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Phone number : 01 43 54 43 61 Marseille, Laffitte Reprints, 1976, in-8°, viii-375 pp, index des noms, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Réimpression de l'édition de Bordeaux, 1875. Tirage limité à 300 exemplaires
Evénements qui ont précédé l'arrivée en Guienne des Juifs d'Espagne et de Portugal ; Histoire des Juifs à Bordeaux depuis 1500 ; Table des noms. — "Un effort est actuellement fait, par diverses maisons d'édition, pour mettre à la disposition des lecteurs des ouvrages anciens que les spécialistes connaissaient bien et qu'ils citaient en référence. Il s'agit de faire connaître les travaux qui, en leur temps, ont fait date. C'est le cas de cette « Histoire des Juifs à Bordeaux » dont on nous propose ici une réédition anastatique : Malvezin avait eu accès aux fonds d'archives départementales ainsi qu'à des fonds privés. En cela, il avait fait oeuvre d'historien. Si, sur certaines questions, son livre est aujourd'hui dépassé, il reste, sur d'autres, un passage obligé pour toute recherche sur les Juifs de Bordeaux." (Yves Chevalier, Archives des sciences sociales des religions, 1980)
Payot, 1930, in-8°, 750 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, reliure demi-chagrin vert, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque historique)
"L'Histoire du peuple juif de MM. Margolis et Marx va des origines jusqu'à nos jours. Elle cherche à mettre en relief le déplacement des centres principaux qui ont joué un rôle dans le développement de la vie intérieure et extérieure du peuple juif : Palestine, Centre Oriental, Europe occidentale, nouveaux centres pour les réfugiés allemands et espagnols, âge de l'émancipation. Les auteurs ont bien su dégager de l'histoire générale les faits qui concernent le peuple juif ; leur récit, quoique succinct, demeure vivant; et, pourtant, le nombre des renseignements contenus dans ce livre dépasse ce que tout lecteur en attend : film, aux visions rapides, auquel on aime à se reporter pour en étudier les détails. C'est avec une grande satisfaction que je recommande ce livre, dont l'heureuse traduction est due à M. J. Robillot : une excellente table analytique fait de ce volume une véritable encyclopédie, de consultation facile." (P. Synave, Revue des sciences philosophiques et théologiques, 1932)
Editions Sociales, 1955, in-12, 239 pp, traduit du polonais, 3 cartes et plans, broché, couv. illustrée, bon état
"Malgré son titre, l'ouvrage de M. Bernard Mark se propose un but plus large que la narration de l'insurrection du ghetto de Varsovie, d'avril à juillet 1943. Certes, les combats sont racontés avec beaucoup de détails, et des cartes permettent d'en suivre le déroulement avec précision ; mais ils ne sont que l'aboutissement inéluctable de la condition faite par les nazis aux Juifs de Varsovie, conditions qui étaient – c'est une des intentions de l'auteur de le démontrer – celles de toute la Pologne. Constamment M. Bernard Mark rappelle que la même lutte était menée du côté « aryen » en même temps que du côté juif ; il affirme avec beaucoup de netteté : « L'insurrection a été partie intégrante de la lutte menée par la nation polonaise pour sa libération » ; par nation polonaise il entend essentiellement les classes populaires ; l'antisémitisme en Pologne n'aurait été que le fait des classes bourgeoises et aristocratiques, dont la « clique de Pilsudski » était la représentation la plus parfaite. La démonstration ne va pas sans ton polémique ni accent de propagande. Le parti communiste polonais est représenté comme le meneur, dès 40, de l'opposition à l'occupant. (...) Malgré ces fins de propagande (dont la dernière manifestation est une condamnation du réarmement de l'Allemagne, opéré par les mêmes forces anti-communistes qui avaient laissé écraser sans réagir le ghetto ; il n'est rien dit de l'attitude de l'armée rouge quand un peu plus tard l'occupant détruisit la ville entière de Varsovie), l'ouvrage apporte des renseignements intéressants." (Henri Michel, Annales ESC, 1956)
Editions Eshel, 1990, gr. in-8°, 254 pp, traduit de l'anglais, 2 cartes, biblio, broché, état correct
"Tout en reconnaissant au génocide des Juifs un caractère unique et sans précédent, M. Marrus a réussi son pari de faire de l'holocauste un objet d'étude historique. Pour cela il a étudié minutieusement la très volumineuse littérature consacrée à ce sujet en utilisant les outils de l'analyse historique et sociologique afin que la rigueur et l'objectivité scientifique prennent le pas sur la passion et l'émotion. Parmi les questions essentielles que M. Marrus aborde : l'évolution de la politique nazie vers l'extermination de masse ; le rôle des alliés de l'Allemagne ; la réaction de l'opinion publique en Europe ; l'attitude des victimes juives, la diffusion des nouvelles sur l'extermination de masse (à partir de 1942). Cet ouvrage, précis et clair, fait sur ce sujet douloureux le « tour de la question ». Il constitue un utile antidote intellectuel aux falsificateurs de l'histoire (dits « révisionnistes »)." (Revue française de science politique, 1992)
Laffont, 1975, gr. in-8°, 488 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vécu)
Voici par Golda Meir l'émouvant récit de sa vie par elle-même, qu'on attendait depuis si longtemps. Pour la première fois, nous comprenons comment il se fait que cette femme extraordinaire, née en Russie et élevée aux Etats-Unis, est devenue Premier ministre d'Israël et l'un des géants politiques de notre époque, sans jamais perdre rien de la chaleur ni de la simplicité qu'on se plaît à lui reconnaître. Dans cette autobiographie, elle évoque les terreurs qui ont assombri son enfance, son adolescence tumultueuse, son mariage et son émigration vers la Palestine dans les années 1920, et la façon dont, sioniste et socialiste convaincue, elle s'est lancée dans la fantastique aventure qui devait aboutir à la création de l'Etat d'Israël. Elle décrit elle-même sa carrière politique comme ministre du Travail, ministre des Affaires étrangères et enfin Premier ministre d'Israël, tout en continuant à tenir son rôle d'épouse et de mère. Cette autobiographie reflète aussi, bien sûr, l'histoire d'Israël même – et de sa lutte pour survivre – tout cela aboutissant à ce qui fut, pour Golda Meir, la période la plus désespérée : les jours terribles de la guerre du Kippour de 1973. Golda Meir apporte d'innombrables révélations, non seulement sur ceux de ses compatriotes avec qui elle a étroitement collaboré, comme Ben Gourion, Moshe Dayan, mais aussi sur les grands chefs d’État qu'elle a connus : Kennedy, Nixon, Kissinger, de Gaulle et Willy Brandt. Proclamant le droit d'Israël à l'existence, elle n'esquive aucun problème : elle évoque aussi bien l'histoire du mandat britannique que les relations avec les pays arabes ou la question palestinienne. Elle parle droit et clair avec l'autorité de quelqu'un qui a assumé les responsabilités majeures. Les mémoires de Golda Meir sont aussi vibrants de sensibilité, de franchise et de chaleur humaine que l'a été toute son existence.
Presses Universitaires de Grenoble, 1982, in-8°, 379 pp, lexique, broché, bon état
Mémoires de Hersh Mendel (Varsovie, 1890 - Tel-Aviv, 1969), jeune ouvrier socialiste à Paris en 1913, à Moscou en 1917, militant communiste en Pologne de 1920 à 1938, de retour à Paris en 1939... Puis l'émigration en Palestine, passant du rejet du stalinisme au "sionisme prolétarien".
Stock, 2009, in-8°, 216 pp, préface de Pierre Assouline, broché, bon état
Ce livre est le journal intime tenu par l'auteur (1909-1987) depuis l'arrestation par la Gestapo de son mari, résistant juif, jusqu'à l'évasion de celui-ci du wagon qui l'emmenait, lui et ses camarades, à Auschwitz ; autrement dit du 18 juillet au 24 août 1944. Elle confie à son journal ses inquiétudes d'abord, l'amour immense qui la lie à son mari pour qui elle craint les tortures et la mort ; mais elle raconte aussi le quotidien d'une femme de la bourgeoisie juive française, très assimilée, très cultivée, dont l'enfance s'est déroulée dans les beaux quartiers de Paris et qui découvre avec la guerre qu'être française juive ce n'est pas tout à fait la même chose qu'être française non-juive. Dans ce Paris de la Libération – juste avant, juste après –, elle erre, cherchant refuge ici et là avec sa fille d'une dizaine d'années ; retrouvant des camarades du même réseau, se souvenant de la vie « d'avant », avant la déchirure de la guerre. Après la guerre, Jacqueline Mesnil-Amar a publié dans le Bulletin du service central des déportés israélites quelques articles sur la déportation, dont un sur les enfants, assurément le plus poignant. Ils sont repris ici. Ce qui frappe dans ce livre, c'est l'extraordinaire qualité d'écriture au service d'une émotion toujours retenue, mais constante ; c'est la force d'un style à nul autre pareil, qui prend le lecteur dès les premiers mots. Ce livre a paru en 1957 aux éditions de Minuit, trop tôt sans doute, à une époque où tout le monde était désireux de tourner la page. Il reparaît ici inchangé.
MORIN (Edgar), Véronique Grappe-Nahoum et Haim Vidal Sephiha.
Reference : 118373
(1989)
ISBN : 9782020106825
Seuil, 1989, gr. in-8°, 372 pp, 16 pl. de photos hors texte, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état
Avec Vidal Nahoum mourut, à La Turbie (Alpes-Maritimes), en 1984, l’un des survivants du monde englouti de la Salonique séfarade où il était né en 1894. Son grand-père venait de Toscane et parlait italien, sa langue maternelle était l’espagnol du XVe siècle, mais, tout jeune, il sut s’exprimer en français et en allemand. Adolescent, il rêvait de vivre en France : il y fut conduit dans une « prison » d’où le libéra le président du Conseil d’alors, Aristide Briand. Naïf et malin, animé d’un optimisme et d’une gaieté sans faille, d’un sens de la famille quasi religieux et d’un goût inépuisable pour la nourriture, il traversa les guerres balkaniques, l’écroulement de l’Empire ottoman et les deux guerres mondiales. Comme tout point singulier d’un hologramme qui contient l’information de la totalité où il s’inscrit, l’histoire unique de Vidal Nahoum porte en elle l’épanouissement, le crépuscule et la mort de la culture judéo-espagnole, le passage de la cité d’Empire à l’État-Nation, la complexité des relations modernes entre juifs et « gentils », entre Orient et Occident. A partir de documents historiques et personnels, Edgar Morin, son fils, nous restitue son histoire irremplaçable et celle des hommes et femmes de sa famille.
Seuil, 1968, in-12, 190 pp, 75 photographies et reproductions en noir dans le texte, chronologie, index, bibliographie et liste des auteurs de la Bible hébraïque, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps qui court)
"M. Nahon, ni exégète ni théologien, prétend seulement oeuvrer en historien qui vise un large public. Il ressuscite le passé d'Israël, depuis les origines jusqu'à la « lutte dernière » (135 après J.-C.), à l'aide des documents figurés, épigraphiques, littéraires, sans oublier le « Corps des traditions hébraïques et juives ». Lorsqu'on entreprend de décrire un peuple qui vit de son histoire, il ne suffit pas de se limiter aux documents classiques, bibliques et extra-bibliques ; il convient aussi d'interroger la tradition en la contrôlant. G. Nahon applique ce programme, et il nous livre un récit alerte d'une lecture passionnante. (...) G. Nahon dégage l'originalité de l'histoire des Hébreux, mais il n'insiste pas sur son aspect religieux et spirituel. L'historien porte son effort principal sur le développement des structures sociales et des institutions. Son chapitre sur la monarchie israélite (p. 67 ss.) nous semble particulièrement suggestif..." (Charles Hauret, Revue des Sciences Religieuses)
Fayard, 2004, gr. in-8°, 312 pp, préface de Robert Badinter, 4 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, mque la page de faux-titre, soulignures crayon, bon état
Samuel Schwartzbard, Herschel Grynszpan : un même geste, deux destinées. Juifs, ils ont tué pour venger les leurs, victimes de persécutions. Révoltés, prisonniers de lois sourdes et d'un monde indifférent, ils ont braqué leur arme pour dire "non" à l'injustice et à l'horreur absolues : les pogroms d'Ukraine au début du XXe siècle, l'enfer nazi. Le 25 mai 1926, à Paris, en pleine rue, Samuel Schwarztbard, ancien combattant de la Grande Guerre, anarchiste convaincu, abat de plusieurs coups de feu l'ataman Simon Petlioura. Douze ans plus tard, le 7 novembre 1938, dans un bureau de l'ambassade parisienne d'Allemagne, Herschel Grynszpan, âgé de dix-sept ans à peine, fait feu sur un obscur secrétaire, Ernst von Rath. Son acte servira de prétexte à Goebbels pour déclencher la tragique "Nuit de cristal". Un homme mûr, un enfant. Le premier a choisi sa cible, mûri sa vengeance. L'affaire Dreyfus est encore dans tous les esprits : Samuel sera acquitté au terme du spectaculaire "procès des pogroms", magistralement conduit par le héraut des prétoires, Me Henry Torrès, l'homme à la voix d'airain. Herschel, en revanche, ne sera jamais jugé. On le laissera pourrir plusieurs années en cellule avant de le déporter. Jean Nainchrik, saisi par leur désespoir, superpose les époques. Avec, pour trait d'union, Me Henry Torrès, figure emblématique de la liberté. Parce qu'il fallait rappeler, aujourd'hui, dans quelle tourmente ont été emportés ces hommes qui ont résisté.
P., Adrien-Maisonneuve, 1962, 2 vol. pt in-4°, xv-719 pp, pagination continue, 40 illustrations sur 32 pl. hors texte, 34 cartes et tableaux, biblio, index, brochés, couv. lég. salies, bon état
Ce livre présente l'histoire du peuple d'Israël dans les limites chronologiques de la Bible. Il est, cependant, radicalement différent de toutes les Histoires Saintes composées par des Juifs, dont aucune ne dépasse le stade primaire du catéchisme ou du récit. Cette Histoire Biblique est d'ordre strictement historique et se situe délibérément à un niveau scientifique. André et Renée Neher ne reconstruisent pas l'histoire de la Bible sur les ruines de la Bible. C'est sur le corps et l'esprit d'une Bible que se développe ici l'histoire. Ce n'est pas une histoire d'Israël à propos de la Bible, mais une histoire biblique d'Israël. Les auteurs présentent eux-mêmes leur livre non pas comme une « histoire sainte », mais comme une histoire « objective » du peuple d'Israël dans les limites chronologiques de la Bible (de la vocation d'Abraham à Néhémie). Rabbin, écrivain et philosophe juif alsacien, André Neher fut l'un des principaux artisans du renouveau du judaïsme en France après la Shoah. Professeur de littérature juive et enseignant en hébreu, il publie avec son épouse, Renée Neher, historienne du judaïsme, du sionisme et d'Israël, plusieurs ouvrages essentiels sur la civilisation et l'histoire juive.
Calmann-Lévy, 1992, in-8°, 319 pp, cartes, biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.
Francfort et P., Campus Verlag, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1994, in-8°, 228 pp, broché, bon état. Texte en allemand
11 études érudites par Rita R. Thalmann, Louis Dupeux, Alfred Wahl, Pascale Gruson, etc.
Presses de la Renaissance, 2005, in-8°, 238 pp, broché, couv. illustrée, bon état
L'auteure, née en 1940 dans une famille juive, raconte son enfance après la mort de ses parents en déportation, les orphelinats, une expérience ratée d'adoption aux États-Unis, sa dyslexie, son manque d'affection, ses débuts professionnels, la naissance de son fils, son travail de nurse, son témoignage pour la fondation Survivants de la Shoah de Steven Spielberg, sa découverte de la peinture, etc.
OUZAN (Françoise) et Dan MICHMAN (dir.).
Reference : 120127
(2008)
ISBN : 9782271067630
CNRS Editions, 2008, gr. in-8°, 499 pp, broché, couv. illustrée, bon état
Comment est conservée et transmise la mémoire du génocide dans les diverses communautés juives à travers le monde ? Quel rôle tient la Shoah dans la recherche identitaire européenne ? Comment est-elle interprétée dans la culture américaine ? De quelle manière commémore-t-on le souvenir des camps au Canada ou au Brésil ? A l'heure où à l'échelle planétaire se déchaînent les guerres mémorielles, et alors que cette même mémoire de la Shoah apparaît exposée à la récupération, à l'instrumentalisation, voire à la banalisation, il était temps que historiens, sociologues et philosophes questionnent l'être juif contemporain dans cette dimension essentielle. Alain Finkielkraut, Annette Wieviorka, Ilya Altman, Julien Bauer, Emeric Deutsch, Anne Grynherg, Kathy Hazan, entre autres, et sous la direction de Dan Michman et Françoise S. Ouzan, explorent ici, à travers ses grandes étapes, de la création de l'Etat d'Israël au procès Eichmann, de la série Holocauste aux pèlerinages d'Auschwitz, cette histoire toujours sensible et toujours polémique. Des regards croisés qui donnent à lire les enjeux les plus cruciaux de la transmission.
Payot, 1958, in-8°, 229 pp, Histoire de la Palestine, des premières migrations à la dispersion d'Israël ~ Origines du Sionisme ~ Structures politique, économique et sociale ~ Le kiboutz ~ Etc.
Julliard, 1964, in-8°, 222 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
Réédition en plus grand format et sous forme reliée de ce livre paru originellement dans la collection "Archives" au format de poche.
Julliard, 1964, in-12, 222 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, bon état (Coll. Archives)
Les tonnes d'archives centralisées vingt ans après par le Centre de documentation juive à Paris - notes de services S.S., plans secrets des nazis, témoignages des survivants - permettent à Léon Poliakov de présenter ici, pour la première fois, la vie de chaque jour dans ce haut lieu du génocide. Voici comment fonctionnait l'industrie de la mort.
Calmann-Lévy, 1979, in-8°, xv-397 pp, préface de François Mauriac, une carte, sources et documents cités, broché, couv. illustrée, bon état
Le thème de cet ouvrage fortement documenté est la lutte sans merci déclarée par l'hitlérisme aux Juifs d'Europe. Grâce aux recherches poursuivies pendant cinq années en Allemagne même, grâce à l'examen des différentes archives du IIIe Reich et à de nombreuses interviews, cet ouvrage fondateur fut l'un des premiers à présenter une étude objective des techniques homicides nazies, en faisant témoigner, autant qu'il était possible, les bourreaux eux-mêmes ou les documents qu'ils ont laissés. Publié en 1951, dans la collection "Liberté de l'esprit" dirigée par Raymond Aron, le Bréviaire de la haine fut préfacé par François Mauriac. Un classique de l'historiographie nazie qui conserve aujourd'hui toute sa pertinence.
Calmann-Lévy, 1971, in-8°, 354 pp, préface de Norman Cohn, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Liberté de l'esprit). Edition originale
Léon Poliakov, qui a consacré avec une exceptionnelle objectivité, son œuvre à l'histoire de l'antisémitisme, aborde dans ce nouveau volume le vaste problème de la formation et de l'évolution du mythe aryen, une des sources les plus fallacieuses du racisme. Au lendemain de l'émancipation des Juifs en Europe occidentale au début du XIXe siècle, divers auteurs introduisirent une distinction entre une race « aryenne » prétendue d'origine indienne, douée de tous les dons, et une race sémite, de moindre valeur et originaire de la Judée. Cette notion, longtemps accueillie dans les milieux intellectuels commença à être révoquée en doute par ceux-ci à la fin du siècle précédent, alors même qu'elle se répandait dans les masses à la faveur de l'agitation antisémite. On sait quel prétexte cette discrimination fournit aux hécatombes pendant la seconde guerre mondiale. Il convient donc de savoir notamment dans quelles conditions exactes s'accréditèrent ces spéculations généalogiques ou anthropologiques, comment elles gagnèrent le monde savant puis les populations de l'Europe, dans le contexte de la montée des nationalismes ; pourquoi la théorie aryenne trouva en Allemagne un terrain d'élection. Telles sont les principales questions traitées dans ce livre d'un historien qui est aussi un philosophe et un moraliste.
Gallimard, 1959, in-8°, 453 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, état correct (Coll. Problèmes et Documents)
"Ce livre est constitué presque exclusivement de documents d'archives nazis. Les auteurs, juifs eux-mêmes, ont jugé que seule cette méthode leur donnerait la force « surhumaine » de rester objectifs.Cela explique probablement que l'ouvrage soit le seul à avoir suscité en Allemagne même de l'intérêt. Les réquisitoires publiés à ce jour sous forme de romans, récits, témoignages, documents, mémoires, souvenirs, etc., venaient de l'étranger. Les Allemands, déjà peu enclins à se pencher sur un sujet qui les « gêne », ou franchement sceptiques, ont eu systématiquement tendance à ignorer toute cette littérature. Or, dans “Le Ille Reich et les Juifs”, ils ont trouvé cette page de leur histoire écrite par leurs propres hommes d'État, leurs propres fonctionnaires et officiers, par leurs anciennes idoles enfin. En outre, les auteurs, qui, dans leur préface, s'interrogent sur les raisons du succès de librairie de leur livre en Allemagne, n'hésitent pas à l'attribuer en partie au véritable suspense d'horreur que dégagent ces documents accablants." — Table : I. Vols et pillages. – II. Les exterminations. – III. Témoignages des survivants. – IV. Hitleriana. – V. La France à l'heure de Vichy. – VI. Ceux qui ont sauvé l'honneur.
Gallimard, 1983, in-8°, 215 pp, broché, bon état (Coll. Le Chemin), envoi a.s.
Comme nombre d'adolescents, Nathan Chapiro rêve d'un voyage aux Indes. Mais voilà : il est différent de tous ceux qui l'entourent, ses professeurs et camarades de Iycée autant que les filles dont il tombe amoureux avec prudence, et jusqu'à ses parents eux-mêmes, Juifs d'origine polonaise. Nathan cultive avec une fière passion intériorisée cette «différence» qui le rend unique et douloureusement seul, où qu'il aille. Au lieu des Indes aux tentations surnaturelles, impuissant à être Rimbaud, il se borne à de brefs séjours en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Espagne, au Maroc. Mais ce déraciné de naissance ne fait que s'enraciner chaque jour un peu plus dans ses rêves les plus profonds, ses désirs les plus orgueilleux. De telles racines, toutes mentales qu'elles soient, vont l'amener, irrésistiblement, à l'accomplissement du rêve et de la passion les mieux enfouis dans son âme inquiète : exprimer sa «différence» en devenant un écrivain. Comme dans Rivières d'exil et plus encore peut-être, ce qui émeut et charme, c'est la personnalité littéraire de Raczymow. Avec ses personnages, sa faconde, son sens de l'absurde, sa peinture burlesque et vivante de la société juive et de celle des «goys», il se révèle comme un grand humoriste. (4e de couverture)
Gallimard, 1985, in-8°, 215 pp, broché, bon état, envoi a.s.
Un jour de l'été 1982, alors que se déroule la guerre du Liban et que d'aucuns soutiennent que Beyrouth-Ouest égale le ghetto de Varsovie, Mathieu Litvak fait retour sur le suicide de sa soeur Esther, sept ans plus tôt. Il lui a toujours supposé une constante obsession de la guerre. Adolescente, sur le mur de sa chambre était suspendue une photo des combattantes juives du ghetto de Varsovie. La raison de son suicide ? Pour la famille, nul mystère : c'était une « malade ». Mathieu va enquêter sur la vie et la mort de sa soeur, tenter de comprendre la « maladie » qui la rongeait. Il écrira le livre d'Esther, celui qu'elle portait peut-être. Il le fera dans la plus grande culpabilité. Ne prend-il pas la place de la soeur morte ? Cette culpabilité est redoublée par l'appartenance de Mathieu à la «génération d'après ». Mais Esther s'est-elle suicidée à cause de la guerre ? N'y a-t-il pas autre chose, de plus banal ? C'est bientôt pour son propre compte que Mathieu interroge le passé. Pour savoir. Esther ne fut au total qu'un truchement. Car comment, abruptement, parler des camps de la mort ? N'est-ce pas la parole la plus obscène qui soit, l'interdit même ? Mathieu Litvak ira plus loin dans sa recherche de la vérité, franchissant les strates toujours plus difficiles à percer du silence, de l'oubli, de la douleur, peut-être de l'impossibilité de dire « ça ». Il sera délivré de ce poids insouleyable du non-dit par quoi la génération des survivants, a transmis les mots silencieux du malheur à leurs enfants, dépassant le simple cri sans voix qu'imposent l'horreur absolue, et la mort, toute mort. (4e de couverture)