L’édition incunable du 16 septembre 1498, « la plus célèbre des Heures imprimées par Pigouchet » (François Avril et Nicole Reynaud. B.n.F.) est illustrée par le maître d’Anne de Bretagne. In-4 de 96 ff., maroquin fauve, double filet doré, mention dorée dans un petit cartouche en haut des plats, médaillon doré au centre, traces de liens, dos orné, tranches dorées. Reliure du XVIe siècle. 210 x 141 mm. Heures à lusaige de Romme. Paris, Philippe Pigouchet pour Simon Vostre, 16 septembre 1498. L’édition la plus célèbre des Heures imprimées par Pigouchet pour Simon Vostre, est datée du 16 septembre 1498. C’est l’une des plus richement illustrées. [… ] L’édition de 1498 est entièrement illustrée et décorée d’après des dessins du peintre (sauf pour la marque typographique de Pigouchet et pour une Messe de Saint Grégoire) (cf. François Avril et Nicole Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France, 1450-1520, n° 147).GW, 13253 ; Brunet, Heures, n° 44 ; Lacombe, n° 64 ; Pellechet, 5910 ; Goff, H395. Superbe édition incunable des Heures de Simon Vostre, imprimée en caractères gothiques par Philippe Pigouchet dont la marque typographique orne le titre. Elle comprend un almanach pour vingt et un ans (1488-1508) et un calendrier avec son texte latin, suivi de quatrains en latin et en français à la fin de chaque mois. L’illustration, attribuée au Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne, également connu aujourd’hui sous le nom de Maître de l’Apocalypse-Rose, comprend la figure de l’homme anatomique au verso du titre, celle du saint Graal au verso du calendrier, des bois représentant les signes du zodiaque placés dans les bordures du calendrier, et 21 grandes figures illustrant des scènes de la Bible (le Baiser de Judas, l’Arbre de Jessé, la Visitation, la Nativité, la Pentecôte, l’Adoration des bergers, la Fuite en Égypte, le Jugement dernier, la Crucifixion, Urie tué à la bataille, etc.). Le texte est placé dans de larges bordures ornées de scènes diverses, dont une Vie de la Vierge, et une Danse des morts en 66 bois réparties sur douze pages (30 pour les hommes et 36 pour les femmes). On notera aussi dans les bordures, des scènes de chasse au cerf. Nous ne représentons la très abondante production du Maître d’Anne de Bretagne à destination de l’imprimerie que par un livre d’heures ; car c’est dans ce genre d’ouvrage que la corrélation entre son œuvre enluminé et la gravure est la plus évidente et la plus parfaite. La position prise par le Maître d’Anne de Bretagne vis-à-vis de l’imprimerie est l’un des phénomènes les plus intéressants de l’histoire du livre à la fin du XVe siècle. En effet, son attitude est novatrice et tournée vers l’avenir : il se montre conscient de l’enjeu à la fois artistique et commercial de la nouvelle technique, c’est-à-dire qu’il ose renoncer à la couleur et concentre son ambition sur le trait, s’adaptant aux exigences bien comprises de la planche imprimée. Ses compositions policées et d’une parfaite lisibilité correspondent si bien à la vocation de l’illustration imprimée que les éditeurs parisiens se disputent les blocs tirés de ses dessins que l’on voit réapparaître d’un ouvrage à l’autre suivant les besoins : son matériel d’iconographie, tant profane que religieuse, est ainsi utilisé jusqu’au siècle suivant par Jean du Pré, Simon Vostre, Antoine Vérard, Guillaume Eustace, Gilles Remacle, Gillet Hardouin, Jean Petit ou Geoffroy de Marnef, sous des formes malheureusement de plus en plus abâtardies. C’est l’imprimeur Philippe Pigouchet, dans ses livres d’heures édités par Simon Vostre, qui a été l’interprète le plus fidèle et le plus minutieux de son style : les gravures imprimées sur vélin par Pigouchet rivalisent au plus près avec les miniatures de l’artiste et se détachent par leur distinction élégante de la production contemporaine, plus rudimentaire. L’édition la plus répandue et la plus célèbre des Heures imprimées par Pigouchet pour Simon Vostre, que nous présentons ici, est datée du 16 septembre 1498. C’est l’une des plus richement illustrées elle comporte vingt-deux grandes gravures d’après des dessins du Maître d’Anne de Bretagne, dont quatorze sont reprises de l’édition du 17 septembre 1496. Les gravures des Heures de Pigouchet sont quasiment des répliques des miniatures correspondantes : les schémas de compositions sont identiques, seules quelques variantes distinguent les planches gravées des enluminures, et surtout le fait que, pour compenser l’absence de la couleur qui jouait un rôle si fort dans l’équilibre de ses miniatures, l’artiste surcharge ses arrière-plans de décors ou de personnages annexes destinés à meubler les fonds restés blancs. Les scènes sont placées sous des arcatures gothiques. L’édition de 1498 est entièrement illustrée et décorée d’après des dessins du peintre, tandis que l’édition de 1496 comprenait encore plusieurs gravures d’un artiste plus médiocre. Elle enrichit le modèle de 1496 en ajoutant à la gravure du début des grandes divisions une seconde gravure en pleine page à gauche, formant diptyque avec la première : ainsi l’Annonciation est flanquée de l’Arbre de Jessé, thème en honneur à la fin du siècle que l’artiste avait évoqué dans les marges de l’Annonciation des Très Petites Heures et qu’un disciple développera dans le réseau flamboyant de la rose ouest de Saint-Séverin ; pour les psaumes de la pénitence, le bain de Bethsabée, semblable à celui des Heures Séguier, est accompagné de la mort d’Urie au combat ; pour l’office des morts, un Jugement dernier tout proche de celui des Heures Salting accompagne la scène du festin du mauvais riche, et non sa damnation comme dans les Très Petites Heures ou les Heures Le Camus ; en outre, à sexte, un fort original hommage des bergers à la Vierge et à l’Enfant fait face à l’Adoration des mages. L’édition comporte deux nouvelles planches de l’Homme anatomique et des anges tenant le calice de la Sainte plaie, désormais dessinées par notre artiste, ainsi qu’une Adoration de la Trinité au début des suffrages et une Mise au tombeau. Les bordures du livre d’heures imprimé par Pigouchet en 1498 sont très richement décorées de petits sujets annexes, également dessinés par le Maître d’Anne de Bretagne, sur fonds tantôt blancs tantôt criblés : bordures continues ou sujets isolés superposés, on y voit à côté d’histoires de la Bible ou des vies des saints, de figures de sibylles, de Vertus ou de la danse des morts, des scènes profanes de jeux d’enfants, de chasse au cerf, de cueillette des fruits, ainsi que des occupations des mois dans le calendrier, qui ont permis des rapprochements concluants avec les tapisseries tissées sur les cartons de l’artiste. Des compartiments décoratifs d’esprit plus renaissant, avec des putti, des dragons, des êtres fabuleux sur fonds criblés entremêlés d’acanthes bourgeonnantes et de fleurons, rapprochent cette édition des Très Petites Heures. Seules les initiales, bouts de lignes et pieds de mouche sont coloriés par un enlumineur spécialisé. À côté des livres imprimés — parmi lesquels on peut citer les Sept Sacrements de l'Art de bien vivre et de bien mourir pour Antoine Vérard (1492), les Vigiles de la mort de Charles VII pour Jean du Pré (1493), le Chasteau de labour pour Simon Vostre (1499), ou la Nef des folles pour Geoffroy de Marnef (1500) —, il faut mentionner, hors de notre propos, l’apport du Maître d’Anne de Bretagne dans le domaine de la planche xylographique : outre la célèbre xylographie coloriée à scènes multiples de la Passion du Christ, de nombreuses gravures sur bois, isolées de destination plus populaire ont contribué à la diffusion non seulement de ses formules iconographiques mais aussi de son style linéaire, et lui ont permis d’imposer une espèce de monopole formel dans tous les domaines des arts décoratifs, non seulement vitrail et tapisserie, mais émail, ivoire, orfèvrerie, cuir estampé — jusqu’aux azulejos portugais — fortement influencés par ses modèles. (Hist. : Legs Salomon de Rothschild, 1922. Bibl. Claudin, 1901, pp. 25-53, ill. ; Courboin, 1923 pp. 62-67, pl. 120-131 Blum, 1928, p. 41, pl. xlvi ; Desjardin, 1940-1947, I, pp. 77-78, ill. ; Souchal, 1973 ; Harthan, 1977, p. 170. » N. R. (B.N.F.) Exceptionnel exemplaire imprimé sur vélin, plus grand de marges que celui de la B.n.F. décrit par François Avril et Nicole Reynaud « Les Manuscrits à peintures en France 1440-1520 », n° 147 (
Reference : 12036
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Les Grandes Heures de Geoffroy Tory ou de son atelier (1480-1533) conservées dans leur reliure en veau brun à compartiments décorés de l’époque imprimées à Paris en 1549. L’exemplaire Yemeniz est incomplet de deux feuillets. Folio a1, au-dessus de la marque de Regnauld Chaudière (Silvestre, n° 1142) : Horae in laudem beatissimae virginis Mariae, ad usum Romanum. Marque. Parisiis. Ex officina Reginaldi Calderii et Claudii, ejus filii. 1549. Au verso : Almanach pour 1549-1574. A la fin, au bas du fol. y8 : Si de Dieu veulx appaiser le courroux… [6 vers]… Finis. In-4 caractères romains. Fig. en noir. 176 ff. [Bibl. nat. Réserve. B. 3159], imprimé en rouge et noir. Collation : a-y8. Titre dans un bel encadrement grave sur bois, chaque feuillet dans un cadre décoratif Veau brun, décor d'entrelacs et de filets courbes dores et peint a la cire verte, grise, et noire, dos lisse orne d'un décor a entrelacs doré, roulette sur les coupes, tranches dorées, restaurations en marge des deux derniers feuillets, le dernier venant d’un autre exemplaire. Complet. Précieuse reliure décorée et peinte de l’époque. 233 x 165 mm. Tory, Geoffroy (1480-1533). Heures à l’usage de Rome. 1549. « Un des livres d’heures les plus remarquables qui aient été publiés. Chaque page est ornée de larges et belles bordures gravées dans le style le plus pur et le plus parfait de la Renaissance. Le volume contient en outre 14 grandes figures qui ainsi que les bordures sont sinon de Tory au moins des artistes de son atelier » (Voy. Bernard : Geofroy Tory, 271). Brunet V, 1662 ; Lacombe, 440. Les grandes planches et une partie des encadrements avaient déjà été utilisées dans une édition publiée par Simon de Colines, en 1543. L’édition des Chaudière, successeurs de Simon de Colines, renferme en plus deux encadrements complets qui n’avaient pas encore été utilisés. « Cette particularité n’avait pas été remarquée par M. Bernard. Ce bibliographe n’a connu que deux exemplaires de l’édition de 1549. » (Bull. Morgand). L’exemplaire Yemeniz et Lacombe est incomplet des feuillets y4 et y5 et contient 174 au lieu de 176 ff. Il provenait de la collection Yemeniz. L’édition est fort rare : sur près de 50 000 livres précieux décrits par le Bulletin Morgand, un seul exemplaire de ce livre d’Heures est décrit, en reliure moderne, porté au prix colossal de 3 000 F. Or en 1893, le Bulletin Morgand proposant alors des livres précieux à compter de 10 F. Or. La comparaison des éditions successives publiées par Tory ainsi que la présentation de ses principales sources d’inspiration révèlent un corpus iconographique conséquent. L’étude comparative permet notamment d’éclairer le rôle de Tory dans le processus de fabrication du livre, en France à la Renaissance. Alors qu’il est connu en tant qu’auteur et traducteur, puis libraire et imprimeur, il « n’a vraisemblablement jamais été peintre, graveur ou relieur ». L’approche diachronique souligne les deux carrières de Tory et permet d’en apprécier la cohérence : régent auprès de plusieurs instances universitaires parisiennes de 1507 à 1513, il publie des ouvrages en latin à destination de l’enseignement et est amené à côtoyer les imprimeurs et libraires situés à proximité dans le Quartier latin. C’est ainsi qu’il aurait exercé les fonctions de prote auprès d’Estienne 1er. En 1523, il s’établit comme « marchand libraire » rue Saint-Jacques et débute une nouvelle carrière. Tory manifeste un intérêt très marqué pour la matérialité du livre, dont il cherche à améliorer la clarté, la lisibilité. Ses propositions concernent pour l’essentiel deux catégories éditoriales : le livre d’heures et le traité. Dès la première édition en son nom d’un Livre d’Heures à l’usage de Rome, imprimé par Simon de Colines (1525), Tory substitue à l’usage de la typographie bâtarde accompagnée de scènes gothiques l’emploi de caractères romains associés à des gravures au trait d’inspiration vénitienne, dites « à l’Antique ». Fondée sur l’abondance des blancs, sur les possibilités offertes par le placement en double-page des illustrations, cette recherche de cohérence visuelle manifeste l’influence des formes italiennes du livre – notamment la production d’Alde Manuce – avec lesquelles Tory a pu être en contact lors de son séjour sur place. Le programme iconographique fixé par Tory des gravures exécutées par Etienne Colaud vise à produire un effet marquant à la lecture. C’est ainsi que les Heures de 1525 vont devenir un référent visuel pour l’impression postérieure des manuels de dévotion en France, alors même que, dès 1527, Tory fait stylistiquement évoluer son dispositif (fusion des modèles vénitien et septentrional) de façon à l’adapter aux exigences de la clientèle parisienne. « C’est seulement de ses livres d’Heures que nous devons nous occuper ici. En les examinant avec soin, on y reconnait les produits d’un art nouveau, déjà très remarquable dans l’édition de 1525, où se trouvent des encadrements et de grandes planches sur bois d’un genre tout particulier et fort gracieux, qui a été successivement perfectionné, surtout sous le rapport typographique, dans les éditions de 1527 et 1531. Cependant, malgré leur mérite réel, les admirables productions de cet artiste semblaient avoir été presque généralement méconnues : et c’est seulement de nos jours qu’on a su les bien apprécier. Aujourd’hui les curieux les recherchent avec le plus grand empressement et les payent, pour ainsi dire, au poids de l’or. Ainsi, tel exemplaire de ces charmantes Heures, qu’on aurait à peine vendu 12 à 15 fr. il y a une cinquantaine d’années trouve facilement acheteur aujourd’hui à 500 ou 600 fr., et même, comme on le verra ci-dessous, des exemplaires imprimés sur vélin ont été dernièrement achetés 3 000 fr. » (Brunet 1870). Précieux et remarquable volume.
L’ornementation comprend également 21 vignettes coloriées à l’époque et enluminées. Paris, Germain Hardouyn, 1518. In-8 imprimé sur peau de vélin de (84) ff. en 11 cahiers signés A-K par 8 et L par 4. Caractères romains, 31 lignes. La marque des Hardouin occupe le f. A1. 17 grandes figures dont l’Homme anatomique. 21 petites vignettes enluminées, 4 bordures originales enluminées. Complet. Plein velours brun du XVIIIe siècle, qq. usures. 171 x 110 mm.
Précieux livre d’Heures imprimé sur peau de vélin orné de 17 gravures à pleine page enluminées à l’or à l’époque, de 21 petites vignettes également enluminées et de nombreuses initiales en or sur fond bleu ou rouge. La calendrier porte la date de 1518. Lacombe 290; Van Praet, Catalogue, p. 112, n°135; Brunet, Heures, n°251. L’iconographie se compose, outre le feuillet de marque et l’homme anatomique, de 16 grandes figures à pleine page, toutes coloriées en teintes chatoyantes et insérées dans des encadrements à portique dorés. Les 16 grandes gravures représentent: - Saint Jean l’évangéliste - L’Arrestation du Christ - Adam et Eve - L’Annonciation - La Visitation - la Nativité - l’Annonce aux bergers - L’Adoration des mages - La Présentation au temple - La Fuite en Egypte -La Présentation de Marie au Temple - Bethsabée au bain - La Résurrection de Lazare - La Crucifixion - La Pentecôte - L’Annonciation (de facture différente) L’ornementation comprend également 21 vignettes coloriées à l’époque et enluminées. Ce précieux livre d’Heures entièrement rubriqué est ainsi orné de toutes ses majuscules peintes en or sur fond rouge ou bleu alterné. Brunet souligne la rareté des livres d’Heures imprimés par les Hardouin lorsqu’ils sont rubriqués et enluminés. «Il se trouve des exemplaires assez précieux à cause des peintures et des lettres ornées qui les décorent. Il paraît que ces lettres en or et en couleur sont l’ouvrage de Germain Hardouyn, ‘in arte litteriare peritissimus’, ainsi que le porte la souscription des Heures de la Vierge, à la date de 1514» Brunet, V, 1628. Gilles Hardouyn s’établit au bout du pont Nostre dame où il exerça de 1509 jusqu’en 1521. Après cette année son associé Germain Hardouyn qui avait été son associé dans la librairie, lui succéda et occupa momentanément son domicile. Il imprima lui-même jusqu’en 1528. Précieux exemplaire enluminé sur peau de vélin, provenant de la Bibliothèque de Montalembert avec ex-libris et cachet du Comte de Montalembert.
Précieux et rarissime livre d’Heures gothique imprimé sur peau de vélin par Philippe Pigouchet pour Guillaume Eustace, libraire du roi. In-8 gothique de 132 ff., sign. a-q par 8 et 2 par 4. Maroquin bleu nuit, triple filet dorée encadrant les plats, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin fauve, coupes ornées, dentelle intérieure dorée, tranches dorées. Reliure du XIXe siècle. 184 x 115 mm. Heures à l'usage de Rome. Ces presentes heures a lusaige de Rome au long sans requerir... Paris, Philippe Pigouchet pour Guillaume Eustace, 1509. Précieux livre d'heures gothique imprimé sur peau de vélin orné de 16 grandes figures à pleine page de facture remarquable. Belle marque de Guillaume Eustace sur le titre ; Figure de l’homme anatomique (f.2r) ; Martyre de Saint Jean (f.8v) ; Baiser de Judas (f.12v) ; Annonciation (f.28v) ; Visitation (f.39v) ; Crucifixion (f.47r) ; Pentecôte (f.48r) ; Nativité (f.49r) ; Annonce aux bergers (f.52v) ; Adoration des mages (f.55v) ; Présentation au Temple (f.59r) ; Fuite en Égypte (f.62v) ; Couronnement de la Vierge (f.68r) ; David et Bethsabée (f.78v) ; Purification (f.79 5) ; Résurrection de Lazare (f.91r) ; Trinité (f. 113 r). Chacune de ces grandes figures est encadrée de magnifiques bordures historiées dont la beauté et la finesse ont été soulignées par les bibliographes. « Dans ces belles bordures figurent des ornements nouveaux et des arabesques d’un goût remarquable. » Brunet V. 1646. 288. Scènes de la vie quotidienne, scènes tirées des Écritures, gracieux décor de rinceaux et grotesques rivalisent de finesse et pourraient faire penser qu’elles ont été gravées sur métal. Une multitude d’initiales ont été enluminées en or sur fond rouge et bleu. Brunet souligne la qualité de ces enluminures : « Les lettres qui décorent ces Heures nous paraissent avoir été peintes avec beaucoup plus de soin que dans la plupart des autres Heures publiées à la même époque ». La rareté de ce livre d’Heures est insigne. Brunet ne cite qu'un seul exemplaire, sensiblement plus court de marges (177 mm), qui passa de la collection Firmin-Didot (1879, n°123) à celle de Thomas Brooke et se trouve de nos jours conservé à l'université d'Oxford. Le seul autre exemplaire référencé dans les collections internationales est celui de la bibliothèque de Liverpool. Pas dans Lacombe – Bohatta, I, n° 919 – Adams, L-1018. Superbe exemplaire, immense de marges (hauteur 184 mm) pour 177 mm pour l’exemplaire Firmin Didot, très finement rubriqué et d’un remarquable état de fraîcheur. Il provient des bibliothèques Frances Mary Richardson Currer (1785-1861), « head of all female book collectors in Europe » selon T. F. Dibdin, avec ex-libris, et Henry Huck Gibbs (1819-1907), baron d'Aldenham, directeur de la Banque d'Angleterre, avec ex-libris manuscrit à Saint Dunstan's (Londres) en 1864.
L’un des beaux livres d’heures français de la Renaissance dû au talent de Geofroy Tory, peintre, dessinateur, graveur et imprimeur du roi François Ier. In-8, caractères romains, fig. en noir. Maroquin brun, dos orné, dentelle, coins remplis, tranches dorées. Trautz‑Bauzonnet. 150 x 96 mm. Heures à l’Usage de Rome. Paris, Thielman II Kerver, 1550. Folio A1, au-dessus de la petite marque de Thielman II Kerver (Silvestre n° 1084) : Horae in Laudem beatissime virginis Marie, ad usum Romanum. Marque. Parisiis, apud Thielmannum Kerver, in vico Sancti Jacobi, sub signo Cratis. m.d.l (1550). Au verso : Almanach pour 1549-1556. [Bibl. Sainte-Geneviève. Réserve. BB. 1482] ; réglé de 172 ff., texte encadré, fig., . L’un des beaux livres d’heures français de la Renaissance dû au talent de Geofroy Tory, peintre, dessinateur, graveur et imprimeur du roi François Ier. « Le présent exemplaire était ainsi décrit dans le Bulletin Morgand n° 37787 de l’année 1900 et porté alors au prix remarquable de 1000 F Or soit 20 fois la valeur d’un beau livre de bibliophile : « Beau livre d’Heures imprimé en lettres rondes ornées de bordures avec fleurs, fruits, animaux, etc. On y remarque aussi l’F couronné, la Salamandre, les armes de France, etc. Toutes ces bordures, sont inspirées des illustrations des remarquables Heures de Tory de 1527. Les figures sur bois qui ornent ce volume sont d’une grande beauté et doivent être rangées parmi les plus remarquables illustrations de l’époque. Superbe exemplaire dans une ravissante reliure ». Provenant de l’illustre bibliothèque Édouard Rahir, ce volume était décrit sous le n° 1381 de son catalogue : « Beau livre d’Heures imprimé en lettres rondes, orné à chaque page, de bordures avec angelots, fleurs, fruits, animaux, qui rappellent les bordures à la moderne décorant les Heures de Tory de 1527. On remarque dans ces encadrements l’F couronné de François Ier, la Salamandre, les armes de France, etc. Le volume contient une série de 19 petites figures sur bois d’une composition très achevée et animées de nombreux personnages : l’Annonciation aux bergers est représentée par 3 sujets, dans l’un desquels un pâtre joue de la cornemuse ; la Présentation au temple forme 2 sujets. Le Massacre des Innocents, le Bain de Bethsabée, la Mort fauchant hommes, femmes et animaux, y sont traités de façon nouvelle. Ces illustrations sont d’une beauté remarquable ; elles proviennent de l’atelier de Geofroy Tory et ont été utilisées par son successeur immédiat, Olivier Mallard, puis par Kerver. Charmant exemplaire réglé, recouvert d’une belle reliure de Trautz, provenant de la bibliothèque de L. de Montgermont. » « Après la mort d’Olivier Mallard, arrivée en 1542, son matériel typographique paraît avoir été acquis par Thielman (II) Kerver (fils de Thielman Ier du nom et de Iolande Bonhomme, demeurant également rue Saint-Jacques), car il publia en 1550 un livre d’Heures semblable à celui imprimé en 1541 par Olivier Mallard ». Ce livre est imprimé en rouge et noir. J’en ai vu un exemplaire en papier chez M. Potier, libraire. Il y en a aussi un exemplaire incomplet à la Bibliothèque Mazarine, et un complet à Sainte‑Geneviève, n° B. B. 148 » (Aug. Bernard – Geofroy Tory). Né à Bourges en 1480, Tory partit étudier l’art classique en Italie. Il revint en France, ébloui par la Renaissance italienne et désireux de participer au puissant mouvement novateur de l’art français. Reçu libraire vers 1520, il s’attela dès 1523 à la création du Champfleury, qui nécessita 6 ans de travail et aboutit en 1529 au livre français le plus novateur de la Renaissance. Parallèlement à cet immense chantier créatif Tory, utilisant les mêmes procédés novateurs (typographie gravures, mise en page), publia un célèbre et magnifique livre d’Heures, le chef-d’œuvre iconographique de Renaissance française, plusieurs fois renouvelé sous des formes toujours différentes, se rapprochant toujours davantage de l’idéal typographique et iconographique de l’époque. Il parut en 1524, puis en 1527, sous deux formes différentes, le 8 février 1529, en septembre 1531, en 1541, 8 ans après sa mort, sous la direction d’Olivier Mallard en 1550 chez Thielman Kerver (le présent exemplaire). C’est cette édition que nous présentons ici. C’est l’une des plus achevées. De format petit in-8, imprimée en caractères romains, elle est ornée de seize encadrements différents à la moderne fort bien décrits par Auguste Bernard page 169. « En 1531, Tory imprima un autre livre dans le format in-8, avec des encadrements composés de plantes, d’animaux, d’insectes, d’oiseaux, comme dans les Heures in-4 de 1527, mais d’un dessin plus petit, naturellement. Je n’ai pas vu ce livre, mais son existence m’est démontrée par la publication d’un livre d’Heures, faite postérieurement par Olivier Mallard, avec les mêmes cadres et vignettes. Je ne puis dire certainement ni le titre ni la date de l’impression du livre de Tory ; mais l’époque de la gravure est facile à déterminer d’une manière approximative, grâce à certains ornements du livre de Mallard. Ainsi nous y retrouvons, comme dans les Heures de 1527, l’F couronné et la salamandre de François Ier, l’L couronné et l’écu mi-parti : (France et Savoie) de sa mère, morte en septembre 1531, et un écu en blanc qui rappelle le veuvage du roi, et prouve par conséquent que ces bois ont été dessinés avant le mois de juillet 1530. Quant à l’attribution que je fais de ces bois à Tory, elle ressort pour moi de la forme des cadres, copiés sur les Heures de 1527. Au reste, il y a mis un cachet tout particulier : c'est l’écu des armes de Bourges (trois moutons, placés deux et un, et portant collier) qu’on voit figurer de temps à autre au bas des pages, à côté des insignes de François Ier et de sa mère. J’ignore, ai-je dit, le titre du livre auquel Tory a fait servir ces bois pour la première fois ; cependant il me semble qu’on peut conclure de l’emploi qu’en fit Olivier Mallard lui-même en 1541 que ce fut un livre d’Heures : Tory aura voulu donner une édition in-8 de ses Heures à la moderne de 1527, comme il avait donné, en 1527, une édition in-8 de ses Heures à l’antique de 1524-25. » Les encadrements sont toujours placés au recto et au verso de chaque feuillet. On trouve dans cette édition de 1550, 19 gravures des Heures in-16 de 1529, décrites par Bernard comme un véritable bijou et dont il ne reste qu’un seul exemplaire complet connu (pages 163 à 165). Brunet mentionne qu’« Aujourd’hui les curieux recherchent ces livres d’Heures illustrés par Tory avec le plus grand empressement et les payent, pour ainsi dire au poids de l’or. Ainsi tel exemplaire de ces charmantes heures, qu’on aurait à peine vendu 12 à 15 F il y a une cinquantaine d’années, trouve facilement acheteur aujourd’hui à 500 ou 600 F et même des exemplaires imprimés sur vélin ont été dernièrement achetés 3 000 F ». Superbe exemplaire provenant des bibliothèques Lebeuf de Montgermont et Édouard Rahir avec ex-libris, porté à 1 000 F Or dans le bulletin Morgand de l’année 1900.
reliure d'époque
Reference : 42926
Paris, Thielman Kerver, 1498. In-8 gothique sur peau de vélin (115 x 175 mm) de (112) ff. (sig. A-O8), 25 lignes à la page, veau brun sur ais à large décor estampé à froid, dos orné à nerfs, tranches dorées, fermoirs (reliure de l’époque).
Précieux livre d’heures incunable, imprimé sur peau de vélin par Thielman Kerver avec sa marque typographique sur la page de titre. Colophon : Les presentes heures a lusaige de Romme furent achevees le xxvi. jour de Septembre Lan Mil cccc. iiiixx.xviii (26 septembre 1498).Le calendrier des fêtes (« Almanach pour xxvi an. ») couvrant les années 1497 à 1520 est en français. Le texte, encadré de bois gravés, est orné de nombreuses initiales et bouts de ligne peints. Il est illustré de 17 grands bois dans le texte dont « l’Homme anatomique avec les quatre tempéraments », 39 bois plus petits, et des bordures historiées pour chaque page ; ces bordures à compartiments sont très richement décorées sur fonds blancs ou criblés : à côté de sujets tirés de la Bible, on trouve les figures des sibylles et des scènes de la vie des saints. Libraire et imprimeur à l’enseigne de la Licorne, Thielman Kerver a produit des livres d’Heures qui rivalisent d’élégance avec ceux de Simon Vostre et de Pigouchet. Il a su renouveler ses figures primitives, si bien que cette édition de septembre 1498 a servi de prototype à ses éditions du XVIe siècle. Claudin relève que « ces Heures sont d’une richesse supérieure aux précédentes ». La finesse des tailles laisse à penser que le métal a été employé de préférence au bois pour les figures et les bordures. Du reste, Jean Du Pré lui-même, en préface d’un livre d’Heures publié dix ans plus tôt parle de « figures en cuyvre ». Et Robert Brun de noter à propos des Heures de Kerver : « Exprimant à merveille la foi naïve et robuste de nos ancêtres, empreintes de gentillesse et de malice, toutes remplies de scènes familières et rustiques, rien ne peut leur être comparé à l’étranger. Elles représentent l’art parisien par excellence. »Provenance : Scrope Berdmore (1744-1814) avec ex-libris « S.T.P. Coll. Mert. Custos, 1790 », directeur du Merton College d'Oxford en 1790, poste qu'il occupa jusqu'en 1810 et vice-chancelier de l'Université d'Oxford de 1796 à 1797 ; ex-libris armorié Henry C. Compton of Manor House Lyndhurst. Beau et rare livre d’heures imprimé sur peau de vélin et conservé dans sa reliure parisienne de l’époque. Dos discrètement restauré ; planche anatomique caviardée et deux dernières lignes du dernier feuillet grattées.Brunet, V, 1616, n°162 ; Pellechet, ms. 5924 ; Bohatta, n° 656 ; Claudin, Histoire de l’imprimerie au XVe et au XVIe siècle, II, pp. 279-282 ; Brun, Le Livre français, 1969, p. 212 (éditions Kerver XVIe) ; Thierry Claerr, Liste des notices des éditions de Thielman Kerver, n°12.