Genève et New-York, Inconnu 1853, 145x195mm, VI - 302pages, broché.
Reference : 75999
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Jersey, novembre 1852. In-32 de 15 pp. (un feuillet plié). Parfait état.
Rare édition séparée de Nox, premier poème des Châtiments, datée de novembre 1852 à Jersey. Cette petite plaquette in-32 de 15 pp. a été tirée à petit nombre pour servir de réclame aux Châtiments. Elle a dû paraître clandestinement pendant limpression du recueil, en 1853, ou très peu de temps après. « De l'édition non expurgée [de Châtiments], Hugo fit tirer quatre extraits destinés à être introduits en France par lettre. L'Expiation ; Châtiments, Joyeuse Vie ; À l'obéissance passive ; Châtiments, Nox. Les deux premiers de ces extraits, Expiation et Joyeuse Vie ont été tirés à 2 000 exemplaires, les deux derniers A l'Obéissance passive et Nox à un nombre infime (10 ou 12 peut-être ?) sans qu'on en comprenne la raison. Ils sont restés longtemps inconnus » (Clouzot, Guide du bibliophile français, 149). L'exemplaire est préservé tel que paru, c'est-à-dire en une feuille repliée trois fois. Vicaire, IV, col. 312 & 313.
Exemplaire Stirling, avec l'épreuve n° 1 du plus petit portrait gravé d'Hugo Bruxelles, Henri Samuel et Cie, éditeurs, [(novembre)] 1853. 1 vol. (95 x 145 mm) de 407 p. Maroquin vert-empire, plats ornés à la Du Seuil avec double filet d'en cadrement et motifs floraux aux angles, plaque d'acier gravé de forme octogonale incrustée au centre du premier plat, dos à nerfs orné de caissons d'encadrement, filets dorés et à froid, fleurons dorés, titre doré, date en pied et mention « édition princeps», tête dorée, filet sur les coupes, large dentelle intérieure, contrelats et gardes de soie à motifs empire (reliure fin XIXe). Véritable et première édition originale des Châtiments. Elle fut tirée à 2 000 exemplaires, dont un grand nombre fut détruit. Précieux exemplaire ayant appartenu à Julien Stirling, grand hugolien et hugolâtre de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Il comporte l'épreuve n° 1 du plus petit portrait gravé de Victor Hugo, particulièrement adapté au format des Châtiments, ainsi que son cuivre original, monté sur le premier plat de la reliure.
À la suite du coup d'État du 2 décembre 1851 qui voit l'arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo doit s'exiler. Après avoir interrompu Histoire d'un crime qu'il ne fera paraître qu'en 1877 et au moment où il commence à rédiger son pamphlet Napoléon-le-petit, Hugo a déjà en tête son pendant satirique, qu'il songe à appeler Les Vengeresses, puis Le Chant du Vengeur, avant de chosir le seul mot de Châtiments, un «titre menaçant et simple, c'est-à-dire beau», écrit-il à son éditeur Hetzel. Le recueil connaît une double édition à Bruxelles en novembre 1853, une version officielle, auto-censurée par des lignes de points, que Hugo nomme «l'Eunuque». C'est la véritable originale du texte. Important exemplaire, avec le cuivre original et l'un des huit épreuves tirées du portrait. Il est l'oeuvre du Strasbourgeois Julien Stirling, attaché par la suite au Service historique de la ville de Paris. Il voua une passion pour Victor Hugo et une chronique toute entière lui sera consacrée en 1903 (in Le Carnet, «Un Hugolâtre [Julien Stirling]», p. 413 et suiv.). Avant l'achat de la collection par Paul Meurice pour la création du musée, Louis Koch, neveu et héritier de Juliette Drouet, avait dispersé quelques éléments de Hauteville House, dont plusieurs furent cédés à Julien Striling (provenant en particlier de la salle à manger). Stirling fit graver ce qui constitue le plus petit des portraits de Victor Hugo, dont il ne fit tiré que huit épreuves. L'une d'elle (n° 4), figure dans l'exemplaire Noilly puis Claretie de La Voix de Guernesey (Vente Claretie, n° 713), relié par Allô, ce qui permet de cerner la date de la fabrication de ce portrait du vivant de Victor Hugo (vente Noilly en 1886, Allô étant décédé en 1890). Le présent exemplaire est le sien, dans lequel il fit monter, sur le premier plat, le cuivre original de ce portrait, en conservant l'épreuve n° 1, montée en tête avant la couverture. Nous n'avons pu localiser aucune des autres épreuves de ce portrait, hormis celui de l'exemplaire Noilly-Claretie. Cette édition de Bruxelles constitue bien l'édition originale, pour ne pas dire princeps, des Châtiments. «Un grand nombre de vers y sont remplacés par des lignes de points ; mais contrairement à ce qu'ont écrit plusieurs bibliographes, je tiens de M. Paul Meurice que Victor Hugo, sans y prêter son concours, n'a jamais désavoué cette édition» (Vicaire). De la bibliothèque Julien Stirling (ex-libris). Clouzot p. 148 ; Michaux, Essais bibliographiques concernant les oeuvres de Victor Hugo, parues pendant l'exil, p. 22-23). Vicaire, IV, col. 312 ; Carteret, I, p. 415.
Les quatre plaquettes des Châtiments [Bruxelles, Samuel, fin 1852 - début 1853]. 4 plaquettes (75 x 115 mm) de 16 p. chacune. Brochés, sous chemise et étui de demi-maroquin rouge. Collection complète des quatre pièces extraites de l'édition non expurgée des Châtiments. Les deux premières, « Nox » et « L'Expiation », furent imprimées à 2 000 exemplaires, « Joyeuse vie » à quelques centaines - et « À l'obéissance passive » à quelques unités seulement, ces deux dernières étant inconnues de Vicaire et de Carteret.
Ces plaquettes furent imprimées pour être introduites clandestinement en France, par courrier, à la suite de l'interdiction des Châtiments. L'imprimeur belge Samuel fit également imprimer séparément, dans le format in-32, quelques pièces du recueil : de minces brochures qui puissent être expédiées par la poste et échapper facilement à la vigilance de la police. Le 13 décembre, Samuel indique à Hugo qu'ont déjà été imprimés «deux extraits, l'un que vous avez déjà [Nox], l'autre que je vous envoie ici, L'Expiation [...]. Maintenant, je fais les pièces que vous m'avez indiquées [Joyeuse vie et À l'obéissance passive] ; je vous en enverrai une preuve... J'ai tiré quatre mille extraits des deux premières - deux mille de chaque pièce.» Cela vient infirmer les dires de Clouzot, pour qui les deux premières furent « L'Expiation » et « Joyeuse vie », « tirées à 2 000 exemplaires [...], les deux dernières [À l'obéissance passive et Nox] à un nombre infime (10 ou 12 peut-être ?) sans qu'on en comprenne la raison. Ils sont restés longtemps inconnus » (Clouzot, p. 147). « Joyeuse vie » connût en effet un tirage bien moins important ; quant à « L'Obéissance passive », elle failli même passer entièrement à la trappe : sa « composition était achevée, et Victor Hugo en avait corrigé les épreuves, lorsqu'il se ravisa et ordonna à Samuel de décomposer. Il s'aperçut en effet que cette poésie, lue isolément, risquait d'être interprétée par ses adversaires comme une insulte à l'armée française.» Elle fut in fine imprimée à quelques unités, sans pouvoir être diffusée comme les précédentes et c'est clairement la plus rare de quatre plaquettes. La précipitation de la composition de ce dernier tiré à part est d'ailleurs confirmée par le caractère inachevé de la page de titre : à la différence des trois autres, elle ne contient ni le titre général des Châtiments, ni le nom de l'auteur et encore moins la préface introductive. C'est également la seule à être datée de 1853. Les trois autres le sont de novembre et décembre 1852. Si le nombre avancé par Clouzot peut sembler quelque peu exagéré, la rareté de cette plaquette demeure néanmoins une réalité : pas d'exemplaire dans la collection Zoummeroff, inconnu de Carteret et jamais vu par Vicaire, qui ne connaissait de visu que les deux premières.
Le premier des quatre tirés à part des Châtiments S.l.n.d. [Jersey, St Hellier, 1852] 1 plaquette (70 x 110 mm) de 16 pp., en une feuille pliée. Tiré à part des Châtiments - l'un des quatre publiés (avec Nox, A l'obéissance passive et Expiation).
À la demande et sous la conduite de l'économiste Adolphe Blanqui, qui vient de publier une terrible enquête sur les classes ouvrières en 1848, Victor Hugo, accompagné de médecins et de quelques autres «autorités», se rend en février 1851 à Lille, afin de constater sur place les terribles conditions de logement des ouvriers de l'industrie textile. Il est horrifié par ce qu'il découvre: chaque famille vit et travaille à domicile dans des conditions épouvantables, entassée dans des caves insalubres. À son retour, Hugo rédige pour l'Assemblée un discours, relatant avec force détails sa visite, citant «les premiers faits venus, ceux que le hasard nous a donnés dans une visite qui n'a duré que quelques heures. Ces faits ont au plus haut degré tout le caractère d'une moyenne. Ils sont horribles». Ce discours, il ne le prononcera pas : le coup d'État de Louis Bonaparte le 2 décembre 1851 ne lui en laissera pas le temps. Menacé, Hugo s'exile à Bruxelles, puis dans les îles anglo-normandes où, par son travail d'organisation et par ses écrits, il devient l'un des principaux protagonistes de l'opposition au régime : d'abord avec Napoléon le petit, en 1852, puis avec les Châtiments, en 1853. L'une des sections qui compose le recueil se nourrit de la visite à Lille de février 1851 : « Millions ! millions ! châteaux ! liste civile ! Un jour je descendis dans les caves de Lille ; Je vis ce morne enfer» qu'il compose en décembre 1852. Elle composera le deuxième des tirés à part des Châtiments, sous le titre de «Joyeuse vie», publiés en extraits non expurgés.
Genève et New-York , s.d. & Amsterdan (Bruxelles), I. Stemvers et Cie (H. Samuel), 1853. Deux volumes in-32 sur papier bible de: faux-titre, titre, III pages (annonce de Hugo), 392 pages & faux-titre, titre, 284 pages. Très séduisantes reliures en plein maroquin bordeaux à longs grains, plats orné d'une large dentelle à petits fers de type ferronnerie, dos à nerfs fleuronnés, tranches dorées, dentelle intérieure, filet sur les coupes, sous étui regroupant les deux volumes. Dos légèrement insolés, petits frottements aux charnières.
Edition complète des Châtiments, seule reconnue par l'auteur, de ce recueil de poèmes satiriques contre Napoléon III. La page de titre des Châtiments ne comporte pas la date de 1853, sans doute une contrefaçon. Rare édition parue un an après l'édition originale de "Napoléon-le-Petit", non répertoriée par Carteret ni Vicaire. Dans une lettre adressée à l'éditeur Pierre-Jules Hetzel, datée du 7 septembre 1852 et dans laquelle il lui annonce la rédaction des Châtiments pour dénoncer le coup dÉtat de Napoléon III, Victor Hugo écrit : « J'ai pensé qu'il m'était impossible de publier en ce moment un volume de poésie pure. Cela ferait l'effet d'un désarmement, et je suis plus armé et plus combattant que jamais ». Ces deux ouvrages ne rapportèrent pas de revenu à leur auteur : "Napoléon-le-Petit et Les Châtiments, livres de combat, avaient été vendus sous le manteau, au seul bénéfice des colporteurs". (Maurois). Carteret, Vicaire.