Saint-Louis (Saint-Domingue) 9 mai 1790 in-folio (31 x 20,5 cm) de 2 pp. manuscrites avec 4 signatures et cachet de cire rouge de la juridiction de Saint-Louis, qq. lég. déchir. sur les bords
Ordre de paiement en faveur d'un particulier qui avait gagné un procès contre la succession d'Hilliard d'Auberteuil: "Je soussigné curateur aux successions vacantes dans le ressort du siège royal de St Louis … prie Messieurs Foache & Cie négociants au Havre, de vouloir bien payer … à l'ordre de Madame Ve de Chambrun habitante au Port-au-Prince la somme de cinq mille six cens livres, argent de France … provenant de lettres de change fournies par la dte Dame audit feu Sr Hilliard d'Auberteuil que ce dernier leur a envoyées…". A la suite se trouvent une attestation de la signature du curateur, par le conseiller en la sénéchaussée de Saint-Louis, un ordre de la veuve de Chambrun demandant à ce que la somme soit remise à Bégonin de Meaux, négociant au Havre, puis le reçu de ce dernier en date du 4 septembre 1790. Hilliard d'Auberteuil avait séjourné dans la colonie pendant une dizaine d'années, avant de publier les Considérations sur l'état présent de la colonie française de Saint-Domingue, Paris, 1776-1777, 2 vol. in-8, où il dénonçait des abus administratifs. L'ouvrage fut interdit par un arrêt du Conseil d'État du 17 décembre 1777. Il partit ensuite pour l'Amérique du Nord, visita les colonies anglaises insurgées et ne revint à Saint-Domingue qu'en 1789 où il fut assassiné peu après. Cf. Chadenat 1370
Dijon, Imprimerie de Capel, 1790. In-4 en feuille de 3 pp., broché.
Proclamation du 21 septembre 1790 au sujet de troubles survenus à Brest après l'arrivée du navire le Léopard, en provenance de Saint-Domingue avec 85 membres de l'assemblée coloniale dite de "Saint-Marc", venus défendre les intérètes des colons devant l'Assemblée. La proclamation décrète qu'il faut "poursuivre & juger suivant les formes légales les principaux auteurs de l'insurrection", "désarmer le vaisseau le Léopard & en congédier l'équipage", et enfin " faire sortir de Brest […] les individus appartenant au régiment du Port-au-Prince arrivés à bord dudit vaisseau". Bon exemplaire. Roquincourt, 5547.
[Versailles Baudouin s.d., 1789] in-8 de 4 pp. dérelié, légère mouillure
D’après une note manuscrite de l’époque ce document est paru « Avant le 17 7bre [septembre] 1789 ».Ce document s’inscrit dans la longue lignée des précis, mémoires, observations, motions, etc., sur la question de l’approvisionnement des farines étrangères, du contrôle exercé par la métropole sur ce commerce, et de l’Ordonnance du 27 mai 1789 sur l’introduction des dites farines et enfin des débats de l’Assemblée sur la question
Versailles Baudouin 1789 in-8 de 1 f.n.ch. et 12 pp. broché, légère mouillure
Daté à l’encre brune sur la marge supérieure : « Après le 9 8bre [octobre] 1789 ».Sur la défense d’exporter des grains et farines, du peut d’intérêt que la métropole a à faire du commerce exclusif des farines avec les colonies, et des conflits crées lors de la disette dans l’île, ainsi que du rançonnement auquel soumettent la population les commerçants. Enfin la famine chez les esclaves noirs et les agissements du ministre de La Luzerne
S.l.n.d. [1790] in-4 de 68 pp. broché, en partie décousu, importantes mouill. claires
Décret du 12 octobre 1790 en vue de la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc soupçonné de vouloir adopter une constitution d’indépendance. Cette dernière donne des assurances à la Constituante en la rassurant sur sa volonté de rester attachée à la métropole
[Paris] Imprimerie de Didot fils aîné s.d. [1790] in-8 en feuilles, cousu
34 pp.Sabin 75105. Roquincourt, 3664. Défense de l'Assemblée coloniale réunie à Saint-Marc : "Nous représentons Saint-Domingue ... Oui, nous sommes l'assemblée générale ... La volonté seule de nos constituants peut nous enlever le titre de représentants de Saint-Domingue"
[Paris Didot Octobre 1790] in-8 de 34 pp. et 1 f.blanc broché
Sabin 75105
S.l. s.d. [1790] in-8 broché
17 pp.Sabin, 75187.Une assemblée coloniale s'est constituée à Saint-Marc, à l'Ouest de Saint-Domingue, et réclame une large autonomie législative et économique. Peynier, gouverneur de l'Ile, soumet alors militairement les "séditieux". Des membres de cette assemblée s'embarquent alors sur le "Léopard" pour défendre leur cause à Paris
S.l. s.d. [1790] in-8 dérelié
titre, 17 pp.Roquincourt, 3625. Sabin, 75187. Ensemble de lettres écrites les 8 août, 9 août et 10 août et adressées aux "Léopardins", ces 85 députés des colons partis le 7 août 1790 défendre la cause de Saint-Domingue devant l'Assemblée nationale
[Paris] Imprimerie de Didot fils aîné s.d. [1790] in-8 dérelié
15 pp.Roquincourt, 3438. Il s'agit de la proclamation adressée à tous les Français et composée à bord du Léopard en rade de Brest, le 13 septembre 1790, au moment où les 85 députés de l'Assemblée de Saint-Marc accostent en métropole pour porter les revendications de la colonie auprès de l'Assemblée nationale, en somme une opération de communication d'ailleurs assez réussie
[Paris] Imprimerie de Didot fils aîné s.d. [1790] in-8 dérelié
8 pp.Roquincourt, 3439. Après s'être adressés à l'ensemble de la population française par leur proclamation lancée du Léopard en rade de Brest le 13 septembre 1790, les 85 députés de l'Assemblée de Saint-Marc venus en France défendre les intérêts de la colonie se tournent vers les députés de l'Assemblée nationale par ce texte daté du 9 octobre suivant
Habitation Borgella, 2 mai 1790. 1 p. in-4 (23,9 x 19,5 cm) sur une feuille double.
La révolte des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 entre un mulâtre et l’économe gérant d’une habitation du Fond-Parisien, dans le quartier de la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel évoque la recherche des suspects ainsi que les événements survenus sur d’autres habitations: «Je [ferai] exhumer, en présence de bas-officiers de mon détachement, les corps des deux Blancs assassinés sur l’habitation Borgella & d’en dresser un procès-verbal […]. Nous n’avons rien appris relativement aux mulâtres en fuite; si l’on peut s’en rapporter à ceux de leurs esclaves que l’on a arrêtés, partie d’entre eux se sont réfugiés avec leurs femmes chez les Espagnols & les autres courent les mornes du Pays-Pourri…». Il ajoute: «Toutes les cases, purgeries & moulins à sucres des trois habitations Renaud, Desmarc & Poisson ont été entièrement brûlées. J’ai pris tous les moyens possibles pour avoir des renseignements sur les attroupements que pouvaient faire les mulâtres des quartiers voisins. J’ai fait mettre à la barre les esclaves arrêtés sur les trois habitations incendiées; comme ils sont à charge, parce qu’il faut des sentinelles pour les garder, je désire qu’il soit donné des ordres pour les transporter ailleurs…». Propriétaire d’une habitation-sucrerie au Fond-Parisien, Bernard Borgella de Pensié fut maire de Port-au-Prince en 1797 et rédigea la Constitution de Toussaint Louverture en 1801 (source: Colons de Saint-Domingue sur le site domingino.de). Quant au chevalier d’Attel, il pourrait être un parent de Louis Alexandre, baron d’Attel de Luttange-Weinsberg, major du régiment d’Auxerrois, originaire de Luttange, dans le diocèse de Metz. Cf. Plancard (Frédéric), Jean-François Didier d’Attel de Luttange (1787-1858), éditions de l’Université de Lorraine, 2017. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
S. l., 5 mai 1790. 3 pp. in-4 (22,8 x 18,6 cm) sur une feuille double.
L’interrogatoire d’un suspect lors de l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. En avril 1790, un incident eut lieu sur l’habitation Borgella, située au Fond-Parisien, près de Port-au-Prince. A la suite de cet événement, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel se mit à la recherche des auteurs de ces troubles. Il relate ici l’interrogatoire d’un «grif», c’est-à-dire une personne dont l’un des parents était mulâtre, et l’autre noir. «Au passage de la rivière du Pot-de-Chambre, un grif, armé d’un fusil et d’une manchette, donna par mégarde dans l’avant-garde, laquelle l’arrêta. Interrogé par le commandant de la patrouille, il s’exprima en espagnol, et s’obstina à ne répondre qu’en cette langue; la violence ayant été employée, il dit en jargon créole s’appeler Emmanuel, qu’il étoit espagnol et à gages sur l’habitation François, & que les mulâtres lorsqu’ils en eurent tué l’économe (Jacques Méger), le forcèrent à faire route avec eux. Interrogé pourquoi il étoit à pareille heure proche de la rivière, a répondu que les mulâtres l’avoient envoyé à la découverte afin de savoir si la troupe étoit encore sur l’habitation Borgella, et ce qu’elle y faisoit». «Questionné sur le lieu où étoient les mulâtres & leurs noms: a dit qu’ils étoient sur le chemin allant à l’espagnol, qu’ils étoient au nombre de dix armés de fusils et de manchettes, une de leurs femmes et plusieurs Nègres portant des enfans et du bagage. Quant aux noms des hommes armés, il les nomma ainsi qu’il suit: 1. Jean Louis Beaugé, mulâtre (c’est lui qui a tué Jacques Méger). - 2. Pierre Poisson. - 3. Paris Poisson. - 4. Jean Poisson. - 5. Nicolas, grif, de l’habitation Poisson. - 6. Gabriel, Nègre, de l’habitation Poisson. - 7. Buisson Desmares, mulâtre. - 8. Babo, Nègre libre des Poisson. - 9. Desruisseaux, mulâtre de l’habitation Renaud. - 10. Férier Robin, mulâtre de la même habitation…». Le procès-verbal précise aussi que les esclaves et une Négresse se disant libre ont été arrêtés sur les habitations Desmares, Poisson et Renaud. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Port-au-Prince, 11 octobre 1790. Manuscrit in-folio (31,6 x 20,2 cm) de 4 pp.; sur une feuille double.
Une tentative de subornation de soldats à Saint-Domingue. Commandant du régiment de Port-au-Prince, le colonel de Mauduit avait demandé des renseignements sur deux suspects nommés L’Esprit et Lafond. La présente lettre, ici en copie conforme signée Mauduit, contient la réponse de son correspondant: «J’ai appris que ces deux hommes ont été arrêtés comme suspectés d’avoir cherché les moyens de suborner les soldats du régiment et ceux du détachement du Cap avec lesquels ils ont été surpris […]. Le sieur L’Esprit, entr’autres, s’est montré dans toutes les occasions un des fauteurs de tous les désordres qui ont été fomentés dans le Comité de cette ville […]. Il a été remarqué parmi ceux qui ont cherché à séduire et corrompre les soldats du régiment et à les exciter à l’insubordination. J’ai sçu que cet homme qui naturellement en vain s’est répandu avec les soldats, les a suivis et attirés dans des lieux publics comme billards et cabarets […]. Quant au sieur Lafond j’ai sçu que depuis l’arrivée du détachement du Cap en cette ville, il a reçu plusieurs soldats de ce détachement à sa table sans en être connu et sans les connoître, qu’il les a engagés à lui amener plusieurs de leurs camarades, qu’il leur a tenu des discours capables d’éteindre en eux le sentiment de leur devoir […]. Je crois que ces deux personnages et plusieurs autres qui dans cette ville sont animés des mêmes principes peuvent y être dangereux et qu’il est urgent de les mettre dans l’impuissance de consommer la défection des troupes qu’ils ont commencée…». L’auteur de cette lettre pourrait être Etienne Chachereau, né à Thouars en 1745 et installé à Saint-Domingue comme avocat, ou son fils Charles Chachereau, procureur du roi à Saint-Domingue, puis avocat au Grand Conseil de Saint-Domingue. Le destinataire, Thomas Antoine de Mauduit du Plessis, né à Hennebont en 1753, s’était illustré pendant la guerre d’Indépendance américaine avant d’être nommé colonel du régiment de Port-au-Prince. Ayant refusé d’appliquer les décrets de l’Assemblée nationale, il sera assassiné par ses propres soldats en mars 1791.
Versailles Philippe-Denis Pierre s.d. [1789] in-8 de 20 pp. broché, rouss. et taches
Sabin, 16742.Capitaine aux armées du Roi, Nicolas-Robert de Cocherel (1741-1826) fut député à l’Assemblée constituante le 2 avril 1789. Contrairement au décret rendu par l’Assemblée, il adopta avec modération l’idée de comprendre dans la population coloniale les noirs et mulâtres, afin de fixer le nombre proportionnel des députés de Saint-Domingue à siéger dans cette assemblée. Cocherel participa aussi aux grands débats relatifs à la fiscalité de l’approvisionnement pour remédier à la famine qui sévissait dans l’île à cette époque, ainsi qu’aux questions d’importations des farines à Saint-Domingue
Nantes aux Bureaux de la Société Archéologique de Nantes et de Loire-atlantique 1968 -in-8 demi-basane 2 années reliées en un volume, reliure demi-basane marron foncé in-octavo à coins (half binding sheepskin in-8 with corners) (24,2 x 16 cm), RELIURE D'ÉPOQUE, dos à 4 nerfs (spine with raised bands) décoré "or" et à froid (gilt and blind stamping decoration),Titre et Année frappées "or" (gilt title) avec un filet "or" de part et d'autre, double filets à froid de part et d'autre des nerfs et en tête et en pied, papier marbré violet et crème aux plats, toutes tranches lisses, couvertures marron Editeur imprimées en noir conservées, orné de 6 gravures hors-texte en noir + 5 gravures in-texte en noir (pour l'année 1965) + sans illustration (pour l'année 1966), (XXIII + 267) + ( L + 83) Pages, 1968 Nantes aux Bureaux de la Société Archéologique et Historique de Nantes et de Loire-Atlantique Editeur,
TABLE DES MATIÈRES Année 1965 - L'indépendance de Saint-Domingue et ses effets sur l'économie Nantaise, par M. Legry....3 - Belligné et ses environs au temps de Messire Mathurin Arnaud, par l'Abbé Antier....71 - Guenrouet dans la poche de Saint-Nazaire, par l'Abbé Verger....115 - Le Canal de Nantes à Brest dans la traverse de Nantes, par M. Orceau .....194 - etc- TABLE DES MATIÈRES Année 1966 - Nort-sur-Erdre pendant la révolution, par M. Ravilly....19 - Créations et transformations du quai de la Fosse, par M. Orceau....53 - Le Cholera en loire inférieure au XIXème siècle, par M. de Berranger.....69 - etc. ..... BEL EXEMPLAIRE ........ RARE ..... EN PARFAIT ÉTAT (very good condition). en trés bon état
P., Imprimerie Nationale, 1791. 12 pp. in 8 déreliées.
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Limoges, Barbou Frères, imp.-lib., 1852 - in-8 : 215 pp. - rel. cart. romantique de l’ép. ornée sur plats et dos, 2 coins inf. écrasés ; grav. en front.
Belle reliure romantique en long.
Paris Imprimerie Nationale s.d. [1791] in-8 de 12 pp. dérelié
Gouy d’Arsy se montre défavorable à la loi contre les émigrants
Paris Demonville 1791 in-8 broché, le haut de la marge extérieure a été en partie touché, loin du texte, par un rongeur
1 f.n.ch., 48 pp., et 1 f. blanc.Très important et circonstancié compte rendu, suivi des extraits des lettres et documents des représentants de Saint-Domingue, « la plus florissante de nos Colonies », adressé à l’Assemblée Nationale, avec l’objet de dénoncer le despotisme et l’« horreur de la disette » à laquelle l’ancien gouverneur général de celle-ci, le comte de La Luzerne, abandonna Saint-Domingue. Les raisons et les faits qui méritaient le renvoi du comte de La Luzerne y sont clairement détaillés
Versailles Baudouin 1789 in-8 de 12 pp. dérelié, légère mouillure
Ce précis de Gouy d’Arcy, membre entre autre du « Club de l’Hôtel de Massiac », coterie qui regroupe au XVIIIe siècle les grands planteurs blancs de Saint-Domingue et des petites Antilles, favorables au maintien de l’esclavage. Ce précis roule sur l’un des sujets à l’origine de bien de conflits sociaux et de d’intérêt dans les colonies, tout particulièrement lors des grandes disettes durant la Révolution, et en particulier sur la liberté de commerce provisoire pour assurer l’approvisionnement de farines
Au Cul-de-Sac, 26 septembre 1790. 2 pp. in-4 (25,5 x 20,5 cm) sur une feuille double; date erronée «26 oct. 1790» en première page.
Le retour des fugitifs après l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 sur une habitation du Fond-Parisien, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et des Blancs furent assassinés. L’insurrection fut réprimée par le chevalier d’Attel et de nombreux insurgés partirent se réfugier dans la partie espagnole de Saint-Domingue. Cette lettre évoque le retour de deux d’entre eux: «Les nommés Jean et François Poisson, mulâtres du Fond-Parisien, fugitifs à l’occasion des troubles arrivés dans ce quartier, viennent de se présenter pour demander permission de rentrer chez eux, ainsi que leurs femmes, leurs enfans et leur Nègres; je les ai jugés innocens des malheurs arrivés au Fond-Parisien et en leur permettant d’y retourner et d’y reprendre leurs cultures sous la sauvegarde de la paroisse et des officiers du district du Fond de la Plaine […], je les ai soumis à se présenter au Port au Prince, lorsqu’ils en seront requis par le ministère public pour y être déchargés du décret rendu contre eux». Jumécourt demande ensuite au gouverneur d’écrire au président espagnol de Santo Domingo afin de permettre le retour des familles de Jean et François Poisson; il lui demande aussi d’établir des certificats afin que Jean et François ne soient pas inquiétés par la maréchaussée. Né à Nancy en 1749, Hanus de Jumécourt servit sous les ordres de Rochambeau pendant la guerre d’Indépendance américaine. Il devint ensuite capitaine au régiment d’Auxonne, puis commandant de la Garde nationale et maire de la Croix-des-Bouquets, où il possédait une plantation située au Cul-de-Sac. Député à l’Assemblée coloniale, il fut l’ennemi des autonomistes de l’Assemblée de Saint-Marc. Il mourut à la Jamaïque en 1798 (source: sites domingino.de et academie-stanislas.org).
S.l. [Paris] s.d. [mars 1822] in-4 en feuille
3 pp. Absent de Sabin comme de Quérard. Un des très nombreux écrits des frères de Léaumont (le comte Laurent-Marie et le vicomte Nicolas-Marie), qui, de 1817 à 1828, inondèrent le public et les hommes politiques de représentations et réclamations en faveur des anciens colons de Saint-Domingue et des indemnités réclamées pour la spoliation des années révolutionnaires. Il va de soi que les frères de Léaumont faisaient partie de ces anciens colons (la famille était établie aux Cayes depuis 1725 et le comte fut membre du Club Massiac au début de la Révolution). Ici, il s'agit de protester hautement contre un discours du général Louis-Bertrand Brun de Villeret (1773-1845) tendant à admettre l'émancipation de l'ancienne colonie et soutenir sa reconnaissance par la France. Le signataire va jusqu'à envisager une nouvelle expédition de reconquête ...
Léogane, 19 août 1790. Manuscrit in-folio (32,6 x 21,3 cm) de 6 pp., signé en dernière page; sur deux feuilles doubles.
L’Armée patriotique du baron de Montullé. Après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc et la dispersion de ses députés dans la nuit du 29 au 30 juillet 1790, des groupes armés restés fidèles à cette assemblée se constituèrent. L’une de ces milices, constituée d’habitants de la partie du Sud et de quelques paroisses de l’Ouest, se rassembla à Léogane sous le nom d’Armée patriotique commandée par le baron de Montullé. Dans le présent document, en copie conforme, ce dernier propose un accord pour retirer ses troupes de Léogane, en échange d’une réduction des pouvoirs du gouverneur: «Art. 1er. Tous les prisonniers et otages de part et d’autre seront remis en liberté. - Art. 2. Il ne sera formé aucune autre assemblée générale […] jusqu’à ce que l’Assemblée nationale fasse connnoître à la colonie son vœu et ses décrets sur les travaux de nos représentans […]. - Art. 5. M. le comte de Peinier ne pourra envoyer aucun détachement des troupes de ligne de la colonie, dans les villes et campagnes s’il n’en est requis par les municipalités. - Art. 6. M. le Cte de Peinier ne pourra envoyer dans aucune ville une garnison des troupes de la colonie plus forte que celle établie ci-devant, à moins qu’il n’en soit requis par les officiers municipaux et le cas de guerre excepté […]. - Art. 8. Tout militaire qui aura quitté ses drapeaux sera libre de rejoindre et ne pourra dans aucun cas être poursuivi comme déserteur […]. - Art. 12. On remettra à tous les citoyens les armes qui leur ont été ôtées…». L’accord sera finalement signé le 23 et l’Armée patriotique se retirera de Léogane le 26 août. Compte tenu des troubles fréquents survenus dans la colonie, et constatant que le contrôle de celle-ci lui échappait peu à peu, le comte de Peynier demanda et obtint son rappel en France vers la fin de 1790. Né à Paris en 1757, Jean Baptiste Hyacinthe de Montullé fut sous-lieutenant en 1774, capitaine dans le régiment d’Orléans-Cavalerie en 1777, capitaine commandant en 1784, chef d’escadron en 1788 et aide-major de place au Cap en 1789. Démissionnaire en mai 1790, il prit la tête d’une milice nomméeArmée patriotique et mourut en 1826. Fils de Jean Baptiste François de Montullé et d’Elisabeth Haudry, il avait épousé en 1787 Marie Louise Glaise de Maisonseule dont il eut un fils, Jean Baptiste Hyacinthe Barthélémy de Montullé, né à Port-au-Prince en 1791 (sources: Archives nationales d’Outre-Mer; Généalogie et Histoire de la Caraïbe).
Le Cap [Saint-Domingue], 22 nivôse an 6 [11 janvier 1798]. In-4 (23,6 x 18,4 cm) de 1 p. sur une feuille double, en-tête imprimé.
Rare lettre signée du neveu de Toussaint Louverture. «Je vous envoy ci-joint un ordre du Général en Chef, concernant la demande que j’avois faite du Cen Adrien Noel canonier au 8e Regt pour passer sergent major au 5e Regt au fort Liberté…». Hyacinthe Moyse (1769-1801) était à l’époque général de brigade, commandant en chef de l’arrondissement de l’Est. Non confirmé dans son grade, il prit la tête, en 1801, des cultivateurs du Nord révoltés contre Toussaint; arrêté, il fut condamné à mort par son oncle. Le destinataire de cette lettre, Hochereau de Gassonville de La Mothe (1746-1801), était un officier d’artillerie qui effectua la majeure partie de sa carrière dans la colonie; il la termina comme directeur d’artillerie (source: archives nationales d’outre-mer). Document très lisible et bien conservé.