Première édition complète, en partie originale, des « Chroniques de Frances » imprimée en 1517-1518. Récit essentiellement littéraire, historique et mythique, les Grandes Chroniques ont fixé en langue vernaculaire la mémoire dynastique et constituent par là même l'un des livres de langue française les plus importants de notre espace culturel. 4 volumes in-folio de : I/ (12) ff., 267 ff., (1) f. ; II/ (8) ff., 156 ff., 116 ff. ; III/ (8) ff., 210 ff. ; IV/ (16) ff., 290 ff. (mal chif. 288 ff.), 80 ff. Maroquin bordeaux, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné d'un décor à la fanfare, double filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures, petite restauration marginale au coin d'un feuillet. Reliure signée Marius Michel. 259 X 188 mm. Chroniques de France. Le premier [second, tiers, quatrième] volume de la mer des hystoires et croniques de France. Paris, Galliot du Pré, Michel Lenoir et Jehan Petit, 1517- 1518. Complet. Première édition complète en partie originale des « Chroniques de France » dites de « Saint-Denys » imprimées pour la première fois à Paris en 1476, « le premier livre français connu imprimé à Paris avec date », précise Brunet (I- 1868). Outre leur intérêt iconographique, Les chroniques de France présentent un intérêt capital pour l’histoire littéraire et linguistique de la France et participent à l’œuvre fondatrice de la nation française ; elles sont à ce titre très prisées des Institutions Publiques nationales et internationales. Sous le titre de Grandes Chroniques de France, on désigne une vaste œuvre littéraire et historique, élaborée en plusieurs étapes entre le XIIIè et le XVè siècle, en majeure partie à l'abbaye de Saint-Denis. Le recueil complet retrace l'histoire des rois de France depuis les origines mythiques troyennes jusqu'en 1461. Au commencement on trouve le Roman des rois que Primat, moine de Saint-Denis, offrit à Philippe III le Hardi en 1274, témoin de l'intense activité historiographique qui se manifestait au monastère depuis le début du XIIè siècle ; deux manuscrits le conservent, l'un du début du siècle, l'autre du milieu. C'est ce dernier manuscrit, l'actuel Paris, BN, latin 5925, qui servit principalement à Primat, comme on le sait depuis les recherches de J. Viard. Il contient ce qu'on appelle communément la compilation d'Aimoin, c'est-à-dire l'œuvre propre d'Aimoin de Fleury ou Historia Francorum, suivie d'une continuation assimilant des chroniques entières ou fragmentaires, ajoutées à différentes époques ; le corpus utilisé par Primat comprend des œuvres telles que les Gesta Dagoberti, les Annales royales, la Chronique dite du PseudoTurpin, les Annales Bertiniani, la Vie de Louis VI de Suger, dont certaines sont caractéristiques d'un apport dionysien. Primat a mené son travail jusqu'à la fin du règne de Philippe Auguste. Son entreprise a été précédée, quelque cinquante ans plus tôt, vers 1220-1230, par une Chronique des rois faite à partir de la traduction d'un corpus de textes presque identique, par un moine resté anonyme et inconnu - était-il de Saint-Denis ou de Saint-Germain-des-Prés ? -, tentative dont témoignent seulement deux manuscrits. Cet essai, toutefois est le signe de l'engouement que le public laïc manifeste à l'aube du XIIIè siècle pour les récits historiques en prose et en langue vernaculaire. Primat a connu et utilisé la traduction de l'anonyme, dont il a parfois repris les termes mot pour mot, mais il l'a souvent améliorée, en supprimant redites et retours en arrière, en faisant appel à de nouvelles sources, en ajoutant des renseignements complémentaires. A la suite de ce pionnier dont il a repris le plan, y ajoutant son propre dessein, ou du moins celui de son commanditaire, le roi saint Louis - établir une généalogie qui légitime le pouvoir en place -, il a fait œuvre originale, réalisant une histoire autant nationale que royale, dans laquelle il est question non seulement du roi et des barons, mais aussi des Français. Il y a imprimé sa marque, en mettant l'accent sur le rôle de Saint-Denis et en redisant l'autorité morale de l'histoire. Sous Charles V, un changement se produisit dans la rédaction des Grandes Chroniques. Le roi, en effet, ne fit pas appel aux moines de Saint-Denis pour relater le règne de son père, Jean le Bon, et le sien ; il s'adressa à son chancelier Pierre d'Orgemont, qui écrivit - ou fit écrire - une sorte de journal officiel, un long plaidoyer qui rappelle sèchement les faits -, publiant de façon abrupte les documents. Charles V donna ordre de recopier et d'illustrer de façon luxueuse la dernière version dionysienne, qui allait jusqu'en 1350, à laquelle il fit ajouter le texte du chancelier continué jusqu'en 1379. Il imposa sa marque personnelle à l'ouvrage : dans cette période troublée, il s'agissait de montrer la grandeur de la France par rapport à l'Angleterre et à l'Empire, d'affirmer la légitimité des Valois. Pour cela le texte fut révisé, l'illustration remaniée et complétée. Cette version des Grandes Chroniques, munie d'un ajout pour les années 1379 et 1380, eut un succès immédiat et considérable. Une dernière étape présente le texte des Grandes Chroniques dans leur édition de 1380, auquel s'ajoutent le texte qu'on attribue à Jean Juvénal des Ursins pour les années 1380-1402, celui de Gilles le Bouvier dit le Héraut Berry pour 1402-1422, et enfin l'histoire du règne de Charles VII par Jean Chartier, religieux et chantre de Saint-Denis, qui fut la dernière production de l'école historiographique dionysienne. Louis XI, en effet, déposséda l'abbaye de Saint-Denis de sa charge royale en transférant l'office à Jean Castel, moine de Cluny et abbé de Saint-Maur-des-Fossés. C'est un de ces manuscrits continués jusqu'en 1461 que reproduisit Pasquier Bonhomme dans son édition de 1476, qui est la première édition imprimée des Grandes Chroniques. « Dans cette édition, les chroniques de St-Denis sont précédées d’une introduction qui commence à la création du monde ; en sorte que le premier volume ne va que jusqu'au règne de Pépin, comme on le voit dans la souscription ainsi conçue : Cy fine le premier volume de la mer des hystoires et croniques de France. Extraict en partie de tous les anciens croniqueurs qui ont escript puis la creation du monde, des faictz e gestes des Francoys, et dont ils sont descèdus, jusqnau tèps de Pepin. Et fut acheve de imprimer le dernier iour Doctobre Mil cinq cens et dix sept, pour Galliot du Pré… Le premier volume a 12 ff. préliminaires pour le titre, le prologue et la table des chapitres, CClxvij ff. chiffr. ; et un f. portant la marque de Galliot du pré. Le second volume contient 8 ff. préliminaires et C xvi ff. chiffr. ; le recto du dernier feuillet porte la marque de Michel Le Noir, libraire, qui est désigné comme imprimeur de ce volume, dans la souscription datée de lan mil cinq cens XVII. le XXIX iour doctobre. Le 3è volume renferme 8 ff. préliminaires et ccx ff. chiffr. ; le verso du dernier porte la marque de Jean Petit. Dans le 4ème volume daté du mercredy dixiesme iour de Mars Lan mil cinq cens et xviii., et qui s'arrête à l'année 1516, il y a 16 ff. préliminaires, cc lxxxviij ff. de texte ; plus le règne de Charles VIII et Louis XII, des rois d'Angleterre, des papes et des empereurs, l'histoire des schismes et conciles, et commencement du règne de François Ier, ff. 1 à lxxx. » (Brunet). Cette précieuse édition en partie originale est la première complète. Elle est à ce titre très recherchée. « Première édition des Chroniques de France augmentée d’une histoire des règnes de Charles VIII et de Louis XII, des rois d'Angleterre, des papes et des empereurs, des schismes et des conciles. Elle se prolonge jusqu'aux premières années du règne de François Ier, constituant ainsi la plus vaste histoire de l'Occident jamais publiée à l'époque » (Bechtel). Belle impression en caractères gothiques à deux colonnes, ornée d'une grande initiale grotesque sur chaque titre. Nombreuses lettrines historiées à fond criblé. Au verso de ce titre ou en tête se trouve un grand bois à pleine page représentant le baptême de Clovis et la bataille de Tolbiac. Ce bois est répété au tome I, au début du tome IV. Une copie très proche de ce bois au tome III (cf Harvard). Le second volume comporte 21 bois et le troisième 10 bois, de la largeur d'une colonne, provenant du fond de Michel Le Noir. A la fin des trois premiers volumes on trouve respectivement les marques de Galliot du Pré, Michel le Noir et Jehan Petit. Superbe exemplaire agréablement relié par Marius Michel dans le goût des reliures de la renaissance française. « Les Grandes Chroniques ont eu au Moyen Age un succès considérable. Récit essentiellement littéraire, historique et mythique, matrice d’une histoire monarchique, chrétienne, française et par là déjà nationale, elles ont fixé en langue vernaculaire la mémoire dynastique et constituent par là même l’un des livres de langue française les plus importants de notre espace culturel. »
Reference : 16328
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Outre leur remarquable intérêt iconographique, les grandes Chroniques de France présentent un intérêt capital pour l'histoire littéraire, linguistique et fondatrice de la nation française. Paris, G. Eustace / F. Regnault, 1514 : Le premier (second, tiers) volume des grans chroniqs de France. Nouuellement imprimees à Paris. Auecques plusieurs incidences suruenues durant les regnes des trefchreftiens roys de France tant es royaumes dytallie Dalmaigne Dāgleterre Despaigne Hongrie Jherusalem Escoce Turquie Flandres et autres lieux circonuoisins. Auecques La Cronique frere Robert Gaguin contenue a la cronique Martinienne. Ilz se vendent a paris en la rue neufue noftre dame a lenfeigne de agnus dei. (In fine vol III:) Imprimees a paris Lan mil cinq cens et quatorze le premier iour de octobre pour guillaume eustace libraire du Roy... In-folio. I/ (6) ff., 206 ff. chiff. 204; II/ (8) ff., 189 ff. chiff. 199 ; III/ (12) ff., 276 ff. Bâtarde, à double colonne de 50 lignes à la page et titre courant. Maroquin rouge, plats entièrement ornés d'un riche décor à la fanfare composé de compartiments quadrilobés répartis régulièrement, chacun orné d'une fleur de lys de maroquin bleu, compartiment central carré vide, doublure de maroquin bleu entièrement ornée d’un semé de fleurs de lys dorées, au centre l’écu royal aux fleurs de lys de maroquin rouge, tranches dorées sur marbrure et richement ciselées. Lortic. 304 x 204 mm.
Précieuse et très rare édition, en partie originale des grandes Chroniques de France dites de Saint-Denis, œuvre fondatrice de l'histoire du royaume et de l'état français. C'est la seconde édition illustrée, ornée de 50 superbes gravures sur bois provenant la plupart de l'atelier de vérard. Brunet, 1, 1865; Moreau, Éditions parisiennes, 1514-796. Sous ce titre des Chroniques de France on désigne une vaste compilation d'œuvres historiques élaborée entre le XIIè et le XVè siècle par les moines de l'abbaye de Saint-Denis. Le recueil complet retrace l'histoire des rois de France et de la monarchie française depuis les origines mythiques troyennes jusqu'en 1461. Ces chroniques virent le jour sous la demande pressante de Saint-Louis qui désirait légitimer et consolider la dynastie capétienne. Elles furent commencées en latin par Suger puis traduites par Alexandre Primat qui offrit ce « roman des rois » à Philippe Le Hardi en 1274. Primat relie donc les capétiens à la branche carolingienne en remontant à Charlemagne, l'avenir dynastique capétien se trouvait ainsi fortement conforté. Jusqu’en 1350 le travail de Primat fut repris et continué au scriptorium de Saint-Denis dont l’activité historiographique se manifesta de façon intense avec des historiens comme Guillaume de Nangis et Richard Lescot. Jean Juvenal des Ursins rédigea ensuite la chronique des années 1380-1402, Gilles le Boubier dit «le Héraut Berry» celle des années 1402-1422, et Jean Chartier celle du règne de Charles VII. C'est un de ces manuscrits continué jusqu'en 1461 que Pasquier Bonhomme reproduisit dans son édition de 1477, la première imprimée des grandes chroniques. Même si leur diffusion resta limitée dans le temps et l'espace, les «grandes chroniques » ont eu au moyen âge un succès considérable. « Récit essentiellement généalogique et mythique, matrice d'une histoire monarchique, chrétienne, française et par là déjà nationale, elles ont fixé en langue vernaculaire la mémoire dynastique». Très précieuse et rare édition gothique de ces chroniques, en partie originale, la troisième en date et la seconde illustrée après celle qui immortalisa le nom de Vérard en 1495 ; dans cette édition, le texte est continué jusqu'à la date de 1513. L’iconographie magnifique se compose de 50 figures sur bois dont 27 de très grand format (230 x 170 mm) (205 x 170 mm), qui proviennent du fonds Vérard. Claudin dans sa célèbre bibliographie des incunables illustrés consacre une place primordiale à cette illustration et reproduit plusieurs des bois à pleine page. «On y remarque une suite de grandes planches qui occupent presque toute la page en tête de chaque livre. L'une d’elles, qui représente un combat en champ clos, rappelle la manière de l'artiste qui a dessiné « Le Baptême de Clovis » et « La Bataille de Tolbiac » dans « La Mer des Hystoires ». Les édifices et les arbres sont figurés en raccourci de la même façon. Le dessin est ferme, les tailles déliées, il y a de la souplesse dans les attitudes des personnages du premier plan, dont les visages expriment la diversité des sentiments qui les agitent. Les planches suivantes paraissent être d'une autre main. Le trait de dessin est plus lourd, les tailles sont plus épaisses. Dans celle qui représente le Sacre du Roi, l'archevêque de Reims, les évêques et les pairs de France apportent au monarque, assis près de l'autel, la Sainte Ampoule, la couronne, la bannière, l'écusson, les éperons et le glaive de justice, selon le cérémonial. Toutes les figures ont une expression de bonhomie qui ne déplait pas, malgré la naïveté de la composition. La planche qui représente Charles VIII entrant dans sa bonne ville de Paris est fort intéressante. Au premier plan, à gauche, les femmes se précipitent au-devant du Roi ; plus loin, l'auteur des «Croniques de France » présente son livre an monarque. Une troisième planche nous fait assister à l'arrivée du jeune roi Charles VIII à Paris, à son retour du sacre. Une députation vient lui souhaiter la bienvenue. Les costumes sont intéressants à étudier et les figures sont rendues avec un remarquable sentiment de réalisme ». Claudin. Histoire de l'Imprimerie en France, II, pp. 451 à 456. Outre leur remarquable intérêt iconographique, les grandes Chroniques de France présentent un intérêt capital pour l'histoire littéraire, linguistique et fondatrice de la nation française. L'édition fut partagée entre François Regnault et Guillaume Eustace et certains des exemplaires, tel celui-ci, portent sa devise sur le feuillet de titre ainsi que la grande devise de Eustace au verso (200 x 125 mm). Superbe exemplaire, grand de marges et très frais, revêtu d'une somptueuse reliure à la fanfare, doublée et mosaïquée, chef-d'œuvre de dorure réalisée par Lortic et inspirée des reliures Renaissance des Êve. Il provient des bibliothèques Rattier (1913, n° 3) et Édouard Moura (1923, n° 962) avec ex-libris. L’exemplaire cité par Bechtel: - Vente Paris (24 avril 2002, n° 28, 42000 €, maroquin Lortic, ex. Moura). - Librairie Sourget (Cat XXXV, mai 2007, n° 15, 75000 €, ex. Moura 962).
Tome premier, collection de chroniques & de mémoires. Chapitres I-XLIV, Ceci commence a parler du Roi Édouard d'Angleterre à comment le Prince fut reçu a grand honneur de ceux de Bordeaux, et comment le Cardinal de Périgord s'excusa sagement devant le Prince. Complet, volume in8, 240x160, reliure demi cuir, leg. décoloration, très bon état intérieur, 384pp. Joint coupures de journaux. Desclée de Brouwer, 1900 ref/Be207
Les Chroniques de Jehan Froissart sont des chroniques médiévales écrites au XIVe siècle en moyen français par Jean Froissart ; elles constituent un récit en prose de la guerre de Cent Ans. Les Chroniques s'ouvrent sur les événements qui ont précédé la déposition d'Édouard II en 1326 et couvrent la période allant jusqu'à 1400. L'auteur y décrit les événements survenant en Europe de l'Ouest, principalement en Angleterre, en France, en Écosse, aux Pays-Bas et dans la péninsule Ibérique, et mentionne plus rarement d'autres pays et régions tels que l'Italie, l'Allemagne, l'Irlande, les Balkans, Chypre, la Turquie et l'Afrique du Nord.
Imprimées par Anthoine Verard en l’année 1503. Imprimez à Paris pour Anthoine Verard, libraire demourant à Paris devant la rue Neuve Nostredame à lymaige Sainct Jehan l’évagelliste ou au palais devant la chapelle ou l’onchante la messe de messeigneurs des présidens, s.d. (1503). 3 tomes en 2 volumes in-folio de I/ (10) ff., 301 ff. dont 1 grande gravure, II/ (8) ff., 202 ff., (6) ff., 128 ff., petite déchirure restaurée à l’angle inférieur de la page 1 du tome 1 et au bas du titre du tome 2. Plein maroquin rouge, plats encadrés de filets dorés, dos à nerfs finement ornés, double filet or sur les coupes, large roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de Trautz-Bauzonnet. 333 x 223 mm.
Seconde édition originale, très voisine de la première parue cette même année 1503. Mac Farlane n° 176 ; Tchemerzine, IV, 859. 861; Brunet III, 1831‑183; Bechtel M-469. Exemplaire exceptionnel par sa grandeur de marges: hauteur 334 mm. Précieuse édition gothique de grande rareté des chroniques de France et d’Angleterre considérée comme «l’un des chefs-d’œuvre des impressions gothiques françaises.» C’est la seconde après la princeps imprimée elle aussi pour Vérard début 1503: 45lignes par colonne, à l’adresse: «devant la Rue Neuve Notre-Dame» qui permet de la dater 1503, alors que l’édition précédente est à l’adresse «à petit pont». La qualité typographique de cette très élégante édition gothique est soulignée par les bibliographes. «Ces deux éditions (de Monstrelet) sont les plus belles qui aient été imprimées en lettres gothiques». (Brunet). Attaché au service de Jean de Luxembourg Enguerrand de Monstrelet était bailli de Compiègne en 1430. Lorsque Jeanne d’Arc tomba au pouvoir des Bourguignons, Monstrelet assista à son entrevue avec le Duc de Bourgogne. Prévot de Cambrai en 1444, il entreprit de son propre chef de continuer la Chronique de Froissart qui s’était arrêtée en 1400. Sa chronique très précieuse couvre les années 1400 à 1467. Il en rédigea lui-même les deux premiers livres; le troisième est l’œuvre de Matthieu de Covey ou d’Escouchey son continuateur. Monstrelet se veut un chroniqueur fidèle et précis de la France traumatisée par la guerre de centans: guerres civiles entre les maisons d’Orléans et de Bourgogne, occupation de Paris et de la Normandie par les Anglais, expulsion des Anglais du territoire français… Rabelais fustigea férocement Monstrelet dans son Pantagruel (Livre III). Lui reprochant d’être «baveux comme un pot à moutarde», il lui assigne «un chaperon vert et jaune à oreilles de lièvre». Ce jugement bien sévère est contredit par la critique historique qui voit en Monstrelet un chroniqueur «exact et consciencieux», soucieux du sérieux de ses informations, de la fidélité des dates, et d’un style simple et clair. Douet d’Arcq reconnaît ainsi que cette chronique contient «des pièces très instructives qui en font le guide le plus sûr pour pénétrer dans le détail si complexe des faits qui ont signalé la première moitié du XVe siècle.» La chronique de Monstrelet est un témoignage important pour l’histoire de la première moitié du XVe siècle. «C’est un récit original, dans lequel l’auteur mêle adroitement sources écrites et témoignages oraux. Il confronte ses différentes informations, les vérifie, les critique, et ajoute son expérience personnelle». Références: R. de Brandt de Galametz, Le chroniqueur Monstrelet gentilhomme picard, Abbeville, 1886, extrait des Mémoires de la société d’émulation d’Abbeville. – A. Lesort, Notes biographiques sur le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet, Paris, 1909, extrait du Bulletin historique et philologique. – H. Moranvillé, Note sur quelques passages de Monstrelet, dans BEC, t.62 (1901), p.52-56. Cette édition gothique s’ouvre sur chacun des 3 titres par une belle initiale L, de style calligraphique avec profils de grotesque très évocatrice du fonds Vérard (105x48mm). Cette initiale se retrouve dans l’«Hortus Sanitatis» imprimé pour Vérard vers 1500, (reproduite dans Fairfax Murray. Early Frenchbooks, n° 227) et dans les «Épîtres de St Pol», s.d. (reproduite dans Claudin. Histoire de l’Imprimerie. II. p 503). Une splendide gravure sur bois (180 x 150 mm) (qui serait le siège de Lille, différent du bois de la première édition) représente Roi et soldats en armures et combats devant une ville assiégée, au feuillet 163 du tome Ier. La scène élégante est bien campée et les détails architecturaux de grande beauté. «Le dessin est ferme, les tailles déliées. Il y a de la souplesse dans les attitudes des personnages du premier plan, dont les visages expriment la diversité des sentiments qui les agitent». La grande Marque de Vérard est apposée au recto du dernier feuillet du second volume (Renouard,1088). Monstrelet résida la plus grande partie de sa vie à Cambrai, possession du duc de Bourgogne. Il avait été pourvu dès 1436 de l’office de lieutenant de gavenier de Cambrai, - les gaves ou gavènes étant la redevance annuelle que les sujets des églises du Cambraisis payaient au duc de Bourgogne, pour la garde de ses églises, qui lui appartenaient en qualité de comte de Flandre. Bailli du chapitre de Cambrai en 1436, il devient prévôt de la ville de Cambrai, et le restera jusqu’à sa mort vers la mi-juillet 1453. Historien, il accompagnait le duc Philippe dans ses voyages et campagnes, ce qui lui permit de décrire nombre d’événements, dont il avait été le témoin visuel. Pour preuve, sa translation de la visite du duc Philippe à Jeanne, après sa capture sous les murs de Compiègne: «laquelle (Jeanne) icelui duc alla voir au logis ou elle étoit, et parla à elle aucune paroles, dont je ne suis mie bien recors, jà soit ce que j’y étois présent» désarmant aveu de candeur de la part du chroniqueur. Monstrelet se veut le continuateur de l’œuvre de Froissart: «Et commencera cette présente Chronique au jour de Pâques communiaux, l'an de grâce 1400, auquel on finit le dernier volume de ce que fit et composa, en son temps, ce prudent et très renommé historien maître Jean Froissart, natif de Valenciennes, en Hainaut, duquel, par ses nobles œuvres, la renommée durera par longtemps.» Le premier volume de Monstrelet s’arrête en 1422 « au trépas du très chrétien roi de France de très noble mémoire, Charles le Bien-Aimé, sixième de ce nom ». Le deuxième volume couvre la période octobre 1422 à l’an de Grâce 1444. Le troisième volume ne peut être attribué à Monstrelet, et nous rejoignons parfaitement l'avis de l’Historien Buchon, qui dès 1836 dans son « Choix de chroniques et mémoires de l’histoire de France » attribue les faits relatés de 1444 à 1467, à Matthieu d’Escouchy, Monstrelet étant mort en 1455. Matthieu d'Escouchy déclare lui‑même que Monstrelet s'est arrêté en 1444 et qu'il commence en conséquence sa continuation à partir de cette année. Avec la guerre de Gand, Matthieu d'Escouchy reprend presque littéralement les écrits d'un autre chroniqueur : J. du Clercq, et ceci jusqu'à 1467, fin du troisième volume et de notre deuxième tome. La présentation, en deux tomes, des trois volumes de chroniques d'Enguerrand de Monstrelet par l'éditeur imprimeur Antoine Vérard s'explique par le fait qu'il n'était pas bien entendu au courant de ces recherches plus tardives. Quoi qu'il en soit sa présentation des chroniques en deux tomes est parfaitement équilibrée : le premier tome couvre le volume I et comporte 313 folios. Le second 345, respectivement 210 feuillets pour le volume II et 135 pour le volume III. Au feuillet 00ii du premier volume, la complainte extraordinaire du pauvre commun et des pauvres laboureurs de France: Hélas! hélas! hélas! hélas! Gens d’armes et les trois estats, Prélas, princes et bons seigneurs, Qui vivez sur nous laboureurs, Bourgeois, marchands et avocats, Confortez nous d’aucun bon ayde, Gens de mestiers grans et mineurs Vivre nous fault, c’est le remède… Remarquable exemplaire de Sir Edward Sullivan, immense de marges, revêtu d’une riche reliure en maroquin rouge réalisée par Trautz-Bauzonnet, ainsi décrit dans la vente Sotheby’s du 3 juin 1890, n° 1440: «Very fine copy in red morocco super extra», £ 21-10s to Rimell; William O’Brien, bequest booklabel dated 1899; library stamp on titles. This was one of the more expensive books bought by O’Brien. Ce superbe exemplaire de l’un des livres fondateurs de l’histoire de France, imprimé en 1503, est rarissime en belle condition.
Techener 14,3 x 19,3 Paris 1836 Six volumes petits in-8, 1836-1838, reliure demi-chagrin marron de l'époque (signée Fechoz), dos à cinq nerfs orné de filets dorés, titres et tomaisons dorés, dates dorées en pied des dos, papier marbrés pour les plats et les gardes, tranches supérieures dorées, XXXV-384, XVII-410, 418, 431, 497, 504 pp., gravure en frontispice du premier volume. Première édition complète des Grandes Chroniques de France, dites "Chroniques de Saint-Denis", "roman des rois" et compilation historiographique, rédigées sur l'ordre de Saint-Louis, initiées à l'abbaye de Saint-Denis et poursuivies par ses successeurs (XIIIe - XVe siècles. Bonne reliure, coins en très bon état, rousseurs éparses. (EvB57) PHOTOS NUMERIQUES DISPONIBLES PAR EMAIL SUR SIMPLE DEMANDE-DIGITAL PHOTOGRAPS MAY BE AVAILABLE ON REQUEST Livre
Paris Flammarion sans date (1947). In-12 broché 267pp. Petite pliure angulaire sur le 1er plat de la couverture. Exemplaire en bon état et complet, imprimé sur papier d'édition, enrichi d'un bel envoi de l'Auteur; daté du 7 janvier 1947, cet envoi occupe tout un feuillet blanc.