Exemplaire Georges Bataille avec envoi Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (180 x 230 mm) de 90 p. et [1] f. Demi-percaline marron, pièce de titre, couvertures conservées (reliure des années 1950 [J. Moreau, relieur à Orléans]). Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 457). Envoi signé : «À Georges Bataille, intime de l'homme abrupt dans sa prison, René Char».
Reference : 28865
Seuls demeurent est le titre le plus ancien de René Char présent dans la bibliothèque de Georges Bataille, et cette dédicace est selon toute vraisemblance la première jamais faite, à en croire l'inventaire établi par les librairies du Sandre et Vignes. Il s'agit en outre de l'un des rares volumes que Bataille fera relier, en l'occurrence chez J. Moreau à Orléans, où il sera muté en juillet 1951 en sa qualité de bibliothécaire. Moins de vingt exemplaires parmi les 1 283 titres répertoriés à ce jour dans sa bibliothèque subiront ce sort, attestant que, comme l'écrivent les libraires cités, « les difficiles conditions d'existence de l'écrivain dans l'après-guerre sont perceptibles jusque dans la modestie des exemplaires », du point de vue de leur condition tout au moins. Car c'est à n'en pas douter parce que cet exemplaire à lui dédicacé de Seuls demeurent lui tenait tout particulièrement à coeur que Bataille l'a fait ainsi établir, dans cette modeste reliure de bibliothèque, à l'instar de L'OEuvre du marquis de Sade d'Apollinaire, des OEuvres de 1919 à 1936 de Marx Ernst, de L'Âge d'homme de Leiris ou des Exercices de style de Queneau. Bataille offre un exemplaire de L'Expérience intérieure à Char, à Paris, le 7 avril 1945 : il est possible que l'envoi sur ce Seuls demeurent date du même jour, dans un échange de bon procédé et une rencontre parisienne - la première attestée entre les deux hommes, où Bataille confesse avoir «finalement à me réjouir d'avoir aujourd'hui rencontré René Char » (in Dans l'atelier du poète, p. 378). Leurs relations s'approfondiront lorsqu'ils se retrouveront à Carpentras, où Bataille prendra le poste de conservateur à la bibliothèque municipale. Char lui offrira par la suite L'Héraclite d'Éphèse (1948), Le Soleil des eaux (1949), Les Quatre Fascinants (1951), À la santé du serpent (1954) et La Bibliothèque est en feu (1956). Rare connexion et très belle provenance.
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Envoi signé Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (185 x 240 mm) de 90 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 446). Envoi signé : «À Lucien Biton avec les remerciements d'Artine et la sympathie amicale de René Char».
Témoin des premières années d'occupation et de l'engagement dans la résistance de René Char, avec une publication envisagée par Char dès avril 1941, Seuls demeurent restera à l'état de manuscrit et ce projet éditorial s'estompera à mesure de l'engament du poète à la résistance active : « Je ne désire pas publier dans une revue les poèmes que je t'envoie. Le recueil d'où ils sont extraits et auxquels en dépit de l'adversité je travaille, pourrait avoir pour titre Seuls demeurent. Mais je te répète qu'ils resteront longtemps inédits, aussi longtemps qu'il ne se sera pas produit quelque chose qui retournera entièrement l'innommable situation dans laquelle nous sommes plongés. » (lettre à son ami Francis Curel en 1941). Seuls demeurent est terminé au printemps 1943 mais, lorsque le poète envoie à Gallimard son contrat d'édition, il exprime le souhait que son recueil ne paraisse « qu'une fois la situation de notre pays définitivement éclaircie». Le recueil est composé de trois moments : « L'Avant-monde », qui regroupe des poèmes en prose, écrits entre 1938 et 1943. René Char ajoutera à l'ensemble un dernier poème en 1945, « La Liberté », qu'il avait envoyé à José Corti en août 1942. Suit « Le Visage nuptial », un ensemble de cinq poèmes d'amour en vers datant de l'été 1938 et du début de la guerre et enfin « Partage formel » : une série d'aphorismes écrits en 1941 et 1942 portant sur le rôle du poète. Le recueil sera publié en février 1945, dans un tirage des plus restreints en grand papier : seulement 13 exemplaires sur pur fil (trois hors commerce A, B et C puis 10 chiffrés en romain), suivis de 1000 exemplaires sur châtaignier. Ces premiers tirages sont aujourd'hui forts rares. L'exemplaire est offert à Lucien Biton, ami de Clovis Trouille et d'Yves Bonnefoy. Erudit surréaliste, collectionneur et bibliophile, sa correspondance avec Noël Arnaud est hébergée à la bibliothèque de l'Arsenal. Bandeau éditeur conservé.
Envoi au couple Gomès Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (185 x 230 mm) de 90 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 504). Envoi signé : « À Henriette et André Gomez [sic, pour Gomès]. Le chant finit l’exil. En toute amitié, René Char" ».
La publication du recueil a été envisagée par Char dès avril 1941, mais cette perspective s'estompe dès lors que s'organise le maquis : « Je ne désire pas publier dans une revue les poèmes que je t'envoie. Le recueil d'où ils sont extraits et auxquels en dépit de l'adversité je travaille, pourrait avoir pour titre Seuls demeurent. Mais je te répète qu'ils resteront longtemps inédits, aussi longtemps qu'il ne se sera pas produit quelque chose qui retournera entièrement l'innommable situation dans laquelle nous sommes plongés » (Billet à Francis Curel, 1941). Seuls demeurent est terminé au printemps 1943 mais, lorsque le poète envoie à Gallimard son contrat d''édition, il exprime le souhait que son recueil ne paraisse « qu'une fois la situation de notre pays définitivement éclaircie ». Le recueil est composé de trois moments : « L'Avant-monde », qui regroupe des poèmes en prose, écrits entre 1938 et 1943, René Char ajoutant à l'ensemble un dernier poème en 1945, « La Liberté », qu'il avait envoyé à José Corti en août 1942 ; « Le Visage nuptial », un ensemble de cinq poèmes d'amour en vers datant de l'été 1938 et du début de la guerre et enfin « Partage formel » : une série d'aphorismes écrits en 1941 et 1942 sur le rôle du poète. Le recueil sera publié en février 1945, dans un tirage des plus restreints en grand papier : seulement 13 exemplaires sur pur fil (3 hors commerce A, B et C puis 10 chiffrés en romain), suivis de 1000 exemplaires sur châtaignier. Ces premiers tirages sont aujourd'hui rares. Bel exemplaire avec une jolie provenance : Née à Montmartre, Henriette Gomès débute son activité comme collaboratrice de Pierre Loeb, dont la galerie située alors au 2 rue des Beaux-Arts à Paris est un lieu de rencontres et d'expositions essentiel pour les artistes d'avant-guerre. Elle y rencontre en 1937 son futur mari, André, qui est alors journaliste et technicien de radio, et l'épouse un an plus tard. Avec le soutien Loeb, elle ouvre alors son propre espace, la « Galerie Henriette » avenue Matignon, inaugurée par une exposition consacrée à Georges Rouault. Deux années durant, elle y expose Cézanne, Gromaire, Brauner, Vieira da Silva, Arpad Szenes, Pierre Charbonnier et Hartung. Mais la guerre met fin à son activité : juive, elle est contrainte de quitter Paris en mai 1940 et se réfugie à La Rochelle, séparée de son mari, mobilisé. Sa galerie est confisquée et le couple se retrouve à Nîmes, puis se réfugie à Marseille en 1941 : ils y retrouvent écrivains et artistes regroupés autour d'André Breton à la villa Air-Bel, louée par le Comité américain de secours aux intellectuels de Varian Fry. C'est André Gomez qui photographiera Marcel Duchamp, dans un célèbre cliché, saluant le bras levé, debout à la proue d'un paquebot qui s'apprête à gagner le large. Le couple, lui, restera en France : engagés dans la Résistance, ils ont notamment plusieurs échanges avec le maquis des Basses-Alpes, comme en témoignera plusieurs fois René Char, alias capitaine Alexandre. Après la Libération, Henriette et son mari retrouvent un petit emplacement au 6 rue du Cirque à Paris, qu'ils remettent en état, tandis qu'André Gomès poursuit une activité de photographe professionnel. D'autres lettres de Char au couple Gomès, qu'il nomme ses « chers agneaux », témoigneront de cette période. Les amis se retrouvent à la Libération, et René Char peut enfin faire publier Seuls demeurent et leur offrir ce «chant qui finit l'exil» ainsi que la belle dédicace le précise. Un exil qui témoigne des années d'occupation et d'un engagement dans la Résistance pour eux tous.
Envoi signé au couple Zervos Paris, Gallimard, (24 février) 1945. 1 vol. (185 x 230 mm) de 90 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 1 000 exemplaires sur châtaignier (n° 387). Envoi signé : « à Yvonne et à Christian Zervos, dont la Rencontre et l’amitié ajoutent une page à ce livre et un sens à son titre. De tout coeur leur ami. René Char ».
C'est vraisemblablement par l'entremise de Paul Éluard que René Char rencontre le couple Zervos, à l'époque où les membres du mouvement surréaliste écrivent dans les Cahiers d'art de Christian Zervos. La première relation avérée remonte au moment où l'éditeur galériste obtient de Kandisky (qu'il a aidé à venir en France) une pointe-sèche pour orner en 1933 le tirage de tête du Marteau sans maître. Char ne contribuera réellement aux Cahiers d'art qu'en 1937 avec « Dehors la nuit est gouvernée ». La guerre, ensuite, les sépare. Yvonne et Christian Zervos - déchu en 1941 par le régime de Vichy de la nationalité française acquise en 1927 - se réfugient dans la ferme de La Goulotte, près de Vézelay, tandis qu'ils mettent l'appartement parisien du 40 de la rue du Bac où ils vivent depuis 1938 à la disposition de Paul et Nusch Éluard : nombre de tracts clandestins y seront imprimés dans le sous-sol. René Char, lui, ne quitte pas la Provence, sinon pour l'Afrique du Nord pendant l'été 1944 pour la préparation du débarquement de Provence. Char retrouvera les Zervos après la Libération : il n'est pas encore démobilisé qu'il devient un hôte régulier de la rue du Bac, que les Zervos réintègrent en février 1945. C'est à ce moment-là que paraît Seuls demeurent : la dédicace portée sur l'exemplaire qu'il leur offre garde l'empreinte de ce nouveau départ et de l'amitié indéfectible qui se nouera par la suite puisque, l'année suivante, Char invite les Zervos à Céreste, avant que le couple s'installe au Thor, près de l'Isle-sur-la-Sorgue, où ils préparent une importante exposition au Palais des papes d'Avignon pour laquelle Jean Vilar, sollicité par Char, leur proposera trois créations théâtrales : c'est la naissance du festival d'Avignon. « De la fin des années 40 aux années 60, Char séjourna régulièrement à La Goulotte, dont il appréciait le calme et l'environnement naturel propice à la marche comme le montre sa correspondance postée depuis Vézelay. Le 16 mai 1948, il tient à indiquer le lieu et la date au bas des deux poèmes qu'il vient d'y écrire : «Un oiseau...» et «Pénombre» [qui seront publiés dans Fureur et mystère]. Après la vente de sa propriété familiale des Névons (à L'Isle-sur-Sorgue), Char n'a plus de maison et passe les étés suivants avec Yvonne Zervos, soit dans l'Eure, soit à Vézelay » (Christian Limousin, La Maison Zervos à Vézelay, 2019). C'est à La Goulotte que Char rédigera le poème « L'une et l'autre », qu'il enverra à PAB pour en donner une édition minuscule, qui sera faite en septembre 1957. Les Zervos seront parmi les premiers invités de Char lorsque le poète achètera en 1960 les Busclats pour en faire sa nouvelle et dernière demeure provençale.
Paris, N.R.F., 1945, in-4, br., 90 p. Edition originale sur papier Châtaignier. Bel envoi autographe signé au peintre Pierre Charbonnier, dont l'univers touche le mien et le complète - fraternellement / René Char / L'Isle 4 juillet 1947. Deux manuscrits autographes (3 pages 21 x 29 cm) de René Char de deux des poèmes du recueil sont joints : Médaillon et Fenaison ce dernier poème comporte également une belle dédicace toujours à Pierre Charbonnier. Annotations d'ordre typographique à l'encre bleu et rouge et au crayon de Char.
Phone number : 33 01 48 04 82 15
Editions Gallimard 1945. In-8 broché de 90 pages au format 24 x 19 cm. Couverture avec titre imprimé. Dos carré. Plats et intérieur frais, malgré de légères traces de pliures aux coins et une pâle auréôle au coin inférieur gauche du 4ème plat qui se répercute sur la page de garde. Un des 1000 exemplaires numérotés sur châtaignier ( n° 445 ), après 13 sur vélin pur fil Lafuma. Bel état général. Edition collective en grande partie originale, qui sera intégré à Fureur et Mystère.
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