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‎CHAR (René)‎

Reference : 32164

(1946)

‎Feuillets d'Hypnos.‎

‎ Exemplaire André Breton avec envoi Paris, Gallimard, coll. «Espoir», (20 avril) 1946. 1 vol. (115 x 175 mm) de 97 p. et [3] f. Demi-maroquin rouge, plat en liège, titre doré, contreplats et gardes assortis, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure signée de Lobstein). Édition originale. Envoi signé : «à André Breton, pour le temps qu'il nous reste à vivre, orageux et clair, affectueusement, René Char». Un portrait de René Char est joint au volume, légendé au dos « 1944 - photo Irisson - Isle/Sorgue ». Il représente le poète en habit du « capitaine Alexandre », à la Libération, de face. Il est joint également le prière d'insérer. ‎


‎Ce « témoignage d'actualité », au sortir de la clandestinité, constitue l'un des textes décisifs de 1946 et, pour Char, le maître-livre de l'après-guerre : 237 fragments d'une grande densité qui forment autant une chronologie du maquis qu'un constat d'impuissance « dérisoire » de la poésie comme instrument politique. Précieux exemplaire adressé à André Breton, en des termes d'une intensité presque programmatique sinon indécise («orageux et clair»), qui constitue - à notre connaissance - l'unique envoi d'après-guerre à l'ancien compagnon surréaliste et probablement l'une des plus belles provenances qui soient, avec celles d'Albert Camus et de Paul Éluard, l'autre ami du surréalisme. La bibliothèque de Breton comptait plusieurs titres de Char dédicacés, la plupart datant de la première époque surréaliste : Arsenal (1929), « à André Breton, dans cette île des pas perdus, qu'il découvre. Avec toute mon affection, avec toute ma confiance, René Char » ; Arsenal (1930), « à André Breton, que j'admire. Très amicalement, René Char » ; Ralentir travaux (Kra, 1930) avec double envoi d'Éluard et de Char ; Dehors la nuit est gouvernée (G.L.M., 1938), avec envoi ; Poème écrit par les quatre frères Roux (G.L.M., 1939) avec envoi du préfacier qu'est Char ; et enfin le volume des Poètes d'aujourd'hui (Seghers, 1961) « avec la fidèle pensée de René Char » - seule dédicace avec cet Hypnos d'après-guerre. En retour, Breton adressa à Char plusieurs titres, tous dédicacés : l'emblématique Nadja, relié par Paul Bonet, mais aussi Introduction au discours sur le peu de réalité, le Second Manifeste du surréalisme, L'Immaculée Conception, Les Vases communicants, Qu'est-ce que le surréalisme ? et le dernier texte écrit par Breton depuis la France, Fata Morgana, publié à Buenos Aires en 1942. Des textes - hormis ce dernier - offerts à René Char dans les temps premiers de leur rencontre, au tournant des années 30, après Arsenal : « c'est désormais avec les hommes qui ont nom Paul Éluard, André Breton, Louis Aragon, que se traduiront mes efforts » ; Char cosignera, avec les deux premiers, Ralentir travaux avant de se détacher finalement du mouvement en 1934 sans totalement rompre en contribuant encore à quelques tracts ; en 1947, il refusera l'exposition sur le surréalisme en saluant néanmoins « un grand moment de sa vie qui ne connut jamais d'adieu». Feuillets d'Hypnos est offert au retour de Breton des États-Unis, lequel a lieu le 25 mai 1946. Des retrouvailles en trompe l'oeil : la fidélité à un passé commun conduit Char à afficher son estime pour Breton, qu'il affirmera encore davantage l'année suivante dans La Lettre hors commerce en se rangeant aux côtés de ce dernier lorsque le jeune mouvement surréaliste révolutionnaire de Christian Dotremont et Noël Arnaud, auquel Char s'est intéressé dans un premier temps, s'en prend à Breton. Si un même refus du stalinisme rapproche les deux hommes, des divergences vont conduire à la rupture : c'est essentiellement l'expérience de la guerre qui a irrémédiablement creusé la distance de Char avec un mouvement surréaliste dont le pouvoir d'action lui apparaît dérisoirement littéraire face aux dangers de l'Histoire. C'est encore ce reproche d'irresponsabilité qui surgira dans la bouche de Char pour désavouer Breton dans la querelle de L'Homme révolté. «En publiant Seuls demeurent en 1945 puis Feuillets d'Hypnos en 1946, Char apparaît au grand jour comme un poète dégagé de la tutelle surréaliste. Mais son émancipation ne signifie en aucun cas un reniement : le surréalisme reste le cadre à partir duquel se comprend la trajectoire de Char, et c'est bien dans cette filiation que le situe généralement la critique de l'époque, fût-ce pour souligner l'écart ou le progrès accomplis par le poète (…) Aussi assiste-t-on, jusqu'en 1948, à des retrouvailles ponctuelles entre Char et le mouvement. Le poète intervient non seulement dans différentes revues surréalistes ou surréalisantes nées au lendemain de la Libération, mais aussi dans les polémiques qui opposent le groupe de Breton aux tendances qui, comme le surréalisme révolutionnaire, tendent au rapprochement avec le communisme : on voit alors Char, malgré des hésitations ou des agacements, conserver à Breton une fidélité et une estime héritées de leur passé commun. Pourtant leur reconnaissance mutuelle ne doit pas cacher le fossé qui s'est creusé entre eux depuis la guerre, et qui ne fera que s'accentuer au fil des années, jusqu'à la querelle de L'Homme révolté en 1951-1952, qui verra Char prendre clairement le parti de Camus contre celui de Breton. Signe que l'éloignement accompli avec Moulin premier en 1936 s'est mué, quinze ans plus tard, en une véritable coupure.» (Olivier Belin, René Char et le Surréalisme, Garnier, 2011, p. 489). Précieux exemplaire. ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 26846

(1928)

‎Les Cloches sur le coeur.‎

‎ Exemplaire Armel Ferrand, avec poèmes autographes Paris, Le Rouge et le Noir, (20 février) 1928. 1 vol. (125 x 165 mm) de 63 p. et [4] f. Demi-bradel rouge à bandes, titre doré en long, tête dorée, étui bordé (reliure signée de Clara Gevaert - Claude Ribal). Édition originale. Illustrée de trois compositions à pleine page de Louis Serrière-Renoux. Un des 150 exemplaires sur papier vergé, seul tirage avec trois exemplaires sur Lafuma (n° 89). Envoi signé: «Pour mon ami Armel Ferrand, ces cloches de quatre saisons (sentimentales, sensuelles, lasses et sanguinaires) en sympathie toute amicale de René E. Char. Nîmes, 30 juillet 28». Montée en tête, une lettre autographe signée adressée à Armel Ferrand, envoyée avec l'exemplaire (1 page en 1 f. plié 100 x 135 mm) ainsi que deux poèmes manuscrits, 2 p. en 1 f. (135 x 195 mm) et 1 p. en 1 f. (160 x 160 mm). Il s'agit des poèmes «Sonatine», daté de novembre 1927, et celui des «Parallèles du coeur», sans doute. Ils sont de premiers jets, sur papier quadrillé ; les deux manuscrits sont placés en regard des poèmes imprimés. ‎


‎Imprimé à 153 exemplaires seulement, ce recueil est d'une grande rareté : René Char en détruira la quasi-totalité, désavouant cette production de jeunesse : « son titre me devint rapidement haïssable ; mais à vrai dire, derrière ce titre, c'étaient des poèmes dont je n'étais guère fier ». Le sort de ces trente-huit poèmes, écrits entre 1925 et 1927, poème de jeunesse composés entre sa dix-huitième et sa vingtième année est singulier et rude : Char ne l'évoquera plus dans sa bibliographie qu'il fera par la suite ensuite débuter avec Arsenal ! Les manuscrits de René Char de cette époque sont rarissimes et il n'existe pas de manuscrits de ce recueil - le premier de René Char - et les quelques manuscrits connus des poèmes ont été dispersés au gré des volumes. C'est à Nîmes, où René Char effectue, depuis 1927 et pour dix-huit mois, son service militaire dans le régiment d'artillerie, qu'il s'attelle à la composition du recueil. Il termine sa mise en forme à l'automne 1927 ; l'édition, à compte d'auteur, est assurée par une petite maison d'édition parisienne, qui publie une revue littéraire, Le Rouge et le Noir à laquelle Char a collaboré régulièrement entre 1925 et 1927 - l'un des poèmes des Cloches « Ravage de la Lune » y a d'ailleurs déjà paru et Char dédiera le poème « Sonatine », l'un des derniers composés (ici avec son manuscrit) à son directeur Henri Lamblin. Les volumes, imprimés sur « les presses d'Albert de Mallortie, maître-imprimeur à Roubaix », lui sont livrés en mai 1928 à Nîmes. L'édition est illustrée de 3 dessins à pleine page de Louis Serrières-Renoux, géomètre et momentanément artilleur à Nîmes, dans le même régiment de Char. Serrières-Renoux sera aussi le créateur de la couverture de l'éphémère revue Méridiens revue fondée par René Char en 1929 et qui ne connaître que 3 numéros. Les exemplaires des Cloches sur le coeur sont significatifs de l'entourage intellectuel du jeune René Char : ceux des poètes qui comme lui participent aux petites revues littéraires de l'époque. Parmi ce premier cercle poétique et amical, Armel Ferrand, qui reçoit son exemplaire avec une lettre d'importance tant elle situe le René Char de cette première époque : « Mon cher Armel, je t'envoie mes Cloches. Elles furent souvent d'amertume façonnées qu'elles sont au ventre des batailles, cette amertume même nous ne l'épuiserons jamais : nous sommes trop lâches et nous complaisons dans le mal que nous faisons égoïstement nôtre. Je souhaite de tout mon coeur qu'elles te plaisent et s'il s'en dégage un quelconque apaisement je serai comblé. À toi affectueusement. R. E. Char. » Char n'en offrira ainsi que quelques exemplaires : Jean Gleizes (Nîmes, mai 1928), Lucien Franchi (Marseille, 1928) ; Maurice Courtois-Suffit (Nîmes, mai 1928) ; Michel Rousselot (non situé, 1928, avec le manuscrit du poème « Pour une vierge », le dernier du recueil), Julien Lanoë (non situé, juin 1928) et André Cayatte (Nîmes, mai 1928) ; une seule dédicace est connue à un poète 'installé', celle à Jules Supervielle (Nîmes, mai 1928). Il offrira, plus tardivement, trois autres exemplaires : à Yves et Jeannette Tanguy (en 1946) ; à Paul Éluard (en 1947) et à Yves Breton (en 1951). Provenance : bibliothèque d'Armel Ferrand (ex-libris dessiné, en regard de la citation de William Blake). ‎

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EUR9,000.00 (€9,000.00 )

‎CHAR (René)‎

Reference : 18408

(1930)

‎Artine.‎

‎ Exemplaire Georges Hugnet puis Bernard Loliée, sous coffret Julie Nadot Paris, Éditions Surréalistes, chez José Corti, (25 novembre) 1930. 1 vol. (185 x 235 mm) de [44] p. Broché, sous emboîtage de Julie Nadot. Édition originale. Un des 185 exemplaires sur papier Ingres rose (n° 185). Envoi signé : « à Georges Hugnet… Quand le poème se sépare du poète… pour un autre poète avec les amitiés de René Char ». ‎


‎Paul Éluard et René Char se rencontrent à l'automne 1929 et, en plaisantant, René Char avait déclaré à Éluard que sa poésie était trop élégiaque et qu'il était le Lamartine du Surréalisme, un «Lamartine sans lame» : le nom d'Artine était trouvé et Char nommera ainsi le recueil qu'il est alors en train de préparer. Rédigé par René Char avec la collaboration d'André Breton et de Paul Éluard, le prière d'insérer s'ouvre sur cette exclamation « Femmes qu'on ne voit pas, attention ! », parue dans un journal parisien sous forme de petite annonce qui fit son petit effet puisque, le soir même, deux jeunes femmes se présentèrent chez René Char... Artine, femme rêvée ou plutôt femme de rêve éveillé, cheminera dans l'oeuvre de Char, à nouveau nommée dans Ralentir travaux, La Parole en archipel ou Sous ma casquette amarante : une superposition de deux figures, celle « d'une jeune femme morte noyée, Lola Abba» et celle «d'une jeune fille que j'avais rencontrée trois ou quatre ans auparavant, sur la pelouse d'un hippodrome, lieu fascinant entre tous, que je fréquentais comme une terre magnétique » (René Char, Sous ma casquette amarante). Les rapports entre les deux titres sont à l'évidence multiples et ces coïncidences, une manne pour les surréalistes qu'ils étaient alors. Artine marque le rapprochement, déterminant, entre Char, Breton et Éluard, auquel venait d'être dédié Arsenal. Char fera à ce dernier le plus beau des cadeaux une fois le texte publié : il lui offrira le manuscrit d'Artine, rédigé sur papier jaune. Éluard le conservera jusqu'à sa mort, avant que René Char ne le récupère et ne le garde longtemps aux Busclats. Très bel exemplaire, de remarquable provenance. Il est complet de son prière d'insérer. Il provient de la collection Régine et Bernard Loliée (Sotheby's, avril 2016, lot 134). PAB, Bibliographie des Œuvres de René Char, n° 4, p. 15. ; Sebbag, Les éditions surréalistes, 17. ‎

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EUR2,400.00 (€2,400.00 )

‎CHAR (René)‎

Reference : 27553

(1928)

‎Les Cloches sur le coeur.‎

‎ Exemplaire Michel Rousselot, avec poème autographe Paris, Le Rouge et le Noir, (20 février) 1928. 1 vol. (130 x 165 mm) de 63 p. et [4] f. Maroquin taupe, dos lisse, titre doré, tête dorée, couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signée de Clara Gevaert, titrage de Claude Ribal). Édition originale. Illustrée de trois compositions à pleine page de Louis Serrière-Renoux. Un des 150 exemplaires sur papier vergé, seul tirage avec trois exemplaires sur Lafuma (n° 61). Envoi signé : « À Michel Rousselot, homme de sac et de corde, d’une main sûre pour qu’il colle à la balle. Son ami, René Char ». Précieux exemplaire enrichi du manuscrit autographe du dernier poème du recueil, « pour une vierge », signé et daté du 10 octobre 1927, soit l'un des derniers composés à l'automne avant la composition définitive.‎


‎Imprimé à 153 exemplaires seulement, ce recueil est d'une grande rareté : René Char en détruira la quasi-totalité, désavouant cette production de jeunesse : « son titre me devint rapidement haïssable ; mais à vrai dire, derrière ce titre, c'étaient des poèmes dont je n'étais guère fier ». Le sort de ces trente-huit poèmes, écrits entre 1925 et 1927, poème de jeunesse composés entre sa dix-huitième et sa vingtième année est singulier et rude : Char ne l'évoquera plus dans sa bibliographie qu'il fera par la suite ensuite débuter avec Arsenal ! Les manuscrits de René Char de cette époque sont rarissimes et il n'existe pas de manuscrits de ce recueil - le premier de René Char - et les quelques manuscrits connus des poèmes ont été dispersés au gré des volumes. C'est à Nîmes, où René Char effectue, depuis 1927 et pour dix-huit mois, son service militaire dans le régiment d'artillerie, qu'il s'attelle à la composition du recueil. Il termine sa mise en forme à l'automne 1927 ; l'édition, à compte d'auteur, est assurée par une petite maison d'édition parisienne, qui publie une revue littéraire, Le Rouge et le Noir à laquelle Char a collaboré régulièrement entre 1925 et 1927 - l'un des poèmes des Cloches « Ravage de la Lune » y a d'ailleurs déjà paru et Char dédiera le poème « Sonatine », l'un des derniers composés à son directeur Henri Lamblin. Les volumes, imprimés sur « les presses d'Albert de Mallortie, maître-imprimeur à Roubaix », lui sont livrés en mai 1928 à Nîmes. L'édition est illustrée de 3 dessins à pleine page de Louis Serrières-Renoux, géomètre et momentanément artilleur à Nîmes, dans le même régiment de Char. Serrières-Renoux sera aussi le créateur de la couverture de l'éphémère revue Méridiens revue fondée par René Char en 1929 et qui ne connaître que 3 numéros. Les exemplaires des Cloches sur le coeur sont significatifs de l'entourage intellectuel du jeune René Char : ceux des poètes qui comme lui participent aux petites revues littéraires de l'époque : à Jean Gleizes (Nîmes, mai 1928), Lucien Franchi (Marseille, 1928) ; Maurice Courtois-Suffit (Nîmes, mai 1928) ; André Cayatte (Nîmes, mai 1928) ; Julien Lanoë (non situé, juin 1928) et Armel Ferrand (Nîmes, juillet 1928, avec deux manuscrits de poèmes poème) ; une seule dédicace est connue à un poète 'installé', celle à Jules Supervielle (Nîmes, mai 1928). Il offrira, plus tardivement, trois autres exemplaires : à Yves et Jeannette Tanguy (en 1946) ; à Paul Éluard (en 1947) et à Yves Breton (en 1951). Très bel exemplaire, enrichi d'une des pièces autographes les plus anciennes de René Char. ‎

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EUR7,000.00 (€7,000.00 )

‎CHAR (René)‎

Reference : 29120

(1945)

‎Seuls demeurent.‎

‎ Envoi signé au couple Zervos Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (185 x 230 mm) de 90 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 387). Envoi signé : « à Yvonne et à Christian Zervos, dont la Rencontre et l’amitié ajoutent une page à ce livre et un sens à son titre. De tout coeur leur ami. René Char ». ‎


‎C'est vraisemblablement par l'entremise de Paul Éluard que René Char rencontre le couple Zervos, à l'époque où les membres du mouvement surréaliste écrivent dans les Cahiers d'art de Christian Zervos. La première relation avérée remonte au moment où l'éditeur galériste obtient de Kandisky (qu'il a aidé à venir en France) une pointe-sèche pour orner en 1933 le tirage de tête du Marteau sans maître. Char ne contribuera réellement aux Cahiers d'art qu'en 1937 avec « Dehors la nuit est gouvernée ». La guerre, ensuite, les sépare. Yvonne et Christian Zervos - déchu en 1941 par le régime de Vichy de la nationalité française acquise en 1927 - se réfugient dans la ferme de La Goulotte, près de Vézelay, tandis qu'ils mettent l'appartement parisien du 40 de la rue du Bac où ils vivent depuis 1938 à la disposition de Paul et Nusch Éluard : nombre de tracts clandestins y seront imprimés dans le sous-sol. René Char, lui, ne quitte pas la Provence, sinon pour l'Afrique du Nord pendant l'été 1944 pour la préparation du débarquement de Provence. Char retrouvera les Zervos après la Libération : il n'est pas encore démobilisé qu'il devient un hôte régulier de la rue du Bac, que les Zervos réintègrent en février 1945. C'est à ce moment-là que paraît Seuls demeurent : la dédicace portée sur l'exemplaire qu'il leur offre garde l'empreinte de ce nouveau départ et de l'amitié indéfectible qui se nouera par la suite puisque, l'année suivante, Char invite les Zervos à Céreste, avant que le couple s'installe au Thor, près de l'Isle-sur-la-Sorgue, où ils préparent une importante exposition au Palais des papes d'Avignon pour laquelle Jean Vilar, sollicité par Char, leur proposera trois créations théâtrales : c'est la naissance du festival d'Avignon. « De la fin des années 40 aux années 60, Char séjourna régulièrement à La Goulotte, dont il appréciait le calme et l'environnement naturel propice à la marche comme le montre sa correspondance postée depuis Vézelay. Le 16 mai 1948, il tient à indiquer le lieu et la date au bas des deux poèmes qu'il vient d'y écrire : «Un oiseau...» et «Pénombre» [qui seront publiés dans Fureur et mystère]. Après la vente de sa propriété familiale des Névons (à L'Isle-sur-Sorgue), Char n'a plus de maison et passe les étés suivants avec Yvonne Zervos, soit dans l'Eure, soit à Vézelay » (Christian Limousin, La Maison Zervos à Vézelay, 2019). C'est à La Goulotte que Char rédigera le poème « L'une et l'autre », qu'il enverra à PAB pour en donner une édition minuscule, qui sera faite en septembre 1957. Les Zervos seront parmi les premiers invités de Char lorsque le poète achètera en 1960 les Busclats pour en faire sa nouvelle et dernière demeure provençale. ‎

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EUR3,000.00 (€3,000.00 )

‎CHAR (René)‎

Reference : 31620

(1934)

‎Le Marteau sans maître.‎

‎ Exemplaire Georges Bataille : la plus ancienne dédicace connue de l'un à l'autre. Paris, Éditions Surréalistes, (20 juillet) 1934. 1 vol. (140 x 190 mm) de 142 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : «à Georges Bataille “ Le rêveur embaumé sans sa camisole de force” R. Char». Bandeau éditeur et prière d'insérer conservés - rédigé par Tristan Tzara. ‎


‎Jusqu'alors, Seuls demeurent (publié en 1945) était le titre le plus ancien de René Char présent dans la bibliothèque de Georges Bataille, d'après l'inventaire établi en 2022 par les librairies du Sandre et Henri Vignes (La bibliothèque de Georges Bataille). Cet exemplaire du Marteau sans maître viendrait donc modifier le corpus et établir une rencontre plus précoce, de près de dix ans, fut-elle à distance et par livre interposé. Mais l'on sait avec une quasi-certitude que les deux hommes ne se voient pas pendant la guerre et ne se rencontrent - apparemment pour la première fois - qu'en avril 1945 : « j'ai finalement à me réjouir d'avoir aujourd'hui rencontré René Char » (Bataille, cité dans Dans l'atelier du poète, p. 378). Ils s'échangent à cette occasion leurs livres : Seuls demeurent et L'Expérience intérieure, avec ces envois : « À Georges Bataille, intime de l'homme abrupt dans sa prison, René Char » et « à René Char, dont tout me rapproche, affectueusement, Georges Bataille ». Le Marteau sans maître ici présenté a-t-il été offert postérieurement à sa parution (1934) à Bataille par René Char - peut-être en même temps que le Seuls demeurent ? La teneur des deux envois, « intime de l'homme abrupt dans sa prison» et « rêveur embaumé sans sa camisole de force» le laissent penser. Le choix du Marteau sans maître, comme oeuvre choisie par Char pour lui témoigner sa première période, n'est pas anodin, et des plus parlants, pour un texte qui, après Arsenal et Artine, lui tient particulièrement à coeur. « Toutes les pensées qu'il y a dans Le Marteau sans maître, je n'en parlais jamais à personne, pas même à mon intime Éluard. C'est une révolte que j'ai vécue seul sans communiquer», confiera-t-il à Paul Veyne, à un moment où il se détache d'un mouvement surréaliste dont il ne fut qu'un passager locataire. « Dès le début de l'année1933,le titre choisi est celui du Marteau sans maître puisqu'il est évoqué dans une lettre de Paul Éluard à René Char pour confirmer qu'il confie à son propre éditeur, Gaston Gallimard, la lecture du manuscrit (...). La réponse de Gaston Gallimard en mars1933est moins enthousiasteet, devant ce refus, Char va se tourner vers un éditeur déjà fortement engagé dans les publications de textes surréalistes: José Corti. Celui-ci accepte de publier aux Éditions surréalistes Le Marteau sans maître comme une édition collective en partie originale comprenant: Arsenal, Artine, L'action de la justice est éteinte et pour la première fois Poèmes militants (...) Pour la rédaction du prière d'insérer, Paul Éluard accepte tout de suite de l'écrire. Mais Char s'adresse aussi à Breton avant d'accepter en définitive le texte de Tzara: «Je suis enchanté, avec toute la gravité, l'émerveillement que ce mot renferme, de vos lignes à l'infini. Je vous demande la permission, d'accord avec Éluard, de les fixer en fait unique. Je ne vois d'aussi claire ceinture pour m'entourer nulle part, il ne faut pas mêler les diamants. Ainsi donc vous seul. Et j'en suis ravi et pour mon livre et pour le lecteur» » (Marie-Claude Char, préface au Marteau sans maître, éd. Poésie / Gallimard, 2002). Exemplaire de choix. Complet du bandeau éditeur et du prière d'insérer rédigé par Tristan Tzara. ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 28672

(1944)

‎Photographies de René Char . avec des habitants de Céreste à la Libération. ‎

‎ Hommage aux résistants et amis de Céreste Céreste, (octobre) 1944. 2 tirages argentiques noir et blanc (11,5 x 70 mm) contrecollés sur 1 carte (130 x 160 mm). Tirages originaux, légendés par René Char, au milieu des habitants de Céreste. Envoi signé au verso : « À Max-Pol Fouchet, affectueusement, René Char », avec note autographe « Céreste, basse Alpes, à la Libération, Été 1944 (retour d'Alger). » ‎


‎Le premier cliché présente René Char en blouson américain Field Jacket M-41 orné des galons de capitaine et d'un insigne en tissu de parachutiste de la R.A.F. en compagnie des Ginoux, le cantonnier du village et sa mère à laquelle, « craignant une perquisition, [il] demanda un jour [...] de cacher des codes et autres documents importants sous ses jupons » (René Char, Bibliothèque nationale, p. 76). Le poète l'a légendé de sa main : « ces trois-là se comprenaient... » L'autre photographie, prise le même jour et toujours à Céreste, le présente sous le même uniforme, parmi un groupe de villageois et de quelques gendarmes avec cette autre légende, toujours de sa main : « un rocher de braves gens ». La jeune fille qui porte une robe à carreaux et se tient au premier rang est Mireille Sidoine, la fille, âgée de onze ans, de Marcelle Sidoine-Pons, la « renarde » des Feuillets d'Hypnos en son poème 222. René Char, en octobre 1944, vient de rentrer d'Alger, où il avait été appelé le 15 juillet par l'état-major interallié pour préparer le débarquement de Provence qu'il regagne en septembre, affecté au bureau liquidateur de la Section des atterrissages et des parachutages (Sap). Enfin au grand jour, il peut regagner Céreste et revoir ceux qu'il aura tant cotoyé, dans la clandestinité, depuis 1941. Ces clichés sont pris par Irisson, le photographe ami de Char, dans le but de tourner un film documentaire sur la Sap et le maquis de Céreste - un projet qui n'aboutira pas. Ces planches, René Char les offre à celui qui aura sans doute le mieux « résisté par les Lettres» à l'étranger : Max-Pol Fouchet, rencontré à l'été précédent à Alger. Ces photographies auront probablement été offertes par René Char à Max-Pol Fouchet en même temps qu'un grand portrait dédicacé au « Sourcier de Fontaine», au moment où ce dernier prépare la publication des premiers extraits des Feuillets d'Hypnos, qui paraîtront dans la revue Fontaine, en octobre 1945. Char, BnF (n° 100, reproduite) ; une autre épreuve identique fut offerte à Adrienne Monnier, en 1949 (Vente Boisgirard, Paris, 1998, n° 66, reproduite). D'autres épreuves sont connues, Irisson en ayant tiré plusieurs autres à partir de 1945, dans des formats plus grands (100 x 170 et 120 x 180 mm), mais elles sont postérieures aux épreuves strictement d'époque, comme celles que nous présentons ici, plus petites, qui constituent les tirages originaux. ‎

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EUR2,500.00 (€2,500.00 )

‎René CHAR‎

Reference : 62727

(1947)

‎Lettre autographe signée de René Char à René Wintzen‎

‎L'Isle-sur-la-Sorgue 2 novembre 1947 | 21 x 26.90 cm | 1 page sur une feuille‎


‎Lettre autographe signée de René Char de 11 lignes écrites à l'encre noire. Pliures inhérentes à l'envoi postal. René Char écrit cette lettre à René Wintzen, ancien rédacteur en chef de Documents,revue des questions allemandes. René Wintzen commence alors à faire paraître une revue littéraire, Vent debout, dont il a envoyé à Char un exemplaire. Le poète l'encourage et lui dit de persévérer tout en « discriminant le bon grain de l'ivraie ». René Char s'excuse de ne pas avoir de texte achevé à lui fournir : « je le regrette. J'écris peu et ne suis qu'accessoirement poète ! ». Cette mise en avant d'une écriture rare correspond à l'idée que René Char se fait de la poésie et qu'il oppose au travail prôné par Valéry. René Char écrit peu et se soumet aux exigences de la poésie : « Je ne triche jamais. Il m'est arrivé d'attendre six mois un mot ou une formule [...]. C'est l'exigence de la poésie. Une exigence absolue. Aucun mot n'est gratuit. » (entretien entre René Char et Édith Mora, Nouvelles littéraires, 1965). L'auteur montre également une distanciation vis-à-vis de la poésie en cette fin de décennie. En effet, Char expérimente alors des genres nouveaux : il s'essaie au ballet avec La Conjuration en avril 1947, mais aussi au théâtre avec Le Soleil des eaux, à la musique en compagnie de Boulez, et enfin au cinéma. Il ne quitte toutefois jamais la poésie et publie la même année Le Poème pulvérisé. La modestie de Char quant à son statut de poète exprime bien l'assujettissement de l'artiste à l'exigence de la poésie. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 32335

(1930)

‎Artine .‎

‎ Un Artine reconstitué, avec passage inédit Paris, Éditions Surréalistes, chez José Corti, (25 novembre) 1930, et chez l'auteur, [1933]. 1 vol. (210 x 270 mm) de 23 f. sous chemise et étui (Devauchelle). Intéressant exemplaire composite, constitué par le poète en 1933 : « Avec toutes mes excuses pour cet exemplaire d'Artine “ reconstitué”… mais je n'en possède pas d'autre - depuis 1930 ce livre est épuisé. René Char, Paris, 18.5.1933.».‎


‎René Char a ainsi recomposé un Artine complet, à partir de défets sur papier rose des pages [1], [2], [3], [4], [5], [6], [7], [8], [10], [11], [12], [13], [14], avec la correction autographe «Jésus-Christ» rajoutée, [16], [17] et [19], et celle de «1930» ; l'ensemble est contrecollé sur papier ; René Char a ensuite recomposé à la main les titres et textes des pages manquantes, soit la page de couverture ; la page de titre ; le texte de la page [9], de la page [15] et celui de la page [18]. On trouve, intercalé en page [3], un texte de 8 lignes demeuré entièrement inédit : «L'étonnante végétation des neiges éternelles dissimulent mal dans ses branches les grands écriteaux noirs qui tentent à des heures diverses de l'existence de nous livrer les vérités inaccessibles. À l'approche du souffle une à une les lettres disparaissent. Est-ce une boucherie ?». Ce texte figure également, dans cette même version autographe, dans le manuscrit autographe d'Artine, qui sera offert à Paul Éluard - lequel rédigera, avec Breton, le prière d'insérer. Paul Éluard et René Char se rencontrent à l'automne 1929 et, en plaisantant, René Char avait déclaré à Éluard que sa poésie était trop élégiaque et qu'il était le Lamartine du Surréalisme, un «Lamartine sans lame» : le nom d'Artine était trouvé et Char nommera ainsi le recueil qu'il est alors en train de préparer. Ce sont les deux seules occurences de ce passage, dont on trouve une trace dans deux envois du poète : «à Georges Hugnet. À l'approche du souffle une à une les lettres s'éclipsent. C'est une boucherie...» «Pour José Delfau. Est-ce une boucherie ? Ces signaux fraternels, René Char, 29 décembre 1932» «À l'origine, indique Char, il y avait cette jeune fille brune venue pendant une absence de ma mère, se proposer comme servante, et qui disparut, laissant sur un papier son nom seulement, Lola Abba, nom que j'avais lu déjà en m'aidant d'une allumette, sur une croix, la nuit, au cimetière de l'Isle, dans le carré des indigents, mon ami Francis l'Élageur à mes côtés. Et je ne savais pas pourquoi il y avait, dans son apparition, dans sa disparition, le feu, la mort, la pluie fine, la vie contournante. » Ainsi Char expliquait-il par ces coïncidences, mannes d'or pour le surréaliste qu'il était alors, comment Artine était née. Femme rêvée ou plutôt de rêve éveillé, elle cheminera dans toute son oeuvre, puisqu'elle sera encore nommée dans Ralentir travaux, dans La Parole en archipel puis dans Sous ma casquette amarrante. ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 32363

(1931)

‎L'action de la justice est éteinte.‎

‎ Exemplaire René Char, avec une lettre de Joë Bousquet, imprimé en partie en vert Paris, Éditions Surréalistes, (30 juillet) 1931. 1 vol. (225 x 280 mm) de 33 p., [2] et 2 f. Broché. Edition originale. Tirage unique a 100 exemplaires sur papier Vidalon dont 5 exemplaires de tête imprimés en vert. Précieux exemplaire d'essai avec le cahier central imprimé en vert, conservé par René Char avec une lettre autographe de Joë Bousquet qui vient de lire le receuil et lui exprime toute son admiration (1 p. en 1 f., adressée à l'adresse parisienne de Char, 35 rue Marbeuf, enveloppe conservée). ‎


‎C'est le quatrième recueil publié par ke poète : il est composé de douze poèmes (« Poème », « Sommeil fatal », «Voyageur sans tunnel», «La main de Lacenaire», «Le Fantôme de Lola Abat», «L'Artisanat», «Poètes», «L'Esprit poétique», «Les Messagers délirants de la poésie frénétique», «Les Soleils chanteurs», « L'Instituteur révoqué » et « L'Amour ») et imprimé en juillet 1931 par les imprimeurs Ducros et Colas pour le compte des Éditions surréalistes, que dirige José Corti. Il est dédié à André Breton et doit son titre à une phrase incomplète extraite de À Rimbaud (« L'action de la justice est éteinte là où brûle, où se tient la poésie, où s'est réchauffé quelques soirs le poète »). C'est, après Hommage à Sade (15 exemplaires) et Arsenal (26 puis 39 exemplaires) l'ouvrage avec le tirage le plus confidentiel identifié dans la bibliographie de Pierre André Benoit publié avant 1950. Le recueil sera repris, avec quelques corrections, dans Le Marteau sans maître, toujours chez Corti, en 1934. Il sera ensuite intégré au recueil Moulin premier. Le manuscrit ayant servi à l'impression n'est pas connu, et une version légèrement modifiée sera offerte à Marcel Fourier (Bibliothèque Marcel Fourier, Librairie Faustroll, 2022, n° 71). Rare exemplaire d'essai, qui contient le cahier central imprimé en vert (cinq exemplaires de tête le seont intégralement), que Char aura conservé dans sa bibliothèque avec la lettre que lui envoie Joë Bousquet le 18 novembre 1931, depuis Carcassonne. Ce dernier écrit à Char l'émotion que lui a procuré ces poèmes : «René Char, votre livre est d'un ton tout nouveau et je l'aime. Je sens combien l'amitié de Paul Éluard vous domine et tout ce qu'elle vous oblige à devenir. Or toutes les surprises que vous nous procuez sont des surprises heureuses. L'Action de la justice est éteinte est une oeuvre vraiment surréaliste, du très petit nombre de celles qui comblent notre attente (...). P.S : mes amitiés à Eluard.». Ce dernier aura reçu, à la fin du mois de septembre, son exemplaire imprimé en vert, dont il accuse réception à Char : « Mon cher René, quel beau livre, oui. Depuis que je le connais, depuis que je le relis, j'y suis plus attaché qu'à ma tête (...) J'aime ce livre, de beaucoup le plus étonnant que tu aies fait». Il est probable que Char et Bousquet ont fait connaissance vers 1929, par l'intermédiaire d'André Cayatte, à l'époque de la revue Méridiens qui publie les poètes du Sud et à laquelle Bousquet songea confier la publication de son premier livre, Il ne fait pas assez noir. Leur amitié resta toujours intacte, dès les premiers temps. Bousquet, à la parution de Seuls demeurent et de la réédition du Marteau sans maître, en 1945, lui écrira combien son existence lui «aura été indispensable » ; un an plus tard, dans un article consacré à Feuillets d'Hypnos dans La Gazette des lettres, Bousquet écrit encore : «Celui des hommes que j'estime le plus est aujourd'hui René Char». Cette belle lettre et l'exemplaire sont reproduits dans L'Atelier du poète (p. 156). ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 29797

(1930)

‎Artine.‎

‎ Exemplaire offert à Raymond Roussel, seul envoi connu Paris, Éditions Surréalistes, chez José Corti, (25 novembre) 1930. 1 vol. (185 x 235 mm) de [48] p. Broché. Édition originale. Un des 185 exemplaires sur papier Ingres rose (n° 38). Envoi signé : « à Raymond Roussel », suivi de cette citation : « Il y avait un naufragé qui attirait tous les regards. Au lieu de crier : ‘Au secours, à l’aide, mon Dieu sauvez-nous !’ Il se bornait à s’accrocher à une fissure au rocher répétant avec un orgueil étrange en face d’une mort imminente : ‘qu’est-ce que je vous avais dit ? Vous voyez si j’avais raison !’ Ch. R. Maturin (Melmoth)». L’envoi est daté et signé « René Char, 4 avril 1931 ». ‎


‎On connaît l'admiration passionnée de René Char et des surréalistes pour l'oeuvre de Raymond Roussel. Dans son testament daté du 20 janvier 1933, quelques mois avant son suicide, ce dernier avait indiqué d'envoyer « un exemplaire de chacun de [ces] livres par la poste à Messieurs... ». Suivaient les noms et adresses de Robert Desnos, Paul Éluard, Tristan Tzara, Michel Leiris, Fernand Gregh, André Breton, Jacques-Émile Blanche, René Char, Salvador Dali, André Gide, Philippe Soupault, Louis Aragon et Edmond Jaloux, en joignant une lettre à l'adresse de ces « chers confrères » : « Songeant à la bienveillance que vous avez bien voulu manifester à mes livres, je me suis dit qu'il vous intéresserait peut-être de savoir par quel procédé très spécial j'ai écrit certains d'entre eux - procédé expliqué dans le manuscrit ci-inclus [...] [Il s'agit de Comment j'ai écrit certains de mes livres] ». Artine semble être le seul livre que Char offrit à Raymond Roussel : le jeune poète n'avait publié, auparavant, que trois ouvrages : Les Cloches sur le coeur, en 1928, Arsenal, en 1929 et Le Tombeau des secrets, en avril 1930. Pour ces trois livres, aucun exemplaire n'est connu comme envoyé à Roussel, que Char, à ces dates, n'a pas encore rencontré. Sans doute grâce à l'amitié naissante avec Éluard et Breton, le rendez-vous n'aura lieu qu'au début de l'année suivante. Le poète lui offre alors Artine, son dernier livre paru, avec cette dédicace qui en appelle au chef-d'oeuvre du roman noir gothique de Charles Maturin, Melmoth : ce roman-labyrinthe, construit en dédales et abîmes, renouvelle le thème faustien du pacte démoniaque et brosse avec fureur sur près de six cents pages la vie d'un « héros » possédé par le mal, pour qui le temps n'existe pas. Arrêtons-nous un instant sur cette présence, car elle est d'importance : le révérend Maturin, vicaire à Dublin, publie Melmoth ou l'Homme errant en 1820. L'ouvrage est traduit en français dès l'année suivante. Bien qu'incomplète, cette traduction d'un certain Jean Cohen marque les esprits des décennies durant. Nodier, Walter Scott, Banville, Nerval, Edgar Poe l'honorent ; Balzac, en premier, en écrit une suite, intitulée Melmoth réconcilié. « Pour lui, Melmoth a été une grande oeuvre inspiratrice, à l'égal de Tristram Shandy de Sterne, des Contes d'Hoffman, des romans historiques de Scott : il est une source reparaissante, aux multiples résurgences, de l'oeuvre balzacienne »(Le Yaouanc). Avant que Baudelaire ne s'en empare. Hanté par le regard insoutenable de ce « rire qui ne dort jamais », le poète évoque par deux fois, dans Les Curiosités esthétiques puis dans L'Art romantique, le « rire terrible de Melmoth », selon son expression, emblème satanique par excellence : « Aussi comme il rit, comme il rit, se comparant sans cesse aux chenilles humaines, lui si fort, si intelligent, lui pour qui une partie des lois conditionnelles de l'humanité, physiques et intellectuelles, n'existent plus ! Et ce rire est l'explosion perpétuelle de sa colère et de sa souffrance. Il est, qu'on me comprenne bien, la résultante nécessaire de sa double nature contradictoire, qui est infiniment grande relativement à l'homme, infiniment vile et basse relativement au Vrai et au Juste absolus. Melmoth est une contradiction vivante ». Insatisfait par ailleurs de la traduction, il projeta d'en donner une traduction plus conforme pour le compte des éditeurs belges Lacroix et Verboeckhoven, mais finalement ces derniers firent réaliser la traduction par Maria de Fos en 1867 - mais elle aussi toujours incomplète. C'est probablement André Breton qui signale l'existence du roman à René Char, ainsi qu'aux autres membres du groupe surréaliste. Breton, dès lors, ne lâchera plus le texte et sera à l'origine de son édition, enfin complète, en 1954 chez Jean-Jacques Pauvert. Jacqueline M.-Chadourne, la traductrice de cette version moderne, précise que les parties retranchées correspondent surtout aux passages où le romancier « donne le plus libre cours à ses assauts contre les jésuites, l'Église romaine, l'Inquisition en Espagne, les misères des couvents, le sadomasochisme monacal, bref contre toutes les perversions d'une religion, fondée selon lui, sur la souffrance et les tourments. Là, Maturin pousse aux extrêmes la dialectique de la révolte luciférienne » (note du traducteur de la première traduction intégrale en français, Phébus, 1996, p. 29). « Ce célèbre roman noir dont l'imagination frénétique atteignit un degré qui ne fut égalé que par Le Moine de Lewis [...] exerça une influence énorme sur la littérature fantastique française » (Marc Loliée) et constitue « l'apogée du roman noir. Il eut une influence considérable sur la jeunesse romantique, sur Balzac qui déclarait que Melmoth était égal et par endroits supérieur au Faust de Goethe (...) André Breton en fit le plus grand cas » (Gérard Oberlé). Ce concentré couleur de nuit, que ni Sade ni Goya n'auraient reniés, fascina également Lautréamont, ainsi que le rappelle André Breton dans la préface qu'il donne en tête de l'édition Pauvert : « il n'est pas douteux que Lautréamont a pourvu Maldoror de l'âme même de Melmoth. Il s'agit bien dans les deux cas, non point du démon lui-même, mais de l'agent du démon : l'«ennemi du genre humain». Le génie de Maturin est de s'être haussé au seul thème qui fût à la mesure des très grands moyens dont il disposait : le don des noirs à jamais les plus profonds, qui sont aussi ceux qui permettent les plus éblouissantes réserves de lumière. Il tenait l'éclairage voulu pour appeler à s'y inscrire le problème des problèmes, celui du mal ». Dans cette même préface, dont l'intérêt est aussi grand que celle rédigée en 1931 par Artaud pour la traduction du Moine, Breton précise que « la présente réédition de Melmoth, ou l'Homme errant vient combler une des plus considérables lacunes de cette information qui nous est nécessaire non seulement pour l'élucidation du problème des sources - on en a rarement vu jaillir d'aussi fécondantes - mais encore pour la fixation d'un point véritablement crucial de l'histoire des idées », celui de l'union du ciel et de l'enfer : certes, ce moment unique a été guetté par Blake et Hugo mais Maturin, lui, « n'a eu besoin que de sonder à l'origine les profondeurs du coeur ». Breton donne alors en exemple la réponse d'Immalee à son amant satanique : « Vous devez m'apprendre à souffrir et je serai bientôt préparé à entrer dans votre monde, mais j'aime mieux pleurer sur vous que sourire sur des roses ». Charles R. Maturin est accessoirement le grand-oncle d'Oscar Wilde, qui puisera dans Melmoth quelques éléments pour son Portrait de Dorian Gray, notamment celui du tableau caché dans le grenier. À sa sortie de prison, Wilde adopte d'ailleurs le pseudonyme de Sébastien Melmoth, s'identifiant au héros maudit créé par son grand-oncle par alliance. Signalons enfin que Humbert Humbert, le héros du Lolita de Vladimir Nabokov, avait baptisée sa voiture Melmoth. Roussel lui offrira l'année suivante ses Nouvelles impressions d'Afrique, avec un envoi plein de gratitude, daté de décembre 1932. C'est, là aussi, le seul exemplaire connu de Roussel envoyé à René Char. Cet envoi, du printemps précédent, est remarquablement poétique, noir et prémonitoire de la disparition de Roussel, que l'on retrouve mort dans sa chambre d'hôtel à Palerme le 14 juillet 1933. Exemplaire bien complet du prière d'insérer. Sebbag. Les Éditions surréalistes, 17 ; PAB, Bibliographie des Œuvres de René Char, n° 4, p. 15. ‎

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‎René CHAR‎

Reference : 88249

(1945)

‎Affiche originale - "On ne nourrit pas un village avec des ordures" placardée à Céreste.‎

‎Imprimerie Nouvelle | Forcalquier s.d. (12 janvier 1946) | 30.90 x 42.20 cm | une feuille‎


‎«On assiste depuis quelques mois à une chasse passive en règle des patriotes, trop bien notés, il semble, au temps où risquer sa vie et celle des siens n'était pas un article de devanture. L'odieux de cette façon d'agir est qu'elle rappelle étrangement les hitlériens. Déshonorer, ensuite on attend et on voit. Quelle que soit l'estime dont un être est entouré, une visite policière laisse toujours un relent d'équivoque,pense-t-on. Plus que jamais vigilance, solidarité.» (7 décembre 1945 (texte adressé par René Char à Francis Ponge) Édition originale de cette affiche mythique de « l'Affaire de Céreste » imprimée par René Char à quelques exemplaires et placardée dans le petit village de Céreste, cur de son réseau de résistance. Papier légèrement jauni, quelques déchirures marginales sans manque. D'une insigne rareté, cette affiche est absente de toutes les institutions et des salles de vente. La BNF, elle-même, ne dispose que d'une reproduction offerte par Pierre-André Benoit. * Ce célèbre placard marque la fin de la relation amoureuse et combattante entre René Char et le village de Céreste qui fut pourtant le Q.-G. du capitaine Alexandre, et le berceau d'une de ses plus émouvantes aventures amoureuses avec « la Renarde ». C'est en effet dans ce village isolé de Haute-Provence que René Char s'installe pour organiser son réseau de Résistance, la S.A.P. (Section Atterrissage Parachutage), chargée de récupérer les livraisons d'armes parachutées dans les Basses-Alpes et de les redistribuer aux maquisards. Fidèle hôte de Céreste depuis 1936, René Char put fédérer rapidement les villageois jusqu'aux gendarmes qui le protégeront et l'aideront à constituer son réseau. Avertis, les Allemands envoient une compagnie de S.S. à Céreste pour le débusquer, perquisitionnant toutes les maisons et interrogeant violemment les villageois qui tous connaissaient Char et son amante chez qui il logeait. La réaction héroïque des villageois marquera durablement René Char qui composa en leur honneur un des plus longs et beaux feuillets d'Hypnos : « Le village était assiégé, bâillonné, hypnotisé, mis dans l'impossibilité de bouger. Deux compagnies de SS et un détachement de miliciens le tenaient sous la gueule de leurs mitrailleuses et de leurs mortiers. Alors commença l'épreuve. Les habitants furent jetés hors des maisons et sommés de se rassembler sur la place centrale. [] Marcelle était venue à mon volet me chuchoter l'alerte. [] Des coups me parvenaient, ponctués d'injures. Les SS avaient surpris un jeune maçon qui revenait de relever des collets. Sa frayeur le désigna à leurs tortures. Une voix se penchait hurlante sur le corps tuméfié : « Où est-il ? Conduis-nous », suivie de silence. Et coups de pied et coups de crosse de pleuvoir. [] Alors apparut jaillissant de chaque rue la marée des femmes, des enfants, des vieillards, se rendant au lieu de rassemblement, suivant un plan concerté. Ils se hâtaient sans hâte, ruisselant littéralement sur les SS, les paralysant « en toute bonne foi ». [] Furieuse, la patrouille se fraya un chemin à travers la foule et porta ses pas plus loin. Avec une prudence infinie, maintenant des yeux anxieux et bons regardaient dans ma direction, passaient comme un jet de lampe sur ma fenêtre. Je me découvris à moitié et un sourire se détacha de ma pâleur. Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre. J'ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice. » Une relation fusionnelle unit le poète à son village d'adoption et, dans le contexte de haine et de violence nazie, Céreste représente pour René Char le symbole vivant des valeurs humanistes à défendre et la nécessité de son combat. Cette passion trouvait son incarnation en son amante cérestoise : Marcelle Sidoine devient pour lui l'image même de Céreste, de ce nouveau pays dans lequel il creuse sa mine et entend enfouir les galeries d'où partira la reconquête. Elle est « l'âme de la mon‎

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‎"CHAR, René;"‎

Reference : CLL-294

(1931)

‎L'Action de la Justice est éteinte.‎

‎Paris, Editions Surréalistes, 1931 In-4 de 1 f. bl., 34pp., (2) ff., 2 ff. bl., broché sous couverture rempliée, entièrement non rogné, étui bordé.‎


‎"Édition originale. Tirage limité à 100 exemplaires numérotés sur papier Vidalon à la forme, les cinq premiers imprimés en vert (et trois hors commerce); celui-ci n°14. Ce recueil de courts poèmes est contemporain des expérimentations collectives que mène alors Char avec Éluard et Breton. Il les complète et son importance est en partie due à ce qu'y résonne la voix propre de René Char, telle qu'elle se déploie pendant les cinq ans (1929-1934) où le surréalisme aura été pour lui, précisera-t-il dans une lettre à Benjamin Péret, ""tout au monde"". Le titre représente une citation partielle d'un passage du texte de Char À Rimbaud: ""L'action de la Justice est éteinte là où brûle, où se tient la poésie, où s'est réchauffé quelques soirs le poète."" Envoi autographe, au crayon, signé de René Char à Benjamin Cremieux. Benjamin Crémieux, écrivain et critique, pilier intellectuel de la N.R.F., faisait partie des quelques personnes capables de mesurer la portée de l'œuvre immensément exigeante de René Char. La convergence de leurs trajectoires n'en sera pas moins entièrement réalisée plus tard, sur un plan aussi ou plus élevé… Sous l'occupation, en effet, Crémieux, comme Char qui prend le maquis, s'engage de façon active et totale dans la Résistance. Membre du réseau Combat, il est arrêté en avril 1943 et meurt un an plus tard à Buchenwald. Exemplaire à l'état de neuf. Antoine Coron, René Char, BnF, n° 36. - P. A. Benoit, Bibliographie des œuvres de René Char, 5."‎

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Reference : 20310

(1931)

‎L'action de la justice est éteinte.‎

‎ Émouvante provenance à un ami de la Sorgue, assassiné par la milice Paris, Éditions Surréalistes, (30 juillet) 1931. 1 vol. (230 x 285 mm) de 33 p., [2] et 2 f. Broché. Édition originale. Tirage unique à 100 (dont 5 imprimés en vert), celui-ci justifié à l’encre par René Char : « H.C. 1/3 ». Envoi signé : «Mon cher ami, une fois de plus j'ai plaisir à inscrire votre nom en tête de ce livre - Peut-être y découvrirez-vous en cherchant assez soigneusement un écho lointain de nos conversations, quelque chose comme une poignée de main prolongée au cours de cette vie qui nous va si mal et que nous avons peine à ne pas refuser de vivre. Entre nous c'est toujours très amicalement et si ce n'était l'âge imbécile qui nous sépare je dirais très fraternellement. René Char».‎


‎Le prière d'insérer a été contrecollé en tête de l'exemplaire masquant le nom du dédicataire : Louis Papelon. Au même, René Char avait dédicacé un exemplaire de la seconde édition d'Arsenal grâce auquel l'on apprend sa fin tragique. Le poète, récupérant l'exemplaire et l'offrant à Marcelle Mathieu en octobre 1944, y avait inscrit : «Exemplaire de Louis Papelon, ami de l'auteur, assassiné par la milice en 1943». C'est donc à un proche de l'Isle-sur-Sorgue que Char avait offert son quatrième recueil, composé de douze poèmes et dédié à André Breton, qui doit son titre à une phrase incomplète extraite du texte de René Char, À Rimbaud (« L'action de la justice est éteinte là où brûle, où se tient la poésie, où s'est réchauffé quelques soirs le poète »). René Papelon figure, en compagnie de René Char, sur la liste dressée en avril 1943 par la milice de Vichy pour les « indésirables» régionaux. Char y était cité comme ‘homme de lettres', son ami, maraîcher, « sans profession». ‎

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Reference : 26619

(1936)

‎Moulin premier.‎

‎ Exemplaire de tête avec envoi dans une reliure de Pierre-Lucien Martin Paris, G.L.M., (31 décembre) 1936. 1 vol. (125 x 165 mm) non paginé. Box gris, décor mosaïqué en relief aux plats et sur le dos, doublures et gardes chèvre velours, titre doré, tranches dorées sur témoins, chemise et étui bordés (reliure signée de P.-L. Martin, 1985). Édition originale. Un des 20 premiers exemplaires sur Arches, celui-ci hors commerce. Envoi signé : « à Roger Bonon avec les sentiments amicaux de René Char ». ‎


‎Composé dès 1935, René Char retardera la publication de ce texte pour approfondir sa réflexion et permettre à Guy Lévis Mano de l'imprimer : les échanges avec son éditeur attestent que Char supervise à distance l'élaboration de l'ouvrage, tout autant que ceux avec son assistant, Roger Bonon, lequel envoie en octobre 1936 au poète un complément d'épreuves de Moulin premier, des bulletins de souscriptions et le projet de couverture, en souhaitant le trouver « en meilleur santé » (Char vient de faire, pendant l'été, une septicémie). Paul Éluard se chargera, sur place, d'en suivre la fabrication, et son aide financière permettra à Char de venir à bout de ce projet : « Quel boulot ce menu livre m'a coûté. Rien, vraiment rien n'a été laissé au hasard... » (lettre à Gilbert Lély, 1er février 1937). Lequel est ô combien important, et l'enjeu majeur : Char acte une nouvelle poétique et rompt avec l'épisode surréaliste, dont il ne fut que le locataire temporaire qu'il décrit dans le poème « Commune présence». Le Trousseau de Moulin premier, publié en 2009 (Éd. de la Table Ronde) qui raconte la genèse du texte, est en soi son complément indispensable. Précieux exemplaire de l'artisan typographe Roger Bonon, le collaborateur de Guy Lévis Mano. Il le rejoint en 1934, lorsque ce dernier prend la gérance de la «Librairie 79», avenue de Ségur. Lévis Mano y disposait d'un local suffisamment vaste pour y installer une presse plus importante que dans sa propre chambre, où il réalisait jusque-là, seul, toutes ses impressions. Il fit l'acquisition l'année suivante d'une Minerve à pédale, rachetée à Nancy Cunard, qui avait cessé ses activités avec The Hours Press depuis 1931. Avec ce nouveau matériel, il réalise l'impression d'éditions plus soignées, dont celle de Moulin premier, publié grâce à l'appui financier de Paul Éluard, et avec l'aide de Roger Bonon. En septembre 1939, les deux typographes furent mobilisés et on ferma l'atelier. Bonon n'y reviendra jamais, puisqu'il disparut en mer lors la bataille de Dunkerque ; René Char lui dédiera « Éléments», un des poèmes de Seuls demeurent. Très bel exemplaire d'une touchante provenance. De la bibliothèque du docteur genevois Christos Karagevrekis, par ailleurs commanditaire de cette reliure. Antoine Coron, G.L.M., 120 ‎

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Reference : 32359

(1946)

‎Feuillets d'Hypnos.‎

‎ Exemplaire Marcel Grillet avec envoi Paris, Gallimard, coll. « Espoir », (20 avril) 1946. 1 vol. (120 x 185 mm) de 97 p. et [3] f. Bradel chagrin noir, titre doré en long. Édition originale. Un des exemplaires imprimés du service de presse. Envoi signé : «à Marcel Grillet, à sa vaillante compagne. De tout cœur, leur ami René Char, 3 Juin 1946». Montée en tête : lettre autographe signée (2 p. en 1 f.) datée du 29 janvier 1947 et adressé à «Marcel». ‎


‎Très belle provenance résistante, offert au couple Grillet : l'artiste peintre Ciska Grillet avait participé à la Résistance dans le maquis de Ganagobie et caché René Char. Elle fut un temps sa maîtresse avant de devenir sa fidèle confidente et amie. Femme libre, indépendante, elle fut également très proche de Nicolas de Staël. René Char défendit l'oeuvre picturale de Ciska en organisant une exposition à la Galerie Claude, rue de Seine dès juin 1949. Son compagnon, André, opérait dans la Résistance sous le nom de Marcel. A la Libération, il devint sous-préfet à Briançon. Feuillets d'Hypnos ont été écrits entre 1943 et 1944 à Céreste - lorsque le poète, « Capitaine Alexandre », était à la tête de la Section Atterrissages-Parachutages des Bases-Alpes. Il se surnommait alors « Hypnos », l'homme qui veille sur son peuple durant la nuit : son écriture fragmentaire est imposée par les exigences de l'engagement dans la Résistance : « J'écris brièvement. Je ne puis guère m'absenter longtemps », indique à la note 312 René Char qui cesse à l'été 1943 de se consacrer à Seuls demeurent pour ne plus consigner que de brèves notations sur un carnet. Une première dactylographie de 72 fragments est établie à la Libération, qu'il reprend l'année suivante : « Je me suis mis violemment au travail, écrit-il à Gilbert Lely le 17 juillet 1945. Cela s'appelle : Carnet d'Hypnos (Hypnos est un nom d'homme) 1943-1944. J'ai été assez heureux pour retrouver récemment le journal que je tenais à Céreste, enfoui à mon départ pour Alger dans un trou de mur. C'est ce journal que je vais publier [...]. Je mets de l'ordre dedans, j'abrège ou je développe suivant les cas. » Il ajoute en particulier les fragments 204 et 221 écrits à Alger à l'été 1944. Ce travail aboutit en août 1945 à une seconde dactylographie, destinée à l'imprimeur, actuellement conservée à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet avec cette note : «Il n'existe pas d'autre manuscrit des Feuillets d'Hypnos. J'ai détruit, pour des raisons faciles à comprendre, le carnet des originaux [...] hormis un feuillet conservé comme témoin ». Albert Camus les lit dans Fontaine, où paraissent les premiers feuillets : un choc. Il souhaite les voir publier dans la collection que Gaston Gallimard vient de lui confier, «sa» collection, « Espoir ». Première lettre, première rencontre. René Char lui dédie, première levée, l'édition en volume, à l'origine de l'amitié entre les deux hommes, le recueil n'étant d'ailleurs pas sans lien avec des idées qui seront développées dans L'Homme révolté : «Nous sommes dans le nihilisme. Peut-on sortir du nihilisme ? C'est la question qu'on nous inflige. Mais nous n'en sortirons pas en faisant mine d'ignorer le mal de l'époque ou en décidant de le nier. Le seul espoir est de le nommer au contraire et d'en faire l'inventaire pour trouver la guérison au bout de la maladie. Cette collection est justement un inventaire.» Sur André Grillet, voir dans les «Feuillets», O.C., p. 191 (n° 65) ; sur la rencontre de René Char avec Ciska Grillet, voir O.C., p. 687 ; Coron (sous la dir. de) - René Char. Catalogue de l'exposition de la Bibliothèque nationale de France, 4 mai - 29 juillet 2007, Paris, Bibliothèque nationale de France / Gallimard, 2007, p. 79, n°106. ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 25131

(1931)

‎L'action de la justice est éteinte.‎

‎ Un des 5 exemplaires de tête imprimés en vert. Envoi signé à Pierre Unik Paris, Éditions surréalistes, (30 juillet) 1931. 1 vol. (230 x 285 mm) de 33 p., [2] et 2 f. Broché, sous couverture vert pâle. Édition originale. Un des 5 premiers exemplaires imprimés en vert, sur papier Vidalon à la forme (n° 4). Tirage unique à 100 exemplaires sur ce papier Vidalon – les 95 suivants sont imprimés en noir, dont au moins un exemplaire d’essai. Envoi signé à l'encre rose : «à Pierre Unik, ‘au bout du bras du fleuve il y a la main de sable qui écrit tout ce qui passe par le fleuve’. Le rêve des fous éternels ne se lève que lorsque [L'action de la justice est éteinte]. Il y a toujours une place pour dormir ailleurs comme il y en a toujours une pour mourir ici. La ressemblance ne frappe que nous. Affectueusement, René Char. Buis, 22 mars 1932». La citation de l'envoi est un extrait du poème « L'Esprit poétique », dédié à Louis Aragon. ‎


‎C'est le quatrième recueil publié par René Char (après Arsenal, Le Tombeau des secrets et Artine) : il est composé de douze poèmes (« Poème », « Sommeil fatal », «Voyageur sans tunnel», «La main de Lacenaire», «Le Fantôme de Lola Abat», «L'Artisanat», «Poètes», «L'Esprit poétique», «Les Messagers délirants de la poésie frénétique», «Les Soleils chanteurs», « L'Instituteur révoqué » et « L'Amour ») et imprimé en juillet 1931 par Ducros et Colas, maîtres imprimeurs à Paris, pour le compte des Éditions surréalistes, que dirige José Corti. Il est dédié à André Breton et doit son titre à une phrase incomplète extraite du texte de René Char, À Rimbaud (« L'action de la justice est éteinte là où brûle, où se tient la poésie, où s'est réchauffé quelques soirs le poète »). Rare exemplaire sur papier de tête, au plus fort de sa collaboration avec Breton et Éluard. « Char, dit Corti dans ses Souvenirs désordonnés, ne croit probablement pas beaucoup à l'inspiration ; mais, au hasard d'une rencontre, à l'aimantation des êtres et des choses. Il sait que le poète est un médium qui perçoit, sait le lieu et la prise. Quand il laboure, il pèse sur la terre ; il va toujours plus loin ; il revient sur le sillon autant de fois qu'il faut. Un manuscrit de Char est toujours la recherche de la dernière perfection. Quand on en est à l'impression, le repentir intervient : un mot, une inversion et le livre n'est pas plutôt achevé que se révèle ce qui aurait pu le parfaire. Tel poème de quelques vers n'a pas eu moins de sept ou huit états dont chacun a été définitif pendant quelques heures ou quelques jours [...] ». Le recueil sera repris, avec quelques corrections, dans Le Marteau sans maître, toujours chez Corti, en 1934. Il sera ensuite intégré au recueil Moulin premier. Nous n'avons retrouvé trace que de deux autres exemplaires sur papier vert : l'exemplaire n° 5, avec envoi à Georgette Char (Fonds Char, Collection Yvonne Zervos, Bibliothèque Doucet) et l'exemplaire Paul Eluard (n° 3), relié par Leroux (Christie's, Collection Pierre Leroy, juin 2002, n° 125). Il existe également un hors commerce tiré en vert, justifié «exemplaire A», offert à Benjamin Péret (Artcurial, octobre 2013, n° 136). De la bibliothèque Paul Destribats (Christie's, 2019, I - n° 313). ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 31618

(1945)

‎Le Marteau sans maître. Suivi de Moulin premier‎

‎ Exemplaire René Char, sur vélin du Marais Paris, Librairie José Corti, (10 août) 1945. 1 vol. (145 x 230 mm) de 103 p, [1] et 1 f. Broché. Édition en partie originale. Un des 50 exemplaires sur vélin du Marais (n° 36). ‎


‎Picasso, qui avait beaucoup apprécié la première édition de ce texte (publié en 1934 avec une pointe sèche de Kandinsky) saisit l'occasion, pour cette deuxième édition, de réaliser une eau-forte pour ce recueil d'inspiration fortement surréaliste. Celle-ci présente un visage où cubisme et surréalisme se mêlent et se complètent parfaitement. (Cramer, n°42). Elle ne figure que dans les 25 exemplaires de tête sur Arches. Cette édition d'après-guerre est néanmoins intéressante pour son contenu, Char ayant modifié quelques poèmes et voulant célébrer, alors qu'il vient de donner Seuls demeurent et prépare l'édition des Feuillets d'Hypnos, ses « années en accompagnement»avec ses amis surréalistes - Eluard et Breton au premier rang. Quelques jours après la parution, René Char est démobilisé, en septembre. La guerre est finie, il sera temps d'honorer la Résistance : dès octobre, des extraits de Feuillets d'Hypnos paraissent dans la revue Fontaine, que lit Camus. Il demande à publier l'ouvrage dans sa collection Espoir. Pour René Char, c'est le début d'un autre chemin, détaché des années trente, mais pour lesquelles il gardera toujours une passion intacte. Pour cette édition, il fait ajouter un feuillet liminaire où il parle de la réalité pressentie des années 1937-1944 dans ces poèmes écrits entre 1927 et 1937. » Vers quelle mer enragée, ignorée même des poètes, pouvait bien s'en aller, aux environs de 1930, ce fleuve mal aperçu qui coulait dans des terres où les accords de la fertilité déjà se mouraient, où l'allégorie de l'horreur commençait à se concrétiser, ce fleuve radiant et énigmatique baptisé Marteau sans maître ? Vers l'hallucinante expérience de l 'homme noué au M al, de l'homme massacré et pourtant victorieux. La clef du Marteau sans maître tourne dans la réalité pressentie des années 1937-1944. Le premier rayon qu'elle délivre hésite entre l'imprécation du supplice et le magnifique amour. » Exemplaire de la bibliothèque de René Char, qui a conservé le bandeau éditeur souligné au crayon de couleurs rouge par René Char, citant Héraclite. ‎

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‎René CHAR - (envoi à Georges HUGNET)‎

Reference : 91148

(1949)

‎Claire - Exemplaire de Georges Hugnet‎

‎Gallimard | Paris 1949 | 10.8 x 16.2 cm | Broché‎


‎Edition originale, un des exemplaires du service de presse. Agréable exemplaire. Précieux envoi autographe signé de René Char : "A Georges Hugnet affectueusement. René Char." Char et Hugnet rejoignent tous deux les rangs des surréalistes au début des années 1930. Ils font partie de la clique d'enfants terribles du surréalisme qui font irruption avec Breton lors du dîner d'inauguration cabaret-dancing de Montparnasse, le «Bar Maldoror» et provoquent Robert Desnos. Une bagarre s'ensuit, et Char est blessé d'un coup de stylet. En 1934, ils figurent sur le fameux échiquier surréaliste avant de prendre leur indépendance de lhégémonie politique et poétique bretonienne. Lorsque la guerre fait rage, lun prend les armes, lautre la plume et la presse : Char sous le pseudonyme du Capitaine Alexandre, Hugnet par limpression de tracts et laissez-passer et sa participation à L'honneur des poètes, publié clandestinement en 1943 par les Editions de Minuit. Ils poursuivirent leur uvre sous le signe de lindépendance, et les envois de Char attestent de son admiration pour cette figure majeure de la Résistance intellectuelle. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 31619

(1934)

‎Le Marteau sans maître.‎

‎ Premier livre de Char chez Corti. Exemplaire Bertelé avec envoi Paris, Éditions Surréalistes, (20 juillet) 1934. 1 vol. (140 x 190 mm) de 142 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 500 exemplaires du tirage ordinaire - après 20 exemplaires sur arches ornés d'une eau-forte de Kandinsky. Envoi signé : «à René Bertelé, très sympathiquement, R. Char». ‎


‎Longtemps perçu comme un recueil fondateur de la période surréaliste de René Char, Le Marteau sans maître occupe une place plus complexe : Char s'est toujours défendu d'appartenir véritablement au mouvement, dont il ne fut qu'un « passager locataire ». Mais ce livre, publié au coeur des années 1930, marque bien une césure dans la poésie française de l'entre-deux-guerres, où l'éclat des fulgurances se conjugue à une rigueur presque ascétique. « C'est une révolte que j'ai vécue seul sans communiquer », confiera-t-il plus tard à Paul Veyne. Le titre est choisi dès 1933, lorsque Char soumet son manuscrit à Gaston Gallimard, qui refuse de le publier. Le poète se tourne alors vers José Corti, éditeur déjà engagé dans la diffusion de textes surréalistes. Celui-ci accepte de l'imprimer « aux Éditions surréalistes », dans une édition collective en partie originale qui réunit Arsenal, Artine, L'action de la justice est éteinte et, pour la première fois, les Poèmes militants. Pour la rédaction du prière d'insérer, Char sollicite successivement Paul Éluard et André Breton, avant de retenir finalement le texte de Tristan Tzara, qu'il remerciera par ces mot : « Je suis enchanté, avec toute la gravité, l'émerveillement que ce mot renferme, de vos lignes à l'infini. (...) Je ne vois d'aussi claire ceinture pour m'entourer nulle part, il ne faut pas mêler les diamants. Ainsi donc vous seul. Et j'en suis ravi et pour mon livre et pour le lecteur. » Le prière d'insérer est bien présent, ainsi que le bandeau éditeur à parution. ‎

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‎Tristan TZARA - Hans ARP - (envoi à René CHAR)‎

Reference : 53048

(1929)

‎De nos oiseaux‎

‎Kra | Paris 1929 | 13 x 19 cm | broché‎


‎Edition originale sur papier courant,après la destruction du tirage de 1923, suite à une querelle entre Tzara et l'éditeur. Double envoi autographe signé et daté de Tristan Tzara, d'abord à Paul Éluard - «à Paul Éluard. Tristan Tzara. Juillet 1929» - puis, après avoir biffé cette première dédicace, à René Char en septembre 1934: «à René Char avec toute l'amitié grande de Tristan Tzara». Ce second envoi est enrichi d'un petit dessin par Tzara, une main qui désigne de l'index le nom de Char. * À l'automne 1934, quand Tzara dédicace l'ouvrage à Char, les deux poètes commencent à s'éloigner du surréalisme. Ils forment alors, avec René Crevel et Roger Caillois, un petit groupe très critique à l'égard d'André Breton et notamment de ses positions sur le Parti communiste. Tzara comme Char quittera le mouvement quelques mois plus tard, jugeant le surréalisme contraire à la révolution. Bel exemplaire d'une provenance remarquable, superbe preuve du rapprochement décisif dans l'histoire du surréalisme de Tzara et de Char. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 29034

(1945)

‎Seuls demeurent.‎

‎ Envoi au couple Gomès Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (185 x 230 mm) de 90 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 504). Envoi signé : « À Henriette et André Gomez [sic, pour Gomès]. Le chant finit l’exil. En toute amitié, René Char" ». ‎


‎La publication du recueil a été envisagée par Char dès avril 1941, mais cette perspective s'estompe dès lors que s'organise le maquis : « Je ne désire pas publier dans une revue les poèmes que je t'envoie. Le recueil d'où ils sont extraits et auxquels en dépit de l'adversité je travaille, pourrait avoir pour titre Seuls demeurent. Mais je te répète qu'ils resteront longtemps inédits, aussi longtemps qu'il ne se sera pas produit quelque chose qui retournera entièrement l'innommable situation dans laquelle nous sommes plongés » (Billet à Francis Curel, 1941). Seuls demeurent est terminé au printemps 1943 mais, lorsque le poète envoie à Gallimard son contrat d''édition, il exprime le souhait que son recueil ne paraisse « qu'une fois la situation de notre pays définitivement éclaircie ». Le recueil est composé de trois moments : « L'Avant-monde », qui regroupe des poèmes en prose, écrits entre 1938 et 1943, René Char ajoutant à l'ensemble un dernier poème en 1945, « La Liberté », qu'il avait envoyé à José Corti en août 1942 ; « Le Visage nuptial », un ensemble de cinq poèmes d'amour en vers datant de l'été 1938 et du début de la guerre et enfin « Partage formel » : une série d'aphorismes écrits en 1941 et 1942 sur le rôle du poète. Le recueil sera publié en février 1945, dans un tirage des plus restreints en grand papier : seulement 13 exemplaires sur pur fil (3 hors commerce A, B et C puis 10 chiffrés en romain), suivis de 1000 exemplaires sur châtaignier. Ces premiers tirages sont aujourd'hui rares. Bel exemplaire avec une jolie provenance : Née à Montmartre, Henriette Gomès débute son activité comme collaboratrice de Pierre Loeb, dont la galerie située alors au 2 rue des Beaux-Arts à Paris est un lieu de rencontres et d'expositions essentiel pour les artistes d'avant-guerre. Elle y rencontre en 1937 son futur mari, André, qui est alors journaliste et technicien de radio, et l'épouse un an plus tard. Avec le soutien Loeb, elle ouvre alors son propre espace, la « Galerie Henriette » avenue Matignon, inaugurée par une exposition consacrée à Georges Rouault. Deux années durant, elle y expose Cézanne, Gromaire, Brauner, Vieira da Silva, Arpad Szenes, Pierre Charbonnier et Hartung. Mais la guerre met fin à son activité : juive, elle est contrainte de quitter Paris en mai 1940 et se réfugie à La Rochelle, séparée de son mari, mobilisé. Sa galerie est confisquée et le couple se retrouve à Nîmes, puis se réfugie à Marseille en 1941 : ils y retrouvent écrivains et artistes regroupés autour d'André Breton à la villa Air-Bel, louée par le Comité américain de secours aux intellectuels de Varian Fry. C'est André Gomez qui photographiera Marcel Duchamp, dans un célèbre cliché, saluant le bras levé, debout à la proue d'un paquebot qui s'apprête à gagner le large. Le couple, lui, restera en France : engagés dans la Résistance, ils ont notamment plusieurs échanges avec le maquis des Basses-Alpes, comme en témoignera plusieurs fois René Char, alias capitaine Alexandre. Après la Libération, Henriette et son mari retrouvent un petit emplacement au 6 rue du Cirque à Paris, qu'ils remettent en état, tandis qu'André Gomès poursuit une activité de photographe professionnel. D'autres lettres de Char au couple Gomès, qu'il nomme ses « chers agneaux », témoigneront de cette période. Les amis se retrouvent à la Libération, et René Char peut enfin faire publier Seuls demeurent et leur offrir ce «chant qui finit l'exil» ainsi que la belle dédicace le précise. Un exil qui témoigne des années d'occupation et d'un engagement dans la Résistance pour eux tous. ‎

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‎CHAR (René)‎

Reference : 28865

(1945)

‎Seuls demeurent.‎

‎ Exemplaire Georges Bataille avec envoi Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (180 x 230 mm) de 90 p. et [1] f. Demi-percaline marron, pièce de titre, couvertures conservées (reliure des années 1950 [J. Moreau, relieur à Orléans]). Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 457). Envoi signé : «À Georges Bataille, intime de l'homme abrupt dans sa prison, René Char». ‎


‎Seuls demeurent est le titre le plus ancien de René Char présent dans la bibliothèque de Georges Bataille, et cette dédicace est selon toute vraisemblance la première jamais faite, à en croire l'inventaire établi par les librairies du Sandre et Vignes. Il s'agit en outre de l'un des rares volumes que Bataille fera relier, en l'occurrence chez J. Moreau à Orléans, où il sera muté en juillet 1951 en sa qualité de bibliothécaire. Moins de vingt exemplaires parmi les 1 283 titres répertoriés à ce jour dans sa bibliothèque subiront ce sort, attestant que, comme l'écrivent les libraires cités, « les difficiles conditions d'existence de l'écrivain dans l'après-guerre sont perceptibles jusque dans la modestie des exemplaires », du point de vue de leur condition tout au moins. Car c'est à n'en pas douter parce que cet exemplaire à lui dédicacé de Seuls demeurent lui tenait tout particulièrement à coeur que Bataille l'a fait ainsi établir, dans cette modeste reliure de bibliothèque, à l'instar de L'OEuvre du marquis de Sade d'Apollinaire, des OEuvres de 1919 à 1936 de Marx Ernst, de L'Âge d'homme de Leiris ou des Exercices de style de Queneau. Bataille offre un exemplaire de L'Expérience intérieure à Char, à Paris, le 7 avril 1945 : il est possible que l'envoi sur ce Seuls demeurent date du même jour, dans un échange de bon procédé et une rencontre parisienne - la première attestée entre les deux hommes, où Bataille confesse avoir «finalement à me réjouir d'avoir aujourd'hui rencontré René Char » (in Dans l'atelier du poète, p. 378). Leurs relations s'approfondiront lorsqu'ils se retrouveront à Carpentras, où Bataille prendra le poste de conservateur à la bibliothèque municipale. Char lui offrira par la suite L'Héraclite d'Éphèse (1948), Le Soleil des eaux (1949), Les Quatre Fascinants (1951), À la santé du serpent (1954) et La Bibliothèque est en feu (1956). Rare connexion et très belle provenance. ‎

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‎BRETON (André), CHAR (René) & ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 30870

(1930)

‎Ralentir Travaux.‎

‎ Chantier à six mains Paris, Éditions Surréalistes, (20 avril) 1930. 1 vol. (195 x 290 mm) de [52] p. Broché, non coupé. Edition originale. Un des 250 exemplaires sur Lafuma-Navarre (n° 55). ‎


‎D'Avignon, en avril 1930, Paul Eluard écrit à Gala : « Nous avons fait, Breton, Char et moi un assez long livre de trente très beaux poèmes que l'imprimeur de Char nous fait pour rien à 200 exemplaires ». Les poèmes furent conçus durant une période difficile pour André Breton et Paul Éluard, autant sur le plan intellectuel qu'affectif, au moment où les deux poètes retrouvent René Char, nouvellement rallié au surréalisme, dans le Vaucluse, à la toute fin de l'hiver 1930. Ensemble, ils composent ce mythique recueil à trois mains : « Ce furent des semaines de ferveur poétique. À la fin de ces vacances provençales, l'amitié était scellée et Char se joignit à Breton et Eluard qui rejoignaient Paris, le manuscrit de » Ralentir Travaux » dans leurs bagages », afin de les confier à l'imprimeur de Char, qui n'est autre que José Corti. Une recontre détaillée dans Provisoirement Définitif, où l'éditeur décrit ce moment et ce recueil comme « l'une des illustrations les plus lumineuses de la volonté de mise en commun de la pensée, un des axes majeurs du projet surréaliste(...) où la partie de chacun (...) est mêlée comme le sable à la chaux ». Le livre sera finalement tiré à 300 exemplaires : 8 exemplaires sur Japon ancien [et non les 8 Chine annoncés], 20 exemplaires sur papier de couleurs, 22 sur Hollande et 250 sur Lafuma-Navarre. Bel exemplaire. ‎

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‎BRETON (André), CHAR (René) & ÉLUARD (Paul)‎

Reference : 32420

(1930)

‎Ralentir Travaux.‎

‎ Exemplaire sur papier jonquille Paris, Éditions Surréalistes, (20 avril) 1930. 1 vol. (205 x 290 mm) non paginé. Broché, sous doubles couvertures. Edition originale. Un des 20 exemplaires sur papier de couleurs - celui-ci jonquille (n° 290) - tirage de tête après les 8 exemplaires sur Japon ancien.‎


‎D'Avignon, en avril 1930, Paul Eluard écrit à Gala : « Nous avons fait, Breton, Char et moi un assez long livre de trente très beaux poèmes que l'imprimeur de Char nous fait pour rien à 200 exemplaires ». Les poèmes furent conçus durant une période difficile pour André Breton et Paul Éluard, autant sur le plan intellectuel qu'affectif, au moment où les deux poètes retrouvent René Char, nouvellement rallié au surréalisme, dans le Vaucluse, à la toute fin de l'hiver 1930. Ensemble, ils composent ce mythique recueil à trois mains : « Ce furent des semaines de ferveur poétique. À la fin de ces vacances provençales, l'amitié était scellée et Char se joignit à Breton et Eluard qui rejoignaient Paris, le manuscrit de » Ralentir Travaux » dans leurs bagages », afin de les confier à l'imprimeur de Char, qui n'est autre que José Corti. Une recontre détaillée dans Provisoirement Définitif, où l'éditeur décrit ce moment et ce recueil comme « l'une des illustrations les plus lumineuses de la volonté de mise en commun de la pensée, un des axes majeurs du projet surréaliste(...) où la partie de chacun (...) est mêlée comme le sable à la chaux ». Le livre sera finalement tiré à 300 exemplaires : 8 exemplaires sur Japon ancien [et non les 8 Chine annoncés], 20 exemplaires sur papier de couleurs, 22 sur Hollande et 250 sur Lafuma-Navarre. Rare tirage, en bonne condition (une décoloration en marge supérieure de première couverture). ‎

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