s. l. 27 juin 1966 | 21 x 27 cm | une feuille
Lettre autographesignée de Marcel Carné adressée à Carlo Rim, 25 lignes à l'encre bleue, le remerciant pour le discours qu'il a prononcé regardant notamment l'oeuvre de Marcel Carné mais aussi les lois régissant le milieu du cinéma. Marcel Carné loue la clairvoyance et la hauteur morale du discours de Carlo Rim : "... indépendamment des éloges, trop flatteurs, que vous avez bien voulu me décerner, j'ai admiré son courage tranquille, sa fermeté dans sa concision et, par-dessus tout, son grand désir que les lois régissant la profession accordent, enfin, à chacun ce que devrait logiquement leur valeur leur travail..." Le réalisateur de "Quai des brumes" et des "Enfants du paradis" apprécie tout autant ce salutaire corporatisme dont Carlo Rim a fait preuve lors de son allocution : " Quelqu'un a parlé de "chaleur humaine", je crois que c'est le mot qui convenait.Rarement, en effet, je n'ai senti, comme ce jour-là, un tel esprit de solidarité, une telle estime affectueuse. Bref, un tel soutien moral. Je vous remercie encore une fois d'y avoir contribué pour une très large part. Amicalement et vôtre. Marcel Carné." Pliures centrales inhérentes à la mise sous pli, Carlo Rim a ajouté le nom de Marcel Carné, à l'encre verte, en angle supérieur gauche de la lettre. Carlo Rim fut un écrivain provençal, auteur notamment de "Ma belle Marseille", un caricaturiste, un cinéaste : "Justin de Marseille", "L'armoire volante", "La maison Bonnadieu", et fut notamment l'ami de Fernandel, de Raimu et Marcel Pagnol mais aussi de Max Jacob et André Salmon qu'il rencontra à Sanary. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
La maison du livre et de la musique . Lib Mea 1956
Très bon état Ex broché numéroté sur papier bouffant alfa ( 380 sur 1600 ) avec envoi autographe manuscrit de lauteur . illustré de gravures sur bois . poésie littérature envoi autographe manuscrit ex num - largeur/hauteur : 14x19,5 cm - poids : 160 g - nombre de pages : 142 p. - langue : Français
J Bière Bordeaux 1916
Bon état Exemplaire broché numéroté ( 277 sur 300 ) avec envoi autographe manuscrit de lauteur , couverture rempliée . poésie littérature régio bordeaux gironde edit orig - largeur/hauteur : 11x15 cm - poids : 300 g - nombre de pages : 244 p. - langue : Français
1 page in8 - trés bon état -
S'il n'est pas trop tard, il accepte son invitation - Il est extrèmement bousculé - "toutes mes bonnes amitiés, mais ou est notre jeunesse?" - Que pense-t-il du refus de la France pour l'Exposition de 1955? -
Marcel HOMS - [Céret 1910 - 1995] - Sculpteur catalan (français)
Reference : GF27174
1 page in4 - bon état -
Il remercie pour la photo de son travail dans les Lettres - Il est heureux que son travail ne lui paraisse "pas trop mauvais" - Il fait de l'art abstrait mais "de toute façon, l'art est l'art" - Figurative ou pas, "une bonne chose ne trompe jamais" - S'il vient en Roussillon, il sera acceuilli "comme le mérite un vrai critique d'art" -
Brussel, Paleis der Academiën 1986 163pp.+ 46 zw/w illustraties buiten tekst, 26cm., in de reeks "Verhandelingen van de Koninklijke Academie voor Wetenschappen, Letteren en Schone Kunsten van België. Klasse der Schone Kunsten" Jg.48 nr.43, gebroch., zeer goede staat, P85813
Samedi 6 novembre 1941 | 10 x 15.80 cm | une feuille
Billet autographe signé de Marcel Jouhandeau, adressé à son cher ami. 9 lignes à l'encre bleue sur un feuillet , traces de pliure inhérentes à la mise sous pli de la lettre. "Malgré le très grand plaisir que je me faisais de vous recevoir demain. Je ne suis pas libre. Excusez-moi. Dès que possible. Je vous ferai signe." Bel état. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Marcelle AUCLAIR - [Montluçon 1899 - 1983] - Ecrivain français, cofondatrice de Marie Claire
Reference : 34845
2 cartes postales - bon état -
Elle a été heureuse de les voir à Trouville - Elle rentre d'Etiolles à la fin de la semaine et se demande quand ils vont venir la voir -
Marcelle AUCLAIR - [Montluçon 1899 - 1983] - Ecrivain français, cofondatrice de Marie Claire
Reference : 34844
1 page 1/3 in8 - bon état -
Son article a été expédié au Piol ou elle est en vacances - Elle le renvoie à Marie Claire en recommandant qu'il passe en octobre ou novembre car elle "le trouve excellent" - "Des papiers rédigés dans cet esprit seront toujours les bienvenus - Il y a tant à faire pour les enfants, et si peu de gens savent les comprendre..." - Elle a téléphoné pour qu'on lui régle l'article précédent -
Marcelle BERR de TURIQUE. Carte de correspondance de vœux autographe signée de Marcelle BERR de TURIQUE, datée du 10 janvier 1973. Dimensions : 12,8 x 8,2 cm. Nombre de pages : 2 pages.
Marcelle BERR de TURIQUE. Lettre autographe signée de remerciements, datée 31 mars 1954, de deux pages. Dimensions : 21 x 27 cm. Nombre de pages : 2 pages.
Marcelle CAHN - [Strasbourg 1895 - Neuilly/Seine 1981] - peintre alsacienne
Reference : GF27159
1 page in4 -
Elle le remercie pour son accord en vue de la publication du "remarquable compte-rendu" de Madame Paule Gauthier - Elle lit avec le plus vif intérêt ses écrits "qui constituent une documentation tout à fait exceptionnelle" - Belle lettre pour encadrement éventuel -
1905 MARGAT 1905 à 1908, 7 volumes in8 plein maroquin prune,au chiffre G.M., pres de 400 lettres manuscrites en réponse,reliées par le fiançé,écriture lisible,texte frais,rare longue correspondance d'une future femme de marin,bon etat.
Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €
1 page in12 format 10,5 x 16 cm - Au verso: "croquis de sanglier par Lemar" - trés bon état -
Il s'excuse de ne pas l'avoir remercié plus tôt "sur la brochure très intéressante...publiée sur les Indépendants" et sur ce qu'il dit de son envoi -
Marcello FABRI - [Marcel Louis Faivre dit] - [Miliana (Algérie) 1889 - Alger 1945] - Peintre et Ecrivain français
Reference : 34277
(1819)
1819 1 page in8 - trés bon état - En tête de "La Revue de l'Epoque" qu'il a fondée en octobre 1919 et qui paraitra jusqu'en mai 1923 - peu commun - petite tache -
Le 26, il sera sans doute lui aussi dans son lit "si la grippe ne me lache, ce qu'à Satan ne plaise" - Mais il aime mieux la grippe que huit jours d'hopital militaire - C'est dire s'il le plaint -
Marcello FABRI - [Marcel Louis Faivre dit] - [Miliana (Algérie) 1889 - Alger 1945] - Peintre et Ecrivain français
Reference : 34275
2 pages in8 - trés bon état - En tête de "La Revue de l'Epoque" qu'il a fondée en octobre 1919 et qui paraitra jusqu'en mai 1923 - peu commun petit accroc en marge gauche -
Il paresse depuis six jours chez sa mère en Normandie - On l'a beaucoup félicité de son article - "comme si j'y avais mérite!" - Il sait que comme lui il ne va nulle part - Mais peut être que leur tasse de thé du 2eme samedi d'avril le fera des leurs: peu de monde et ambiance sympathique - "Evidemment, il vaut mieux travailler que déambuler dans Paris et perdre son temps à parloter" - Mais il aurait plaisir à le voir -
Marcello FABRI - [Marcel Louis Faivre dit] - [Miliana (Algérie) 1889 - Alger 1945] - Peintre et Ecrivain français
Reference : 34278
2 pages in4 - trés bon état - En tête de "La Revue de l'Epoque" qu'il a fondée en octobre 1919 et qui paraitra jusqu'en mai 1923 - peu commun -
Belle lettre: Il faut qu'ils se voient, ils ont tant à se dire: "vous étes à peu près le seul avec qui je me sente parent parmi tous les prosateurs de notre âge" - Il n'a pas attendu son mot (reçu au moment précis ou il remercier Dorgelès pour Saint Magloire) pour se procurer "Sept parmi les hommes" [1919] - suit un trés interessant rapprochement entre Saint Magloire, Sept parmi les Hommes, son roman à paraitre "Le Visage du vice" et aussi la "Cavalière Elsa" de Pierre Mac Orlan - "Il y a des idées dans l'air; chacun les rend avec ce qu'il a de talent" -
Marcello FABRI - [Marcel Louis Faivre dit] - [Miliana (Algérie) 1889 - Alger 1945] - Peintre et Ecrivain français
Reference : 34274
1 page in4 - trés bon état - En tête de "La Revue de l'Epoque" qu'il a fondée en octobre 1919 et qui paraitra jusqu'en mai 1923 - peu commun -
Il le remercie de ses pages séduisantes dont le sens psychologique l'a beaucoup interessé - Il est heureux que son étude de "Un apostolat" lui ait plu car elle a été écrite dans une absolue franchise comme il aurait analysé le livre de quiconque - Il aura dès sa sortie "L'inconnu sur la ville" (1921) -
Marcello FABRI - [Marcel Louis Faivre dit] - [Miliana (Algérie) 1889 - Alger 1945] - Peintre et Ecrivain français
Reference : 34276
1 page in4 - trés bon état - En tête de "La Revue de l'Epoque" qu'il a fondée en octobre 1919 et qui paraitra jusqu'en mai 1923 - peu commun -
Ce qu'il a écrit sur son livre "Le Dieu qui danse" n'est rien par rapport à la joie qu'il a eu à le lire - Il lui recommande de ménager sa santé et de predre du repos même si "le repos complet n'est pas possible à l'intellectuel" - Il fut lui-même "en trés mauvaise posture" et sa femme lui fit "perdre" un semestre - Aujourd'hui, il fournis sans fatigue ses 12h quotidiennes - "Marché avantageux" -
Marcello FABRI - [Marcel Louis Faivre dit] - [Miliana (Algérie) 1889 - Alger 1945] - Peintre et Ecrivain français
Reference : 34293
3 pages in8 - trés bon état - un sur feuillet blanc, les deux autres sur "oeuvres de l'auteur" -
"A Fernand Demeure qui a si souvent étudié mes ouvrages et donc connait bien mon évolution poètique"...etc..
Paris 19 mai 1959 | 21 x 27 cm | une feuille
Touchante lettre autographesignée de Marcel Pagnol adressée depuis Monte Carlo à son grand ami Carlo Rim, 9 lignes à l'encre bleue, : "Petit Carlo, Où es-tu? Donne-moi ton adresse, car il faut que je t'écrive sérieusement à propos du droit d'auteur au cinéma. C'est urgent, et important pour tous. Je t'embrasse et aussi Alice, Marcel. Monte Carlo" Pliures centrales inhérentes à la mise sous pli, Carlo Rim ayant inscrit une date au crayon de papier, probablement celle de la réception de la lettre. Il a également indiqué en dessous, toujours au crayon de papier : 27 mai ass.ger. SACD à Pleyel. Carlo Rim fut un écrivain provençal, auteur notamment de "Ma belle Marseille", un caricaturiste, un cinéaste : "Justin de Marseille", "L'armoire volante", "La maison Bonnadieu", et fut notamment l'ami de Fernandel, de Raimu et Marcel Pagnol mais aussi de Max Jacob et André Salmon qu'il rencontra à Sanary. Répétiteur de l'aspirant bachelier Jean Marius, futur Carlo Rim, le tout jeune licencié Marcel Pagnol préféra lui enseigner le bilboquet, raillant l'inutilité du baccalauréat. Ce fut le début d'une amitié indéfectible entre les deux artistes dont la littérature, le théatre et les films contribuèrent à la célébrité du pays des cigales. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Marcel POETE - [Rougemont 1866 - Paris 1950] - Bibliothécaire et Historien français
Reference : GF29790
2 pages in8 - En tête : Bibliothéque de la Ville de Paris -
Il remercie pour le cadeau de l'ouvrage:"Les Reliures révolutionnaires de la collection Gruel" qui intéresse grandement leurs collections - Il remercie aussi du précieux "lot de 4 pièces relatives à la Commune" dont il a bien voulu faire hommage à la Commission du Vieux Paris -
Marcel PREVOST - [Paris 1862 - Vianne 1941] - Romancier et académicien français
Reference : 34556
Manuscrit autographe composé de 46 pages in4 sur papier jaunes - râtures et corrections -
Longue et interessante conférence sur les femmes et le théatre, les plaisirs qu'elles y cherchent, les rôles qu'elles y jouent, "sur la psychologie de la spectatrice et sur celle de l'actrice" -
s. l. s. d. [ca 1907] | 12.60 x 20.40 cm | 3 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée de Marcel Proust, probablement adressée à Madame Catusse. La destinataire ainsi que la date de la missive ont été déterminées par Jean-Yves Tadié. Trois pages rédigées à l'encre noire sur un bifeuillet de papier blanc bordé de noir. Une pliure transversale inhérente à l'envoi. Sombre et admirable missive empreinte de mélancolie proustienne, alors que le futur auteur de la Recherche ressent plus que jamais les affres du deuil de sa mère dont le souvenir est ravivé au passage de la nouvelle année. L'écrivain à la générosité légendaire charge également sa fidèle confidente, Madame Catusse d'acheter un cadeau au couple Straus, dont l'épouse a inspiré le personnage de la Comtesse de Guermantes. La fin 1907, date présumée de cette lettre faisant allusion au Nouvel An approchant, marque le deuxième réveillon passé sans Madame Proust, décédée deux ans auparavant : « Le jour de l'an n'est qu'une occasion pour moi comme s'il était besoin d'occasions ! de me souvenir et de pleurer ». Ce sentiment a été évoqué l'année précédente dans une lettre à Anna de Noailles (« le jour de l'an a eu sur moi une puissance d'évocation terrible. Il m'a tout d'un coup rendu les mémoires de Maman que j'avais perdues, la mémoire de sa voix », février 1906). Ce moment fatidique agira sur Proust comme une pernicieuse madeleine, à la fois réminiscence sensorielle et conscience aiguë du manque de l'être aimé.Il débutera bientôt l'écriture de la Recherche afin de conjurer par les mots cette figure maternelle dont l'absence demeurera insoutenable. Pour l'heure, Proust est en prise à ses éternelles crises d'asthme « provoquées ou exaspérées par ces brouillards terribles » qui le forcent à la réclusion et même au silence : « le téléphonage m'est très périlleux. Et je suis aussi très fatigué pour écrire ». Il s'attelle à l'écriture d'une série de Pastiches pour le Figaro « qui n'étaient, en réalité, qu'un avant-dernier détour avant l'écriture de la Recherche » (George D. Painter). L'un de ces Pastiches portait sur l'escroquerie subie par le président de la maison De Beers, dont Proust possédait des actions. S'imaginant déjà ruiné, il mentionne ses revers de fortune en lettres capitales « VOUS AI-JE RACONTE PAR TÉLÉPHONE MES DÉSASTRES FINANCIERS ? ... » Amie de la mère de Proust, la destinataire Mme Catusse est un soutien précieux pour l'écrivain. La prolifique correspondance de Proust avec celle que Ghislain de Diesbach surnomme sa « Notre-Dame-des-Corvées » représente une ressource inépuisable de connaissances sur sa vie secrète, ses peurs et ses tergiversations. Proust l'appela affolé lors d'une crise d'aphasie dont fut victime sa mère peu avant sa disparition. Alors que son isolement se fait toujours plus grand après son installation au 102 boulevard Haussmann l'année précédente, Proust sollicite l'aide de celle-ci dans de nombreuses affaires, notamment l'achat de fameux cadeaux : « J'aurais voulu vous demander si vous n'avez par hasard rien vu pouvant convenir aux Straus, quoique cela me déplaît toujours de coïncider avec le jour de l'an ». Ce sentiment inspirera un passage de La Prisonnière fustigeant ces mêmes « cadeaux du premier janvier » offerts à Madame Verdurin : « objets singuliers et superflus qui ont l'air de sortir de la boîte où ils ont été offerts et qui restent toute la vie ce qu'ils ont été d'abord [...] ». Connu pour ses frénétiques démonstrations de prodigalité, Proust surmonte ici son aversion pour ces cadeaux de circonstance. Le moindre service rendu à l'écrivain donnait en effet lieu à d'extravagantes dépenses auxquelles les époux Straus n'échappent pas. Avocat de son état, Emile Straus avait sans doute assisté l'écrivain dans ses affaires de succession : « je sens que les services répétés que m'a rendus M. straus ne peuvent rester sans remerciements, puisque je crois qu'il n'accepterait pas d'honoraires. Si vous aviez vu par hasard quelque chose de très joli, dans quelque genre que ce soit,
s. l. s. d. [1908 ou 1919 ?] | 11.60 x 17.80 cm | 4 pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de Marcel Proust à Maurice de Fleury, psychiatre et homme de lettres célèbre proche d'Émile Zola, qui a écrit un recueil de nouvelles ainsi que divers ouvrages médicaux sur la neurasthénie, l'insomnie, l'épilepsie. Quatre pages sur un double feuillet filigrané "Island Mill" bordé de noir. Traces de pli inhérentes à l'envoi. Publiée dans Kolb, VIII, n°32, p. 74-75. Superbe lettrevantantles mérites du pastiche littéraire, par l'un des plus grands écrivains du genre : Marcel Proust. L'écriture de la missivepeut coïncider avec la parution de sa série de pastiches sur l'Affaire Lemoine (escroquerie montée par un ingénieur français de ce nom, qui se prétendait capable de fabriquer des diamants authentiques), en première page du supplément littéraire duFigaroentre 1908 et 1909, ou bien dater de sa publication en volume, sous le titrePastiches et mélanges,en 1919. La lettre autographe est présentée sous une chemise en demi maroquin bleu nuit, plats de papier marbré à motif oeil de chat,contreplats doublés d'agneau beige, étui bordé du même maroquin. Proust remercie chaleureusement son ami Maurice de Fleury, «savant et écrivain», pour sa favorable réception de ses «petits pastiches»: «Votre double mérite devrait vous rendre doublement sévère : et vous excusez le pastiche, ce genre inférieur!», reconnaissant avec ironie la place encore précaire qu'occupait ce genre inhabituel, bien que populaire du temps de Proust. Le pastiche était davantage perçu comme une fantaisie stylistique ou même un exercice d'étudiant qu'une véritable création digne des belles lettres. L'écrivain le considère pourtant ici comme une rafraîchissante addition à la stricte hiérarchie des genres qui prévaut encore: « Manié pourtant par vos mains plus belles que les miennes, il me semble qu'il pourrait peut-être devenir comme une forme indirecte, plus discrète, plus frêle et plus élégante de critique littéraire. Des esprits très fiers pourraient s'y adonner, et des esprits très fins. comme le vôtre, très attraché par la grandeur, le sérieux, le devoir, aussi sage, pourrait s'y plaire, suivre ces jeux.»Proust revendique par ces mots l'intérêt du«pastiche critique», dontla tradition était déjà bien établie, agissant comme une analyse empirique du style d'un auteur. Depuis ses années à Condorcet, l'écrivain le pratique assidûment, avec,selon ses dires,plus ou moins de succès: «J'ai été aussi quelques fois à faire des pastiches de littérature médicale! Si j'avais pu les retrouver, ou les recommencer (mais tout cela est trop loin) je les aurais publiés si j'avais su que vous lisiez cela pour vous amuser. Je n'ai pas besoin de vous dire que jugé inimitable, vous n'y figuriez pas. Mais [] d'autres sont moins parfaits et joignaient à des qualités bien intéressantes, des petits défauts dont l'imitation et la caricature étaient possibles» Le pastiche aura de multiples vertus pour l'écrivain, et son usagel'aida sans nul douteà affiner son propre style. L'exercice dépassera bientôt les confins de la critique littéraire, comme le remarque Paul Aron: «Il n'est pas faux d'affirmer que la Recherche est un gigantesque pastiche du discours social fin de siècle.» Son grand uvre contiendra en effet des pastiches à divers degrés :leur manifestation la plus remarquable étant sans doute unevraie-fausse citationdu«journal inédit des Goncourt», passage écrit de toutes pièces par Proust qui apparaît dans Le Temps retrouvé. Exceptionnel témoignage de Proust à proposd'un important procédé de sacréation littéraire,qui nourrira les pages de saRecherche. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -