8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 P., Librairie du Recueil Sirey, 1938, gr. in-8°, xxi-502 pp, pièces justificatives, biblio, index, broché, bon état
"Une étude détaillée du fonctionnement et des effets de l'octroi de la ville de Lyon et l'histoire de son administrateur, Français de Nantes, ex-fermier général, devenu jacobin, puis entré au Conseil d'État, spécialiste qualifié en matière de comptabilité communale. L'intérêt du problème étudié peut s'exprimer ainsi. La Révolution triomphante avait aboli les octrois, c'est-à-dire les taxes de consommation ou de circulation où les villes puisaient le meilleur de leurs ressources. La conséquence en fut l'impossibilité d'une administration municipale régulière et même la misère pour les établissements charitables. Sous le consulat, la restauration financière conduisit à la résurrection de l'octroi. Mais on hésita entre diverses formules : régie directe, ferme, régie intéressée. On adopta d'abord cette dernière formule et la compagnie Georges Ricard géra l'octroi pendant une année. A la révocation de celle-ci, la ville se chargea directement de l'administration de l'octroi et, un an plus tard, une seconde régie intéressée fut instituée qui dura jusqu'en 1809, mais qui était déjà condamnée en 1807, et la municipalité reprit pour un siècle la haute main sur la source essentielle de ses revenus..." (Paul Harsin, Revue belge de philologie et d'histoire, 1939)
P., Larousse, s.d. (1926), 2 vol. in-8°, 255 et 246 pp, notices et annotations par Louis Coquelin, 5 planches hors texte, biblio, les 2 volumes reliés ensemble en un volume demi-maroquin lie-de-vin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête mouchetée, couv. et dos conservés (reliure signée P. Courty), dos lég. passé, très bon état. Bel exemplaire finement relié
"Les genres dans lesquels a brillé Courier (le dialogue, la correspondance, le pamphlet), genres courts, il les pratique comme si les Lumières voltairiennes, se résumant et s’aiguisant en lui, pouvaient faire échec à l’hypocrisie de la Restauration. Il est une preuve vivante que la littérature ne marche pas au pas cadencé et qu’elle n’est pas le reflet docile de la société, comme le prétendait M. de Bonald." (Marc Fumaroli)
Lyon, E. Vitte, 1960, in-8°, 345 pp, 10 gravures et fac-similés hors texte, broché, bon état
"De vieille souche provençale, né à Aix en 1784, Paul de Magallon, qui grandit à la cour de Prusse pendant l'émigration, s'illustra ensuite comme officier de la Grande Armée, notamment à Wagram et fut fait prisonnier pendant la campagne de Russie. De retour en France au début de la Restauration, il fut mis en demi-solde et songea à entrer en religion. A l'âge de 35 ans, en 1819, il alla à Rome prendre l'habit de l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, pour, rétablir en France cet ordre, supprimé depuis la Révolution. Devenu Provincial, il fonda plusieurs maisons, notamment à Lyon, à Paris, dans les Flandres et en Bretagne, fut plus tard Assistant général à Rome et mourut à Lyon en 1859. Cet ouvrage, rédigé d'après les archives de l'ordre, est une contribution importante à l'histoire de la restauration des ordres religieux en France au début du XIXe siècle." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1963)
Toulouse, Privat, 1992 in-8°, 256 pp, sources et biblio, carte et plan, annexe sur le brigandage dans la littérature de colportage, index
Belin, 1989 in-8°, 330 pp, préface de Denis Woronoff, présentation et notes sous la direction de François Hartog, broché, bon état (Rapports à l'Empereur sur le progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789, IV)
"Dans le flot des livres de l'année 1989, les publications de textes sont rares. Il faut saluer la réédition dans la Librairie du bicentenaire de la Révolution française, par Belin, de ces tableaux historiques sur les progrès de l'esprit humain, qui avaient connu à l'époque de leur publication un destin inégal. Edition critique exemplaire, présentée par Denis Woronoff." (R. Monnier, Annales historiques de la Révolution française, 1989)
Rennes, Editions Ouest-France, 1990, in-8°, 298 pp, 14 gravures et cartes, tableaux, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"Le dernier livre de Serge Daget est une synthèse de l'histoire de la traite, ou plus exactement une mise au point des derniers travaux et apports récents sur un certain nombre de points. L'ensemble de nos connaissances, notamment sur la traite française, est bien mis en œuvre, il n'y a pas de période ou de région africaine délaissée. Mais ce n'est pas une histoire linéaire de la tragédie qui a emmené des millions d'hommes outre-atlantique, non plus que de la lutte de ceux qui ont œuvré pour sa suppression. Tout en apportant de très nombreuses informations, ces pages denses sont aussi une réflexion de l'auteur sur le sujet auquel il s'est consacré depuis trente ans. Tout particulièrement les trois derniers chapitres, qui reposent en grande partie sur sa thèse de doctorat qui n'a pas été publiée à ce jour. Ce sera donc une nouveauté pour beaucoup qui, s'ils savent ce qu'est “l'asiento” et comment se sont constituées ce que l'auteur appelle les bastilles négrières, ne sont pas familiers des problèmes de la répression française de 1815 à 1870. Le lecteur trouvera aussi dans ces pages très denses une documentation sur les acteurs « indirects » d'une traite qui fut le stimulant de la vie économique de certaines régions. Un livre passionnant et utile." (Paule Brasseur, Revue française d'histoire d'Outre-Mer, 1992)
Plon, 1912, in-8°, xxviii-487 pp, un portrait en couleurs sous serpente légendée, un portrait en noir et une carte dépliante hors texte, broché, couv. lég. abîmée, bon état (Tulard, 388)
Tome I seul (sur 2) — "Au service de la Russie en 1788, Roger de Damas retrouve Paris en décembre 1789 à l'occasion d'un congé. Ne reconnaissant plus la France où il avait grandi, il repart pour la Russie puis combat la Révolution dans les armées prussienne et de Condé avant de se réfugier à Naples en 1798, puis à Vienne. Ayant commencé à rédiger ses mémoires à partir de 1800, il consacre le premier volume à l'époque qui va de 1787 à 1806, racontant Valmy, les campagnes d'Allemagne, la résistance des armées napolitaines aux troupes du Directoire. Ses souvenirs témoignent de son intelligence et de sa lucidité ainsi que de l'admiration en tant que militaire qu'il vouait à Bonaparte tout en le combattant" (Fierro, 388). — Document de premier ordre. Mémoires "objectifs" et pourvus d'un remarquable appareil critique. Parmi les tous premiers à lire sur la période.
Fayard, 1960, fort in-12, 1045 pp, une carte, biblio, tableaux chronologiques, index, reliure demi-toile brique, dos lisse, pièce de titre chagrin carmin, tranches mouchetées, C. de bibl., bon état (Coll. Les Grandes études historiques)
"Cet ouvrage constitue la première partie du tome VI de l'« Histoire de l'Eglise du Christ » que M. Daniel Rops publie depuis une vingtaine d'années. C'est l'œuvre d'un excellent historien, mais d'un historien « engagé ». Historien engagé, c'est-à-dire qui croit non seulement à la vérité de l'Eglise catholique, mais qui écrit pour la défendre. Engagé, donc subjectif, mais impartial. Daniel Rops conçoit avec raison « les révolutions » comme un immense mouvement qui atteint tout le monde occidental. Dans ce gros ouvrage, un peu plus du quart est consacré à ce que, traditionnellement, on appelle « la Révolution française ». Le récit est clair, vivant, assez bien documenté, les erreurs sont rares. Daniel-Rops rend hommage au clergé constitutionnel dont il s'est efforcé de comprendre et de faire comprendre l'attitude. Pour l'auteur, la révolte de la Vendée est essentiellement d'origine religieuse. « Le sabre et l'esprit » : tel est le titre du chapitre qui retrace l'histoire de l'Eglise sous Napoléon. Pour Daniel-Rops, Napoléon ne manifestait aucune sincérité dans ses démonstrations religieuses, c'était un athée, tout au plus un vague déiste. Il a voulu faire de l'Eglise une espèce de police supplétive, et y a, en France, en partie réussi. Les luttes entre Pie VII et Napoléon sont retracées avec beaucoup de clarté, jamais l'abondance de la documentation ne vient masquer les lignes directrices de cette histoire. Ainsi que nous le disions, les trois quarts du volume sont relatifs à la période qui s'étend de 1815 à 1870. Il est impossible ici de les analyser en détail. Signalons les très belles pages que Daniel Rops consacre à Lamenais, et le chapitre consacré à Pie IX, beaucoup plus favorable à ce pape que le livre du chanoine Aubert dans l'« Histoire de l'Eglise », de Fliche et Martin. Le livre de Daniel-Rops est une histoire de l'Eglise au sens le plus général du terme : l'auteur ne se borne pas à étudier l'histoire des papes et celle des relations entre l'Eglise et les Etats, mais aussi, quand c'est possible, la foi et la pratique religieuses, l'art religieux, les missions et les œuvres. Une bibliographie fort complète, des tableaux chronologiques et un index terminent l'ouvrage et en font un bon instrument de travail." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1961) — "Ces mille pages d'une typographie serrée nous conduisent des États généraux de 1789 aux dernières années du règne de Pie IX. C'est bien, pour l'Église elle-même, l'ère des révolutions : si féconde en bouleversements de toutes sortes, la rupture politique qui anéantit la monarchie française atteint profondément la tradition chrétienne ; elle sera suivie d'autres révolutions où « le social » se mêlera de plus en pîus au politique, sans épargner toujours la vie religieuse ; et nous nous retrouverons, à l'issue de cette période, en face d'une Église, à certains égards renouvelée, qui aura perdu, en son centre, son domaine temporel, mais renforcé son autorité doctrinale. Un siècle si plein de violences ne pouvait être, dans l'ordre de l'esprit et tout spécialement de la foi, qu'un siècle tourmenté. (...) Bien construit, s'efforçant de ne laisser dans l'ombre aucun des grands problèmes qui ont surgi en marge de tous les courants religieux du siècle et leur ont communiqué souvent un peu de leur propre vigueur, riche en portraits suggestifs et en tableaux impressionnants, bourré de noms et de faits (voire de menus faits), sans négliger pour autant d'opportunes synthèses, ce livre substantiel est vivant comme la vie qu'il retrace." (Charles Ledré, Revue d'histoire de l'Église de France, 1961) — "Avec ce huitième volume de son « Histoire de l'Eglise du Christ », D.-R. couvre la période qui s'étend de 1789 à 1870. Comme les précédentes, cette synthèse repose sur une abondante bibliographie. L'ouvrage se termine par un tableau chronologique, un index des noms et une table des matières détaillée, qui en facilitent la consultation." (Revue française de science politique, 1961)
Bruxelles, J. Vanden Acker, 1933, gr. in-8°, 239 pp, préface du baron de Troostembergh, 8 pl. de gravures hors texte, sources, index, reliure simili-cuir noir, dos lisse, titres et filets dorés, bon état, ex-libris Jean-Jacques Pattyn
Biographie de Louis de Ligne (1766-1813), fils cadet du maréchal de Ligne.
Flammarion, 1948, pt in-8°, 528 pp, chronologie sommaire, biblio, broché, papier jauni, bon état (Coll. L'Histoire), envoi a.s. au philosophe Louis Lavelle
Un second volume est paru en 1951 : Sous la Troisième République. — "Ce volume apporte une synthèse brillante et bien informée. Mais l'auteur se trouvait avantagé ou désavantagé par l'état fort inégal des études consacrées aux différentes époques où tant de régimes se succédèrent en s'opposant. Pour la Révolution, pour le Premier Empire, il bénéficiait de l'effort accompli depuis quarante ans. Les trois premiers livres sont donc la meilleure partie de cette oeuvre ; ils présentent une mise au point complète et judicieuse ; la forme aisée, vivante, selon la bonne tradition des historiens français, dissimule une érudition solide, étendue, que seuls peuvent distinguer les spécialistes. M. Dansette excelle à ne pas écraser et se lit avec le plus grand intérêt..." (Jean Leflon, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1949)
Fayard, 1939 in-12, xxi-433 pp, avant-propos de Adrien Dansette, broché, bon état (Coll. Les Grandes études politiques et sociales)
"M. Dansette, historien averti, a su découper dans l'oeuvre de l'empereur, dans celles des témoins de son règne des pages bien choisies, nombreuses, et ingénieusement articulées en livres et chapitres : sentiments et idées de jeunesse (rousseauisme et jacobinisme ; doctrine impériale, vues sur le passé, dictature, pouvoir exécutif, législatif, judiciaire, la famille, la religion, l'aristocratie, l'instruction publique, l'économie nationale, la question juive, l'armée, la guerre, la politique extérieure, vues d'avenir, pensées de l'homme dEtat ; l'homme et sa destinée). Une des caractéristiques psychologiques du personnage, c'est son extraordinaire dynamisme, c'est son opportunisme réaliste et réalisateur, traversé au surcroît par des rêveries d'un romantisme ou d'un romanesque étonnant. Les douze pages d'introduction de M. Dansette sont d'ailleurs pleines de saines observations critiques. II y explique avec finesse comment se concilient les contradictions apparentes des pensées napoléoniennes." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1943) — "Un volume dû au patient et sagace labeur de M. A. Dansette, qui l'a fait précéder d'un avant-propos où sont exposés le sens et le but de l'oeuvre. L'éditeur de ces pages a voulu classer et présenter dans un ordre logique les vues politiques et sociales de Napoléon. Ce n'était pas une mince besogne que de glaner ces idées dans les documents les plus divers et de les ordonner avec méthode. Louons M. A, Dansette d'y avoir réussi et de nous présenter, dans une série de chapitres, très heureusement subdivisés, la pensée de Napoléon qui, dans tous les domaines où elle eut à s'exercer, se révéla comme celle d'un homme formé à l'école des maîtres du XVIIIe siècle, de l'héritier botté et couronné de la Révolution française." (B. Combes de Patris, Revue des études historiques, 1939) — "On doit à Adrien Dansette, en 1939, un recueil intitulé "Napoléon : vues politiques". Précieux, il se limite toutefois au seul domaine du pouvoir, négligeant les jugements sur les hommes et les événements." (Jean Tulard)
Plon, 1946, in-8°, 314 pp, un portrait en frontispice, biblio, index, broché, bon état (Grand Prix Gobert de l'Académie française 1944). On joint une coupure de presse de l'époque sur le livre
La seule biographie de ce grand seigneur, qui, à l'instar de Caulaincourt, bénéficia de nombreuses confidences de Napoléon lors de la campagne de Russie. Un destin extraordinaire : fils naturel de Louis XV, ralié à la Révolution, dernier ministre de la guerre de Louis XVI, aide de camp et confident de Napoléon lors de la campagne de Russie et ambassadeur de France à Vienne en 1813, il mourra du Typhus la même année. — Né à Parme en 1755, Louis-Marie de Narbonne-Lara est-il le fils naturel de Louis XV ? Sa mère est dame d'honneur à la cour de Versailles et Narbonne reçoit une éducation privilégiée. Colonel à trente ans du régiment d'Angoumois puis de Piémont, il adopte les idées de la Révolution en 1789. Commandant en chef de toutes les gardes nationales du Doubs, il rétablit le calme troublé par les soulèvements agraires. Le 7 décembre 1791, il est appelé par Louis XVI au ministère de la Guerre, mais le portefeuille lui en est retiré le 9 mars 1792. Après la déclaration de guerre, il sert à l'armée, revient trop tard pour sauver la monarchie le 10 août et parvient à s'enfuir grâce à la protection de Mme de Staël. Il vit en exil à Londres puis en Suisse et en Allemagne ; il se rallie à Napoléon, qui lui confie diverses missions : gouverneur de Trieste en 1809, ambassadeur en Bavière, aide de camp particulier de l'Empereur lors de la campagne de Russie. A ce titre, il recueille de curieuses confidences de Napoléon que nous a conservées Villemain dans ses Souvenirs. Nommé ambassadeur à Vienne en 1813, Narbonne ne cesse, au cours de cette année capitale pour le destin de l'Empire, de prêcher la paix à Napoléon. — Louis, Comte de Narbonne-Lara, est le fils naturel de Louis XV. Élevé au milieu de la famille royale il est destiné au plus grands emplois. Colonel à vingt-cinq ans et, partisan des idées nouvelles dès avant 1789, il devient en 1791 l’un des chefs de file du parti feuillant. Général, il est nommé Ministre de la Guerre du 6 décembre 1791 au 9 mars 1792, grâce à l’appui de Madame de Staël dont il est l’amant depuis 1789 et qui espère par lui réaliser ses idées constitutionnelles et ainsi sauver la monarchie. Narbonne se heurte vite aux partisans du Roi et de la Reine qui ne l’aiment pas. Sa tentative d’un coup de force militaire avec Lafayette, Luckner et Rochambeau amène Louis XVI à le renvoyer. Favorable à la guerre, Narbonne sert à l’armée et se bat aux frontières mais est contraint d’émigrer après le 10 août. Bien accueilli à Londres il est cependant considéré comme un renégat par les premiers émigrés. Rentré en France sous le Consulat, il est nommé général de division par Bonaparte le 8 mars 1801 mais, en raison de l‘hostilité cachée de Talleyrand à son égard, reste sans emploi jusqu‘en 1809 malgré ses instances répétées auprès de Napoléon pour retrouver un commandement ou une fonction . Au moment de la campagne d’Autriche, Talleyrand ayant perdu son crédit auprès de l’Empereur, Narbonne, qui admire l’armée nouvelle, peut enfin être reçu par Napoléon qui est immédiatement séduit et le nomme Gouverneur de Raab, puis de Trieste avant de l’envoyer comme Ministre plénipotentiaire à Munich. Il effectue diverses missions secrètes et prend part aux négociations qui précèdent le mariage avec Marie-Louise. Napoléon, en 1810, appréciant de plus en plus les qualités de Narbonne, en fait à la fois un de ses Aides de Camp et l’un de ses rares confidents aux cours de nombreux entretiens particuliers qu‘il aura avec lui désormais. Lors de la Campagne de Russie, le Général Comte de Narbonne, toujours très proche de Napoléon, sert avec une grande distinction et s’attire même les éloges du Bulletin de la Grande Armée pour son courage tranquille et l’élégance imperturbable de ses manières au milieu des pires épisodes de la tragique retraite. Au début de 1813 Narbonne , qui jouit de plus en plus de l’audience et de la confiance de l’Empereur qui n’hésite pas à le consulter sur différents sujets, est nommé Ambassadeur à Vienne à ce moment crucial. Clairvoyant, il s’aperçoit , malgré les palinodies de Metternich, que l’Autriche ne songe qu’à la guerre contre la France ce dont il prévient Napoléon qui ne veut pas le croire. Revenu auprès de l’Empereur et partisan de la paix, il est envoyé avec Caulaincourt au Congrès de Prague. Après la reprise des hostilités il est nommé Gouverneur de l’importante place forte de Torgau ou il organise la défense avec son activité et son courage habituels mais succombe le 17 novembre 1813 à l’épidémie de Typhus qui décime et emporte des milliers d’hommes de la garnison (17000 sur 26000 ) qui finit par capituler le 26 décembre. Napoléon, qui ne prodiguait pas les témoignages de regret, qualifia Narbonne « d‘ami » et assura à ses proches pensions et rentes que ne maintint pas Louis XVIII. A Sainte-Hélène Napoléon a porté sur Narbonne cette sentence: « C’était un homme de beaucoup d’esprit et qui avait aussi beaucoup de jugement. J’aurai dû le mettre au ministère des relations étrangères à la place de Caulaincourt ». Belle étude biographique de ce gentilhomme de très haute lignée, fils naturel de Louis XV, soldat et diplomate, rallié à la Révolution et devenu l'admirateur, le confident et l'aide de camp de Napoléon.
Alençon, CLEF 89 Orne, 1991, in-4°, 126 pp, 5 gravures, une carte, notes biographiques, couv. illustrée, bon état
Boulogne-Billancourt, Éditions RJ, 2009, in-8°, 527-(5) pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs, un fac-similé et un tableau généalogique hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Stendhal l'appelle maître et bienfaiteur, Madelin le qualifie d'agent incomparable de la Couronne à Rome. Administrateur civil et militaire remarquable, en France et dans les pays conquis, le baron emmène dans ses fourgons son jeune cousin Henri Beyle ; il lui fait connaître le monde des lettres et du théâtre, puis le monde tout court et l'Italie qui le marquera à jamais ; il incarne le Beau idéal si présent dans l'oeuvre stendhalienne et l'écrivain avoue tenir de lui le peu qu'il sait sur les femmes, ce peu qui remplit ses romans. Martial donne au génie en herbe la matrice première où son esprit baigne, se nourrit et se développe. A Rome, aidé de Canova, il transforme le Quirinal en palais impérial, chef-d'oeuvre du néo- classicisme, modernise et développe les musées du Vatican et du Capitole, et la Bibliothèque vaticane, favorise l'artisanat, sauve les tapisseries de Raphaël, dirige les fouilles et fait prévaloir ses idées sur la restauration des monuments antiques. En arrière-plan, domine la présence bienveillante de deux grands personnages du monde stendhalien, le sévère comte Pierre Daru, ministre secrétaire d'État, et son épouse l'irréprochable Alexandrine. Deux documents apparemment inédits sur Stendhal, d'innombrables notes et une iconographie peu connue apportent un éclairage nouveau sur l'environnement du romancier.
Félix Alcan, 1891, in-8°, xii-460 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs, titres et caissons ornés dorés, encadrements à froid sur les plat, fer du lycée Buffon au 1er plat (rel. de l'époque), plats lég. tachés, bon état
Tome I seul (sur 2) : de 1814 à 1848.
Editions André Lavaud, 1956 in-8°, 330-(5) pp, préface du général Weygand, 12 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronné par l'Académie Française), bel envoi a.s. à la rédaction du "Miroir de l'Histoire"
"Napoléon et les manuels d’histoire est un livre très documenté, qui, à l’aide de preuves irréfutables, met en évidence des faits, des chiffres, des documents essentiels connus seulement des spécialistes. Il rend accessible à tous les sources authentiques de la grande histoire. Il analyse et passe en revue toutes les thèses. Il apporte sa contribution efficace à une meilleure connaissance de l’œuvre impériale dont le rôle fut extraordinaire et parfois prophétique, non seulement en France, mais dans l’Europe entière. À lire et à relire ces pages, entraîné par la verve et le style aisé de l’auteur, on est étonné de découvrir une histoire nouvelle encore plus glorieuse pour le renom français que celle à laquelle nous sommes habitués. Ce livre a sa place dans toutes les bibliothèques, pour les dilettantes comme les érudits." (Revue Défense Nationale, 1956) — "Mlle R. Deburat présente aux éditions A. Lavaud un livre intitulé “Napoléon et les manuels d'histoire”. L'auteur reproche à ceux-ci de dénigrer nos gloires nationales en particulier Napoléon Ier. Le premier empereur des Français ne fit la guerre que contraint et forcé par ses adversaires qui s'opposèrent à la pacification et à l'unification de l'Europe dont il rêvait, telle est la thèse, alléchante en vérité, que Mlle Deburat soutient dans son ouvrage, thèse étayée d'ailleurs par une grande abondance de documents. Certains historiens dignes de ce nom ne se sont pas montrés d'accord avec Mlle Deburat. Quant à l'œuvre intérieure, souvent remarquable de l'Empereur et que l'auteur défend âprement, nous en connaissions déjà quelque chose quoi qu'en pense l'auteur, ne serait-ce qu'à travers les manuels d'histoire. Ne dénigrons pas nos gloires nationales, soit ; ne dénigrons pas non plus par exemple la Grande Révolution qui a permis à Bonaparte de devenir général, puis empereur des Français." (Jean Maitron, L'Actualité de l'Histoire, 1956)
Librairie Décembre-Alonnier, s.d. (v. 1875), in-4°, 847 pp, 100 gravures par Lix, Beyle, Gerlier, Lançon, Tobb, etc., gravées sur bois par Trichon, reliure demi-basane rouge époque, dos à nerfs orné de fleurons dorés, accroc à la coiffe sup. "Histoire complète de la monarchie prussienne depuis sa fondation : le récit détaillé des événements qui se sont produits en Prusse et dans toute l'Allemagne, pendant la période républicaine et impériale, histoire des batailles, sièges, combats, etc,, traités de paix, etc. Histoire de la Campagne de France. Terminé par un tableau de la situation actuelle de la Prusse".
P., Champion, 1931 gr. in-8°, ix-276 pp, biblio, index, broché, bon état
M. Jules Dechamps apporte d'utiles contributions à une étude approfondie de la légende napoléonienne. Plutôt qu'un enchaînement rigoureux des diverses parties il y a dans son livre une série d'études tournant autour du sujet. La légende a d'ailleurs largement débordé notre pays. Dans son chapitre III “A travers le monde. Folklore, imagerie”, notre auteur la suit à travers le globe et il en constate la floraison luxuriante et rapide, presque immédiate, jusqu'à Bender Abbassy, à Kakoum, en Asie et jusqu'en Patagonie et en Nouvelle-Zélande. Aussi peut-il parler d'un Culte napoléonien avec ses dévotions particulières. De même que nos révolutionnaires avaient béatifié Marat, des peuples nombreux ont canonisé l'empereur. Le chapitre IV suit son “influence dans la littérature et dans l'art”, partout où les prosateurs ont écrit, les poètes chanté, les peintres et les sculpteurs manié la brosse et le ciseau. Dans son chapitre V, confrontant la légende et l'histoire, M. Jules Dechamps trace une esquisse sobre, vigoureuse et parfaitement au point de la “Question de Napoléon créateur et bienfaisant”, telle qu'elle peut nous apparaître d'après les travaux les plus récents. Le chapitre VI propose un tableau de la légende en formation dans un pays déterminé, la Belgique, se basant sur les lettres ou les récits des nombreux Anglais qui la visitèrent après Waterloo. Se basant sur les lettres ou les récits des nombreux Anglais qui la visitèrent après Waterloo, M. D. nous montre le souvenir de l'empereur vivant en ce pays, la trace de ses bienfaits partout sensible, la prospérité incontestablement supérieure à celle de la période autrichienne, l'économie en plein essor, une conscience belge, enfin éveillée. Trois appendices sur la légende populaire de Napoléon en Grande-Bretagne, les idées sur Napoléon de Lamartine qui, tout en le condamnant, le prenait secrètement pour modèle et le récit du retour des Cendres d'après Alphonse Karr complètent, avec un essai de bibliographie et un index, ce livre plein, riche et suggestif. Sa lecture si attrayante nous fait espérer qu'il sera suivi d'autres du même auteur. (Albert Meynier, Revue d’Histoire moderne et ontemporaine, 1932)
SEDES, 1976, 2 vol. in-12, 648 pp, pagination continue, biblio, brochés, bon état, envoi a.s.
Ouvrage important pour l'histoire littéraire des origines du romantisme.
Julliard, 1954, in-12, 239 pp, broché, bon état (Coll. Lettres nouvelles)
Hachette, 1934 in-8°, 248 pp, broché, couv. illustrée, bon état
"A parcourir ces pages, on peut relever quelques points. Une fois de plus il est établi que la triste Marie-Louise, vers la fin de 1814, n'avait pas hésité, pour obtenir ses duchés, à sacrifier, aussi facilement que les intérêts de son époux, les droits de son fils (p. 88). Il fut un moment question, paraît-il, – la pitié du grand'père seule s'y serait opposée – d'infliger au pauvre abandonné cet excès de froide cruauté : la prêtrise (p. 91). Quant au père, dès les derniers jours de janvier 1815, « Pozzo di Borgo parle ouvertement de Sainte-Hélène » et ce serait grâce à une confidence du Tzar, transmise par le prince de Beauharnais à l'Ile d'Elbe, que l'Empereur aurait précipité son évasion (p. 97). Le dernier Vol de l'Aigle ne fait que contrister l'ex-impératrice, qui ne pense qu'à ses affaires de Parme (p. 100, 101). La vraie « maman » c'est décidément Madame de Montesquiou (p. 103). En mai 1815, lorsque « Monsieur Méva » prend congé de l'ex-souveraine, celle-ci ne l'entretient guère que d'un projet de séparation amiable dont l'Empereur devait comprendre la nécessité : c'est que la comtesse de Neipperg vient de décéder et que Napoléon, demeurait le seul obstacle aux amours de l'Archiduchesse (p. 108, 109). Le petit Roi ne fut effectivement Napoléon II – sans le savoir – que durant quinze jours, du 24 juin au 7 juillet 1815 (p. 113, 114). On connaît l'épisode du « fils de l'Homme » – garçonnet de onze ans – déclarant à l'Empereur d'Autriche qu'il veut aller voir le champ de bataille d'Austerlitz (p. 142), et l'on sait assez que Metternich, à l'égard de son douloureux prisonnier, – qui, à défaut de rentrée en France, rêva de devenir au moins, pour sa patrie forcée, un nouveau Prince Eugène, – l'artisan raffiné d'un assassinat moral et lent (p. 163) : ce qui ne l'empêcha pas de s'en servir contre Louis-Philippe, encore tremblant sur son trône de barricades, comme d'un épouvantail (p. 207)." (Bulletin de la Société des professeurs d'histoire et de géographie, 1935)
Editions du Petit Diable, 2021 in-8°, 102 pp, 2 tableaux généalogiques, 11 illustrations, annexes, notes et références, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.
La vie de Gracien Desparmet, capitaine au long cours précoce et d'une longévité rare, de Louis XVI à Louis-Philippe, commandant fougueux d'un navire de la République, corsaire de Bonaparte (1796-1801), capitaine au commerce et corsaire de Napoléon Ier...
P., Société Nouvelle de Librairie et d'Edition, 1904 in-12, 197 pp, préface de A. Aulard, un portrait de Destrem hors texte, broché, bon état
Au début de la Révolution, Hugues Destrem est élu maire de Fanjeaux puis député de l'Aude à l'Assemblée législative. Siégeant parmi les modérés, il s'intéresse essentiellement aux questions commerciales. En 1798, il est élu député de la Haute-Garonne au Conseil des Cinq-Cents avec 276 voix sur 295 votants. Elu secrétaire de l'assemblée le 1er nivôse avec Quirot, Joubert et Rollin, il s'occupe des questions de finances et d'administration. Au mois d'août 1799, il communique les détails de l'insurrection royaliste éclatée dans les environs de Toulouse. Hostile au coup d'Etat du 18 brumaire, il demande des explications sur la convocation extraordinaire du Conseil au château de Saint-Cloud lors de séance mouvementée du 19. Quand le général Bonaparte fait son entrée dans la salle, il lève le poing dans sa direction et lui lance : « Voilà donc pourquoi vous avez remporté tant de victoires ? » Après l'exfiltration du général, il appuye la motion de Talot. Toutefois, les soldats font leur entrée dans la salle et en chassent les députés. Proscrit le lendemain, sa peine est commuée par le gouvernement en surveillance à domicile. Retiré à Fanjeaux, il est compris sur la liste des Jacobins proscrits après l'attentat de la rue Saint-Nicaise et conduit à l'île d'Oléron. Au bout de trois ans d'internement, il est embarqué en direction de la Guyane. Son fils demande sa grâce auprès de l'Empereur, qui la lui accorde. Entretemps, cependant, il s'évade de Cayenne à bord d'un navire américain avec un autre déporté de nivôse, Etienne Michel. Après une escale à La Barbade, il débarque le 10 juillet 1804 à Gustavia, capitale de l'île de Saint-Barthélemy, où il est atteint de fièvre jaune et meurt, à l'âge de 50 ans.
Albin Michel, s.d. (1924) in-8°, 412 pp, introduction de Léonce Grasilier, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Tulard, 436 : "Fabrication par un teinturier des mémoires d’une comédienne". Fierro, 438. Oublié par Bertier. — "Ces Mémoires sont composés de trois parties bien distinctes. La première nous fait connaître, d'abord, la vie des baladins ; danseurs de corde, escamoteurs, nomades ; puis elle nous initie à celle des acteurs ambulants ou sédentaires de la province, à la fin du XVIIIe siècle. Mlle Aglaé nous prévient elle-même que cette partie a été transcrite avec beaucoup de fioritures et des détails très fantaisistes, par un certain chevalier de Champeaux... La seconde partie est entièrement due à la plume de ce chevalier. C'est une galerie dans laquelle l'écrivain a entassé pêle-mêle une foule de gens qui avaient eu le don de lui déplaire, et sur lesquels il déverse, avec une inlassable et monotone persistance, sa rancune, sa haine, l'injure et la calomnie. Il bave son fiel et sa bile contre ceux qui n'ont pas écouté ses flagorneries, accepté ses inventions, servi ses projets et satisfait ses ambitions. Mlle Aglaé répudie tout ce baquet et s'empresse de déclarer qu'elle a chassé l'auteur sans scrupules qui voulait lui faire endosser cette odieuse production. Dans la troisième partie, le chevalier de Champeaux n'est absolument pour rien, et l'on s'en rend compte à première vue. Le manuscrit est d'une autre main, d'une autre allure, et d'un ton infiniment plus convenable. Ce n'est plus le récit suivi de l'existence, mais une suite de petits tableaux, d'anecdotes qui n'ont de lien que la part, souvent très légère, que l'auteur y a prise. Parfois même, ce ne sont que des on-dit de seconde main. Or, si les faits de la première partie échappent au contrôle de l'historien, si les allégations de la seconde sont condamnées par les érudits, il n'en va pas de même pour la troisième. Le lecteur avisé, au courant des hommes et des choses du début du XIXe siècle, le fureteur attentif, aura tôt fait de se reporter aux sources, de contrôler la véracité de l'écrivain et de saisir parfois les inexactitudes de simple détail. En effet, dans les papiers publics, on trouve relatés presque tous les faits contenus dans cette dernière partie. Les journaux du temps parlent de Pelletier de Saint-Julien et de d'Eldeven, de Nadir Mirza Shah et de Méja ; les mémorialistes nous initient également à l'hydrothérapie singulière de Louis Bonaparte..." (Léonce Grasilier, introduction)
P., Maurice Devriès éditeur, v. 1930-1950, 10 vol. in-4° (34,5 x 25,5 cm), l'ensemble sous emboîtage cartonné toilé grège ; soit 9 volumes reproduisant 100 fac-similés contrecollés sur papier fort de documents autographes authentiques des plus grandes personnalités historiques françaises, du Moyen Age au 19e siècle (avec le texte en regard de chaque document reproduit) ; et un dixième volume paru en 1946 (Du fond de l'abîme vers la résurrection) reproduisant 46 autographes, documents et photos relatifs à la seconde guerre mondiale en France
1. Pièces rarissimes sur la grande et la petite Histoire. – 2. Quelques reliques émouvantes du passé. – 3. Reliques émouvantes ou curieuses de l'Histoire. – 4. Quinze documents historiques curieux et rares. – 5. 150 ans de conquête des cœurs. – 6. Une dernière sélection de 15 émouvantes reliques. – 7. De l'officier corse au martyre de Sainte-Hélène. – 8. Quelques reliques émouvantes de l'Histoire de France. – 9. Une gerbe éblouissante de pièces historiques. – 10. Du fond de l'abîme vers la résurrection. — "La publication toute récente d'« Une gerbe éblouissante de pièces historiques », dernier album d'une collection vraiment unique de fac-similés, ramène l'attention sur le long et méritoire effort d'un chercheur érudit, M. Maurice Devriès, qui depuis vingt ans explore les bibliothèques, les musées, les administrations publiques, les collections particulières de France et de l'étranger pour y découvrir les pièces les plus dignes d'être proposées à notre vénération. En rassemblant ainsi, par une méthode de reproduction dont il a le secret et dont l'exactitude est surprenante, ces documents rarissimes mais épars, c'est un musée innombrable de l'histoire de France que M. Maurice Devriès fait pénétrer chez nous ; ses albums mettent en effet dans nos mains une image si fidèle de ces précieuses reliques qu'on croit voir les originaux avec leurs maculations, leurs ratures, leur encre jaunie, leur papier vieilli, aux angles usés, aux bords amincis, les taches de sang d'un Marat et d'un Robespierre, ou la trace des larmes d'une Marie-Antoinette qu'attend la charrette fatale. Si l'on tentait un essai de classement de toutes les pièces dont se compose cette collection on serait amené à grouper d'une part les documents qui relèvent de la grande histoire ainsi vulgarisée, et d'autre part ceux qui apportent à la petite histoire, par des faits piquants généralement ignorés, une non moins précieuse contribution. Feuilletons ensemble les pages de ce dernier album paru : ce texte en elzévir, c'est le serment que devaient prêter au XV siècle les "apoticaires chrestiens et craignans Dieu". Ils juraient notamment "de ne médire d'aucun de leurs anciens maistres", de n'enseigner point "aux idiots" les secrets de la médecine, de respecter les femmes, de ne leur donner jamais à boire aucune potion abortive, "de ne donner jamais à boire aucune sorte de poison à personne, et ne conseiller à aucun d'en donner, non pas mesmes à ses plus grands ennemis". Sur cette autre page est inséré le gracieux billet de Louis XIII enfant à sa bonne nourrice : la nature sensible et refoulée du fils de Henri IV, sevré de tendresses par son insupportable mère Marie de Médicis, apparaît toute dans cette prière touchante : "Memie Vitry, je désire que vous me véniés bien tost voir et que me reniés tousiours vostre bon amy. Loys." Tournons encore quelques pages. Nous avons sous les yeux une lettre de Latude, dit Danry, l'aventurier aux six noms, lettre adressée à la marquise de Pompadour. Il s'avise après cent quatre-vingt-huit jours de dure captivité à la Bastille, puis au donjon de Vincennes, qu'il est grand temps pour lui d'afficher un vif repentir et d'implorer grâce et pardon. Un stupide stratagème de son invention l'a poussé, dans l'espoir de soutirer quelque argent à la favorite de Louis XV, à lui dénoncer un attentat par colis explosif dirigé contre sa personne, alors qu'il était lui-même l'auteur de cet envoi, d'ailleurs inoffensif. Cette sottise devait lui valoir trente-cinq ans d'internement, entrecoupé d'évasions précaires qui chaque fois aggravèrent son cas. En quels termes essaie-t-il d'apitoyer sa "victime" ? "Si la misère, gémit-il, présé par la faim, ma fait comettre une faute contre votre chère personne, ça na point été dans le dessint de vous faire aucun mal... Si la divine personne du plus grand Roy de la terre me fait la grâce d'obtenir de votre générosité la liberté, je mourray plutôt et mangeray que des racines avant que de l'exposer une seconde fois." La poignante supplique de ce malheureux provient du fonds "Bastille" de la bibliothèque de l'Arsenal. Elle demeura sans réponse. Parvint-elle jamais à destination ? Nous avons gardé pour la fin une lettre du cher grand Lamartine, datée d'octobre 1824. Le poète a trente-quatre ans, ses Premières Méditations (1820) et ses Nouvelles Méditations (1823) lui ont ouvert toutes grandes les voies de la renommée ; un bout de ruban rouge obtenu par faveur n'ajouterait rien à sa gloire naissante, et pourtant il le sollicite. Petite faiblesse d'un grand poète ! Il écrit au bas d'une lettre banale, qui n'a d'autre objet que d'amener ce post-scriptum, sans avoir l'air d y toucher : "Si réellement vous êtes en veine de crédit et de puissance, ne pourriez-vous pas me faire avoir la croix de la Légion d'honneur ? Vous vous étonnez de ma vanité, mais cela aurait pour moi quelques résultats qui ne seraient pas tous vanité." M. Devriès ne nous donne pas le nom de l'homme "puissant" à qui était adressée cette requête. Quoi qu'il en soit, Lamartine fut fait chevalier, mais n'accéda jamais à de plus hauts grades. Sans doute en eut-il moins le goût à mesure que la destinée le comblait d'honneurs plus solennels. Se rappelle-t-on sa boutade à un ami qui postulait la croix ? "Qu'est-ce qu'un honneur qu'on perd en ôtant son habit !" Le temps qui change tout change aussi nos humeurs." (Maurice Duval, Le Monde,1950)