De l'Imprimerie de P. Didot l'aîné | Paris 1796 | 23 x 31.50 cm | relié
Reference : 71224
Nouvelle édition revue par l'auteur, illustrée de 4 planches gravées sur cuivre par Morel d'après les dessins de Chaudet (Cohen, col. 927). Luxueuse publication sortie des presses de Pierre Didot l'aîné, le plus grand imprimeur de son temps. Cette édition se distingue de toutes les précédentes par son illustration entièrement renouvelée dans un esprit néoclassique, accordé à l'esthétique du Directoire. Elle est la première à avoir été revue par l'auteur lui-même. Reliure de l'époque en plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs richement illustré de dentelles, filets et fleurons dorés, plats encadrés d'une double dentelle dorée, roulette dorée sur les coupes et les coiffes, gardes et contreplats - encadrés d'une dentelle dorée - de papier caillouté, toutes tranches dorées. * L'édition originale desSaisons, parue en 1769, avait consacré la réputation de Saint-Lambert et lui avait ouvert les portes de l'Académie française, avec le soutien de Voltaire, qui écrivait du poème : « C'est le seul ouvrage de notre siècle qui passera à la postérité. » La présente édition paraît en un moment singulier : deux ans après le décret d'abolition de l'esclavage voté par la Convention le 4 février 1794, et alors que Saint-Lambert, âgé de quatre-vingts ans, revoit lui-même son uvre pour la dernière grande édition de sa vie. Le choix de l'imprimeur Didot dont les productions incarnent alors le sommet du luxe typographique français et la date même de parution confèrent à ce volume une signification qui dépasse la simple réimpression. L'ouvrage contient, outre le long poème en quatre chants consacré aux saisons et sa préface sur la poésie bucolique et champêtre, les contes (L'Abénaki, Sara Th..., Ziméo), les Pièces fugitives et les Fables orientales. Ces dernières s'ouvrent sur une « Préface de Saadi », attribution explicite, nouvelle par rapport aux éditions de 1769 et 1775, de l'adaptation libre de la préface du Gulistan (le « Jardin des roses », XIIIe siècle) qui figure dans le recueil depuis l'édition originale. C'est dans cette édition revue par l'auteur que Saint-Lambert assume publiquement sa dette envers la littérature persane, au moment où la première traduction complète du Gulistan venait de paraître (abbé Gaudin, 1789). C'est par Ziméo, inséré dans le recueil depuis l'édition originale de 1769, que l'uvre de Saint-Lambert occupe une place singulière dans l'histoire littéraire des Lumières. L'un des rares textes de cette période à mettre en scène une insurrection d'esclaves, là où Voltaire dans Candide n'avait esquissé qu'une figure solitaire de la révolte, ce conte construit un héros africain doté d'une pleine dignité épique et précède chronologiquement la figure du révolté chez Louis-Sébastien Mercier (1771) ainsi que le célèbre passage antiesclavagiste de l'Histoire philosophique des deux Indes, attribué à Diderot, qui n'apparait que dans l'édition de 1780. On notera cependant que cette édition de 1796, contrairement aux précédentes, ne reproduit pas les « Réflexions sur les Nègres » qui suivaient Ziméo dans les éditions de 1769 et 1775, texte dans lequel Saint-Lambert affirmait que les défauts prêtés aux Africains « sont de l'esclavage » et non de nature. Cette suppression, intervenue deux ans à peine après le décret d'abolition, reste difficile à interpréter avec certitude : choix éditorial lié au format luxueux de la publication, discrétion calculée dans un contexte politique encore instable, la question coloniale étant loin d'être définitivement résolue sous le Directoire... A moins que cette absence de revendication soit justement le signe de la victoire des idées humanistes pour lesquelles l'auteur n'à plus à plaider puisqu'elles ont été pleinement reconnues par La Convention qui a voté l'abolitionde l'esclavage le 4 février 1794 (16 pluviôse an II). Très bel exemplaire en grande reliure de l'époque en plein maroquin rouge, de l'édition définitive revue par l'auteur, parue deux ans après l'abolition de l'esclavage. - Photograph
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S. n. | Paris 1775 | - | relié
Septième édition, première à illustrer Ziméo, ornée de 7 figures hors-texte de Moreau le Jeune : un frontispice et 4 figures pour Les Saisons, gravées par Delaunay, Duclos, Prévost et Simonet, et 2 figures pour les Contes, Poésies fugitives et Fables orientales, ainsi que de 4 vignettes en-tête par Choffard. Notre exemplaire est enrichi de tirés à part du fleuron de titre et des vignettes de Choffard. Reliure XIXème en plein maroquin bleu nuit. Dos à cinq nerfs orné de fleurons champêtres (vigne, blé et serpe, gibier et cor de chasse...) ainsi que de caissons dorés. Triple filet et dentelle géométrique dorés en encadrement des plats. Large dentelle dorée en encadrement des contreplats de papier à la cuve. Mors supérieur frotté. * L'édition originale desSaisons, parue en 1769 avec des illustrations de Gravelot et Le Prince, avait consacré la réputation de Saint-Lambert et lui avait ouvert les portes de l'Académie française. La présente septième édition (Cohen/Ricci Sp. 926 ; Sander 1779), demeurée sous l'adresse fictive « Amsterdam » masquant un imprimeur parisien, est la première à comporter une illustration pour Ziméo, le conte philosophique antiesclavagiste inclus dans le volume depuis l'originale : le frontispice de Moreau, légendé "j'aimerai deux blancs, dit-il", donne pour la première fois un visage au premier héros noir insurgé de la littérature française. L'ouvrage contient, outre le long poème en quatre chants consacré aux saisons et sa préface sur la poésie bucolique et champêtre, les contes (L'Abénaki, Sara Th..., Ziméo), les Pièces fugitives et les Fables orientales. Les Fables orientales s'ouvrent sur un texte liminaire constituant une adaptation libre de la préface du Gulistan de Saadi (le « Jardin des roses », XIIIe siècle). Cette adaptation n'est pas encore attribuée à Saadi dans la table (elle le sera dans l'éditon de 1796), mais qui représente néanmoins l'une des rares versions françaises accessibles de ce texte entre les deux premières traductions partielles françaises d'André du Ryer (1634) et d'Alègre (1704) et la première traduction complète de l'abbé Gaudin (1789). C'est surtout avec le conte philosophique antiesclavagiste Ziméo inséré dans le recueil depuis l'édition originale, que cette oeuvre de Saint-Lambert occupe une place singulière dans l'histoire littéraire européenne. Ce conte philosophique est l'un des rares textes des Lumières à mettre en scène une insurrection d'esclaves, là où un Voltaire, dans Candide, n'avait esquissé qu'une figure solitaire de la révolte. Inspiré par Oroonoko (1688) d'Aphra Behn, traduit en français par La Place en 1745, Saint-Lambert construit un héros noir doté d'une pleine dignité épique, et fait suivre son récit de « Réflexions sur les Nègres » dans lesquelles il démonte méthodiquement le préjugé racial, affirmant que les défauts prêtés aux Africains « sont de l'esclavage » et non de nature. Chronologiquement,Ziméo précède la figure du révolté chez Louis-Sébastien Mercier (1771), et le célèbre passage antiesclavagiste de l'Histoire philosophique des deux Indes, attibué à Diderot, qui ne parut qu'en 1780. La présente édition de 1775 est précisément la première à donner une illustration au conte : le frontispice de Moreau le Jeune, figurant Ziméo secourant deux Blancs, confère pour la première fois une image au héros noir de Saint-Lambert, au moment même où le débat abolitionniste commence à prendre de l'ampleur en France. Des bibliothèques de Francis Kettaneh (1897-1976) et d'Irwin Laughlin (1871-1941), avec leurs ex-libris. Francis Kettaneh, homme d'affaires né au Liban, fut l'un des grands bibliophiles américains du XXe siècle, dont l'ex-libris porte la devise Mehr Licht (derniers mots de Goethe). Irwin Boyle Laughlin, diplomate américain, fut ministre plénipotentiaire des États-Unis en Grèce (1924-1926) puis ambassadeur en Espagne (1929-1933) ; collectionneur passionné d'art et de livres français du XVIIIe siècle, il fit construire à Washington la Meridian H
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S. n. | à Amsterdam 1775 | 14 x 23 cm | relié
Septième édition, premier tirage de l'illustration de Moreau le Jeune, ornée de 7 figures hors-texte : un frontispice et 4 figures pourLes Saisons, gravées par Delaunay, Duclos, Lebas et Prévost, et 2 figures pour les Contes, Poésies fugitives et Fables orientales, ainsi que des vignettes en-tête de Choffard, reprises de l'édition originale de 1769. Reliure en plein veau d'époque. Dos lisse richement orné. Pièce de titre en maroquin rouge. Plats en veau flammé (avec grecque d'encadrement) d'une date postérieure ajoutés en restauration. Coins émoussés. Une fente au mors supérieur sur 5 cm. Assez bon exemplaire. * L'édition originale desSaisons, parue en 1769 avec des illustrations de Gravelot et Le Prince, avait consacré la réputation de Saint-Lambert et lui avait ouvert les portes de l'Académie française, avec le soutien de Voltaire. La présente septième édition (Cohen/Ricci Sp. 926 ; Sander 1779) constitue une réimpression de celle de 1769 dont elle reprend les vignettes en-tête de Choffard, mais s'en distingue par l'adjonction des 7 figures de Moreau le Jeune, absentes de toutes les éditions antérieures, et par l'emploi d'un papier fort en lieu et place du papier fin de l'originale. Elle est également la première édition à illustrer Ziméo : le frontispice de Moreau, légendé "j'aimerai deux blancs, dit-il", donne pour la première fois un visage au premier héros noir insurgé de la littérature française. L'ouvrage contient, outre le long poème en quatre chants consacré aux saisons et sa préface sur la poésie bucolique et champêtre, les contes (L'Abénaki, Sara Th..., Ziméo), les Pièces fugitives et les Fables orientales. Les Fables orientales s'ouvrent sur un texte liminaire constituant une adaptation libre de la préface du Gulistan de Saadi (le « Jardin des roses », XIIIe siècle). Cette adaptation n'est pas encore attribuée à Saadi dans la table (elle le sera dans l'éditon de 1796), mais qui représente néanmoins l'une des rares versions françaises accessibles de ce texte entre les deux premières traductions partielles françaises d'André du Ryer (1634) et d'Alègre (1704) et la première traduction complète de l'abbé Gaudin (1789). C'est surtout avec le conte philosophique antiesclavagiste Ziméo inséré dans le recueil depuis l'édition originale, que cette oeuvre de Saint-Lambert occupe une place singulière dans l'histoire littéraire des Lumières. Publié pour la première fois en 1769, il est l'un des rares textes de cette période à mettre en scène une insurrection d'esclaves, là où Voltaire, dans Candide, n'avait esquissé qu'une figure solitaire de la révolte. Saint-Lambert y construit un héros africain doté d'une pleine dignité épique, et fait suivre son récit de « Réflexions sur les Nègres » dans lesquelles il démonte le préjugé racial, affirmant que les défauts prêtés aux Africains « sont de l'esclavage » et non de nature. Chronologiquement, Ziméo précède la figure du révolté chez Louis-Sébastien Mercier (1771), et le célèbre passage antiesclavagiste de l'Histoire philosophique des deux Indes, attribué à Diderot, qui que dans l'édition augmentée de 1780. Exemplaire en reliure d'époque, premier tirage de l'illustration de Moreau le Jeune et première édition illustrée du conte antiesclavagiste pionnier des Lumières. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Amsterdam, 1773, in-12 de (4)-XXXVI-215 pp.-240 pp., rel. d'ép. plein veau fauve granité, dos à nerfs orné de fers dorés, pièce de titre de mar. rouge, bon ex.