8, rue Bréa
75006 Paris
France
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Phone number : 01 43 54 43 61 P., Editions Bossard, 1922, pt in-8°, 320 pp, un portrait gravé sur bois par Achille Ouvré en frontispice, numéroté sur papier vélin pur chiffon (Coll. des Chefs-d'œuvre méconnus)
P., Christophe David, 1735-1736, 4 vol. in-12, (64)-552,(16)-615,(26)-555-(5) et ((12)-652 pp, bandeaux et lettrines, quelques figures dans le texte, reliures plein veau blond moucheté, dos à nerfs ornés de caissons dorés, pièces de titre en maroquin rouge, coupes ornées, gardes marbrées, tranches rouges. Trace de mouillure au 2e plat du tome II (sans atteinte aux feuillets intérieurs), sinon bel exemplaire sans rousseurs finement relié à l'époque
En 1674 parut le premier volume de la "Recherche de la vérité", progressivement augmenté jusqu'à l'édition définitive en 4 volumes de 1712. L'ouvrage tente de mettre en accord le dogme catholique et une philosophie inspirée de Descartes pour lequel Malebranche éprouve une forte admiration. Malebranche souhaite favoriser le développement des sciences "qui détachent l'esprit des choses sensibles et qui l'accoutument et le préparent peu à peu à goûter les vérités de l'Evangile" mais l'ouvrage, qui encourageait trop les sciences humaines au goût des théologiens fut mis à l'Index en 1709. La dernière partie du 4ème volume est consacrée à l'optique ; accompagnée de figures, elle traite de la lumière, des couleurs, et du mécanisme de la vision.
France-Empire, 1989, gr. in-8°, 264 pp, broché, bon état (Coll. Lire la Révolution)
Qui eût cru que la tolérance même aurait ses fanatiques ?
P., A. Quantin, 1884, in-8°, lii-193 pp, un portrait gravé par Gaujean en frontispice sous serpente colorée, une gravure hors texte, bandeaux, culs-de-lampe, biblio, reliure demi-percaline orange, dos lisse avec fleuron, date et double filet dorés, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état, imprimé à petit nombre sur papier vergé (Coll. les Petits poètes du XVIIIe siècle)
Dans la légende, Malfilâtre est l'une des figures symboliques du poète mort en pleine jeunesse, de détresse et d'épuisement. En fait, il s'agit là de mythe plus que de réalité. Né à Caen, Malfilâtre étudie chez les Jésuites et manifeste de bonne heure des dispositions pour la poésie. Quatre de ses odes sont couronnées. L'Ode sur le Soleil fixe au milieu des planètes (1759) est un assez bon exemple de cette poésie lyrique du XVIIIe siècle qui, voulant se faire instructive, demande son inspiration à la science. Marmontel la signale comme « l'aurore d'une belle carrière poétique ». Il écrit l'Ode sur Louis le Bien-Aimé sauvé de la mort à l'occasion de l'attentat de Damiens. Comme nombre de poètes de l'époque, il traduit en vers français les Géorgiques de Virgile. Lorsqu'il vient à Paris, il obtient différents travaux, mais n'évite pas pour autant les difficultés d'argent ; soit que, trop sensible aux plaisirs, il dépense plus qu'il n'a, soit que, de caractère facile, il ne sache pas résister aux demandes d'argent. Après une chute de cheval, il souffre d'un abcès au genou qui nécessite plusieurs opérations cruelles et entraîne sa mort. Le beau vers que Gilbert lui consacre dans sa satire, Le Dix-Huitième Siècle (1775), est donc récusable au nom de la vérité historique : La faim mit au tombeau Malfilâtre ignoré. Cette légende engendra celle de Gilbert lui-même. Pourtant, il semble bien que Malfilâtre fut un homme malheureux, cherchant la solitude. C'est aussi un homme qui travaillait beaucoup. Deux ans après sa mort, on publia son poème : Narcisse dans l'île de Vénus (1769).
Grasset, 1986, gr. in-8°, 478 pp, chronologie, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Le plus populaire des écrivains français, et en même temps le plus mystérieux, Molière, avait besoin d'être redécouvert. Etait-il un bohème de génie, qui aurait appris son métier le long des routes, ou au contraire aborda-t-il le théâtre déjà muni d'une solide culture ? Quelles influences intellectuelles a-t-il subies ? Quels furent ses rapports avec Louis XIV, sans l'appui duquel il n'aurait jamais pu devenir Molière ? Etait-il incroyant, ou religieux ? Où peut-on le mieux capter sa pensée, dans Tartuffe ou dans Don Juan ? Pourquoi la comédie ? Pourquoi cette prédilection pour la couleur verte ? Autant de questions, grandes ou petites, auxquelles ce livre s'efforce de répondre, en présentant de l'auteur le plus joué en France un portrait décapé et vif, aussi brillant qu'exhaustif.
P., La Renaissance du Livre, 1929, in-12, 229 pp, un portrait de Jean Bart en frontispice et 2 gravures hors texte une sur double page (le port de Dunkerque à la fin du XVIIe siècle), biblio, broché, qqs marques au crayon en marges, bon état (Coll. La Grande légende de la mer)
"Le souvenir de peu de grands hommes est chargé d'autant de superfétations que celui de Jean Bart; héros populaire, il s'est vu attribuer les exploits les plus inattendus, même quelques avatars surprenants à la Cour de Versailles. M. Henri Malo, l'historien des corsaires, suit son héros d'entreprise en entreprise, d'aventure en aventure et fait justice de mainte légende : la vie de Jean Bart, dépouillée d'un fatras anecdotique inconsistant, se révèle comme une page étonnante d'épopée. Il faut avoir lu ce livre pour croire à une pareille persévérance dans la recherche du danger, à une telle accoutumance à l'héroïsme. Les qualités de sang-froid, de décision, d'esprit d'organisation, nécessaires à un tel chef, forment un portrait très humain, très attachant et, toujours, extraordinairement étonnant. Au-dessus et autour de Jean Bart, M. Malo fait vivre tout le monde politique et militaire de la fin du XVIIe siècle : Louis XIV, attentif à tout, soucieux de son autorité, qu'il sait assortir de certains tempéraments, préoccupé du bien public qu'il met au-dessus de maintes formalités ; Vauban, le grand honnête homme ; Pontchartrain, et quelques autres. Des traits originaux montrent ce que pouvait être en ce temps-là l'administration dans ses rapports avec les marins navigants. A travers tout le récit s'agite la vie incroyable des gens de mer et des corsaires de tous pays. Tableau d'histoire, la plus précise, la plus minutieusement documentée, et en même temps roman d'aventures, les plus passionnantes qui se puissent imaginer. La présentation du livre, illustré de gravures remarquablement nettes, fait le plus grand honneur à la collection de La grande légende de la mer." (E. Coornaert, Revue d'histoire moderne, 1929)
Seghers, 1963, in-8°, 373 pp, préface, introduction et traduction par le docteur Pierre Theil, broché, couv. illustrée, bon état
Traduction partielle du second Essai, paru en 1803, avec une substantielle introduction de Pierre Theil. Ce traité d'allure scientifique est une sociologie de la population : les principes de base en sont que la population s'accroît en progression géométrique, les subsistances en progression arithmétique ; la difficulté de se nourrir forme un frein puissant ; le vice et la misère freinent la multiplication de la population ; le principe de population empêche la perfectibilité de la société; les lois des pauvres multiplient la pauvreté...
P., INED, 1980, gr. in-8°, 166 pp, traduction par Eric Vilquin, avant-propos de Jacques Dupâquier, reliure toile crème imprimée de l'éditeur (salie), état correct (Société de démographie historique. Département de démographie de l'Université catholique de Louvain)
Réimpression de la 1ère édition de l'ouvrage de Malthus – parue sans nom d'auteur –, qui fit scandale en Angleterre. — "Malthus est le père d'une doctrine, le malthusianisme, dont le nom est connu à la fois des savants et du grand public, mais dont le contenu est ignoré de la plupart. Il devenait urgent d'éditer la traduction française de son Essai sur le principe de population. Remarquons que les précédentes traductions, datant du siècle dernier, furent faites sur les éditions ultérieures d'un ouvrage dont le titre commence par les mêmes mots mais qui est en réalité totalement différent de celui qui nous occupe. Nous lisons donc ici la première traduction du premier Essai que Malthus publia en 1798, sans nom d'auteur. Il s'agit d'un pamphlet provocant qui fit scandale, tandis que le second Essai, paru en 1803, est un traité d'allure scientifique, une sociologie de la population. Or, ce pamphlet philosophique incorpore en germe la théorie de la population qui allait être développée plus tard. Les principes de base sont déjà énoncés dans les premiers chapitres : la population s'accroît en progression géométrique, les subsistances en progression arithmétique; la difficulté de se nourrir forme un frein puissant ; le vice et la misère freinent la multiplication de la population ; le principe de population empêche la perfectibilité de la société; les lois des pauvres multiplient la pauvreté..." (André Reix, Revue Philosophique de Louvain, 1981)
Dargaud, 1968, in-8°, 197 pp, 16 pl. de gravures hors texte, couv. rempliée illustrée. Ouvrage imprimé sur velin bouffant. Le malheur de Beaumarchais de partager sa maîtresse Mademoiselle Ménard avec un fou furieux.
Laffont, 1973-1987, 5 vol. gr. in-8°, 687, 558,xx-448, xxii-468 et xviii-523 pp, index dans chaque volume, cart. éditeur, jaquettes illustrées, bon état
Complet des 5 volumes parus. — Tome I : Les vingt ans du roi. De la mort de Louis XV à celle de Rousseau (1774-1778) – II : Le vent d'Amérique. L'échec de Necker et la victoire de Yorktown (1778-1782) – III : Le bon plaisir. Les derniers temps de l'aristocratie (1782-1785) – IV : La Révolution qui lève. De l'affaire du collier à l'appel aux notables (1785-1787) – V : Le sang de la Bastille. Du renvoi de Calonne au sursaut de Paris (1787-1789).
Laffont, 1976, gr. in-8°, xx-448 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
Voici le troisième volume de la fresque biographique géante de la Révolution française, dans laquelle Claude Manceron a engagé toute sa vie d'historien. 1782. Un dauphin est né. Maurepas est mort. La guerre d'Amérique est gagnée. Louis XVI, enfin mûri, et Marie-Antoinette, enfin femme, vont connaître quatre années de règne absolu et vraiment responsable. Ils pourraient en profiter pour des réformes. Ils font au contraire l'impasse à la montée de la bourgeoisie, en favorisant la réaction nobiliaire eu profit d'une noblesse de Cour décadente. Diderot meurt. Entrons-nous dans le temps des médiocres ? Mais Beaumarchais fait jouer Le Mariage de Figaro et Schiller Les Brigands. Les ballons conquièrent le ciel. Laclos publie Les Liaisons dangereuses Et Louis-Sébastien Mercier Le Tableau de Paris. Quelques inconnus commencent à faire craquer le corset d'une vie empesée. Ils s'appellent – entre autres – Collot d'Herbois, Robespierre, Brissot, Manon Roland, Clavière, Barnave, Rossignol, Marat, Buzot, Carnot, Buonaparte. Goya débutant saisit au vol les visages et les couleurs de l'Espagne et de la Cour. Il esquisse, dirait-on, le décor pour ce qui va se passer demain. Trois hommes très divers, déjà, commencent à occuper le devant de la scène en France : Condorcet, La Fayette et Mirabeau. Mais à quoi bon ? Tout semble bloqué. Jusqu'au jour où la facture d'un collier fabuleux est présentée à la Reine...
Laffont, 1974, gr. in-8°, 558 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
Ce deuxième volume d'une fresque biographique géante des acteurs de la Révolution marque la transition entre l'avènement de Louis XVI, décrit par « Les Vingt Ans du Roi », et l'effondrement de l'Ancien Régime. Nous retrouvons entre autres Mirabeau, broyé par la prison de Vincennes, Brissot et Marat, liés d'amitié, le futur Louis XVIII et ses ambitions, Lauzun conquérant le Sénégal, Franklin amoureux de Mme Helvétius... Nous voyons se profiler dans l'ombre d'autres visages de demain : Hébert, le futur « Père Duchesne »), les Roland, Vergniaud, l'abbé Siéyès, l'abbé Jacques Roux, Gilbert Romme. Napoléon Bonaparte quitte la Corse pour Autun ; Joséphine de La Pagerie vient de la Martinique en France afin d'épouser Alexandre de Beauharnais. La grande affaire, c'est la guerre d'Amérique. La France échoue dans sa tentative d'envahir l'Angleterre, mais les vaisseaux de Suffren et de Grasse vont aider à la victoire de Washington, de La Fayette et de Rochambeau, dont nous suivons pas à pas les péripéties hasardées. Le vent d'Amérique commence à souffler en tempête sur les structures figées de la France où Necker est renvoyé et Raynal exilé sous l'influence de l'homme qui monte, Vergennes. Qu'importe ? Marie-Antoinette, qui commence à « pencher » vers le comte de Fersen, donne le jour à un Dauphin, et les Parisiens semblent surtout passionnés par le haquet de Mesmer. Mais les terribles imprécations de Diderot font écho à l'écrasement sanglant de la grande révolte conduite au Pérou par Tupac Amaru...
Laffont, 1972, gr. in-8°, 687 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.
Laffont, 1979, gr. in-8°, xxii-468 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état
La Révolution française n'a pas commencé en mai 1789 mais le 22 février 1787, jour où Louis XVI et Calonne, son ministre des Finances, font appel aux notables du royaume pour combler le déficit du Trésor. A partir de là, tout allait se précipiter...
Laffont, 1979, gr. in-8°, xxii-468 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.
Bien avant Max Gallo et son « Napoléon », mais chez le même éditeur, Robert Laffont, Claude Manceron fut un formidable « romancier de l'histoire ». Mort le 23 mars 1999 à l'âge de soixante-seize ans, cet autodidacte frappé très jeune par la poliomyélite, fidèle de Mitterrand (dont il fut le conseiller pour les présidentielles de 1965, 1974 et 1981 avant d'entrer à l'Elysée, où il est resté jusqu'en 1995, comme chargé de mission), a écrit, seul ou avec sa femme Anne, une vingtaine d'ouvrages historiques. Dont plusieurs sur l'Empereur, « Le Dernier Choix de Napoléon », « Austerlitz », « Napoléon reprend Paris », « La Comédie de Bonaparte ». Mais c'est sa grande fresque sur la Révolution, « Les Hommes de la liberté », qui, surtout, l'a fait connaître d'un très vaste public. Cinq volumes, publiés entre 1973 (« Les Vingt Ans du Roi ») et 1987 (« Le Sang de la Bastille »), couvrant l'Histoire de la France entre 1774 et 1797 et qui, « partant du particulier pour atteindre le général », traitent des hommes en une « histoire biographique et entrecroisée », de façon vivante et passionnée. Auteur également de biographies de « Beaumarchais » et de « Mirabeau », Claude Manceron a aussi publié un livre sur « Mitterrand » (en 1981) et sur « La République ». (Les Echos, 26/03/1999)
P., Henri Jonquières, 1929, in-8°, 276 pp, 8 gravures hors texte, pièces annexes, biblio, index, broché, bon état (Coll. Jadis et Naguère)
On ne peut rêver existences plus romanesques. Nièces de Mazarin, grands personnages de la cour, courtisées par des rois – Louis XIV pour Marie, Charles II d'Angleterre pour Hortense –, mêlées aux affaires politiques, aux grands complots et aux petits potins, voyageuses infatigables, amoureuses proverbiales, Hortense et Marie Mancini, c'est encore l'intrigue de la Fronde, c'est déjà la passion du grand siècle. Mais elle ne se bornent pas à vivre : elles disent ce qu'elles ont vécu, elles se défendent, elles attaquent parfois, mais toujours dessinent, analysent, font parler et font vivre, en un temps où l'élégance du langage est aussi infaillible que l'orthographe est incertaine. Ces Mémoires sont parmi les plus divertissants et les plus révélateurs de leur époque. — Réunion des Mémoires de Madame la Duchesse de Mazarin (Hortense Mancini) et de “Apologie ou les véritables mémoires de Madame Marie Mancini, connétable de Colonna, écrits par elle-même”.
Imago, 1998, in-8°, 264 pp, préface de Philippe Joutard, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Au début du XVIIe siècle, un libraire de Troyes, vite imité par d'autres, fait imprimer sur un mauvais papier, avec des caractères usés, des livres de petits formats à couverture bleue, destinés à être vendus très bon marché : ainsi apparaissent, dans la caisse du colporteur parcourant les campagnes les plus reculées, les ouvrages de la Bibliothèque Bleue. Robert Mandrou, dans un ouvrage désormais classique, analyse avec précision le contenu de ces livrets : vies de saints riches en miracles, contes librement inspirés de Perrault ou de Madame d'Aulnoy, récits sur des figures légendaires de l'Histoire, almanachs et calendriers donnant une large part à l'astrologie, mais aussi recettes pratiques, livres de médecine ou de sorcellerie... L'immense succès et la très grande diffusion de cette littérature de colportage en font, selon l'éminent historien, un révélateur majeur de la culture populaire de la France de l'Ancien Régime. — "Très remarquable étude sur un domaine totalement inexploré jusqu'à présent : la littérature de colportage sous l'ancien régime. Livres de piété, guides des saisons, livres de sorcellerie, romans populaires, contes burlesques, contes de fées étaient répandus dans toutes les campagnes par les « porte balles ». R. Mandrou explore les thèmes essentiels de cette littérature – le merveilleux païen et chrétien, le burlesque, la sorcellerie, etc.... – et donne quelques extraits (trop courts, hélas) de ces petits livres bleus (on lira avec plaisir l'Histoire de Fortunatus, p. 182-187, et l'Eloge funèbre de Michel Morin, p. 201-205)." (La Revue administrative, 1966) — "R. M. raconte l'histoire de la Bibliothèque bleue de Troyes qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, diffusa dans, les classes populaires, tels des livres de poche avant la lettre, guides des saisons, calendriers, livres de « médecine » et de sorcellerie, vies de saints, etc. Exposé très clair d'un phénomène très généralement méconnu." (Revue française de science politique, 1966)
Stock, 1964, in-8°, 222 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, état correct
Au début du XVIIe siècle, un libraire de Troyes, vite imité par d'autres, fait imprimer sur un mauvais papier, avec des caractères usés, des livres de petits formats à couverture bleue, destinés à être vendus très bon marché : ainsi apparaissent, dans la caisse du colporteur parcourant les campagnes les plus reculées, les ouvrages de la Bibliothèque Bleue. Robert Mandrou, dans un ouvrage désormais classique, analyse avec précision le contenu de ces livrets : vies de saints riches en miracles, contes librement inspirés de Perrault ou de Madame d'Aulnoy, récits sur des figures légendaires de l'Histoire, almanachs et calendriers donnant une large part à l'astrologie, mais aussi recettes pratiques, livres de médecine ou de sorcellerie... L'immense succès et la très grande diffusion de cette littérature de colportage en font, selon l'éminent historien, un révélateur majeur de la culture populaire de la France de l'Ancien Régime. — "Très remarquable étude sur un domaine totalement inexploré jusqu'à présent : la littérature de colportage sous l'ancien régime. Livres de piété, guides des saisons, livres de sorcellerie, romans populaires, contes burlesques, contes de fées étaient répandus dans toutes les campagnes par les « porte balles ». R. Mandrou explore les thèmes essentiels de cette littérature – le merveilleux païen et chrétien, le burlesque, la sorcellerie, etc.... – et donne quelques extraits (trop courts, hélas) de ces petits livres bleus (on lira avec plaisir l'Histoire de Fortunatus, p. 182-187, et l'Eloge funèbre de Michel Morin, p. 201-205)." (La Revue administrative, 1966) — "R. M. raconte l'histoire de la Bibliothèque bleue de Troyes qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, diffusa dans, les classes populaires, tels des livres de poche avant la lettre, guides des saisons, calendriers, livres de « médecine » et de sorcellerie, vies de saints, etc. Exposé très clair d'un phénomène très généralement méconnu." (Revue française de science politique, 1966)
Albin Michel, 1961, in-8°, xxv-400 pp, 12 pl. de gravures hors texte et 10 cartes, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité). Edition originale
Le sous-titre importe ici plus que le titre : ce livre n'est pas, en effet, une présentation, après tant d'autres, du XVIe siècle français ; c'est une tentative plus originale pour définir dans ses éléments dominants une histoire des mentalités collectives. L'expérience est faite ici au niveau de la première modernité française : il s'agit de faire revivre le plus exactement, et aussi pleinement qu'il se peut, les Français qui ont vécu "de Colomb à Galilée, de la découverte de la Terre à celle du Ciel" (Michelet). La hardiesse de l'entreprise – qui légitime le mot Essai – se découvre à la simple évocation de son sommaire : des conditions alimentaires de l'existence jusqu'à la mystique et même à la vogue du suicide, tous les comportements humains sont ici passés en revue... Le livre se divise en trois parties : les mesures physiques et psychiques des individus ; les milieux sociaux et leurs enchaînements de solidarités inégalement solides, inégalement efficaces ; enfin, les grands types d'activités humaines vus dans leurs déterminations psychologiques : métiers et divertissements, dépassements – arts, sciences, religions –, évasions, aux formes les plus étranges... En son fond même, cet ouvrage est à la fois un bilan et un programme : état de la question, dans ce domaine de la psychologie collective, trop oublié des historiens, et, en même temps, un plan de recherches à poursuivre, pour aider ce secteur historique à combler son retard par rapport aux secteurs politique et économique, aujourd'hui en plein épanouissement. Par ce double caractère, cet Essai de psychologie historique est bien dans l'esprit de la collection "L'Évolution de l'Humanité".
Fayard, 1977, in-8°, 401 pp, 12 cartes, tableaux, biblio, cart. éditeur, sans la jaquette, état correct
Dans cet ouvrage, Mandrou dépasse le cadre simplement chronologique pour proposer une « interprétation globale du devenir européen » entre 1649 et 1775. Plutôt qu’un ouvrage classique d’histoire de cette période, il tente de reconstituer l’histoire complexe des sociétés d’Ancien Régime, tiraillées entre un prestige passé et la nécessité de profondes transformations, dont les mutations ne représentent pas un simple processus d’amélioration linéaire dicté par le progrès de la raison philosophique, mais le résultat d’arbitrages entre dominants relevant de la pure raison d’État. Traitant de l’ensemble de l’Europe, l'ouvrage met en lumière son unité face à la permanence des structures sociales et, à l’opposé, sa diversité quant aux réponses en termes d’organisation politique aux problèmes posés par les profondes mutations économiques qui mèneront à la Révolution industrielle. Robert Mandrou montre comment, à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, les monarchies anglaise et française définiront lentement les modèles qui deviendront les deux pôles de la réflexion politiques dans le reste de l’Europe du XVIIIe siècle : l’absolutisme louisquatorzien et le modèle issu de la Glorieuse Révolution de 1688... — "Tandis que méthodiquement Louis XIV met en place les rouages de la monarchie absolue, les troubles politiques que connait la petite Angleterre impressionnent l'Europe aristocratique. En réalité, ces cascades de révolutions importent moins que la continuité d'un essor économique remarquable symbolisé par la prospérité de Londres qui double de population en moins d'un siècle. Aussi la Paix d'Utrecht ne sanctionne-t-elle pas seulement la victoire de l'Angleterre sur la France, elle définit un nouvel équilibre : face à l'Europe presque entièrement fascinée par l'absolutisme versaillais, l'Angleterre représente une puissance dont le rayonnement commercial et intellectuel ne cesse de croître. Complémentaires et opposés, ces deux modèles vont tenter, à travers tout le XVIIIe, les souverains qui rêvent de jouer un grand rôle en Europe..." (4e de couverture) — "L'histoire de l'Etat fut longtemps la parente pauvre des “Annales”. Elle ne fut pas pour autant laissée de côté par R. Mandrou. On citera à ce propos son “Louis XIV”. Notons encore dans le même registre son travail sur “L'Europe absolutiste” : rappelons au passage qu'il a été l'occasion pour lui de dire avec force son admiration pour l'Angleterre libérale. Le livre exprime en même temps une certaine méfiance vis-à-vis du régime prussien ; l'engouement de Frédéric II pour les Lumières, au gré de R. Mandrou, ne serait que façade ; le mercantilisme (pour employer un mot trop simple) du souverain de Brandebourg, fait néanmoins de ce personnage, aux marges baltiques, un Colbert qui a réussi, aidé en cela par la conjoncture favorable du XVIIIe siècle." (Emmanuel Le Roy Ladurie, Annales ESC, 1985)
Fayard, 1977, in-8°, 401 pp, 12 cartes, tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état
Dans cet ouvrage, Mandrou dépasse le cadre simplement chronologique pour proposer une « interprétation globale du devenir européen » entre 1649 et 1775. Plutôt qu’un ouvrage classique d’histoire de cette période, il tente de reconstituer l’histoire complexe des sociétés d’Ancien Régime, tiraillées entre un prestige passé et la nécessité de profondes transformations, dont les mutations ne représentent pas un simple processus d’amélioration linéaire dicté par le progrès de la raison philosophique, mais le résultat d’arbitrages entre dominants relevant de la pure raison d’État. Traitant de l’ensemble de l’Europe, l'ouvrage met en lumière son unité face à la permanence des structures sociales et, à l’opposé, sa diversité quant aux réponses en termes d’organisation politique aux problèmes posés par les profondes mutations économiques qui mèneront à la Révolution industrielle. Robert Mandrou montre comment, à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, les monarchies anglaise et française définiront lentement les modèles qui deviendront les deux pôles de la réflexion politiques dans le reste de l’Europe du XVIIIe siècle : l’absolutisme louisquatorzien et le modèle issu de la Glorieuse Révolution de 1688... — "Tandis que méthodiquement Louis XIV met en place les rouages de la monarchie absolue, les troubles politiques que connait la petite Angleterre impressionnent l'Europe aristocratique. En réalité, ces cascades de révolutions importent moins que la continuité d'un essor économique remarquable symbolisé par la prospérité de Londres qui double de population en moins d'un siècle. Aussi la Paix d'Utrecht ne sanctionne-t-elle pas seulement la victoire de l'Angleterre sur la France, elle définit un nouvel équilibre : face à l'Europe presque entièrement fascinée par l'absolutisme versaillais, l'Angleterre représente une puissance dont le rayonnement commercial et intellectuel ne cesse de croître. Complémentaires et opposés, ces deux modèles vont tenter, à travers tout le XVIIIe, les souverains qui rêvent de jouer un grand rôle en Europe..." (4e de couverture) — "L'histoire de l'Etat fut longtemps la parente pauvre des “Annales”. Elle ne fut pas pour autant laissée de côté par R. Mandrou. On citera à ce propos son “Louis XIV”. Notons encore dans le même registre son travail sur “L'Europe absolutiste” : rappelons au passage qu'il a été l'occasion pour lui de dire avec force son admiration pour l'Angleterre libérale. Le livre exprime en même temps une certaine méfiance vis-à-vis du régime prussien ; l'engouement de Frédéric II pour les Lumières, au gré de R. Mandrou, ne serait que façade ; le mercantilisme (pour employer un mot trop simple) du souverain de Brandebourg, fait néanmoins de ce personnage, aux marges baltiques, un Colbert qui a réussi, aidé en cela par la conjoncture favorable du XVIIIe siècle." (Emmanuel Le Roy Ladurie, Annales ESC, 1985)
P., SEVPEN, 1957, gr. in-8°, 302 pp, traduit du russe, 50 tableaux, broché, couv. lég. défraîchie, C. de bibl., état correct
I : Les prix des produits de l'agriculture et des industries dans l'Etat russe du XVIe siècle : Les prix des céréales ; Les prix du bétail, de la viande et des produits laitiers ; Les prix des produits des industries ; Les prix du sel ; II : Les prix des produits des métiers : Les prix des métaux et des ouvrages métalliques ; Les prix des tissus, des vêtements et des articles de cuir.
Gallimard, 1972, in-8°, 396 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. illustrée à rabats, pt tache sans gravité sur les 5 derniers feuillets, bon état
Troisième volume du "roman d'Henri IV", soit Henri IV et son temps vus par le grand écrivain allemand.
Lille, Atelier reproduction des thèses, 1976, fort in-8°, v-551-158-15 pp, biblio. Thèse présentée devant l'université de Toulouse-le-Mirail le 19 avril 1974
Les Indes savantes, 2002-2003, 2 vol. in-8°, 395 et 329 pp, préface de Nguyên Thê Anh, 8 cartes, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état
Des courants politiques, religieux et commerciaux entrainent la France vers l'Asie tardivement, dans le dernier tiers du XVIIe siecle. Les implantations politiques (Siam) et commerciales (Siam, Tonkin) francaises dans la péninsule indochinoise sont provoquées par les missionnaires, et seront des échecs. Au XVIIIe siecle, des raisons essentiellement stratégiques (rivalité avec l'Angleterre) poussent les français à s'intéresser à la Birmanie et à la Cochinchine. L'absence de moyens militaires et financiers, la faiblesse commerciale de la France dans l'ensemble de l'Asie condamnent par avance ces tentatives. L'épisode de l'évêque d'Adran au Vietnam est un épisode vietnamien, et non francais. Durant ces deux derniers siècles, malgré les récupérations de la "geste coloniale", il n'y eut pas de véritable présence française dans la péninsule indochinoise aux XVIIe et XVIIIe siecles.