Calmann-Levy. 1945. In-12. Broché. Etat d'usage, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Papier jauni. 177 pages. manques importants au dos et sur les plats (présence d'adhésif). . . . Classification Dewey : 370-Education
Reference : R200106949
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Tirage de tête, avec lettre à Gary des parents du dédicataire Paris, Calmann-Lévy, (juin) 1945. 1 vol. (120 x 185 mm) de 178 p., [1] et 1 f. Broché, non coupé, sous coffret. Édition originale. Un des 200 premiers exemplaires sur Outhenin-Chalandre (n° 86). Exemplaire enrichi d'une lettre autographe signée de Mm Colnacap à Gary. Bandeau du prix des Critiques (décerné en septembre 1945) conservé.
Le premier livre de Romain Gary en français, six mois après sa parution originale en anglais, à Londres. Écrit pendant la guerre que Romain Gary mena au sein du groupe de résistance « Lorraine », ce premier roman, d'abord publié en anglais à la fin de 1944, fit du jour au lendemain la gloire de son auteur. Ce dernier est encore à son poste de capitaine de l'état-major de Londres quand le roman, devenu Éducation européenne, paraît en France ; le choix du titre revenait à Pierre Calmann : « Le titre que je préfère pour votre ouvrage est : Éducation européenne. Je trouve que les autres sont nettement moins bons ». La version française est retravaillée entre novembre 1944 et mars 1945, et le texte, considérablement remanié : « la dépolonisation et l'Européanisation seront les deux mamelles de la gloire de Romain Gary [...] toutes les mentions de la libération de la Pologne sont supprimées dans la version française pour être remplacées par des invocations toutes nouvelles de l'Europe. Le français ayant une vocation plus universaliste que la langue polonaise, c'est en français désormais que le partisan ‘européen' Adam Dobranski, qui perd son accent, écrira son poème » (David Bellos, Le Malentendu, L'histoire cachée d'Éducation européenne, in Cahiers de l'Herne). Le livre, qui paraît au début de l'été 1945, sera dédié à un jeune compagnon du groupe Lorraine, Robert Colnacap. L'exemplaire est accompagné d'une très belle autographe des parents du jeune homme, adressée à Romain Gary : « Monsieur et cher ami, Je m'excuse de vous donner cette appellation, justifiée seulement par la camaraderie qui vous unissait à notre Robert. Je ne saurais vous dire à quel point nous sommes touchés, mon mari et moi, du geste délicat que vous avez eu en nous adressant L'Éducation européenne écrit à la Mémoire de notre malheureux fils et signé de votre main. [...] J'aimerais tant savoir où, quand, et dans quelles circonstances vous avez connu notre enfant. Les biographies que j'ai pu lire vous concernant sont muettes - bien entendu - sur votre activité militaire. Je sais seulement que vous êtes un des rares rescapés parmi les aviateurs des Forces Françaises Libres en Angleterre, et que vous avez fait à l'avance, comme tant d'autres, le sacrifice de votre vie pour que l'Humanité devienne enfin libre. [...] Si notre petit a eu connaissance de votre roman, il n'a pas dû vous ménager son admiration. Et, s'il vivait encore, comme il savourerait la joie de vous voir décerner aujourd'hui le Prix des Critiques ! [...] ». D'une mère institutrice et d'un père qui sert dans la Marine, Robert Colcanap est né le 11 mai 1922, près de Morlaix. La famille Colcanap s'installe à Brest en 1926. Encore lycéen au moment de la signature de l'armistice, et donc trop jeune pour avoir eu la possibilité de combattre, il décide de rallier La France Libre. Le jour même de l'appel du 18 juin, il embarque à Brest à bord du Meknès, à destination de l'Angleterre. Dès son arrivée sur le sol britannique, il demande à servir dans l'aviation. Refus, direct, de Charles de Gaulle : « jeune homme, passez d'abord vos diplômes ». Il obtient son certificat d'admission au lycée français de Londres, le 25 septembre 1940, passe son concours, et signe derechef le 28 octobre suivant un engagement volontaire dans les FAFL, sous le matricule n° 30.503. Il est affecté sur le cuirassé Courbet, puis transféré au camp de Old Dean à Camberley. Malgré son jeune âge, il se distingue par de premiers états de service remarquables, et remarqués. Nommé sous-lieutenant le 15 décembre 1942, il rejoint le groupe de bombardement Lorraine. Il en restera l'éternel benjamin. C'est au cours d'un exercice, le 11 novembre 1943, au-dessus de l'Angleterre, qu'il trouve la mort, suite à un accident de moteur de son appareil, un Boston III BZ. Sept mois auparavant, le 4 avril 1943 à Londres, Robert Colcanap avait rédigé son testament dont voici un extrait : « Je voudrais que soient conservés mes livres de médecine-Physique-Chimie (achetés avec mes économies), les poésies de Baudelaire, de Péguy et surtout la vie de Mozart ainsi que mes concertos et sonates pour violon, lesquels ont été pendant de longs mois mes meilleurs compagnons et ont constitué la meilleure des consolations. Je regrette de ne pouvoir vous laisser les deux objets auxquels je tenais le plus ; un Kodak 35 acheté au Caire en avril 42 et une ciné-caméra 8 mm (fruits de mes économies) tous deux perdus au cours du torpillage à cent kilomètres au large de Durban, le 1er novembre 1942. J'ai également perdu ce jour mon carnet de route, commencé le 18 juin 1940, sans compter des photos et films pris au Kenya. Grâce à ces documents il eut été facile de retrouver ma vie depuis cette date fatale du 18 juin 1940. Il y avait là, matière à plusieurs romans. Je suis heureux d'avoir fait ce que je considère comme mon devoir ; si c'était à refaire je recommencerais. J'estime en toute conscience que je n'ai rien à me reprocher. ». Plusieurs passages de La Promesse de l'aube et de L'Éducation européenne font directement référence à des événements vécus par l'auteur durant ce service. Pour être plus complet, c'est sur une phrase et un portrait de Robert Colnacap que s'ouvre l'ouvrage de référence consacré au groupe Lorraine : « Nous jurons de rendre à la patrie sa liberté ! Le 19 juin 1940, un gamin rieur de seize ans et demi débarque en Angleterre. Il s'appelle Robert Colnacap » (incipit de Les Bombardiers de la France libre. Groupe Lorraine, par François Broche, Paris, Presses de la Cité, 1979). Le groupe de bombardement Lorraine reçoit la Croix de la Libération, le 28 mai 1945. Au cours du conflit, il a effectué plus de 3 000 sorties, déversant 2 500 tonnes de bombes et perdant 127 hommes. Le 18 juin 1945, il participe au défilé aérien au-dessus des Champs-Élysées en formant une croix de Lorraine avec ses appareils. Il est dissous en 1952, donnant un an plus tard naissance à la 30e escadre de chasse, aujourd'hui intégrée dans la prestigieuse BA118 de Mont-de-Marsan, l'une des plus grandes bases de l'Armée de l'air française. Emouvant exemplaire - avec le bandeau du prix des Critiques, décerné en septembre 1945. Bon exemplaire, avec de légères piqûres aux premiers feuilles ; minime angulaire à la couverture
NRF / Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade Paris, 1968, in-12 reliure éditeur sous rhodoïd, jaquette et étui de carton gris, LXXXIV-1472pp. Edition présentée, établie et annotée par Roger Asselineau. L'Éducation de Nick Adams - Torrents de printemps - L'Adieu aux armes -poèmes de guerre et d'après-guerre - Le Soleil se lève aussi - Paris est une fête- L'Éducation européenne de Nick Adams - Mort dans l'après-midi - Espagne et taureaux. Parfait état.
Précieux exemplaire d'une « Juste parmi les nations» et figure majeure de la Résistance Paris, Calmann-Lévy, (juin) 1945. 1 vol. (120 x 185 mm) de 178 p., [1] et 1 f. Box beige, doublures et gardes de daim sable, titre doré, tranches dorées, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée de Goy & Vilaine). Édition originale. Un des 200 premiers exemplaires sur Outhenin-Chalandre (n° 6). Envoi signé : « À Madame Maria Errázuriz, très amicalement, Romain Gary. Paris, 10 nov. 1945 ».
Écrit pendant la guerre alors que Romain Gary est intégré, depuis juillet 1942, au groupe de résistance Lorraine, ce premier roman est d'abord publié en anglais à la fin de 1944, sous le titre de Forest of Anger. La version française est retravaillée entre novembre 1944 et mars 1945, pour être publié à l'été 1945. Le roman est dédié à un jeune compagnon du groupe Lorraine, Robert Colnacap, et obtient le Prix des critiques le 7 novembre 1945, salué par Maurice Nadeau et Albert Camus. Gary est le premier surpris par le succès : « Qu'est-ce qui se passe ? écrivait-il à son ami Raymond Aron : je reçois des lettres ahurissantes d'Albert Camus, la lettre la plus belle, la plus émouvante que vous pouvez imaginer de Martin du Gard [...]. Je reçois un mot stupéfiant de Gaston Gallimard qui a toujours refusé mes manuscrits et qui demande maintenant mon prochain livre ». Magnifique exemplaire, en remarquable provenance d'une figure importante de la Résistance, María Errázuriz, « Juste parmi les nations », qui sauva une centaine d'enfants de la déportation à Paris entre 1941 et 1944. Née à Santiago le 11 décembre 1893, dans la plus riche famille du Chili, María Edwards McClure épouse à dix-huit ans le diplomate chilien Guillermo Errázuriz, lequel meurt en 1922, à vingt-trois ans. Installée à Paris, remariée avec Jacques Feydeau, le fils de l'auteur dramatique, elle va traverser la Seconde Guerre mondiale en participant plus qu'activement à l'un des réseaux de la Résistance les plus secrets, les plus dangereux mais aussi les plus efficaces, piloté depuis Londres par l'Intelligence Service : le Réseau Jade-Amicol. Au premières heures du conflit, elle est d'abord bénévole à l'hôpital américain de Neuilly : elle appartient à l'équipe qui prend en charge les premiers blessés de la Royal Air Force. L'armistice signée, Paris est occupée et elle se rapproche alors de Germaine de Rotschild, à qui elle propose son aide dans l'hôpital fondé par la famille de son mari au siècle précédent, dans le XIIe arrondissement. Elle s'y lie rapidement avec Claire Heymann, qui y travaille déjà comme assistante sociale. Sous l'Occupation, les pavillons de l'hôpital sont clôturés de fils de fer barbelés et transformés en centre de détention : des détenus juifs tombés malades au Vel' d'Hiv' et au camp de Drancy, dont de nombreux enfants, y sont transportés pour une hospitalisation. La nécessité s'imposent à elles d'en sauver le plus possible. La méthode de « Tante Maria » et « Tante Claire » ? Prolonger l'hospitalisation des enfants, puis les faire disparaître des registres et les placer discrètement dans des institutions chrétiennes ou auprès de familles d'accueil, après les avoir fait passer par la porte de la morgue qui n'était pas surveillée. Maria Errázuriz se chargeait de maquiller les registres : « il y avait deux flics qui surveillaient les entrées et les sorties. Des malades venus du camp de Drancy étaient soignés. Ceux-là ne guérissaient pas vite ! On les gardait le plus longtemps possible », se rappelle Colette Brull-Ulmann, une interne dans le secret des opérations (Des médecins dans la Résistance, de Cécile Tartakovsky, France Télévisions, 2020). A partir de 1942, le réseau, rodé, prend contact avec celui créé et dirigé par Claude Arnould et Philippe Keun, capitaine du Special Operation Service (SOE), lié au MI6 : le Réseau Jade-Amicol. Leur poste de commandement est installé au couvent parisien de Sainte-Agonie, rue de la Santé. Et c'est chez Maria Errazuriz que des réunions sont organisées et que l'argent, nécessaire au paiement des agents et aux frais, est apporté de Londres, par des petits avions monomoteurs appelés Lysanders, qui atterrissent de nuit sur des terrains isolés de la campagne au nord de Paris. Pourquoi ce lien ? Parce que Philippe Keun, né en 1911, n'est ni plus ni moins que le neveu de Jacques Feydeau, que Maria Errazuriz a épousé en 1926 et dont elle a divorcé en 1931. Elle a pour son neveu par alliance une affection réelle et, aux premières heures de la guerre, ils n'ignorent rien de leur engagements respectifs. Maria Errazuriz sera ainsi l'une des rares personnes, à Paris, au courant de la presque totalité du réseau et de ses arcanes. Aussi discrète qu'efficace pendant presque ces trois années de Résistance, elle est arrêtée sur dénonciation en décembre 1943 et soumise au supplice de la baignoire glacée. Elle ne dira mot et ses tortionnaires ne lui arracheront aucun secret. Elle est libérée faute de preuves, sur intervention directe de l'ambassadeur d'Espagne, et mise sous surveillance. Son neveu aura moins de chance : il est arrêté par la Gestapo à l'aube du 29 juin, près d'Orléans, où son équipe prépare une réception de parachutage d'armes, trois semaines après le Débarquement. Arrêté et déporté à Buchenwald, il est torturé à mort et meurt au camp, comme tous ses compagnons arrêtés le 29 juin. Maria Errazuriz reçoit au retour de la paix la Médaille du courage délivrée par le roi d'Angleterre George VI, la Légion d'honneur ainsi que la Croix de guerre avec palme, avant de regagner pour quelques années le Chili : sa famille, sur place, la supplie de revenir vers eux. « Elle y songe, ayant été profondément touchée par la compassion exprimée après les commentaires déclenchés au Chili par la dépêche de Reuters», laquelle, le 11 décembre 1944, décrivait les actes héroïques de Maria Errazuriz via un long article paru dans le quotidien El Mercurio. « Son voyage est annoncé pour novembre 1945. On ignore à quelle date elle quitte Paris» : avec certitude, après le 10 novembre, jour de cette dédicace de Romain Gary, qui n'est en France que depuis l'été. D'où se connaissent-ils ? En Europe, ce n'est qu'à partir du 8 juin 1945 que la figure de Maria Errazuriz apparaît. C'est Marcelle Auclair qui veut rendre hommage à «cette amie sud-américaine ; une trop belle histoire que que je ne vous la raconte pas» : elle donne ainsi un article dans le journal hebdomadaire «France», en première page, où l'action de « cette amie magnifique de la France» est décrite - sans qu'elle soit nommée autrement que de ses initiales. Le journal, qui paraît depuis les premières heures de la France Libre en 1940, paraît à Londres, avec une rédactions installée au 2, Dorset Build. de Salisbury Square, est probablement le lien entre Romain Gary et Maria Errazuriz : il est probable que le capitaine Gary, cantonné à Londres en ce mois de juin, lit la presse. Quelques semaines plus tard, le 14 juillet 1945, le Général de Gaulle le décore de la Légion d'Honneur sous l'Arc de Triomphe, alors qu'Education européenne, tout juste imprimé, va commencer à être diffusé ce même été. Il obtiendra à l'automne le Grand Prix des Critiques et propulse Gary sur le devant de la scène littéraire. Romain Gary offrira peu d'exemplaires dédicacés de son premier livre, et le plus souvent à des proches dans la sphère éditoriale. On connaît ainsi les exemplaires envoyés à Maurice Nadeau, Francis Dumont (collaborateur chez Calmann-Lévy), Roland Feuvrier, Pierre Calmann et Raymond Aron, et seuls les trois premiers sont sur le grand papier. Précieux exemplaire, offert à une figure majeure de la Résistance franco-anglaise. Elle sera honorée en 2005 par Yad Vashem du titre de « Juste parmi les nations » : seules deux personnalités chiliennes ont été honorées de ce titre. Maria Errázuriz, par André Kervella (Paris, L'Harmattan, 2025), à qui nous devons quelques précieuses informations, vient récemment de paraître. Elle permet d'encore mieux cerner et comprendre le parcours de cette femme hors du commun.
Hemingway, Ernest. Edition présentée, établie et annotée par Roger Asselineau.
Reference : 84010
(1966)
Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1966, in-12, reliure éditeur, 1472p. Exemplaire de bibliothèque, cachets. Passages soulignés au stylo bleu, surtout dans la préface et les notes. Bon exemplaire d'étude.
1989 / 1472 pages. Reliés sans jaquette avec Rhodoïd et boitier illustré. Editions Gallimard / La Pléiade.
Deux micros taches visibles sur le boitier. Très bel état.