Garnier Delloye | Paris 1842 | 13.5 x 21.5 cm | 2 volumes reliés
Edition originale, sans la mention "oeuvres complètes de Victor Hugo" (cf Clouzot). Reliures en demi veau glacé rouge, dos légèrement brunis à quatre nerfs sertis de guirlandes dorées et ornés de quintuples filets dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches marbrées, reliures de l'époque. Très légers frottements sur les dos, agréable exemplaire, incomplet du feuillet de préface, joliment établi en reliure romantique de l'époque. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Imprimerie Royale | Paris 1828 | 20.50 x 27 cm | relié
Seconde édition, parue la même année que l'originale, tirée par l'imprimerie royale à 500 exemplaires. Deux feuillets brunis. Reliure à la bradel en plein papier marbré, dos lisse orné d'une étiquette de maroquin noir, titre en long, reliure signée Thomas Boichot. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
E. Michaud | Paris 1843 | 14.50 x 23.50 cm | relié
Edition originale. Reliure à la bradel en demi percaline bleu-gris à coins, dos lisse orné d'un motif floral stylisé doré, date et double filet dorés en queue, pièce de titre de chagrin marine comportant un petit manque angulaire en tête, plats de papier marbré, couvertures conservées, reliure signée de Champs. Envoi autographe signé de Victor Hugo à son ami le critique littéraire Henri Trianon. Petite correction manuscrite sur la première page de l'introduction, quelques piqûres sur les pages de titre et de faux-titre. Provenances : des bibliothèques Morizet, Raymond Boueil avec son ex-libris gravé, Maurice Escoffier (Le mouvement romantique N°1557), Robert Schumann avec ses initiales manuscrites (1965, N°207) et Philippe Zoummerouff (2001, N°62). - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Eugène Renduel | Paris 1835 | 14 x 21.50 cm | relié
Édition originale. Reliure en demi cuir rouge de Russie à coins, dos à quatre nerfs orné de filets et de doubles caissons dorés, date en queue dans un cartouche, contreplats et gardes de papier à la cuve, rares couvertures et dos conservés, tête dorée sur témoins, reliure signée de Bernasconi. Le feuillet de nomenclature des uvres de Victor Hugo est bien présent. Quelques traces de pliure sur certains feuillets. Un précieux poème autographe de Victor Hugo intitulé «La pauvre fleur disait au papillon céleste», sur deux feuillets repliés, a été monté sur onglet en regard de la version définitive adoptée par l'auteur et imprimée page 223 du recueil. Il s'agit d'une première version, composée de quatre quatrains. Ces vers seront repris avec quelques variantes par Hugo dans la version définitive, augmentée toutefois de quatre nouveaux quatrains. Ce poème a été composé par Hugo pour sa maîtresse Juliette Drouet, rencontrée deux ans auparavant. Il symbolise la nature de leur relation - le poète pris dans sa vie conjugale et littéraire, la jeune femme condamnée à l'attendre -, et aura une grande importance dans leur imaginaire commun: Juliette Drouet citera fréquemment le vers «Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre / À mes pieds!» dans ses lettres d'amour à Victor Hugo. On retrouve également le double motif de la fleur et du papillon aux côtés de leurs initiales entrelacées, dans le décor peint du salon chinois provenant de Hauteville Fairy, résidence de Juliette Drouet à Guernesey, décor conçu par l'écrivain lui-même et aujourd'hui conservé à la Maison Victor Hugo à Paris. Bel exemplaire non rogné, établi dans une charmante reliure signée, enrichi d'un très rare poème autographe de Victor Hugo écrit pour Juliette Drouet. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie | Bruxelles 1862 | 14.50 x 22 cm | 10 volumes reliés
Edition originale sans mention parue concomitamment avec l'édition de Paris chez Pagnerre. Reliures en demi basane bleu marine, dos à quatre fins nerfs sertis de doubles filets dorés et ornés de caissons dorés richement décorés, plats de cartonnage bleu marine, gardes et contreplats de papier caillouté, tranches mouchetées, reliures anglaises de l'époque. Rousseurs éparses,page de titre du troisième volume légèrement et marginalement salie, quelques épidermures sur certains plats et quelques accrocs sur certaines tranches, certains mors comportant des restaurations. Une correction à l'encre page 208 du volume 3. * L'édition originale desMisérablesfut légalement établie par trois éditeurs différents, Pagnerre en France, Lacroix en Belgique et Steinacker en Allemagne, mai cette dernière sous l'égide de l'éditeur officiel A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie. La question de la prévalence d'une édition sur l'autre agite depuis longtemps le monde de la bibliophilie et les bibliographes sont restés divisés sur cette épineuse question. Carteret et Vicaire par exemple assuraient que l'édition parisienne devait être privilégiée, tandis que Vanderem et Clouzot donnaient la primeur à l'édition belge. Plus qu'une simple question de chronologie, cette dispute bibliographique révèle la complexité de la notion d'édition originale et l'importance symbolique qu'elle revêt pour l'histoire littéraire et en particulier pour cette uvre magistrale qui compte parmi les plus importantes de la littérature mondiale. Etrangement, sans que cette question ait été réellement tranchée, l'édition de Bruxelles est aujourd'hui communément décrite comme antérieure à celle de Paris, tandis que l'édition de Leipzig est tout simplement ignorée. Les Misérables seraient donc parus le 30 ou 31 mars chez Lacroix et le 3 avril chez Pagnerre. Les arguments de cette antériorité belge sont cependant tous réfutables, et dès 1936, Georges Blaizot en avait démontré la fragilité. Le premier argument s'appuie sur une lettre de Victor Hugo adressée à Lacroix de 1865 et dans laquelle, le poète qualifia lui-même l'édition belge de «princeps»: «Typographiquement, il faut se régler en tout sur l'édition belge princeps des Misérables, en dilatant plutôt qu'en resserrant» écrit-il au sujet des Travailleurs de la mer qui paraîtront en 1866. Or cette désignation de Hugo n'est en aucun cas une indication bibliographique, comme l'explique Georges Blaizot, dénonçant l'interprétation abusive de P. de Lacretelleet du Dr Michaux : «Le poète précise un point, un seul, très simple, très clair, très précis: l'édition belge princeps (c'est-à-dire la première parue des éditions belges) doit servir de type aux éditions futures. Il dit cela, il dit bien cela, il ne dit que cela.» (Georges Blaizot in Le Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1936). En effet à la fameuse édition in-8 succèdera une plus modeste édition in-12 en octobre de la même année. Le second argument est plus important. Il s'appuie sur une lettre d'Adèle Hugo à son mari relatant la rocambolesque aventure de la publication française quatre jours avant la date prévue. Cette lettre sera partiellement reproduite en 1904 dans les uvres complètes publiées par Meurice et Simon, avec la date supposée du «[31 mars 1862]». Adèle y raconte les motifs de la précipitation éditoriale française: «Auguste [Vacquerie] nous apprend que Les Misérables paraissent sous trois jours. Étonnement mêlé de satisfaction. Auguste me raconte qu'ils comptaient faire paraître Les Misérables le 7 avril; que le matin [Noël] Parfait était accouru effaré chez [Paul] Meurice lui dire qu'il sortait de voir aux mains de [Paul] Siraudin, un exemplaire des Misérables qu'il avait acheté la veille à Bruxelles.» Ce témoignage et la datation de la lettre dans ces notes de l'éditeur sont sans doute à l'origine de l'affirmation de l'antériorité de la publication belge. De fait, il est indéniable qu'à cette date, l'édition française n'a pas encore paru, p
Pagnerre | Paris 1862 | 14.5 x 22.7 cm (In-8) | 10 volumes reliés
Edition originale avec mention et page de titre en rouge. Retirage postérieur de quelques jours à la première émission. Les six premiers volumes portent une mention de septième ou huitième édition, les quatre derniers sans mention. Rousseurs sur certains volumes. Reliures en demi basane fauve et mouchetée, dos lisses ornés de doubles filets dorés, nom de l'auteur "Oeuvres de V. Hugo" de basane rouge, pièces de titre et de tomaison de basane bleu ciel, pièce de tomaison du cinquième volume manquante, trois autres ayant tendance à se décoller, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à motifs décoratifs. * L'édition originale des Misérables étant paru en quatre temps, les sorties des nouveaux volumes ont entrainé des retirages des volumes précedents. En effet, le succès immédiat des deux premiers volumes - mis en vente le 3 avril, simultanément en France, en Belgique, mais également en Allemagne et dans de nombreux autres pays - est tel que, comme le craignait Victor Hugo, le tirage (6.000 exemplaires selon Hovasse et 7.000 selon L.C. Michel in la revue anecdotique du 15 avril 1862) de Pagnerre est épuisé très rapidement : « Le 6, on eût battu toutes les librairies de la rive gauche et de la rive droite, pour en trouver un exemplaire ». On puise donc 1.000 exemplaires dans les 5.000 exemplaires de Bruxelles destinés au marché belge et étranger, pour créer une fausse « deuxième édition » française qui est en réalité l'édition originale belge avec une nouvelle page de titre. Mais dès le 10 avril, Pagnerre est obligé de réaliser un nouveau tirage, qui sera prêt le 17 grâce aux empreintes prudemment réalisées par l'imprimeur Claye lors du premier tirage. Seules les pages de titre sont réalisées « sur le mobile » en rouge et noir avec des capitales antiques « un des joyaux de son matériel typographique ». Cette nouvelle page de titre servira également aux volumes suivants comportant des "fausses" mentions d'éditions et qui ne sont que des retirages accompagnant les parutions des nouveaux volumes et assurant ainsi aux nouveaux lecteurs la possibilité d'acquérir l'oeuvre complète. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
S.n. [Imprimerie universelle] | Genève & New York (Jersey) 1854 | 7 x 11 cm | une feuille rempliée
Edition originale imprimée sur papier bleu. Une trace de pliure en marge gauche du feuillet, sinon rare et agréable exemplaire. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Librairie internationale Lacroix, Verboeckhoven & Cie | Paris Bruxelles 1869 | 15 x 23.60 cm | 4 volumes reliés
Edition originale, sans mention d'édition. Présence de tous les faux-titre. Reliures de l'époque en demi maroquin rouge opéra, dos à nerfs janséniste, auteur, titre, tomaison et date dorés, tête dorée. Reliure de qualité. Quelques rousseurs éparses. Ensemble non rogné. Bel exemplaire,sans mention d'édition, établi dans une bonne reliure du temps. Ex-libris aux armes de la bibliothèque d'Emile Mancel gravé par Trouchou le Gavre ; un second aux chiffres du même. Commissaire Maritime à Dunkerque 1886 puis commissaire général au Havre 1888, il a écrit de nombreux articles sur l'histoire de la Marine notamment sur Jean Bart. Sa bibliothèque fut vendue en 1896. Certainement le chef-d'oeuvre de Hugo dans le domaine romanesque, baroque et sombre, où le style poétique évoluant par antithèses et oxymores est poussé jusqu'à ses extrêmes limites, et dans lequel se reconnaîtront les Surréalistes. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Librairie internationale Lacroix, Verboeckhoven & Cie | Paris Bruxelles 1869 | 15 x 23.60 cm | 4 volumes reliés
Edition originale sans mention d'édition Reliures en demi basane fauve et mouchetée, dos lisses ornés de doubles filets dorés, nom de l'auteur "Oeuvres de V. Hugo" de basane rouge, pièces de titre et de tomaison de basane bleu ciel, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à motifs décoratifs. Quelques rousseurs, petits trous en tête de la page de faux-titre du premier volume. Certainement le chef-d'oeuvre de Hugo dans le domaine romanesque, baroque et sombre, où le style poétique évoluant par antithèses et oxymores est poussé jusqu'à ses extrêmes limites, et dans lequel se reconnaîtront les Surréalistes. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Calmann Lévy | Paris 1881 | 14 x 19.50 cm | relié
Nouvelle édition, un des 40 exemplaires numérotés sur Whatman, seuls grands papiers annoncés. Reliure en demi maroquin roux, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes de papier marbré, plats de couverture conservés, tête dorée sur témoins, reliure signée de P. Goy & C. Vilaine. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo : "A mon cher Théodore de Banville. Victor Hugo." Précieux envoi du maître à l'un des piliers de l'école parnassienne. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
s. n. | s. l. s. d. [circa 1830] | 25 x 19.7 cm | Une feuille
Manuscrit autographe signé de la «Ballade du fou» de Victor Hugo, chantée par le bouffon Elespuru dans Cromwell (IV, 1). 2 pages sur un feuillet remplié contrecollé sur papier glacé vert. Superbe manuscrit de la plus célèbre chanson poétique de Victor Hugo, chantée par le fou Elespuru dans sa retentissante pièce Cromwell. Grotesque et sublime, cette uvre incarne la liberté du théâtre romantique prônée par Hugo dans la fameuse préface de la pièce: comme le souligne la Bibliothèque nationale de France, cette chanson «est le seul passage de la pièce qui peut rivaliser avec sa préface pour la notoriété». * La graphie fine et élégante place le manuscrit dans les jeunes années du poète-dramaturge, immédiatement ou quelques années seulement après la composition du poème. Cette uvre fut dailleurs le tout premier extrait de Cromwell à paraître, un an avant la publication de la pièce. Hugo décida en effet de placer le poème en épigraphe de sa dixième ballade «À un passant» publiée dans Odes et ballades (1826). Il est intéressant de noter que cette épigraphe ne figure pas dans le manuscrit dOdes et Ballades conservé à la BnF. Hormis dans le texte intégral de Cromwell, il ne demeure donc en institution aucun autre manuscrit autographe de la Chanson dElespuru. On ne compte plus les éloges et les hommages poétiques suscités par cette envoûtante chanson: pour Barbey dAurevilly, Hugo est avant tout «le chansonnier de la délicieuse Chanson du Fou [] ces gouttes de rosée frémissantes, rouges du soir, qui suffisent pour noyer toute une tête humaine dans un infini de rêveries!» (Les uvres et les hommes). La tête remplie des vers dHugo dont il fréquente le cénacle, Alfred de Musset reproduira parfaitement la structure de cette Chanson dans La Nuit, lun de ses tous premiers poèmes. Comme le remarque Hovasse, «Quantité de poètes se seraient damnés pour lécrire» citant le poème en intégralité dans sa biographie. Alfred de Vigny sen disait «fou comme le prétendu fou» (lettre du 19 novembre 1826) et applaudira Cromwell, son «livre immortel», qui «couvre de rides toutes les tragédies modernes». Linnocente ritournelle est surtout une superbe démonstration du génie hugolien qui sadapte et excelle dans tous les formes de création littéraire. En alliant pentasyllabes et vers de deux syllabes, Hugo ressuscite le lai, composition poétique usitée au Moyen Âge et à la Renaissance. Son rythme court et entraînant venu du fond des âges est pourtant résolument moderne: du Verlaine avant Verlaine, qui reprendra cette acrobatie métrique pour sa «Colombine» de Fêtes galantes et sen inspirera sans doute dès Poèmes saturniens pour composer «Chanson dautomne». Le bouffon Elespuru qui donne voix à ce poème est, de plus, le tout premier personnage créé par le jeune Hugo à seulement neuf ans. Avant même de se penser romancier, dramaturge ou poète, Hugo, alors malheureux élève du colegio des nobles à Madrid, inscrivit «Elespourou Elespuru» sur son exemplaire des uvres de Tacite (désormais dans sa maison de la place des Vosges). Ce nom dont il moque la prononciation est celui de son camarade Don Francisco Elespuro, «affreux grand gaillard, à cheveux crépus, à mains griffues, mal bâti, mal peigné, mal lavé, paresseux incurable et ne tourmentant pas plus son encrier que sa cuvette, hargneux et risible, qui sappelait Elespuru» écrira-t-il dans Victor Hugo raconté. Il se vengea de lui à sa manière, en le présentant comme lun des personnages les moins attrayants dans lun de ses drames, mais lui conféra ainsi limmortalité. Elespuru, le bouffon grotesque par excellence, chante le sublime avec ce poème, «une de ces adorables pièces en quelques vers, où le géant Hugo a montré parfois quil savait être aussi délicat que fort, et aussi mystérieux quéclatant» (Fernand Gregh). Hugo fit de ses pièces le théâtre de ses vengeances: Elespuru, puis Gubetta, lexécuteur des basses uvres de Lucrèce Borgia a pour origine le violent
Eugène Renduel | Paris 1831 | 14 x 22.50 cm | relié
Édition originale, rare exemplaire sans mention. Reliure en plein maroquin bleu, dos janséniste à cinq nerfs, gardes et contreplats de papier peigné, contreplats encadrés d'une large dentelle dorée, doubles filets et stries dorés sur les coupes et les coiffes, tête dorée sur témoins, premier plat de couverture conservé, reliure signée Marius Michel. Ex-libris monogrammé encollé au verso de la première garde. Notre exemplaire est enrichi de quatre planches hors-texte de Louis Boulanger et Alfred Johannot. Envoi autographe signé de Victor Hugo sur la page de faux-titre: «àMonsieur Ch[arles] Mévil son bien cordialement dévoué Victor Hugo.» * Précieuse et intéressante dédicace à l'administrateur et principal actionnaire de la très influente Revue de Paris, éditrice de Balzac, que le jeune Hugo souhaite sans doute séduire à son tour. Ce n'est qu'en 1834, deux ans après le succès de Notre-Dame de Paris, que paraîtra un texte de Hugo dans la Revue, Claude Gueux, au côté du Père Goriot de son prolifique rival. Les envois de Victor Hugo sur ce titre sont excessivement rares.Dans sa Chronologie des livres imprimés de Victor Hugo, publiée en 2013, Eric Bertin fait état de neuf envois sur cette édition : à Sainte-Beuve, Taylor, Paul Lacroix, Charles Mévil (cet exemplaire), Charles Nodier, Loève-Veimars, Armand Bertin, H. Romand et le fidèle Paul Meurice. L'ouvrage précise également que notre exemplaire a figuré dans les ventes Latour (1885) et, surtout, Noilly (1886). Superbe exemplaire relié par Marius Michel, enrichi de gravures et d'un envoi autographe signé de l'auteur. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
La librairie nouvelle | Paris 1851 | 16.50 x 25 cm | broché
Édition en partie originale qui reprend les discours les plus célèbres, dont certains, mémorables, prononcés à la tribune de l'Assemblée nationale législative, le discours sur la révision et le plaidoyer prononcé au procès de son fils, le 11 juin 1851, devant la cour d'assises de la Seine, défendant l'inviolabilité de la vie humaine; fausse mention de huitième édition. Bien complet du rare portrait de l'auteur par Masson tiré sur Chine, en frontispice. Quelques rares rousseurs. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet: «à mon pauvre doux ange aimé. V.» Précieux exemplaire de la muse et maîtresse de Victor Hugo. Cette dédicace pleine de compassion et de regret est une réponse de Hugo à la tragédie que vit Juliette cette année-là, alors qu'elle vient de découvrir qu'Hugo la trompe depuis sept ans avec Léonie Biard, qui, en juin 1851, envoie à Juliette les lettres que Victor lui a adressée. Hugo prêtera serment de fidélité éternelle à Juliette en juillet et lui dédicacera en août ce plaidoyer pour une justice plus clémente. À l'automne, Juliette exigera qu'Hugo rencontre Madame Biard pour lui signifier leur rupture, entrevue dont elle dirigea chaque détail du protocole, et auquel Hugo se soumit. Provenance: bibliothèques Pierre Duché (1972, n° 75) et Philippe Zoummeroff (2001, n° 71). - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Calmann Lévy | Paris 1880 | 15.50 x 24 cm | relié
Édition originale. Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles caissons dorés décorés en angles, date et mention «Ex. de J. Drouet» dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure signée de René Aussourd. Quelques petites rousseurs principalement en début et fin de volume. Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet, le grand amour de sa vie: «à vous, ma dame. Humble hommage. V.» L'exemplaire provient de la bibliothèque de Pierre Duché. Ce dernier avait acheté en bloc la bibliothèque de Juliette Drouet et avait confié les volumes à René Aussourd pour les faire relier de manière uniforme avec l'inscription permettant leur identification en queue. Ex-libris encollés sur un contreplat et une garde. C'est à la fin de l'année 1878, soit après plus de quarante ans de relation, que Victor Hugo et son amante emménagent enfin ensemble avenue d'Eylau, dans le petit hôtel où le poète finira sa vie. «À partir de ce moment, on peut dire que la vie de Juliette ne fut plus guère qu'une tristesse ininterrompue, une servitude de toutes les heures. Elle souffre elle-même d'un cancer à l'estomac, elle sait qu'elle est condamnée, condamnée à mourir de faim!» (Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet, Paris, 1927). Malgré ses souffrances et sa grande faiblesse physique, elle tient toujours avec fidélité le rôle de garde-malade de son «Toto». C'est d'ailleurs à cette époque que Bastien Lepage peint d'elle un portrait d'un réalisme frappant: «De son visage de déesse, sérieux et calme, la maladie impitoyable a fait une pauvre figure humaine, tirée et creusée, sillonnée de rides dont chacune semble conter quelque douleur.» (op. cit.) Religions et religion paraît deux ans avant la disparition de Juliette; il s'agit de l'un des derniers ouvrages qu'Hugo dédicace humblement au grand et dévoué amour de sa vie. Hugo rendra d'ailleurs hommage au dévouement sans faille de sa compagne en lui offrant une photographie sur laquelle il inscrit: «Cinquante ans, c'est le plus beau mariage.». Exemplaire de la plus intime provenance. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Calmann Lévy | Paris 1880 | 15.3 x 24 cm | Broché sous chemise et étui
Edition originale. Reliure en demi chagrin vert, dos avec reprise de teinte, lisse orné de filets noirs et dorés, frise et date dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures conservées comportant des restaurations, reliure de l'époque. Envoi autographe signé de Victor Hugo à Léon Richer. Issu d'un milieu modeste et ayant précocement perdu son père, Léon Richerfonder, en 1869, l'hebdomadaire leDroit des femmesvisant à réformer les droits légaux féminins qui jouit du soutien renouvelé de Victor Hugo: « Je m'associe du fond du cur à votre utile manifestation. Depuis quarante ans, je plaide la grande cause sociale à laquelle vous vous dévouez noblement. » écrira-t-il le 8 juin 1872 dans une lettre lue publiquement. Richer, lui-même libre-penseur et franc-maçon, engagé dans un combat anticlérical et pour une République laïque, a dû trouver un écho à ses propres idées dans la critique que Hugo adresse ici aux dogmes et institutions religieuses. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Typographie de Firmin Didot frères | Paris 1845 | 20.50 x 27 cm | relié
Edition originale. Envoi autographe signé de Victor Hugo à Mélanie Foucher : "A Madame Victor Foucher Hommages (?) V." Reliure à la bradel en plein papier caillouté, dos lisse orné d'une étiquette de maroquin bordeaux, titre en long, reliure signée Thomas Boichot. Quelques très infimes piqûres. Bel exemplaire. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Typographie de Firmin Didot frères | Paris 1845 | 20.50 x 27 cm | relié
Edition originale. Envoi autographe de Victor Hugo à Mélanie Foucher : "à ma précieuse soeur Mélanie" Reliure à la bradel en plein papier à la colle, dos lisse orné d'une étiquette de maroquin noir, titre en long, reliure signée Thomas Boichot. Envoi un peu rogné. Quelques très infimes piqûres. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Calmann Lévy | Paris 1882 | 15 x 25 cm | relié
Edition originale, un des 10 exemplaires numérotés sur Japon, tirage de tête. Contrairement à ce qu'indiquent les bibliographes (Clouzot, Carteret et Vicaire), le tirage sur ce papier ne semble pas être de 15 exemplaires mais bien de 10 comme mentionné sur la page de justification. Ce papier était d'ailleurs, à sa sortie, avec 40 francs, le plus onéreux, le Chine ne valant que 20 francs et le Hollande 15. Reliure en demi maroquin marron chocolat, dos à cinq nerfs, date dorée en queue, plats de papier caillouté, gardes et contreplats de papier peigné, ex-libris encollé sur un contreplat, couvertures conservées, tête dorée, reliure signée P. Goy & C. Vilaine. Bel exemplaire. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Torquemada Drame de Victor Hugo chez Calmann Lévy éditeur en 1882. Édition originale, Hommage de l'auteur « A M. Albert Delpit Victor Hugo » (provenance Bibliothèque Daliphard). Le livre mesure 16x24 cm et pèse 0,700 kg (c) pour 203 pages. Broché. Le livre est en bon état, rousseurs claires, dos cassé, à relier.
Torquemada, est un drame en quatre actes et en vers de Victor Hugo, avec un prologue, écrit en 1869 et publié en 1882 mais jamais donné du vivant de l'auteur. L'histoire est inspirée de la figure historique du moine dominicain Tomás de Torquemada (1420-1498) dont le nom est associé à l'Inquisition espagnole. L'histoire : Le moine espagnol Torquemada, muré vivant dans un in pace par sentence ecclésiastique, est délivré par deux enfants qui s'aiment, don Sanche et doña Rosa. Après avoir obtenu à Rome l'absolution du pape, Torquemada revient en Espagne pour y fonder l'inquisition. Entretemps, le roi Ferdinand s'est épris de Rosa, et pour la séparer de don Sanche, il envoie les deux jeunes gens au couvent. Mais son premier ministre, le comte de Fuentel, les délivre et les confie à Torquemada. Celui-ci reconnaît en eux ses deux sauveurs ; mais il apprend qu'ils ne l'ont délivrés qu'au prix d'un sacrilège : en s'aidant d'une vieille croix en fer pour soulever la pierre de sa prison. Il les livre au bûcher de l'Inquisition afin de sauver leurs âmes. La symbolique : Hugo a crayonné, dans le personnage de Torquemada, une figure étrange et puissante de fanatisme qui veut imposer sa religion par la terreur ; il lui oppose, dans une scène épisodique, la figure de Saint François de Paule, l'apôtre de la religion par l'amour.
Jules Hetzel & Cie Maison Quantin | Paris 1888-1893 | 14 x 23 cm | 3 volumes reliés
Edition originale. Reliures en demi chagrin rouge, dos à cinq nerfs sertis de filets noirs orné de fleurons dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, un coin émoussé, petites traces de frottements sur les tranches inférieures, reliures de l'époque. Quelques petites rousseurs sans gravité. Provenance : de la bibliothèque de Jules Félix Louis Gastinger avec ses ex-libris encollés sur les contreplats. Bel exemplaire agréablement établi dans une reliure uniforme de l'époque. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie | Paris 1864 | 14 x 22.8 cm | Relié
Édition originale de William Shakespeare, publiée en 1864 chez A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie. Reliure en demi basane aubergine de l'époque, dos lisse orné de filets dorés et à froid, frises dorées en tête et en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve. Quelques petites rousseurs Précieux exemplaire enrichi d'un envoi autographe signé de Victor Hugo à Camille Berru, ajouté sur un feuillet de papier bleu : « A mon vaillant et cher compagnon d'épreuve C. Berru, Victor Hugo » Il est également enrichi en frontispice d'un portrait photographique de Victor Hugo par Maes & Michaux, contresigné à l'encre par l'écrivain et monté sur un carton portant la mention imprimée « Souvenir du 16 Septembre 1862 ». * La formule adressée à Berru renvoie directement aux années de répression qui suivent le coup d'État du 2 décembre 1851. Camille Berru, né en 1817, avait été rédacteur en chef de L'Événement, journal fondé dans le cercle de Victor Hugo et dirigé notamment par ses fils Charles et François-Victor, Auguste Vacquerie et Paul Meurice. Condamné à la déportation à Cayenne, il parvint à gagner Bruxelles, où se reconstitua autour des proscrits une part du réseau politique et amical hugolien. C'est à cette expérience commune que donne tout son poids le mot « épreuve » choisi par Hugo. À Bruxelles, Berru entra à L'Indépendance belge, où il occupa des fonctions importantes auprès de Léon Bérardi. Les liens avec la famille Hugo ne se relâchèrent pas : la correspondance conservée entre Berru, Victor Hugo et François-Victor en témoigne abondamment, et leur proximité dépassa largement le seul compagnonnage politique. Lorsque Adèle Foucher séjourna à Bruxelles en 1868, c'est chez Berru qu'elle fut accueillie et qu'elle mourut le 27 août. Le portrait joint au volume ramène précisément à l'un des grands moments bruxellois de l'exil. Le 16 septembre 1862, Lacroix et Verboeckhoven organisèrent à Bruxelles un banquet en l'honneur de Victor Hugo pour célébrer le succès des Misérables.Réunissant autour de l'écrivain des personnalités françaises et belges des lettres, de la presse et de la politique, cette journée marque l'une des manifestations les plus éclatantes de la reconnaissance européenne acquise par Hugo loin de France. Le portrait Maes & Michaux, daté de ce jour et signé de sa main, en conserve ici le souvenir direct. William Shakespeare naît lui-même dans le cerclefamilial de l'exil. Victor Hugo avait d'abord envisagé d'écrire une préface à la traduction de Shakespeare entreprise par François-Victor ; le projet s'élargit progressivement jusqu'à devenir un livre autonome consacré aux grandes figures du génie, à la souveraineté de l'art et à la responsabilité de l'écrivain devant son siècle. Le titre ne désigne donc qu'en partie son véritable sujet : Hugo y développe une vaste profession de foi esthétique et morale, nourrie par l'expérience de la proscription et par la conviction que la littérature doit participer au progrès humain. Dans cet exemplaire offert à Berru, cette réflexion prend une dimension particulièrement personnelle. Le dédicataire n'appartient pas seulement au cercle littéraire de Hugo : il est l'un de ceux avec lesquels l'écrivain partagea concrètement la défaite politique, la proscription et les années bruxelloises de l'exil. L'envoi et le portrait réunissent ainsi deux versants d'une même histoire : la fraternité née de la persécution de 1851 et, onze ans plus tard, la consécration bruxelloise des Misérables. Offert à celui que Hugo nomme son « compagnon d'épreuve », William Shakespeare conserve ici la trace d'une amitié façonnée par l'exil autant que par les lettres. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
s.d. (21 janvier 1840) | 21.20 x 26.70 cm | un feuillet sous cadre
Poème autographe signé «V. H.» de Victor Hugo, quatre quatrains à lencre noire sur une page dun feuillet présenté sous encadrement en baguette dacajou. Cachet à froid de la ville de Bath dans la partie inférieure gauche. Plis horizontaux et verticaux, petites rousseurs le long des plis, quelques taches pâles en marge inférieure droite, sans atteinte au texte. Quelques petites traces sombres en marge inférieure droite, lune affectant une seule lettre du mot «retombe». Manuscrit original et version antérieure au texte final de lémouvant poème autographe de Victor Hugo, publié sous le titre «Écrit sur le tombeau dun petit enfant au bord de la mer» dans son recueil Les Rayons et les Ombres (Paris, Delloye, 1840). * Hugo composa ce magnifique éloge funèbre à la mémoire du jeune neveu de son grand ami Auguste Vacquerie, décédé à lâge de quatre ans et dix mois. Le poète avait promis un poème en épitaphe et adressa personnellement le présent manuscrit à Vacquerie: «Prenez donc ces vers, si vous en voulez toujours pour la tombe de ce cher petit» (Lettre à Vacquerie, 21janvier 1840). Comme la justement remarqué Joseph Petrus Christiaan de Boer, «Il ny a aucune douleur que le poète ait su mieux comprendre et plus délicatement exprimer que limmense tristesse qui remplit le cur des parents à la mort dun de leurs enfants» (Victor Hugo et lenfant, 1933, p. 48-49). Ce poème inaugure un sublime et macabre ensemble duvres composées à loccasion des drames familiaux qui touchèrent les familles dHugo et de son ami Auguste Vacquerie. Le plus célèbre dentre eux sera «Demain dès laube...» écrit après la noyade de sa fille adorée Léopoldine aux côtés de Charles, frère dAuguste Vacquerie, le 4 septembre 1843, peu de temps après leur mariage. Hugo compose ces vers pour Charles-Émile Lefèvre, jeune enfant de la sur de Vacquerie, qui séteint inopinément le 6 novembre 1839. Le 21 janvier 1840, Hugo envoie à Vacquerie le présent manuscrit, où figure une variation par rapport à la version définitive parue le 16 mai de la même année chez Delloye: «Vieux lierre, frais gazon, herbe, roseaux, corolles ; Eglise où l'esprit voit le Dieu qu'il rêve ailleurs ; mouches qui murmurez d'ineffables paroles A l'oreille du pâtre assoupi dans les fleurs ; Vents, flots, hymne orageux, chur sans fin, voix sans nombre ; Bois qui faites songer le passant sérieux ; fruits qui tombez de l'arbre impénétrable et sombre ; Étoiles qui tombez du ciel mystérieux ; oiseaux aux cris joyeux, vague aux rumeurs[plaintes dans le poème publié]profondes ; froid lézard des vieux murs dans les pierres tapi ; plaines qui répandez vos souffles sur les ondes ; Mer où la perle éclot, terre où germe l'épi ; Nature d'où tout sort, nature où tout retombe, feuilles, nids, doux rameaux que l'air n'ose effleurer, Ne faites pas de bruit autour de cette tombe ; Laissez l'enfant dormir et la mère pleurer.» Le poète avait accompagné le manuscrit dune touchante lettre: «Voici enfin, mon poëte, ce que je vous ai fait stupidement attendre si longtemps. [...] Prenez donc ces vers, si vous en voulez toujours pour la tombe de ce cher petit [...] Du reste je ne me crois pas quitte pour si peu envers cet ange. Jai commencé pour lui quelque chose de plus long que je déposerai un de ces jours aux pieds de la pauvre mère» (uvres complètes de Victor Hugo, Correspondance I, Albin Michel, 1947, vol. 41, p. 141). On ne sait quelle autre uvre sera adressée à Marie Arsène Lefèvre, la «pauvre mère», qui perdra en moins de quatre ans son mari et ses deux fils. Hugo composera également deux poèmes en souvenir de Paul-Léon Lefèvre, le frère jumeau de Charles-Émile, qui le suivra dans la tombe trois ans plus tard à lâge de sept ans (Contemplations, Liv. III, XIV et XV). Limmense douleur qui affecta Hugo et Vacquerie, accablés de deuils, ne fera que rapprocher leurs «curs liés au morne piédestal» (Contemplations, Liv. V, I, «À Aug. V.»). Collaborant dès l
Hauteville House 11 et 13 mai 1856 | 14 x 21.50 cm | une feuille
Lettre autographe signée de Victor Hugo datée du 13 mai 1856 à la suited'une lettre inédite de Madame Victor Hugo à Madame David d'Angersdatée du 11 mai. 4 pages sur un feuillet remplié à filigrane "Barbet Smith Street Guernesey". Publiée dans Correspondance de Victor Hugo, Paris, année 1856, p. 246 Dans cette lettreimprégnée des apparitions et spectres qui hantent lesContemplationsrécemment publiées, Victor Hugo s'adresse à la veuve de son grand ami le sculpteur David d'Angers, fervent républicain et artiste particulièrement admiré des romantiques. En pleine crise mystique, Hugo parle à l'ombre du sculpteur à qui il dédia de sublimes poèmes dansLes feuilles d'automneainsi queLes rayons et les ombres et réclame auprès de sa veuve son portrait favori, un buste en marbre jadis sculpté par David d'Angers. Après l'expulsion des proscrits de l'île de Jersey,VictorHugo fait l'achat d'Hauteville House grâce au succès desContemplationset apprend avec tristesse la disparition d'un ami cher.Il écrit à la veuve du sculpteur sur le même feuillet que sa femme Adèle, également liée avec la famille de David d'Angers, créateur d'un médaillon à son effigie : «Vous êtes la veuve de notregrand David d'Angers, et vous êtes sa digne veuve comme vous avez été sa digne femme». Le sculpteur de renom s'était déjà lié au premier salon romantique de Nodier à l'Arsenal et fréquentait presque quotidiennement Hugo à la fin des années 1820 dans l'ambiance bonapartiste et bon enfant de la rue Notre-Dame des Champs, en compagnie des frères Devéria, Sainte-Beuve, Balzac, Nanteuil et Delacroix. En 1828, l'écrivain avait posé avec bonheur dans l'atelier de David d'Angers rue de Fleurus, pour un médaillon puis un buste qui avaient été suivis de deux sublimes poèmes célébrant le talent du sculpteur dansLes Feuilles d'Automne etLes rayons et les ombres.De tous ses portraits pourtant nombreux, il chérissait plus que tout autre son buste de marbre signé David d'Angers et n'hésite pas à le réclamer à sa veuve : «Avant peu, peut-être, madame, ma famille vous demandera de lui rendre ce buste qui est ma figure, ce qui est peu de chose, mais qui est un chef-d'uvre de David, ce qui est tout. C'est lui encore plus que moi, et c'est pour cela que nous voulons l'avoir parmi nous». De ces séances de pose avec le sculpteur naquirent de fructueuses conversations esthétiques et politiques où s'était affirmée leur aversion commune pour la peine de mort. Ils assistèrent au ferrement des galériens qui rejoignaient Toulon depuis Paris, décrit par Hugo dans deux chapitres duDernier jour d'un condamné. Victime de l'exil comme Hugo, David d'Angers était rentré à Paris avant de rejoindre le monde des morts: «Mon exil est comme voisin de son tombeau, et je vois distinctement sa grande âme hors de ce monde, comme je vois sa grande vie dans l'histoire sévère de notre temps». La «grande vie» de David d'Angers fut consacrée à façonner les effigies des hommes illustres, par un subtil équilibre de ressemblance et d'idéalisation. Le sculpteur prend finalement place dans le panthéon personnel de Victor Hugo, lui qui avait orné le fronton du véritable Panthéon des grands hommes où repose aujourd'hui l'écrivain: «David est aujourd'hui une figure de mémoire, une renommée de marbre, un habitant du piédestal après en avoir été l'ouvrier. Aujourd'hui, la mort a sacré l'homme et le statuaire est statue. L'ombre qu'il jette sur vous, madame, donne à votre vie la forme de la gloire». C'était en effet à l'ombre des grands hommes qu'Hugo vécut son exil à Jersey, loin du tumulte de la capitale et dans le silence ponctué par les embruns frappant les carreaux. Hugo s'était plongé dans l'occulte et parlait aux disparus :«David est une des ombres auxquelles je parle le plus souvent, ombre moi-même», déclare-t-il, rappelant le poème final desContemplations, «Ce que dit la bouche d'ombre», dicté au poète grâce au procédé spirite des «tables tournantes». Alors au sommet de
Lib. internationale A. Lacroix & Verboeckhoven & Cie | Paris & Leipzig & Bruxelles 1863 | 14 x 21.50 cm | 2 volumes reliés
Edition originale. Reliures en demi chagrin marron, dos à quatre nerfs sertis de filets à froid, fleurons dorés en têtes et en queues, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollés en têtes des contreplats, tranches mouchetées, reliures de l'époque. Quelques petites rousseurs sans gravité, coupures de presse jointes ayant laissé des ombres sur les premières gardes du premier volume. En tête du premier volume, envoi autographe signé de Jules Claye, l'imprimeur de cet ouvrage, à Ferdinand Taillefer : "... souvenir typographique à mon ancien et excellent collaborateur..." - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Richard Lesclide | Paris 29 octobre 1876 | 17 x 25 cm | broché
Edition originale. Sous couverture papier bleu, imprimée en rouge et noir. Contributions de : Victor Hugo : "Une réponse", Théodore de Banville : "Le Rendez-Vous", Armand Silvestre : "Intermède païen", Emile Zola : "L'Assommoir "(Deuxième partie, IV-suite), Léon Valade : "Le premier baiser", Alex Pothey : "Nostalgie", Catulle Mendès : "Siméon Charlerie (suite et fin)", Jean Prouvaire : "La semaine parisienne". - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -