Édition originale du célèbre Almanach des Émigrans de 1792 conservé dans sa brochure d’attente de l'époque. In-12 de (22), XXIV et 136 pp., brochure d’attente bleue de l'époque, non rogné. 153 x 91 mm. Almanach des Émigrans. Coblentz, de l'Imprimerie des Princes, 1792. Édition originale. Cet almanach obtint un succès considérable, il est orné d'un frontispice gravé : Allusion aux événements du jour. (Grand-Carteret n° 1033). Épigraphe : Jeunes héros, volez où l'honneur vous appelle ; Vengez Dieu, ses Autels, la Noblesse et les lys ; De tous les scélérats purgez votre pays Et revenez brillans d'une gloire immortelle. Frontispice : Allusion politique aux événements du jour. Au bas de la gravure se lit cette légende, en vers : « De la France aujourd'huy voilà la triste Image. Des brigands furieux, l'ont mis toute au pillage. Ils emportent notre Or, laissant des Assignats. Nos cris sont étouffés par des Assassinats. » Et, plus loin, est une longue explication dont voici l'exacte reproduction : « Un grand Hôtel, nommé la France libre, et dont M. Gros-Louis étoit ci-devant propriétaire, est consumé par les flammes. Les Brigands qui y ont mis le feu, profitent du désordre pour piller et voler. Ils pendent même un des serviteurs de M. Gros-Louis, qui vouloit sauver son maître. À la sortie de l'Hôtel, on apperçoit (sic) l'ami Briss… qui, à l'occasion d'un porte-feuille qu'il a brissotté, fait une savante dissertation sur la liberté de la presse. A ses pieds est M. de Montesq… qui rumine ses comptes et son plan des finances sur des sacs d'argent dont il remplit ses poches par distraction. Plus loin, on apperçoit M. Peth… qui, une écharpe à la main, encourage le duc de Ravaillac qui, sauf respect, a fait caca dans ses culottes. À côté, on distingue Chapel… Béribi et Nérouets-Barnav… qui se partagent le numéraire enlevé. Tout près d'eux, Dubois Crossé, qui tient à la main des Croix de St-Louis qu'il a volées, les distribue à des Escrocs, des Joueurs et autresgens de ce calibre. À une des fenêtres de l'Hôtel, on apperçoit le jeune Mathieu de Montmoren… , qui jette des titres de Noblesse. Enfin on voit, dans l'enfoncement, des Sans-Culottes, armés de piques, qui, mourant de faim, crient : Vive la Nation. » Calendrier et épitre dédicatoire au comte d'Artois. Suit la « Galerie des principaux factieux qui déchirent la France », dont quelques-uns se trouvent ainsi martyrisés par les rédacteurs des Étrennes aux Émigrants : Faux Chef, Condorsix, Bis-Sot, Béte-Jon, Dubois-Crossé puis des chansons, bons mots, couplets civiques, le tout se terminant par le testament de Mirabeau et par la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (satire des Droits de l'Homme), avec un article ainsi conçu : « Les dames du Palais-Royal, ci-devant destinées à des services d'utilité publique, sont à la disposition de la Nation ». Cet almanach obtint un succès considérable et fut réimprimé.
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Reference : 19462
L’Almanach royal de 1756 décoré, mosaïqué, aux armoiries aquarellées sous mica du Comte de Saint Florentin, Duc de la Vrillière (1705-1777), promu Garde des Sceaux de Louis XV en cette même année 1756. Provenances : Hans Furstenberg ; Otto Schäfer. In-8 plein maroquin citron, large dentelle dorée ornant les plats, armoiries aquarellées en vert et bleu sous mica au centre ceintes d’une roulette en maroquin mosaïqué rouge, dos lisse orné de pièces d’armes, coupes décorées, roulette intérieure, doublure et gardes de tabis rose, tranches dorées. Reliure décorée, mosaïquée et aquarellée de l’époque. 211 x 132 mm. Almanach Royal, année Bissextile M.DCC.LVI (1756), contenant les Naissances des Princes et Princesses de l’Europe. Les Archevêques, Évêques, Cardinaux, et Abbez commandataires. Les Maréchaux de France… les Trésoriers des Deniers royaux, les Payeurs des Rentes et leurs contrôleurs, la Compagnie des Indes, etc. Paris, Le Breton. L’Almanach décoré, mosaïqué et orné des armoiries aquarellées sous mica du Comte de Saint Florentin, duc de la Vrillière (1705-1777). « Prenez ce même Almanach de 1756, vous y trouverez, en plus de tous les hauts et puissants Seigneurs qui figurent sur le titre, les hôpitaux, l’Hôpital des Petites Maisons avec son amusante nomenclature (il renferme, dit la notice, quatre objets : « le premier, ce sont les quatre cens vieilles gens qui y sont reçus ; le second, les insensez ; le troisième, les malades de la maladie vénérienne qui y sont pansez ; le quatrième, ceux affligez de la teigne qui y sont guériz ») ; - les Tontines depuis celle de 1689 avec toutes ses héritières, 1696, 1709, 1733, 1734, les deux de 1743, 1744 ; - la liste complète des secrétaires du Roi depuis 1702 ; - les banquiers « pour les traites et remises de place en place » (à observer que beaucoup déjà sont suisses ou hollandais) ; - les Censeurs Royaux, personnages d’importance et de nombre qui sont nommés pour la théologie, la jurisprudence, l’histoire naturelle, la médecine et chimie, la chirurgie, les mathématiques, les belles-lettres et l’histoire, la géographie, la navigation et les voyages, les estampes, et atteignent au chiffre de 105 ; - les Académies du Roy pour l’éducation des gentilshommes ; - les experts jurés créés par édit de 1690 ; - les bibliothèques ; - les Médecins de la Faculté de Paris, du Roi (bon nombre sont de la Faculté de Montpellier), de la Reine, de M. le Dauphin, de Mme la Dauphine, du Grand Conseil de la Cour, du Parlement, les Médecins et chirurgiens du Roi au Châtelet, les Médecins et Chirurgiens du roi dans chaque département (militaire) ; - les Chirurgiens, les Maistres en l’art et science de chirurgie de la ville de Paris, depuis 1696, les Apothicaires depuis 1703. Est-ce tout ? Non, voici encore : « Les Pompes du Roy, publiques, pour remédier aux incendies, sans que le Public soit tenu de rien payer, » et les « Guides pour les Cérémonies à observer dans la réception de quelque charge ou emploi que ce soir Robe ou Épée. » Des indicateurs de maintien. Et l’Almanach Royal contient encore quelques renseignements curieux. Sur les agents de change : « Les agens de change s’assemblent tous les jours ouvrables vers le midy à la place de change, joignant la conciergerie du Palais. Le public peut s’adresser à leur clerc qui y demeure, pour faire avertir lesdits Messieurs des billets perdus, lettres de change ou autres billets négociables. » « Louis Phélypeaux, IVè du nom, comte de Saint-Florentin, marquis, puis duc de la Vrillière, marquis de Châteauneuf-sur-Loire, fils de Louis III, marquis de la Vrillière, secrétaire d’État, et de Françoise de Mailly, duchesse de Mazarin, dame d’atours de la reine, naquit le 18 août 1705. Il fut nommé secrétaire d’État et de commandements et finances du roi en survivance de son père le 17 février 1723, entra en fonctions à la mort de ce dernier en septembre 1725 et fut chargé des affaires de la religion réformée, de la maison du roi et de Paris. Pourvu de la charge de commandeur et secrétaire des ordres du Roi le 3 août 1736, élu membre honoraire de l’Académie des sciences en 1740, le comte de Saint-Florentin fut nommé chancelier de la reine le 17 février 1743, ministre d’État le 15 août 1751, commandeur, chancelier, garde des sceaux et surintendant des finances des ordres du roi le 27 juin 1756, membre honoraire de l’Académie des belles-lettres en février 1757, administrateur général de l’ordre du Mont-Carmel et de Saint-Lazare en juillet 1757, puis grand-maître de cet ordre le 18 mai 1758 et enfin créé duc de la Vrillière en 1770, époque à laquelle il cessa de porter le titre de comte de Saint-Florentin ; il se montra l’adversaire déclaré des protestants et de Choiseul, à qui il succéda par intérim au ministère des affaires étrangères de décembre 1770 à juin 1771. Son immense impopularité le força de donner sa démission et de se défaire de toutes ses charges en juillet 1775, peu après l’avènement de Louis XVI. Il mourut à Paris le 27 février 1777, sans laisser de postérité d’Amélie-Ernestine de Platen qu’il avait épousée le 10 mai 1724. » Provenances : Comte de Saint-Florentin (1705-1777) ; Hans Furstenberg au château de Beaumesnil ; Otto Schäfer (7 décembre 1995, n° 4).
Le dernier Almanach royal publié avant la Révolution. Le célèbre Almanach royal de 1789 relié en maroquin de l’époque aux armes du Baron de Montmorency. 2 ouvrages en 1 volume in-16, plein maroquin rouge, armoiries dorées au centre des plats, triple filet doré en encadrement, dos à nerfs orné, coupes décorées, tranches dorées, doublures et gardes de tabis bleu. Reliure en maroquin armorié de l’époque. 110 x 60 mm. Almanach royal Année commune 1789. Suivi de : Extrait de l'État militaire. Année 1789. Paris, 1789. Le dernier Almanach publié avant la Révolution. « L’Almanach, la véritable Bible de l’humanité ; l’almanach, le livre multiforme qui a revêtu tous les aspects, pris tous les formats, tantôt instrument de propagande et de vulgarisation, tantôt petit bijou de luxe ; l’almanach qui, plus que tout autre, garde en lui quelque chose de l’humanité avec ses feuilles de papier blanc destinées à recevoir les pensées, les dates mémorables, qui, longtemps fut le livre de chevet des raffinés et des lettrés ; l’almanach qu’on a pu appeler avec raison le seul livre dans lequel puissent épeler les gens qui ne savent pas lire » (J. Grand Carteret, Les Almanachs français). L’almanach « royal » connaît son apogée sous Louis XIV. Instrument de propagande politique, il relate aussi les événements de la cour, les personnages importants, décrit la mode, l’art, l’architecture. L’Almanach royal de 1789 et l’État militaire de la célèbre année relié en maroquin de l’époque aux armes d’Anne-Léon 1er, baron de Fosseux (ou Fosseuse), premier baron de France et premier baron chrétien, appelé le baron de Montmorency frappées peu après sa mort. Fils de Léon, lieutenant général au gouvernement du pays chartrain, et de Marie-Jeanne de Poussemothe de l'Etoile, il naquit en 1705 et devint successivement brigadier de cavalerie en février 1743, capitaine-lieutenant des gendarmes de la reine en décembre 1744, maréchal de camp en mai 1745, lieutenant général le 10 mai 1748, chevalier des ordres du Roi le 2 février 1749, chevalier d'honneur de Madame Henriette et de Madame Adélaïde en octobre 1750, gouverneur de Salins en octobre 1752 et commandant en chef des provinces de Poitou et d'Aunis le 2l octobre 1771 ; il mourut à Paris le 26 août 1785. Il avait épousé en premières noces, le 11 décembre 1730, Anne-Marie-Barbe de Ville et en secondes noces, le 23 octobre 1752, Marie-Madeleine Gabrielle Charette de Montbert, veuve elle-même en premières noces de Louis de Sérent, marquis de Kerfilis, et en secondes noces d'Henri-François de Bretagne d'Avaugour, comte de Vertus. Sa bibliothèque était des mieux choisies et les volumes en étaient richement reliés. Très bel et précieux exemplaire de l'Almanach royal de 1789 conservé dans son maroquin de l'époque aux armes du baron de Montmorency.
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Le Bréviaire romain in-folio imprimé par Jacob Kerver en 1583, revêtu d’une reliure à la fanfare en maroquin olive de l’époque de grand format (hauteur 405 mm). In-folio de 12 pp., (1) f. bl. et 156 pp – les 10 derniers feuillets de ce second ouvrage sont restaurés avec manque de texte. Maroquin olive, dos et plats couverts de compartiments droits et courbés avec arabesques, volutes et fleurons dorés, tranches dorées, qq. restaurations. Reliure à la fanfare de l'époque. 397 x 265 mm. Breviarum Romanum. Parisiis Apud Jacobum Kerver, 1583. In-folio de 38 feuillets et 1046 pages, complet. Suivi de : Officia sanctorum. Parisiis, 1592. Riche « reliure à la fanfare » réalisée à l’époque, à la fin du XVIe siècle, par l’un des meilleurs ateliers parisiens pour servir de couvrure au bréviaire romain imprimé en rouge et noir par Jacob Kerver à Paris en 1583. Il est orné de 4 gravures à pleine page. La reliure est proche de celle reproduite par Rahir dans « Livres dans de riches reliures. Morgand/ Paris, 1910, n085 ». « Dans le dernier quart du XVIe siècle, les reliures à décor ne représentent plus qu’un champ limité d’activité pour quelques relieurs. Alors qu’elles pouvaient, au milieu du XVIe siècle, constituer un fort noyau d’une bibliothèque, autour duquel pouvait, comme à Fontainebleau, s’articuler l’ensemble, elles ne sont plus désormais que des pièces isolées, sans statut définissable, au sein du système clos de la collection. Elles s’y trouvent plutôt comme des traces des préférences du possesseur pour certains textes ou certains exemplaire choyés, comme, dans le cas des exemplaires offerts, des preuves d’une relation de sentiment ou, plus souvent, de subordination sociale entre celui qui offre et celui qui reçoit. Les plus simple, les semés, sont constitués par la répétition régulière, sur tout le plat, de pièces et meubles, du blason, d’initiales, monogrammes, signes emblématiques tel le S fermé. A l’opposé, les décors dits « à la fanfare » offrent leurs sinuosités, leurs dorures denses, leurs compositions complexes dont on peut extraire une structure déterminante formée par un réseau de « rubans » qui, partant d’un ovale central et s’enlaçant, fragmentent la surface des plats en compartiments de formes variées. Une analyse plus fine a montré qu’il fallait faire intervenir sept éléments pour donner une définition complète du type : sept éléments qui semblent avoir été le plus souvent ressentis par les relieurs comme des obligations acceptées et même légitimées, presque des articles d’un règlement tacite. Les « fanfares » furent répandues de 1560-1570 jusque vers 1620 et, ainsi, elles peuvent être considérées, avec les autres compositions à base de feuillages, comme la manifestation, dans la reliure, de certaines tendances de l’art baroque. Une question doit être posée à ce propos : comment concilier l’opposition si flagrante entre l’austérité, la stabilité des semés et la luxuriance, le mouvement des fanfares. Comment les mêmes relieurs et les mêmes clients peuvent-ils mettre en œuvre leurs pratiques et leurs goûts dans deux styles aussi différents ? Les semés doivent être considérés comme une forme particulièrement élaborée de la reliure d’amateur pour laquelle l’appartenance, manifestée ou dissimulée, est primordiale, tandis que les fanfares sont, pendant plus d’un demi-siècle, le modèle presqu’unique de la reliure à décor » (Jean Toulet). Superbe reliure à la fanfare en maroquin olive de l’époque de grand format.
reliure d'époque
Le Cabinet du Roi, outil artistique et politique de diffusion par les estampes de la magnificence et de la gloire de Louis XIV, fut créé en 1667 par Jean-Baptiste Colbert. 7 somptueux volumes in-folio ornés de 161 estampes reliés en maroquin rouge armorié de l’époque. [Cabinet du roi]. Ensemble de sept volumes d’estampes témoignant des fastes du règne de Louis XIV. 7 volumes in-folio de différentes tailles reliés uniformément à l’époque en maroquin rouge à la Duseuil aux armes de Louis XIV (OHR, pl. 2494, fer n° 10 ; dimensions du bloc armorié : 128 x 105 mm, le plus grand des quatre formats cités par OHR), dos à nerfs ornés de caissons fleurdelisés au chiffre royal (OHR, pl. 2494, fer n° 21), plats ornés d’un double encadrement de triple filet doré, chiffre royal aux angles de l’encadrement intérieur, armes royales au centre, roulette sur les coupes et les contre plats, tranches dorées. Remarquable ensemble de célèbres estampes émanant du cabinet du roi, en premier tirage. Le Cabinet du Roi, outil artistique et politique de diffusion par les estampes de la magnificence et de la gloire de Louis XIV, fut créé en 1667 par Jean-Baptiste Colbert et arrêté en 1683 à la mort de ce dernier. Cette entreprise monumentale, regroupant au total 956 matrices, avait pour vocation d’exalter la personne du roi, de magnifier ses fêtes et divertissements, de montrer les bâtiments royaux, d’exposer les collections artistiques du roi et de promouvoir les sciences et arts. Les estampes parurent d’abord séparément, en divers formats avec des explications imprimées. Puis à partir de 1670, elles furent réunies en recueils, dont certains exemplaires furent luxueusement reliés en maroquin rouge, comme ici, pour être offerts aux souverains étrangers et aux grands personnages de l’entourage royal. Enfin, elles furent publiées de manière homogène dans un recueil intitulé Cabinet du Roi, comportant 23 volumes tous de même format grand-aigle, exécuté par l’Imprimerie royale en 1727. - Les plaisirs de l’isle enchantée, ou les festes, et divertissements du Roy, à Versailles, Divisez en trois journées, et commencez le 7.me Jour de may, de L’année 1664. [Paris, Imprimerie royale, 1673]. In-folio (530 x 370 mm), 20 planches montées sur onglets dont titre illustré (275 x 420 mm), gravées par Israël Silvestre, Chauveau et Le Pautre. Cet album célèbre immortalise la première des grandes fêtes données à Versailles par Louis XIV, six jours de réjouissances fabuleuses du 7 au 13 mai 1664 en l’honneur d’Anne d’Autriche et de la reine Marie-Thérèse sur le thème romanesque de la magicienne Alcine tenant prisonniers en son palais Roger et ses preux chevaliers. En réalité, la fête était dédiée à Mademoiselle de La Vallière, maîtresse du roi. Les gravures restituent les grands moments de ces festivités : défilé équestre, course de bague, ballet sur le thème des quatre saisons, somptueux festin, feux d’artifice et illuminations des jardins de Versailles, etc. - [Perrault, Charles et Fléchier, Esprit]. Festiva ad Capita Annulumque Decursio, a Rege Ludovico XIV Principibus, summisque aulae proceribus edita anno M DC LXII. Scripsit Gallicè Carolus Perraul. Latine reddidit, & Versibus Heroïcis expressit Spiritus Fléchier. Paris, Imprimerie royale, 1670. Grand in-folio (420 x 545 mm), (5) ff. (faux-titre, titre-frontispice avec portrait du roi, titre avec vignette aux armes royales, épître dédicatoire au dauphin), 105-(1) pp. contenant 40 planches dont une double, et 7 planches doubles montées sur onglets dont 3 dépliantes. - Tapisseries du Roy, où sont représentez les quatre élémens et les quatre saisons. Avec les devises qui les accompagnent, et leur explication [relié en 2 volumes]. Paris, Sébastien Marbre Cramoisy, 1679. 2 volumes in-folio dont un volume de texte (428 x 284 mm) : titre et (13) feuillets paginés 1-82, et un volume de planches (530 x 390 mm) : titre-frontispice, titre à encadrement gravé, 4 planches doubles des tapisseries des quatre éléments, 8 planches d’emblèmes à 2 figures chaque, titre gravé à encadrement, 4 planches doubles de tapisseries des quatre saisons, 8 planches d’emblèmes à 2 figures chaque, et 4 planches doubles représentant l’alliance entre la France et les Suisses, le siège de Douai, la défaite des Espagnols à Bruges et le siège de Tournay. Le volume de texte contient également : [Le Jeune de Boulencourt]. Description générale de l’Hostel Royal des Invalides établi par Louis Le Grand dans la Plaine de Grenelle près Paris. Paris, chez l’auteur (imprimé par Gabriel Martin), 1683. (8)-51 pp. Sans le frontispice et les planches. - [Louvre et Thuileries (titre au dos)]. In-folio (490 x 345 mm), 40 planches dont 11 plans ou vues doubles ou dépliants et 29 planches, dont un titre-frontispice, de la suite des Ornemens de peinture et sculptures qui sont dans la galerie d’Apollon au Chasteau du Louvre et dans le grand appartement du Roi au Palais des Tuilleries. Les 40 estampes de plans architecturaux, vues panoramiques animées et ornements décoratifs furent gravées par Bérain, Scottin, Silvestre, Chauveau, Le Moine, d’après Israël Silvestre et Sébastien Le Clerc. - [Maisons royales (titre au dos)]. In-folio (495 x 360 mm), 26 planches datées 1666 à 1682, montées sur onglets, dont 8 plans doubles ou dépliants, 15 vues doubles ou dépliantes, 2 plans et une vue. Ce recueil de planches seules est consacré aux maisons royales : Palais-Royal, château de Vincennes, château de Madrid, de Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau et Monceaux, etc. Il compte 8 plans doubles ou dépliants, 15 vues animées doubles, 2 plans et une vue par Israël Silvestre. Provenance de ces 6 volumes : Paul Louis Weiller (ex-libris). Avec un septième volume en reliure similaire : Félibien des Avaux, André. Relation de la Feste de Versailles. Du 18 Juillet mil six cens soixante-huit. Paris, imprimerie royale (Sébastien Marbre Cramoisy), 1679. In-folio (430 x 282 mm), 43 pp. (dont titre), 5 planches doubles. Maroquin rouge à la Duseuil aux armes de Louis XIV, dos à nerfs orné. (minuscules trous de vers au mors supérieur, très légers frottements). Premier tirage des 5 spectaculaires planches doubles gravées par Jean Le Paultre. Provenance : Baron Horace de Landau (ex-libris gravé et cote n° 208). Références : Marianne Grivel, « Le Cabinet du Roi », Revue de la Bibliothèque Nationale, n° 18, 1985, pp. 36-57 ; André Jammes, « Louis XIV, sa Bibliothèque et le Cabinet du Roi », The Library, Fifth Series, vol. XX, March 1965 ; Georges Duplessis, « Le Cabinet du Roi », Paris, Bachelin, 1869 ; Brunet I,1442-1444.
L’une des plus célèbres reliures à la fanfare de la bibliothèque R. Esmérian réalisée vers 1584 par Clovis Eve. In-8, maroquin fauve, plats et dos recouverts d’un décor à la fanfare, nom du possesseur Martial Dusault frappé en or dans le médaillon central, tranches dorées. Reliure de l’époque attribuée à l’Atelier de Clovis Eve (1584-1635). 157 x 108 mm. Catéchisme et sommaire de la religion chrestienne, fait par l’ordonnance et décret du S. Concile de Trente, qui commande à tous curez de l’enseigner au peuple. Auquel est adjouté un Indice… La traduction françoise respond au latin qui est à costé. Bourdeaus, S. Millanges, 1583. Précieuse édition publiée anonymement quant à la traduction, qui doit être de Jean Gillot comme celle donnée par le même imprimeur en 1578. (Desgraves, Bibliographie de Simon Millanges, n° 56). Charmante vignette gravée sur bois au titre, représentation de l’Annonciation. Exemplaire réglé, dans une très belle reliure à la fanfare attribuée à l'Atelier de Clovis Eve (1584-1635). Fils de Nicolas Eve, Clovis Eve, libraire, relieur et doreur, reprend à sa majorité en 1584 l’atelier paternel, de même qu’il est nommé relieur du roi, charge dont il est titulaire au moins du 13 janvier 1584 à fin mai 1633. C’est à ce titre qu’il exécute les commandes de l’Ordre du Saint-Esprit dont il reste l’interlocuteur privilégié jusqu’à sa mort. Il connaît une remarquable longévité puisque son activité couvre près de quarante années d’exercice, au cours desquelles il propose aussi bien des reliures à semé que des reliures à décor de petits fers dit « à la fanfare ». « L’honneur est grand, qu’a bien voulu me faire M. Raphaël Esmerian lorsqu’il m’a demandé de présenter ici sa collection. Certes, nombre de ces volumes sont déjà connus, pour avoir figuré, d’abord dans les ventes les plus fameuses, puis à la mémorable exposition The History of Bookbinding, organisée en 1957 à Baltimore par Miss D. Miner, et aussi à New York, en 1966, à une autre exposition, Bookbinding styles during the Renaissance in France, que M. Esmerian réalisa lui-même, au moyen des seules ressources de sa bibliothèque, pour nos collègues du Grolier Club. Nul cependant, si je ne me trompe, fût-il des intimes de ce grand amateur, n’a eu jusqu’à ce jour l’occasion qui va s’offrir aux habitués du Palais Galliera, d’admirer côte à côte, à l’occasion de six ventes successives, les pièces qui composent cette collection. Et s’il est dans les annales de la bibliophilie d’autres ventes célèbres, on peut, tout bien pesé, se demander s’il s’en est trouvé en France depuis plus d’un siècle, qui réunisse pareil ensemble de livres, je veux dire un ensemble aussi considérable de livres aussi beaux que ceux-là, choisis avec un goût aussi éclairé, avec une pareille exigence comme avec une science aussi sûre, et dont le catalogue - on en jugera surtout par celui qui groupe les livres du XVIIe siècle – apporte aux meilleurs connaisseurs de la reliure française, des révélations d’une importance exceptionnelle » (Jacques Guignard, conservateur en chef de la Bibliothèque de l’Arsenal). Ex-libris manuscrit daté 1726 sur le titre, en partie raturé. Des bibliothèques Horace de Landau (1948, n° 35), Hely-Hutchinson (1956, n° 206) et Raphaël Esmérian (I, 1972, n° 45). Une seconde reliure à la fanfare de R. Esmérian plus modeste (126 x 82 mm), est passée le 11 octobre 2023 dans la vente Kimball Brooker chez Sotheby’s New York, décrite sous le n° 84, elle fut raisonnablement adjugée 20 320 USD.
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Première édition complète, en partie originale, des « Chroniques de Frances » imprimée en 1517-1518. Récit essentiellement littéraire, historique et mythique, les Grandes Chroniques ont fixé en langue vernaculaire la mémoire dynastique et constituent par là même l'un des livres de langue française les plus importants de notre espace culturel. 4 volumes in-folio de : I/ (12) ff., 267 ff., (1) f. ; II/ (8) ff., 156 ff., 116 ff. ; III/ (8) ff., 210 ff. ; IV/ (16) ff., 290 ff. (mal chif. 288 ff.), 80 ff. Maroquin bordeaux, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné d'un décor à la fanfare, double filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures, petite restauration marginale au coin d'un feuillet. Reliure signée Marius Michel. 259 X 188 mm. Chroniques de France. Le premier [second, tiers, quatrième] volume de la mer des hystoires et croniques de France. Paris, Galliot du Pré, Michel Lenoir et Jehan Petit, 1517- 1518. Complet. Première édition complète en partie originale des « Chroniques de France » dites de « Saint-Denys » imprimées pour la première fois à Paris en 1476, « le premier livre français connu imprimé à Paris avec date », précise Brunet (I- 1868). Outre leur intérêt iconographique, Les chroniques de France présentent un intérêt capital pour l’histoire littéraire et linguistique de la France et participent à l’œuvre fondatrice de la nation française ; elles sont à ce titre très prisées des Institutions Publiques nationales et internationales. Sous le titre de Grandes Chroniques de France, on désigne une vaste œuvre littéraire et historique, élaborée en plusieurs étapes entre le XIIIè et le XVè siècle, en majeure partie à l'abbaye de Saint-Denis. Le recueil complet retrace l'histoire des rois de France depuis les origines mythiques troyennes jusqu'en 1461. Au commencement on trouve le Roman des rois que Primat, moine de Saint-Denis, offrit à Philippe III le Hardi en 1274, témoin de l'intense activité historiographique qui se manifestait au monastère depuis le début du XIIè siècle ; deux manuscrits le conservent, l'un du début du siècle, l'autre du milieu. C'est ce dernier manuscrit, l'actuel Paris, BN, latin 5925, qui servit principalement à Primat, comme on le sait depuis les recherches de J. Viard. Il contient ce qu'on appelle communément la compilation d'Aimoin, c'est-à-dire l'œuvre propre d'Aimoin de Fleury ou Historia Francorum, suivie d'une continuation assimilant des chroniques entières ou fragmentaires, ajoutées à différentes époques ; le corpus utilisé par Primat comprend des œuvres telles que les Gesta Dagoberti, les Annales royales, la Chronique dite du PseudoTurpin, les Annales Bertiniani, la Vie de Louis VI de Suger, dont certaines sont caractéristiques d'un apport dionysien. Primat a mené son travail jusqu'à la fin du règne de Philippe Auguste. Son entreprise a été précédée, quelque cinquante ans plus tôt, vers 1220-1230, par une Chronique des rois faite à partir de la traduction d'un corpus de textes presque identique, par un moine resté anonyme et inconnu - était-il de Saint-Denis ou de Saint-Germain-des-Prés ? -, tentative dont témoignent seulement deux manuscrits. Cet essai, toutefois est le signe de l'engouement que le public laïc manifeste à l'aube du XIIIè siècle pour les récits historiques en prose et en langue vernaculaire. Primat a connu et utilisé la traduction de l'anonyme, dont il a parfois repris les termes mot pour mot, mais il l'a souvent améliorée, en supprimant redites et retours en arrière, en faisant appel à de nouvelles sources, en ajoutant des renseignements complémentaires. A la suite de ce pionnier dont il a repris le plan, y ajoutant son propre dessein, ou du moins celui de son commanditaire, le roi saint Louis - établir une généalogie qui légitime le pouvoir en place -, il a fait œuvre originale, réalisant une histoire autant nationale que royale, dans laquelle il est question non seulement du roi et des barons, mais aussi des Français. Il y a imprimé sa marque, en mettant l'accent sur le rôle de Saint-Denis et en redisant l'autorité morale de l'histoire. Sous Charles V, un changement se produisit dans la rédaction des Grandes Chroniques. Le roi, en effet, ne fit pas appel aux moines de Saint-Denis pour relater le règne de son père, Jean le Bon, et le sien ; il s'adressa à son chancelier Pierre d'Orgemont, qui écrivit - ou fit écrire - une sorte de journal officiel, un long plaidoyer qui rappelle sèchement les faits -, publiant de façon abrupte les documents. Charles V donna ordre de recopier et d'illustrer de façon luxueuse la dernière version dionysienne, qui allait jusqu'en 1350, à laquelle il fit ajouter le texte du chancelier continué jusqu'en 1379. Il imposa sa marque personnelle à l'ouvrage : dans cette période troublée, il s'agissait de montrer la grandeur de la France par rapport à l'Angleterre et à l'Empire, d'affirmer la légitimité des Valois. Pour cela le texte fut révisé, l'illustration remaniée et complétée. Cette version des Grandes Chroniques, munie d'un ajout pour les années 1379 et 1380, eut un succès immédiat et considérable. Une dernière étape présente le texte des Grandes Chroniques dans leur édition de 1380, auquel s'ajoutent le texte qu'on attribue à Jean Juvénal des Ursins pour les années 1380-1402, celui de Gilles le Bouvier dit le Héraut Berry pour 1402-1422, et enfin l'histoire du règne de Charles VII par Jean Chartier, religieux et chantre de Saint-Denis, qui fut la dernière production de l'école historiographique dionysienne. Louis XI, en effet, déposséda l'abbaye de Saint-Denis de sa charge royale en transférant l'office à Jean Castel, moine de Cluny et abbé de Saint-Maur-des-Fossés. C'est un de ces manuscrits continués jusqu'en 1461 que reproduisit Pasquier Bonhomme dans son édition de 1476, qui est la première édition imprimée des Grandes Chroniques. « Dans cette édition, les chroniques de St-Denis sont précédées d’une introduction qui commence à la création du monde ; en sorte que le premier volume ne va que jusqu'au règne de Pépin, comme on le voit dans la souscription ainsi conçue : Cy fine le premier volume de la mer des hystoires et croniques de France. Extraict en partie de tous les anciens croniqueurs qui ont escript puis la creation du monde, des faictz e gestes des Francoys, et dont ils sont descèdus, jusqnau tèps de Pepin. Et fut acheve de imprimer le dernier iour Doctobre Mil cinq cens et dix sept, pour Galliot du Pré… Le premier volume a 12 ff. préliminaires pour le titre, le prologue et la table des chapitres, CClxvij ff. chiffr. ; et un f. portant la marque de Galliot du pré. Le second volume contient 8 ff. préliminaires et C xvi ff. chiffr. ; le recto du dernier feuillet porte la marque de Michel Le Noir, libraire, qui est désigné comme imprimeur de ce volume, dans la souscription datée de lan mil cinq cens XVII. le XXIX iour doctobre. Le 3è volume renferme 8 ff. préliminaires et ccx ff. chiffr. ; le verso du dernier porte la marque de Jean Petit. Dans le 4ème volume daté du mercredy dixiesme iour de Mars Lan mil cinq cens et xviii., et qui s'arrête à l'année 1516, il y a 16 ff. préliminaires, cc lxxxviij ff. de texte ; plus le règne de Charles VIII et Louis XII, des rois d'Angleterre, des papes et des empereurs, l'histoire des schismes et conciles, et commencement du règne de François Ier, ff. 1 à lxxx. » (Brunet). Cette précieuse édition en partie originale est la première complète. Elle est à ce titre très recherchée. « Première édition des Chroniques de France augmentée d’une histoire des règnes de Charles VIII et de Louis XII, des rois d'Angleterre, des papes et des empereurs, des schismes et des conciles. Elle se prolonge jusqu'aux premières années du règne de François Ier, constituant ainsi la plus vaste histoire de l'Occident jamais publiée à l'époque » (Bechtel). Belle impression en caractères gothiques à deux colonnes, ornée d'une grande initiale grotesque sur chaque titre. Nombreuses lettrines historiées à fond criblé. Au verso de ce titre ou en tête se trouve un grand bois à pleine page représentant le baptême de Clovis et la bataille de Tolbiac. Ce bois est répété au tome I, au début du tome IV. Une copie très proche de ce bois au tome III (cf Harvard). Le second volume comporte 21 bois et le troisième 10 bois, de la largeur d'une colonne, provenant du fond de Michel Le Noir. A la fin des trois premiers volumes on trouve respectivement les marques de Galliot du Pré, Michel le Noir et Jehan Petit. Superbe exemplaire agréablement relié par Marius Michel dans le goût des reliures de la renaissance française. « Les Grandes Chroniques ont eu au Moyen Age un succès considérable. Récit essentiellement littéraire, historique et mythique, matrice d’une histoire monarchique, chrétienne, française et par là déjà nationale, elles ont fixé en langue vernaculaire la mémoire dynastique et constituent par là même l’un des livres de langue française les plus importants de notre espace culturel. »
Reference : 18909
Édition originale de la Coutume de Paris, de la Coutume du Canada et de la Coutume de Louisiane achevée d’imprimer le 13 mai 1513. Précieux exemplaire du roi Louis XII (1462-1515), imprimé sur peau de vélin, revêtu en 1513 d’une reliure aux décors dorés, argentés et à froid ornée de ses armoiries. Provenance : Louis XII, roi de France ; Robert Perrier (ambassadeur d’Angleterre) ; André Hurault, Sieur de Maisse (1539-1607). Grand in-8 goth. (4) ff, texte sign. a-f par 8 et g par 4, le verso du dernier f. est blanc. Sur le titre la marque de Jean Petit au 2e f. le privilège. Au commencement du texte il est dit que la publication de ladite coutume a été encommencée à faire le xxvij jour de mars lan mi cinq cent dix avant pasques, mais la permission d’imprimer est du 13 mai 1513 et porte défense de vendre ce livre plus de trois sous tournois en blanc, et relié plus de quatre sous. Plein maroquin brun, décors à froid et argenté autour des plats avec jeux de filets et diverses roulettes d’encadrement dont une fleurdelysée, armoiries du roi Louis XII frappées or au centre des plats. Reliure royale de 1513 endommagée avec manque, non restaurée. 176 x 122 mm. Coustumes (les) generalles de la preuoste et viconte de Paris ; Et sont les dictes coustumes a vendre a Paris rue sainct jaques a lenseigne de la fleur de liz dor en lhostel de Jehan petit. Et au palais par Guillaume eustache… Avec le privilège de messieurs de Parlement.(sans date). Paris, 27 mars 1510-13 mai 1513. Exceptionnel exemplaire royal imprimé sur peau de vélin, conservé dans sa reliure de 1513 en maroquin décoré aux armes de Louis XII (1462-1er janvier 1515). Edition originale de La Coutume de Paris et de La Coutume du Canada. « Cet ancien texte de la Coutume de Paris se trouve difficilement : il en a été tiré des exemplaires sur vélin », écrivait déjà Brunet en 1865. “French customary law - private law - rested, to the end of the 15th century, on the substantial evidentiary value invested in the oral testimony of community members. To clarify and stabilize local usages, the crown enjoined the three estates of every jurisdiction to codify their legal traditions in writing for royal approval and publication. By 1506 the estates at Paris were well at work on the present document, which appears here for the first time protected by royal privilege. The one hundred ninety-nine articles occupy half the volume. The other half preserves the estates’ debates (procès-verbal) of seigneurial and tenant rights, inheritance, land sales, servitudes, family law, marriage, children’s rights, debts, guardianship and property (common walls, chimneys, windows, latrines…). This edition figures among the first in France to bear a privilege temporally restricting competition (here for two years). The custom of Paris was imposed on Canada in 1663 and Louisiana in 1712. The Coutume de Paris came closer than any other to being a national law code for old regime France” (Johnson). « Les lettres patentes données par Louis XII à Paris, le 21 janvier 1510, ordonnent la révision et l’approbation des coutumes du royaume, prévoient que les articles seront discutés contradictoirement. Les cahiers déjà préparés sont alors soumis à l’examen des commissaires en assemblée pour qu’ils entendent les objections présentées très librement. Les articles accordés par l’ensemble de l’assemblée ou par la plus grande et saine partie de celle-ci, sont publiés pour coutumes et les articles discordés renvoyés devant la cour de justice pour être ordonnés comme de raison. En fait entre la rédaction et la réformation, les articles ne sont pas toujours examinés, plusieurs d’entre eux se retrouvent dans la coutume, ce qui justifie amplement la nouvelle rédaction. Un exemplaire du cahier est déposé par les commissaires au greffe du parlement pour enregistrement et ainsi donner force de loi au texte rédigé. Le délai peut aller jusqu’à un an. Un autre exemplaire portant leur signature, celle du lieutenant général ou du lieutenant particulier et celle du greffier du bailliage concerné, est conservé au greffe de ce siège ». Cette loi coutumière de la prévôté et du vicomté de Paris, rédigée en 1510, révisée en 1580, fut introduite en Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés en 1627. En 1664, en vertu de l’édit royal créant la Compagnie des Indes occidentales, la Coutume de Paris devient l’unique code de loi de la colonie. La Coutume de Paris a joué un rôle fondamental dans la définition de l’identité des Québécois. Elle a d’abord formé le cœur de ces « lois et coutumes » qu’ils s’efforcèrent de défendre après la Cession de 1763. Puis, malgré des transformations successives du système juridique, elle a laissé son empreinte, dans l’esprit ou dans la lettre, jusque dans le Code civil du Québec et la structure légale du Canada. Les historiens et les historiens du droit canadiens qui évoquaient la coutume de Paris insistaient généralement sur son caractère à la fois égalitaire et familial. Elle aurait été un instrument juridique et culturel propre à forger la société de petits propriétaires paysans que semblait avoir toujours été le Québec. Elle aurait également expliqué, en partie, la longue persistance d’une économie agraire traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent. Précieux exemplaire imprimé sur peau de vélin, revêtu en 1513 d’une reliure aux armes de Louis XII au décor argenté et doré. « Le décor de cette reliure – nullement influencé par l’ornementation Alde – offre la particularité de comporter, parmi des fleurons à froid, d’autres fleurons poussés en argent. Avec le temps, l’argent a pris une teinte noirâtre ; le vieillissement rapide de ce métal - l’argent en feuilles noircit en quelques mois - n’a pas incité les artisans à poursuivre dans cette voie : les reliures décorées à l’argent sont peu nombreuses. Parmi un décor de fers géométriques représentant des damiers trapèzes – disposés en bandes verticales et en encadrement – ont été poussées les armes du roi » (Yves Devaux). Louis XII, dit le Père du Peuple, fils de Charles, duc d’Orléans et de Milan, comte de Valois, et de Marie de Clèves, sa troisième femme, et arrière-petit-fils de Charles V, naquit à Blois le 27 juin 1462 et reçut le titre de Duc d’Orléans en 1465 à la mort de son père. En 1476, il épousa Jeanne de France, duchesse de Berry, fille de Louis XI, puis lutta contre sa belle-sœur, Anne de Beaujeu, qui le fit enfermer pendant trois ans de 1488 à 1491 à Lusignan et à Bourges. Il se montra ensuite fidèle à Charles VIII avec qui il fit campagne en Italie. À la mort de ce dernier (7 avril 1498), il monta sur le trône et fut sacré à Reims le 27 mai 1498. Il fit annuler son mariage le 12 décembre de la même année, pour cause de parenté, afin d’épouser le 8 janvier 1499, dans un but politique, Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII : et celle-ci étant morte le 9 janvier 1514, après avoir donné à Louis XII deux fils morts jeunes et deux filles, dont l’une, Claude devait épouser François 1er, le roi prit pour troisième femme, le 9 octobre 1514, Marie d’Angleterre, fille d’Henri VII, mais il mourut, lui-même, peu après, à Paris, au Palais des Tournelles le 1er janvier 1515. Louis XII, malheureux dans ses expéditions en Italie où il perdit finalement Naples et le Milanais, qu’il avait un moment conquis et sur lesquels il avait des droits, réunit à la Couronne l’Orléanais et le Valois. Passionné pour les choses de l’esprit, il aimait beaucoup les livres ; il augmenta la bibliothèque formée par son aïeul et par son père au château de Blois d’une partie des volumes appartenant aux Visconti et aux Sforza, après la conquête du Milanais, et de la riche bibliothèque de Louis de Bruges, sire de Gruthuse. Il fut semble-t-il le premier roi de France qui fit usage d’armoiries frappées sur ses volumes. Ses reliures reproduisent les armes de France. « Il est inutile de souligner l’excessive rareté de ces marques de reliure qui sont parmi les plus anciennes connues » (Olivier-Hermal). Provenances : Louis XII (1462-1515) ; Robert Perrier (Ambassadeur d’Angleterre) ; André Hurault, sieur de Maisse (1539-1607). Réf : Brunet II-382-383 ; Yves Devaux ; Olivier-Hermal ; Johnson, « La Coutume de Paris: Louisiana’s First Law » in Louisiana History: The Journal of the Louisiana Historical Association 30 (199) 145-55; Dawson, “The Codification of the French Customs” in Michigan Law Review 38 (1940) 765-80; Gouron & Terrin, Bibliographie des coutumes de France 1552 ; BM STC 338; Moreau, Inventaire chronologique des éditions parisiennes II: 552 ; Armstrong, Before Copyright: The French Book-Privilege System 1498-1526 43, 74, 172 & 247; Guignard, “L’Atelier des reliures Louis XII (Blois ou Paris ?) et l’atelier de Simon Vostre » in Studia bibliographica in honorem Herman de La Fontaine Verwey (1966) 202-239 (tools A, K & G) & pl. II, 12-13; BP16 102207; USTC 26251.
Édition originale rare et précieuse du « plus beau livre d'Entrée des rois de France qui ait été publié » (Ruggieri). Édition originale du sacre et couronnement de la reine Catherine de Médicis. Deux ouvrages en 1 volume in-4 de (38) ff. et 11 gravures, (12) ff., le dernier blanc. Maroquin aubergine, riche décor aux armes et chiffre du roi Henri II frappées or sur les plats avec fleurs de lys et chiffre H couronné, dos à nerfs orné de filets or et à froid, filet or sur les coupes, triple filet or intérieur, tranches dorées. Reliure du XIXè siècle. 227 X 160 mm. [Entrée du roy Henri II]. C'est l'ordre qui a este tenu a la nouvelle et joyeuse entrée, que… le Roy treschretien Henry deuzieme de ce nom, à faicte en sa bonne ville & cité de Paris le sezième jour de Juin MDXLIX. (1549). Paris, Roffet, 1549. Suivi de : C'est l'ordre et forme qui a este tenu au Sacre & Couronnement de treshaulte & tresillustre Dame Catharine de Medicis, Royne de France, le X jour de juin. MDXLIX. Paris, Roffet, 1549. Édition originale rare et précieuse du « plus beau livre d'Entrée des rois de France qui ait été publié » (Ruggieri, 245). Édition originale du sacre et couronnement de la reine Catherine de Médicis. Fairfax Murray French, 150 ; Du Colombier, Jean Goujon, p. 67-71, planche LVI-LVII ; Vinet, 471 ; Picot Rothschild, IV, 3114 ; Mortimer French, 202l ; Watanabe,1602. Relation de l'Entrée solennelle à Paris d'Henri II en et de Catherine de Médicis en 1549, deux ans après l'avènement du roi qui succédait à son père François Ier, mort en 1547. Le premier ouvrage décrit la cérémonie de l'Entrée, le second relate le sacre de la reine, six jours auparavant, à Saint-Denis. En marquant la liquidation de la succession de François Ier, l'événement revêtait une importance politique considérable. La ville de Paris lui donna une solennité particulière, n'épargnant aucun effort pour en souligner le caractère majestueux : les décors et les édifices furent dessinés et construits sous la direction des plus grands artistes, sans doute Jean Cousin, Jean Goujon et Philibert de l'Orme. La coutume des entrées solennelles de souverains dans une ville, et principalement dans une capitale, remonte à la plus haute Antiquité et s'est poursuivie pratiquement à toutes les époques. Sauf quelques exceptions, ce n'est qu'à partir de 1515, lors de l'Entrée de Charles-Quint à Bruges, que celles-ci auraient donné lieu à des relations imprimées illustrées (von Arnim, Fünf Jahrhunderte Buchillustration, p. 91). Ce beau et rare livre illustré conserve le souvenir des plus belles décorations architecturales du seizième siècle et décrit la magnificence de cette Entrée royale. Le texte, attribué à Hardouyn Chauveau par une inscription ancienne dans l'exemplaire Soleinne, serait dû, selon V.L. Saulnier, Les Fêtes de la Renaissance, I, pp. 31-59, au traducteur de Serlio, de Vitruve et de l'Hypnerotomachia Poliphili, l'écrivain Jean Martin, assisté, pour les inscriptions sur les monuments, du poète Thomas Sebillet. Les onze planches sur bois, hors et dans le texte, qui décorent l'ouvrage, en partie signées d'une croix de Lorraine, ont été attribuées aux plus grands artistes. Par la perfection de leur gravure et l'élégance de leur dessin, exemples parfaits du style Henri II dans son expression parisienne la plus raffinée, elles passent pour l'un des chefs-d’œuvre de l'illustration française du seizième siècle. La question reste évidemment ouverte de savoir si ces gravures traduisent les dessins ayant servi à élever les monuments de la réception ou si elles en restituent seulement l'aspect. La décoration de ces planches comporte à deux endroits au moins, au pont de Notre-Dame et à la construction flanquant le Beautreillis, le monogramme de Diane de Poitiers ; son emblème, le croissant, qui pourrait passer pour un motif décoratif, figure à plusieurs autres endroits, mais sur ces deux constructions son chiffre s'étale complaisamment à côté, voire à la place, de celui du roi ; le texte mentionne les monogrammes au H du roi mais reste muet sur ceux de sa maîtresse, âgée de cinquante ans, qui figurait dans le cortège de la reine sous son nouveau titre de duchesse de Valentinois. La relation décrivant le sacre de la reine à Saint-Denis mentionne expressément la duchesse de Valentinois à qui fut offert, après la cérémonie, un cierge auquel estoyent attachés les dictes treize pieces d'or. L'influence stylistique de cette illustration soulève diverses interrogations : on remarque l'apparition, dans le décor de l'obélisque au rhinocéros, de hiéroglyphes français qu'on ne reverra que sept ans plus tard dans l'Orus Apollo ; on a également voulu voir dans l'ornement de la cuirasse du capitaine de la garde une des origines du motif des reliures dites « à la fanfare » (A. Hobson, Reliures « à la fanfare », 6, et Michon, La Reliure française, P. 78). L'ouvrage est orné de 11 gravures à pleine page attribuées à Geoffroy Tory par Fairfax Murray et à Jean Goujon par Brun (Le livre français illustré de la Renaissance, page 179-180). « Jacques Roffet, a imprimé en 1549 une pièce très précieuse intitulée : C’est l'ordre qui a été tenu a la nouvelle et joyeuse entree que… le roy tres chrestien Henry deuxiesme de ce nom a faicte en sa bonne ville et cité de Paris le seziesme iour de iuing M.D.XLIX. Les gravures ont été attribuées à Geofroy Tory et le dessin est digne de lui ou plutôt de Jean Cousin » (A.F. Didot, Essai sur la gravure sur bois, Colonne 168). « Deux autres tirages furent donnés la même année, l'un à l'adresse de Jehan Dallier avec l'emblème de Roffet, l'autre portant l'adresse de J. Dallier et sa marque « Les caractères typographiques et les initiales ornées diffèrent et le tirage des bois est moins bon » (Brun, p. 180). Précieux et superbe exemplaire appartenant au premier tirage décrit par Rahir, en 38 pages avec le titre au nom de Rosset, de l’un des plus beaux livres français à gravures sur bois. L’exemplaire Harth, de second tirage, fut vendu 115 000 F (il y a 31 ans à l’Hôtel Drouot) (Vente du 20 novembre 1985, n°64).
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Reference : 19327
La cour et les réceptions des ambassadeurs d’Henri III à Louis XIV. Passionnant et émouvant témoignage historique, ce beau manuscrit est conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de Guillaume Dubois (1656-1723), Ministre d’Etat du roi Louis XV. « Les livres portant ces armoiries sont extrêmement rares » (Edouard Rahir, Quatrième Partie, n°1012). In-folio de 133 ff. Veau marbré, triple filet à froid encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs richement orné, pièce de titre en maroquin rouge, coupes décorées, tranches jaspées. Reliure du XVIIe siècle. 369 x 240 mm. Extrait du règlement donné par Henry III au mois d’aoust 1578. L’ordre que le Roy veut etre tenu par les Ambassadeurs. S. l., n. d. Passionnant et émouvant témoignage historique, ce beau manuscrit alterne descriptions de réceptions, telle que la célèbre réception des ambassadeurs du roi du Siam à Versailles le 18 juin 1686 et journal historique. Henri III qui affirmait n’avoir « rien plus à cœur ni plus recommandé de la Reyne sa mère (Catherine de Médicis) que de remettre le royaume en son ancienne forme de dignité et splendeur » réglementa le cérémonial de la Cour à trois reprises, en 1578, 1582 et 1585. Catherine de Médicis a conscience du formidable instrument politique que représente l’étiquette dans la restauration de l’image du pouvoir royal et conseille à ses fils de mettre en place un cérémonial minutieux. Dès son retour de Pologne et son accession au trône de France en 1574, Henri III se lance dans une politique de structuration de sa cour. Le 11 août 1578, ces premières dispositions sont reprises dans un règlement général, suivi d’un second le 1er janvier 1585. Le manuscrit relate la célèbre réception des Ambassadeurs du roi du Siam à Versailles le 18 juin 1686. Le but de cette ambassade était une alliance avec la France, qui voulait, par l’établissement d’un comptoir au Siam, contrebalancer la puissance des Hollandais en Orient. C’est la troisième ambassade qui soit venue de Siam en France. La première, en 1680, avait péri dans la traversée ; la seconde était venue à Versailles, avait vu le roi dans la galerie, mais n’avait pas eu d’audience. (Henault, Abrégé chronolog., 27 nov. 1684.) Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de Guillaume Dubois (1656-1723) Ministre d’Etat du roi Louis XV. Nommé précepteur du duc de Chartres (le futur Régent) en 1687, il fut conseiller d’Etat en 1715. Appelé au pouvoir comme ministre et secrétaire d’Etat aux affaires étrangères en 1718, son triomphe fut de conclure le traité de la Triple-Alliance avec l’Angleterre. (O. Hermal, pl.1125). « Les livres portant ces armoiries sont extrêmement rares » (Edouard Rahir, Quatrième Partie, n°1012). Provenance : Bibliothèques Guillaume Dubois (armoiries) et château de La Roche Guyon (cachets de bibliothèque).
Edition originale française rarissime - le seul exemplaire répertorié complet en reliure ancienne uniforme - de ce célèbre Roman de Chevalerie espagnol. 4 volumes in-12 de (12) ff., 284 pp. (mal chiffrées 313), 258 ff. (mal chiffrés 256) ; (4)ff., 152 ff., (4)ff., 219 ff., (5) ff. Veau fauve, deux filets dorés en encadrement des plats avec pièces d'armes dorées aux angles et au centre, dos à nerfs orné de motifs dorés, pièces de titre et de tomaison rouges, tranches dorées sur marbrure, court en tête, titre courant atteint à certains feuillets, infime déchirure à un feuillet. Reliure armoriée vers 1650.148 x 92 mm. [roman de chevalerie] Histoire de Primaleon de Grèce, continuant le discours de Palmerin d'Olive Empereur de Constantinople. Paris, Galliot du Pré, 1572 ; Jean Parant 1577 ; Sébastien Molin, 1587 ; Lyon, Abel l'Angelier, 1583. Edition originale française complète de ce célèbre roman de chevalerie traduit de l’espagnol ; elle est d’une telle rareté que ce prestigieux exemplaire semble être le seul réunissant en ancienne reliure uniforme les quatre parties parues en 1572, 1577, 1587 et 1583 ; le troisième livre est de la première édition parisienne de 1587.« Primaleon de Grèce, roman de chevalerie traduit de l'espagnol par François de Vernassal est une suite de Palmerin d'Olive. Le livre II est traduit par Guillaume Landré, les livres III et IV ont été traduits par G. Chappuys, qui a aussi traduit le second.Paru pour la première fois en 1512, il faisait suite au roman de Palmerin d'Olive (1511) dont il racontait les aventures des deux fils, Primaleon et Galendos. "Le Palmerin de Oliva eut une première édition en 1511 et semble bien être une imitation de l'Amadis. On y retrouve, en effet, des épisodes semblables : naissance secrète de Palmerin, amours de Palmerin et de Polinarda, triomphe de Palmerin sur le Grand Serpent qui garde la fontaine merveilleuse d'Artifaria. Palmerin résiste lui aussi à la séduction d'autres princesses et devient, comme Esplandian, empereur de Constantinople. Le Primaleon conte les aventures des deux fils de Palmerin, Primaleon et Polendos, ainsi que celles de Don Duardos, prince d'Angleterre. Cervantes, qui fait brûler le Palmeron de Oliva, ne mentionne pas le Primaleon, mais fait, en revanche, un éloge, jugé excessif de nos jours, du Palmeron de Inglaterra, roman dont le héros est le fils de Don Duardos et qui semble bien être l' oeuvre d'un auteur portugais. Les épisodes merveilleux s'y multiplient et le plus célèbre est sans doute celui de la coupe magique, où étaient congelées les larmes de Brandisia" (Encyclopaedia Universalis). "Le roman met nettement l'accent sur la galanterie ; mais les éléments réalistes y trouvent plus de place » (Laffont-Bompiani). Précieux exemplaire relié en veau fauve de l’époque au chiffre de Nicolas Fouquet, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle, fils de François, conseiller d'Etat ordinaire, et de Marie de Maupeou, né à Paris en 1615. Les œuvres littéraires des XVIè et XVIIè siècle reliées aux armes ou pièces d’armes de Nicolas Fouquet sont rarissimes en mains privées et fort recherchées. Deux œuvres moins importantes que celles-ci sont répertoriées au cours des quarante dernières années. Jacques Guérin dans sa vente « Livres exceptionnels. Provenances illustres, Paris 7 juin 1990 » ne présentait qu’un seul livre relié en simple maroquin rouge aux armes de Fouquet : « Nouvelles Œuvres de Voiture », écrivain de second ordre, vendu 350 000 FF (53 000 €) il y a 33 ans ».
édition_originale reliure aux armes
Exceptionnel manuscrit d’Imprudence et bonheur, nouvelle de Balzac demeurée inédite pendant un demi-siècle. Le manuscrit fut offert par l’auteur à la duchesse de Dino et à Maurice de Talleyrand-Périgord. Exemplaire conservé dans sa reliure en veau orné à froid de l’époque aux armes de la famille princière de Dino réalisée sur l’ordre de Balzac même. In-12 de (1) f., 135 pp. de 19 lignes par page calligraphiées. Veau glacé, large décor à froid sur les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné de motifs à froid, pièce de titre en maroquin rouge, filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches rouges. Reliure de l’époque. 140 x 99 mm. Balzac, Honoré de. Imprudence et bonheur. Nouvelle. (Vers 1911). Exceptionnel manuscrit d’Imprudence et Bonheur, nouvelle de Balzac demeurée inédite pendant un demi-siècle et offert par l’auteur à la duchesse de Dino et au prince de Talleyrand. C'est ainsi que fut présenté ce roman de Balzac lors de sa parution à titre posthume en 1911 chez La Renaissance du Livre : « on a publié en 1911 une nouvelle inédite de Balzac intitulée : Amour masqué ou Imprudence et bonheur. Le manuscrit de cette nouvelle avait été offert par l'auteur lui- même à la troisième duchesse de Dino ; elle avait épousé le fils cadet Alexandre-Edmond, duc de Dino. (…) Parlons de l’œuvre inédite de Balzac que nous croyons avoir l’incroyable fortune de présenter au public. Nous disons bien de l’œuvre inédite de Balzac, d’une œuvre tenue jusqu’à ce jour secrète, mais dont l’authenticité ne peut être révoquée en doute ni par l’historien des lettres (puisqu’on en sait exactement l’origine), ni par le critique (puisqu’on y retrouve la marque essentielle, la manière et, pour tout dire d’un mot, « le génie » du maître) ; d’une œuvre inconnue, mais qui, loin de déparer la collection des œuvres connues, s’y intercale logiquement et en belle place ; d’une œuvre cachée comme un joyau dans un trésor de famille et qui va soudain briller aux yeux de tous. Comment cette fortune nous est-elle échue ? Nous la devons d’abord à M. Lucien Aubanel, l’érudit lettré, détenteur de l’inestimable manuscrit dont il a bien voulu se dessaisir en notre faveur. Nous la devons encore à M. Maurice de Talleyrand-Périgord, duc de Dino, qui a fait présent de ce manuscrit à M. Aubanel. Reçu comme un intime chez la duchesse de Dino, Honoré de Balzac tint à lui offrit un cadeau absolument unique. A cette intention, il écrivit le roman qu’on va lire et en fit hommage à son illustre amie. Exécutée sur l’ordre de l’écrivain par l’artiste L. Lesort, à Paris, la reliure de l’ouvrage, d’une richesse et d’un goût merveilleux, porte l’ex-libris de la famille princière de Dino. C’est en effet dans la bibliothèque de celle-ci que séjourna durant plus d’un demi-siècle cette œuvre originale dont très peu d’intimes eurent connaissance et qui voisinait avec des manuscrits inédits d’Alfred de Musset et d’Eugène Sue, offerts à la duchesse par leurs auteurs dans la même pensée d’hommage délicat et de déférente amitié » (Jean Gillequin). Exemplaire conservé dans sa reliure en veau orné à froid de l’époque aux armes de la famille princière de Dino réalisée sur l’ordre de Balzac même. Provenance : Dorothée de Courlande, princesse de Dino, Maurice de Talleyrand-Périgord, duc de Dino et Lucien Aubanel.
Manuscrit original de 80 pages calligraphiées sur grand papier de Hollande en 1763 traitant du « fourrage d’une armée » et de « l’administration militaire des fourrages et des voitures ». Somptueux exemplaire conservé dans son élégante reliure de l’époque en maroquin rouge ornée par huit fois de la croix de Malte ceinte du collier de l’Ordre du Saint Esprit portant sur le plat supérieur « Instruction sur les fourrages d’une armée ». Manuscrit in-4 calligraphié vers 1763. Plein maroquin rouge, filet gras et maigres entourant les plats, croix de Malte ceinte du collier du Saint Esprit aux angles « Instruction sur les fourrages d’une armée » frappé en lettres d’or sur le plat supérieur, dos lisse richement orné, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de l’époque. 220 x 186 mm. Instruction sur le fourrage d’une armée : la nature des fourrages et la quantité relative qu’on en donne aux chevaux. S.l.n.d, vers 1763. 25 pp. in-4. Suivi de : Mémoires sur l’administration militaire des fourrages et des voitures et sur les avantages qui en résultent depuis son institution jusqu’à la fin de la dernière guerre. S.l.n.d, vers 1763. 55 pp. in-4. Manuscrit original de 80 pp. calligraphié sur grand papier de Hollande datant vraisemblablement de 1763 ayant trait au fourrage d’une armée. Le montant des fourrages passe, en Alsace, de 40-50 000 livres au début du XVIIIe siècle à 800‑900 000 livres à la fin du siècle, l'année 1787 battant tous les records (1,5 million de livres) : les fourrages constituent ainsi l'un des principaux postes du budget de l'armée. La pratique, longtemps en usage, qui consiste à augmenter artificiellement le nombre de places de fourrage s'avérant insuffisante. Les entrepreneurs spéculent sur le prix de la ration pour accroître leur profit. À la fin du XVIIe siècle, la ration est fixée à 12 livres de foin, autant de paille et 3 picotins d'avoine ; mais, au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, elle peut être arbitrairement estimée jusqu'à 36 livres de foin, 60 de paille, 14 d'orge, 8 de seigle et un boisseau d’avoine ou à 18 sous en numéraire. La rareté des fourrages, consécutive à la sécheresse de 1785, ne l'explique qu'en partie. Or les officiers, qui ont droit à une ration pour la nourriture de leurs propres chevaux, peuvent en trouver à 7 ou 8 sous, d'où l'intéressante marge bénéficiaire (ou « revenant bon ») qu'ils s'octroient. La distribution des rations de fourrage dans les « étapes » s'avérant insuffisante, il était permis aux « partis », lors des opérations militaires, de « fourrager » en territoire ennemi, soit « en vert » (sur pied), soit « en sec » (à partir des réserves déjà engrangées). Mais il est difficile, en dépit des ordonnances royales, comme celle du 1er avril 1707 et des « Traités sur la cavalerie » (Drummont de Melfort, 1776), de contrôler les fourrageurs, qui ont du mal à faire la distinction entre pays amis et pays ennemis, et de protéger les habitants contre les exactions ou les fraudes de la population mise à contribution. Ce sont à priori les zones herbagères qui sont touchées, car il importe d'éviter le transport de produits encombrants et pondéreux que sont le foin et la paille, cette dernière servant non seulement à la nourriture du cheptel, mais aussi au couchage des hommes et à la litière des bêtes. Si la pratique du fourrage par les cavaliers est tant redoutée, c'est que les chevaux s'en prennent souvent, faute de prés, aux blés en herbe ou aux jeunes vignes, voire aux plates-bandes de légumes. En temps de guerre, le fourragement se distingue mal des pratiques de réquisition ou de pillage (d'où l'acception péjorative que revêtent les mots « fourrager » et « fourragement ») et donne souvent prétexte à la maraude, avant sa transformation en argent entre 1700 et 1710. Superbe manuscrit original richement relié en maroquin rouge de l’époque orné par huit fois de la Croix de Malte ceinte du collier de l’Ordre du Saint Esprit.
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Une des œuvres brillantes du siècle de Louis XI, de peu antérieure à Villon, La Farce de Maistre Pierre Pathelin est due à un clerc du temps. Tchémerzine ne décrit qu’une seule édition au XVIIe siècle, celle-ci. « Petit volume rare » (Solar, Paris, année 1860). In-12 de 120 pages, maroquin rouge, triple filet doré, dos orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Lortic). 140 x 79 mm. [La Farce de Maître Pathelin]. La Comédie des tromperies, finesses & subtilitez de Maistre Pierre Pathelin, Advocat à Paris. Pièce comique. Imprimé sur la coppie de l’An 1560. Rouen, Jacques Cailloüé, 1656. « Petit volume rare » (Solar. Paris, année 1860, n° 1628). Rarissime édition rouennaise de la célèbre Farce de Maistre Pathelin, parfois attribuée à Guillaume Alexis, ornée sur le titre d'un petit bois gravé. Unique édition du XVIIe siècle décrite par Tchémerzine. Une des œuvres brillantes du siècle de Louis XI, de peu antérieure à Villon, La Farce de Maistre Pierre Pathelin est due, sans doute, à un clerc du temps. Cette plus ancienne farce du théâtre français, et sans doute la plus longue avec ses 1 600 vers, a été représentée dès le milieu du quinzième siècle et imprimée pour la première fois à Lyon en 1485. Le mordant de l'œuvre, sa psychologie, curieusement en avance sur son époque, et l'habileté de son articulation dramatique en ont fait non seulement l'un des ancêtres du théâtre français mais aussi un archétype des utilisations virtuoses du langage, du plaidoyer entortillé, des filouteries et des ruses. On observe que les premières éditions des œuvres ayant eu un grand succès et atteint une large circulation ne sont plus connues qu'à une poignée d'exemplaires, quand elles n'ont pas entièrement disparu. Cela se vérifie aussi bien pour les œuvres de Villon, de Rabelais ou de Shakespeare que pour les Contes de Perrault. Il en est de même pour Pathelin dont le succès est attesté par cinq ou six éditions du quinzième siècle qui ne sont plus connues, chacune, que par un seul exemplaire, parfois incomplet, et dont il ne subsiste qu'un ou deux exemplaires de chacune des quelques vingt-cinq éditions qui se sont succédées, au seizième siècle, d'un éditeur à l'autre, reproduites ou piratées, sans compter celles dont la trace est perdue. Tchémerzine ne décrit que cette édition au XVIIe siècle et ne cite aucun exemplaire. Supérieure, de loin, à toutes les farces et soties du temps, cette pièce a inspiré Rabelais : Panurge essaye sur Pantagruel les langues les plus diverses avant de lui parler simplement en français. Il n'y a rien eu de pareil au théâtre avant Molière. Tout le monde connaît cette pièce célèbre. Un fourbe d'avocat qui dupe un lourdaud de drapier, une naïve Guillemette qui apprend le patelinage à l'école de son mari, un procès où l'on ne sait plus s'il s'agit de drap volé ou de brebis assommées, un juge qui ne comprend goutte à ce charabia et veut qu'on revienne « à ses moutons », un berger finaud qui bêle pour toute réponse, Pathelin berné par Thibaut l'Agnelet, etc. La langue est savoureuse et drue, le vers aisé et spirituel, la repartie vive, les caractères finement observés, les deux intrigues mêlées et dénouées avec un art très sûr. (J. Bédier et P. Hazard, Histoire de la littérature française illustrée, 1949, t. I, p. 106). Fort bel exemplaire relié par Lortic.
Reference : 16558
Grande Charte d’Angleterre, Révolutions américaine et française et Constitution des Treize États-Unis d’Amérique. Très rare édition originale. Bel exemplaire à toutes marges conservé dans sa brochure d’attente, tel que paru. In-12 de 139 pp., brochure d'attente. 213 x 137 mm. La Grande Charte d’Angleterre ; Ouvrage précédé d’un précis historique et philosophique sur les révolutions de la Grande-Bretagne, suivi de la constitution des treize Etats-Unis de l’Amérique et du tableau de leur révolution ; ouvrage essentiel dans les circonstances où nous sommes, tant pour connaitre les vices du gouvernement actuel de la Grande-Bretagne, que pour faire aimer nos principes d’égalité. Paris, Debarle, L’An II de la République. Très rare édition originale. Après deux révolutions (en 1649 et 1689), les Britanniques instaurent une monarchie parlementaire dans laquelle les pouvoirs sont équilibrés. Ces révolutions sont largement étudiées par les élites britanniques et françaises. Locke, Voltaire, Montesquieu et les parlementaires français réfléchissent alors à un nouveau système politique dans lequel les pouvoirs seraient partagés. Outre-Atlantique, les colons anglais d’Amérique se révoltent contre une métropole qui ignore leurs droits. Ils sont aidés financièrement par la France de Louis XVI. Ils créent la république des États-Unis en 1776. Celle-ci se fonde sur la souveraineté du peuple et une Constitution écrite. Cet autre modèle politique exerce une grande influence sur la France, des élites urbaines aux Lumières en passant par la Cour. Mais l’objet d’étude que représente la révolution américaine dépasse la seule réflexion intellectuelle et devient un véritable contre-modèle à l’absolutisme français. Les philosophes britanniques du XVIIIe siècle posent les fondements de la Révolution américaine et de la Révolution française. L’interprétation qu’Edward Coke fait de la Magna Carta se répand dans le monde. Son ouvrage intitulé Institutes of the Laws of England, qui affirme la primauté de la Magna Carta dans la loi anglaise, est le manuel juridique de référence dans les Treize colonies. Il a notamment été lu par les futurs signataires de la Déclaration d'indépendance des États-Unis. La renaissance de la Magna Carta a ainsi façonné la Révolution américaine et l'implantation de la common law dans le monde anglophone. Influencée par l’esprit des lumières, la Déclaration d’indépendance a précipité l’avènement de la révolution française de 1789. « La Déclaration d’indépendance fut traduite en français et eut lors de la révolution française une grande influence sur le comité chargé de rédiger la constitution. Mieux, il eut une influence certaine dans l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 » (J. N. Tama). Les révolutionnaires français voyaient en l’Amérique un modèle à suivre. Dans un discours prononcé le 10 juillet 1791 Brissot proclame : « La révolution américaine a enfanté la révolution française : celle-ci sera le foyer sacré d’où partira l’étincelle qui embrasera les nations dont les maîtres oseront l’approcher ! ». L’ouvrage est suivi de la Constitution des treize Etats-Unis de l’Amérique. Exemplaire à toutes marges conservé dans sa brochure d'attente, tel que paru.
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Reference : 19452
Édition bibliophilique tirée à 62 exemplaires. Provenances prestigieuses : Edouard Moura ; Rob de Billy. In-8 de 14 pp., (2) ff. bl., 16 pp. Maroquin janséniste rouge, dos à nerfs, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure signée Hardy Mesnil. 170 x 107 mm. Le Caresme prenant, et les jours gras de Tabarin & d’Ysabelle. Discours remply de questions, demandes et subtilitez extraordinaires et Tabariniques. Ensemble un petit Compendium de ses rencontres, plaisanteries, & farces ordinaires assaisonnées, & faonnées à la sauce de ses inventions… [Paris, Auguste Veinant et Jannet], 1622 [Crapelet, rue de Vaugirard, 12 février 1850]. Suivi de : Les iustes plaintes su Sieur Tabarin. Sur les troubles et divisions de ce temps. 1621. Précieuse édition bibliophilique tirée à 62 exemplaires. « Cette facétie, fortement inspirée de sel tabarinique, doit être fort rare, puisqu’elle est restée inconnue à l’auteur des Plaisantes Recherches d’un homme grave sur un farceur, qui n’a pas non plus mentionné un autre opuscule du même genre qui sera incessamment publié. Pendant quelques années, Tabarin eut assez de vogue à Paris pour qu’on puisse affirmer que ce farceur en plein vent excita la verve plus ou moins joyeuse des beaux esprits de son temps. Leurs écrits, composés en général de quelques feuillets, ne pouvaient avoir qu’une existence très éphémère ; aussi en est-il peu qui soient parvenus jusqu’à nous. Tant d’éléments concourent à l’anéantissement des pièces originales qu’il faut désirer que celles qu’on découvre par hasard soient reproduites à petit nombre, ne fut-ce que pour sauver le texte d’une entière destruction. En terminant Le Caresme-prenant, l’auteur annonce la publication très prochaine d’un livre plus gros, où l’on verra toutes les plaisanteries de Tabarin, gaillardement descrites. Il s’agit vraisemblablement du Recueil general des œuvres Tabariniques, dont il fut peut-être le père. Quoiqu’il en soit, si l’auteur est encore ignoré aujourd’hui, on doit inférer de la citation ci-dessus que la première édition du Recueil est bien de 1622. Quant à la chanson qui termine la réimpression du Carême-prenant, elle est extraite du Cabinet des Chansons plaisantes et recreatives, publié à Paris en 1631. Comme elle rentre absolument dans le sujet qui nous occupe et qu’elle est fort peu connue, nous avons pensé que ce pouvait être ici sa place. »
Le Grand Calendrier des Bergers illustré de près de cent gravures sur bois. Bel exemplaire de cet illustré mythique provenant des bibliothèques Édouard Pelay et Paul Harth. Petit in-4 de (88) feuillets, texte en caractères gothiques imprimé sur deux colonnes, 40 lignes par page. Les deux premiers feuillets ainsi que le calendrier sont imprimés en rouge et en noir. Maroquin bleu nuit, double filet doré en encadrement, dos à nerfs orné de fers dorés, roulette intérieure, tranches dorées. Chambolle-Duru. 177 x 127 mm. Calendrier des bergers. Le Gra[n]d Kalendier et compost des Bergiers composé par le bergier de la grant montaigne. Auquel sont adioustez plusieurs nouvelles figures et tables, lesquelles sont bien utiles a toutes gens ai[n]si que vous pourrez veoir cy apres en ce present livre. [Colophon : Cy finit le cõpost et kalendier des bergiers […] Nouvelleme[n]t i[m]prime a Paris pour Jehan Trepperel marchant libraire demourant en la rue neufve nostre Dame a l’eneigne de lescu de France]. Paris, Jean II Trepperel, [1519- 1526]. Rarissime édition parisienne de cet ouvrage mythique très illustrée qui connut un extraordinaire succès au XVIe siècle. Bechtel, C-24, p. 111 ; B. Moreau, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du XVIe siècle, d'après les manuscrits de Philippe Renouard, 1978, tome, n° 945. Toutes les éditions du XVIe siècle de ce calendrier populaire sont très rares. Celle-ci, gothique à deux colonnes et dont les deux premiers feuillets ainsi que le calendrier sont imprimés en rouge et en noir, l’est particulièrement. Fondé sur une équation établie entre la vie d’un homme et le cycle de l’année, le texte offre à la fois un almanach perpétuel et un riche recueil de préceptes moraux, conseils pratiques et pièces religieuses. L’illustration, de grand intérêt, se compose de près de 100 gravures sur bois dans le texte dont sept illustrent avec violence, réalisme et fantaisie les tourments de l’enfer. Le feuillet de titre est orné d’un beau bois gravé représentant trois bergers gardant leurs troupeaux et devisant en observant les astres. D’après B. Moreau, en dépit de la date "M. cinq cens, xix" au feuillet c 1, il semble datable vers 1526, d'après l'état des bois, des lettrines et des caractères (B 80) d'Alain Lotrian. Publié pour la première fois à Paris en 1491 par Guy Marchant, le Calendrier des bergers connut un succès retentissant et de nombreuses éditions aux XVe et XVIe siècles. Véritable almanach, ce célèbre livre contient, outre le calendrier des mois de l’année, les branches des vices et des vertus, des textes de morale, des prières, des éléments d’anatomie, de diététique et de phlébotomie, un important chapitre consacré à l’astrologie ainsi que des ballades et des poèmes. Bel exemplaire de cet illustré mythique. Provenance : Édouard Pelay (ex-libris) ; Paul Harth (ex-libris). Édouard Pelay (1842-1921), collectionneur et bibliophile rouennais fut le fondateur et le président de la Société des bibliophiles normands. Paul Harth, industriel alsacien attaché à la direction des chemins de fer et grand bibliophile fut président de la Société des amis de la reliure originale.
Reference : 18887
« C’est sans doute avec l’Augustinus, l’ouvrage qui eut au XVIIe siècle les plus grands retentissements littéraire » (Paul Jammes, cat. 210, n°359). Dénoncé par le père Garasse comme « le plus horrible livre que les siècles les plus païens enfantèrent jamais », l’ouvrage entraîna dès sa publication en 1622 l’arrestation de Théophile de Viau. Exemplaire conservé dans son vélin souple de l’époque. Petit in-8 de 380 pp, vélin souple, rousseurs éparses. Reliure de l’époque. 158 X 100 mm. Troisième édition, second tirage, très rare de cette œuvre phare du libertinage du XVIIe siècle (D. Courvoisier). Tchemerzine, V, 867 ; Lachèvre, Le Procès du poète Théophile de Viau, I, pp. 480-484 ; Saba, Théophile de Viau, 2007, n°224 ; E. Pierrat, 100 livres censurés, 180-181. « C’est sans doute avec l’Augustinus, l’ouvrage qui eut au XVIIe siècle les plus grands retentissements littéraire » (Paul Jammes, cat. 210, n°359). Dénoncé par le père Garasse comme « le plus horrible livre que les siècles les plus païens enfantèrent jamais », l’ouvrage entraîna dès sa publication en 1622 l’arrestation de Théophile de Viau : d’abord condamné par contumace à être brûlé vif, le poète dut subir finalement les affres de deux années d’emprisonnement puis fut banni à perpétuité du royaume. Les deux premières éditions du recueil parues en 1622 et 1623 ne sont connues que par une poignée d’exemplaires. Cette troisième édition n’est pas moins rare. Fameux recueil de poésies licencieuses contenant notamment plusieurs pièces de Théophile de Viau, dont le nom figure au titre pour la première fois. « Œuvre collective due au cercle des libertins dont Colletet, Motin, Berthelot, Maynard et Théophile de Viau » (Rahir Bibliothèque de l’amateur, 657). Guido Saba fait remarquer que le recueil contient « 19 pièces de Théophile de Viau ou qui lui sont attribuées avec fondement ». « Le Parnasse satyrique qui causa tant de persécutions à Théophile de Viau est le plus célèbre de tous ces recueils de poésies sotadiques » (Gay-Lemonnyer). Sa première publication en 1622 entraîna l’arrestation puis le procès de Théophile de Viau : on lui reprochait surtout le sonnet inaugural qui était signé de son nom, Phylis tout est foutu, je meurs de la vérole, dans lequel le poète libertin fait vœu de sodomie. Incarcéré au Châtelet dans la cellule de Ravaillac, il attendit deux ans qu’on le juge – deux longues années pendant lesquelles il organisa sa défense et tenta de riposter à la cabale dévote qui réclamait sa tête. Incapable d’établir avec certitude la culpabilité de l’écrivain, le procureur Mathieu Molé, fit traîner en longueur la procédure. « Cependant, les ennemis de Théophile cherchaient à influencer défavorablement l’opinion et à réveiller l’ardeur du parti ultra religieux » (Frédéric Lachèvre). Ainsi, en 1625, deux nouvelles éditions parurent du Parnasse satyrique avec, pour la première fois, le nom de Théophile en vedette sur le titre et les pièces auparavant signées d’autres auteurs devenues anonymes (sauf une de Colletet). « Cette criminelle machination préoccupa peu le Procureur général » selon Lachèvre. Viau fut condamné au bûcher avant que sa peine fût commuée en bannissement perpétuel. Brisé par ces deux années d’emprisonnement, il mourut quelques mois plus tard à 36 ans à peine. Son procès dépassait à l’évidence sa personne : la croisade que menèrent le jésuite Garasse et Mathieu Molé tendait d’abord à purger le royaume des libertins – dont Théophile de Viau était alors le symbole le plus éclatant. Le recueil eut une fortune éditoriale remarquable dont témoigne la dizaine d’éditions successives au XVIIe siècle. Quand, en 1864, Auguste Poulet-Malassis, l’éditeur des Fleurs du Mal alors réfugié à Bruxelles, en donné une nouvelle édition, elle fut condamnée à la destruction : deux siècles et demi plus tard le Parnasse sentait toujours le souffre. Le 9 décembre 2005 fut vendu à Paris un exemplaire de cette très rare troisième édition en reliure postérieure du XVIIIe siècle – maroquin rouge – décrit avec deux « petits manques de papier au titre et au feuillet D6 ». Il fut adjugé 21 304 €. Très bel exemplaire en vélin souple de l’époque, condition d’exception pour ce livre réprouvé.
Charmante reliure mosaïquée du XVIIIè siècle provenant de l’Atelier des Petits Classiques. Pour avoir publié ces « sarcelades », l'auteur fut enfermé à la Bastille sur dénonciation de son fils. Paris, 1731-1732. 2 ouvrages en un volume in-12 de 172 pp. et 56 pp., 1 frontispice et 1 gravure. Maroquin bleu nuit, plats ornés d’une large dentelle dorée à la roulette et à petits fers, au centre pièce allongée et lobée mosaïquée de maroquin rouge avec losange central mosaïqué de maroquin lavallière, le tout contourné d’un filet doré et décoré de motifs dorés à petits fers, dos à nerfs orné de losanges mosaïqués de maroquin rouge et lavallière ornés de motifs dorés à petits fers, pièce rouge, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure mosaïquée de l’époque issue de l’Atelier des Petits Classiques. 161 x 95 mm. Les Deux Harangues des habitants de la paroisse de Sarcelles, à monseigneur l’archevêque de Paris, et Philotanus, revû & corrigé. – Troisième harangue des habitans de la paroisse de Sarcelles à monseigneur l’archevêque de Paris au sujet des miracles. Aix, Jean-Baptiste Girard, (Paris ?), 1731 et 1732. Virulents pamphlets contre les jésuites et la bulle Unigenitus condamnant le jansénisme. Frontispice et figure gravés sur bois. Ces trois harangues en vers des paroissiens de Sarcelles - dont l'ancien curé, Jean-Baptiste du Ruel, avait été démis à cause de son opposition à ladite constitution apostolique - rédigées dans un burlesque patois parisien, sont adressées à Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille du Luc, archevêque de Paris depuis 1729. La troisième est plus spécialement relative aux prétendus miracles qui s'opéraient sur la tombe du diacre François de Paris. Le poème Philotanus, quant à lui, imprimé à la suite des deux premières harangues et qui a pour objet de montrer que la bulle Unigenitus est l'œuvre des jésuites, est aussi attribué à l'abbé Jean-Baptiste Willart de Grécourt. Le janséniste Nicolas Jouin, commerçant dans la joaillerie puis banquier à Paris, est resté célèbre pour ses poèmes satiriques et surtout ses sarcellades. « Sarcelles est un village à quatre lieues de Paris auprès d’Ecoüan. Lorsque Monseigneur de Vintimille vint prendre possession du Siege Archiepiscopal de Paris, cette paroisse étoit gouvernée par un Desservant & un Vicaire, qui y avoient été mis par feu Monseigneur le Cardinal de Noailles. Ces deux excèllens Ecclésiastiques y avoient fait & faisoient encore de grands fruits par leur instructions & par leur vie édifiante. M. L’Archevêque fit bientôt voir que de tels Ministres n’étoient pas de son goût : le refus qu’ils firent d’accepter la Constitution Unigenitus lui parut un motif suffisant pour les priver de l’exercice des fonctions du Saint-Ministère. a Il mit à leur place les deux rares personnages dont les Habitans font le portrait dans cette premiere harangue. Quelque surprenant que paroisse celui du Vicaire, il est dans le naturel. C’est dommage que M. de Vintimille n’ait pas trouvé des Desservans dans toutes les Paroisses ; il est plus que vraisemblable qu’il n’en auroit guères laissé en place. On en peut juger par le zèle qu’il a fait voir à l’égard de la Paroisse d’Aniere & de quelques autres ; mais sur-tout par l’interdit d’un nombre infini d’excellens Prédicateurs, de zélez Confesseurs & par l’exil de Messieurs les Curez de S. Etienne du Mont, de S. Médard, de S. Barthelemy & de la Villette, qu’il a traitez & fait traiter comme de simples Desservans, sans respecter le Droit Divin qui les lui avoit associez pour b ses Freres, a ses Coopérateurs, b ses Collégues, c son Conseil, d les Assesseurs de son Tribunal pour former avec eux e ce Presbytere si vénérable à nos Peres, f pour recevoir leurs avis & juger g avec eux les différens qui auroient quelque difficulté. » Charmante reliure mosaïquée du XVIIIè siècle provenant de l'Atelier des Petits Classiques. « Au cours du XVIIIe siècle et spécialement de 1715 à 1775, un petit nombre de relieurs, pour la plupart parisiens, exécutèrent pour certains amateurs des reliures d'un caractère très particulier, décorées en mosaïque d'application de cuirs de différentes couleurs. La technique employée était connue depuis le XVIe siècle et demeurera utilisée. Elle est très exactement décrite par Dudin sous le nom de « reliure à compartimens » dans son Art du relieur doreur de livres publié en 1772, avec le patronage de l'Académie royale des sciences : « On commence par couvrir son livre en veau blanc ou en maroquin de couleur ou en tel autre fond qu'on veut ; il faut seulement que le cuir soit le mieux choisi et le plus exempt de tous défauts, trous et taches qu'on puisse se procurer. Quand le cuir est bien sec, on pose dessus un dessin tel qu'on le veut exécuter dont les différentes parties sont colorées ; on calque le dessin sur le veau et sur ce calque on colle des morceaux de maroquin teints en diverses couleurs et de toutes les teintes ; on pare ces peaux le plus mince qu'il est possible, de manière qu'on puisse voir le jour au travers ; on les taille en morceaux de la grandeur des parties du dessin qu'ils doivent représenter et on les colle avec de la colle de farine sur la peau, mettant très peu de colle pour ne point faire d'épaisseur ; quand ces morceaux sont collés, on met le livre en presse pendant un certain temps pour qu'ils s'unissent et ne fassent plus, pour ainsi dire, qu'un seul corps avec la peau qui fait le fond… Ensuite on dore tout ce qui est couvert de dessin, de même que tout le fond qui est semé de petits points… On recherche par dessus cet or le contour des fleurs, rinceaux, feuillages et autres parties du dessin, suivant exactement ces contours pour les circonscrire d'un filet d'or qui en termine l'extrémité. » Les reliures « à compartimens » étaient d'une technique extrêmement minutieuse et d'un prix de revient très élevé, ce qui explique pourquoi les exemples qui nous en ont été conservés sont très peu nombreux. (Michon).
édition_originale
L’édition de référence des relations de voyages des pères Jésuites en Amérique, aux Indes, au Levant et en Chine, illustrées de 54 estampes dont 42 cartes et planches dépliantes. 26 volumes in-12, veau granité, filet à froid autour des plats, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison en maroquin, tranches jaspées. Reliure de l'époque. 168 x 97 mm. Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères. Nouvelle édition. Mémoires du Levant, Mémoires d’Amérique, Mémoires des Indes, Mémoires de la Chine. Paris, 1780-1783. “Volumes vi to ix inclusive, relate to America. J. R. Bartlett’s Catalogue of J. C. Brown’s Library gives a copious list of the contents of each volume. This edition is generally preferred to the original, because it has the advantage of being systematically arranged. “Fontenelle said ‘that he had never read a work which answered better to its title’. Of the accuracy of those ‘Lettres’ and the works of Du Halde and Gaubit, the author has often heard the late Sir G. Staunton speak in the highest terms.” Charles Butler – (Sabin. 40698) « Of the great value of these “Lettres”, as illustrating the early history and settlement, not only of Canada, but of Central New York, Ohio, Michigan, Illinois, and Wisconsin, it is unnecessary to speak. These “Lettres” were collected by the Fathers Le Gobien, Du Halde, Ingoult, De Neuville, and Patouillet. For the missions among the American Indians, Charlevoix refers to volumes x, xi, xii, xiii, xvii, xx and xxiii ; see his notice in “Liste des Auteurs”. See also Shea’s “Charlevoix”, Sabin’s “American Bibliopolist”, and a very full history of the “Lettres Edifiantes” in Backer’s “Bibliothek de la Comp. de Jésus, octavo edition, vol. II., appendice, and in the folio edition, 1857-60, vol. III, cols. 1737-53, Backer gives in detail the contents of the edition of 1838 ; and in cols. 1753-1860, he gives the contents of the German version and extension of the “Lettres”” (Sabin 40697 à propos de l’édition 1702-1776). Cette seconde édition de 1780-1783 « est généralement préférée à l’ancienne, parce qu’elle a sur cette première l’avantage d’avoir été mise en ordre : 60 à 72 fr., et beaucoup moins quand les cartes et fig. n’y sont pas » (Brunet III-1028). Elle est ici complète des 54 estampes. Quatre volumes traitent exclusivement de l’Amérique (vi à ix) : Ils sont illustrés d’une carte dépliante de la Mer de Californie, d’une carte dépliante des côtes du Pérou et du Chili, d’une carte dépliante de la Terre de feu et du détroit de Magellan, d’une grande carte dépliante de l’Amazone, d’une grande carte dépliante du Paraguay, d’une autre du Cap Français, de la Mission des Moxes dans le Pérou etc. Six volumes décrivent l’Inde et onze volumes sont consacrés à la Chine. Le Père Le Gobien donne de curieux détails sur les missions de la Californie, le soulèvement des pueblos de Taraumara. Fort curieuse lettre contenant un précis de l’établissement des Français à la baie de Hudson. Renferme des notices intéressantes sur les Illinois et les Sioux. Très intéressant pour les missions de l’Amérique du Nord, principalement chez les indiens Abnaquis. Sur Saint-Domingue et ses habitants. Contient l’histoire de la colonie française des Natchez sur les bords du Mississipi. Description de la Guyanne et principalement des rives de l’Oyapoc. Etat de la colonie mœurs des sauvages entre l’Oyapoc et le Maroni. Mœurs des Indiens. Lettre importante, en partie sur les langues des Indiens. Remarquable exemplaire complet conservé dans ses élégantes reliures de l’époque, destiné à la famille d’Hauteville. Originaire de France - de Lacaune, dans le diocèse de Castres -, Philippe Cannac (1672-1750), d’une famille de banquier huguenot, quitte le pays après la révocation de l’Édit de Nantes pour se réfugier en Suisse dans le domaine d’Hauteville. Pierre-Philippe Cannac meurt en 1785 et laisse le domaine à son fils aîné, M. de St-Légier. Sa petite fille, Anne-Philippine-Victoire épouse Daniel Grand de la Chaise (1761-1828) et hérite du domaine en 1794. C'est à ce moment que le jeune couple décide de prendre le nom de Grand d’Hauteville. Au début du XIXe siècle, sous l’impulsion de Daniel et Victoire, le château d’Hauteville devint un lieu de société et d’attractions mondaines.
Manuscrit original de rhétorique latin-français de 153 pages in-4 calligraphiées vers l’année 1745, orné de 487 gravures en coloris de l’époque sur papier fort. Provenance : Jolivet Clerc. 4° de 147 pages et 6 pages. Basane havane marbrée contemporaine, dos à nerfs orné, doublures et gardes de papier d'Augsbourg, traces d'usure. 256 x 171 mm. Manuscrit de rhétorique latin-français calligraphié vers 1745. Manuscrit original calligraphié en latin et en français avec 48 gravures en couleurs d'époque sur grand papier montées dans le volume et 5 portraits en pleine page de Rousseau, Louis Racine, Pierre Corneille, Nicolas Boileau et Socrate. La rhétorique est d'abord l'art de l'éloquence. Elle s'est d'abord attachée à la communication orale. La rhétorique traditionnelle comprenait cinq parties : inventio (invention ; art de trouver des arguments et des moyens de convaincre), dispositio (disposition ; art de présenter les arguments de manière ordonnée et efficace), elocutio (élocution ; art de trouver les mots qui mettent en valeur le style des arguments), actio (diction, gestes de l'orateur, etc.) et memoria (procédés pour mémoriser le discours). La rhétorique a ensuite concerné la communication écrite et désigné un ensemble de règles (formes fixes) pour le discours. La conception classique, qui marquera sur le long terme l'histoire de la France, atteindra son apogée avec la fondation de l'Académie française en 1635, grâce à la volonté de Richelieu. Celle-ci ne défend plus une rhétorique qui cherche à convaincre ou persuader, mais vise à offrir une vitrine à la politesse française, à représenter la bienséance et l'autorité monarchique. Avec elle, le conformisme devient la règle et le logos est à nouveau mis en avant. Prônée par Claude Favre de Vaugelas dans ses Remarques sur la langue française utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire (1647), Jean Chapelain et René Bary avec sa Rhétorique française (1653) mais aussi avec Les secrets de notre langue (1665), le poète Nicolas Boileau surtout, la rhétorique vise à renforcer et à promouvoir une langue résolument nationale. La conception classiciste d'une langue claire et d'une rhétorique au service du pouvoir royal (celui de Louis XIV) s'institutionnalise. Le logos sert alors la foi chrétienne à la Cour de France. L'École française de spiritualité créée par le cardinal de Bérulle est un courant christologique (qui considère que Jésus est le centre de l'histoire). Les modèles deviennent saint Augustin, feengpi et Nicolas Boileau_ qui a traduit le Traité du sublime du pseudo-Longin en français en 1674. L'art poétique de ce dernier est un véritable manifeste de la rhétorique classique dont le but est avant tout « plaire et toucher ». Le père Bernard Lamy (1640-1715), orateur réputé, publie en 1675 L'Art de parler, qui expose une conception de la rhétorique au carrefour entre les acquis classiques et la lucidité moderne, ouvrage qui sera cité par de nombreux auteurs. Lamy passe d'abord en revue les conceptions de son époque, qu'il synthétise dans son ouvrage. En réalité, il est le premier à exprimer une réflexion non sur la forme mais sur la langue elle-même, une vision qui influencera Condillac, Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau et Nicolas Beauzée après lui. Pour Lamy, la rhétorique émane avant tout des passions, qui sont la force du discours. Les figures permettent ainsi de transmettre les sentiments de l'orateur, ainsi que sa représentation du monde ; la langue devient donc, par le discours, l'instrument des relations interpersonnelles. Provenance : Pièce du Maroc à lettres dorées : F.M.M JOLIVET CLERC
édition_originale reliure contemporaine
Le manuscrit royal calligraphié, décoré et aquarellé présentant « Les gouvernemens militaires du Royaume de France » au duc de Berry, futur roi Louis XVI. Il est revêtu de l’une des plus belles reliures armoriées de Louis Douceur, dépassant en faste celle de Raphaël Esmérian atteignant l’enchère considérable de 68 000 FF (10 300 €) il y a 53 ans. In-folio. Maroquin rouge, large bordure à cartouches fleurdelisés, armoiries du duc de Berry (OHR 2538) au centre, dos orné de fleur de lys et multiples petits fers, doublures et gardes de soie bleue. Riche reliure armoriée de l’époque attribuée à Douceur par Esmérian. 355 x 233 mm. Manuscrit royal calligraphié et peint pour le Duc de Berry, futur Louis XVI. Gouvernemens militaires du Royaume de France. Avec les noms de Mrs les Gouverneurs et Lieutenans généraux dans les provinces, ceux des Gouverneurs particuliers dans les Places et leurs Apointemens et Emolumens. Riche et magnifique manuscrit royal calligraphié, décoré et aquarellé à l’époque à l’intention du Duc de Berry, futur Louis XVI avec ses armes présentant l’état des « Gouvernemens militaires du Royaume de France ». Louis-Auguste de France, le futur Louis XVI, reçut le titre de duc de Berry qu’il porta jusqu’au 20 décembre 1765, date à laquelle il succéda à son père comme dauphin. Louis-Auguste de France, petit fils de Louis XV et troisième fils de Louis, dauphin et de Marie-Josèphe de Saxe, né à Versailles, reçut d’abord le titre de duc de Berry ; devenu dauphin à la mort de son père, le 20 décembre 1765, il épousa le 16 mai 1770, à Versailles, Marie-Antoinette-Josèphe-Jeanne de Lorraine, archiduchesse d’Autriche, fille de l’impératrice Marie-Thérèse. Il monta sur le trône sous le nom de Louis XVI le 10 mai 1774 et fut sacré à Reims le 10 juin 1775. Pendant son règne, la France regagna une partie de ses colonies de l'Inde et des Antilles, à la suite de la guerre de l'indépendance américaine ; le roi, profondément bon et vertueux, mais sans énergie, se laissa peu à peu dominer par la reine ; il accepta le renvoi de ministres habiles et économes et le déficit dans les finances fut la cause immédiate de la révolution. Après avoir d’abord résisté aux mesures prises par les États Généraux et l'Assemblée Constituante, puis après avoir fini par y souscrire, Louis XVI dut abandonner Versailles pour les Tuileries le 6 octobre 1789. La Constitution de 1791 ne lui laissa plus que le pouvoir exécutif avec le droit de veto. Ne se sentant plus en sûreté en France, le roi essaya de rejoindre l'armée des émigrés, mais il fut arrêté à Varennes (20 juin 1791), ramené à Paris et gardé captif. Proclamé roi constitutionnel le 14 septembre de la même année, il paralysa ses partisans par son attitude incertaine ; à la suite de la journée du 10 août 1792 la royauté fut renversée et Louis XVI se vit emprisonné au Temple avec sa famille ; enfin la Convention réunie le 2l septembre 1792 le mit en jugement, le condamna à mort comme coupable de conspiration et de haute trahison et le fit exécuter le 2l janvier 1793, sur la place de la Révolution. Illustration : Titre calligraphié dans une bordure dominotée de fleurs de lis, ornée en pied de deux oiseaux, rehaussée à l'aquarelle verte sur fond criblé de rouge, et 47 feuillets manuscrits, dont 18 dépliants, ornés d'encadrements de filets peints en vert, composés de bois décoratifs rehaussés de la même aquarelle verte. La reliure est décorée de grands fers juxtaposés ou enchevêtrés, rappelant le matériel utilisé par Padeloup pour les grandes commandes officielles. On peut la dater de la décennie 1760, parfaitement contemporaine du manuscrit. Décédé à cette date depuis plusieurs années (1758), Padeloup avait laissé un atelier peu prospère à son épouse qui en conserva, après succession, une partie des outils ainsi que les ouvriers, et qui prolongea l'activité de l'atelier jusqu'en 1777 au moins. Il serait difficile de certifier qui de la veuve d'Antoine-Michel Padeloup ou de Dubuisson (son successeur au titre de relieur du Roi), tous deux graveurs de plaques rocaille et artisans choisis de la classe dirigeante, a exécuté la reliure de ce manuscrit. Louis Douceur aussi était équipé pour décorer ses reliures avec de telles grandes plaques ; Esmerian (ll,117) lui attribua deux reliures avec des plaques très semblables, également exécutées dans les années 1760. Reliure tout à fait exceptionnelle, très proche de celle in-4 de Raphaël Esmérian (deuxième partie, 8 décembre 1972, n° 117) mais beaucoup plus belle car ici de format in-folio. Celle de Raphaël Esmérian recouvrait un livre imprimé : « La description de la Gaule Belgique », et non un manuscrit royal décoré. Elle fut cependant adjugé 68 000 FF (10 300 €) il y a 53 ans, enchère considérable pour l’époque, la majorité des 168 livres d’exception de cette collection ayant été alors adjugée moins de 1000 € pièce.
édition_originale
Précieux exemplaire de la première édition décrite par Bechtel d’un ouvrage historique infiniment rare, dans la fameuse reliure « au pélican » exécutée par Chambolle-Duru pour le baron Pichon, et ayant appartenu à Fernand Colomb, fils de Christophe Colomb. In-4 de (4) ff. à 20 l. ; maroquin rouge, plats ornés de la dentelle au Pélican, dos à nerfs orné d’un décor à la grotesque, doublure de maroquin rouge ornée de la même dentelle, double filet sur les coupes, tranches dorées. Chambolle-Duru. 174 x 128 mm. Paix de Cambrai ou Paix des Dames. Le traité de la Paix faicte et accordée entre notre saint père le Pape. Très haultx tresexcellāns et trespuissāns princes Francois par la grace de Dieu roy de France treschrestien : Charles semblable grace esleu empereur Henry roy Dāgleterre. Fernande [sic] roy de Hongrie. Publye a Paris le Mecredy [sic] xviii iour Daoust Lan mil cinq cēs xxix. Paris, J. Niverd, 1529 Première édition citée par Bechtel (T. 104). Précieux exemplaire de cette édition de la « Paix de Cambrai ou Paix des Dames » qui mit fin au conflit opposant la France au reste de l’Europe. La paix fut signée par Louise de Savoie, mère de François Ier et Marguerite d’Autriche, tante de Chasles-Quint, le 5 août 1529. La France abandonnait Asti et le royaume de Naples, la Flandre, l'Artois et le Charolais, mais gardait la Bourgogne et la Picardie. Le titre est orné d’un encadrement renaissance et des armes royales, le verso est illustré de quarte gravures sur bois de facture lyonnaise, légèrement ombrées, très affinées dans le détail. Célèbre et splendide exemplaire de Fernand Colomb, fils de Christophe Colomb, qui réunit en son temps une bibliothèque somptueuse, acheté en 1885 par le Baron Pichon qui imposa à son relieur - Chambolle Duru - la reliure au Pélican. L'exemplaire comporte cette note manuscrite du Baron « L'exemplaire du Traicté de Cambray vendu 400 F Ruggieri en 1873 n° 219 était l’édition connue de Nicolas Basin à Paris. Celle-ci que je crois lyonnaise porte le nom de François Ier avant celui de Charles Quint et n'est citée nulle part à moins que celle grand in-8 (indiquée par Brunet) ne soit la même. Ce volume-ci est cependant bien in-4. B.J.P. Ex. de Fernand Colomb acheté en 1885 ». Précieux exemplaire : de la première édition décrite par Bechtel, d’un ouvrage historique infiniment rare, dans la fameuse reliure « au Pélican » exécutée par Chambolle-Duru pour le baron Pichon, et ayant appartenu à Fernand Colomb, fils de Christophe Colomb, vendu 25 000 € le 5 mai 2002. Fernand Columbus (1488-1539), fils du découvreur du Nouveau Monde, accompagna son père lors de son quatrième voyage en Amérique entre 1502 et 1504. Après sa mort, il rentra en Espagne, puis voyagea dans toute l’Europe et constitua une bibliothèque de plus de 15 000 livres. Elle fut confiée à la bibliothèque de la cathédrale Saint-Paul de Séville. Négligée, comme tant d’autres durant les XVIe et XVIIe siècles, elle fut inventoriée en 1684 : son contenu avait alors diminué de 10 000 volumes pour n'en plus compter qu'environ 5 000. Les livres de cette provenance sont extrêmement rares sur le marché. Provenance : Fernand Colomb (d’après la note du Baron Pichon) ; Baron Pichon (n° 1218) (note de sa main, ex-libris) ; Charles Van Der Elst, président de la société royale des bibliophiles belges (ex-libris).
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Farces et facéties populaires. Carême Prenant et Carnaval. « Édition perdue dont le comte de Lurde possédait un exemplaire » (Alain Mercier). Superbe exemplaire, celui-là même du Comte de Lurde. Plaquette in-8 de 14 pages. Maroquin citron, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées, qq. rousseurs. Trautz-Bauzonnet. 153 x 100 mm. Procez et amples examinations sur la vie de Caresme Prenant. Dans lesquels sont amplement descrites toutes les tromperies, astuces, caprices, bisarreries, fantasies, brouillements, inventions, subtilités, folies & débordemens qu’il a commises & faict pratiquer en la présente année. Avec la sentence, mandement & banissement général, donnez & publiez contre luy, de l’ordonnance & commission du seigneur Caresme. Traduit d’Italien en François. Rouen, veuve Jean Petit, 1612. Rarissime édition rouennaise de cette facétie citée par Brunet (I-1576). Cette édition est ainsi décrite par Alain Mercier dans La littérature facétieuse sous Louis XIII : Édition perdue, dont le comte de Lurde possédait un exemplaire. On en trouve mention dans le Bulletin du bibliophile, 1875, p. 389, n°341. Très bel exemplaire, réglé, provenant de la vente de Monmerqué et recouvert ensuite d’une ravissante reliure de Trautz-Bauzonnet. L’exemplaire même du Comte de Lurde, cité précédemment, provenant de la bibliothèque du baron de Ruble (1899, n°496). De tout temps, et dès le Moyen Age, l’époque du carnaval vit se dérouler des mascarades et des fêtes populaires. A la cour même, les rois étaient atteints du vent de folie qui soufflait dans ces jours de liesse ; eux-aussi, faisaient leur « Carême-prenant ». On appelait ainsi les trois derniers jours du Carnaval précédent le Carême. Dès longtemps, le peuple personnifia ces deux personnages ennemis, Carême-prenant et Carême, le premier dispensateur de joies, amateur de fêtes, de festins et de beuveries, le second précédant un cortège de jours maigres et tristes, où ne devait plus régner que l’abstinence, d’où étaient exclus les hommages rendus à Bacchus et à Vénus. Ainsi, le public par les réjouissances de la rue, comme les grands seigneurs par des tournois, fêtait-il sans retenue les jours gras avant de tomber sous le triste règne du sire Carême. Ces fêtes étaient l’occasion pour les colporteurs de débiter certains livrets burlesques et facétieux. A Paris et en province, on vendait alors de petits opuscules comiques où souvent était évoqué, dans un style héroï-comique, le combat de Carême-prenant et de Carême. La plupart de ces petits livrets sont certainement perdus. La curiosité des bibliophiles de tous les temps en a sauvé un certain nombre de l’oubli. Leur abondance même, du XVè siècle à nos jours, atteste la persistance de la gaieté et de l’esprit gaulois dans notre race. L’exemplaire du Comte de Lurde et du Baron de Ruble.
Rare édition originale de ces textes « très importants pour l’histoire de la révolution française de Louis XVI et de la reine » (A. Bachelin-Deflorenne). In-8 de (2) ff., 270 pp., (2) ff., 221 pp., (1) f. bl., 79 pp. Veau marbré, dos lisse orné de pièce d'armes et de filets dorés, pièce de titre en maroquin rouge, filet or sur les coupes, petit trou sur une page au moment de l'impression. Reliure de l'époque. 191 x 121 mm. [Révolution Française]. [Procès du 6 octobre 1789]. Procédure criminelle, instruite au Chatelet de Paris, Sur la Dénonciation des faits arrivés à Versailles dans la journée du 6 octobre 1789. Imprimée par ordre de l’Assemblée Nationale. Paris, Baudouin, 1790. Suivi de : Suite de la procédure criminelle, instruite au Chatelet de Paris, Sur la Dénonciation des faits arrivés à Versailles dans la journée du 6 octobre 1789. Imprimée par ordre de l’Assemblée Nationale. Paris, Imprimerie nationale, 1790. Rare édition originale, bien complète de ses trois parties, de cet ouvrage relatif au jugement concernant le départ du roi à Versailles. Martin & Walter, 14427. « Ces documents ont une grande importance pour l’histoire de la révolution, et en particulier pour l’histoire de Louis XVI et de la reine. Ils démontrent que le duc d’Orléans était à la tête de cette conspiration ; déjà Mirabeau était gagné et bien d’autres. Mirabeau était à Versailles le 6 octobre, le duc d’Orléans y alla aussi… Le roi et la reine n’avaient point encore perdu leur popularité. Les femmes de la halle se contentèrent d’emmener le Boulanger et la Boulangère à Paris, où ils furent prisonniers jusqu’à l’échafaud » (A. Bachelin-Deflorenne) Le 6 octobre 1789, à la suite de la marche des Parisiens sur Versailles du 5 octobre, des gardes du corps sont tués, les émeutiers pénètrent jusque dans les appartements royaux et Louis XVI et sa famille sont contraints de s’installer aux Tuileries. Ces journées d’octobre 1789 marquent un tournant dans l'histoire de la Révolution en laissant présager la chute de la monarchie. « Peu de temps après le 14 juillet, des femmes du marché démarraient des processions. Ces marchandes occupaient une place stratégique ; sur le marché ne s’échangeaient pas seulement des marchandises mais aussi des opinions. Les « processions » de ces femmes du marché avaient le caractère de proclamations de masse. Le passage par la mairie, l’escorte de la Garde nationale et le fait que les processions étaient à la seule initiative des femmes, sont remarquables puisqu’ils indiquent le caractère hautement politique de ces processions. À la fin de l’été 1789, la situation d’approvisionnement à Paris continuait à empirer. Selon le bruit qui courait, on cherchait à affamer Paris par punition pour la prise de la Bastille. Le 2 octobre, seul un tiers de la quantité de farine nécessaire pour couvrir les besoins parisiens fut disponible dans les halles à farine. Beaucoup de boulangers furent incapables de vendre du pain le lendemain ; cet événement fut un déclencheur central pour la mobilisation des femmes. En outre, le roi s’obstinait dans son veto contre la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens. Ainsi naquit l’idée de ramener le roi à Paris, pour le forcer à sanctionner les résolutions de l’Assemblée nationale nouvellement constituée. Entre 5 000 et 10 000 femmes se réunirent au matin du 5 octobre devant la mairie de Paris ; elles s’armèrent et marchèrent de Paris à Versailles ; de nombreuses femmes se réunirent sur les marches devant le château et revendiquèrent : « Le roi à Paris ! ». « Alors le Roi, M. Necker et M. de La Fayette ont paru sur le balcon. Le Roi a salué le Peuple, qui a répondu à ce salut par vive le Roi et la Nation, venez avec nous, nous vous aimons ». Après de longues hésitations, le roi consentit à venir à Paris. La situation d’alimentation s’améliora par la suite ; le roi, quant à lui, approuva finalement la Déclaration des droits de l’homme ainsi que la suppression des droits féodaux. Harriet Applewhite et Darline Gay Levy pensent que les femmes du Paris révolutionnaire ont inventé avec leurs pieds la signification et la fonction d’un nouveau principe de légitimité » (Falk, Francesca. « Les femmes du marché, avant-garde de la culture de la manifestation ? », vol. 77, n°1, 2013, pp. 5-19). Provenance : bibliothèque des ducs de Luynes, Château de Dampierre.
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