8, rue Bréa
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France
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Phone number : 01 43 54 43 61 Les Indes savantes, 2005, gr. in-8°, 351 pp, 4 cartes et plans, une illustration in fine, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
En 1914, la guerre met fin à 150 ans de présence française en Syrie. Les lazaristes, envoyés sous le règne de Louis XVI, ont joué un rôle essentiel au sein du dispositif français dans l'empire ottoman au XIXe siècle. À Damas, les missionnaires français tiennent un hôpital, des écoles et un collège où se côtoient toutes les confessions : musulmans, chrétiens, juifs. Dispensant un enseignement français, s'étant montrés exemplaires lors des épidémies de choléra alors fréquentes, les lazaristes sont longtemps les seuls Européens acceptés par toute la ville. Principal établissement de Damas, le collège Saint-Vincent accueille les enfants des notables comme ceux des familles pauvres de la communauté chrétienne. Les missionnaires contribuent également à la latinisation des chrétiens d'Orient. Malgré les lois anti-cléricales votées en métropole, les autorités françaises ne cesseront pas de s'appuyer sur la congrégation des lazaristes pour propager la langue française et consolider le projet d'une Syrie française.
P., Guillaumin et Cie, 1901, gr. in-8°, 506 pp, reliure demi-percaline prune à la bradel, dos lisse orné d'un fleuron doré, pièce de titre chagrin fauve (rel. de l'époque), bon état
Une intéressante histoire des institutions française depuis la Révolution de 1789. L'originale anglaise était parue à Londres chez Macmillan en deux volumes en 1898. On a ici affaire à un des essais les plus pénétrants sur les structures et tendances de fond de la vie politique française depuis 1789, composée par un Britannique francophile décrit comme « l’un des derniers Européens cultivés ». John Edward Courtnay Bodley (1853-1925), ami de Manning et de Boutmy, se plaça délibérément dans le sillage de Taine. Ch. Mauras publiera également, en 1928, un texte à son sujet ainsi titré « L'anglais qui a connu la France ». — Table : La Révolution et la France moderne. La Constitution et le chef de l'État. Le système parlementaire. Les partis politiques.
Plon, 1907, 3 vol. in-8°, xxxv-505, 434 et 448 pp, 2 portraits de la comtesse de Boigne en frontispices, pièces justificatives, reliures demi-percaline verte, dos lisses, pièces de titre basane havane, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), dos lég. frottés, bon état (Tulard, 173 ; Bertier, 131)
Tomes 1, 2 et 3 seuls (sur 4) : Tome 1 : 1781-1814 ; Tome 2 : 1815-1819 ; Tome 3 : 1820-1830. Fragments. — Manque le dernier tome qui concerne la période 1831-1866. — «Seul le tome 1 intéresse l’Empire. Il est particulièrement riche en anecdotes sur l’opposition royaliste. » (Tulard, 173) — «Commencés en 1835 et tenus ensuite au jour le jour, ces mémoires intéressent la Restauration pour les vol. 2 et 3. Trait d’union entre la société impériale et les milieux liés à l’émigration, la comtesse de Boigne a joué un rôle non négligeable en 1814. Elle a ensuite suivi son père, ambassadeur, à Turin et à Londres, avant de se fixer définitivement en France. Après la Révolution de Juillet, elle a mis toute son influence au service du nouveau régime. Du fait de sa liaison intime avec Pasquier, elle a pu connaître bien des choses.» (Bertier, 131).
Plon, 1908, 4 vol. in-8°, xxxv-505, 434, 448 et 547 pp, 3 portraits en frontispice, un fac-similé recto-verso, pièces justificatives, index, reliures demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. abîmés, mque la partie sup. du dos du tome 1, sinon bon état
Complet. Tome 1 : 1781-1814 ; Tome 2 : 1815-1819 ; Tome 3 : 1820-1830 ; Tome 4 : 1831-1866. Fragments. «Seul le tome I intéresse l’Empire. Il est particulièrement riche en anecdotes sur l’opposition royaliste (portraits de Mme Récamier, de Mme de Chevreuse, d'Alexis de Noailles, de Chateaubriand). Quelques détails peu connus sur le mécontentement suscité par les gardes d'honneur et la conscription. Mais on ne perdra pas de vue qu'il s'agit de l'œuvre d'un adversaire de l'Empire.» (Tulard, 173). Texte également capital pour l'Emigration (Fierro, 169), et, d'une façon générale, pour la Restauration : «Commencés en 1835 et tenus ensuite au jour le jour, ces mémoires intéressent la Restauration pour les vol. 2 et 3. Trait d’union entre la société impériale et les milieux liés à l’émigration, la comtesse de Boigne a joué un rôle non négligeable en 1814. Elle a ensuite suivi son père, ambassadeur, à Turin et à Londres, avant de se fixer définitivement en France. Après la Révolution de Juillet, elle a mis toute son influence au service du nouveau régime. Du fait de sa liaison intime avec Pasquier, elle a pu connaître bien des choses.» (Bertier, 131).
Peyronnet, 1955, in-8°, 302 pp, 5 pl. de portraits et 2 tableaux généalogiques dépliants hors texte, index, broché, bon état
"Le général de Boisboissel a fort bien fait de mettre en lumière la figure de son aïeul. Loz de Beaucours appartenait à une famille d'ancienne noblesse, possédant la seigneurie de ce nom en Bothoa, dans la partie « continentale » de l'évèché de Cornouaille, relevant du comté de Quintin et dont le manoir était une modeste habitation comptant seulement deux pièces, vastes sans doute, par étage. Entré au Parlement avec l'achat d'une charge de conseiller, en 1775, à vingt-neuf ans, il devint, quatre ans après, avocat général, à la place de Duparc-Porée, et le demeura jusqu'à la fin de l'institution. Les archives copieuses qu'il a laissées (il aimait écrire), nous éclairent sur ses opinions. C'était un magistrat libéral, membre de la Chambre de Lecture Rennaise, partisan de l'égalité devant l'impôt et de concessions au Tiers dans la distribution des places. Paisible par nature, modéré par raison, il ne fut pas écouté et émigra. Le Comte d'Artois le dissuada de s'engager dans la conjuration de la Rouerie. Rentré dès 1801, il paya sa hâte de six mois de prison à Sainte-Pélagie, mais ayant donné à l'Empereur ses deux fils, dont l'un servit à l'armée, et l'autre dans la diplomatie, il fut nommé Conseiller à la Cour d'Appel de Rennes en 1811 et remplit ces fonctions, sauf l'intervalle des Cent-Jours, jusqu'à sa retraite en 1823 (il avait soixante dix-sept ans). Il est mort à Rennes peu de jours avant la chute de la monarchie légitime à laquelle l'attachaient ses préférences. Dans les abondants papiers qu'il a occasionnés ou griffonnés, l'auteur a trouvé les éléments d'une étude qui fait apparaître avec les traits du personnage, l'atmosphère qui l'enveloppait. Les vicissitudes subies par ses domaines tant de la part des chouans que des administrateurs révolutionnaires n'en forment pas le moins curieux chapitre..." (B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Annales de Bretagne, 1956)
P., Eugène Fasquelle, 1908, in-12, 433 pp, reliure demi-percaline verte à la bradel, dos lisse, pièce de titre basane vermillon, fleuron et double filet dorés en queue (rel. de l'époque), bon état. Edition originale
"Le Vaisseau des Caresses navigue mollement vers des paradis que je ne connais pas. Ses passagers sont en proie au rut qui domine les traversées. Les captives autrefois ne devaient pas résister longtemps aux désirs des pirates qui les avaient enlevées. Le Vaisseau des Caresses enferme une foule cosmopolite. Nul ne peut s'évader de l'arche langoureuse. Et comme tous les coeurs y battent pour l'amour, il en est de méprisés qui deviennent méprisables par la haine et dans le mal. M. Jules Bois a voulu écrire, lui aussi, son roman de la foule. Il a choisi une foule enclose et ce minuscule Etat flottant ne s'est point constitué en république. C'est un royaume qu'une reine amoureuse gouverne : Glatie, la petite hollandaise de Java. Les savants seuls, jusqu'à présent, s'étaient occupé d'océanographie, mais M. Jules Bois est un poète..." (Guillaume Apollinaire, La Phalange, 15 août 1908)
P., Jules Tallandier, 1928, in-8°, 245 pp, 16 pl. de gravures et portraits hors texte, dont le frontispice, broché, couv. illustrée, bon état
Marius Boisson (1881-1959) fut l'ami et le secrétaire de Hugues Rebell. Avant 1914, il met son érudition et son talent au service de productions littéraires parfois commerciales : érotisme, sado-masochisme, anthologie des baisers. Il fit tous les petits métiers, fut journaliste et fréquenta les bibliothèques. Après la grande guerre, il est l'auteur d'un classique, Les Compagnons de la Vie de Bohème.
P., J. Hetzel et Cie, 1875, in-12, iii-326 pp, 6e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), rousseurs, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Montyon 1874)
Récit épistolaire sur l'expérience de sa famille (Vineuil) pendant la Guerre franco-allemande de 1870, par Lucie Boissonnas, née Lucie Sophie Catherine Bessirard de La Touche (1839-1877). — "Un ouvrage qui a le grand mérite de perpétuer la mémoire des terribles épreuves infligées à notre pays, – et que peut-être il avait méritées." (Le Magasin d’éducation et de récréation, 1873) — "On sait quel livre attachant une femme distinguée a écrit sur l’histoire d’une famille française pendant la guerre." (Revue des Deux Mondes)
P., J. Hetzel éditeur, s.d. (1880), gr. in-8°, iii-276 pp, un frontispice et 22 planches hors texte dessinées par P. Philippoteaux et gravées sur bois par Laplante, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et caissons dorés, tranches dorées, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), qqs épidermures sans gravité, bon exemplaire sans rousseurs
Correspondance de la famille Vineuil. — "On sait quel livre attachant une femme distinguée a écrit sur l’histoire d’une famille française pendant la guerre." (Revue des Deux Mondes)
Grasset, 2000, in-8°, 347 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Cette jeune femme en noir, au bouquet de violettes, aux yeux profonds, que peint Manet dans les années 1870, c’est Berthe Morisot. Elle garde sur son visage altier comme un secret. Un modèle parmi d’autres ? Non : la seule femme du groupe des Impressionnistes. Berthe Morisot, née dans la province française en 1841, fille de préfet, peint et expose parmi ce clan d’hommes, ceux qui sont encore des réprouvés sans public, des réfractaires à l’art officiel : Manet, Degas, Monet, Renoir. Ardente mais ténébreuse, douce mais passionnée, aimant la vie de famille mais modèle et amie – et qui sait ? peut-être davantage – d’Edouard Manet dont elle épouse le frère : il y a une énigme dans les silences et les ombres de Berthe Morisot. Dominique Bona, puisant aux archives inédites, fait tournoyer la fresque de l’Impressionnisme : de Giverny aux plages normandes, de Mallarmé rédigeant des billets doux pour Méry Laurent ou Nina de Callias aux lavandières qui posent pour Renoir, de la sanglante Commune de Paris au règne de la bourgeoisie corsetée, des salles du Louvre aux ateliers de la bohème, Dominique Bona peint ici le portrait subtil d’une artiste qui inventa sa liberté.
Grasset, 2006, in-8°, 402 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état
Fièvre, passion, génie. C'est sous les signes de feu de la création et de la destruction qu'ont vécu les Claudel soeur et frère : Camille le sculpteur, Paul le poète. Cette biographie raconte pour la première foi, leurs rapports fusionnels. Deux tempéraments exaltés mais sensibles jusqu'à l'extrême fragilité Camille, intransigeante, affronte les incertitudes de l'art et de la vie de bohème ; Paul trompe son mal de vivre dans le voyage et l'exotisme, en Chine, au Brésil, au Japon. Ces destins qu'on pouvait croire séparés se sont nourris l'un de l'autre. La soeur et le frère vont connaître les mêmes passions funestes. Paul tombe amoureux de Rosalie Vetch, une femme mariée qui l'abandonnera ; Camille subit l'envoûtement de Rodin jusqu'à la folie. Drame de la famille. Lourdeurs et conventions alliées contre les exigences du cœur. Dominique Bona retrace les épisodes de leurs vies tourmentées. Elle révèle les liens profond de ces deux artistes lumineux et déchirés : unis au-delà de l'adversité, par une fraternité indestructible.
P., Ad. Le Clère et Cie, 1827, in-8°, (4)-163 pp, reliure demi-percale acajou à coins, dos lisse, titres, filets et fleuron dorés, couvertures conservées, petite tache d'encre en marge inf. des derniers feuillets sans atteinte au texte, qqs rousseurs éparses, bon état. Édition originale enrichie d'un rare envoi autographe de Louis de Bonald au dos du faux-titre ("De la part de l'auteur à Monsieur ..."), ex-libris Eug. Forgues
L'année 1827, la dernière du long ministère Villèle, fut marquée par l'extraordinaire agitation parlementaire et extra-parlementaire à l'occasion de la nouvelle loi (loi du 29 décembre 1829) sur la presse, la plus répressive que l'on ait vue depuis la promulgation de la Charte, et baptisée "Loi de justice et d'amour" d'après l'expression ridicule que le ministre Peyronnet avait employée pour la défendre dans le Moniteur. Dès lors, le rejet de ces dispositions, finalement votées le 12 mars 1827, unira les libéraux et les ultras dans une même détestation du ministère, qui ne connaîtra plus que des difficultés sans nombre jusqu'au début de 1828. L’auteur donne ici le point de vue des Ultras hostiles à la liberté de la presse. — « Pourquoi une opposition est-elle regardée comme une des nécessités du gouvernement représentatif, et quel en est le caractère ? » Par cette phrase qui ouvre cet ouvrage, Bonald apparait, sous la Monarchie restaurée, comme le premier théoricien de cette opposition qui est l’une des conditions d’exercice revendiquées par les démocraties modernes.
Duc-Albatros, 1988, in-8°, 168 pp, broché, bon état
"Le maître des Etudes Bonaldiennes qu'est Jean Bastier nous donne aujourd'hui un précieux inédit du penseur contre-révolutionnaire. Avec ces “Réflexions sur la Révolution de Juillet 1830”, il nous rend en effet accessible un des derniers écrits de Bonald, qui mourra en 1840. C'est par le fait l'analyse que Bonald propose du dernier événement marquant dont il aura pu être le témoin. Dans une importante préface de trente pages, Jean Bastier analyse d'abord la réaction du penseur, attaché en doctrinaire à l'Ancien Régime, devant un nouveau soubresaut révolutionnaire. Celui-ci ne manquera pas, on s'en doute, de puiser dans l'événement une ultime confirmation à ses théories. Bonald y voit le parachèvement de la mainmise de la bourgeoisie sur la société et l'Etat commencée en 1789. Le grand mérite de la préface de Jean Bastier est de confronter régulièrement sur chaque thème, le jugement de Bonald avec ceux de Chateaubriand ou de Tocqueville, issus comme Bonald de la noblesse légitimiste et dont la sensibilité première était voisine..." (Philippe Didier, Revue historique de droit français et étranger, 1999)
P., Henri Plon et Amyot, 1854-1856, 4 vol. gr. in-8°, 480, 546, 437 et 424 pp, brochés, couv. imprimées, dos du tome 1 fendu avec manque de papier, sinon bon état
Edition collective rare des oeuvres du souverain, parue en quatre volumes de 1854 à 1856. Elles est très bien imprimée sur papier vélin par Henri Plon. – Détail : Tome I : L'idée napoléonienne ; Des idées napoléoniennes (1839) ; Fragments historiques 1688 et 1830 (1841) ; Réponse à M. de Lamartine ; Rêveries politiques (1832) ; Mélanges (un grand nombre de lettres et de pièces variées). – Tome II : Mélanges (suite) ; Extinction du paupérisme (1834) ; Analyse de la question des sucres (1842) ; Projet de loi sur le recrutement de l'armée ; Considérations politiques et militaires sur la Suisse (1833) ; Quelques mots sur Joseph-Napoléon Bonaparte (1844) ; Le canal de Nicaragua. – Tome III : Discours, proclamations, messages, de 1848 à 1855. – Tome IV : Du passé et de l'avenir de l'artillerie.
Strasbourg, Editions des Dernières Nouvelles, 1970, gr. in-8°, 389 pp, 97 gravures et portraits dans le texte et à pleine page, 12 cartes volantes dans une pochette en fin de volume, annexes (ordres de bataille), biblio (pages 385-388), reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état
"Ancien officier, Raymond Bongrand brosse un tableau magistral des combats livrés pendant le premier mois du conflit (2 août - 2 septembre) et du comportement contrasté des places-fortes du Nord-Est français, avec le souci d'une illustration de qualité puisée dans les grands classiques de la fin du XIXe siècle. Il renouvelle au préalable, par une étude technique de l'emploi des armes, la comparaison classique des belligérants et démonte le plan de campagne de Moltke, axé sur une bataille de la Sarre mais déjoué par la désobéissance du bouillant Steinmetz – 74 ans ! – dont l'attaque prématurée à Forbach (3 jours trop tôt...) « sauve – pour un temps – l'armée française du danger mortel qui la menaçait immédiatement » (p. 194)." (F.-Y. Le Moigne, La Lorraine et la guerre de 1870, bilan des travaux récents, 1971)
L'Or du Temps, Régine Deforges, 1970, in-8°, 97 pp, broché, couv. à rabats, bon état
Reproduction en fac-similé d'un catalogue de produits érotiques paru au début du XXe siècle (sans illustrations).
Les Indes savantes, 2017, gr. in-8°, 349 pp, 115 illustrations et photos en noir et en couleurs, 25 tableaux, index, broché, couv. illustrée, bon état
Jusqu'à présent, on connaît de Bordeaux essentiellement la vie de son port, de ses négociants, de son Pavé des Chartrons, riche des grandes dynasties bourgeoises à cheval sur l'armement maritime, le négoce, le vin, le rhum des Antilles. Or cette cité-port a été aussi un pôle industriel, sans pour autant animer une région industrielle comme les grands ensembles français. Un système productif s'y est bel et bien constitué pendant la première révolution industrielle, en étroite liaison avec la vie du port, bien entendu. II s'agit donc ici de jauger l'épaisseur de ce terreau industriel girondin ; d'apprécier comment des « jeunes pousses » y ont éclos, portées par l'importation de technologies ou enrichies d'innovations locales ; de mesurer les rythmes de croissance des différentes branches d'activité. Certes, la consommation des classes aisées a structuré une demande pour des productions spécifiques ; et les outre-mers, coloniaux ou non, ont alimenté plusieurs secteurs représentatifs de cette économie ouverte aux flux atlantiques. Mais des industries semi-lourdes y ont animé le souffle de l'investissement, dans les chantiers navals, dans la métallurgie, dans la mécanique. Ici aussi, la machine à vapeur est devenue la reine de l'expansion ! Et l'agglomération s'est hérissée de cheminées, tandis que les usines se tapissaient dans le tissu des rues traditionnelles, avant de glisser vers des pôles à la périphérie. Grâce à des archives publiques inédites, à une mobilisation des publications des historiens et des érudits passionnés d'industrie, l'ouvrage bouleverse la perception de l'histoire économique et patrimoniale de Bordeaux. Chaque chapitre, enfin, est enrichi d'un corpus d'illustrations.
P., Editions Hervas, 1998, in-4°, 206 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs dans le texte et à pleine page, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état
Bel ouvrage érudit, écrit avec la collaboration de Philippe Decroix, Sabine Effosse, Pierre Pouchain et Olivier Puydt, retraçant 150 années d'histoire du Crédit du Nord et de ses filiales : Banque Courtois, Banque Kolb, Banque Laydernier, Banque Lenoir et Bernard, Banque Nuger, Banque Rhône-Alpes, Banque Tarneaud. Le Crédit du Nord commémorait en 1998 son 150e anniversaire. En réalité, la banque n'apparaît sous ce nom qu'en 1871, l'établissement d'origine étant le Comptoir d'escompte de Lille, né effectivement en 1848. Les banques qui, au fil du temps, se sont agrégées pour former le futur Crédit du Nord sont souvent antérieures à 1848, telles Courtois à Toulouse (1760), Tarneaud à Limoges (1809), Mirabaud à Paris (1825) ou Verley, Decroix et Cie à Lille (1846)...
Masson, 1989, gr. in-8°, 302 pp, graphiques, bibliographie par chapitre, index, broché, bon état (Coll. Un Siècle d'Histoire)
L'ouvrage étudie la mobilité de l'argent. Il reconstitue l'évolution des banques depuis le Second Empire et celle de leur métier, au service des familles et des entreprises. Il localise les principaux stocks d'argent, patrimoines familiaux ou actifs de sociétés. Il suit les mécanismes de la mise en valeur des capitaux, en particulier à la Bourse. Il apprécie le pouvoir des financiers dans l'économie et sur les entreprises et évalue l'influence de l'argent sur la presse et sur la politique. — "Le plan de l'ouvrage est équilibré en quatre parties : les étapes du système bancaire ; les fonctions bancaires ; l'argent « en question » (Bourse, financiers et managers) ; les polémiques sur l'argent (de la littérature à la vie politique). Le sommaire laisse deviner l'ampleur de cette synthèse qui comporte plusieurs ouvrages en un seul. Contrairement à l'indication du titre, de nombreux développements portent sur le début du 19e et même au-delà. La présentation s'étend au printemps 1989 dont les événements financiers sont décrits avec précision. Parmi les grandes questions abordées par cet ouvrage foisonnant, l'auteur sait montrer de façon convaincante les limites du contrôle financier sur les groupes industriels..." (Philippe Mioche, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1990)
P., Dentu, Dumaine, 1883, in-8°, ix-474 pp, pièces justificatives, reliure demi-toile verte, dos lisse, titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état
Edition originale de cet ouvrage de référence. Par Edmond Bonnal de Ganges, conservateur des archives au Dépôt de la Guerre. — "Par ordre de la Prusse ! – Il y a environ seize ans, Gambetta fit attribuer à M. Bonnal, auteur d'un remarquable ouvrage sur les capitulations prussiennes après Iéna, les fonctions de directeur des importantes archives du ministère de la guerre, devenues vacantes par la mort de M. Camille Rousset. En 1883, le nouvel archiviste eut la malencontreuse idée de publier un autre ouvrage sous ce titre : “Le royaume de Prusse”. Consacré presque entièrement à l'œuvre de Frédéric II, ce livre appréciait des événements antérieurs à 1807 ; il avait donc une valeur purement historique. A peine avait-il paru, que M. Bonnal était mandé par ordre au bureau du colonel du service géographique. Là il était avisé qu'à la suite d'une note de l'ambassade de France à Berlin, le gouvernement avait résolu sa révocation. On promit d'ailleurs à M. Bonnal une compensation qu'il attend encore... Cependant le gouvernement avait pris ses mesures pour échapper à tout recours en justice. Préoccupé d'éviter le scandale d'un débat judiciaire qui aurait révélé son ignominie, la révocation de M. Bonnal avait été purement verbale ; de telle sorte que l'infortuné n'avait en main aucune pièce pouvant servir de base à une revendication judiciaire. Et pour comble de précaution, on avait omis de le remplacer. Mais enfin vint le jour – tout récent du reste – où, après des années de laborieux efforts, la victime des susceptibilités allemandes et de la couardise républicaine, obtint une pièce officielle constatant qu'il n'était plus archiviste de la guerre. Muni de cette preuve, il a introduit une instance actuellement pendante devant le Conseil d'Etat. Procès intéressant qui nous montrera à quel degré d'abaissement est tombée la République radico-dreyfusarde." (Journal du Loiret, 2 mars 1900)
Bibliothèque de la Vie moderne, s.d. (1897), in-12, 586 pp, préface d'Armand Silvestre, broché, dos fendu
P., René Baudouin, 1980, fort in-4°, [30]-xvi-776 pp, 7 grandes planches gravées reproduites sur les 30 premières pages (les planches étaient à l'origine dépliantes), index, vocabulaire anglais-français des termes principaux de la marine à voiles, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état
Réimpression de l'édition de 1856.
P., Houdaille, 1835, in-8°, xxi-293 pp, copieuses pièces justificatives (pp. 231-293), reliure demi-basane violine, dos lisse avec titres et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Rare
"Il ne s'agit pas de mémoires, mais d'une histoire de la Révolution de Juillet 1830 à partir des événements qui ont eu lieu notamment dans le cadre de l'Hôtel de Ville. Cependant l'auteur a assisté à tout ce qu'il relate et il écrit souvent à la première personne, se mettant en scène." (Bertier, 142).
Fayard, 1962, in-8°, 519 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)
"Quand un historien se double d’un homme d’État, son analyse du passé prend un singulier intérêt. En effet, abordant l’histoire en connaissant les dessous des grandes affaires, les passions, les calculs qui se cachent derrière toute négociation, il peut nous en donner une vue plus nuancée, plus large et plus humaine. A tous ceux qui veulent savoir ce que sont les traités de Versailles, Locarno, Munich, Yalta, Potsdam, etc. il apporte une série de notions claires qui expliquent notre monde contemporain. Tout ce récit est d’une lecture vivante. Rien ne traîne. Le style est clair et alerte, l’ouvrage fortement composé. En 1924, Georges Bonnet entre dans la vie publique ; en 1938, l’Élysée l'appelle pour former le Gouvernement. Deux mois plus tard, Hitler prend l’Autriche. Après ce coup, la panique règne. On l’appelle au Quai d’Orsay. Puis c’est le voyage de George VI ; la crise tchécoslovaque. Enfin Munich et l’accueil délirant de Paris et de la France. Mais le ministre ne cache pas son pessimisme ; la guerre est seulement retardée, il faut réarmer précipitamment. Alors, c’est la tragique année 1939. Hitler entre à Prague, la France négocie avec l’URSS, mais le 23 août, Molotov signe avec Hitler. Georges Bonnet fait réunir le Comité de la Défense Nationale. Le Généralissime répond “L’armée est prête”. Ce sont les dernières journées avant l’invasion de la Pologne. Les lecteurs découvrent ses conversations téléphoniques avec Ciano, les ministres anglais, puis avec l’Ambassadeur qui porte la déclaration de guerre à Hitler. Ensuite, c’est la défaite, l’effort de la France pour la surmonter... (...) C’est toute une longue période de notre passé, replacée au milieu des événements internationaux, que Georges Bonnet a racontée en enrichissant le récit de l’historien de l’expérience de l’homme d’action." (L'Editeur) — "L'étude ne commence réellement qu'en 1919 : il s'agit en fait d'une esquisse d'histoire diplomatique, assortie d'un plaidoyer pro domo que prononce l'ancien ministre des affaires étrangères à propos de Munich. L'auteur ne ménage pas ses accusations contre l'Union soviétique, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, responsables de l'isolement de la France – après comme avant la seconde guerre mondiale." (Revue française de science politique, 1961)
Fayard, 1962, in-8°, 519 pp, reliure demi-basane carmin à coins, dos à 4 nerfs souligné à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)
Par Georges Bonnet (1889-1973), député radical-socialiste de la Dordogne de 1924 à 1940 et de 1956 à 1968 et plusieurs fois ministre entre 1925 et 1940. — "L'étude ne commence réellement qu'en 1919 : il s'agit en fait d'une esquisse d'histoire diplomatique, assortie d'un plaidoyer pro domo que prononce l'ancien ministre des affaires étrangères à propos de Munich. L'auteur ne ménage pas ses accusations contre l'Union soviétique, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, responsables de l'isolement de la France – après comme avant la seconde guerre mondiale." (Revue française de science politique, 1961)