Tirage de tête, avec lettre à Gary des parents du dédicataire Paris, Calmann-Lévy, (juin) 1945. 1 vol. (120 x 185 mm) de 178 p., [1] et 1 f. Broché, non coupé, sous coffret. Édition originale. Un des 200 premiers exemplaires sur Outhenin-Chalandre (n° 86). Exemplaire enrichi d'une lettre autographe signée de Mm Colnacap à Gary. Bandeau du prix des Critiques (décerné en septembre 1945) conservé.
Reference : 29793
Le premier livre de Romain Gary en français, six mois après sa parution originale en anglais, à Londres. Écrit pendant la guerre que Romain Gary mena au sein du groupe de résistance « Lorraine », ce premier roman, d'abord publié en anglais à la fin de 1944, fit du jour au lendemain la gloire de son auteur. Ce dernier est encore à son poste de capitaine de l'état-major de Londres quand le roman, devenu Éducation européenne, paraît en France ; le choix du titre revenait à Pierre Calmann : « Le titre que je préfère pour votre ouvrage est : Éducation européenne. Je trouve que les autres sont nettement moins bons ». La version française est retravaillée entre novembre 1944 et mars 1945, et le texte, considérablement remanié : « la dépolonisation et l'Européanisation seront les deux mamelles de la gloire de Romain Gary [...] toutes les mentions de la libération de la Pologne sont supprimées dans la version française pour être remplacées par des invocations toutes nouvelles de l'Europe. Le français ayant une vocation plus universaliste que la langue polonaise, c'est en français désormais que le partisan ‘européen' Adam Dobranski, qui perd son accent, écrira son poème » (David Bellos, Le Malentendu, L'histoire cachée d'Éducation européenne, in Cahiers de l'Herne). Le livre, qui paraît au début de l'été 1945, sera dédié à un jeune compagnon du groupe Lorraine, Robert Colnacap. L'exemplaire est accompagné d'une très belle autographe des parents du jeune homme, adressée à Romain Gary : « Monsieur et cher ami, Je m'excuse de vous donner cette appellation, justifiée seulement par la camaraderie qui vous unissait à notre Robert. Je ne saurais vous dire à quel point nous sommes touchés, mon mari et moi, du geste délicat que vous avez eu en nous adressant L'Éducation européenne écrit à la Mémoire de notre malheureux fils et signé de votre main. [...] J'aimerais tant savoir où, quand, et dans quelles circonstances vous avez connu notre enfant. Les biographies que j'ai pu lire vous concernant sont muettes - bien entendu - sur votre activité militaire. Je sais seulement que vous êtes un des rares rescapés parmi les aviateurs des Forces Françaises Libres en Angleterre, et que vous avez fait à l'avance, comme tant d'autres, le sacrifice de votre vie pour que l'Humanité devienne enfin libre. [...] Si notre petit a eu connaissance de votre roman, il n'a pas dû vous ménager son admiration. Et, s'il vivait encore, comme il savourerait la joie de vous voir décerner aujourd'hui le Prix des Critiques ! [...] ». D'une mère institutrice et d'un père qui sert dans la Marine, Robert Colcanap est né le 11 mai 1922, près de Morlaix. La famille Colcanap s'installe à Brest en 1926. Encore lycéen au moment de la signature de l'armistice, et donc trop jeune pour avoir eu la possibilité de combattre, il décide de rallier La France Libre. Le jour même de l'appel du 18 juin, il embarque à Brest à bord du Meknès, à destination de l'Angleterre. Dès son arrivée sur le sol britannique, il demande à servir dans l'aviation. Refus, direct, de Charles de Gaulle : « jeune homme, passez d'abord vos diplômes ». Il obtient son certificat d'admission au lycée français de Londres, le 25 septembre 1940, passe son concours, et signe derechef le 28 octobre suivant un engagement volontaire dans les FAFL, sous le matricule n° 30.503. Il est affecté sur le cuirassé Courbet, puis transféré au camp de Old Dean à Camberley. Malgré son jeune âge, il se distingue par de premiers états de service remarquables, et remarqués. Nommé sous-lieutenant le 15 décembre 1942, il rejoint le groupe de bombardement Lorraine. Il en restera l'éternel benjamin. C'est au cours d'un exercice, le 11 novembre 1943, au-dessus de l'Angleterre, qu'il trouve la mort, suite à un accident de moteur de son appareil, un Boston III BZ. Sept mois auparavant, le 4 avril 1943 à Londres, Robert Colcanap avait rédigé son testament dont voici un extrait : « Je voudrais que soient conservés mes livres de médecine-Physique-Chimie (achetés avec mes économies), les poésies de Baudelaire, de Péguy et surtout la vie de Mozart ainsi que mes concertos et sonates pour violon, lesquels ont été pendant de longs mois mes meilleurs compagnons et ont constitué la meilleure des consolations. Je regrette de ne pouvoir vous laisser les deux objets auxquels je tenais le plus ; un Kodak 35 acheté au Caire en avril 42 et une ciné-caméra 8 mm (fruits de mes économies) tous deux perdus au cours du torpillage à cent kilomètres au large de Durban, le 1er novembre 1942. J'ai également perdu ce jour mon carnet de route, commencé le 18 juin 1940, sans compter des photos et films pris au Kenya. Grâce à ces documents il eut été facile de retrouver ma vie depuis cette date fatale du 18 juin 1940. Il y avait là, matière à plusieurs romans. Je suis heureux d'avoir fait ce que je considère comme mon devoir ; si c'était à refaire je recommencerais. J'estime en toute conscience que je n'ai rien à me reprocher. ». Plusieurs passages de La Promesse de l'aube et de L'Éducation européenne font directement référence à des événements vécus par l'auteur durant ce service. Pour être plus complet, c'est sur une phrase et un portrait de Robert Colnacap que s'ouvre l'ouvrage de référence consacré au groupe Lorraine : « Nous jurons de rendre à la patrie sa liberté ! Le 19 juin 1940, un gamin rieur de seize ans et demi débarque en Angleterre. Il s'appelle Robert Colnacap » (incipit de Les Bombardiers de la France libre. Groupe Lorraine, par François Broche, Paris, Presses de la Cité, 1979). Le groupe de bombardement Lorraine reçoit la Croix de la Libération, le 28 mai 1945. Au cours du conflit, il a effectué plus de 3 000 sorties, déversant 2 500 tonnes de bombes et perdant 127 hommes. Le 18 juin 1945, il participe au défilé aérien au-dessus des Champs-Élysées en formant une croix de Lorraine avec ses appareils. Il est dissous en 1952, donnant un an plus tard naissance à la 30e escadre de chasse, aujourd'hui intégrée dans la prestigieuse BA118 de Mont-de-Marsan, l'une des plus grandes bases de l'Armée de l'air française. Emouvant exemplaire - avec le bandeau du prix des Critiques, décerné en septembre 1945. Bon exemplaire, avec de légères piqûres aux premiers feuilles ; minime angulaire à la couverture
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NRF / Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade Paris, 1968, in-12 reliure éditeur sous rhodoïd, jaquette et étui de carton gris, LXXXIV-1472pp. Edition présentée, établie et annotée par Roger Asselineau. L'Éducation de Nick Adams - Torrents de printemps - L'Adieu aux armes -poèmes de guerre et d'après-guerre - Le Soleil se lève aussi - Paris est une fête- L'Éducation européenne de Nick Adams - Mort dans l'après-midi - Espagne et taureaux. Parfait état.
Calmann-Levy. 1945. In-12. Broché. Etat d'usage, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Papier jauni. 177 pages. manques importants au dos et sur les plats (présence d'adhésif). . . . Classification Dewey : 370-Education
Classification Dewey : 370-Education
Hemingway, Ernest. Edition présentée, établie et annotée par Roger Asselineau.
Reference : 84010
(1966)
Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1966, in-12, reliure éditeur, 1472p. Exemplaire de bibliothèque, cachets. Passages soulignés au stylo bleu, surtout dans la préface et les notes. Bon exemplaire d'étude.
NB. Les questions et commandes sont traitées dans les 24h, les envois reprendront vers le 20 mars. Merci.
1989 / 1472 pages. Reliés sans jaquette avec Rhodoïd et boitier illustré. Editions Gallimard / La Pléiade.
Deux micros taches visibles sur le boitier. Très bel état.
Premier livre de Gary, en formidable provenance Paris, Calmann-Lévy, (juin) 1945. 1 vol. (120 x 185 mm) de 178 p., [1] et 1 f. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 200 premiers exemplaires sur Outhenin-Chalandre (n° 149 ) - seul grand papier. Envoi signé : «À Roland Feuvrier, bien amicalement Romain Gary, 15 nov. 1945».
L'unique « Feuvrier » connu dans l'entourage de Gary, avant, pendant et après 1945 est Charles Feuvrier, un nom qui revient à plusieurs reprises dans la vie de Romain Gary, et dès le groupe Lorraine. Aucun « Roland » n'est connu. Gary, au début de cette relation, a-t-il pu se tromper dans le prénom de son compagnon, on tend-il à désigner - s'il n'est pas un surnom (un sur-prénom, en l'occurence) - quelqu'un d'autre ? Il semble peu probable que l'exemplaire ait été offert à un parfait inconnu, surtout un grand papier. Dès lors, l'hypothèse Charles-Valère Feuvrier, apparaît comme possible, sinon probable. Peu d'exemplaires dédicacés sont connus : celui-ci, et ceux de Maurice Nadeau, Francis Dumont (collaborateur chez Calmann-Lévy), Maria Errázuriz, Pierre Calmann et Raymond Aron. Tous des proches, soit par Londres, soit par la sphère éditoriale de son premier livre. Si il s'agit bien de Charles Feuvrier, c'est une provenance majeure : lui et Gary resteront liés longtemps, puisqu'il sera le témoin de Gary à son mariage avec Jean Seberg le 16 octobre 1963. Général d'armée, il occupe à cette époque la fonction de chef de la sécurité militaire, qui «a pour mission d'empêcher le renseignement soviétique d'infiltrer l'armée française, mais surtout de surveiller les agissements du FLN». C'est grâce à ses bons soins - et grâce à un avion affrété depuis la base de Villacoublay - que le couple s'envolera en toute discrétion vers la Corse et le petit village corse de Sarrola-Carcopino où sera célébrée l'union. Une opération classée «secret-défense», qu'avait réclamé Gary aux plus hautes autorités de l'Etat en échange de sa participation à quelques missions clandestines contre l'OAS. Le général de Gaulle en personne lui donnera sa bénédiction. Originaire de Damprichard, dans le Doubs, Feuvrier fit aussi enregistrer « faussement » la naissance du fils du couple, Diego (en réalité né à Barcelone, le 17 juillet 1962), à Charquemont, une commune toute proche : il déclare cette naissance le 26 octobre 1963, dix jours après la mariage, et quinze mois après la naissance réelle du seul enfant du couple. Promu général de division aérienne quelques semaines plus tard, Charles Feuvrier devient chef d'état-major de la délégation française auprès du groupe permanent Nord-Atlantique, à Washington, avant d'être élevé au rang de général de corps aérien et d'occuper, entre 1965 et 1967, les fonctions de chef de la mission militaire française auprès du comité militaire de l'OTAN. En novembre 1945, Gary et Feuvrier ont tous les deux regagné la France, après deux années passées ensemble à Londres au sein du groupe Lorraine. C'est pour Gary le début d'une carrière diplomatique doublé de celle d'un écrivain ; pour Feuvrier, d'une grande carrière d'officier et administrateur militaire. Un mois après avoir cette dédicace, Feuvrier va commander la base aérienne d'Avord, près de Bourges, celle-là même où Gary obtint ses brevets militaires de pilote en 1939.