8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Publication de la Société des Océanistes, 1973, gr. in-8°, viii-257 pp, une carte de Rapa, 30 photos sur 12 pl. hors texte, 6 figures et 5 tableaux, copieuse biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état
L'île de Rapa, située dans l'archipel des Australes en Polynésie française, l'une des plus isolée du Pacifique. — "Les affaires du corps s’opposent aux affaires de l’esprit, le côté aliments au côté croyance. Ce sont là des manières différentes d’exprimer un clivage fondamental de l’existence et de l’univers tels qu’ils sont perçus par les Rapas. Essentiellement, c’est la distinction entre le profane et le sacré. En d’autres termes, les Rapas incluent dans le « coté nourriture » pae ma’a ou dans le « côté corps » pae tino ces aspects de la vie que nous avons coutume d’appeler économiques, sociaux ou politiques. La religion et la morale appartiennent au « côté esprit », pae varua ou au « côté croyance », paea fa’aro’o. Ce livre traite du « côté corps » de l’existence à Rapa. J’ai cherché d’une part à décrire l’économie, la société et la vie politique telles qu’elles me sont apparues au cours d’un séjour d’une année en 1964. J’ai organisé ces données de manière à les rendre intelligibles aux lecteurs de chez nous ; cependant j’essaierai, dans la mesure du possible, de montrer en quoi les diverses coutumes, croyances et organisations qui composent le « côté nourriture » sont signifiantes pour les Rapas. En cela nous suivons les préceptes de Malinowski : « Notre objectif est de saisir le point de vue de l’indigène, sa relation avec la vie, de comprendre sa vision de son monde ». C’est Malinowski lui-même qui souligne."
P., Larose, 1943, gr. in-8°, viii-348 pp, troisième édition, 63 illustrations et 5 cartes dans le texte, biblio, index, broché, état correct (Coll. Les Manuels coloniaux)
Par Georges Hardy (1884-1972), colonial et théoricien du colonialisme, ancien directeur de l’Ecole coloniale, recteur de l'Académie d'Alger. — Table : Les brillants débuts de l'expansion française ; Les grandes découvertes et les premiers essais de colonisation ; La politique coloniale de Richelieu ; L'expansion coloniale sous le règne de Louis XIV ; Le règne de Louis XV : beaux espoirs et graves défaites ; Un temps de réveil et de revanche : le règne de Louis XVI ; Le conflit des traditions coloniales et des principes révolutionnaires : la Révolution française et les Colonies ; La colonisation française sous le Consulat et l'Empire ; Un grand programme de colonisation : la Restauration ; La politique coloniale de la Monarchie de Juillet ; Le règne des principes : la République de 1848 ; Une grande époque d'expansion : le second Empire : Lendemains de défaite (1871-1879) ; La Renaissance coloniale (1879-1892) ; L'obstacle anglais (1892-1905) ; L'obstacle allemand : l'affaire marocaine (1905-1914) ; La Guerre de 1914 et les Colonies françaises ; L'état actuel et les tendances de l'organisation et de la politique coloniales.
Albin Michel, 1937, in-8°, 499 pp, 14 cartes, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale
"... Les grandes lignes du plan de l'ouvrage sont les suivantes : l'auteur définit d'abord le fait colonial dans ses traits généraux et permanents, puis étudie le fait historique de colonisation jusqu'au XIXe siècle avant d'aborder l'expansion coloniale de 1815 à nos jours qui est l'objet même du livre, c'est-à-dire : les peuples colonisateurs, les bases géographiques de leur champ d'action en Afrique, Asie, Australie, les grandes périodes historiques (1815-1830, période d'attente ; 1830-1900, période des grands partages ; 1900 à nos jours, période des remaniements). Bel et bon livre, solide et clair, qui reflète bien le talent de M. Hardy et la synthèse de sa haute culture, à la fois historique, géographique et coloniale." (René Clozier, L'information géographique, 1937)
P., Larose, 1933, gr. in-8°, 210 pp, 74 figures, biblio, broché, couv. lég. abîmée,
Maspero, 1972, in-8°, 180 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Textes à l'appui)
A Lima, où la migration rurale-urbaine est cause du fol accroissement de la ville, la population vivant en bidonville dépasse 1 million d’habitants, soit près de la moitié de la population urbaine. C’est à l’étude de ces « déracinés », entreprise sur le terrain, que Sabine Hargous consacre ce livre. — "L'urbanisation galopante de l'Amérique latine est plus démographique et écologique qu'industrielle. C'est ainsi qu'à Lima la population vivant en bidonville dépasse le million d'habitants. C'est à l'étude de ces « déracinés », qu'est consacrée l'analyse de S.H. Cette accumulation désordonnée de ruraux dans les villes où ils gonflent le secteur tertiaire déjà très faiblement productif, représente, pour le Pérou, une grave menace. Cette situation ravive, en outre, l'antagonisme du blanc d'origine hispanique et de l'aborigène. Malgré l'indépendance nationale, une sorte de colonialisme interne est ravivé par le passage d'une économie capitaliste agricole à une économie industrielle plus marginalisante. Alors que le centre des villes est engagé dans un processus d'urbanisation de style international au profit d'une petite élite blanche, on voit à la périphérie des ceintures de misère de plus en plus vastes. Dès lors ce n'est plus seulement une opposition entre le passé et le présent, mais un affrontement entre ceux qui jettent le superflu et ceux qui n'ont pas même le plus strict nécessaire, sans que l'on puisse parler d'une véritable prise de conscience, susceptible de transformer les structures nationales par une révolution politique. Les pauvres du quart monde ont en effet plutôt tendance à se manifester par brusques flambées sous un aspect « distributionniste et destructeur » que dans l'action constructive." (A. W., Population, 1973)
P., Ecole Française d'Extrême-Orient, 2003, gr. in-8°, 585 pp, 22 photos sur 12 pl. hors texte, 17 tableaux, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Issoudun, Thuin, Chez les Filles de Notre-Dame du Sacré-Coeur et Paris, Société Saint-Augustin, Desclée, de Brouwer et Cie, 1913, gr. in-8°, 433 pp, un portrait de Marie-Louise Hartzer en héliogravure en frontispice et 34 illustrations photographiques hors texte, broché, bon état
Marie-Louise Hartzer quitta Issoudun et exerça en Australie, Nouvelle-Guinée (Papouasie), Nouvelle Poméranie et aux Iles Gilbert.
P., Maisonneuve & Larose, 1992, gr. in-8°, 388 pp, préface de Marianne Barrucand, 21 pl. de photos hors texte, glossaire, biblio, index, broché, bon état (Coll. Islam d'hier et d'aujourd'hui)
Solide étude historique sur Salé, petit port marocain peu connu, berceau de la famille de l'auteur, aujourd'hui directeur de l'Institut archéologie et patrimoine de Rabat.
P., Martial Ardant frères, 1843, gr. in-8°, (4)-512 pp, reliure demi-basane fauve, dos lisse, titre, tomaison, quadruples filets et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos et coiffes frottés, qqs rares rousseurs, bon état
Tome II seul (sur 5). Extraits des voyages de Christophe Colomb, Pizarre, La Condamine, Walter Raleigh, Mistress Troloppe, Bullock, Tavernier, Bernier, Tachard, Marco Polo, Chappe, Kaempfer, Morier, Drouville, Burchkardt, André Brue, Bruce, Levaillant, Volney, Campbell, Magellan, Byron, Wallis, Bougainville, Surville, Marion, Cook, Lapérouse, D'Entrecasteaux, Peter, Dillon, Dumont d'Urville, etc., etc.
P., Plon, 1878, in-12, 434 pp, 8 gravures sous serpente et une carte dépliante hors texte, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs soulignés à froid orné de fleurons dorés, signet (rel. de l'époque), bon exemplaire
P., Plon, 1876, in-12, ix-480 pp, 10 gravures sous serpente et une carte dépliante en couleurs hors texte, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs soulignés à froid orné de fleurons dorés, signet (rel. de l'époque), bon exemplaire
P., Plon, 1875, in-12, viii-403 pp, mention de deuxième édition, 8 gravures sous serpente et une carte dépliante hors texte, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs soulignés à froid orné de fleurons dorés, signet (rel. de l'époque), bon exemplaire
Editions Maritimes et d'Outre-Mer, 1993, in-8°, 394 pp, préface de Jean Randier, broché, couv. illustrée, bon état
"Les grands voiliers de commerce, trois-mâts, quatre-mâts, cinq-mâts, vaincus par les cargos à vapeur, ont cessé de parcourir les mers au lendemain de la Première Guerre mondiale. Avec eux s'éteignait le monde secret du long-cours à voiles, dont les traditions, les usages, le langage, ne peuvent prendre leur plus large sens que pour ceux qui ont un jour embarqué sur des navires à phares carrés au-delà des trois caps : Bonne-espérance, la Tasmanie, le Horn. Le capitaine au long-cours Armand Hayet fut l'un de ces marins issus d'une véritable civilisation du large, qui, jusqu'à ses derniers jours, resta profondément attaché à l'inoubliable souvenir de ces hommes magnifiques et à leurs fabuleux navires. Il n'a cessé de chanter cette époque avec passion à travers plusieurs importants ouvrages où la véracité des images le dispute à l'enchantement du style..." (Jean Randier)
HAZEL (Robert) et Mohamed MOHAMED-ABDI.
Reference : 114601
(2007)
ISBN : 9782735111626
P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2007, gr. in-8°, xxvi-629 pp, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
"C’est à un sujet fort délicat, ainsi qu’il est d’ailleurs précisé dès les premières pages, auquel s’attaquent l’anthropologue Robert Hazel et le spécialiste de la culture somalie, Mohamed Mohamed-Abdi. L’objectif de cet ouvrage volumineux est à la fois de rendre compte du sens de la coutume de l’infibulation et de réaliser un travail de démystification à son encontre. L’infibulation est « une obstruction vulvaire chirurgicale avec clitoridectomie nécessitant une intervention libératrice ultérieure réalisée au moment du mariage », indique le médecin et ethnopsychiatre Erlich (p. 43), soit « la quasi-obturation des organes génitaux externes de la femme » précisent les auteurs (p. 1). Ces derniers, qui ont débuté cette recherche (d’abord documentaire) en 1997, décryptent le discours social, en particulier somali, sur l’infibulation, et passent en revue les diverses explications qui ont été proposées par des chercheurs et des observateurs à la fois africains et occidentaux. (...) il faut reconnaître l’ampleur et la richesse des données réunies par les auteurs ainsi que leur traitement analytique. L’ouvrage intéressera tous ceux qui souhaitent comprendre les pratiques de mutilations génitales féminines en Afrique, et plus largement les spécialistes du corps en sciences humaines et les chercheurs qui s’intéressent aux questions de morale et d’éthique." (Cécile Campergue, Anthropologie et Sociétés, 2009) — Ce livre aborde sans a priori un sujet controversé : les « mutilations génitales féminines » en Afrique. Conjuguant l’ethnographie, l’analyse culturelle, l’anthropologie comparative et intégrant des données linguistiques et historiques, il porte avant tout sur l’infibulation, la forme la plus « cruelle » de mutilation génitale féminine. Aucun des aspects de la question : effets sur la vie reproductive et le bien-être psychologique, assises culturelles, etc., n’est négligé. En Occident, l'infibulation passe pour un « crime contre la femme ». Ce jugement expéditif va à l’encontre de l’expérience des femmes somali et autres, celles-là même qui sont porteuses du mystère de cette pratique. Cette pratique faisait partie des choses auxquelles on croyait, qu’on faisait et dont on parlait peu. Les représentations masculines s’écartaient d’ailleurs assez de ce qu’en disaient les femmes. Comme cette pratique ancienne relève de l’univers séparé des femmes, il vaut mieux se fier à leurs intuitions. On constate ainsi qu’infibulation rime avec fécondité. Sans la conviction d’un gain de fertilité, jamais des générations de femmes ne se seraient infligé de tels tourments. La mise en évidence et l’élucidation des liens culturellement établis dans la Corne de l’Afrique entre infibulation et fécondité constituent le coeur de cet ouvrage. Cet effort d’explication scientifique devrait faciliter le travail social de démystification dans les communautés concernées.
Mercure de France, 1929, in-12, 277 pp, traduit de l'anglais par Marc Logé, broché, papier lég. jauni, état correct. Edition originale de la traduction française sur papier courant
Première édition française. — Sur le Japon et la culture japonaise. "Sur l'invitation de son ami ambassadeur du Japon, Hearn débarque à Yokohama en 1890 et trouve un emploi de journaliste pour la presse anglophone. Au Japon, Hearn fait la connaissance de la fille d'un samouraï, Koizumi Setsuko. Il l'épouse et prend en 1896 la citoyenneté japonaise et le nom de Koizumi Yakumo".
Mercure de France, 1938, in-12, 196 pp, traduit de l'anglais par Marc Logé, broché, dos jauni, bon état. Edition originale de la traduction française sur papier d'édition
P., Dujarric et Cie, s.d. (1906), in-12, 309 pp, traduit de l'anglais par Mme Léon Raynal, broché, couv. de relais des éditions Albin Michel, état correct
Mercure de France, 1926, in-12, 353 pp, traduit de l'anglais et préfacé par Marc Logé, mention de 4e édition, lexique des termes japonais employés, broché, qqs annotations crayon, état moyen
Le Songe d'un jour d'été (la Légende) ; Chez les étudiants de Kyûshu (Les Idées) ; A Hakata (la Croyance) ; A Propos de l'éternel féminin (le Sentiment) ; Fragments sur la vie et sur la mort (les Moeurs) ; Le Bouddha de Pierre (la Philosophie) ; Jiujutsu (la Défense nationale) ; Les Noces rouges (le double Suicide amoureux) ; Un Voeu exaucé (le Patriotisme) ; A Yokohama (la Religion) ; Yuko, un souvenir (le Loyalisme).
Hachette, 1981, fort gr. in-8°, 666 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 6 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Seule édition intégrale. — "Les origines de Christophe Colomb demeurent obscures. Mais de toutes les hypothèses sur le pays ou la race de Colomb, celle d'une famille génoise, ou plutôt de la Rivière ligure, paraît la moins incertaine et retient l'attention. Le livre présente une large fresque des milieux sociaux engagés dans l'avernture maritime..." — "Gros livre de vulgarisation par l'auteur, entre autres, de « Gênes au XVe siècle » et « Société et économie à Gènes, XIVe-XVe siècle » (...) Un livre positif surtout par la connaissance qu'a l'auteur des milieux génois et sévillans du XVe siècle..." (Marianne Mahn-Lot, Annales ESC, 1983)
Fayard, 1983, in-8°, 371 pp, 8 pl. hors texte, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Le livre de Marco Polo est le fruit de deux aventures. Celle de l'intrépide Vénitien qui pénétra jusqu'au plus profond de l'Asie, passa vingt ans au service de l'empereur mongol, le maître absolu de ces pays étrangers et fascinants, et effectua au retour un long périple, plus aventureux encore, par les Indes, ces royaumes peuplés de monstres, terres de rêves et de merveilles. Il est aussi le résultat d'une aventure littéraire qui n'est pas moins déconcertante que la vie de Marco Polo. En fait, Le Livre des Merveilles n'est pas vraiment le récit de ses voyages. On oublie trop souvent qu'il fut écrit par un Italien de Pise, homme de plume, familier des rois d'Angleterre et des Angevins de Naples, en français, langue de ces cours princières et de leurs cénacles d'auteurs. Comme le titre original l'indique, c'est un Devisement, c'est-à-dire une œuvre qui s'inscrit dans la tradition des trouvières et des encyclopédistes, qui cherche à instruire autant qu'à plaire. Œuvre composite et de collaboration, née d'une rencontre de hasard, il reflète cette civilisation de cour trop méconnue des années 1220, ses curiosités, sa soif d'apprendre, son inébranlable fidélité aux textes et, surtout, l'éclat de ce premier humanisme français, capable de s'imposer alors dans tout l'Occident. — "Écrire sur Marco Polo, le voyageur le plus célèbre du moyen âge, un livre destiné au grand public, mais dans lequel il y ait encore des points de vue nouveaux propres à stimuler la recherche, c'est une gageure, mais une gageure gagnée par le Professeur Heers de la Sorbonne !" (Revue belge de philologie et d'histoire)
PUF, 1971, in-12, 92 pp, broché, bon état (Coll. Dossiers Clio)
dans la Revue de Paris, 1897, gr. in-8°, 27 pp, broché, bon état
On trouve dans ce même numéro une étude sur les moeurs politiques et le Palais-Bourbon sous la Troisième République, par Léouzon Le Duc (La Chambre basse, 34 pp), des lettres de Lamennais à Montalembert (30 pp), des souvenirs du duc de Richelieu (Ma retraite du pouvoir, I, 22 pp), etc.
Flammarion, 1972, in-8°, 314 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Textes politiques)
Cet ouvrage n'est pas à proprement parler une biographie de Gamal Abdel Nasser. C'est le récit des relations personnelles de Nasser avec onze hommes : John Foster Dulles, Anthony Eden, Khrouchtchev, Hammarskjoeld, John F. Kennedy, Lyndon Johnson, Ludwig Erhard, Che Guevara, Chou En-Lai, Nehru et Tito, raconté par un observateur privilégié, l'éminence grise du président Nasser pendant dix-huit ans.
JC Lattès, 1982, in-8°, 297 pp, traduit de l'allemand, 11 figures, cartes et plans, broché, couv. illustrée, bon état
Qui connaît le Grand Empire des Mongols ? Pourtant il s'étendait de Pékin à Kiev, de la Mandchourie à l'Iran. Il fut le trait d'union entre les peuples d'Asie et ceux d'Europe de l’Est. Ces cavaliers, qui pillaient et brûlaient tout sur leurs passages, ces « barbares" connaissaient l'écriture, la poste, et furent les créateurs, au Xlle siècle, d'une civilisation qui subsiste encore. Pour brosser cette vaste fresque que fut l’aventure mongole, pour retrouver les traces des guerriers de Gengis Khan, de Timur, et de Baber qui firent trembler l'Asie centrale et l'Inde, Walther Heissig, historien et voyageur, s'est lancé dans une "traque" qui va d’un musée de missionnaires belges aux détritus d'un temple bouddhiste, en passant par une imprimerie pékinoise... Outre une fascinante enquête historique, “les Mongols” est aussi un document original sur la façon de reconstituer par les chercheurs le puzzle de I'histoire, et sans doute l'étude la plus complète jamais écrite sur les "cavaliers du désert ».
Albin Michel, 1961, in-8°, 195 pp, traduit de l'allemand, une carte et 53 photos sur 32 pl. hors texte, reliure soie jaune impérial décorée de l'éditeur, rhodoïd, couv. illustrée conservée, bon état
Hans Helfritz est certainement l'un des tout premiers "infidèles" à avoir réussi à pénétrer au coeur du Yemen. Jusqu'à ces derniers temps en effet les sultans yéménites, soucieux de défendre leur pouvoir absolu contre la subversion des idées et des inventions occidentales, avaient réussi à maintenir leurs sujets complètement à l'écart du monde moderne. Seuls de rares étrangers étaient autorisés à venir sous escorte jusqu'à Sana, leur capitale, pour un temps très limité, le reste du territoire leur demeurant strictement interdit. L'auteur, qu'un séjour "officiel" dans la capitale avait laissé "sur sa faim", décide de pénétrer au Yemen par l'arrière, c'est-à-dire à travers le désert depuis l'Hadramaout. Il y réussira, mais au prix d'aventures pénibles ou burlesques dont il nous donne un récit extrêmement vivant et coloré, tout en nous décrivant avec talent le pays, son architecture, ses habitants et leurs moeurs. Il a également rapporté de son voyage la série d'extraordinaires photographies qui agrémentent l'ouvrage. Le récit commence sur le bateau qui emmène l'auteur à Aden où il espère trouver une faille dans le "rideau de sable". Avec la caravane à laquelle il s'est joint, déguisé en Arabe, nous traverserons l'enfer de la soif, y faisons la connaissance des hors-la-loi du désert, respectueux néanmoins des traditions qu'en de tels lieux impose la survie, évitons les quelques rares points d'eau autour desquels vivent péniblement des êtres primitifs toujours prêt à dévaliser leur prochain, et parvenons enfin au Yemen. Dès la première ville, la prison y attend l'infidèle. Et dès alors l'auteur, qui ne sera plus jamais libre, vit soit dans les prisons primitives qui jalonnent sa route jusqu'à la capitale, soit pendant le trajet en compagnie de gardiens généralement débonnaires dont le rôle est plutôt celui de protecteurs que de geôliers. Ainsi, de ville en ville, au gré de ses curieux gardiens, le prisonnier traverse sans hâte tout l'arrière-pays, ce qui en fait comble ses désirs, jusqu'à ce qu'il atteigne enfin Sana, ou du moins sa prison. Curieuse prison d'ailleurs, où il vit parmi la garnison mâcheuse de "kât" dont il nous décrit les moeurs surprenantes. Lorsque Helfritz pourra finalement quitter le Yemen, toujours sous escorte, il aura recueilli à notre profit, grâce à ses pérégrinations, la plus grande part de l'étrange moisson qu'il était venu chercher dans l'Arabie Heureuse.