8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Stock, 2011, in-8°, 341 pp, index, broché, bon état
Une croyance erronée circule à propos du judaïsme d’avant la tourmente : les Juifs du monde auraient été à la fois soumis au destin qui allait être le leur, et peu conscients de leur appartenance au judaïsme, soucieux qu’ils auraient été de montrer avant tout leur nationalisme. Il n’en est rien. Pour le démontrer, Simon Epstein a choisi l’année 1930, trois ans avant la prise du pouvoir par Hitler, pour faire un tour d’horizon du judaïsme mondial, pays après pays. Se fondant sur les archives des communautés, sur les journaux publiés en yiddish comme dans les langues des principaux pays, Simon Epstein montre que les Juifs de 1930 conciliaient très clairement leur appartenance au judaïsme et leur citoyenneté. Il montre aussi tous les efforts que les diverses communautés et organes consistoriaux ont entrepris pour aider les Juifs, les prévenir du danger, leur procurer des subsides, etc. Alors pourquoi, en 1939, cette déroute ? Tout simplement parce qu’ils n’avaient pas les moyens de lutter contre l’adversaire qu’était l’Allemagne nazie, dans un contexte où les Occidentaux n’étaient pas le moins du monde disposés à les aider.
Plon, 1978, in-8°, 285 pp, traduit du yiddish, 9 illustrations et une carte dans le texte, 16 illustrations hors texte, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Terre humaine). Edition originale en français
Il existe une géographie singulière qui, depuis la Diaspora, a dispersé les Juifs aux quatre coins du monde. En Europe orientale, à la fin du siècle dernier, le foyer du peuple juif est le Schtetl, bourgade dont l'espérance, le but unique de la vie est le Shabbath. Dans ce livre, écrit en yiddish, Josef Erlich nous fait assister, minute après minute d'un rigoureux hiver, à la préparation et au déroulement de ce jour sacré. L'auteur n'est pas un romancier : né à Wolbrom (ville polonaise proche d'Auschwitz) où il a vécu jusqu'à 24 ans et dont la mémoire l'habite, c'est avec une minutie d'ethnographe qu'il décrit, sans omettre un détail, les rites très précis suivis en famille, les offices réservés aux hommes, les vêtements, les nourritures spéciales de la cérémonie. Peu à peu, on est comme envoûté ; on partage l'intimité nimbée de tendresse de cette famille pauvre et courageuse. C'est avec une ferveur grave et émerveillée, dans le respect des prescriptions divines, qu'est vécu ce temps du Shabbath, moment d'éternité.
Payot, 1982, in-8°, 321 pp, 8 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Depuis le Moyen Âge jusqu’à l’extermination nazie, un milieu juif unique au monde a existé. De la Baltique à la mer Noire, du Dniepr à l’Oder, enraciné dans les vastes plaines de Pologne, accroché aux flancs des Carpates, blotti dans les vallées, le shtetl (« bourgade », en yiddish) fut un lieu de vie religieuse, sociale, politique et culturelle foisonnante. Ce milieu traditionnel, à cause de son autonomie et de la solidarité de ses membres, de la diversité de sa vie associative, a permis l’éclosion et la pénétration des idéologies modernes : Haskala, sionisme, nationalisme culturel, socialisme dans ses diverses tendances. Malgré la misère, le chômage et la discrimination, sa population – surtout sa jeunesse – multiplia les partis politiques, les écoles juives séculières, les bibliothèques, les troupes théâtrales, les associations éducatives et culturelles. Par son inventivité, par ses tensions, le shtetl demeure une source d’inspiration que ce livre nous restitue dans ce qu’elle a d’irremplaçable.
Grasset, 1939, in-12, 307 pp, reliure demi-basane verte, dos à 5 larges nerfs, pièce de titre basane vermillon (rel. de l'époque), bon état
"Lucienne Favre met en figuration romanesque des faits historiques. Les émeutes anti-juives de 1898 (juif / Français chrétien) et de 1934 (juif / musulman) et leurs empreintes sur la mémoire juive, c'est ainsi que la vieille juive Rosa, dans Le bain juif, cultive des sentiments de rancœur et de méfiance vis-à-vis des deux autres communautés, française chrétienne et algérienne musulmane..." (Messaouda Yahiaoui, Regards sur les littératures coloniales, 2000) — Par Lucienne Favre (1894-1958). Mariée en 1923 avec maître Gaillard, avocat à la cour d'appel d'Alger, elle entame une carrière littéraire. Par sa beauté, son élégance peu courante, elle est très remarquée dans les milieux algérois. On reçoit beaucoup chez maître Gaillard, dans le quartier du Palais de justice. Les familiers sont le couple Léveilley, Marie-Josèphe et Charles Plâtrier, Edmond Brua et son épouse. Le jeune Camus et Max-Pol Fouchet fréquentent aussi ce cercle. Lucienne, souvent accompagnée par Le Corbusier, se rend à la Casbah où la vie des femmes la fascine. Ses premières oeuvres en sont inspirés.
Plon, 1960, in-8°, 273 pp, broché, état correct (Coll. Les documents de "Tribune libre")
"On sait la monstrueuse histoire qui, sous le règne d'Hitler et des nazis, fut celle des victimes juives. Voici maintenant un livre qui relate les fastes de l'antisémitisme en URSS et dans les pays satellites. La persécution des Juifs, officielle ou officieuse, avait pu être une tare du tsarisme. Avec la révolution de 1917, Israël a connu, pour un temps, une destinée meilleure en raison même de l'idéologie égalitaire communiste. Mais après Lénine, et surtout avec Beria, de 1948 à 1953, un revirement brutal a multiplié chez les sémites des purges tristement sensationnelles. La mort de Staline a provoqué, en ce domaine, comme en d'autres, une accalmie relative. Toutefois, en dépit des proclamations, les Juifs n'ont pas un droit de cité intégral. Les préjugés et les procédés hostiles à leur endroit proviennent surtout d'un attachement, assez général chez eux, aux espoirs sionistes. Même du point de vue politique, l'URSS, favorable aux ambitions arabes, dénonce dans l'État d'Israël, et dans ses tenants, des clients du capitalisme occidental. De plus, à mesure que la jeunesse russe plus évoluée occupe davantage les postes de direction, elle tend à évincer nombre d'intellectuels juifs qui en étaient titularisés. Telles sont les principales causes qui, jointes à des atavismes séculaires, avec les nuances locales, provoquent les heurts sur lesquels le livre de M. Fejtö apporte un très copieux dossier." (Etudes, 1960)
Seuil, 1983, in-12, 216 pp, qqs soulignures stylo, broché, bon état (Coll. Points Histoire)
Mame, 1968, in-8°, 318 pp, traduit de l'anglais, préface du R.P. Michel Riquet, s.j., bibliographie française, broché, couv. à rabats, bon état
P., Cailleau, Chardon, Gissey, Bordelet, Henry, 1773, 5 vol. in-12 (16,5 x 9,5 cm), (22)-497-(11), 510-(18), 378-(82), (30)-lxv-(8)-368-(18) et 576-(11) pp, nouvelle édition, 2 frontispices gravés et une planche en taille-douce au tome 4 (sur 6 gravures hors texte : manque les frontispices des tomes 1 à 3), reliures demi-chagrin carmin, dos lisses avec titres, tomaisons et filets dorés (rel. du 19e siècle), les pages de titres des tomes 1 et 2 sont lég. salies, bon état
Les tomes 4 et 5 contiennent l'Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains. — "Cet ouvrage fut largement répandu chez les Anciens ; Josèphe fut appelé le Tite-Livre grec. Aujourd’hui, il est l’unique source qui nous fasse connaître de longues périodes de l’histoire des Juifs et il est aussi très utile pour l’histoire romaine." (T. F. Leroux). Juif né vers 37 après J-C, Flavius Josèphe retrouve en 66 à Jérusalem en pleine insurrection contre Rome. il aurait assisté au massacre de 2.000 juifs et à la destruction du temple de Jérusalem. — "Sur la dynastie hasmonéenne, sur le règne d’Hérode, sur la période des procurateurs romains en Judée, il est notre principal et souvent unique informateur. C’est le seul témoignage d’un auteur juif de cette époque sur Jésus." (Dictionnaire des Œuvres)
P., Editions Vilo, 1972, in-12, 362 pp, dessins de W. Rondas, 37 photos sur 24 pl. hors texte, 5 plans de villes, 10 cartes historiques, une carte générale en couleurs dépliante hors texte, lexique, index, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Guides Modernes Fodor)
P., Encre, 1979, in-8°, 211 pp, broché, bon état
"Juifs en URSS, Soviétiques en Israël, ils veulent rentrer chez eux." — "Quelques centaines d'apatrides réfugiés en Autriche posent l'un des plus effarants problèmes politiques et moraux actuels : alors que tant de leurs pareils tentent désespérément de quitter l'Union soviétique, eux attendent vainement la permission d'y retourner."
Tallandier, 2011, pt in-8°, 247 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
Régine Frydman est une enfant du ghetto de Varsovie qui a, par miracle, échappé à la mort. Elle a huit ans en 1940 quand les Allemands décident d'enfermer 450.000 Juifs dans une enclave de cinq hectares, où ils vont être parqués et broyés à mort en l'espace de trois ans. Régine n'aurait pas survécu si son père Abram Apelkir n'avait pas bravé le danger, risqué sa vie en sortant du ghetto pour trouver de la nourriture, caché sa famille chez des amis polonais en plein centre-ville et à la campagne, et même chez des religieuses. Régine Frydman mêle son récit à celui de son père. A deux, ils livrent un témoignage bouleversant des terribles événements dont ils ont été les témoins, les cadavres qui s'entassent sur les trottoirs, les descentes éclairs de la police allemande, les fusillades dans la rue, les enfants qui se battent pour un quignon de pain, les marches dans la neige pour échapper aux rafles et à la déportation, et enfin la joie de retrouver la liberté grâce aux troupes russes. Un document rare.
Toulouse, Librairie évangélique, 1954, in-8°, 98 pp, 54 figures dans le texte, 3 tableaux, appendices documentaires, broché, couv. illustrée, bon état
Cinq études données sous forme de conférences, à l'automne 1953, « dans le cadre d'un effort d'évangélisation poursuivi à Toulouse depuis plusieurs années déjà, pour intéresser le grand public aux réponses que la Bible apporte à un certain nombre de problèmes actuels. » L'auteur (1909-2000) était pasteur de l'Eglise réformée (consacré en 1933) et docteur en théologie.
Varsovie, s.d. (1994), in-4°, 296 pp, très nombreuses photos, cart. éditeur illustré. Texte bilingue anglais et allemand. Warsaw, Poland: Drukarnia Naukowo-Techniczna, 1994 Hard Cover. Near Fine. Laminated pictorial boards, black and white. Text is in English and German. Privately printed in Poland. Illustrated with black and white photographs and drawings. Ink stamp of Warsaw Ghetto on title page.
Calmann-Lévy, 1976, in-8°, 302 pp, biblio, chronologie, index, broché, bon état (Coll. Diaspora)
Ouvrage issu de thèse. — "Par le décret du 13 novembre 1791, les Juifs sont devenus citoyens français. Mais cette émancipation fut partielle et l'égalité juridique complète ne fut acquise qu'en 1846 avec l'abolition du serment 'more judaico'. A partir d'un volumineux corpus documentaire constitué par des articles de la presse juive de l'époque et des témoignages biographiques, I'auteur relate d'abord les étapes de la conquête de la complète égalité devant la loi. Il étudie ensuite les conséquences de I'émancipation sur l'évolution des structures socio-professionnelles des Juifs de France. II décrit, enfin, les institutions communautaires et analyse les mutations des mentalités intervenues de 1789 à 1860. On trouve, en annexe, une importante bibliographie et de nombreux textes utiles pour la connaissance de l'histoire du judaisme français au XIXe siècle. Les documents qui inspirent les analyses de l'auteur sont connus des spécialistes, mais P.G. a le mérite d'en présenter une excellente synthèse accessible au lecteur non initié." (Doris Bensimon, Archives de sciences sociales des religions, 1976)
Presses Pocket, 1988, in-12, 276 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.
Certains traversent l'histoire, montés sur les grands chevaux de la renommée. C'est en triporteur que Victor-Moïse Leizer, lui, va franchir les étapes de son destin aux heures où la France subit l'Occupation, avec pour tout bagage l'espoir et un humour indéracinable. Rejeton d'une famille où l'on respecte certes mieux le code de l'honneur d'être juif que les règles de la grammaire française, il nous entraîne de Belleville à la ligne de démarcation qu'il passera dans les deux sens, tel Moïse, pour délivrer les siens. Autour de lui vit un monde pittoresque, tendre, chaleureux : sa famille du Cours des Halles, la petite Annie, Boris le diamantaire, et Lio, et Moshé. Et Max le tailleur, Anita la voyante, Mirande l'ami du Béarn. Et tant d'autres aussi, qui croisent la route de ce triporteur symbolique. Et puis Ida et Marie, deux visages d'un même amour... Le triporteur de Daniel Goldenberg, c'est toute la mémoire de ce temps-là qui revient, rire et larmes mêlés, comme en un hommage à ceux que l'oubli n'atteindra jamais.
Denoël/Gonthier, 1979, in-8°, 155 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Femme)
L’histoire de l’émancipation des femmes de trois générations d'une famille juive établie en Tunisie depuis 1874.
New York, Dryden Press, 1945, in-8°, viii-213 pp, notes, index, reliure pleine toile de l'éditeur, bon état. Texte en anglais. Rare
Published for The American Jewish Committee Research Institute on Peace and Post-War Problems.
L'Harmattan, 1998, gr. in-8°, 463 pp, avant-propos de Jean Kahn, préface d'Annette Wieviorka, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
"Pas si mal écrite, toujours ponctuée d'une évidente autosatisfaction, cette autobiographie inachevée est de bon enseignement. Jean Kahn et Annette Wieviorka disent en préface combien la participation de ce médecin de Seine-et-Marne fut utile pour l'affirmation institutionnelle de la communauté juive française depuis les années 1960. Mais Marcel Goldstein resta jusqu'à sa mort, en 1997, français et toubib, sans faire de sa judéité une cloison étanche de sa vie toujours engagée : à le lire, on apprend beaucoup, notamment sur le syndicalisme des généralistes en lutte avec la Sécu. C'est pourtant la première partie du livre qui retiendra davantage l'attention. Car le petit juif d'origine polonaise sait décrire joliment le XIe arrondissement des années 1930, entre Belleville et « Ménilmuche », où sa famille s'accroche et sait rire à la vie. Il dit toute sa dette à l'école de la République et à ses « instits » et nous fait comprendre comment on construisait alors si proprement un civisme des jeunes. Le récit de ses malheurs de la guerre, après refuge dans le Lot, sonne aussi clair et aussi haut, dans sa vérité parfois cocasse, sa pudeur, sa reconnaissance pour les fermiers qui l'ont sauvé. La description des études de médecine dans les années 1950 et d'un jeune homme plein d'appétits n'est point triste aussi, avec croquis saisissant du concours d'internat. Surtout, le récit du jeune appelé au képi de velours grenat, en plein bled du Sud algérien, est exceptionnellement probant et mérite à lui seul qu'on ne néglige pas ce témoignage bien campé." (Jean-Pierre Rioux, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1999) — Dans le Paris des années d'après-guerre, un jeune homme étudie avec acharnement. Il s'appelle Marcel Goldstein. L'enfant qui trouva refuge à Gramat, dans le Lot, durant l'Occupation, a grandi. Il ne le sait pas encore mais les années heureuses qui s'annoncent, dans un pays qui renaît, lui permettront de réaliser son rêve : Juif d'origine polonaise et française, il sera aussi médecin. L'histoire de Marcel Goldstein appartient à l'Histoire , celle des Juifs de France comme à celle de notre pays. (L'Editeur)
Flammarion, 2000, gr. in-8°, 296 pp, photos dans le texte, biblio, index, reliure cartonnéee illustrée de l'éditeur, bon état
De nombreux textes ont jusqu'ici tenté de présenter et d'expliquer la Shoah. Les nazis eux-mêmes ont laissé beaucoup d'archives qui aident à comprendre comment a été organisée une véritable bureaucratie de la mort. Mais sans le témoignage des survivants, la dimension humaine de la catastrophe reste un pur objet de spéculation. Les chercheurs de l'Université de Yale ont interviewé pendant plus de vingt ans des milliers de personnes dans de nombreux pays. Ils ont ainsi pu reconstituer un récit linéaire qui couvre toute la période des persécutions, de l'ascension du nazisme jusqu'à la libération des camps. Au-delà des faits, des chiffres et de l'analyse, ce document exceptionnel fournit donc une histoire à la première personne l'une des périodes les plus noires du XXe siècle. A la croisée de ces témoignages se dessine une réalité tout à la fois singulière, objective et bouleversante. Une contribution essentielle au devoir de mémoire.
Jerusalem, 1992, in-8°, 79 pp, qqs documents et photos
P., EDHIS, 1968, in-8°, 280 pp, broché, bon état (Coll. La Révolution française et l'émancipation des Juifs, III). Ouvrage couronné par la Société Royale des Sciences et des Arts de Metz, le 23 août 1788
Réimpression tirée seulement à 750 ex. numérotés sur papier vergé à la main (+ 30 hors commerce) de l'édition de Metz, 1789 (n° 612). — "L'année suivant l'abolition du péage corporel, le concours de la Société royale des Sciences et des Arts de Metz pour 1787 est annoncé. Le thème proposé est le suivant : Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ? Neuf dissertations sont soumises au jury. L'Académie distingue deux textes, celui de l'abbé Grégoire et celui de l'avocat Thiéry, mais elle ne décerne pas de prix. Le concours est reconduit l'année suivante. Cinq concurrents se présentent au deuxième concours de Metz, en 1788. Ce sont Grégoire, Thiéry et le "Juif polonais" Zalkind Hourwirtz qui vont se partager le prix de l'Académie." (La Révolution française et l'émancipation des Juifs) — "L'Essai de l'Abbé Henri Grégoire est une œuvre qui demeure comme un symbole pour une partie de l'humanité. C'est un lieu de rencontre spirituelle où se rejoignent la situation misérable des Juifs de France à la fin de l'Ancien Régime, l'interrogation des hommes des Lumières face à cette condition bafouant l'idéologie naissante des droits de l'homme et la force de conviction de l'Abbé Grégoire, assurément l'un des hommes que le refus de l'injustice et la générosité du cœur ont conduit à soutenir le plus fermement la cause des opprimés." (Robert Badinter)
Stock, 1988, in-8°, 203 pp, préface de Robert Badinter, broché, couv. illustrée, bon état
« L'année suivant l'abolition du péage corporel, le concours de la Société royale des Sciences et des Arts de Metz pour 1787 est annoncé. Le thème proposé est le suivant : Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ? Neuf dissertations sont soumises au jury (...) L'Académie distingue deux textes, celui de l'abbé Grégoire et celui de l'avocat Thiéry, mais elle ne décerne pas de prix. Le concours est reconduit l'année suivante. Cinq concurrents se présentent au deuxième concours de Metz, en 1788. Ce sont Grégoire, Thiéry et le "Juif polonais" Zalkind Hourwirtz qui vont se partager le prix de l'Académie. » (La Révolution française et l'émancipation des Juifs) — « L'Essai de l'Abbé Henri Grégoire est une oeuvre qui demeure comme un symbole pour une partie de l'humanité. C'est un lieu de rencontre spirituelle où se rejoignent la situation misérable des Juifs de France à la fin de l'Ancien Régime, l'interrogation des hommes des Lumières face à cette condition bafouant l'idéologie naissante des droits de l'homme et la force de conviction de l'Abbé Grégoire, assurément l'un des hommes que le refus de l'injustice et la générosité du coeur ont conduit à soutenir le plus fermement la cause des opprimés. » (Robert Badinter)
Seuil, 2018, in-8°, 362 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
137 346. C'est le nombre de Juifs assassinés en cinq mois par le colonel SS Karl Jäger, responsable des Einsatzgruppen de Lituanie. Dans un rapport glaçant, daté du 1er décembre 1941, ces meurtres sont consignés en détail. Jean Grégor, lorsqu'il découvre le rapport, refuse l'idée que des vies soient réduites à une ligne dans un document administratif. Il décide alors avec son père, Pierre Péan, de reconstituer le monde perdu de ces Juifs, englouti par la machine à broyer nazie. Partant de témoignages des descendants, des survivants, de souvenirs intimes, de photos et de lettres, ils cheminent entre l'histoire des victimes et celle des bourreaux, pour mieux appréhender ce moment unique de l'histoire du génocide des Juifs. Quelles étaient les motivations des assassins ? Dans quel plan dément se situe ces meurtres de masse ? Pourquoi l'histoire n'a pas retenu ceux qui furent anéantis avant la mise en place de l'industrie de la mort symbolisée par Auschwitz ? Telles sont les questions auxquelles père et fils tentent de répondre ensemble, interrogeant historiens, yiddishistes, procureurs, qui jouent tous ici le rôle de passeurs et de guides. C'est l'image d'un peuple amoureux des livres, des langues et de la culture qui revit, nous rappelant, de manière frappante, à quel point ces gens assassinés nous ressemblaient.
Flammarion, 2007, in-8°, 339 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
L'Allemagne est aujourd'hui la première terre d'émigration juive en Europe. Ce surprenant retour après l'Holocauste, Olivier Guez a voulu le raconter. Son livre est le résultat d'une enquête passionnante dans la mémoire des juifs d'Allemagne, dans leur identité et dans leur étrange rapport à la patrie de Goethe et d'Himmler. « Je me suis installé à Berlin et j'ai parcouru le pays et son histoire contemporaine, de l'Allemagne ruinée et mise au banc des nations de 1945 à la vibrionnante république de Berlin. J'ai convoqué Hannah Arendt et Billy Wilder, Meryl Streep et Gershom Scholem. Je me suis mis en quête des témoins : les rescapés des camps de la Shoah, les "rémigrés" revenus au pays pour chercher fortune dans la RFA du miracle économique, les juifs communistes de l'ancienne RDA, les écrivains, les artistes et autres DJ, ces représentants de la nouvelle génération de juifs allemands. J'ai retrouvé Daniel Cohn-Bendit à Bruxelles et me suis entretenu avec Imre Kertész, le rescapé d'Auschwitz, le porte-parole des "êtres sans destin", installé depuis peu dans la capitale allemande. J'ai rencontré des juifs d'ex-URSS, quelques-uns parmi les 200 000 qui sont accourus depuis la chute du Mur. Ils ont fait de la nouvelle Allemagne leur terre promise et ont sauvé sa communauté, la troisième d'Europe à présent, d'une disparition certaine. À travers les méandres de l'Histoire et de la géographie, j'ai écrit le feuilleton, la chronique de l'étonnante et troublante histoire des juifs au "pays des meurtriers". » Après la catastrophe, le récit d'un impossible retour.
Fayard, Yad Vashem, 2003, gr. in-8°, 596 pp, nombreuses photos, broché, couv. illustrée, bon état
"Le concept de "Juste des Nations" est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu'elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu'au danger de mort, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre. Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d'honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d'Israël, dans le pays où réside le Juste. Les justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l'allée des justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd'hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d'honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial. Les sauveurs se comptent par milliers, même si l'on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d'aide sous l'occupation allemande. Jusqu'à la fin de l'année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17.000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s'est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : "Aime ton prochain comme toi-même." Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l'honneur de leurs compatriotes."