8, rue Bréa
75006 Paris
France
E-mail : clio.histoire@free.fr
Phone number : 01 43 54 43 61 Laffont, 1972, gr. in-8°, 467 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, dos insolé, bon état (Coll. Vécu), envoi a.s.
Mémoires d'un célèbre gaulliste de 1939 à 1970. Les 270 premières pages sont un récit de ses combats dans les Forces Françaises Libres pendant la Seconde Guerre mondiale. — "Midi, le 10 juillet 1940, un jeune officier de marine plonge de son bateau dans la rade d'Alexandrie : Roger Barberot vient de choisir la France Libre, l'aventure. Il vient d'orienter sa vie par ce refus de la défaite. Par la décision de combattre aux côtés du général de Gaulle. Nous le suivons dans le désert de Libye devant Tobrouk et Benghazi, en Erythrée, devant Damas, à El Alamein, en Tunisie, à Rome, à Toulon, dans les Vosges et en Alsace. Il passe à travers toutes les bagarres sans une égratignure. Cela fait partie de son personnage que de croire qu'il est invulnérable et que la santé et la jeunesse sont éternelles. Sa grande aventure, vivante, colorée, joyeuse, n'est autre que la grande aventure de la France pendant ces trente dernières années. La guerre finie, il est l'officier le plus décoré de la Marine. Il est Compagnon de la Libération depuis mars 1941, Commandeur de la Légion d'honneur à trente ans (ils sont trois à l'avoir à cet âge en France). Les Américains lui ont donné leur plus haute décoration militaire pour "extrême héroïsme en action". Il est capitaine de frégate. Une carrière militaire brillante s'ouvre devant lui qui doit l'amener tout naturellement à la première place. Pour peu qu'il le veuille. Mais il remet sa mise sur le tapis et quitte, en 1947, la Marine pour servir comme militant au R.P.F. C'est une autre aventure qui commence. Tour à tour officier en Algérie, ambassadeur de France, l'actualité le prend parfois dans son objectif. Parce qu'il n'est pas homme à se taire et à dissimuler. Dans la guerre et dans la paix, il se bat partout pour ses idées. Et pour ses amis. "Spécialité : l'amitié", note Vianson-Ponté dans sa revue des Gaullistes de "A à Z" . Il n'est pas tendre pour les autres. Il est de ceux qui prennent la vie « à bras le cœur »."
Rome, L'Alveare, 1951, fort in-8°, 1400 pp, 2 cartes en couleurs hors texte, broché, dos lég. sali, bon état. Peu courant
Mémoires de l'auteur, Ministre plénipotentiaire, de la veille de la Première Guerre mondiale à l'administration de Vichy : la Pologne, la Turquie, le Japon, l'Espagne, Vichy... Un ouvrage qui fit du bruit dans lequel l'auteur décrivait et jugeait la politique extérieure de la France depuis le début de la première guerre mondiale jusqu'au lendemain de la seconde... — Jean-Baptiste Barbier débute dans la carrière diplomatique en avril 1915. De fin 1919 à 1923, il est en poste à Madrid (pp 143-214), de mars 1924 à février 1930 à Varsovie (pp 215-351), puis est Conseiller à Stamboul (Istanbul) jusqu'en septembre 1934 (pp 353-494), Conseiller à Tokyo de décembre 1934 à juin 1936 (pp 495-586), puis d'août 1936 à avril 1937 Conseiller à Madrid (l'Ambassade ayant en fait reflué à San-Sebastian) et ensuite Chargé d'affaires à Valence, où il crée de toutes pièces un poste diplomatique (pp 587-722). Renvoyé à Tokyo comme Conseiller de septembre 1937 à mai 1938 (pp 759-837), il est, de juin 1938 à novembre 1939, Ambassadeur à Caboul (Kaboul) (pp 839-1030). Après une cure en Suisse, il arrive à Vichy en juillet 1940, mais doit à nouveau rejoindre la Suisse pour se faire soigner et y séjourne pendant toute la guerre ; en 1945, il est mis à la retraite anticipée par le Gouvernement provisoire pour s'être abstenu d'adhérer au Gouvernement d'Alger. — "Un diplomate de carrière, mis à la retraite en 1945, raconte sa vie et exprime infatigablement sa rancune contre la République, le Front populaire, les Juifs, les instituteurs et le service des Œuvres françaises à l'étranger..." (Revue française de science politique, 1955)
Flammarion, 1927, 2 vol. in-12, 249 et 283 pp, reliures demi-chagrin bleu-nuit, dos à 3 nerfs ornés en long, titres dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), bon état. Editions originales sur papier ordinaire, enrichies d'un envoi a.s. sur chaque faux-titre, beaux exemplaires. On joint une publicité dépliante de l'éditeur (4 pp imprimées sur papier vert – « Quelques opinions sur Jésus d'Henri Barbusse ») et « L'exploitation de Jésus », un article de presse de l'auteur sur 7 colonnes paru le 27 février
Jusqu'à sa mort en 1935, Barbusse, qui devient membre du parti en 1923, lors de l'occupation de la Ruhr, après avoir adhéré dès l'origine à l'idéologie communiste, jouit d'une situation exceptionnelle. Le gendre de Catulle Mendès, qui avait commencé sa carrière littéraire en publiant en 1895, à l'âge de vingt-deux ans, un recueil de vers intitulé Pleureuses, était devenu communiste par haine de la guerre, par pacifisme et parce qu'il ressentait profondément « ce vaste besoin d'unité humaine » dont parlait en 1922 Paul Vaillant-Couturier, pour expliquer sa propre adhésion au communisme. Le marxisme lui était fort peu familier, ainsi que les tâches d'organisation, et il devait jusqu'à sa mort multiplier les initiatives pour créer de vastes rassemblements internationaux afin de lutter contre le militarisme et le danger de guerre. C'est dans cet esprit qu'il avait lancé en 1919 dans L'Humanité un appel pour l'Internationale de la pensée et qu'il avait fondé le mouvement “Clarté”, auquel avaient adhéré des écrivains comme Georges Duhamel et Jules Romains. Dans “Jésus”, Barbusse retrace l'histoire de Jésus en tant que martyre socialiste. Pierre Naville, en 1927, dénoncera sévèrement le confusionnisme de son livre “Jésus” et sa propension à présenter un « Jésus marxiste... » (Jean Touchard, Revue française de science politique)
Editions Clarté, 1921, in-12, 80 pp, broché, couv. rempliée lég. défraîchie, bon état
"Les intellectuels – je parle de ceux qui pensent, et non des amuseurs et des charlatans, parasites et profiteurs de l'esprit – sont les traducteurs de l'idée dans le chaos de la vie. Qu'ils soient savants, philosophes, critiques ou poètes, leur métier éternel est de fixer et de mettre en ordre la vérité innombrable, par des formules, des lois, et des oeuvres. Ils en dégagent les lignes, les directions ; ils ont le don quasi divin d'appeler enfin les choses par leurs noms. Pour eux, la vérité s'avoue, s'ordonne et s'augmente, et la pensée organisée sort d'eux pour rectifier et diriger les croyances et les faits. Par cette utilité sublime, les ouvriers de la pensée sont toujours au commencement du drame interminable qu'est l'histoire des hommes."
Les Oeuvres françaises, 1938, in-12, 126 pp, broché, bon état. Edition originale, ex. du SP
"(...) La signification des manoeuvres inopinées et d'envergure qui se déroulent en Allemagne (15 août - 6 novembre 1938) est grave, sans aucun doute ; mais seule l'étude attentive des travaux de fortification actuellement en cours permet de dire ce qu'elles signifient exactement. Seule, elle peut nous éclairer sur l'heure et sur la direction de l'attaque allemande, comme sur la manière dont l'état-major compte couvrir cette attaque. D'où notre enquête..." (Liminaire)
Baudinière, 1938, in-12, 220 pp, broché, couv. lég. salie, qqs pages mal coupées, état correct
Maspero, Centre d’histoire du syndicalisme, 1977, in-8°, 255 pp, introduction de Jean Prugnot, corrections et réflexions de Marcel Hasfeld, 20 reproductions de documents, annexes (biographies des militants, liste chronologique des livres et brochures édités par la Librairie du Travail, biblio), broché, couv. illustrée à rabats, bon état
"La Librairie du travail fut une toute petite entreprise, plus riche d'idées et de dévouements que de biens matériels : une boutique de librairie, assortie d'une bibliothèque de prêt et d'une maison d'édition, située dans un quartier populaire de Paris, et inspirée par la révolution sociale. On y fut anarchiste à l'origine (1917), communiste orthodoxe à la grande époque bolchevique (1920-1927), trotskyste ensuite. « On », ce fut essentiellement Marcel Hasfeld, un Parisien, fils d'artisans juifs immigrés, qui vécut de divers petits métiers et fit vivre l'entreprise à peu près seul avec une ténacité et une foi extraordinaires. M.-C. Bardouillet a travaillé de première main d'après la liste des publications de la Librairie du travail et tout ce qui en subsiste d'archives ; elle a en outre recueilli le témoignage d'Hasfeld, elle lui a enfin soumis le texte de son mémoire pour recueillir ses observations, voire ses critiques et corrections, qui sont aussi imprimées à la suite. Cela donne un ouvrage dont on voit le double intérêt ; d'abord une contribution à l'étude de l'extrême-gauche indépendante de l'entre-deux-guerres, avec ce souci aigu de la culture, de la formation des hommes, de l'émancipation de l'esprit, de l'émancipation par l'esprit qui est le meilleur héritage du XIXe siècle laïque, démocratique et social, – et puis la mise à jour et l'évocation d'un type homme, d'un type de militant, bien daté si l'on veut, mais d'un relief assez impressionnant. Pour tout cela, qui peut intéresser bien d'autres lecteurs que les spécialistes d'histoire du « mouvement ouvrier », cette monographie méritait publication, et le Centre d'histoire du syndicalisme mérite gratitude." (Maurice Agulhon, Annales ESC, 1979)
Flammarion, 1936, gr. in-12, 48 pp, broché, bon état
"Citoyens. Je réponds à l'appel des soixante mille électeurs, qui m'ont spontanément honoré de leurs suffrages aux élections de la Seine. Dans la situation politique, telle qu'elle est, on me demande toute ma pensée. La voici : Deux Républiques sont possibles. L'une abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge ; fera banqueroute ; ruinera les riches sans enrichir les pauvres ; anéantira le crédit, qui est la fortune de tous, et le travail, qui est le pain de chacun ; abolira la propriété et la famille ; promènera ses têtes sur des piques ; remplira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre ; mettra l'Europe en feu et la civilisation en cendres ; fera de la France la Patrie des ténèbres ; égorgera la liberté ; étouffera les arts ; décapitera la pensée ; niera Dieu ; remettra en mouvement ces deux machines fatales, qui ne vont pas l'une sans l'autre, la planche aux assignats et la bascule de la guillotine ; en un mot, fera froidement ce que les hommes de 93 ont fait ardemment et, après l'horrible dans le grand, que nos pères ont vu, nous montrera le monstrueux dans le petit. L'autre sera la sainte communion de tous les Français dès à présent, et de tous les peuples un jour, dans le principe démocratique ; fondera une liberté sans usurpations et sans violences..."
Delagrave, 1933, in-12, 494 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque d'histoire et de politique)
Hachette, 1939, in-12, 250 pp, broché, bon état, bel envoi a.s.
Industriel orléaniste, grand-père de Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Bardoux présidera le comité chargé par Doumergue de réformer les lois de 1875 ; en 1936-1937, sous le gouvernement du Front populaire, il publie plusieurs pamphlets accusant le Parti communiste français de préparer un coup d'État et interprétant les grèves de juin 1936 comme une tentative insurrectionnelle commanditée depuis Moscou. Il accuse aussi le PCF de pousser la France à la guerre contre l'Allemagne nazie pour le profit de l'URSS. Pour l'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac (Les Français de l'an 40, 1990), « ces fantasmes ont trouvé créance dans des milieux tenaillés par la peur sociale ». Elu sénateur radical indépendant du Puy-de-Dôme en 1938, il vote en faveur de la remise des pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940 et sera membre de la commission du Conseil national de Vichy chargée d'élaborer la nouvelle constitution, ce qui lui vaudra d'être déclaré inéligible à la Libération...
P., La Pensée libre, 1947, in-12, 195 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier d'édition (il n'a été tiré que 50 ex. sur grand papier)
Lettre cinglante écrite par Maurice Bardèche, ancien élève de Normale sup, agrégé de lettres, balzacien fameux, emprisonné en 1945, et beau-frère de Robert Brasillach fusillé le 6 février 1945, à François Mauriac, gaulliste idolâtre. Pour la première fois depuis la Libération, un livre attaquait avec une extrême violence la législation de l'épuration. Ce texte pamphlétaire publié en 1947 se vendit à 80.000 exemplaires. Bardèche y défend l'idée de « collaboration », dédouane les fonctionnaires nommés par Vichy, remet en cause la légalité de la Résistance et critique les excès de l'épuration, il exprime cependant quelques réserves sur la création et les méthodes de la Milice.
P., Pédone, 1977, fort gr. in-8°, xix-797 pp, préface de Jacques Droz, sources et biblio, index, broché, qqs marques au crayon en marges, bon état
Par Jacques Bariéty (1930-2014), historien des relations franco-allemandes. Jacques Bariéty participa, dès sa création en 1958, aux activités de l’Institut historique allemand de Paris. Parallèlement, il poursuivit une brillante carrière universitaire comme attaché de recherche au CNRS (1964-1968), maître-assistant à la Faculté des Lettres de Metz (1971), professeur à l’Université de Strasbourg (1975), puis à la Sorbonne (Paris IV) de 1979 à 1996. Sa thèse de doctorat d’État, soutenue en 1975 et publiée en 1977, sur Les relations franco-allemandes après la première guerre mondiale (1918-1925), couronnée du prix Gobert de l’Académie Française, s’imposa internationalement comme un ouvrage de référence. Elle avait été précédée de plusieurs ouvrages sur l’Allemagne (avec Jacques Droz) et les relations franco-allemandes (avec Raymond Poidevin), ainsi que de la publication du Journal de Raymond Poincaré de 1919 (avec Pierre Miquel). (Maurice Vaïsse et Christian Baechler, Le Monde, 9 déc. 2014)
Hatier, 1973, gr. in-8°, 224 pp, 7 cartes et tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. d'Histoire contemporaine)
"Deux historiens français, J. Bariety et J. Droz, dont les ouvrages sur l'Allemagne sont avantageusement connus, nous donnent conjointement une étude très ramassée sur la période cruciale qui va de l'effondrement du Reich wilhelminien a celui du IIIe Reich. Malgré son volume réduit, l'essentiel est dit et bien dit dans cette synthèse, qui reste lumineuse même quand les problèmes traités sont délicats et ardus. Chacune des deux grandes parties consacrées, l'une à la République de Weimar, l'autre à la période national-socialiste, est assortie d'une bibliographie raisonnée, de documents bien choisis, de cartes et de tableaux très éclairants. L'abondance de détails significatifs, peu ou pas connus, présuppose à la fois une étonnante connaissance des choses de l'Allemagne (et pas seulement de son histoire politique), la lecture des derniers ouvrages parus, ainsi que la fréquentation des archives de la Chancellerie du Reich. Les faits les plus importants sont rappelés et les portraits des principaux protagonistes retracés sans que l'ouvrage relève de la pure histoire évenementielle. Les auteurs n'ont garde d'oublier la psychologie des Allemands traumatisés par les catastrophes successives qui s'abattent sur eux : défaite, bouleversement politique, inflation et crise. Et, très opportunément, ils indiquent l'exploitation qui en est faite par les forces de conservation sociale. Même si certaines préférences des auteurs transparaissent parfois, l'effort d'objectivité est incontestable ; de même le courage avec lequel ils portent la main sur certains personnages jusque-là auréoles d'un nimbe de pacifisme ou de bonne volonté. Ainsi, ils ne partagent guère l'admiration sans bornes que vouent tant d'historiens à Stresemann... (...) Si nous nous sommes ainsi attardés à la critique du présent ouvrage, c'est qu'il en vaut largement la peine. Nous ne pouvons que le recommander chaleureusement." (Pierre Angel, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1974)
Editions de Fallois, 2004, gr. in-8°, 472 pp, notes, index, reliure demi-basane verte, dos à deux fois 3 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée, bon état. Exemplaire très bien relié
Soixante ans de théâtre et de vie parisienne. Pierre Barillet nous raconte le parcours d'un auteur dramatique, de la Libération à nos jours : une farandole de comédiens, de célébrités, de figures moins connues, qu'il a admirés et aimés et dont il brosse les portraits avec autant d'humour que d'émotion. En 1950, il signe avec Jean-Pierre Grédy une première comédie. Le Don d'Adèle leur vaut d'emblée la célébrité. Ils multiplient les succès. Fleur de Cactus connaît un retentissement mondial. Spectateur attentif, Pierre Barillet ressuscite le souvenir de soirées mémorables. S'il rend à Jean Anouilh et aux auteurs dits de Boulevard la place qu'ils méritent, il s'intéresse tout autant aux entreprises plus audacieuses, plus engagées. Parallèlement à son parcours personnel qu'il indique en filigrane, il décrit l'évolution de l'homosexualité dans le théâtre, sujet encore tabou, il y a un demi-siècle. Il évoque aussi le Paris des années 50, ses fêtes luxueuses, ses frivolités ; ses expériences professionnelles à Broadway, la faune d'Hollywood ; l'explosion de Mai 68 et son influence sur la création. À la ville comme à la scène, une vie remplie de rencontres exceptionnelles, d'amitiés, de quelques chagrins, mais surtout d'enthousiasmes et de passions.
Fayard, 1999, gr. in-8°, 636 pp, 12 pl. de gravures et photos hors texte, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état
Auteurs fêtés, quintessence de l'esprit parisien, Robert de Flers, Gaston de Caillavet, Francis de Croisset incarnent ce que le début du vingtième siècle a pu produire de plus élégamment frivole et brillant. Ils connaissent leurs premiers succès en 1900. Amis proches de Marcel Proust et, comme lui, ardents dreyfusards, Flers et Caillavet s'associent pour partir à l'assaut du Boulevard où ils vont régner pendant quinze ans en maîtres incontestés. Ils triomphent avec des œuvres satiriques telles que Le Roi, Le Bois sacré, L'Habit vert. De son côté, Francis de Croisset recherche le scandale avec des comédies d'une audace calculée, et il devient, tant par son œuvre que par sa vie privée, la cible favorite des médias. Parallèlement au théâtre, ils vont chacun poursuivre une carrière de journaliste qui conduira Robert de Flers à la direction du Figaro. La mort de Gaston de Caillavet sépare prématurément les deux associés, et Robert de Flers se retrouve seul sur le théâtre de la guerre 1914-1918 où il joue entre la France et la Roumanie un rôle héroïque et diplomatique de premier plan. La paix revenue, il reprend sa place et signe encore quelques éclatants succès avec Francis de Croisset, qui remplace Gaston. Ces trois seigneurs du rire nous font découvrir le monde des coulisses, la troupe éblouissante des Variétés, mais aussi les salons, essentiels à la vie sociale, intellectuelle et politique de l'époque – particulièrement celui de Madame Arman de Caillavet, mère de Gaston, fréquenté par Anatole France et Léon Blum.
Editions John Didier, 1968, in-8°, 45 pp, broché, bon état
André Barjonnet s'engage dans la résistance communiste pendant la Seconde Guerre mondiale. Il milite ensuite à la CGT. Il occupe de 1946 à 1968 le poste de secrétaire du Centre d'études économiques et sociales de la CGT, parallèlement à son activité au Parti communiste. En 1968, il s'oppose aux accords de Grenelle. Anti-stalinien, déjà ébranlé par la répression de Budapest en 1956, il quitte le PC et la CGT en mai 1968 ainsi que le Conseil économique et social. Il publie alors La Révolution trahie. Il rejoint le PSU dont il intègre le bureau national.
SEDES, 2003, gr. in-8°, 298 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Regards sur l'Histoire)
La première moitié du XXe siècle a été marquée par deux conflits mondiaux d'une gravité exceptionnelle au point que l'historien G. L. Mosse a pu parler d'un processus de « brutalisation » de la guerre. Celle-ci, à la fois dans ses réalités et ses représentations, s'est accompagnée de mutations sociales d'une ampleur inconnue jusqu'alors : pertes militaires et civiles jamais vues pendant un laps de temps aussi court, utilisation grandissante d'armes de destruction massive, mobilisation quasi totale des économies, déplacements eux aussi massifs de population, déportations, emploi de plus en plus systématique du travail forcé et, par-dessus tout, extermination délibérée de certains peuples – au génocide arménien, dès le premier conflit mondial, a fait suite, à un niveau d'horreur jamais égalé, celui des juifs et des tziganes. À cet égard, il existe un devoir d'histoire, qui, en soi, justifie le choix de la question traitée dans le présent ouvrage. Ce devoir d'histoire a suscité une immense production historiographique dont le livre se fixe pour objectif d'exposer, à propos de chacune des grandes nations concernées (Allemagne, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie-URSS) les grands débats et les conclusions essentielles. — Par Dominique Barjot, Jean-Paul Bled, Philippe Chassaigne, Olivier Dard, Olivier Faron, Didier Musiedlak, Yves-Henri Nouailhat, Nicolas Werth.
Laffont, 1992, fort in-8°, 1560 pp, traduit de l'anglais, 13 cartes, 10 figures, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)
"Lorsque les canons se turent le 8 mai 1945, l'Allemagne n'était plus. Et les Alliés n'avaient pas seulement écrasé une nation ennemie, mais un régime inhumain, coupable d'atrocités d'une ampleur sans doute inégalée dans l'histoire occidentale. Un double fardeau de destruction matérielle et de dévastation morale s'abattit sur les Allemands, auquel devait s'ajouter, en 1949, la division de leur pays provoquée par la création, sous contrôle soviétique, de la République démocratique allemande. Moins d'un demi-siècle plus tard, au terme d'une brusque réunification que personne ou presque n'attendait plus, l'Allemagne, d'objet de l'Histoire, en était redevenue l'un des principaux acteurs à part entière. Tandis que la guerre froide s'achevait avec la désintégration de l'URSS, elle apparaissait de nouveau comme la puissance dominante en Europe. Une métamorphose étonnante, que voici pour la première fois décrite et analysée dans une riche synthèse, saluée lors de sa première édition en Angleterre comme le grand livre de référence sur l'Allemagne contemporaine. OEuvre de deux historiens attachés à la célèbre Hoover Institution de l'université de Stanford aux Etats-Unis, cette histoire n'éclaire pas seulement le passé immédiat de la République fédérale mais aussi celui de l'Europe à laquelle elle est désormais étroitement liée. Pourvue de nombreuses cartes, de tableaux et d'une chronologie détaillée, elle sera en outre un précieux instrument de travail pour tous ceux qu'intéresse notre fascinant voisin." (Georges Liébert) — "L'ouvrage, écrit par deux historiens et chercheurs de la Hoover Institution de l'Université de Stanford en Californie, s'efforce de rendre compte, au jour le jour, pour ainsi dire, de l'histoire de l'Allemagne de 1945 à 1991. Par l'accumulation des faits et des citations et l'éventail des sujets tant politiques qu'économiques et sociologiques, il constitue un instrument de référence. (...) L'ouvrage brille par la précision des annexes, de la chronologie, de la bibliographie, de l'index et de la table des matières ainsi que par l'originalité de la cartographie : ainsi une carte représente les partitions et les amputations territoriales de l'Allemagne rapportées à l'échelle de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, un tableau représente le pourcentage assez effarant de destruction des villes (Dresde, Grand Berlin, Hambourg : 50 %, Cassel, Emden, Francfort-sur-FOder, 75 %)... Bref un livre fondamental sur le sujet." (Olivier Servoise, Politique étrangère, 1992)
P., Editions Témoignage Chrétien ; Alger, Entreprise Algérienne de Presse, 1988, gr. in-8°, 238 pp, 25 photos, articles, documents, repères chronologiques, témoignages de Paul-Marie de La Gorce, André Mandouze, Robert Davezies, Jean Daniel, Claude Roy, Stéphane Hessel, Jules Roy, broché, couv. illustrée, bon état
"Cet ouvrage présente l'itinéraire de Robert Barrat et sa lutte contre la guerre d'Algérie à travers un long texte qu'il a écrit à la fin de la guerre d'Algérie. Quelques articles et documents, une biographie et plusieurs témoignages sur son parcours complètent l'ensemble. Connaissant la situation algérienne avant même le déclenchement de l'insurrection, Robert Barrat n'est pas surpris par les événements du premier novembre 1954, d'autant plus qu'il est déjà en contact avec des militants nationalistes algériens. Ces contacts lui permettent dès les premiers mois de l'insurrection de rencontrer Abane Ramdane, la tête politique du Front de Libération Nationale qui mourra assassiné par les Algériens en décembre 1957. Il s'entretient aussi avec des maquisards de la région de Palestro, parmi lesquels Amar Ouamrane dont il publie l'interview dans un article demeuré célèbre : « Un journaliste français chez les " hors-la-loi " algériens », paru dans "France-Observateur" le 15 septembre 1955. Cet article, reproduit dans le livre, vaut à l'auteur une arrestation et un séjour à la prison de Fresnes dont il ne sort qu'à la suite d'une mobilisation immédiate et importante. La saisie n'étant pas encore une pratique courante, l'article permet de faire connaître aux Français les revendications des Algériens. Surtout, il montre que ce n'est pas le Mouvement National Algérien de Messali Hadj qui tient les maquis, mais le FLN que les Français et les travailleurs algériens en France connaissent peu ou pas encore. Robert Barrât a aussi été l'un des rares diffuseurs sur les conditions de la répression au cours des deux premières années de la guerre. Il montre ainsi que des tortures étaient régulièrement pratiquées bien avant la bataille d'Alger de 1957, année que l'on considère souvent comme celle des tortures..." (Tramor Quemeneur, Outre-Mers. Revue d'histoire) — "Lucide et courageux journaliste – il rencontra les dirigeants algériens dans les maquis dès avril 1955, – chrétien qui trouvait dans la spiritualité de Charles de Foucauld un guide de vie, Robert Barrat, mort en 1976, a laissé un manuscrit aujourd’hui publié. Il s’agit d’un témoignage sur la guerre d’Algérie, auquel ont été ajoutés, outre des hommages à l’auteur, des documents rappelant quelques épisodes de la lutte, en France, contre la guerre coloniale menée par cette étrange alliance entre les pires forces réactionnaires et un pouvoir politique qui avait trahi ses idéaux proclamés. Robert Barrat traverse cette époque honteuse en prophète, mettant sa plume au service de la justice et de la vérité. Document historique, cet écrit est aussi, surtout, un exemple de ce que peut-être le métier de journaliste." (Jacques Decornoy, le Monde diplomatique, 1988)
Gallimard, 2007, in-8°, 175 pp, 8 pl. de photos en couleurs hors texte, broché, couv. illustrée, bon état
La piraterie maritime est l'un des fléaux majeurs du XXIe siècle. Les navires marchands ont subi plus de 4 000 attaques au cours des deux dernières décennies. Les actes de piratage sont parfois de simples chapardages nocturnes, mais aussi souvent des actions violentes menées par des bandes organisées, puissamment armées, avec prises d'otages, rançons, tortures, assassinats, arraisonnements. Des cargos sont maquillés, rebaptisés, vendus. Avec la mondialisation, c'est 97 % des marchandises, 60 % des produits pétroliers qui circulent sur la mer. Les exactions commises accroissent les coûts, menacent la sécurité des marins, en Asie du Sud-Est, mais aussi dans l'océan Indien, en mer Rouge, en Afrique, en Amérique latine, aux Caraïbes. Elles forment une suite de récits passionnants et terrifiants comme autant d'aventures maritimes.
Fayard, 2007, gr. in-8°, 350 pp, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoignages pour l'Histoire)
Ce livre relate une expérience du pouvoir au plus haut niveau, celle de Raymond Barre, universitaire totalement étranger à la sphère politique et nommé à Matignon en août 1976 après avoir occupé des fonctions européennes éminentes. Comment a-t-il assumé pendant cinq ans cette fonction ? Comment a-t-il vécu les tensions au sein de la majorité entre Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac ? Pourquoi s'est-il lancé en 1987 dans la bataille présidentielle ? Recueilli par Jean Bothorel, le témoignage de Raymond Barre apporte un éclairage essentiel sur un tournant décisif de notre histoire qui voit le brusque ralentissement de la croissance économique, l'entrée en scène des pays émergents, la prise de conscience du coût de l'énergie, enfin le début de ce qu'on appellera la "mondialisation". La plupart de ces problèmes restent d'actualité : chômage, faible croissance, pouvoir d'achat, dette publique, déficit de la Sécurité sociale et des régimes de retraite, déséquilibre de notre commerce extérieur... Depuis le début de la Ve République, Raymond Barre a connu beaucoup des acteurs éminents de la scène nationale et internationale. Du général de Gaulle à Valéry Giscard d'Estaing, de Jacques Chirac à François Mitterrand, d'Helmut Kohl à Henry Kissinger... Il brosse de chacun d'entre eux un portrait précis et sans complaisance. Voici donc la réflexion profonde, parfois acerbe ou ironique, d'un homme d'Etat considéré comme un des derniers sages de notre histoire nationale.
P., chez l'Artiste, 1928, in-4°, 48 eaux-fortes originales de P.-A. Bouroux, dont une vignette de titre, 12 hors texte et 35 dans le texte, reliure plein maroquin bleu-nuit, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, date dorée en queue, tranches dorées, décors d'encradements de maroquin mosaïqué sur les contreplats, gardes de soie bleu-nuit et doubles gardes de papier fantaisie, coupes filetées, couv. et dos conservés, sous emboîtage (lég. frotté) de papier fantaisie ourlé de maroquin bleu-nuit (reliure de l'époque signée Vermorel), bel exemplaire. Exemplaire nominatif : un des 175 ex. sur vélin de Rives enrichi du prospectus de souscription de l'ouvrage, de trois lettres manuscrites de P.-A. Bouroux, de 4 planches d'état et d'une planche originale sur Japon signée
Colette Baudoche est un roman de Maurice Barrès paru en 1909. L'intrigue se déroule en Lorraine après la guerre franco-allemande de 1870, et raconte la relation qui se noue lentement entre une jeune femme française et un professeur allemand... Quand le traité de Francfort eut donné à l'Allemagne en 1871 l'Alsace et la Lorraine, nombreux sont ceux qui abandonnèrent leur terre natale. Les autres se résignèrent à subir cette mauvaise fortune des armes qui changeait leur nationalité. Mais un trait de plume au bas d'un parchemin peut-il aussi changer les coeurs ? Oui, disaient les vainqueurs, en laissant faire le temps. Trente-sept ans d'occupation allemande ont passé sur Metz quand, le jeune professeur Frédéric Asmus, frais émoulu de l'université de Koenigsberg, vient se loger chez Mme Baudoche et sa petite-fille Colette. A travers elles, il découvre la civilisation française si différente de celle d'outre-Rhin dont il est le représentant typique et c'est finalement le vainqueur qui a le coeur changé. Colette la moqueuse est touchée par cette métamorphose et serait à son tour bien près de l'aimer. Quand Frédéric Asmus la demande en mariage, elle a un instant d'hésitation. Mais ce qui eût été posé en d'autres temps ne l'est plus alors que l'Allemagne occupe notre sol et que les tombes de nos soldats vaincus jonchent la campagne. L'attitude morale de Colette la Lorraine, avant 1914, préfigure celle de tous les résistants français après 1940.
Armand Colin, 1959, in-12, 286 pp, 35 illustrations, biblio, broché, discret C. de bibl., bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)
"Paris-Soir, qui existait depuis octobre 1923, avait 80 000 lecteurs environ, lorsqu'il fut acheté en avril 1930 par Paris-Midi de Jean Prouvost ; trois ans plus tard, Paris-Soir tirait à plus d'un million ; en juin 1937, le tirage était de 1 625 000. Cette extraordinaire réussite pose bien des problèmes. Raymond Barrillon n'évoque qu'avec beaucoup de discrétion le rôle des hommes qui ont fait Paris-Soir ; il donne bien, à la fin de son livre, une liste des principaux collaborateurs du journal, mais il n'a pas cherché à éclairer la figure de ce Jean Prouvost, dont M. Paul Reynaud fit un des derniers ministres de la IIIe République et qui donne encore aujourd'hui, ne serait-ce qu'avec Paris-Match, quelques témoignages de sa puissance. Etudiant Paris-Soir de l'extérieur, sans tenter de pénétrer dans les coulisses, Barrillon dégage les raisons de son succès : habile utilisation de techniques nouvelles, importance de la photographie, goût du sensationnel et du croustillant, extrême prudence en matière politique afin de ne pas choquer des lecteurs d'opinion diverse. A grand renfort de citations souvent éloquentes, Barrillon montre Paris-Soir enclin à l'anti-parlementarisme mais fort respectueux des hommes en place, hostile à Hitler mais indulgent à l'égard de Mussolini, adversaire des sanctions contre l'Italie à propos de l'affaire éthiopienne, favorable à Franco, volontiers chauvin mais accueillant Munich avec enthousiasme..." (Jean Touchard, Revue française de science politique, 1959)
P., Lemerre, 1911, in-12, xii-506 pp, broché, bon état (La Dernière épopée, II). Rare
"C'est un étrange et terrible livre que le roman publié par M. Marcel Barrière sous le titre : la Nouvelle Europe. Avec une surprenante précision stratégique, l'auteur y trace l'histoire, l'« anté-histoire » de la dernière guerre, de la dernière épopée, celle d'où sortira la nouvelle Europe, l'universelle république. Cette guerre ultime elle est, selon M. Marcel Barrière, inéluctable et ce n'est pas une idée de revanche française qui la déchaînera, mais l'impérialisme allemand lui même, tel que le conçut Bismarck. Cette thèse, l'auteur la développe dans sa préface et l'établit solidement sur des raisons de haute politique, et il passe ensuite au récit prophétique de la guerre, récit poignant, formidable et dont l'optimisme se base sur des raisonnements graves et réfléchis (...) Vous ai-je dit que ce roman tumultueux, formidable et savant, avait été publié il y a plus de trois mois, bien avant certains événements qui occupent en ce moment l'attention européenne, et que l'auteur en situait l'action dans quelque cinquante ans, sous le règne du petit-fils de Guillaume II ?..." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement Littéraire, 1911) — "Roman d'anticipation publié en 1911 et qui prédit la Grande Guerre ; passages anticatholiques." (Abbé Bethleem, Romans à lire et romans à proscrire, 1932) — "... Le romancier était mauvais prophète. Intitulé “La Nouvelle Europe, Anté-Histoire de la dernière guerre”, le roman qui suit “Le Monde noir” dans son « heptalogie » raconte en 1911 la façon dont la France écrase l’empire d’Allemagne en quarante jours d’une guerre de mouvement..." (Jean-Marie Seillan, « La (para)littérature (pré)coloniale à la fin du XIXe siècle », Romantisme, 2008)