Paris, F. Sinnett, [1861]. 407 x 502 mm.
Reference : LBW-8920
Belle marine, dessinée par Louis Le Breton, lithographiée en couleurs par Becquet, et publiée par Frederick Sinnett à Paris en 1861. L'estampe montre trois navires de guerre français au mouillage, arborant le pavillon français, avec de petites embarcations à voile, à vapeur et à rames. Au premier plan figure La Gloire, frégate cuirassée à hélice, la première au monde. Ayant essuyé de lourdes pertes pendant la Guerre de Crimée, la Marine française commença à réfléchir à une meilleure protection de ses bâtiments, notamment en protégeant la coque des frégates par un blindage en fer forgé qui descendrait au-dessous de la ligne de flottaison. Construite à Toulon entre 1858 et 1859, sur les plans de l’ingénieur Henri Dupuy de Lôme, activement soutenu par Napoléon III, La Gloire fut lancée par la Marine nationale française en novembre 1859, devançant de peu le cuirassé britannique Warrior de la Royal Navy britannique, lancé l'année suivante. Ce fut le premier cuirassé au monde. À l'arrière de La Gloire figure une frégate à voile. Sur la droite se trouve une petite canonnière construite par Mr. Arman de Bordeaux, comme l'indique la légende. Architecte et constructeur naval bordelais, Lucien Arman joue un rôle important dans les chantiers navals de Bordeaux. Les Chantiers Arman lancèrent plus de cent navires à voile et à vapeur entre 1849 et 1860. À l'arrière se dresse un voilier à trois mâts à gréement carré, arborant également le pavillon français. Son nom, Daunawerth, est inscrit sur la poupe. Le Donawerth était un navire de ligne de 90 canons de la classe Suffren. Sa quille fut posée à Lorient en 1827. Il resta abandonné pendant plusieurs années avant d'être achevé comme navire à vapeur. Il fut finalement lancé le 15 février 1854. Il participa à la Guerre de Crimée en tant que transport. En 1868, il fut rebaptisé Jean Bart et utilisé comme navire-école. Il fut à nouveau rebaptisé Cyclope en 1886, et finalement démantelé en 1897. Une forteresse est visible sur la côte, à l'extrême droite de l'image. Peintre de marines, aquarelliste et chirurgien de marine, Louis Le Breton fut l'un des artistes les plus prolifiques de son temps et le témoin de nombreuses scènes maritimes du XIXe siècle. En 1837, à l'âge de 19 ans, il embarque comme aide-chirurgien sur l'Astrolabe, lors du troisième et dernier voyage de Dumont d'Urville. Doué en dessin, il suit une formation de peintre pendant les premiers mois de l'expédition, auprès d'Ernest Goupil, le peintre officiel de l'expédition. Le 4 janvier 1840, Goupil succombe de dysenterie à Hobart Town (Tasmanie). Dumont d'Urville ayant apprécié les services et le talent de l'apprenti, le charge de prendre la place de dessinateur de l'expédition. C'est à Louis Le Breton que reviendra la tâche de rassembler l'iconographie du voyage qui sera publiée dans l'Atlas pittoresque du Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie. Bel exemplaire. Quelques rousseurs, essentiellement dans les marges. Bibliographie de la France, Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 25 mai 1861, p. 263, 1277.
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