Gorcum [= Gorinchem], 26 Vendémiaire an IV (18 octobre 1795) in-folio, [2] pp. n. ch., couvertes d'une écriture moyenne et très lisible, avec une vignette en-tête gravée au faisceau de licteur, en feuille.
Très intéressante missive qui expose les conséquences sur les effectifs de l'Armée du Nord du détachement de soldats destinés à défendre la Convention après l'insurrection du 13 vendémiaire an IV [5 octobre 1795], et demande le secours du département du Nord : "Les changemens aportés par le général Landremont dans les dispositions faites par le général en chef conjointement avec votre collègue le représentant Richard pour le mouvement des troupes envoyées à la défense de la Convention nationale me déterminent à vous représenter la pénurie extrême où nous sommes de troupes dans le pays conquis ; qui cependant en a le plus grand besoin dans le moment où il faut assurer le décret de réunion. Il ne reste pas douze cents hommes dans la Flandre conquise et plus de deux mille dans tout le Brabant et Hainaut. Ces pays n'ont pas de place forte qui puisse suppléer au petit nombre des troupes".Son destinataire, Michel-Louis Talot (1755-1828), était alors envoyé en mission près l'Armée de Sambre-et-Meuse. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Réunion-sur-Oise [= Guise], 11 Floréal an II (30 mai 1794), in-folio, en feuille.
"La colonne de Cambray se portera sur sa droite pour attaquer le camp des trois villes en l'amont un corps d'observation sur Solesme [= Solesmes, Nord], et faisant éclairer la gauche. Une colonne de dix mille hommes filera sans attaquer, à moins qu'elle n'y soit forcée, sur Wassigny, s'emparera de Tibouville, Mazinguet, et s'étendra vers la droite pour remplacer la division de gauche qui se portera sur Boué, attaquera Bergue". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Rotterdam, 8 Thermidor an IV (26 juillet 1796) in-folio, écrit sur deux pp., avec vignette en-tête, en feuille, avec cachet de cire rouge.
Congé définitif en faveur d'Antoine Costran, à la suite d'une blessure infligée à sa jambe gauche par un éclat d'obus. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Versailles, 16 mars 1707 in-4 oblong (30 x 46 cm), en feuille sur parchemin souple, muni de sceau.
Formulaire pré-imprimé et renseigné manuscritement établissant le capitaine d'Abondance au commandement d'une compagnie vacante du Régiment de Champagne.Il est signé "Par le Roy. Chamillart" (Michel Chamillart, à la fois contrôleur général des finances et secrétaire d'État à la guerre pendant la Guerre de Succession d'Espagne).ON JOINT, annexé par une cordelette au précédent brevet : un second brevet de maintenue, daté de Paris, le 10 novembre 1721, entièrement manuscrit sur feuille de parchemin également in-4 carré (24 x 23 cm), avec cachet, ordonnant la reconnaissance du sieur d'Abondance comme capitaine d'une compagnie dans le même régiment. Ce dernier brevet est signé de Louis d'Orléans, duc de Chartres (1703-1752), comme colonel général de l'infanterie française et étrangère. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Ensemble de deux documents manuscrits sur parchemin :– La nomination elle-même, sur parchemin (29,5 x 48,5 cm), scellé du grand sceau de cire jaune sur simple-queue, signé "Louis" et "par le Roi le Duc d'Orléans Régent Présent, signé Le Blanc" (Claude, secrétaire d'État du département de la Guerre), en date du 31 mai 1722.– Le brevet de réception du sieur de Gauville, mestre de camp de l'Infanterie française, par Louis d'orléans, Duc de Chartres, Premier Prince de Sang, colonel général de l'infanterie française et étrangère, Gouverneur et Lieutenant Général par le Roy dans la province de Daufiné, Grand Maitre des Ordres Militaires de Notre Dame du Mont Carmel et de St Lazare de Jérusalem, à Versailles, le 17 juin 1722. Signé Louis d'Orléans et plus bas du secrétaire, scellé sur simple queue du sceau de cire jaune aux armes des Orléans.
Bel ensemble.
S.l., s.d. (1813) in-12, [13] ff. n. ch., couverts d'une écriture moyenne et lisible (environ 20/25 lignes par page), 2 ff. vierges, en feuilles.
Le manuscrit inédit d'un commissaire des guerres.Commencé le 12 février 1813 et terminé abruptement (la suite n'a jamais été composée) le 29 mai suivant, ce petit manuscrit est vraisemblablement l'oeuvre d'un commissaire : appartenant au 2e Corps d'Armée, revenu de Russie, il prend ses ordres le 12 février à Berlin auprès de Jean-Joseph-Prix Deschamps (1772-1856), qui était effectivement commissaire-ordonnateur des guerres pour le 2e corps, sous les ordres du maréchal Victor, duc de Bellune, et avec lequel les relations de l'auteur semblent avoir été détestables (cf. les anecdotes de la fin du récit sur les mauvais procédés de Deschamps).Le texte relate essentiellement les itinéraires de l'auteur à travers le Brandebourg et les principautés saxonnes au gré des déplacements du 2e corps, puis, à partir du début mai, sous la contrainte d'une maladie de l'auteur : de Berlin à Potsdam, puis à Magdebourg, à Erfurt, à Weimar, à Halle, Nauenburg, Calbe, Stendal, Bernburg, Stassfurt, Löbnitz, Dessau, Wittenberg, etc. Le contenu est très peu militaire : les détails de l'hébergement, de la nourriture servie et des vins, les monuments les plus remarquables de chaque localité forment l'essentiel de la narration. C'est seulement à la fin du texte, à partir du 20 mai, que l'actualité militaire fait irruption avec les batailles victorieuses livrées autour de Bautzen, et la poursuite des troupes alliées qui s'ensuivit (20-24 mai). La réalité de la guerre et de ses atrocités se révèle alors, à travers des anecdotes qui ne semblent guère inventées, comme celle-ci : "Une quinzaine de mutilés enfermés dans une grange, las de souffrir sans secours, eurent l'enragé courage d'y mettre le feu & de s'y brûler, quelques instants avant notre arrivée."Tout cela se termine brusquement au milieu des marches, et au matin du 29 mai, date du départ pour Prinknau : après la mention de son hébergement, l'auteur termine par une phrase inachevée ("Séjour qui me ...") ; la suite n'est pas perdue, elle n'a jamais été écrite (la page et les feuillets suivants sont du même tenant et vierges), sans que l'on puisse établir pour quelle raison. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Bruges, 13 août 1806 in-4, en feuille.
Certificat de mise en liberté tenant lieu de passeport en faveur du conscrit Ignace Vanlerberghe, de la commune de Meulebeek (Lys). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (1908) in-4, [23] ff. n. ch., couverts d'une écriture fine, soignée et lisible (environ 30 lignes par page), avec 4 cartes et plans manuscrits (certains en couleurs), dont 3 sur calque brun et un sur papier blanc volant, broché sous couverture de papier noir, étiquette de titre contrecollée sur la première couverture.
Important journal des opérations de pacification de la frontière algéro-marocaine entrepris par la compagnie du capitaine Maury. Il court en fait jusqu'au 13 septembre 1908, avec, semble t-il, un manque entre le 14 mai et le début de juin.Les ff. 10 à 13, insérés entre les événements du 14 mai et ceux du 11 juin, contiennent un état des Militaires ayant pris part à la colonne du Sud Oranais du 7 avril au 31 mai 1908. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Bruxelles, 10 Germinal an IX (31 mars 1801) in-4, écrit sur 2 pp., avec vignette en-tête, en feuille.
"D'après votre lettre en datte du 7 courant, j'ai fait toutes les recherches possibles des signalemens des nommés Witthof et Vandenberg, et autres pièces à l'appui de leur arrestation. J'ignore absolument s'ils ont fait partie de quelque corps de l'armée". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (vers 1800) in-4, [6] ff. n. ch., couverts d'une écriture moyenne, soignée et très lisible (environ 30 lignes par page), en feuilles, cousu.
Exceptionnelle diatribe en vers contre la vie militaire, rédigée par un engagé de la Révolution.La pièce est signée d'un certain citoyen Fromentel, sergent de la 33e demi-brigade, ce qui permet de la dater approximativement : en effet, créée en 1796 lors du second amalgame à partir des 10e, 90e demi-brigades et d'un bataillon de la 11e demi-brigade, la 33e demi-brigade d'infanterie de ligne ne garda cette dénomination que jusqu'au 24 septembre 1803, date à laquelle elle devint le 33e Régiment d'Infanterie de Ligne. C'est donc entre 1796 et 1803 que notre poésie a été rédigée. Au regard du contenu du texte, il est dommage que l'on ne puisse préciser l'identité et le parcours de son auteur, apparemment engagé depuis cinq ans lorsqu'il prit la plume (f. 1r, ligne 21), sensible alors à la gloire proposée aux défenseurs de la patrie, mais profondément dégoûté au moment où il rédige ces lignes. Des allusions aux campagnes d'Italie (Mantoue, Milan), et la pique finale contre Bonaparte (cf. infra) placent la rédaction après 1797.Fort peu héroïque ou martiale en effet, cette poésie au demeurant pas mal composée du tout vise à décourager un ami cherchant à s'engager dans l'armée : "Ami, que m'apprends-tu . D'où te vient ce délire ? / Le Démon des combats te possède et t'inspire ; / De ton heureux loisir, tu te sens oppressé, / Un vain désir de gloire dans ton coeur s'est glissé (...). / Imprudent ! A quels maux viens-tu te dévouer ? / Est-il quelque forfait qu'il te faille expier ? / Sais-tu bien à quel joug tu vas offrir ta tête ? "Le tableau dressé ensuite de la vie militaire est digne des détracteurs les plus féroces : "Qu'est-ce donc qu'un soldat ? C'est un sot automate, / Qu'on vante, qu'on punit, qu'on moleste & qu'on flatte, / Qu'on s'applique à plier sous un joug trop honteux, / Et qui la foudre en main n'ose dire : je veux. "L'on trouve même à la fin une opposition entre la renomméé de Bonaparte et l'anonymat des simples soldats qui concourent à sa gloire : "Mais lorsque Bonaparte enchaînant la fortune, / Venge des nations la querelle commune, / Lorsque de mille honneurs on le voit décoré, / Crois-tu que Fleur d'épine [maître d'armes] en soit moins ignoré ? / Vingt mille hommes parmi nous méritent la couronne ; / Mais dans un si grand nombre on ne connaît personne."On ne peut que souligner le caractère peu commun de ces sentiments, exprimés en pleine exaltation patriotique : si les épreuves et les déconvenues des campagnes ne les rendent pas inattendus, en revanche, leur expression aussi nette tranche avec les panégyriques de la guerre qui se répandent alors dans toutes les classes de la société. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l.n.d. in-8, [9] ff. n. ch., broché.
Regroupe en fait trois listes successives : une par escouade ; un contrôle nominatif des gradés ; une par ordre d'arrivée.Comme ses homologues, le 101e Régiment d'infanterie territoriale, formé au Puy le 3 août 1914, regroupait les hommes âgés de 34 à 39 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour rejoindre une unité de ligne ou de réserve. Cependant, à mesure que la guerre s'éternisait, les territoriaux furent de plus en plus souvent engagés en première, cependant que les plus jeunes de leurs membres étaient reversés dans les régiments d'infanterie pour compenser les pertes. Le 1er août 1918, tous les régiments territoriaux furent officiellement dissous, et leurs hommes répartis dans les régiments d'active et de réserve. Ainsi, le 101e fut-il engagé à Verdun et subit des pertes sévères en 1916. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
[Paris], s.d. (1824); in-folio, 4 pp., [3] pp. n. ch., écriture large et lisible (environ 25 lignes par page), en feuilles.
Ce petit mémoire qui n'a pas fait l'objet de publication constitue en fait un vademecum préliminaire au travail de révision de la justice militaire demandé par l'Ordonnance royale du 20 août 1824 pour rattacher plus étroitement l'armée à la personne du Roi. Après une introduction générale, se trouve la première partie du texte, Coup d'oeil historique sur les dispositions législatives et réglementaires qui se sont succédées depuis 1790, complétée par un tableau indicatif des différentes lois depuis celle du 29 octobre 1790.En revanche, les deuxième et troisième parties (Discussion sur le meilleur mode à suivre / Projets de lois et d'ordonnances dressés en conséquence des discussions) manquent à notre exemplaire. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l. [Paris], s.d. (février-juillet 1822); in-12, 12 ff. imprimés, les 5 premiers renseignés manuscritement, broché sous couverture de papier bleu.
Livret de Gaston-François de Lévis, duc de Ventadour (1794-1863), chef d'escadron et aide-de-camp du duc d'Angoulême depuis 1814.Né en émigration, il servit cependant, sous l'Empire, comme sous-lieutenant d'infanterie. Mais, au retour des Bourbons, en 1814, il se rallia avec enthousiasme à la Restauration. Il fut créé aide de camp du duc d'Angoulême et garde du corps du Roi. En 1823, il prit part à l'expédition d'Espagne, comme chef de bataillon, puis, en 1828, à l'expédition de Morée, comme colonel. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (1915-18) in-8, [68] ff. n. ch., réglés (cahier scolaire), écriture large et lisible, et [39] ff. volants, toile Bradel grise modeste, dos muet (reliure de l'époque).
La partie contenue dans le cahier couvre les dates du 10 août 1915 au 17 janvier 1916, tandis que les feuillets volants commencent le 6 décembre 1917 et se terminent le 2 novembre 1918, soit dix jours avant l'armistice.L'ensemble forme en fait un recueil de notes quotidiennes concernant les tâches à faire ou les tâches accomplies ; le style est concis, le cahier étant à usage personnel, et nullement destiné à la communication, comme le confirme la graphie négligée. L'essentiel concerne l'armement, sa fabrication, des essais (séances de tir), sa livraison, ce qui laisse supposer que son auteur était affecté aux services du matériel pour l'artillerie de campagne. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (1726) 2 vol. in-4, titre, 155 ff., ff. 47-49 reliés par erreur après 51, avec 12 tableaux dépliants hors texte ; titre, 137 ff. (avec de nombreuses erreurs de chiffrage), avec 29 pièces dépliantes hors texte, manuscrites ou imprimées, écriture moyenne et d'une lisibilité variable (environ 30 lignes par page), basane brune granitée, dos à nerfs cloisonnés et fleuronnés, tranches mouchetées de rouge (reliure de l'époque). Dos légèrement frottés.
Très intéressants mémoires-journaux de guerre (et de paix) qui faisaient partie d'un ensemble plus important (les volumes sont tomés 2 et 3 aux dos), mais qui couvrent de façon cohérente les opérations de la Guerre de Succession d'Espagne et la période de paix qui suivit Utrecht. Ils furent rédigés entre 1715 et 1726, comme on peut en inférer d'un passage en II, 54 ("C'est dans cette heureuse et tranquille retraite que je me suis occupé à mettre succinctement au net les remarques faictes pendant mes campaignes").Leur auteur se découvre par la correspondance insérée au volume II (en regard du f. 54) et qui contient les échanges qu'il a eus en 1716-1717 avec l'administration de la guerre concernant ses pensions de retraite : il s'appelle Boscher ou Bocher, était maréchal des logis et se retira à Montivilliers (actuellement en Seine-Maritime). Le début d'une lettre adressée à la Reine (cf. pièce jointe "in fine") permet de le présenter mieux : "Boscher cy devant premier mareschal des logis de la Compagnie des Chevau-légers de Vostre Majesté, dans laquelle il a eu l'honeur de servir pendant trente quatre années sans interruption de campaigne dans le temps mesme de quatre considérables blessures". Un brave à trois poils, appartenant à l'une des unités de la prestigieuse Gendarmerie de France donc, dont on apprend incidemment (lettre du comte de Coetanfao du 2 décembre 1716) qu'il avait perdu un bras au service du Roi, ce qui est confirmé dans le récit même (cf. infra) A l'époque, la fonction de maréchal des logis gardait encore son sens primitif d'officier chargé du logement et du cantonnement des troupes. De surcroît, l'homme est explicitement un des clients et protégés du maréchal de Villars comme on l'apprend sur la fin (cf. II, 51 : "La protection de monsieur le mareschal duc de Villars m'avoit esté si favorable auprès du Roy qu'elle me fit obtenir le 22 de décembre 1712 de Sa Majesté une pension de cinq cent livres pour mon bras perdû") ; il effectua toute sa carrière aux Chevau-légers de la Reine (créés en 1660 pour Marie-Thérèse d'Autriche).I. Volume I.Il commence juste après la paix conclue en 1697 avec l'Espagne et l'Empire (traités de Ryswick), et égrène quelques activités courantes, avant de se plonger dans l'acceptation du Testament de Charles II et dans la guerre générale qui s'ensuivit, et que l'historiographie dénomme comme "Guerre de Succession d'Espagne", mais qui constitua en réalité une lutte acharnée pour maintenir l'équilibre européen. Dès lors, sont détaillées toutes les marches, opérations, batailles auxquelles la compagnie de Boscher participa, avec de nombreuses précisions visuelles, qui rendent le document précieux : campagnes en Italie du nord en 1701-1703 ; venue de Philippe V en Italie du Nord pour défendre ses possessions transalpines ; bataille de Luzzara (15 août 1702) ; transfert de la compagnie d'Italie à l'Armée du Rhin (mars-mai 1703) ; siège de Vieux-Brisach ; reprise de Landau ; campagne de Bavière en 1704 ; la désastreuse bataille de Höchstädt (ou de Blenheim, 13 août 1704) ; campagne de la Moselle en 1705-1706 ; campagnes d'Allemagne en 1707 et de Flandres en 1707-1708 ; bataille d'Audenarde (11 juillet 1708) ; siège de Lille.On peut difficilement imaginer relation plus concrète : comme elle n'émane pas d'un officier général ou d'un officier de liaison entourant ces derniers, elle suit au plus près la vie de l'unité, entremêlant ses marches et opérations aux nouvelles politiques et princières qui parviennent régulièrement aux armées. Une table des lieux très utile termine le volume (ff. 102-105), la fin du texte étant occupée par des pièces d'intérêt général (recueil d'extraits littéraires, de maximes françaises ou latines, de présentation des différents Etats de l'Europe, etc.).II. Volume II.Il débute juste après la catastrophique campagne de 1708, qui ouvrait la route de Paris aux armées alliées, et sur laquelle le jugement de notre auteur est avisé : "Si dans la dernière campaigne, l'armée des Alliés en Flandre s'estoit trouvée beaucoup plus nombreuse que la nostre, elle n'en profita pas moins de la contrariété de nos généraux dans la résolution qu'il falloit prendre pour empescher ses progrès, que de sa supériorité en troupes." De fait, c'est la division du commandement et les luttes de chefs qui furent les plus préjudiciables à la France dans le conflit.Suivant toujours la fortune de Villars, Boscher raconte en détail la bataille de Malplaquet (9-11 septembre 1709), qui amorça un changement net dans le paysage uniforme des revers français face à Marlborough et au Prince Eugène. Mais, ayant perdu le bras gauche dans le combat (l'amputation eut lieu immédiatement derrière les lignes, cf. f. 7), il passe rapidement sur les opérations des annnées 1710-1714, auxquelles il n'a probablement pas participé aussi activement à cause de sa mutilation. Il demeura néammoins en service jusqu'en novembre 1713 et la prise des quartiers d'hiver. Après la publication de la paix qui suivit la signature du Traité de Rastatt (6 mars 1714), les unités de gendarmerie restèrent stationnées pendant quelques mois encore. La mort de Louis XIV est l'occasion d'une longue rétrospective de son règne qui occupe les ff. 44-47. Désormais en retraite à l'âge de 55 ans, Boscher touche une pension d'invalidité de 500 livres (portée à 700 par le Régent), en sus de sa pension de retraite de maréchal des logis (200 livres) et des appointements de réforme, en tout 1400 livres de rente. Il s'en montre apparemment content, en dépit de quelques regrets clairement formulés : "Je sçavois que peu de maréchaux des logis auparavant moy avoient obtenu une retraite aussi advantageuse, ce ne fut cependant pas sans regret que je quitois un corps si distingué parmi la milice, où j'avois servi avec tant dattache et dagrément depuis trente quatre ans, et où je me voiois le premier à avoir part aux promotions puisque de mes quatre aisnés, un avoit la commission de colonel et les trois autres celle de lieutenant colonel ..." (f. 51).Du coup, le reste du texte est consacré à ses démarches pour la liquidation de ses pensions, ainsi qu'à celles effectuées par la suite pour leur revalorisation (ff. 52-54), rien que de classique à toute époque pour ceux qui ont cessé de servir. Le tout est ensuite complété par la notation d'événements dont il est désormais le témoin, et non plus l'acteur, comme il l'exprime au f. 54 : "Je continue à escrire ce que j'aprens qui se passe depuis la paix généralle. J'y adiouteray aussi ce que jay trouvé de curieux dans les livres qui m'ont servi d'occupation." De fait, le reste du volume forme une chronique de seconde main poursuivie jusqu'en 1726.III. Les pièces annexes jointes en hors texte ne manquent non plus pas d'intérêt pour les effectifs militaires engagés dans toutes les opérations du conflit :[Volume I :] 1. Estat des troupes du Roy dans Crémone lorsque Mr. le Prince Eugène voulut exécuter son entreprise (f. 8). - 2. Ordre de bataille en Italie en 1702 (f. 12). - 3. Ordre de bataille de l'armée impérialle le 15 daoust 1702 à Luzara [Luzzara] (f. 18). - 4. Estat de l'armée de l'Empereur en Italie commandée par Mons. le Prince Eugène en 1702 (f. 19). - 5. Disposition des troupes pour circonvallation de Brisach, 1703 (f. 31). - 6. Copie de la lettre de Monsieur de La Serre aide-major de la gendarmerie à Mons. de Chamillart (f. 57). - 7. Ordre de bataille de l'armée de la Moselle, 1705 (f. 61). - 8. Armées d'Allemaigne commandées par Mons. le Mareschal Duc de Villars en 1707 (f. 81). - 9.-10. Ordre de bataille de l'armée de Flandres, 1707 [et des armées sous les ordres de Marlborough] (f. 83). - 11.-12. Ordre de bataille de l'armée de Flandres au camp de Breme Lalleu [Braine-L'Alleud] le 18 juin 1708 [et troupes de Marlborough] (f. 90). [Volume II :] 1. Lettre d'un seigneur retiré à La Haye à un de ses amis à la Cour (f. 1). - 2. Plan de la bataille de Malplaquet [imprimé et rehaussé de couleurs, avec un feuillet de légende en regard] (f. 7). - 3. Armée du Roy en 1710 commandée par Monsieur le Mareschal Duc de Villars (f. 13). - 4. Lettre de Mr. de Feuquières au Roy écrite deux heures avant sa mort, en janvier 1711 (f. 14). - 5. Ordre de bataille de l'armée du Roy en Flandre commandée par Monsieur le Mareschal de Villars en 1711 (f. 14). - 6. Troupes des Alliés en Flandre en 1712 (f. 16). - 7. Ordre de bataille de l'armée de Flandre en 1712 (f. 16). - 8. Estat des troupes destinées pour le siège de Lendau [Landau] en 1713 (f. 25). - 9. Estat des troupes de l'armée de Monseigneur le Mareschal Duc de Villars en Allemaigne, 1713 (f. 26). - 10. Investissement de Fribourg en 1713 au quartier-général qui estoit à Zeingen [Zähringen] (f. 29). - 11. Discours de Monseigneur le Mareschal Duc de Villars à l'Académie Françoise (f. 38). - 12. Plénipotières [sic] à Utrecht (f. 39). - 13. Règlement fait par S.A.R. Monseigneur le Duc d'Orléans Régent, concernant la gendarmerie [imprimé] (f. 48). - 14. Discours de S.A.R. Monseigneur le Duc d'Orléans prononcé au Parlement le 2 7bre 1715 (f. 50). - 15.-24. Correspondances personnelles de 1716-1717 (f. 54). - 25. Epitaphe de Charles XII de Suède (f. 82). - 26. Copie de la lettre écrite par Monsieur Le Blanc secrétaire d'Estat de la guerre à M. le comte de Coetanfao (f. 96). - 27. Instruction que S.A.R. a fait expédier aux directeurs & inspecteurs généraux d'infanterie (2 ff. imprimés). - 28. Nomination aux éveschez & abbayes vacantes. Du 8 janvier 1721 (2 ff. imprimés). - 29. Etat du ciel pendant l'éclipse totale du soleil qui doit arriver à Paris le 22 may 1724 (une gravure dépliante).Il est enfin à noter que la pagination continue du dernier volume recouvre aussi l' insertion d'imprimés que l'auteur a voulu joindre à sa narration, soit, dans l'ordre :I. Manifeste sur les sujets de rupture entre la France et l'Espagne (Paris, Imprimerie royale, 1719, folioté 69-80). - II. Ordonnances du Roy, pour régler le rang que tiendront à l'avenir dans la cavalerie, les officiers des compagnies des gendarmes & chevaux-légers de ses ordonnances, composant le corps de la gendarmerie (Paris, Imprimerie royale, 1719, folioté 92-95). - III. Arrest de la Cour de Parlement, qui ordonne la suppression d'un imprimé contenant quatre pièces (...) (Paris, veuve de François Muguet, Hubert Muguet, Louis-Denis de La Tour, 1719, folioté 96-99). - IV. Lettre du Roy écrite à Mr. le Marêchal Duc de Berwick (...) ((Paris, Imprimerie royale, 1719, folioté 100-102). - V. Arrest de la Cour de Parlement, qui ordonne la suppression d'un imprimé (...) (Paris, veuve de François Muguet, Hubert Muguet, Louis-Denis de La Tour, 1719, folioté 103-106). - VI. Ordonnance du Roy, portant augmentation des troupes, tant de gendarmerie, de cavalerie & de dragons que d'infanterie (Paris, Imprimerie royale, 1719, folioté 121-126).On joint : Une copie de lettre non datée, mais probablement de 1726, adressée à la Reine (un feuillet in-4 écrit au recto). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (vers 1770) in-folio oblong (43 x 60 cm), en feuille.
Grand et beau tableau manuscrit orné d'une frise extérieure noire et rouge, séparations rouges, et donnant les effectifs de l'armée espagnole sous Charles III, répartie en : 1. Tropa de Casa Real. - 2. Regimientos de infanteria. - 3. Infanteria Italiana y Walona. - 4. Regimienos suizos. - 5. Artilleria. - 6. Regimientos de caballeria. - 7. Regimientos de dragonas. - 8. Milicias provinciales. - 9. Milicias urbanas. - 10. Companias fijas.Les dernières dates de création de régiments sont 1766, 1768 et 1769. Il est légitime de supposer que notre tableau a été composé dans les années 1770. Une mention manuscrite au verso (Expedicion. 1774) corrobore cette datation. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (1777) in-folio, [5] ff. n. ch., un feuillet vierge, demi-basane aubergine, dos lisse orné de filets dorés (reliure du XIXe s.). Dos insolé, accrocs aux deux coiffes.
Cette pièce est mi-imprimée mi-manuscrite : il s'agit en fait d'un formulaire pré-imprimé destiné à être renseigné à la main pour les revues, et il a de fait été rempli à la fois des données chiffrées exigées et de nombreuses indications de noms et de qualités des officiers. C'est en 1776 que le second Régiment de Cambrésis vit le jour par amalgame de deux bataillons du Régiment de Flandres (le premier à porter ce nom fut réformé en 1775). Ce sera l'ancêtre du 20e de Ligne (1791).Reliés à la suite deux états similaires : I. [MANUSCRIT] Inspection de 1777. Infanterie. Régiment de Bresse. Revüe faite à Crozon par Mr le Mis de Langeron lieutenant gnéral des armées du Roy le 11 septembre 1777. S.l.n.d. [1777], [7] ff. n. ch., entièrement manuscrits, trois feuillets vierges. II. [MANUSCRIT]. Régiment de Bresse. Etat de messieurs les officiers dudit régiment par rang d'ancienneté. 1780. S.l.n.d. [1780], [12] ff. n. ch. et régés, entièrement manuscrits, avec une collette complémentaire entre les ff. 11 et 12.Créé en 1776 également à partir de deux bataillons du Régiment du Poitou, le Régiment de Bresse est l'ancêtre du 26e Régiment d'Infanterie. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
(ca 1780) 67 x 163 cm, Encadré de bois noir et doré (encadrement moderne). Quelques restaurations au papier mais bon état général.
Très impressionnant tableau manuscrit sur l'état de la France à la veille de la Révolution.Entièrement manuscrit à l'encre et surmonté des armes royales aquarellées, il propose de nombreuses informations distribuées en colonnes, le tout encadré au trait : - Les provinces, avec pour chacune une colonne avec ses subdivisions administratives et ses principales villes.Ces tableaux sont complétés par une Récapitulation des villes par chaque gouvernement ou province et un dénombrement des paroisses et habitants renfermés dans chaque Généralité du Royaume. Chaque province a son résumé historique.- État du Clergé Séculier et Régulier de France.- État Militaire des troupes de France.- État des Parlements.- État des Chambres des Comptes, Cour des Aides, Cours des Monnaies, Conseils Supérieurs.Doument rare et didactique. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
(ca 1760) in-4, 12 ff.-6 ff. blancs, en feuilles sur papier vergé.
Ce vade-mecum de ce qu'il faut savoir en la matière se présente sous forme de questions-réponses et passe en revue un certain nombre de points. Exemples : "Que dira le brigadier détaché lorsqu'il sera à portée d'être entendu ? Il criera qui vive et ensuite de quel régiment... Comment une vedette doit-elle porter ses armes ? Elle aura toujours haut les armes lorsque la proximité de l'ennemi l'exigera et hors de là elle aura son fusil croisé sur le cou de son cheval". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l.n.d. (1814) 2 opuscules in-folio, [4] ff. n. ch. ; [8] ff. n. ch., en feuilles. Bords salis.
Dossier qui propose, sous forme d'un projet de loi, le rétablissement de la fonction et de la juridiction de l'Amiral de France, après les dispositions prises sous l'Empire."Le sénatus-consulte du 28 floréal an XII [18 mai 1804], en créant un grand-amiral, n'a établi qu'une dignité, sans jurisdiction et sans fonctions réelles. Aussi, quand celui qui en était revêtu quitta la France pour aller figurer sur un trône [Joachim Murat], ne crut-on pas devoir s'occuper de lui donner un substitut. Le véritable amiral de France, au contraire, était le chef de toute la marine du Royaume (...)". Sur ces bases, est proposé un projet de loi en 29 articles visant à ressusciter l'ancienne Amirauté, supprimer le Conseil des prises et rétablir 21 tribunaux d'amirauté, 4 conseils et une cour suprême. Le Conseil des prises maritimes se trouve particulièrement dans le viseur du rédacteur, qui en dit tout le mal possible. De fait, il sera supprimé le 9 janvier 1815, avant son rétablissement en 1854 (il existe toujours actuellement).Comme l'on sait, si la dignité d'Amiral de France existe toujours actuellement dans l'État (même sans titulaire vivant, comme pour celle de maréchal de France), elle est purement honorifique et ne confère pas de juridiction particulière sur la marine. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Boulogne [-sur-Mer], 11 Ventôse an XII (2 mars 1804) in-4, en feuille.
Bref billet de service : "Je vous invite, citoyen général, à donner les ordres nécessaires au colonel du 69e régiment de ligne pour qu'il fasse relever le 13 de ce mois par 3 autres grenadiers de la même compagnie les nommés Joseph Rotte, Jacques Séquisse et Jacques Jilliback soldats au régiment qu'il commande, détenus sur le bâtiment amiral pour cause d'insubordination grave".ON JOINT : un portrait d'Andréossy lithographié par Grégoire et Deneux [d'après Grèvedon] (Paris, Rosselin, s.d. [vers 1820]). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (1796) in-folio, [468] pp. n. ch., couvertes d'une écriture moyenne, régulière, assez lisible (environ 40/45 lignes par page), vélin souple, dos lisse muet, tranches marbrées (reliure moderne). Gardes refaites.
Passionnantes lettres de campagnes.Il s'agit d'un ensemble incomplet (la numérotation commence à 37), regroupant de nombreuses missives chiffrées 37-1055 et s'étageant seulement du 8 ventôse au 21 germinal an IV [27 février - 10 avril 1796]. De nombreuses lettres sont adressées au général Jean-Auguste Ernouf (1753-1827) comme chef d'état-major ; ce qui correspond à la période où il exerça ces fonctions à la tête de l'Armée de Sambre-et-Meuse, commandée alors par le général Jourdan, soit du 4 juillet 1794 au 20 septembre 1796. Dès lors, en raison du très grand nombre de missives expédiées sur une si courte durée, de leur nature diverse (billets à des particuliers, circulaires générales, consignes détaillées, réponses hiérarchiques, etc.), et avec des destinataires extrêmement variés (commissaires des guerres, expéditeurs et inspecteurs des vivres, représentants en mission, etc.), on a certainement affaire à un registre général concernant toute l'armée : les expéditeurs ne sont pas précisés, mais sont probablement multiples. À partir du 7 germinal seulement [27 mars 1796], figure une localisation qui est successivement : Berghem - Cologne - Düren, et qui correspond au passage des unités de la Hollande conquise en 1795 à la Rhénanie (pour y affronter l'armée autrichienne). Il va de soi que tous les aspects des unités en campagne sont abordés, mais spécialement ceux tenant au ravitaillement, aux fourrages, aux vins, ce qui laisse suggérer une provenance depuis le commissariat des guerres.Cf. Six I, 425. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l.n.d. (vers 1780) grand placard in-folio, 94 x 63 cm, en feuille, repliée. Coin inférieur droit présentant de petites déchirures, dont l'une réparée postérieurement.
Depuis le XVe siècle, beaucoup de villes françaises avaient des "compagnies d'arquebusiers", sortes de sociétés formant corps, regroupant les hommes s'entraînant au tir, dont l'équivalent le plus proche seraient les actuelles sociétés de tir américaines. Ces compagnies furent généralement favorisées par les pouvoirs municipaux et le pouvoir royal, parce qu'elles pouvaient fournir des hommes exercés au tir, dans différentes circonstances liées à la guerre ou à la défense des cités.Ici, le projet exprimé par ce tableau manuscrit est considérable et doit sans doute être compris comme une recherche d'expédient financier (par la création de nouveaux offices) : il s'agit de fonder une soixantaine de ces corps dans 18 généralités du royaume (sur les 34 de la fin de l'Ancien Régime), surtout dans le nord, mais pas exclusivement (Paris, Lyon, Rouen, Caen, Alençon, Orléans, Bourges, Poitiers, Amiens, Soissons, Tours, Moulins, La Rochelle, Bordeaux, Montauban, Toulouse, Dijon, Châlons). La composition en hommes est soigneusement détaillée : 175 par compagnie, répartis en 25 officiers et 150 chevaliers. De même la valeur des offices à créer, l'attribution d'un droit de franc-salé, etc. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l., s.d. (1898) in-12 (17 x 11 cm), [43] ff. n. ch., couverts d'une écriture serrée, très lisible, mais assez fine, avec un dessin dans le texte (un plan du poste de Nikki), ratures et biffures, un petit feuillet contrecollé en regard du début du texte, broché, tranches rouges. Dos renforcé.
Réchappé d'un ensemble plus vaste, ce petit carnet documente jour après jour une partie de la deuxième campagne du médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893 ; il était alors médecin de 2ème classe depuis le 27 avril 1894. Il faut noter que cette mission fut l'occasion pour l'auteur de donner une communication aux Archives de médecine navale, dans les livraisons de juillet, août et septembre 1898 ; le texte fit l'objet d'un tiré-à-part publié sous le titre de Colonne expéditionnaire dans le Haut-Dahomey (Paris, Imprimerie nationale, 1898, in-8 de 112 pp.), dont on trouvera des exemplaires à la BnF, au Musée de l'armée et à Sainte-Geneviève exclusivement.Le contexte en est fourni par le début du texte de la première pièce complémentaire (cf. infra) : "À la fin du mois de juin 1896, je quittai Marseille pour aller servir à terre au Dahomey en qualité de médecin de seconde classe de la marine, prêté au corps de santé militaire des colonies, alors en formation et insuffisant en nombre". Il s'agit donc d'une affectation à terre, qui dura approximativement deux ans et se déroula dans une colonie très récemment établie (le décret de constitution en avait été donné le 22 juin 1894), à la suite d'une conquête au demeurant difficile qui avait eu lieu de 1890 à 1894. Le lieu décrit est plus spécialement le Borgou (partie nord-est du pays, correspondant à peu près à l'actuel département du même nom), qu'il s'agissait d'occuper et de pacifier avant une éventuelle intervention anglaise (la Grande-Bretagne convoitant aussi ce territoire, depuis sa colonie de Lagos). Comme dans tous les autres carnets conservés de notre toubib, les relations, centres d'intérêts et détails rapportés sont extrêmement foisonnants et constituent un faisceau inappréciable de renseignements sur les débuts difficiles d'une colonie encore à pacifier en-dehors du domaine des rois d'Abomey, acquis à la suite du traité du 29 janvier 1894 ; on en appréciera la valeur : ces premières années de l'occupation française sur l'ensemble du territoire dahoméen, encore marquées par des campagnes dans la partie nord du pays, sont à bien des égards très mal documentées.L'activité de Bartet fut à la fois sédentaire et mobile, puisqu'il accompagnait les colonnes conduites par capitaine Léon Vermeersch (1866-1902) dans le nord et l'ouest du pays, et destinées à compléter la mainmise de la France sur les ethnies non Fon, spécialement les Baribas. Ces expéditions furent difficiles, dans des zones évidemment dépourvues de routes, voire de pistes, et on sent le marin Bartet mal à l'aise dans ces opérations terrestres. Outre le compte-rendu des progressions, des batailles occasionnelles (qui sont plus des accrochages mais causant quand même pas mal de morts et de blessés), il prit également le temps de noter ses activités de soins (surtout pour des blessures reçues au combat), ainsi que les particularités des régions traversées et des populations rencontrées.Les procédés de la conquête sont expéditifs, ce qui était d'usage dans cette période initiale : "Le pavillon français planté dans le village veut peut-être dire que les gens veulent se soumettre. C'est ce qu'on suppose, mais comme il n'y a personne qui se soit présenté et que le village a joint ses contingents à ceux de Péréré [un des territoires du pays Baatonu où les résistances furent les plus vives], on le brûle". À partir du 13 novembre 1897, la colonne se fixe dans la localité de Nikki (à l'extrême est du Borgou), siège d'un souverain local (Séro Torou II), et provisoirement désertée par sa population, que les Français s'emploient à fortifier et à doter de cases pour le personnel européen à demeure. Le 18 novembre, le roi rentre dans sa capitale et c'est l'occasion d'une description un peu précise : "Précédé de ses ministres, de quelques guerriers et d'une femme portant un chapeau recouvert de cuir, probablement une griotte. Un de ses ministres porte son sceptre, morceau de bois rouge surmonté d'une pomme de cuivre ; un serviteur a une grande trompette en cuivre renfermée dans un sac de cuir qu'il porte sous son bras. Au-dessus de la tête du roi, on porte un grand parasol rouge. Le roi est un vieillard aveugle et impotent ; deux hommes le prennent avec précaution dans leurs bras pour le mettre à terre. Il est vêtu d'un manteau vert de musulman avec un capuchon. Son cheval, un animal bien tranquille, est recouvert d'une housse rouge. Le capitaine Vermeersch engage le roi à rentrer avec ses gens rapidement. On considérera comme ennemis ceux qui ne reviendront pas". À la suite de cette première entrevue, le royaume de Nikki fait l'objet le 24 novembre d'un traité de protectorat en bonne et due forme, signé par le rois, ses officiers et Vermeersch au nom du gouverneur, "le roi s'étant déclaré impuissant à empêcher le meurtre d'Européens. L'acte contient 5 articles et est signé par nous tous". À partir de ce poste s'enchaînent les reconnaissances et petites expéditions dans le pays alentour pour y recueillir la soumission des différentes populations. Le texte se termine brutalement par le détail des opérations du 28 janvier 1898, avec cette mention : "Pour la fin de la mission, voir le grand cahier à couverture cartonnée grise (que nous n'avons pas)". Enfin, est donnée une liste des tirages photographiques effectués pendant les reconnaissances par Bartet, de toujours photographe amateur (avec la notation désabusée : "Beaucoup de ces cliches n'ont rien donné").ON JOINT trois documents complémentaires se rapportant à la même mission :1. Un texte manuscrit intitulé "Dans l'alisé du nord-est. La pêche aux pétrels" (4 pp. in-8). Il s'agit du brouillon d'un article destiné à la revue "Cols bleus" (donc rédigé après la Seconde guerre mondiale"), et dans lequel Bartet évoque ses souvenirs de traversée de Marseille au Dahomey ; le principal événement est sa rencontre avec Jean-Baptiste Marchand (1863-1934), qui devait s'illustrer en 1898 dans le célèbre épisode de Fachoda au Soudan, face aux troupes de Kitchener. "Sur le même paquebot avait pris place un jeune capitaine d'infanterie de marine qui m'était jusqu'ici inconnu. Il ne l'était cependant pas pour tout le monde car dans son arme il s'était déjà taillé une appréciable réputation, à la Côte d'Ivoire, en s'emparant au mois de mai 1893 de la ville de Thiassale sur la rivière Bandama (...). C'était un homme de taille moyenne, d'apparence vigoureuse, aux traits agréables, à la barbe noire, au regard de feu. Il s'appelait Jean-Baptiste Marchand et sa réputation devait devenir mondiale ..."2. Un texte dactylographié intitulé "Au Dahomey. Les Bouzous" (3 ff. anopisthographes in-4), daté de septembre 1943. Il s'agit d'anecdotes concernant les relations difficiles de l'auteur à Porto Novo avec les singes, notamment apprivoisés.3. Enfin, dans une petite enveloppe oblongue, deux tirages photographiques (10 x 5 cm) représentant l'auteur, avec ces légendes : a) Dans le Haut-Dahomey, à Yagbassou, en 1897 ; b) Rochefort-sur-Mer, 14 juillet 1914. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
S.l. [Reims], s.d. in-8, [31] pp. mal chiffrées 30 (il y a deux pages chiffrées 12), couvertes d'une écriture moyenne, régulière, très lisible, avec de nombreuses ratures et biffures, en feuilles sur papier de récupération. Feuillets de hauteur différente.
La critique externe indique que l'on a affaire au brouillon d'un article ou d'une communication, probablement destinée à Cols bleus d'après ce que l'on sait des contributions de l'auteur à ce périodique de la Marine nationale, donc rédigé après la Seconde guerre mondiale. Il s'agit là d'un des très nombreux textes composés pendant et après son service actif par le médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893. Devenu médecin principal le 11 octobre 1914, il servit d'abord sur le cuirassé Ernest-Renan (lancé en mars 1906), puis, après une période de trois mois à Rochefort, fut appelé sur le vieux cuirassé Jauréguiberry (mis en service depuis déjà 1893) jusqu'à la fin de 1916. C'est sur ce navire qu'il participa et à l'opération des Dardanelles, et ensuite aux missions de l'escadre de Syrie.Le début du manuscrit plante exactement le contexte :"Tandis que, vers la mi-février 1915, commençaient aux Dardanelles les premières opérations navales du blocus de ce détroit (...), il s'organisait à Bizerte une escadre dite de Syrie ou encore troisième escadre placée sous le commandement du vice-amiral Dartige du Fournet. Elle comprenait deux divisions, la première composée du cuirassé Saint-Louis (pavillon du vice-amiral) et du croiseur D'Entrecasteaux (déjà dans le Canal de Suez) ; et la deuxième composée des cuirassés Jauréguiberry et Henri-IV. Le Jauréguiberry sur lequel j'embarquai le 16 février était commandé par le capitaine de vaisseau [Auguste-René] Beaussant (devenu vice-amiral). C'était le plus vieux cuirassé de notre flotte. Il datait de 1893 où son apparition avait fait sensation par les installations permettant le fonctionnement électrique de son artillerie".Suit, comme dans les carnets de l'auteur, mais de façon très résumée, un éphéméride des activités du Jauréguiberry, depuis le 20 février 1915 jusqu'au 15 juin de la même année. Bartet s'est évidemment servi des notations au jour le jour de ses carnets pour rédiger une synthèse lisible, destinée à un public averti, mais pour lequel cette lointaine expédition devait se trouver en partie oblitérée. Ce sont les opérations et leurs (maigres) résultats qui occupent l'essentiel de la relation, mais notre médecin n'a pas renoncé aux coups de griffe qu'il affectionnait particulièrement ; en témoigne ce portrait acidulé du contre-amiral Émile Guépratte : "Le 1er avril, l'amiral vient passer l'inspection du Jauré. Il est dit que l'amiral est très à cheval sur la tenue des bâtiments. Très formaliste et très militaire, il attache une grande importance à l'exécution correcte du salut du même nom .. Grand, élancé, vêtu de noir kaki impeccable, à jolies pattes d'épaules et orné de la seule croix de la Légion d'Honneur, il a, malgré sa moustache et sa barbe grisonnantes, positivement l'allure d'un sous-lieutenant". Le tragique de la situation à terre , la crainte des sous-marins allemands, les incidents parfois fort graves affectant le navire (par exemple, un obus turc de gros calibre atteignant le pont principal le 5 mai) sont bien mis en relief et confirment par ailleurs ce que tous les témoignages français et anglais ont pu établir. Les incohérences du commandement ne sont pas épargnées : "L'amiral aurait télégraphié à Paris pour nous garder un mois encore, afin d'aller voir la 'ville promise' selon son expression favorite, c'est-à-dire Constantinople. Or, il y a quelque temps, il avait adressé une dépêche concernant l'impossibilité de garder ce cuirassé sans le sacrifier inutilement, vu les défauts dus à son ancienneté". Heureusement, avec la mutation de Guépratte nommé à Bizerte, et son remplacement au commandement de l'escadre des Dardanelles par le vice-amiral Ernest-Eugène Nicol (annoncés le 14 mai), le Jauréguiberry sera affecté à la surveillance des côtes de Syrie en application du blocus franco-anglais de l'Empire ottoman, ce qui constitue une mission nettement moins périlleuse. Après un dernier et risqué appareillage pour Gallipoli (le 23 mai), Guépratte vint faire ses adieux au navire (le 15 juin) : "Il traverse ses anciens appartements dévastés [par l'obus du 5 mai], regrette son salon et sa chambre - mais non sa salle à manger. Il me demande la photographie de 'son trou' (sic). Il se rend à l'infirmerie et dans les carrés ... il nous parle de l'éventualité de nous revoir". Le texte se termine sur ce départ, mais il manque probablement un ou deux ff. (la dernière phrase est interrompue). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.