S. l., 5 mai 1790. 3 pp. in-4 (22,8 x 18,6 cm) sur une feuille double.
L’interrogatoire d’un suspect lors de l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. En avril 1790, un incident eut lieu sur l’habitation Borgella, située au Fond-Parisien, près de Port-au-Prince. A la suite de cet événement, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel se mit à la recherche des auteurs de ces troubles. Il relate ici l’interrogatoire d’un «grif», c’est-à-dire une personne dont l’un des parents était mulâtre, et l’autre noir. «Au passage de la rivière du Pot-de-Chambre, un grif, armé d’un fusil et d’une manchette, donna par mégarde dans l’avant-garde, laquelle l’arrêta. Interrogé par le commandant de la patrouille, il s’exprima en espagnol, et s’obstina à ne répondre qu’en cette langue; la violence ayant été employée, il dit en jargon créole s’appeler Emmanuel, qu’il étoit espagnol et à gages sur l’habitation François, & que les mulâtres lorsqu’ils en eurent tué l’économe (Jacques Méger), le forcèrent à faire route avec eux. Interrogé pourquoi il étoit à pareille heure proche de la rivière, a répondu que les mulâtres l’avoient envoyé à la découverte afin de savoir si la troupe étoit encore sur l’habitation Borgella, et ce qu’elle y faisoit». «Questionné sur le lieu où étoient les mulâtres & leurs noms: a dit qu’ils étoient sur le chemin allant à l’espagnol, qu’ils étoient au nombre de dix armés de fusils et de manchettes, une de leurs femmes et plusieurs Nègres portant des enfans et du bagage. Quant aux noms des hommes armés, il les nomma ainsi qu’il suit: 1. Jean Louis Beaugé, mulâtre (c’est lui qui a tué Jacques Méger). - 2. Pierre Poisson. - 3. Paris Poisson. - 4. Jean Poisson. - 5. Nicolas, grif, de l’habitation Poisson. - 6. Gabriel, Nègre, de l’habitation Poisson. - 7. Buisson Desmares, mulâtre. - 8. Babo, Nègre libre des Poisson. - 9. Desruisseaux, mulâtre de l’habitation Renaud. - 10. Férier Robin, mulâtre de la même habitation…». Le procès-verbal précise aussi que les esclaves et une Négresse se disant libre ont été arrêtés sur les habitations Desmares, Poisson et Renaud. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Port-au-Prince, 11 octobre 1790. Manuscrit in-folio (31,6 x 20,2 cm) de 4 pp.; sur une feuille double.
Une tentative de subornation de soldats à Saint-Domingue. Commandant du régiment de Port-au-Prince, le colonel de Mauduit avait demandé des renseignements sur deux suspects nommés L’Esprit et Lafond. La présente lettre, ici en copie conforme signée Mauduit, contient la réponse de son correspondant: «J’ai appris que ces deux hommes ont été arrêtés comme suspectés d’avoir cherché les moyens de suborner les soldats du régiment et ceux du détachement du Cap avec lesquels ils ont été surpris […]. Le sieur L’Esprit, entr’autres, s’est montré dans toutes les occasions un des fauteurs de tous les désordres qui ont été fomentés dans le Comité de cette ville […]. Il a été remarqué parmi ceux qui ont cherché à séduire et corrompre les soldats du régiment et à les exciter à l’insubordination. J’ai sçu que cet homme qui naturellement en vain s’est répandu avec les soldats, les a suivis et attirés dans des lieux publics comme billards et cabarets […]. Quant au sieur Lafond j’ai sçu que depuis l’arrivée du détachement du Cap en cette ville, il a reçu plusieurs soldats de ce détachement à sa table sans en être connu et sans les connoître, qu’il les a engagés à lui amener plusieurs de leurs camarades, qu’il leur a tenu des discours capables d’éteindre en eux le sentiment de leur devoir […]. Je crois que ces deux personnages et plusieurs autres qui dans cette ville sont animés des mêmes principes peuvent y être dangereux et qu’il est urgent de les mettre dans l’impuissance de consommer la défection des troupes qu’ils ont commencée…». L’auteur de cette lettre pourrait être Etienne Chachereau, né à Thouars en 1745 et installé à Saint-Domingue comme avocat, ou son fils Charles Chachereau, procureur du roi à Saint-Domingue, puis avocat au Grand Conseil de Saint-Domingue. Le destinataire, Thomas Antoine de Mauduit du Plessis, né à Hennebont en 1753, s’était illustré pendant la guerre d’Indépendance américaine avant d’être nommé colonel du régiment de Port-au-Prince. Ayant refusé d’appliquer les décrets de l’Assemblée nationale, il sera assassiné par ses propres soldats en mars 1791.
Limoges, Barbou Frères, imp.-lib., 1852 - in-8 : 215 pp. - rel. cart. romantique de l’ép. ornée sur plats et dos, 2 coins inf. écrasés ; grav. en front.
Belle reliure romantique en long.
Au Cul-de-Sac, 26 septembre 1790. 2 pp. in-4 (25,5 x 20,5 cm) sur une feuille double; date erronée «26 oct. 1790» en première page.
Le retour des fugitifs après l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 sur une habitation du Fond-Parisien, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et des Blancs furent assassinés. L’insurrection fut réprimée par le chevalier d’Attel et de nombreux insurgés partirent se réfugier dans la partie espagnole de Saint-Domingue. Cette lettre évoque le retour de deux d’entre eux: «Les nommés Jean et François Poisson, mulâtres du Fond-Parisien, fugitifs à l’occasion des troubles arrivés dans ce quartier, viennent de se présenter pour demander permission de rentrer chez eux, ainsi que leurs femmes, leurs enfans et leur Nègres; je les ai jugés innocens des malheurs arrivés au Fond-Parisien et en leur permettant d’y retourner et d’y reprendre leurs cultures sous la sauvegarde de la paroisse et des officiers du district du Fond de la Plaine […], je les ai soumis à se présenter au Port au Prince, lorsqu’ils en seront requis par le ministère public pour y être déchargés du décret rendu contre eux». Jumécourt demande ensuite au gouverneur d’écrire au président espagnol de Santo Domingo afin de permettre le retour des familles de Jean et François Poisson; il lui demande aussi d’établir des certificats afin que Jean et François ne soient pas inquiétés par la maréchaussée. Né à Nancy en 1749, Hanus de Jumécourt servit sous les ordres de Rochambeau pendant la guerre d’Indépendance américaine. Il devint ensuite capitaine au régiment d’Auxonne, puis commandant de la Garde nationale et maire de la Croix-des-Bouquets, où il possédait une plantation située au Cul-de-Sac. Député à l’Assemblée coloniale, il fut l’ennemi des autonomistes de l’Assemblée de Saint-Marc. Il mourut à la Jamaïque en 1798 (source: sites domingino.de et academie-stanislas.org).
Léogane, 19 août 1790. Manuscrit in-folio (32,6 x 21,3 cm) de 6 pp., signé en dernière page; sur deux feuilles doubles.
L’Armée patriotique du baron de Montullé. Après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc et la dispersion de ses députés dans la nuit du 29 au 30 juillet 1790, des groupes armés restés fidèles à cette assemblée se constituèrent. L’une de ces milices, constituée d’habitants de la partie du Sud et de quelques paroisses de l’Ouest, se rassembla à Léogane sous le nom d’Armée patriotique commandée par le baron de Montullé. Dans le présent document, en copie conforme, ce dernier propose un accord pour retirer ses troupes de Léogane, en échange d’une réduction des pouvoirs du gouverneur: «Art. 1er. Tous les prisonniers et otages de part et d’autre seront remis en liberté. - Art. 2. Il ne sera formé aucune autre assemblée générale […] jusqu’à ce que l’Assemblée nationale fasse connnoître à la colonie son vœu et ses décrets sur les travaux de nos représentans […]. - Art. 5. M. le comte de Peinier ne pourra envoyer aucun détachement des troupes de ligne de la colonie, dans les villes et campagnes s’il n’en est requis par les municipalités. - Art. 6. M. le Cte de Peinier ne pourra envoyer dans aucune ville une garnison des troupes de la colonie plus forte que celle établie ci-devant, à moins qu’il n’en soit requis par les officiers municipaux et le cas de guerre excepté […]. - Art. 8. Tout militaire qui aura quitté ses drapeaux sera libre de rejoindre et ne pourra dans aucun cas être poursuivi comme déserteur […]. - Art. 12. On remettra à tous les citoyens les armes qui leur ont été ôtées…». L’accord sera finalement signé le 23 et l’Armée patriotique se retirera de Léogane le 26 août. Compte tenu des troubles fréquents survenus dans la colonie, et constatant que le contrôle de celle-ci lui échappait peu à peu, le comte de Peynier demanda et obtint son rappel en France vers la fin de 1790. Né à Paris en 1757, Jean Baptiste Hyacinthe de Montullé fut sous-lieutenant en 1774, capitaine dans le régiment d’Orléans-Cavalerie en 1777, capitaine commandant en 1784, chef d’escadron en 1788 et aide-major de place au Cap en 1789. Démissionnaire en mai 1790, il prit la tête d’une milice nomméeArmée patriotique et mourut en 1826. Fils de Jean Baptiste François de Montullé et d’Elisabeth Haudry, il avait épousé en 1787 Marie Louise Glaise de Maisonseule dont il eut un fils, Jean Baptiste Hyacinthe Barthélémy de Montullé, né à Port-au-Prince en 1791 (sources: Archives nationales d’Outre-Mer; Généalogie et Histoire de la Caraïbe).
Le Cap [Saint-Domingue], 22 nivôse an 6 [11 janvier 1798]. In-4 (23,6 x 18,4 cm) de 1 p. sur une feuille double, en-tête imprimé.
Rare lettre signée du neveu de Toussaint Louverture. «Je vous envoy ci-joint un ordre du Général en Chef, concernant la demande que j’avois faite du Cen Adrien Noel canonier au 8e Regt pour passer sergent major au 5e Regt au fort Liberté…». Hyacinthe Moyse (1769-1801) était à l’époque général de brigade, commandant en chef de l’arrondissement de l’Est. Non confirmé dans son grade, il prit la tête, en 1801, des cultivateurs du Nord révoltés contre Toussaint; arrêté, il fut condamné à mort par son oncle. Le destinataire de cette lettre, Hochereau de Gassonville de La Mothe (1746-1801), était un officier d’artillerie qui effectua la majeure partie de sa carrière dans la colonie; il la termina comme directeur d’artillerie (source: archives nationales d’outre-mer). Document très lisible et bien conservé.
Port-au-Prince, Paris, 1789-1790 in-4 et in-folio, Qqs lettres sont froissées.
Intéressant ensemble sur la colonie au début de la Révolution. 14 octobre 1789. La Luzerne recommande M. de Monglat, avocat, qui résidera au Port-au-Prince… 25 avril 1790. Peinier raconte ses difficultés pour maintenir l'ordre dans la colonie : révolte de la compagnie du Drozaire, condamnation des rebelles par un conseil de guerre, fuite de mulâtres soupçonnés de complot vers la partie espagnole de l'île… 26 avril. Peinier raconte la réaction de députés de l'Assemblée coloniale, aux décrets de l'Assemblée nationale concernant les colonies ; l'assemblée qui siège à Saint-Marc se considère comme pratiquement souveraine… 9 mai. Peinier informe le ministre que l'Assemblée coloniale a rejeté des propositions de reconnaître les Droits de l'Homme et de déclarer l'égalité des gens de couleur et des Blancs… 6 juin. La Luzerne envoie un mémoire lu à l'Assemblée nationale sur l'indiscipline de certains régiments… 11 juin. La Luzerne fait part de l'interdiction royale de faire usage d'aucune cocarde, sauf la cocarde nationale… Juin. La Luzerne informe le gouverneur de mesures prises ou à prendre pour la fédération des troupes de terre avec les milices nationales… 21 août. Peinier avise le ministre du refus de la province du Nord de fournir des troupes pour en imposer à l'attroupement de Léogane… 3 septembre. Peinier envoie copie de sa proclamation aux paroisses concernant la conduite de l'assemblée ci-devant séant à Saint-Marc, et la formation d'une nouvelle… 17 octobre. Peinier expose les difficultés rencontrées pour mettre en œuvre les décrets de l'Assemblée nationale relatifs aux municipalités ; ils n'ont pas prévu de traiter avec des nations riveraines… Etc.On joint la copie d'époque d'une lettre de La Luzerne au marquis de La Galissonnière, mars 1790. - - ACTUELLEMENT EN CONGÉS, DE RETOUR LE 17 AOÛT - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Pays-Pourri, 3 mai 1790, à 11 h du matin. 2 pp. in-4 (21 x 16,3 cm), adresse.
La recherche des mulâtres insurgés. En avril 1790, des mulâtres assassinèrent quatre Blancs au Fond-Parisien, dans le quartier de la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince. Ils s’enfuirent, pour certains, dans la partie espagnole de Saint-Domingue, et, pour d’autres, au Pays-Pourri, près de la frontière espagnole. Le chevalier d’Attel, destinataire de la présente lettre, fut envoyé à leur recherche, d’abord au Fond-Parisien, puis au Fond-Verrette: «Un Nègre d’un habitant du Pays-Pourri ayant été pris par nos mulâtres à craindre, et qui s’est heureusement sauvé, vient de nous rapporter […] que le nombre des mulâtres s’est considérablement augmenté. Il en a compté 32 tous armés, et en outre un grand nombre de Nègres; leur gîte dans le bois est proche de l’habitation Coustard […]. Si vous demeurez quelques heures, il est très possible que vous les voyez défiler par le Fond-Verrette pour se rendre à l’espagnol car tel est leur dessein…». L’auteur de cette lettre était peut-être un parent de Joseph Bonne Hilaire Parisot de Plémont, propriétaire d’une caféterie et d’une cotonnerie (source: Colons de Saint-Domingue sur le site domingino.de). Commandant le détachement au Fond-Verrette, le chevalier d’Attel semble apparenté à la famille d’Attel de Luttange, originaire de Lorraine. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
In-8, broché (sans couverture), 3 p. Paris, Imprimerie Nationale, 1790.
Edition originale. Sur l'agitation entretenue par l'Assemblée coloniale dans le but d'obtenir l'indépendance de la colonie. Les membres de l'Assemblée provinciale du Nord de Saint-Domingue assurent de leur loyauté vis-à-vis de la métropole et se montrent hostiles à toute volonté dindépendance de Saint-Domingue.Signé Poncignon, président, Cougnacq-Mion, vice-président et daté du Cap, le 31 août 1790.Charles-François Cougnacq, dit Cougnacq-Mion, était propriétaire d'une indigoterie et chirurgien-major des milices. Envoyé en France en 1790 comme commissaire de l'Assemblée Coloniale, il passa en Angleterre.(Manque aux principales bibliographies spécialisées).Bon exemplaire, très frais.
La Grande Anse, 23 juillet 1770. Petit in-folio (33,7 x 21,5 cm) de 4 pp. ; traces de plis.
Intéressant témoignage sur le tremblement de terre du 3 juin 1770. L’auteur, un négociant établi dans le sud de la colonie, décrit ce qu’il a observé lors de cet événement : « Je me promenois avec deux autres personnes devant mon magasin lorsque j’entendis un bruit sourd et violent, qui venoit du fond de la maison et en même tems le mouvement de la terre, je courus du côté du bord de la mer, le mouvement devint si violent que couché ventre à terre je roulois comme une boule, je me retenois à tout ce que je pouvois […]. Dans le moment toute la ville vint bas, ainsi que ma maison ras terre, la poussière fut si épaisse qu’il n’étoit pas possible de bouger de place. La terre se fendoit, et s’ouvroit de tous côtés autour de moy, il ne restoit d’autre espérance que d’être englouty ou par la terre, ou par la mer. Les cris de miséricorde mon Dieu étoient épouvantables. Lorsque la poussière me permit d’ouvrir les yeux, je cherchois à gagner les hauteurs… ». Après une nuit passée à la campagne, il retourne le lendemain sur l’emplacement de sa maison où il retrouve son personnel : « Mes commis et domestiques me joignirent. Les larmes alors me vinrent aux yeux tant par l’affreux spectacle que le jour éclairoit que de joye intérieure de voir que personne de ma maison n’étoit tué… ». Ne pouvant régler ses créanciers, il demande à son correspondant de lui faire payer la moitié ou du moins le tiers de ses « malheureux papiers du Mississipi », ou de les remettre à une personne qui pourra les négocier. Le tremblement de terre du 3 juin 1770 eut lieu à 7 heures 15 du soir, avec deux secousses de 4 minutes environ à Port-au-Prince et dans les régions du sud, provoquant la destruction des villes. Document très lisible.
Léogane, 4 août 1790. 8 pp. in-4 (22,2 x 18,7 cm); sur deux feuilles doubles.
Longue lettre sur la situation à Léogane, peu après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc. Commandant à Léogane, Villars rend compte de l’ambiance qui règne dans cette ville, située à 20 km à l’ouest de Port-au-Prince, quelques jours après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc par le comte de Peynier. «Les esprits léoganais […] ne se sont pas refroidis longtems. Les voilà plus exaltés que jamais. La cause en est dans les adresses exécrables arrivées de St. Marc et dans la relâche et station non moins criminelles du vaisseau le Léopard. Longpré et Jolinger ont profité de cette dernière nouvelle pour rallumer le feu de la discorde. Ils ont tellement séduit le peuple et jeté la terreur dans la ville qu’il n’y paraît plus qu’une seule volonté, celle de se sacrifier pour soutenir l’insurgence et les crimes de l’Assemblée générale…». Il ajoute: «Le Petit Goave vient d’envoyer ici une adresse. Il y reproche à Léogane sa faiblesse, sa pusillanimité, son empressement à désarmer et il lui annonce que tous ses braves vont venir se réunir ici en conformité du décret de St. Marc. Si cette démarche du Petit Goave s’effectue, il n’y aura plus de sûreté à Léogane pour personne. Les assassins de Ferrand de Baudière exciteront certainement le meurtre et les exécutions. Mes enfans m’inquiètent: si je les enlève et que je m’éloigne avec eux, on croira que c’est la crainte qui m’a fait fuir…» (pp. 1-2). Villars évoque ensuite le baron de Montullé: «Il semble vouloir revenir à ce qu’il doit à son nom, à son état et à son honneur. Cette espèce d’indécision le rend suspect, on l’accuse de vouloir ménager tous les partis». Il est aussi question de certains notables de Léogane, qui ont immédiatement renvoyé les proclamations du gouverneur, montrant ainsi leur hostilité au représentant du roi. La lettre s’achève par un post-scriptum où il est question des députés de l’Assemblée de Saint-Marc: «Une goélette mouillée avant-hier soir ici a rapporté qu’elle avait pris à St. Marc deux députés de l’Assemblée générale qui avaient déclaré venir au Port au Prince à l’effet de s’y embarquer pour France sur le Léopard. Ces députés, dont je n’ai pu jusqu’ici découvrir les noms, avaient prétexté sans doute ce voyage en France pour couvrir leur intelligence et leurs trames avec l’équipage du vaisseau. La goélette ayant rencontré à la mer le Léopard, y a déposé les deux députés… ». Né en 1744 à la Nouvelle-Orléans, Claude Joseph Dubreuil de Villars fut lieutenant en second à la Guadeloupe, puis capitaine d’une compagnie d’artillerie à Saint-Domingue. Devenu lieutenant-colonel, il commanda les troupes de Léogane. Banni de l’île par les commissaires de la République, il passa à la Jamaïque, prit le parti des Anglais et retourna dans la colonie lors de l’occupation britannique. Au départ de ces derniers en 1798, il regagna la Louisiane et mourut à la Nouvelle-Orléans en 1808. Source: geneanet.org.
P., "La caravelle", 1930, grand in 8° broché, 257 pages ; nombreuses illustration et une carte dépliante ; importante bibliographie in-fine ; couverture illustrée en couleurs (fanée).
Fermeture du 1er au 23 Août
Phone number : 04 77 32 63 69
PARIS A LA CARAVELLE 1930 Un volume grand in-8 broché de 257 pages , premier plat de couverture en couleurs , illustrations en noir et blanc in et hors-texte n bien complet de la carte dépliante in-fine , un portrait en frontispice en couleurs , quelques rousseurs , bon exemplaire . Bon Couverture souple
Plon-Nourrit et Cie Paris 1897 1 vol. In-12 de VIII 292 pp., demi-percaline de l'époque, dos lisse fileté, couverture conservée.
Edition originale. Ouvrage accompagné de reproductions photographiques et d'une carte repliée. Bon exemplaire.
1763. En 8 sections montées sur toile et pliées, formant une carte de 59,2 x 90,2 Cm ; titre manuscrit à l'encre au dos.
Belle et grande carte de Sainte-Lucie, île des Antilles située entre la Martinique et Saint-Vincent. Elle est ornée d'un beau cartouche de titre décoré des armoiries royales, et d'une rose des vents indiquant le nord, placé à gauche de la carte. L'île est divisée en deux parties : Basse Terre à l'ouest, et Cabesterre à l'est. Trois symboles désignent les endroits où les gros vaisseaux et les petits bâtiments de 40 à 50 tonneaux peuvent mouiller, ainsi que les terrains défrichés où l'on a planté anciennement du manioc et du mahy. La partie haute de la carte est occupée par trois plans : plan du port du Carénage, au nord-ouest de l'île, renommé Castries en 1785, et aujourd'hui capitale de Sainte-Lucie ; plan du cul de sac des Roseaux, à l'ouest ; et un plan des mouillages du Grand Islet et du Choc, au nord-ouest de l'île. À l'intérieur de l'île, très peu détaillé, on peut voir le volcan de la Soufrière. La carte a été dressée par Jacques-Nicolas Bellin. Ingénieur hydrographe français, IL entra en 1721 au Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, créé en 1720 par le Régent. C’est grâce à lui que le Dépôt de la Marine, constitué à partir des archives de la Marine, devint l’une des plus belles collections d’Europe. Il publia de nombreux ouvrages et atlas tels que la Description géographique de la Guyane en 1763 ou le Neptune François en 1773. Très bon exemplaire. Deux petites taches dans le coin inférieur droit. Tooley, MCC n°81, Printed maps of St. Kitts, St. Lucia and St. Vincent, p. 11.
Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).
Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.
Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.
Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.
Sala Gilles - d'Anella Marcel,Sala Gilles - Legay Suzanne,Sala Gilles
Reference : 5801
(1944)
Partitions sur les Fruits et légumes,Partitions sur les Antilles d'AnellaMarcel 1944
Bon état Petit format Accordéon,Piano
Partitions sur les Antilles,Partitions illustrées QUELQUE PART AUTOUR DU GLOBE Universelles 1950
Etat moyen Petit format
Paris Seghers 1991 in 8 (19,5x14) 1 volume broché, 230 pages [3]. Bel exemplaire
Très bon Broché
Gainesville, University Press of Florida, 1994. In 4°, reliure de l’éditeur, jaquette. xi-414 pp., frontispice et deux illustrations.
Une collection et une mine de renseignements exceptionnelles. Chaque document est décrit avec précision et commenté. Bel exemplaire.
Paris, Pierre Mariette, [circa 1650]. 313 x 427 mm.
Très belle carte de la Guadeloupe, dressée par Nicolas Sanson d'Abbeville, gravée par Abraham Peyrounin, et publiée par Pierre Mariette vers 1650. La carte montre une Basse-Terre très détaillée, tandis que seuls quelques noms figurent dans la Grande-Terre, où il est mentionné "Terre fort peu habitée des François". La Basse-Terre est divisée en deux parties : la partie ouest est nommée Basse Terre, la partie est, Cabesterre ou Capesterre. Les trois forts de la Basse-Terre sont représentés : à la pointe nord, le Fort Saint-Pierre, construit en 1635, et le Petit Fort ou Vieux-Fort, et à la pointe sud, le Fort Royal, érigé vers 1640 et renommé Fort Delgrès en 1989. Sont également identifiés le logis du gouverneur, à cette date Charles Houël du Petit Pré, gouverneur de la Guadeloupe de 1643 à 1664, ainsi que celui de Mr Tresil. Daniel Trézel et son fils Samuel créèrent vers 1645 la toute première sucrerie de la Guadeloupe. Au sud de la Grande-Terre, on peut voir les îles de la Désirade et de Marie Galante, ainsi que les îles de Houël, aujourd'hui renommées Terre-de-Haut et Terre-de-Bas ; au nord de la Basse-Terre figure l'île aux Loups Marins, qui portait également au XVIIIe siècle le nom d'île Caourenne, et qui fut renommée îlet à Kahouanne au XIXe. La carte est décorée d'un cartouche de titre et d'une belle rose des vents. Reconnu comme le fondateur de la cartographie française, Nicolas Sanson quitta sa ville natale d'Abbeville pour Paris, où il rencontra Richelieu en 1627. Ce dernier, très impressionné par son œuvre cartographique, le présenta au roi Louis XIII qui le nomma Géographe Ordinaire du Roi. Il fut le premier, en France, à concevoir un atlas mondial et publia près de trois cents cartes. À sa mort en 1667, ses deux fils, Guillaume et Nicolas, lui succédèrent. Très bon exemplaire, contours aquarellés à l'époque. Taches claires dans la partie droite. Pastoureau, Atlas du Monde, Nicolas Sanson d'Abbeville, p. 197, 53.
Paris, MARIETTE Pierre, (vers 1662) à vue : 32 x 43,5 cm - cadre : 43 x 52.5 cm , Cadre du XXe siècle. Déchirures dont une au coin inférieur gauche et une au niveau inférieur de la pliure centrale. Taches.
Belle Carte gravée de la Guadeloupe rehaussée à l'aquarelle. Nicolas SANSON D'ABBEVILLE (1600-1667) est un cartographe et géographe. Il fut notamment le professeur de géographie de Louis XIII et de Louis XIV. Il s'associa avec Pierre Mariette pour l'édition de ses cartes. Gravée par Abraham PEYROUNIN, (1620-1666).Editée par Pierre II Mariette (1634-1716) qui obtint en 1662 la permission de graver et d'éditer les traités et cartes géographiques de Nicolas Sanson.Joli cadre du XXème siècle à renforts de laiton aux coins, rappelant l'univers marin du sujet. - - ACTUELLEMENT EN CONGÉS, DE RETOUR LE 17 AOÛT - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Paris, Pierre Mariette, [1670]. 308 x 424 mm.
Très rare première carte imprimée de Saint Kitts, île des petites Antilles, gravée par Peyrounin. On y voit l'île partagée entre les Français et les Anglais, avec leur nombre d'hommes : Quartier des Anglois qui sont au nombre de dix mille et François qui sont au nombre de six mille. Les forts, les mines de soufre et d'argent, ainsi que le Logis de Mr. de Poincy, lieutenant général des îles d'Amérique, sont indiqués. Le nord est à gauche de la carte. Très bel exemplaire. Pastoureau, p. 416, cite un ensemble de cartes, dont celle-ci, publiées dans un atlas de Sanson d'Abbeville.
Paris, Payot, 1928 in-8, 400 pp., ill. h. t., broché
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