Paris Hachette, coll. "Génies et réalités" 1964 1 vol. relié in-8, skivertex éditeur, 285 pp., très nombreuses reproductions en héliogravure et en couleurs. Textes de Pierre-Henri Simon, Pierre Gascar, René-Marill Albérès, Pierre de Boisdeffre, Jean Daniel, Emmanuel Roblès, Jules Roy, etc.
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1972 Gallimard Hardcover Fine
Bibliotheque de la Pleiade Albert Camus Essais 1975 pp, reliure d'éditeur. Sous jaquette et rhodoid. Bel exemplaire.
R. Laffont Évreux impr. Hérissey 1966 351 pages 1966. 351 pages.
Remarquable reliure de Martin et envoi signé Paris, Gallimard, (juillet) 1953. 1 vol. (105 x 165 mm) de 169 p. et [3] f. Maroquin gris à encadrement, plats ornés de velours gris avec deux filets à l'œser figurant une crois et une découpe en demi-lune en marge extérieure, titre doré, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure signée de P.-L. Martin, 1961 au second contreplat avec la mention du commanditaire au premier contreplat). Édition originale. Un des 65 premiers exemplaires sur vélin pur fil, celui-ci hors commerce marqué «E». Envoi signé : «à Robert Chatté, cet encouragement à mal faire puisque son salut est assuré selon Calderon, avec les bénédictions de Saint Albert».
Lorsqu'en 1953 Marcel Herrand - celui qui, le premier, avait donné sa chance à Camus en montant Le Malentendu au Théâtre des Mathurins en 1944 -, lui demande de l'aide pour son festival de théâtre à Angers, qu'il ne peut plus assurer seul car gravement malade, Camus accepte de lui fournir deux adaptations : une de La Dévotion à la croix, de Calderon, et une des Esprits de Pierre de Larivey. Maria Casarès est cette année-là la vedette du festival et aura le premier rôle des deux pièces, adaptées et mises en scène par Camus. Les répétitions auront lieu au printemps au théâtre de Mathurins ; le festival s'ouvrira le 14 juin avec La Dévotion à la Croix ; Les Esprits le clôtureront. Cette dernière est « une adaptation dont Molière devait user largement pour son Avare. Nous y retrouverons le fameux monologue d'Harpagon pleurant sa cassette volée, ainsi qu'un personnage d'avaricieux déjà poussé vers la comédie de caractère classique. Jean Marchat, Maria Casares, Jacques Amyrian, Paul OEttly et Jean Vincy en interpréteront les principaux rôles dans des costumes de Philippe Bonnet. » (Le Monde, 29 mai 1953). Son origine remonte à 1940, pour ses anciens camarades du Théâtre de l'Équipe, à Alger, qui voulaient reprendre une activité. Il leur définit Larivey comme un continuateur de la « commedia dell'arte », le jugeant ainsi : « Le type moyen traduisant sans génie, mais mettant dans la circulation française des thèmes qui le dépassent de beaucoup (...) Le texte primitif est en français du XVIe siècle, naturellement. Je l'ai transposé en français moderne. La pièce comporte cinq actes, mais cinq actes à la manière de l'époque, c'est-à-dire fort courts.» Camus leur joint même un plan pour le décor : une mise en scène à distance, tant et si bien décrite que la pièce, d'après ses directives, sera bel et bien jouée, en 1946, en Algérie, pour les mouvements de culture et d'éducation populaires. Ce retour au théâtre se fera par un auteur que Camus admirait, et par un texte qu'il connaissait grâce à la traduction qu'en avait faite Georges Pillement en 1946 pour la collection « Poésie et théâtre » : une collection que Camus dirigeait lui-même aux Éditions Charlot. Camus ne parle pas l'espagnol et va donc s'inspirer largement de la version de Pillement pour son « texte français ». À la même époque, il envisage de réunir dans un même volume quelques oeuvres majeures du répertoire classique espagnol, songeant à faire traduire par des écrivains de renom, pour la Bibliothèque de la Pléiade, un choix de pièces de Tirso de Molina et de Calderón. Peu avant sa mort, alors qu'André Malraux oeuvrait à lui confier la direction d'un théâtre, Camus établit même une programmation. Il y inscrit notamment La Dévotion à la croix, Le Chevalier d'Olmedo, L'Alcade de Zalamea, La vie est un songe, L'Étoile de Séville - mais aussi six pièces de Corneille, une de Racine (Bérénice), et Othello, qu'il avait traduit sans jamais oser le monter : « Côté théâtre, je n'en suis encore qu'à mon baccalauréat théâtral... Shakespeare, c'est l'agrégation ! ». La pièce rejoint également un centre d'intérêt bien plus ancien - et aussi plus personnel : dès 1936, avec Révolte dans les Asturies - sa toute première publication - et avec Le Secret de Ramón Sender (non publié mais joué au Théâtre du Travail), puis en 1937 avec La Célestine de Fernando de Rojas (jouée au Théâtre de l'Équipe), Camus explore les textes espagnols. Cette fidélité traverse toute son oeuvre : L'État de siège se déroule à Cadix, et La Dévotion à la croix, bien qu'implantée en Italie, lui permet encore de rester au plus près de cette « seconde patrie », qui est aussi celle de Maria Casarès et de ses grands-parents maternels, Étienne Sintès et Catherine Marie Cardona, d'origine minorquine. Il revendiquera cette fidélité dans un article publié en 1958 dans Preuves : « Amis espagnols, nous sommes en partie du même sang et j'ai envers votre patrie, sa littérature et son peuple, sa tradition, une dette qui ne s'éteindra pas. » Les répétitions pour le festival d'Angers commencent au printemps 1953 jusqu'au jour de la première, le 14 juin 1953, avec Maria Casarès dans le rôle principal. Trois jours auparavant, le 11 juin, Marcel Herrand meurt. Cette création devient donc un hommage à celui à qui il devait tant. Camus offrira un exemplaire de chacun des volumes à Maria, dédicacés « à Ma Julia » et « à ma Féliciane », du nom des rôles principaux qu'elle occupait dans les deux pièces. Le premier des exemplaires, lettré A, sera réservé pour René Char. Cet exemplaire - le dernier des cinq hors commerce - est celui de Robert Chatté, l'une des grandes figures de la librairie clandestine. Jean-Jacques Pauvert l'évoque dans ses Souvenirs comme « le mystérieux libraire de Montmartre, [...] grand, mince, très bien élevé, avec des oreilles décollées étonnantes, [...] qui exerçait en appartement et prenait un grand luxe de précautions et avait ses entrées chez Gallimard, chez qui il avait débuté comme simple commis. Il n'ouvrait sa porte que si l'on usait d'un certain signal. Il avait fait imprimer aussi l'édition originale de Madame Edwarda de Bataille en 1941 ». Sa relation avec Camus fut précoce et constante, jusqu'à son décès le 8 septembre 1957, que l'écrivain note dans ses Carnets : « Mort de Robert Chatté. Seul, à l'hôpital de Villejuif. » (III, p. 198). Son ami Pascal Pia s'occupera de la succession et de l'inventaire de son appartement. Parisien tout le premier semestre 1954, Camus offre vraisemblablement à Chatté son ouvrage dès sa parution, mi-février. Les 40° annoncés sont davantage un écho ironique aux textes de L'Été qu'à la situation météorologique en France : le fameux hiver 1954 est l'un des plus froids du siècle dernier (température ressentie de près de -40°) ! Camus passera tout l'été, au frais, dans la propriété normande des Gallimard, à Sorel-Moussel. Cet exemplaire a figuré à l'exposition du centenaire, « Albert Camus de Tipasa à Lourmarin » (n° 155, reproduit). De la bibliothèque du professeur Millot (avec mention au second plat de P.-L. Martin). Très bel exemplaire.
Exemplaire René Char avec envoi Paris, Gallimard, (17 juin) 1957. 1 vol. (110 x 170 mm) de 203 p. et [2] f. Broché. Édition originale de l'adaptation d'Albert Camus. Un des exemplaires numérotés sur alfa. Envoi signé : «En ce temps-là, cher René, beaucoup d'hommes savaient que l'amitié et l'honneur étaient les deux noms d'une même fidélité ; aujourd'hui, dans l'abaissement où nous sommes, ceux qui comme vous le savent encore, comment nous en passerions-nous ? A. C. 1957».
Cette dédicace, au coeur de l'année du Nobel, résume évidemment l'amitié, mais surtout l'alliance d'éthique et d'esthétique qui gouverne la période : Camus dramaturge, metteur en scène et traducteur, ancre son travail dans une fidélité d'amitié, d'histoire et de théâtre. Dès ses débuts algérois, Camus rêve de plein air, d'une scène populaire où la parole « marche vers sa fin » ; l'Espagne l'accompagne très tôt (de Révolte dans les Asturies à La Célestine montée avec l'Équipe), avant qu'une première collaboration décisive n'ait lieu en 1953 : Marcel Herrand lui commande l'adaptation de Calderón, La Dévotion à la croix, coup d'envoi d'un cycle hispanique qui culminera avec Lope de Vega en 1957 et ce Chevalier d'Olmedo. À Angers, Camus est la figure centrale de la 6e édition du Festival (21-30 juin 1957) : il y remanie et met en scène Caligula pour la première fois et dirige sa propre adaptation du Chevalier d'Olmedo. La « première » demeure, de manière légendaire, datée au 21 juin mais un orage d'une violence rare arrache décors et inonde plateau et gradins au moment d'allumer les remparts : la représentation est annulée, si bien que le festival s'ouvrira in fine le 22 par Caligula, et la vraie première d'Olmedo a lieu le 23 juin (puis les 26 et 29). Sans en « oublier le côté populaire », écrit-il en marge de ses brouillons sur la pièce. Car Olmedo vient nourrir le projet d'une tragédie moderne où « un seul sentiment marche sans arrêt vers sa fin », et préfigure le répertoire que Camus, à la fin de 1959, cerne pour la direction de théâtre qu'on s'apprête à lui confier : Lope (encore), Calderón, Tirso de Molina... Robert Kemp, dans sa critique de la pièce donnée dans Le Monde, saluera le rythme, la fraîcheur et l'innocence du texte de Lope servis par « la plume solide, aiguë » de Camus - la même qui vient d'écrire, sur la peine de mort, des pages fortes et saisissantes, qui ne convaincront pas les mainteneurs de la guillotine, mais exalteront les abolitionnistes. Rien d'anecdotique : Camus note que le dernier mot de la pièce - teatro - signifie aussi échafaud ; les tréteaux sont un gibet. « Il vaudrait mieux que l'exécution fût publique. Le comédien qui est en chaque homme pourrait alors venir au secours de l'animal épouvanté et l'aider à faire figure, même à ses propres yeux », écrit-il dans Réflexions sur la guillotine, dont la rédaction est strictement contemporaine. Ainsi, la fin de l'adaptation d'Angers n'est pas sans rappeler un motif qui parcourt l'oeuvre entière de Camus, du dernier voeu de Meursault, au pied de l'échafaud dans L'Étranger, jusqu'au rêve d'exécution publique dont parle Clamence à la fin de La Chute, publiée l'année précédente. Magnifique provenance. Cet envoi est l'une des 43 connus à René Char, l'ami, le frère : cette dédicace est, de loin, la plus longue des 43 référencées.
mardi 25 août | 13.4 x 20.9 cm | Une feuille
Lettre autographe signée d'Albert Camus adressée à « Madame Quentin ». Une page sur un feuillet rédigé à l'encre noire, à en-tête de la Nrf, accompagnée de son enveloppe portant l'adresse autographe de sa destinataire. Trace de pli horizontal inhérente à la mise sous pli de la lettre. « Je serai à Paris lundi ou mardi au plus tard (c'est donc le 31 ou le 1). Pouvez-vous demander à Madame Pinker, dès réception de cette lettre, de ne plus faire suivre mon courrier. J'espère que vous avez pu vous reposer un peu pendant le mois d'août et vous envoie mes biens fidèles pensées ». Lorsqu'il habite sa maison à Lourmarin, c'est à sa femme de ménage, Madame Quentin, qu'Albert Camus s'adresse pour les questions logistiques liées à son pied-à-terre parisien, au 4 rue de Chanaleilles, voisin de celui de René Char. L'écrivain réalise plusieurs allers et retours entre ses deux résidences de 1958 jusqu'au 4 janvier 1960, date à laquelle il trouvera tragiquement la mort dans un accident de voiture à Villeblevin dans l'Yonne. L'une de ses ultimes lettres datée du 23 décembre 1959 sera adressée à cette « chère Madame Quentin », dans laquelle, en plus d'une généreuse étrenne de fin d'année, Camus précisera la date de son retour à Paris, comme il le fait dans cette lettre. On joint un télégramme adressé à nouveau à Mme « Quentin 86 Rue de Varennes », en date du « 5-59 ». Les lettres autographes signées d'Albert Camus sont aujourd'hui très recherchées. Celle-ci témoigne du langage prévenant qu'emploie l'écrivain envers Madame Quentin, qui exerce la même profession qu'occupait sa mère. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85