Work in progress : la feuille de vote du Goncourt [Paris, restaurant Drouant, 24 octobre 1967]. 1 f. (225 x 210 mm) à petits carreaux, dactylographié en noir et complété au stylo bille bleu + 1 carte imprimée en noir (100 x 215 mm) à en-tête de l'Académie Goncourt. Roland Dorgelès a rempli au stylo bille ce 'tableau de vote' dactylographié et présenté en 7 colonnes correspondant aux 7 tours de table des 9 membres du prix (le président dont la voix compte double n'étant pas sur la feuille de vote) : Dorgelès, Billy, Arnoux, Mac Orlan, Giono, Queneau, Salacrou, Bazin et Hériat. Avec : Le menu que les 10 de l'Académie Goncourt partagèrent le 24 octobre 1967 dans le salon réservé pour eux chez Drouant, un mois exactement avant le déjeuner de la remise du prix, cette année-là attribué à André Pieyre de Mandiargues pour La Marge (Gallimard).
Menu, mais sans un couvert : Aragon décline [Paris, restaurant Drouant, 4 mars 1968]. 1 carte imprimée en noir (100 x 215 mm) à en-tête de l'Académie Goncourt. Le menu que 9 des membres de l'académie Goncourt partagèrent le 4 mars 1968 : le grand absent, Louis Aragon s'étant fait excuser pour cette réunion.
Fraîchement élu au fauteuil de Gérard Bauër (cinquième couvert) il ne restera du reste qu'un an à l'Académie après avoir soutenu François Nourrissier.
Reliure de Canape, avec les fumés Paris, Gustave Havard, [1845]. 1 vol. (140 x 200 mm) de 159 pp. Demi-maroquin marron à coins, dos lisse orné à la grotesque, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (reliure signée de Canape). Édition originale. Un frontispice et 100 vignettes gravées sur bois par Laveille d’après les dessins d’Édouard de Beaumont. Bel exemplaire enrichi du prospectus à parution et de 18 fumés des illustrations.
Cette curieuse galerie rassemble les figures de petite taille dont l’histoire, la chronique ou le spectacle ont conservé le souvenir, depuis l’Antiquité jusqu’au phénomène contemporain que fut le général Tom Pouce. On y rencontre notamment Philétas de Cos, poète et grammairien grec que la tradition disait si maigre qu’il devait lester ses chaussures de plomb, Jeffrey Hudson, favori de la reine Henriette-Marie d’Angleterre, ou encore Charles Stratton, célèbre sous le nom de Tom Thumb. L’ouvrage est dû à Jean-Alexandre Havard, qui écrivait sous le pseudonyme d’A. d’Albanès, et à Georges Fath, dramaturge, conteur et futur auteur de nombreux livres destinés à la jeunesse. Havard était le frère de Gustave Havard, éditeur du volume : cette collaboration familiale explique sans doute le soin apporté à une publication. La figure de Tom Pouce donne au livre une actualité immédiate. Découvert enfant par Phineas Taylor Barnum, Charles Stratton avait été transformé par l’imprésario américain en prodige de spectacle. Sa tournée européenne, commencée en 1844, fut un triomphe : présenté à la reine Victoria, puis reçu en France par Louis-Philippe, il devint en quelques mois une célébrité internationale. Le texte mêle biographies, légendes, anecdotes de cour et récits parfois merveilleux, sans toujours distinguer la réalité documentaire des traditions accumuléesn avec une abondante illustration d’Édouard de Beaumont qui contribue largement au charme du volume. Peintre, dessinateur et lithographe, collaborateur de la presse illustrée, Beaumont excelle dans les scènes historiques et les silhouettes pittoresques. Ses dessins, gravés sur bois par Laveille, donnent à chaque personnage son décor, son costume et sa physionomie. L’exemplaire présente un intérêt bibliophilique tout particulier : le prospectus de publication documente la mise en vente et la promotion de l’ouvrage, tandis que les 18 fumés offrent un état séparé de plusieurs gravures, tirées avec une encre fortement chargée afin de mettre en valeur le travail du bois. Ces épreuves, rarement demeurées avec le volume, permettent d’apprécier plus directement la vigueur du trait et le détail des compositions de Beaumont. Dos légèrement passé. Osterwalder 103 ; Carteret III, 93 ; Sander 5 ; Vicaire I, 24.
Paris, Gawsewitch éditeur, 2008 1 vol. de 252 pp. Broché. Envoi signé : "Pour mon cher Jacques, en signe d'amitié, cette 'Conversation sur les sujets qui fâchent' qui j'espère, le fâchera tout de même un peu - en dépit de son flegme habituel. Très affectueusement." De la bibliothèque Jacques Vergès (tampon).
Un des 45 de tête sur vergé d'Arches Paris, Mercure de France, (3 janvier) 1979. 1 vol. (170 x 235 mm) de 342 p. et [5] f. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 45 premiers exemplaires sur vergé d'Arches (n° 24).
« Il était monté dans mon taxi boulevard Haussmann, un très vieux monsieur avec une belle moustache et une barbe blanches qu'il s'est rasées après quand on s'est mieux connu. Son coiffeur lui avait dit que ça le vieillissait, et comme il avait quatre-vingt-quatre ans et quelques, ce n'était pas la peine d'en rajouter » : les tribulations burlesques d'un chauffeur de taxi embringué dans la vie d'un ex-virtuose du pantalon devenu bienfaiteur de l'humanité distille une immense tendresse et beaucoup d'émotion dans l'avant-dernier livre publié par Roman Gary (avant Les Cerfs-volants), et trois ans après le prix Goncourt obtenu pour La Vie devant soi - et donc le dernier sous son pseudonyme. L'ouvrage paraît en mars 1979, dans un tirage à 5 000 exemplaires, dont 45 grands papiers ; il connaîtra trois rééditions au Mercure de France avant d'être repris par Gallimard en 1987.
Un des 65 premiers exemplaires sur vergé d'Arches Paris, Mercure de France, (15 novembre) 1976. 1 vol. (170 x 260 mm) de 213 p. et [3] f. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 65 premiers exemplaires sur vergé d'Arches, celui-ci 1/10 hors commerce de tête (n° 3).
Écrit en quinze jours en 1976 par un Gary claquemuré dans un studio à Genève, Pseudo se présente comme le récit furieux, impulsif et brutal destiné à clore le bec de tous ceux qui spéculent sur la véritable identité d'Émile Ajar : « Mais qui est donc cet Ajar ? » se demande le Tout-Paris. « Mon neveu Paul Pavlowitch », répond Gary, bien décidé à pousser jusqu'au bout la supercherie. Avec Pseudo, Gary reconstruit pièce à pièce toute la défense Ajar, avec la maîtrise implacable des pires machinations. Dans cette autobiographie du supposé Pavlowitch, Gary atteint son but : mettre fin aux rumeurs, duper la presse et régler un certain nombre de comptes avec... lui-même, où l'imposture poussée à son comble a pour effet de produire de l'authentique : « J'ai inventé de toutes pièces un Paul Pavlowitch dans le roman. Un délirant. J'ai voulu exprimer l'angoisse et je t'ai chargé de cette angoisse. Je règle aussi des comptes avec moi-même - plus exactement, avec la légende qu'on m'a collée sur le dos. »
Paris, Paul Hartmann Editeur, 1951 1 vol. de 170 pp. Broché De la bibliothèque Jacques Vergès (tampon).
Paris, Paul Hartmann, (mai) 1937 1 vol. (150 x 190 mm) de 246 pp. et [1] f. Papier à l'imitation vélin ivoire à la bradel, pièce de titre de basane fauve, tête rouge, couvertures et dos conservés. Édition originale. Un des 200 exemplaires numérotés sur vélin pur fil Lafuma (n° 121).
Paris, Paul Delaplane, 1904 1 vol. (110 x 160 mm) de 126 pp. Broché. Edition originale. Mention de quatrième édition.
Parfaite reliure d'Huser en maroquin ivoire avec lettre autographe Paris, Émile-Paul frères, (septembre) 1913. 1 vol. (115 x 185 mm) de 366 p. et 1 f. Maroquin ivoire doublé, dos à nerfs, titre doré, date en pied, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins, gardes moirées, couvertures et dos conservés, étui-cigare (reliure signée de Huser). Édition originale. Exemplaire de première émission avec les dates de septembre pour l’impression du texte « 15822-9-13 » p. 366, d’octobre pour la couverture « 15824-10-13 », et avec la mention au dos du prix 3F.50. Il comporte bien la faute p. 133 : [chapitre I] au lieu de [chapitre II] ; la faute sera corrigée an cours de ce premier tirage (sur le dernier tiers des impressions). Exemplaire n° 555, au composteur.
L'autre papier numéroté sera imprimé sur papier vert (10 ou 6 exemplaires) ; 30 exemplaires supplémentaires (10 sur japon et 20 sur hollande) seront imprimés en janvier 1914 - sans que cela soit entièrement documenté. Précieux exemplaire, enrichi d'une importante lettre d'Alain-Fournier à son ami Georges Le Cardonnel, écrite quelques mois avant la parution du Grand Meaulnes, au printemps 1913 :« L'Opinion [...], a trouvé, je crois, très sincèrement, mon livre bien [...] mais il n'a pas paru assez Jeune France, assez ‘roman de l'Opinion', assez ‘enquête d'Agathon'. [...] Je ne regrette qu'une chose, c'est que cette aventure ait retardé la publication de ce livre depuis longtemps terminé. Désormais, je résisterai à toutes les tentatives de séduction. Et il paraîtra en juillet soit à la NRF, soit à La Grande Revue (à mon choix), et en octobre, en volume, soit à la NRF, soit chez Émile-Paul (à mon choix également) ». L'exemplaire sur papier vert de René Gaffé-Hayoit-Simonson contenant la lettre suivante, datée de juin, au même, dans laquelle Alain-Fournier lui annonce la parution du Grand Meaulnes dans la Nouvelle Revue Française. Cet exemplaire contenait également la copie tapuscrite d'une lettre d'Émile-Paul à Simonson, détaillant le tirage de l'édition : « Le livre a paru pour la première fois en septembre 1913 à la fin des vacances. Il y avait un tirage sur papier courant, numéroté de 1 000 exemplaires et 10 exemplaires sur papier vert destinés à l'auteur. Ce roman rencontra un grand succès de presse et de critique et de tous côtés nous parvinrent des demandes d'exemplaires sur papier de choix. Au début de l'année 1914 nous fîmes tirer 10 ex. sur japon et 20. ex sur hollande qui nous furent livrés par l'imprimeur en février 1914. Ces ex. ont exactement la même présentation que les ex. publiés avant». Cette missive est en contradiction avec la lettre envoyée par Émile-Paul à Auguste Blaizot, le 6 février 1934, dans laquelle l'éditeur indique que six exemplaires - et non 10 - avaient été tirés sur papier vert (dans l'exemplaire Jacques Guérin, vente du 28 novembre 1990, n° 103). Par ailleurs, il est établi qu'un exemplaire sur japon (le n° 2) possède un envoi daté de janvier, ce qui rend impossible leur livraison en février. Provenance : Bibliothèque Egide Bouchez (ex-libris) ; Jean E. Leclerq (ex-libris). Ce magnifique exemplaire a par ailleurs figuré en 1969 à l'exposition et au catalogue Reflets de la Bibliophilie en Belgique (Bruxelles, Bibliothèque Royale, n° 103). Deprechins, Le Livre et l'Estampe, 1970, n° 63-4, p. 177-8.
Un jalon de la littérature de l'exploration maritime moderne Paris, Plon Nourrit et Cie, 1902. 1 vol. (120 x 190 mm) de 395 p. et [1] f. + cartes dépliantes. Maroquin rouge, dos à nerfs orné de caissons d'encadrement avec fers représentant une encre et roulette dorée, titre doré, triple filets d'encadrement sur les plats, filets dorés sur les coupes, contreplats en soie à large encadrement ornés de cinq filets dorés, gardes assorties (reliure signée de S. Vauthrin). Édition originale. Exemplaire signé par S.A.S Albert 1er de Monaco, au faux-titre. Il est bien complet des deux grandes cartes dépliantes en couleurs : « Première croisière de la "Princesse Alice" aux régions arctiques » ; « Deux dernières croisières de "L’Hirondelle" et première croisière de la "Princesse Alice" aux Açores ».
Livre clé dans l'oeuvre imprimée du « prince savant », fondateur du Musée océanographique de Monaco (ouvert en 1910) et de l'Institut océanographique (Paris, 1906), ce récit de voyages rassemble, en volume, des textes d'abord parus en revue et compose une autobiographie maritime autant que scientifique, à bord de L'Hirondelle puis de la Princesse Alice, un des premiers navires conçus pour les campagnes océanographiques : c'est un trois-mâts goélette avec une coque en teck sur membrures d'acier ; sa figure de proue représente la princesse Alice, épouse du prince Albert Ier - première princesse américaine sur le rocher, 67 ans avant Grace Kelly - et marraine du navire. Albert Ier décrit, instruments à l'appui, stations, sondages, chalutages, courants, faunes de profondeur et relevés bathymétriques, avec la précision d'un praticien et le phrasé d'un humaniste. Entre 1885 et 1915, il dirigera vingt-huit campagnes, totalisant 3 698 stations d'observation ; ses expéditions aux Açores et surtout dans l'Arctique (1898, 1899, 1906, 1907) contribuent à des progrès décisifs pour la cartographie de la zone, fixant durablement la place du prince dans l'histoire de l'océanographie et de la géographie polaire. Tout en accédant au trône (10 septembre 1889) et sans se dérober aux responsabilités gouvernementales, il donne à Monaco un visage inédit : mécénat scientifique, modernisation infralittorale, politique culturelle tournée vers la recherche de terrain et le partage des savoirs. Son humanisme pacifiste irrigue ses écrits où science, diplomatie et éthique maritime se répondent ; la fracture de 1914, sa neutralité active (mise à disposition d'établissements et de moyens de TSF pour le secours aux blessés) puis le retournement provoqué par le bombardement de la cathédrale de Reims mèneront son manifeste moral qui prolonge la philosophie du navigateur à La Guerre allemande et la Conscience universelle (1919). La Carrière d'un navigateur fixe la méthode, la cartographie et l'imaginaire d'une vie vouée à la mer et la conviction que la science rapproche les peuples et fonde une prospérité morale partagée. Cette édition originale, publiée chez Plon, est rare dans ce premier tirage imprimé à Monaco ; un exemplaire signé par le Prince étant quant à lui rarissime. Somptueuse reliure de Germain Vauthrin (élève de Bernard David, rue Visconti), d'une grande élégance, sans doute établie pour un commanditaire de goût. Exemplaire de choix et un jalon de la littérature de l'exploration maritime et océanographique moderne.
Collection complète de la totalité des albums édités à l'occasion du Championnat de France de football. Une véritable Histoire du football, qui présente l'intégralité des clubs en compétition. Rarissime ensemble. Modène, Panini, 1976 - 2024. 48 albums (240 x 340 mm). Agrafés, couvertures illustrées. Collection complète de la totalité des albums édités à l’occasion du Championnat de France de football.
C’est en 1976 que Panini décide d’exporter son modèle national en France. Depuis, chaque année, les deux « divisions » sont à l’honneur et des millions de vignettes sont échangées dans les cours d’école et des collèges de France pour compléter le plus grand trombinoscope annuel du sport français. Une véritable Histoire du football, qui présente l’intégralité des clubs en compétition. Rarissime ensemble des albums, tous rigoureusement complets.
40 ans ! Album complet avec une photographie signée de Michel Platini Modène, Panini S.p.a., (2e trimestre) 1986. 1 album (235 x 270 mm) de 48 p. Agrafé, couverture illustrée. Album rigoureusement complet de la Coupe du monde de football organisée pour la FIFA par le Mexique. La compétition reste en outre dans les mémoires pour deux matchs de légende : le quart de finale opposant l’Argentine à Angleterre, celui de la « Main de Dieu » ; et celui d’un autre quart de finale, à Guadalajara entre, le Brésil et la France.
L’exemplaire est enrichi d’une belle photographie signée par Michel Platini, le représentant célébrant son but égalisateur contre le Brésil lors du légendaire quart de finale de Guadalajara. Le Mexique accueille en 1986 une Coupe du monde qui restera comme celle de Diego Maradona, conduisant presque à lui seul l’Argentine vers son deuxième titre mondial, huit ans après celui remporté à domicile. Mais pour le football français, Mexico 86 raconte une autre histoire : l’ultime campagne de la première grande génération des Bleus de l’époque moderne. Quatre ans auparavant, à Séville, la France avait échoué aux portes de la finale contre la République fédérale d’Allemagne au terme d’une demi-finale devenue traumatique. Entre-temps, elle avait remporté à domicile l’Euro 1984, premier grand titre de son histoire, avec son fameux « carré magique » : Michel Platini, Alain Giresse, Jean Tigana et Luis Fernandez. À trente et un ans, Michel Platini est alors au sommet d’une carrière exceptionnelle, lui qui vient de remporter trois Ballons d’Or consécutifs, en 1983, 1984 et 1985, exploit inédit à l’époque. Avec la Juventus, il a également remporté la Coupe d’Europe des clubs champions en 1985, un an après l’Euro 1984 , qui avait été «son» tournoi : neuf buts en cinq rencontres, capitaine et maître du jeu d’une équipe qui remporte le premier trophée international de l’histoire du football français. 21 juin 1986 : Brésil-France. D’un côté, le Brésil de Sócrates, Zico, Careca et Júnior. De l’autre, la France de Platini, Giresse, Tigana, Fernandez, Rocheteau, Bossis et Bats. Le Brésil ouvre le score par Careca à la 17e minute. À la 40e minute, un centre de Dominique Rocheteau est dévié dans la surface. Platini surgit au second poteau. 1-1. C'est précisément ce moment que célèbre la photographie signée jointe à notre exemplaire. C'est le premier et seul but encaissé par le gardien brésilien Carlos pendant toute cette Coupe du monde dans le temps de jeu, inscrit par Michel Platini fqui ête ce jour-là ses trente et un ans ! Après prolongation, le score reste de 1-1. Platini manque son tir au but, lui qui n’avait jusque-là jamais manqué un penalty dans sa carrière. Son ballon s’envole au-dessus de la transversale. Mais Sócrates avait lui aussi échoué face à Bats ; Júlio César trouve ensuite le poteau. Le dernier Français s’avance. Luis Fernandez marque. France : 4. Brésil : 3. Les Bleus sont en demi-finale. Joël Bats dira plus tard : « Ce match est resté gravé dans les mémoires, plus que certaines finales. » La formule dit assez bien la place particulière de Guadalajara. La France ne gagnera pourtant pas la Coupe du monde. Quatre jours plus tard, elle retrouve en demi-finale la RFA, comme en 1982. Les Allemands s'imposent cette fois 2-0, sans le scénario tragique de Séville. La France battra ensuite la Belgique 4-2 après prolongation et terminera troisième du tournoi. L'Argentine de Maradona remportera la finale contre la RFA, 3-2. La fin d'une époque Mexico 86 marque ainsi la fin de la grande équipe de France de Platini. Giresse dispute au Mexique sa dernière grande compétition internationale. Platini jouera encore quelques rencontres avec les Bleus, mais quittera la sélection l'année suivante. Cette génération n'aura jamais remporté la Coupe du monde. Elle aura pourtant changé le statut du football français : quatrième en 1982, championne d'Europe en 1984, troisième en 1986. Avant Zidane et 1998, c'est elle qui apprend à la France à se considérer comme une grande nation du football. Panini : une Coupe du monde en vignettes L’album constitue lui-même un objet emblématique de cette histoire populaire. Depuis sa première collection consacrée à une Coupe du monde en 1970, Panini transforme progressivement le tournoi en album universel : joueurs, équipes, écussons et stades sont collectionnés, échangés et collés au fur et à mesure de la compétition. Mexico 86 est le cinquième album Panini consacré à une Coupe du monde, après ceux de 1970, 1974, 1978 et 1982. La particularité d'un exemplaire complet est évidente : les centaines de petites images que l'enfant ou l'amateur devait réunir une à une ont survécu ensemble, constituant aujourd'hui le portrait presque instantané du football mondial en 1986. Maradona y côtoie Platini, Zico, Sócrates, Rummenigge, Lineker, Butragueño et les autres figures d'une génération. Regard du libraire Il y a dans cet exemplaire un très joli télescopage entre la mémoire collective et le souvenir individuel. L'album Panini est l'objet que des millions d'enfants remplissaient pendant la Coupe du monde. La photographie signée par Platini en extrait un instant précis : Guadalajara, 21 juin 1986. Le capitaine français fête ses trente et un ans. Il joue blessé. Careca vient de donner l'avantage au Brésil. À cinq minutes de la mi-temps, Platini surgit au second poteau et égalise. Quelques heures plus tard, la France a éliminé le Brésil au terme de ce que Pelé appellera le « match du siècle ». Elle ne gagnera pas cette Coupe du monde. Platini non plus. Mais cette équipe aura laissé autre chose : le souvenir de la première génération française capable de regarder les plus grandes nations du football les yeux dans les yeux. C'est le cinquième album édité par Panini pour une Coupe de Monde de football. 70 % des recettes de la firme sont liées au football : ce sport reste le best-seller absolu de la marque Panini en France, qui écoule plus de 150 millions de vignettes (soit 30 millions de pochettes de cinq stickers) par album de Coupe du monde, les plus suivies.
Collection ultra-complète, à l'état de neuf et sous étuis Paris, Gallimard, 1960- 2024 64 volumes (110 x 175 mm). Reliure de l'éditeur, et un disque 33-tours complet de son livret, l'ensemble sous étui ou emboîtage individuel de toile marron, pièce de titre. Collection complète. Magnifique ensemble, en parfaite condition de neuf, avec toutes les jaquettes, rhodoïds et étuis d'origine.
Nés dans le sillage de la « Quinzaine de la Pléiade » (mise en place en 1958), les Albums constituent la contrepartie hors commerce offerte par les libraires aux fidèles acheteurs de trois volumes de la Bibliothèque de la Pléiade : tirés en une fois (env. 40 000 ex.), ni réimprimés ni réédités, ils forment une série biographique et iconographique de référence, abondamment illustrée (in-texte en noir à l’origine, cahiers couleurs dès 1992, puis tout en couleurs), au même format que les volumes de la Pléiade : reliure cuir, dos or, pièce de titre rouge, papier plus fort pour la qualité d’impression. La protection a évolué : rhodoïd et étui cartonné jusqu’en 1985 (avec l’exception du Verlaine en étui rhodoïd fragile), étui blanc imprimé ensuite, puis étui couleur depuis 1994 ; les demi-jaquettes apparaissent en 1971 pour laisser voir la reliure. Préfigurés par le Dictionnaire des auteurs de la Pléiade (1960) et l’Anthologie sonore en 1961, les Albums s’ouvrent véritablement en 1962 et ne sont jamais consacrés à des auteurs vivants ; ils offrent, au-delà du récit bio-bibliographique, une iconographie souvent inédite. Dans la Bibliothèque de la Pléaide (avec à ce jour 782 titres parus pour 242 auteurs édités), seuls Gide, Malraux, Claudel, Montherlant, Saint-John Perse, Julien Green, Yourcenar, Char, Gracq, lonesco, Nathalie Sarraute, Kundera, Jean d'Ormesson et Philip Roth ont vu leurs oeuvres publiées de leur vivant. Hemingway fut le premier auteur étranger contemporain à entrer dans la collection, entraînant à sa suite Kafka et Faulkner. Magnifique collection, rigoureusement complète : étuis, rhodoïds et jaquette d'origine, qui sont tous conservés dans des étuis ou emboîtages, uniformes, de toile marron et pièces de titres. De toute rareté dans cette condition.
Envoi signé à Max-Pol Fouchet Paris, Denoël, (mai) 1966. 1 vol. (230 x 260 mm) de 84 p. Cartonnage, jaquette et étui illustrés de l'éditeur. Édition originale. Tirage unique à 3 000 exemplaires. Un des exemplaires poinçonnés du service de presse. Envoi signé : « À Max-Pol Fouchet, en hommage. Pierre Alechinsky ».
Idéotraces, publié au printemps 1966 chez Denoël, marque une étape importante dans la carrière de Pierre Alechinsky, figure centrale du mouvement CoBrA, alors âgé de 39 ans. Le livre propose un manifeste visuel et calligraphique, où se croisent gravures, encres, impressions, gestes et textes : « cette équivoque entre écriture et peinture, Alechinsky l'assume entièrement, et en fait presque un système. Il a dû lui arriver plus d'une fois de commencer un poème et d'aboutir à un tableau, ou l'inverse. En définitive, Pierre Alechinsky s'est constamment moqué des écoles, et si sa peinture était hier un peu moins figurative, aujourd'hui un peu plus, c'est qu'on n'échappe pas totalement aux suggestions de son époque» (Conil Lacoste, Le Monde, 9 décembre 1966). L'ouvrage fut publié à l'occasion d'une exposition de l'artiste à la Galerie de France, où ses oeuvres furent présentées jusqu'en janvier 1967.
Caen, L'Echoppe, (15 février) 1993. 1 vol. (115 x 150 mm) de 21 p. et [1] f. Edition originale tirée à 1000 exemplaires. Un des 50 premiers exemplaires sur vélin (n° 27), signés par l'artiste.
Exemplaire Romain Gary & Jean Seberg Paris, Denoël, (février) 1965. 1 vol. (190 x 175 mm) non paginé. Cartonnage éditeur illustré, chemise et étui. Édition originale. Envoi signé : « A J. S. & G. ces brimborions qui tombent maintenant hors la vue, avec amitié. 11.II .66. Alechinsky » : Romain Gary et Jean Seberg.
C'est de 1944 à 1948 que Pierre Alechinsky étudie l'illustration du livre, la typographie, les techniques de l'imprimerie et la photographie à l'École nationale supérieure d'Architecture et des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. C'est pendant cette période qu'il découvre l'oeuvre d'Henri Michaux, de Jean Dubuffet et des surréalistes, avant, 15 ans plus tard et un séjour révélateur aux Etats-Unis, de découvrir la peinture acrylique à laquelle Walasse Ting l'initie. Titres et pains perdus est son premier ouvrage publié, où il mêle photographies, collages, textes et illustrations. L'ouvrage contient également des photographies de Suzy Embo et des reproductions d'oeuvres de René Bertholo. Il le publie au début de l'année 1965 ; à sa suite, André Breton - un an avant sa mort - l'invite à participer à la 21e Exposition internationale du Surréalisme, L'Écart Absolu. Une première monographie suivra l'année suivante, Le tout venant, puis ses premiers livres illustrés suivront en 1967 et 1968 : L'Espace d'un doute, avec Jean-Jacques Levêque, chez PAB, puis Le Bleu des fonds, aux Éditions Le Soleil Noir, avec Joyce Mansour, en 1968. « J'ai toujours accordé une grande importance aux titres, à la fois pour mes peintures et pour mes livres. D'ailleurs, le mot ‘titre' revient par trois fois dans mes livres : il y a eu d'abord Titres et pains perdus, qui porte un sous-titre à ne pas minimiser : Notes sur les disparitions, les pertes de sens, les difficultés de transmission, les oublis, les manques et les persistances inutiles. » (Le Carnet et les Instants, n° 205, 2020). Belle provenance que celle du couple Gary - Seberg. L'actrice d'À bout de souffle avait épousé deux ans auparavant, le 16 octobre 1963, l'auteur de La Promesse de l'aube dans un petit village corse, Sarrola - en toute discrétion, après un vol affrété depuis Paris par... les services secrets ! Le couple résidera ensuite à Paris, rue du Bac.
Aubert et Lavigne [1842]. 1 vol. de 116-(1) pp. Demi-percaline grise à coins, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, couverture illustrée conservée, non rogné (reliure de l'époque). Edition originale. 56 vignettes gravées sur bois de Janet-Lange. Bel exemplaire.
Paris, Éditions de France, 1941. 1 vol., (120 x 186 mm), de 55 pp. et 1 f., broché. Edition originale.
Paris, Liana Levi, 1985 De la Bibliothèque Pierre Tchernia, "Monsieur Cinéma" (tampon).
De la bibliothèque de Louis Jouvet Paris, Lefuel et Delaunay [imp. de Firmin Didot], [1822]. 1 vol. (90 x 125 mm) de 180 pp. et 24 pl. Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs orné de caissons dorés, double filet sur les plats, titre et tête dorés, date en pied (Reliure XIXe). Ravissant almanach théâtral avec le programme des théâtres parisiens pour l'année 1822. Il est orné d'un titre-frontispice montrant un colleur d'affiches et de 12 portraits de comédiens, gravés sur acier et finement aquarellés à la main, ici en double état (en noir et aquarellé) : Nourrit, Martin, Mme Lemonnier, Mme Perrin, Philippe, Mlle Rivière, Odry, Mlle Flore, Le Peintre, Potier, Mlle Jenny-Vertpré. On trouve aussi
L'exemplaire de Louis Jouvet, avec son ex-libris dessiné par Christian Bérard. Grand-Carteret, 1858.
Paris, SEFI, 2009.1 vol. non paginé. Broché. Nouvelle édition avec photo de l'auteur en couverture. Un des 150 exemplaires numérotés (n° 9).
Paris, Plon, (7 mars) 1927 1 vol. (140 x 200 mm) de 308 pp., [2] et 2 ff. Broché. Edition originale. Un des 30 premiers exemplaires sur chine (n° 30).
Prix Goncourt 2023, triplement primé Paris, L'Iconoclaste, (juin) 2023. 1 vol. (145 x 200 mm) de 580 p., [5] et 1 f. Broché. Édition originale. Premier tirage (pas de grands papiers).
Roman de l'art et du temps, Veiller sur elle alterne la confession d'un sculpteur fictif, Mimo Vitaliani, et la « biographie » de son chef-d'oeuvre - une mystérieuse piéta dont le pouvoir d'hypnose trouble jusqu'aux moines qui la veillent. De Pietra d'Alba, village de « pierre un peu rose », aux ateliers de Florence et de Rome, Mimo affronte les mille promesses du marbre, la rudesse d'un oncle sculpteur sans grâce, la tentation de la modernité et les convulsions de l'Italie (des années 1920 au lendemain de la guerre, de la montée du fascisme à l'après-guerre). Andrea réussit ici ce qu'il explore depuis Ma Reine : des épopées intimes portées par un lyrisme romanesque et des héros en déshérence qui se refont un monde par le récit et la création. Mais Veiller sur elle élargit l'ampleur : près de 600 pages pour une fresque métaphysique la jalousie et l'ambition, la foi et l'art, où la biographie d'une oeuvre finit par éclairer une vie - et, par ricochet, un siècle. Déjà lauréat du Prix du roman Fnac et favori de plusieurs listes (Femina, Interallié), l'ouvrage offre à L'Iconoclaste son premier Goncourt. Très bel exemplaire. Il est « complet» de ses trois bandeaux : à parution de l'éditeur, livré en juillet au moment de la sortie du premier tirage, celui du « Prix du roman Fnac », livré en septembre (prix décerné le 30 août) et celui du Goncourt, livré le 8 novembre, dès le lendemain du prix.
Paris, Éditions sociales, 1945 1 vol. in-12 de 69 pp., illustrations. Broché. Envoi de l'auteur à Francis Crémieux. Ex-dono de Claude Roy sur la couverture !