qu’il ne fût encore qu’à l’état de brouillon corrigé, soit que les ‘beaux cahiers’ du captif en eussent déjà reçu le texte mis au net. Les deux cas justifient également le millésime de 1788 que Sade a cru devoir noter pour l’édification de ses lecteurs, en ajoutant sous le titre d’’Aline et Valcour’ : ‘Ecrit à la Bastille un an avant la Révolution de France’… C’est seulement en août 1795 que Sade aura la joie de serrer dans sa bibliothèque, à côté de ‘Justine’ qui les y attendait depuis quatre années, les élégants petits volumes ‘d’Aline et Valcour’. Les quatre tomes d’’Aline et Valcour ou le Roman philosophique’, comprenant chacun deux parties, se présentent en huit volumes, reliés parfois en six et mesurant environ huit centimètres sur treize. Il en existe théoriquement trois éditions, mais qui proviennent du même tirage, commencé en 1791, interrompu en 1794 par le meurtre légal de Girouard, repris et achevé en 1795. Ces trois éditions, selon toutes apparences, mises en vente simultanément, ne diffèrent entre elles que par le contenu des pages de titre – dont l’une notamment est encore datée de 1793 : les autres ont été refaites – et par le nombre des eaux-fortes qui, de quatorze dans les éditions A et B, passent à seize dans l’édition C. Ajoutons que les trois versions de la page de titre se trouvent parfois représentées au hasard des huit parties d’un seul et même exemplaire… ‘Sade entend faire d’’Aline et Valcour’, a écrit M. Jean Fabre dans une récente préface, non pas son œuvre la plus secrète ou la plus forte, mais son chef-d’œuvre, avec tout le soin, le poli et l’équilibre qu’implique ce terme. Il pensait confondre ses persécuteurs, ridiculiser ses détracteurs, en se révélant au plus large public comme le dernier en date, mais l’égal de tous ceux qu’il admirait, philosophes et romanciers dont il avait recueilli l’héritage, pour en tirer ce qu’on y pouvait trouver de plus positif, de plus capiteux et de meilleur »… Si les syllabes maudites du nom de son auteur n’eussent détourné d’un tel ouvrage la critique universitaire, le roman d’’Aline et Valcour’ – d’une langue toujours décente, en dépit de la hardiesse des passions – serait inscrit depuis longtemps au nombre de ces fictions universelles qui, pareilles au ‘Décaméron’, à ‘Don Quichotte’ et à ‘Gulliver’, ont ouvert de nouvelles demeures à l’imagination des hommes. » (Gilbert Lely, Sade : Etudes sur sa vie et son œuvre). « Publié en 1795 et réédité enfin en 1956, cet ouvrage, parmi tous ceux de Sade, est celui qui devrait devenir le plus rapidement classique, car, si les situations y sont osées, le style en est toujours ‘moral’. Il s’agit d’un roman par lettres qui nous raconte parallèlement deux histoires distinctes n’ayant pour liens que la parenté des personnages. Un père débauché, le président de Blamont, pour abuser de sa fille, Aline, veut la marier au financier Dolbourg, libertin de ses amis […] A ce premier récit se mêle l’histoire de Lénore et de son ‘amant’, Sainville. Des pirates ont enlevé Lénore et tandis que, de pays en pays, elle déjoue les ruses des libertins qui la convoitent, Sainville la recherche à travers le monde. Il s’agit au fond de deux romans dans le roman qui contiennent peut-être les plus belles pages que nous ait léguées la littérature du XVIIIe siècle. Les œuvres de J.-J. Rousseau pâlissent à côté de la description de l’Île de Tamoé, description qui nous livre, par la bouche de Zamé, le roi de l’île, le message ‘socialiste’ de Sade. Au milieu d’une œuvre où toutes les ‘ténèbres’ ont été rassemblées pour cerner absolument les frontières du mal et de la solitude naît ici une étrange éclaircie qui dicte cet étonnant désir : ‘… travailler à réunir autour de moi la plus grande somme de bonheur possible, en commençant à faire celui des autres’ ». (Dictionnaire des Œuvres, I, 85). Exemplaire de l'émission C, avec la mention de « Seize gravures » sur le titre, parue simultanément aux émissions A et B. Le présent tirage est illustré de 15 gravures, soit une de plus que dans les deux autres tirages publiés simultanément. Comme dans la plupart des exemplaires, la planche libre du tome III -cinquieme partie- fait ici défaut (comme dans les exemplaires de la B.n.F. - Rés. P. Y2 1496- , dans celui de la bibliotheque Gerard Nordmann – n°366 - ou celui de la bibliotheque Jean Bonna – n°153). Bel exemplaire homogène de cette édition originale rare et recherchée, avec les titres de chaque partie annonçant les seize illustrations, conservé dans ses élégantes reliures en demi-veau blond. Un nombre très limité d'exemplaires sont conservés dans les collections publiques; ils sont le plus souvent incomplets. De même, il en existe fort peu en mains privées. Le dernier exemplaire de cette édition originale passé sur le marché public s’est vendu 56 394 € le 8 novembre 2016 (Drouot, La Bibliothèque de Pierre Bergé, décrit ainsi au catalogue : « La reliure de l’époque a été habilement restaurée aux coiffes et aux coins; le papier est, comme presque toujours, uniformément bruni. La planche libre fait défaut comme dans la plupart des exemplaires. »). Un exemplaire en reliure moderne, incomplet du faux-titre de la 6e partie, fut vendu 41 250 € le 21 novembre 2012 (chez Pierre Bergé). (Il était décrit ainsi : « Comme dans la plupart des exemplaires, la planche libre du tome III manque ici. Comportant des rousseurs éparses. Quelques restaurations de papier: faux-titre double et restauration en marge d'une planche de la 1ere partie, en marge du faux-titre de la 3eme partie, au feuillet 264 de la 4eme partie et marge refaite à l'errata de cette même partie. Quelques petites éraflures aux reliures ».)‎

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Littérature - Librairie Camille Sourget
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