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‎SADDE GILLES & MATHILDE‎

Reference : RO20030823

‎Catalogue de livres, manuscrits et documents anciens et modernes, vendus aux enchères le 7 février 1998‎

‎CHEZ L'AUTEUR. 1998. In-8 Carré. Broché. Bon état. Couv. légèrement pliée. Dos satisfaisant. Intérieur frais. Sans pagination. Qq illust n&b dans le texte‎


‎Ouvrages provenant de la Bibliothèque de Roger de Quirielle‎

Le-livre.fr / Le Village du Livre - Sablons

Phone number : 05 57 411 411

EUR10.95

‎SADE (Donatien Alphonse François de) [manuscrit]‎

Reference : 10656

(1926)

‎Dialogue entre un prêtre et un moribond publié pour la première fois sur le manuscrit autographe inédit‎

‎ Paris, Stendhal et Compagnie, (15 novembre) 1926. 1 vol. (210 x 265 mm) 62 pp. et 1 f. En feuilles, sous couverture imprimée, étui-chemise toile noire à dos muet. Édition originale.Un des 25 premiers exemplaires sur japon ancien à la forme (n° Z). ‎


‎Avant-propos et notes de Maurice Heine, d'après la manuscrit original et resté inédit. Précurseur de Gilbert Lély, qui poursuivra son oeuvre, Maurice Heine est le premier grand éditeur du divin Marquis dont il publie successivement ce Dialogue entre un prêtre et un moribond, Historiette, contes et fabliaux (1927), Les Infortunes de la vertu (1930) et Les 120 journées de Sodome (1931). Son érudition, sa pensée vigoureuse et rigoureuse, dont attestent ses préfaces, ont fait dire à André Breton que grâce à Heine « l'immense portée de l'oeuvre sadienne est aujourd'hui hors de cause. »Daté de 1782, le manuscrit du Dialogue entre un prêtre... constitue avec certitude l'écrit le plus ancien connu de Sade. Exemplaire à grandes marges, en superbe condition. ‎

Librairie Walden - Orléans

Phone number : 09 54 22 34 75

EUR1,200.00

‎[Chapront] - ‎ ‎SADE (Donation Alphonse François, Marquis de)‎

Reference : 004700

(1926)

‎HISTORIETTES, CONTES & FABLIAUX‎

‎A Paris Pour les membres de la Société du Roman Philosophique 1926 In-8 En feuilles, couv. rempliée Edition originale ‎


‎EDITION ORIGINALE publiée pour la première fois sur les manuscrits autographes inédits par Maurice Heine. En frontispice, eau-forte en couleur d'Henri Chapront. Tirage unique à 233 exemplaires signés par Maurice Heine et par le trésorier de la Société. Un des 170 numérotés sur Montval. Joint deux prospectus annonçant en 1924 et en 1925 l'édition du livre. Ce volume regroupe vingt-six nouvelles rédigées par Sade au cours des années 1787-1788 et destinées à figurer dans CONTES ET FABLIAUX DU XVIIIE SIECLE PAR UN TROUBADOUR PROVENÇAL, projet qui ne vit jamais le jour. Dans sa VIE DU MARQUIS DE SADE, Gilbert Lély évoque le recueil : "Tels qu'ils sont, les HISTORIETTES, CONTES ET FABLIAUX (comment ne pas admirer que leur délicieuse bonne humeur traversée d'esprit provençal, ait pu fleurir dans le sombre décor de la Bastille) contiennent au moins trois chefs-d'oeuvre, qui occupent à eux seuls la moitié du volume : Le Président mystifié, Augustine de Villebranche et Emilie de Tourville ou la Cruauté fraternelle. Dans le premier, on assiste aux mésaventures burlesques d'un de ces magistrats à la cour d'Aix qui, en septembre 1772, avaient si partialement condamné l'auteur et dont celui-ci se venge avec une divertissante cruauté". Très bon exemplaire 0‎

Librairie-Galerie Emmanuel Hutin - Paris

Phone number : 01 42 66 38 10

EUR600.00

‎SADE Donatien - Alphonse - François ( Comte De, Dit Marquis De )‎

Reference : 297424

‎Pièce manuscrite ( de la main d'un secrétaire ) avec sa signature autographe "Le Mquis DE SADE", Marseille, 25 février 1772.‎

‎S.N. Marseille 1772 Pièce manuscrite ( de la main d'un secrétaire ) avec sa signature autographe "Le Mquis DE SADE", Marseille, 25 février 1772, un page in-4 ( 250 X 185 mm ), d'une belle écriture lisible, sur papier vergé avec signature et cachet."Je soussigné reconnais avoir engagé le Sieur Bourdain Comédien du Roy, et son épouse, pour jouer dans mon château et partout ou bon me semblera tous les Rôlles que je leur distribuerai dans la Comédie et dans la tragédie, promettant de les défrayer de toute dépense généralement quelconque pour logement, nourriture, et voyages et de leur payer en outre la somme de huit cent livres. Le présent arrangement commencerea à Pâques prochain et finira le premier novembre de la présente année ( )"Après un premier procès en 1768 aboutissant à une incarcération de 6 mois, Sade est intimé de rejoindre ses terres de Provence et ses châteaux de Lacoste et Mazan, dans lesquels il se livrera à sa passion pour le théâtre en embauchant notamment des comédiens. La noblesse des environs se rend volontiers aux nombreuses représentations théâtrales qu'il met en scène : des pièces de Voltaire, Destouches, Chamfort, Gresset, Regnard, Sedaine, Le Père de famille de Diderot. Un nouveau scandale sexuel en juin 1772 à Marseille aura raison de son intérêt pour la comédie et le poussera à fuir en Italie avec sa belle-sur et maîtresse. Très beau document, en bel état, présenté encadré. D'autres photos sur www.cazitel.com ‎


Librairie Tiré à Part - Marseille

Phone number : 04 91 42 63 17

EUR7,200.00

‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 67594

(1790)

‎Enveloppe rédigée de la main du Marquis de Sade‎

‎Paris s.d., 10x6cm, une enveloppe.‎


‎Enveloppe rédigée de la main du Marquis de Sade destinée à sa femme Renée-Pélagie néeCordier de Launay de Montreuil, Marquise de Sade. Epouse fidèle et dévouée tout au long de l'incarcération de son mari qu'elle quitta à sa libération, la mystérieuse Madame de Sade inspiraYukio Mishima pour sa pièce éponyme. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR1,800.00

‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 58601

(1810)

‎La fête de l'amitié. Manuscrit autographe complet et unique.‎

‎S.n. , s.l. [1810-1812], in-8 (18,5x23,5cm), (1f.) 2 f. découpés (78f.), broché.‎


‎Manuscrit original complet de la dernière pièce du Marquis de Sade, entièrement réglé de rouge, et composé 78 feuillets recto-verso rédigés sur 12 lignes. Ce manuscrit, de même que les autres pièces conservées du Marquis, a été dicté à un copiste et corrigé par Sade lui-même. Deux pages en début de cahier ont été découpées avant rédaction. Cahier broché sous couverture rose de l'époque, présentant quelques manques en tête et en queue du dos. Titre à la plume sur le premier plat: 5/ La Fête de l'amitié encadrant un prologue et un vaudeville ayant pour titre Hommage à la reconnaissance le tout formant deux actes mêlés de prose de vers et de vaudeville. Ce titre est incorrect comme l'indique la première page sur laquelle apparaît le titre suivant : La Fête de l'amitié. Prologue. Encadrant l'Hommage à la reconnaissance. Vaudeville en un acte. Au verso du premier plat de couverture, une mention manuscrite de la main du Marquis, indique la place prévue pour cette pièce au sein de ses uvres. Plusieurs corrections, annotations et biffures manuscrites de la main de Sade dont une auto-citation placée en exergue du vaudeville: «On est des dieux l'image la belle quand on travaille au bonheur des humains. Hommage à la reconnaissance.» «Cette pièce, écrite par le Marquis en l'honneur du directeur de l'asile de Charenton M. de Coulmier, fut représentée sur le théâtre de Charenton entre 1810 et 1812, un an environ avant l'interdiction définitive de ces spectacles, le 6 mai 1813. Cette uvre tardive, est la seule de toute la production dramatique de Sade à Charenton à nous avoir été conservée.» Preuve historique - malgré les inévitables tensions - du réel respect de Sade envers le directeur de sa dernière demeure, dont la pièce fait l'apologie sous le limpide anagramme de Meilcour, La Fête de l'amitié est également par son sujet même une source précieuse d'informations sur les progrès de la médecine aliéniste se défaisant de l'attirail répressif au profit de nouvelles méthodes thérapeutiques comme cet art dramatique auquel Sade contribua largement et rend ici un hommage unique. La pièce présente la particularité toute sadienne de ne pas traiter la folie sous la forme péjorative d'une maladie, mais au contraire à travers la figure du Dieu Momus, personnage central et bienveillant de ce vaudeville atypique. En effet, si la fête décrite est une célébration du directeur d'un hospice similaire à celui de Charenton mais sis dans une antique Athènes, le principal laudateur est le dieu de la folie lui-même, dont la présence renverse complètement la relation entre sains et malades, à l'image des interprètes du spectacle dont on ne pouvait distinguer les comédiens professionnels et les pensionnaires enrôlés. Ce spectacle complet, chanté et dansé, est composé de deux pièces, un prologue-épilogue: La Fête de l'amitié, suivi d'un vaudeville: Hommage à la reconnaissance, interprété par les personnages du prologue, l'ensemble étant présenté lors de la « fête de M. le directeur ». Chaque strate dramatique est une variante allégorique de la situation réelle et nul doute que les interprètes, tout en pénétrant plus avant dans la fiction, jouaient toujours leur propre rôle. uvre d'un écrivain accompli et maitrisant parfaitement son propos et tous les ressorts dramatiques et narratifs, cette apparente bleuette - par son appartenance au genre littéraire très convenu et très codifié de l'hommage - contient en réalité les éléments de subversion chers au divin marquis. Et c'est un homme auquel on a très régulièrement confisqué et détruit les textes saisis dans sa chambre de Charenton qui offre alors au regard de tous le spectacle faussement innocent de la folie victorieuse dans un récit mettant en scène un véritable harem de femmes, discrètement nommé dans la distribution des rôles «troupe de jeunes filles du village». Ce terme remplace d'ailleurs la mention rayée «du même âge» qui était peut-être encore trop explicite. Ces mêmes jeunes filles joueront les «nymphes» de la seconde pièce imbriquée dans la première. De même, les dialogues sont parsemés d'ambivalences textuelles qui selon le jeu de scène ne pouvaient échapper au public de l'époque, lequel connaissait bien le marquis et sa réputation : « Du zèle ardent que vous faites paraître, / à votre exemple ici nous sommes pénétrés, / Mais il excite en nous le désir de connaître »; « si le métier n'a pas grande prétention, / Il est au moins fort agréable / Et le plus souvent préférable / à toute autre occupation.» Les jeux de mots mis à part, cette pièce constitue surtout l'un des derniers et très rares témoignages personnels du Marquis qui fut dans la plupart de ses écrits aussi discret sur sa personne qu'expansif sur le monde qui l'entoure. Or, aux côtés du transparent Meilcour, l'auteur se décrit lui-même sous les traits du personnage principal de sa comédie: Blinval. «En effet, l'histoire de cette troupe itinérante, constituée de comédiens dirigés par un homme de qualité comme Blinval, dont la passion pour la scène l'a amené à prendre la route comme un bohème, rappelle en tous points la jeunesse tumultueuse du marquis, parti en 1772 avec sa troupe sur les routes de Provence, au grand scandale de sa belle-mère.» (S. Dangeville) On remarquera à ce propos cette récurrence du nom composé à partir du phonème « val » souvent attaché à des personnages plus ou moins autobiographiques (Belval dans L'Union des arts, Valcour dans Aline et Valcour...) Le plus intéressant dans ce personnage n'étant d'ailleurs pas la référence au passé de Sade mais bel et bien à sa situation présente à Charenton. En décidant de demeurer libre auprès de Meilcour, Blinval dévoile un Marquis dont la présence à Charenton est pour la première fois vécue, non comme un enfermement injuste dans l'attente impatiente d'une libération, mais comme un achèvement positif et librement choisi. Et c'est toute la pièce qui s'enrichit alors de ce sens caché derrière l'apparente gratuité du spectacle chanté: les allusions à la toute-puissance de cette figure paternelle: «ah! mon cher enfant, tu lui dois bien plus qu'à ta mère»; le secret non dévoilé mais partagé avec Meilcour ou la structure même de cette pièce à tiroir qui consiste en une mise en abyme du jeu de l'acteur se cachant derrière des masques successifs: Blinval, joué par Sade lui-même, se faisant passer pour un comédien, puis mettant en scène L'Hommage à la reconnaissance tout en se soustrayant aux regards jusqu'à la révélation finale. L'unique pièce composée à Charenton et délibérément sauvegardée par le Marquis se révèle alors être un testament littéraire présentant au crépuscule de sa vie, un Sade apaisé et réconcilié avec lui-même et sa divine folie par l'action de sa première et dernière passion: le théâtre. ________ LE MARQUIS de SADE ET LE THEATRE Lettre du docteur Royer-Collard, médecin en chef de l'hospice de Charenton à son Excellence Monseigneur le Sénateur ministre de la police générale de l'Empire 1808 (extrait), in D.A.F. Marquis de Sade, Maurice Lever, Fayard : «Il existe à Charenton un homme que son audacieuse immoralité a malheureusement rendu trop célèbre, et dont la présence dans cet hospice a entraîné les inconvénients les plus graves ; je veux parler de l'auteur de Justine. Cet homme n'est pas aliéné. Son seul délire est celui du vice [...] Il faut que celui qui en est atteint soit soumis à la restriction la plus sévère [...] Or on a eu l'imprudence de former un théâtre dans cette maison, sous prétexte de faire jouer la comédie aux aliénés, sans réfléchir aux funestes effets qu'un appareil aussi tumultueux devait nécessairement reproduire sur leur imagination. M. de Sade est le directeur de ce théâtre. C'est lui qui indique les pièces, distribue les rôles et préside aux répétitions [...] Les malades qui sont en communication journalière avec cet homme abominable, ne reçoivent-ils pas sans cesse l'impression de sa profonde corruption ? Comment veut-on d'ailleurs que la partie morale du traitement de l'aliénation puisse se concilier avec ces agissements ?» Lettre de M. Montalivet, Ministre de l'Intérieur, à Monsieur de Coulmier, directeur de l'Hospice de Charenton 1813 (extrait), in D.A.F. Marquis de Sade, Maurice Lever, Fayard : «J'ai jugé, d'après le compte qui m'a été rendu, que les bals et les spectacles qui ont lieu dans la maison de Charenton dans la vue de distraire les malades pouvaient exercer sur eux une influence plus nuisible qu'utile, en agitant leurs sens et en exaltant leurs esprits, et il m'a paru convenable de supprimer provisoirement ces exercices.» «Sade [...] estimait son théâtre au-dessus de tout ce qu'il avait produit jusqu'alors» écrit son biographe Maurice Lever. Parmi toutes ses uvres, c'est donc à ses quelque vingt pièces que l'auteur de Justine tenait le plus. Lorsque sa famille détruisit à sa mort tous les documents compromettants du sulfureux marquis, ils préservèrent heureusement ces cahiers soigneusement recopiés durant les dernières années passées à l'asile de Charenton et témoignant de ce qui semblait la seule passion saine de l'enfant maudit de la famille. C'est dans un coffre scellé et oublié pendant près de cent cinquante ans dans une pièce dérobée du Château de Condé que furent entreposés tous les documents qui échappèrent à l'autodafé et qui ne seront mis à jour, compilés et édités que durant la seconde partie du XXèmesiècle grâce au surréaliste Gilbert Lély et à l'éditeur Pauvert. Pourtant, si tous les romans de Sade connurent dès ce moment de nombreuses publications, son théâtre, après une première édition en 1970, souffrant de son apparent éloignement avec l'uvre majeure, est à son tour ostracisé par les nouveaux lecteurs du marquis. étrange destin d'un homme dont la vie et les uvres sont marquées par une arbitraire et interminable scission entre le bien et le mal, le sain et la folie, la liberté et l'enfermement, le publié et l'inédit, le fantasme et la réalité, le connu et l'inconnu, le philosophe et le jouisseur, le romancier et le dramaturge. Personnalité complexe et uvre déroutante: Sade fut incompris hier et rejeté pour la noirceur de ses écrits. Mais ne l'est-il pas moins aujourd'hui par un sentiment contraire qui relègue aux oubliettes de la littérature tout ce qui de Sade n'est pas «sadique»? Si on regarde l'homme sous toutes ses faces, sans doute faut-il mettre, comme il le fait lui-même, son uvre théâtrale au premier plan et observer ainsi à travers elle la profonde unité intellectuelle et littéraire d'un homme dont le «vice» tant décrié ou tant aimé n'est que la partie saillante d'un hédonisme profond et intellectuellement très abouti. « Sade a aimé le théâtre à la folie, et sous toutes ses formes. Comédien, chef de troupe, décorateur, metteur en scène, et même souffleur par nécessité, le théâtre l'accompagne au long de sa vie. » (Maurice Lever) Née sans doute au collège Louis-le-Grand, réputé pour ses représentations théâtrales orchestrées par les jésuites, cette passion prit une forme particulière à chaque étape de la vie du Marquis, des cabarets de régiment (période durant laquelle il écrit sa première pièce) aux amantes comédiennes que le jeune époux collectionne plus ou moins discrètement - jusqu'à faire «jouer» à l'une d'entre elles le rôle de sa femme au château de Lacoste. à partir de 1763, il devient acteur et metteur en scène puis prend la direction du Théâtre de société du château d'évry. Entre deux épisodes de libertinage, il fait jouer sa femme et sa belle-mère dans des drames de Voltaire, avant d'écrire ses propres pièces et de faire construire un grand théâtre de cent vingt places dans son château de Lacoste, tandis que parallèlement éclatent les premières affaires judiciaires du divin Marquis. Comme ses romans sulfureux, c'est en prison que Sade compose la plupart de ses pièces, et ce, conjointement, comme le soulève dans son imposant essai sur le théâtre de Sade, Sylvie Dangeville qui note aussi que«ces juxtapositions témoignent de sa capacité à produire une uvre organisée en réseaux de significations complexes et distincts». Lorsque Sade écrit en avril 1784 à l'Abbé Amblet : «Au reste, mon cher ami, il m'est impossible de résister à mon génie, il m'entraîne vers cette carrière-là malgré moi et, quelque chose qu'on puisse faire, on ne m'en détournera pas», c'est, en ces termes ambigus, son génie dramatique qu'il invoque et qu'il dresse face à cet autre génie, «sombre» : «Cela m'occuperait beaucoup [de faire jouer mes pièces à Paris] et me retirerait de tout le reste. J'ose même dire que c'est le seul moyen, et la raison en est physique : il faut une force supérieure pour combattre une force puissante.» à chaque sortie de prison, ce sont encore ses activités théâtrales qui occuperont la vie publique de Sade, tandis que simultanément, lors de ses frasques secrètes, «le mode d'expression utilisé revient toujours à un processus théâtralisé où le protocole et le rituel s'imposent tout naturellement à la pure jouissance. Plaisirs érotique et théâtral ne sont donc que les deux facettes d'un même comportement car le renversement subversif des codes culturels et sociaux supposent toujours la mise en équivalence de ces deux démarches» (in S.Dangeville, Le théâtre change et représente: lecture critique des uvres dramatiques du Marquis de Sade). Ce lien significatif entre les faits libertins délictueux et les fortes périodes d'activités théâtrales a d'ailleurs été analysé par Annie Lebrun : «Le fait d'écrire des pièces s'imbrique chez lui dans un ensemble de conduites qui toutes ramènent vers la scène comme point de rencontre entre le réel et l'imaginaire, l'unique et le nombre, le spectaculaire et le secret. [...] Comme si quelque chose dans le jeu théâtral s'avérant insuffisant avait la double fonction de retarder et de rendre plus intense la nécessité d'un passage à l'acte mais en faisant voir par avance la théâtralité illusoire au-delà de laquelle il y a toujours une ''autre scène''» (in Un théâtre dressé sur notre abîme). Elle fait ainsi écho à cette étonnante introspection de Sade qui dans son Journal de Charenton écrivait : «le 21 depuis 3 semaines, j'éprouvais d'affreuses insomnies, ce fut la nuit du 20 au 21 [août 1807] que je réfléchis que de tous les temps les comédies m'avaient été funestes». Les dernières années de sa vie passées à Charenton sont également celles durant lesquelles le théâtre de Sade prend toute son ampleur. Grâce à l'intelligente complicité du directeur de l'asile, Sade développe une intense activité dramatique dont la notoriété dépasse largement le cadre hospitalier. Il y fait aménager une nouvelle salle de spectacle pour laquelle il compose de nombreuses pièces destinées à être jouées par les pensionnaires et organise des représentations publiques auxquelles le Tout-Paris se précipite, attiré notamment par le précaire équilibre entre le jeu et la folie des acteurs. C'est à cette occasion qu'il fait également recopier par ses voisins de chambrée toute sa production théâtrale, depuis ses débuts jusqu'à ses nouvelles créations. Cet ensemble de cahiers rédigés par des copistes improvisés et corrigés de la main de Sade constitue, pour la majeure partie, la seule trace manuscrite de l'uvre théâtrale du Marquis. Plus qu'une retranscription par l'homme mûr d'uvres de jeunesse c'est une réécriture et une recomposition de son uvre dramatique que Sade entreprend alors, signe supplémentaire de l'importance qu'il accorde à cette expression artistique et à chacune de ces pièces dont il approuve la version finale en l'annotant et en lui attribuant méthodiquement un numéro de classement spécifique au sein de l'ensemble des vingt uvres retenues, en vue d'une publication complète de son théâtre. Brillamment analysée par Sylvie Dangeville, la relation entre le théâtre de Sade, sa vie publique et clandestine, ses écrits érotiques et philosophiques, ses influences littéraires et «l'irréductible originalité de sa pensée» demeure toujours une source intarissable d'informations «sur la circulation textuelle de l'ensemble de l'uvre de Sade». Mais au-delà de l'intertextualité, la conception très physique du théâtre dont Sade fait preuve dans ses pièces témoigne d'un rapport fantasmatique au corps qui s'avère bien plus vaste que les «mises en scènes» sadiques de ses romans. Il n'est nullement surprenant que cet aspect encore à peine entrevu par la critique soit aujourd'hui le sujet d'une intense réflexion artistique. En 2008, avec sa création Sade, le théâtre des fous, la chorégraphe Marie-Claude Pietragalla s'empare ainsi du théâtre de Sade à Charenton pour explorer sa pensée «intimement, viscéralement et érotiquement liée au corps : Je suis donc je pense et non l'inverse.» - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR35,000.00

‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 58602

(1808)

‎Les antiquaires. Manuscrit autographe complet et unique.‎

‎S.n. , s.l. août 1808, in-8 (17,5x21,5cm), (40f.) (3f. bl.), broché.‎


‎Manuscrit original complet d'une des première oeuvres du Marquis de Sade, entièrement réglé au crayon, et composé 40 feuillets recto-verso. Ce manuscrit, de même que les autres pièces conservées du Marquis, a été dicté à un copiste et corrigé par Sade lui-même. Cahier broché sous couverture verte de l'époque, présentant un petit manque au milieu du dos. Titre à la plume en partie effacé sur le premier plat : 9/ Net et corrigé en août 1808 - bon brouillon. Les Antiquaires. Comédie en prose en 1 acte. Ce titre est reporté au verso du premier plat de couverture. Nombreuses corrections, annotations et biffures manuscrites de la main de Sade, principalement des ajouts de didascalies, riches en indications scéniques et psychologiques. Composée en 1776 puis recopiée à Charenton en 1808 et vraisemblablement enrichie à cette époque de quelques variations opportunes - notamment une allusion à Napoléon « dont il espérait, bien à tort, obtenir la permission de quitter, en homme libre l'hospice de Charenton» (p.94) - Les Antiquaires est l'une des premières créations théâtrales achevées du Marquis et par là-même, une de ses premières uvres littéraires, composée huit ans avant le Dialogue entre un prêtre et un moribond. En effet, si la datation décisive des pièces est rendue difficile par l'absence des manuscrits initiaux, plusieurs indices ont permis aux bibliographes de précisément situer la première rédaction de cette pièce en 1776, avec une possible version corrigée durant la période révolutionnaire et quelques dernières évolutions au moment de cette ultime rédaction, qui est aujourd'hui l'unique manuscrit conservé de cette pièce. Parmi les indices de datation - statut du personnage juif et anglais, style des dialogues, correspondance de Sade avec les théâtres - l'élément le plus déterminant est biographique. Les Antiquaires peut en effet être considéré comme le véritable « volet théâtral » du Voyage d'Italie de Sade avec lequel il entretient une intertextualité constante. La pièce met en effet en scène un antiquaire - c'est-à-dire au sens du XVIIIème un érudit, amateur d'antiquité - qui souhaite marier sa fille à un ami partageant la même passion, tandis que celle-ci trouve un stratagème pour le convaincre de la laisser épouser son jeune amant. Que ce soit à travers le discours savant des vrais antiquaires ou celui, farfelu, de l'amant les singeant, Sade se sert de sa propre expérience et de ses impressions de voyage qu'il expose ou détourne selon le point de vue de ses personnages. Ainsi la description par l'amant Delcour du volcan Etna est-elle une parodie du récit détaillé que Sade fait du volcan Pietra-Malla, tandis que l'invention d'une «galerie souterraine reliant l'Etna à l'Amérique», est directement inspirée du tunnel de la Crypta Neapolitana, décrit par Sade dans son Voyage. Le Marquis invoquera cette même expérience volcanique pour écrire l'une des plus fameuses scènes de son Histoire de Juliette. A peine revenu de son dernier périple savant, et presque parallèlement à l'écriture documentée et passionnée de cette expérience, Sade compose donc une version satirique de celle-ci (jusqu'à ses déboires d'intendance) maniant à la fois critique sociale de l'érudition stérile, et autodérision de sa propre passion pour l'Histoire, de «son avidité de tout voir et son insatiable curiosité» (cf. Maurice Lever, préface de Voyage d'Italie). La satire virulente s'accompagne ainsi paradoxalement d'une démonstration très sérieuse des connaissances de l'auteur très au fait des dernières découvertes et des grandes questions archéologiques du temps. C'est d'ailleurs ce qui vaudra à la pièce la critique de deux directeurs de théâtre auxquels Sade la proposa, vraisemblablement durant les années 1791, 1792: «L'ouvrage est purement écrit. Il annonce esprit et connaissance dans un auteur, mais la pièce est trop sérieuse, trop scientifique.» (Théâtre du Palais-Royal) ; «Moins d'étalage d'érudition, plus de ridicule [...] sont autant de moyens nécessaires pour mettre en scène Les antiquaires. L'auteur qui se montre partout très instruit, s'en convaincra lui-même» (Théâtre de Bondi). A moins que la pièce décriée soit une première version et que Sade ait tenu compte de ces appréciations et corrigé les défauts énoncés dans l'uvre qui a survécu, il semble que ces critiques résultent d'une incompréhension de ce qui fait justement la particularité de cette pièce. En effet, malgré un schéma très classique du conflit de génération confrontant un père obtus, obsessionnel et naïf à une jeunesse fantasque et libre d'esprit, la pièce ne propose pas de jugement définitif et les personnages d'anciens ne sont finalement pas dupes des supercheries et stratagèmes élaborés par les jeunes qui, eux-mêmes, finissent par concéder à leurs aînés une certaine autorité et manifester un respect pour leur savoir. Si la pièce est très largement inspirée de Molière, c'est donc en digne héritier de Diderot que Sade met en scène cette nouvelle querelle des Anciens et des Modernes, c'est-à-dire de l'antiquaire opposé au philosophe, dont fait état Jean Seznec dans ses Essais sur Diderot et l'Antiquité. Dans le discours préliminaire de l'Encyclopédie d'Alembert statue définitivement sur cette question : «C'est pourquoi, à mérite fort inégal, un Érudit doit être beaucoup plus vain qu'un Philosophe». Diderot, plus modéré, expose dans l'article «érudition», les bienfaits et les limites des deux postures intellectuelles. C'est clairement de cet héritage que se réclame le jeune Sade dont la pièce illustre «les paradoxes de ce débat avec une irrésistible virtuosité satirique» (S. Dangeville) tandis que l'auteur définit sa position dans la querelle entre antiquaires et philosophes à travers la figure de Delcourt : «Eh mais vraiment il me serait difficile de passer pour un [savant]. J'ai pu acquérir toutes les connaissances d'un homme de mon état, sans néanmoins avoir étudié les sciences que Monsieur votre Père et ses amis cultivent depuis si longtemps.» La réponse de la soubrette, Cornaline, témoigne pour sa part d'une liberté assumée face au savoir qui semble annoncer et éclairer la philosophie atypique et le détournement des valeurs du futur auteur des Cent Vingt Journées de Sodome: «Fussiez-vous vous-même aussi profond qu'eux, je ne veux pas que vous le paraissiez ; battez la campagne, faites des anachronismes, petit à petit on se méfiera de vous, on soupçonnera du mystère et de là même naitre et l'instant de vous dévoiler et la nécessité de ne plus feindre. » Cette apologie de l'excès jusqu'à l'invraisemblable, encore limité en cette année 1776 au domaine du savoir pourrait bien être les prémisses d'une pensée qui va s'épanouir dans des épopées apocalyptiques « propre[s] à faire naitre l'instant de [n]ous dévoiler et la nécessité de ne plus feindre ». Cette première expérience littéraire dont Gilbert Lély minimisa l'importance témoigne en réalité d'un auteur bien plus aguerri qu'il ne paraît au prime abord. Certes, comme l'écrit Sylvie Dangeville, Les Antiquaires est clairement rattaché aux années d'apprentissage de l'écriture théâtrale par le jeune marquis. Elle donne pour exemple la très forte influence des Fourberies de Scapin, du Malade imaginaire et des Femmes savantes sur les péripéties des Antiquaires. Notons cependant, que Sade ne s'inspire que très légèrement de la structure dramatique de ces pièces mais bien plus largement -jusqu'à l'excès encore! - des ressorts comiques de situations. Or en soumettant au spectateur des personnages cachés dans des sacs et battus, des amants surgissant de coffres près à être brûlés, et des femmes prédatrices: «Un loup dans mon enfance se jeta sur moi et depuis lors j'entre quelque fois dans des accès de fureur; je crois que je vous dévorerais, Monsieur», Sade n'est-il pas, déjà et entièrement, Sade? _______________ LE MARQUIS de SADE ET LE THEATRE Lettre du docteur Royer-Collard, médecin en chef de l'hospice de Charenton à son Excellence Monseigneur le Sénateur ministre de la police générale de l'Empire 1808 (extrait), in D.A.F. Marquis de Sade, Maurice Lever, Fayard : «Il existe à Charenton un homme que son audacieuse immoralité a malheureusement rendu trop célèbre, et dont la présence dans cet hospice a entraîné les inconvénients les plus graves ; je veux parler de l'auteur de Justine. Cet homme n'est pas aliéné. Son seul délire est celui du vice [...] Il faut que celui qui en est atteint soit soumis à la restriction la plus sévère [...] Or on a eu l'imprudence de former un théâtre dans cette maison, sous prétexte de faire jouer la comédie aux aliénés, sans réfléchir aux funestes effets qu'un appareil aussi tumultueux devait nécessairement reproduire sur leur imagination. M. de Sade est le directeur de ce théâtre. C'est lui qui indique les pièces, distribue les rôles et préside aux répétitions [...] Les malades qui sont en communication journalière avec cet homme abominable, ne reçoivent-ils pas sans cesse l'impression de sa profonde corruption ? Comment veut-on d'ailleurs que la partie morale du traitement de l'aliénation puisse se concilier avec ces agissements ?» Lettre de M. Montalivet, Ministre de l'Intérieur, à Monsieur de Coulmier, directeur de l'Hospice de Charenton 1813 (extrait), in D.A.F. Marquis de Sade, Maurice Lever, Fayard : «J'ai jugé, d'après le compte qui m'a été rendu, que les bals et les spectacles qui ont lieu dans la maison de Charenton dans la vue de distraire les malades pouvaient exercer sur eux une influence plus nuisible qu'utile, en agitant leurs sens et en exaltant leurs esprits, et il m'a paru convenable de supprimer provisoirement ces exercices.» «Sade [...] estimait son théâtre au-dessus de tout ce qu'il avait produit jusqu'alors» écrit son biographe Maurice Lever. Parmi toutes ses uvres, c'est donc à ses quelque vingt pièces que l'auteur de Justine tenait le plus. Lorsque sa famille détruisit à sa mort tous les documents compromettants du sulfureux marquis, ils préservèrent heureusement ces cahiers soigneusement recopiés durant les dernières années passées à l'asile de Charenton et témoignant de ce qui semblait la seule passion saine de l'enfant maudit de la famille. C'est dans un coffre scellé et oublié pendant près de cent cinquante ans dans une pièce dérobée du Château de Condé que furent entreposés tous les documents qui échappèrent à l'autodafé et qui ne seront mis à jour, compilés et édités que durant la seconde partie du XXèmesiècle grâce au surréaliste Gilbert Lély et à l'éditeur Pauvert. Pourtant, si tous les romans de Sade connurent dès ce moment de nombreuses publications, son théâtre, après une première édition en 1970, souffrant de son apparent éloignement avec l'uvre majeure, est à son tour ostracisé par les nouveaux lecteurs du marquis. Etrange destin d'un homme dont la vie et les uvres sont marquées par une arbitraire et interminable scission entre le bien et le mal, le sain et la folie, la liberté et l'enfermement, le publié et l'inédit, le fantasme et la réalité, le connu et l'inconnu, le philosophe et le jouisseur, le romancier et le dramaturge. Personnalité complexe et uvre déroutante: Sade fut incompris hier et rejeté pour la noirceur de ses écrits. Mais ne l'est-il pas moins aujourd'hui par un sentiment contraire qui relègue aux oubliettes de la littérature tout ce qui de Sade n'est pas «sadique»? Si on regarde l'homme sous toutes ses faces, sans doute faut-il mettre, comme il le fait lui-même, son uvre théâtrale au premier plan et observer ainsi à travers elle la profonde unité intellectuelle et littéraire d'un homme dont le «vice» tant décrié ou tant aimé n'est que la partie saillante d'un hédonisme profond et intellectuellement très abouti. « Sade a aimé le théâtre à la folie, et sous toutes ses formes. Comédien, chef de troupe, décorateur, metteur en scène, et même souffleur par nécessité, le théâtre l'accompagne au long de sa vie. » (Maurice Lever) Née sans doute au collège Louis-le-Grand, réputé pour ses représentations théâtrales orchestrées par les jésuites, cette passion prit une forme particulière à chaque étape de la vie du Marquis, des cabarets de régiment (période durant laquelle il écrit sa première pièce) aux amantes comédiennes que le jeune époux collectionne plus ou moins discrètement - jusqu'à faire «jouer» à l'une d'entre elles le rôle de sa femme au château de Lacoste. à partir de 1763, il devient acteur et metteur en scène puis prend la direction du Théâtre de société du château d'évry. Entre deux épisodes de libertinage, il fait jouer sa femme et sa belle-mère dans des drames de Voltaire, avant d'écrire ses propres pièces et de faire construire un grand théâtre de cent vingt places dans son château de Lacoste, tandis que parallèlement éclatent les premières affaires judiciaires du divin Marquis. Comme ses romans sulfureux, c'est en prison que Sade compose la plupart de ses pièces, et ce, conjointement, comme le soulève dans son imposant essai sur le théâtre de Sade, Sylvie Dangeville qui note aussi que«ces juxtapositions témoignent de sa capacité à produire une uvre organisée en réseaux de significations complexes et distincts». Lorsque Sade écrit en avril 1784 à l'Abbé Amblet : «Au reste, mon cher ami, il m'est impossible de résister à mon génie, il m'entraîne vers cette carrière-là malgré moi et, quelque chose qu'on puisse faire, on ne m'en détournera pas», c'est, en ces termes ambigus, son génie dramatique qu'il invoque et qu'il dresse face à cet autre génie, «sombre» : «Cela m'occuperait beaucoup [de faire jouer mes pièces à Paris] et me retirerait de tout le reste. J'ose même dire que c'est le seul moyen, et la raison en est physique : il faut une force supérieure pour combattre une force puissante.» à chaque sortie de prison, ce sont encore ses activités théâtrales qui occuperont la vie publique de Sade, tandis que simultanément, lors de ses frasques secrètes, «le mode d'expression utilisé revient toujours à un processus théâtralisé où le protocole et le rituel s'imposent tout naturellement à la pure jouissance. Plaisirs érotique et théâtral ne sont donc que les deux facettes d'un même comportement car le renversement subversif des codes culturels et sociaux supposent toujours la mise en équivalence de ces deux démarches» (in S.Dangeville, Le théâtre change et représente: lecture critique des uvres dramatiques du Marquis de Sade). Ce lien significatif entre les faits libertins délictueux et les fortes périodes d'activités théâtrales a d'ailleurs été analysé par Annie Lebrun : «Le fait d'écrire des pièces s'imbrique chez lui dans un ensemble de conduites qui toutes ramènent vers la scène comme point de rencontre entre le réel et l'imaginaire, l'unique et le nombre, le spectaculaire et le secret. [...] Comme si quelque chose dans le jeu théâtral s'avérant insuffisant avait la double fonction de retarder et de rendre plus intense la nécessité d'un passage à l'acte mais en faisant voir par avance la théâtralité illusoire au-delà de laquelle il y a toujours une ''autre scène''» (in Un théâtre dressé sur notre abîme). Elle fait ainsi écho à cette étonnante introspection de Sade qui dans son Journal de Charenton écrivait : «le 21 depuis 3 semaines, j'éprouvais d'affreuses insomnies, ce fut la nuit du 20 au 21 [août 1807] que je réfléchis que de tous les temps les comédies m'avaient été funestes». Les dernières années de sa vie passées à Charenton sont également celles durant lesquelles le théâtre de Sade prend toute son ampleur. Grâce à l'intelligente complicité du directeur de l'asile, Sade développe une intense activité dramatique dont la notoriété dépasse largement le cadre hospitalier. Il y fait aménager une nouvelle salle de spectacle pour laquelle il compose de nombreuses pièces destinées à être jouées par les pensionnaires et organise des représentations publiques auxquelles le Tout-Paris se précipite, attiré notamment par le précaire équilibre entre le jeu et la folie des acteurs. C'est à cette occasion qu'il fait également recopier par ses voisins de chambrée toute sa production théâtrale, depuis ses débuts jusqu'à ses nouvelles créations. Cet ensemble de cahiers rédigés par des copistes improvisés et corrigés de la main de Sade constitue, pour la majeure partie, la seule trace manuscrite de l'uvre théâtrale du Marquis. Plus qu'une retranscription par l'homme mûr d'uvres de jeunesse c'est une réécriture et une recomposition de son uvre dramatique que Sade entreprend alors, signe supplémentaire de l'importance qu'il accorde à cette expression artistique et à chacune de ces pièces dont il approuve la version finale en l'annotant et en lui attribuant méthodiquement un numéro de classement spécifique au sein de l'ensemble des vingt uvres retenues, en vue d'une publication complète de son théâtre. Brillamment analysée par Sylvie Dangeville, la relation entre le théâtre de Sade, sa vie publique et clandestine, ses écrits érotiques et philosophiques, ses influences littéraires et «l'irréductible originalité de sa pensée» demeure toujours une source intarissable d'informations «sur la circulation textuelle de l'ensemble de l'uvre de Sade». Mais au-delà de l'intertextualité, la conception très physique du théâtre dont Sade fait preuve dans ses pièces témoigne d'un rapport fantasmatique au corps qui s'avère bien plus vaste que les «mises en scènes» sadiques de ses romans. Il n'est nullement surprenant que cet aspect encore à peine entrevu par la critique soit aujourd'hui le sujet d'une intense réflexion artistique. En 2008, avec sa création Sade, le théâtre des fous, la chorégraphe Marie-Claude Pietragalla s'empare ainsi du théâtre de Sade à Charenton pour explorer sa pensée «intimement, viscéralement et érotiquement liée au corps : Je suis donc je pense et non l'inverse.» - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 59364

(1783)

‎Lettre autographe inédite à sa femme. L'oeil du Marquis : « ... et suis-je donc ici pour des années ? Adieu je suis au désespoir.»‎

‎s.n., s.l. s.d. (février 1783?), 11,7x19,1cm, Une page sur un feuillet remplié.‎


‎Lettre autographe inédite de Donatien Alphonse François de Sade rédigée d'une écriture fine et serrée sur une page adressée à sa femme. Deux petites brûlures causant la perte de quelques lettres en haut du premier feuillet. Adresse de Madame de Sade à Paris sur la quatrième page. Provenance?: archives de la famille. Sans date, cette lettre a été rédigée au début du mois de février 1783, durant l'incarcération du Marquis à la prison de Vincennes. Cette lettre pleine de douleur physique et morale est écrite depuis la cellule enfumée du Donjon dans lequel est consigné Monsieur le 6, interdit de visites depuis plus de deux mois et souffrant de cécité partielle et de terribles maux de tête. En apparence décousue, mêlant remerciements, plaintes, supplications et reproches, cette lettre d'amour autant que de haine, révèle la très grande faiblesse du prisonnier en cette période charnière de sa vie carcérale. C'est en effet exactement à cette période que prend forme dans sa tête malade l'univers littéraire unique du Marquis de Sade. «?J'ai reçu la lettre du docteur et je vous en remercie, j'y répondrai quand je pourrai onque ma tête le pourra.?» C'est au commencement de l'année 1783 que le Marquis subit d'importantes inflammations oculaires; il perdra presque totalement l'usage de ses yeux de janvier à juillet 1783. Sade rédigera un rapport détaillé de ses maux dans un précieux document intitulé Journal de mon il. Concernant ses céphalées, il écrit dans son Journal pour le mois de février?: «?Le 9 souffrant horriblement, j'eus nuit bonne mais de grandes douleurs de tête. Le 10 si mal à la tête que je ne pus me lever qu'à trois heures.?» C'est d'ailleurs cette unique allusion à des maux de tête qui nous permet de dater précisément cette lettre. Le «?docteur?» dont il est ici question n'est autre qu'Henri Grandjean, chirurgien-oculiste du roi et de la famille royale, envoyé examiner le prisonnier à la suite de ses instantes demandes?: «?Je vous prie de m'envoyer un médecin oculiste, et le meilleur de Paris.?» (Lettre à Renée-Pélagie du 4 février 1783). Le Marquis est alors très anxieux à l'idée de perdre la vue, comme le trahit la très fréquente répétition du verbe voir à quelques lignes d'intervalle?: «?me venir voir?», «?si je les vois?» ou encore «?si vous me voyiez?». C'est cependant sous l'effet de cette cécité naissante et des douleurs afférentes, qui le privent de toute distraction et le contraignent à l'inertie, que Sade commence à imaginer ses futures odyssées érotiques comme il le confessera quelques mois plus tard dans une lettre d'avril 1783?: «?Mon il est toujours le même, et on est très éloigné de penser même à me le guérir [...]. Au reste, je m'en occupe moins, je lis moins, je travaille moins, et ma tête erre sur autre chose avec une force si prodigieusement plus vive, qu'en réalité, à l'inconvénient près qu'il est fort grand, je serais presque tenté de n'en être pas fâché?! Je l'avais toujours bien entendu dire, qu'un sens affecté triplait la force de l'imagination, et je l'éprouve. Ça m'a fait inventer une singulière règle de volupté. C'est que je suis très persuadé que l'on parviendrait à rendre les plaisirs de l'amour au dernier degré de force possible, en amortissant un ou deux sens, et même plus, chaque fois qu'on veut jouir.?» Mais pour l'heure, le Marquis, encore loin de cette introspection fertile, est submergé par l'omniprésente souffrance qui semble le maintenir dans un état de grande confusion. Affaibli par cette violente affliction, Sade, «?à bout?», cède «?au désespoir?», et quittant la posture virulente qui lui est coutumière, devient une victime impuissante, soumise à la cruauté du clan des Montreuil?: «?N'obtiendrais-je donc jamais la plus légère faveur des bourreaux qui vous entourent ne sont-ils donc pas encore las de me persécuter, pour moi je le suis bien de souffrir. Eh mon Dieu je suis à bout.?» Cette supplique semble préfigurer les longues plaintes de la future Justine qui, cible du mauvais sort et des plus abominables châtiments, se laisse aller aux lamentations. À l'instar de son héroïne, Sade met à nu une faiblesse non feinte, marquée par l'étonnante litanie vocative «?Eh mon dieu?». Blessé tant physiquement que moralement, il s'en prend à Renée-Pélagie, qui malgré l'interdiction (depuis le 28 novembre 1782) de visiter son mari et son entrée au couvent de Sainte-Aure, continue à lui être fidèle et à correspondre avec lui. Cependant, ces échanges assidus semblent, mystérieusement faire enrager le Marquis?: «?Laissez-moi respirer au nom de Dieu au moins quinze jours, sans m'accabler comme vous faites de coups de poignards sur coups de poignards.?» Dans les rares lettres de Renée-Pélagie subsistantes à cette époque, il n'y a pourtant nulle trace d'animosité ou d'«?exécrables lettres?», et «?les poignards?» sont plus vraisemblablement l'expression de sa souffrance paranoïaque. On assiste d'ailleurs ici à un bipolarisme flagrant, où l'on devine un Sade partagé entre la souffrance physique provoquée par sa maladie et le manque moral causé par la suspension des visites?: «?Je voudrais ajouter à cela que si vous pouviez obtenir de me venir voir vers le commencement du carême, le plus grand service que vous pourriez me rendre serait de m'apporter vous-même les affaires-là qui me ferait mourir si je les vois venir sans vous.?» Pour échapper à la folie, il met en place un calendrier relativement précis comme en témoignent les repères temporels abondants de cette lettre?: il demande la tranquillité «?jusqu'au premier mars?», c'est-à-dire «?au moins quinze jours?», ce qui amènerait une possible visite de sa femme «?vers le commencement du carême?» soit à «?[l']époque du 1er mars?», visite qu'il pourra néanmoins attendre «?jusqu'en 8?». Mais l'agenda rassurant de ses visites conjugales se dissout soudain dans une temporalité effrayante, où se font écho la conscience précise du temps écoulé «?depuis six ans que je souffre?», et l'incertitude de l'avenir carcéral?: «?Suis-je donc ici pour des années???» Dès lors, le Marquis de Sade, aristocrate malchanceux en instance de libération et qui consacrait toute son énergie à cette seule finalité, devient pensionnaire attitré du donjon de Vincennes. Et de cette nouvelle posture naîtra bientôt la possibilité d'accéder à une liberté plus vaste que celle vainement espérée sa vie durant?: l'écriture. Une des rares lettres intimes encore inédites du Marquis de Sade. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 59108

(1781)

‎Lettre autographe à sa femme. Hommages à la Présidente : « Faire noyer vive l'exécrable coquine qui depuis neuf ans (...) suce mon sang... »‎

‎s.l. (Vincennes) s.d. (circa 1781), 15,7x20,1cm, une feuille.‎


‎Lettre autographe, non signée, du Marquis de Sade adressée à sa femme. Une page rédigée à l'encre, écriture serrée sur 31 lignes. Cette lettre a été publiée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance?: archives de la famille. Cette lettre a été rédigée lors de l'incarcération de Sade à Vincennes, probablement en avril 1781, si l'on en croit les quelques repères temporels évoqués par le rédacteur lui-même. Le Marquis parle en effet de la fin de l'«?exil de Marseille?», faisant ainsi référence à la décision de la cour d'Aix-en-Provence qui, le 14 juillet 1778, casse le jugement pour débauche et libertinage, mais lui interdit d'habiter ou de fréquenter la cité phocéenne pour une durée de trois ans. Sade revient en outre sur l'un des épisodes marquants de sa vie, sa cavale italienne, qui eut lieu entre janvier et novembre 1776?: «?il valait autant me tuer tout d'un coup ou me laisser dans le pays étranger quand j'y étais?». Le Marquis évoque également «?l'étonnante faveur?» qui lui est faite «?de changer de bercail?», c'est-à-dire sa possible translation au fort de Montélimar. En avril 1781, Madame de Sade obtient du Roi, par l'intermédiaire de son amie Madame de Sorans, l'autorisation que son mari soit transféré à la prison montilienne. Le Marquis explique dans la lettre?: «?je trouve qu'il faut être d'une belle impudence pour oser écrire à un malheureux qui souffre depuis neuf ans [...] de remercier bien humblement la personne qui lui obtint l'étonnante faveur de changer de bercail?». Sade fait sans doute ici référence à cette fameuse Madame de Sorans, dame de compagnie de la sur de Louis XVI et amie de sa femme qui, par esprit romanesque, acceptera d'intercéder en sa faveur auprès du Roi. C'est au commissaire Le Noir, cité dans cette lettre, que Renée-Pélagie laisse le soin d'annoncer la nouvelle au détenu?: «?Ah je vois ce que c'est à présent que votre belle visite de M. Lenoir, je suis accoutumé à le voir en milieu de mes détentions.?» Bien que, comme le souligne Pauvert (in Sade vivant), ce changement de «?bercail?» occupe grandement les pensées du Marquis et ses lettres, ce dernier n'y sera jamais envoyé, préférant rester dans les geôles du donjon de Vincennes. Sade est enfermé depuis maintenant plusieurs années et cette lettre tout en mouvements trahit sa soif de liberté. Cette lettre a été rédigée au moment où Madame de Sade s'est retirée au couvent Sainte-Aure. Si elle appréhende cette retraite comme une libération du carcan marital, le Marquis est quant à lui obsédé par l'idée de sa sortie et évoque d'ailleurs une possible date de libération?: octobre 1783. Cette longue incarcération commencée en 1777 durera pourtant jusqu'en avril 1790, date de l'abolition des lettres de cachet. Les visites de Madame de Sade ne seront quant à elles rétablies par l'administration carcérale que le 13 juillet 1781, après quatre ans et cinq mois de séparation. Plusieurs des grands thèmes de la correspondance sadienne transparaissent déjà dans cette lettre des premières années de détention. Tout d'abord, la haine éprouvée à l'encontre de sa belle-mère, la Présidente de Montreuil, cette «?exécrable coquine qui [lui] suce [le] sang [...] déshonore [ses] enfants [qui] n'est pas encore rassasiée de faire des horreurs et des platitudes?» et qu'il a le désir «?de faire noyer vive?». Le Marquis s'y plaint en outre de sa mauvaise condition physique?: «?la tête me tourne et je n'ai pas besoin dans l'état où je suis d'une augmentation de chagrin?» et utilise des épithètes toutes sadiennes pour exprimer son désespoir?: «?un malheureux qui souffre depuis neuf ans?», «?qu'ai-je fait grand dieu qu'ai-je fait pour souffrir depuis douze ans?». - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 59363

(1781)

‎Lettre autographe à sa femme. Le sot témoin : «C'est un bien sot personnage que celui du témoin [...] rien dans l'univers pourrait m'engager à jouer un tel rôle»‎

‎s.n., s.l. [Prison de Vincennes] s.d. (mars 1781), 15,9x20,1cm, Un feuillet recto-verso.‎


‎Lettre autographe censurée de Donatien Alphonse François de Sade rédigée d'une écriture fine sur deux pages adressée à sa femme Renée-Pélagie. Plusieurs soulignements, ratures et biffures. Sans date, cette lettre a été rédigée au début du mois de mars 1781 à la prison de Vincennes. La fin de la lettre a été mutilée à l'époque, probablement par l'administration carcérale qui détruisait les passages licencieux de la correspondance du Marquis. La lettre été retrouvée telle quelle lors de l'ouverture en 1948 de la malle du Marquis conservée scellée par la famille depuis 1814 et est publiée sous cette forme amputée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance?: archives de la famille. Cette lettre relate l'une des grandes obsessions carcérales de Sade?: prendre l'air. «?J'ai un besoin d'être à l'air qui est au-dessus de tout ce qu'il est possible d'imaginer.?» Heureux hasard, les promenades - interdites depuis de 27 juin 1780 - lui seront rendues quelques jours après la rédaction de cette missive, le 9 mars 1781 soit après trente-six semaines de suspension. Pour lors, le Marquis est toujours consigné dans son «?espèce de cachot?» et s'apitoie sur son sort, ne manquant pas au passage de culpabiliser sa femme?: «?j'ai un besoin étonnant d'air, et je ne passerai sûrement pas l'été sans y succomber, si on ne me le fait pas respirer davantage ce printemps?». Loin de demander une promenade comme à son habitude, le Marquis dans cette requête implicite, souligne la nécessité physiologique que revêt sa demande?: «?S'il m'était seulement possible de respirer l'air trois ou quatre heures par jour sur le haut de la tour, je serais content, preuve que ce n'est pas le stérile plaisir d'une promenade dans un cimetière qui me tente, mais le besoin essentiel de respirer.?» La lettre s'enchaîne sur le deuxième grand sujet de la vie pénitentiaire sadienne?: les visites de Renée-Pélagie. «?Le premier objet de votre lettre auquel je réponds est celui où vous me proposez de me venir voir. Vous ne pouvez certainement rien me proposer de plus agréable et de plus fait pour apporter quelque consolation dans ma malheureuse situation.?». Le Marquis se plaît même à imaginer le rétablissement d'une vie de couple adaptée aux contraintes de la vie carcérale?: «?Vous devriez, si vous obtenez cela, venir prendre une petite maison pour votre été à Vincennes.?» Madame de Sade n'a pas eu l'autorisation de voir son mari depuis son arrestation et leurs entrevues ne seront rétablies qu'à partir du mois de juillet 1781, c'est-à-dire près de 4 ans et œ après son incarcération et seulement en présence du commis de police Boucher. La perspective d'une rencontre chaperonnée déplaît fortement à Sade?: «?Vous devriez, si vous obtenez cette permission, tâcher d'abord de l'obtenir sans témoin, car ces visites avec un témoin sont d'une gêne et d'un ennui mortels?: et d'ailleurs, vous en conviendrez, c'est un bien sot personnage que celui du témoin. Il doit être bien persuadé qu'on le maudit, et que le diable m'emporte si d'après cette certitude-là, rien dans l'univers pourrait, m'engager à jouer un tel rôle.?» L'irruption du champ lexical théâtral, genre littéraire fétiche du Marquis, dans cette lettre («?personnage?», «?jouer un tel rôle?») montre ici la perméabilité entre la fiction et la réalité et peut être appréhendée en regard de son uvre future. En effet, dans les romans à venir, les personnages de voyeurs seront investis d'un rôle primordial?: sans eux, l'acte sadique n'a pas d'existence légitime. Ainsi Justine, personnage principal du roman éponyme, occupe-t-elle une place centrale; spectatrice inopinée des pires infamies (pédophilie, pédérastie...) elle se fait la complice du lecteur, mais aussi le double de Sade, comme le souligne Bernard Noël?: «?Justine n'est pas seulement la "complice" de Sade?: elle est Sade...?» (in Jean Paulhan, Le Marquis de Sade et sa complice, Éditions complexes, 1987). Le Marquis, à travers les plaintes exprimées dans cette lettre, esquisse déjà cette relation complexe au témoin, sujet tour à tour adjuvant et opposant. Assimilé à un délateur émissaire du pouvoir, il devient fantasmatiquement le représentant de la plus haute autorité inquisitrice?: la Présidente de Montreuil. «?Je n'ai point de secret d'État à vous confier. Le Gouvernement, en dépit de Madame votre mère, n'est rien dans cette affaire-ci. Je ne vois pas, d'après cela, pourquoi gêner aussi cruellement dans de telles visites un mari et une femme qui n'ont à parler que de leurs simples affaires.?» Ce spectre omniprésent de la belle-mère refait surface dans la lettre lorsque le Marquis évoque le fonctionnement de «?la maison?», appellation pittoresque désignant la prison. Il rapporte avec précision à sa correspondante ses observations quant au fonctionnement du système de blanchisserie?: «?Il semble exactement que ce soit une femme de charge qui gronde des valets de ce qu'ils négligent le linge qu'on leur prête?: multiplicité de petites insolences autorisées par l'ingénieux Bailli, lequel est visiblement soudoyé par la présidente pour accumuler à chaque instant en façon de signaux toutes ces petites infamies-là.?» Ainsi la Présidente de Montreuil se trouve-t-elle mêlée à une anecdote du quotidien pénitentiaire et est une fois encore à l'origine de la transmission d'un funeste signal. Composante essentielle de la pensée carcérale du Marquis, ce langage codé comme les interprétations fantasmées des lettres de ses correspondants, alimentent les hypothèses des chercheurs, philosophes, mathématiciens... et poètes biographes. Ainsi Gilbert Lely estime que, loin d'être le symptôme d'une psychose, le recours aux signaux est une «?réaction de défense de son psychisme, une lutte inconsciente contre le désespoir où sa raison aurait pu sombrer, sans le secours d'un tel dérivatif?». Absentes de la correspondance durant ses onze années de liberté, ces strates sémantiques sibyllines, «?véritable défi à la perspicacité sémiologique?» (Lever p.637), réapparaîtront dans son journal de Charenton. La fin de la lettre a été mutilée, à l'instar de beaucoup de missives envoyées à cette époque. Ces amputations sont le fait de la censure pénitentiaire qui supprimait systématiquement et minutieusement les passages licencieux ou injurieux. Ainsi, justement en mars 1781, Renée-Pélagie conseille à son époux?: «?Tu devrais bien, mon tendre ami, réformer ton style pour que tes lettres puissent me parvenir dans leur entier. Si tu dis des vérités, cela offense, aigrit contre toi. Si tu dis des faussetés, on dit?: voilà un homme incorrigible, toujours avec la même tête qui fermente, ingrat, faux, etc. Dans tous les cas, ton style ne peut que te nuire. Ainsi réforme-le.?» - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

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‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 59110

(1780)

‎Lettre autographe à sa femme. Souffrance et philosophie : « si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer!»‎

‎s.n., s.l. 17 août 1780, 10x16cm, 2 pages sur un feuillet.‎


‎«Qu'on punisse tant qu'on voudra, mais qu'on ne me tue pas: je ne l'ai pas mérité [...] Ah! si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer!» Lettre autographe du Marquis de Sade adressée à sa femme. Un feuillet recto verso rédigé d'une écriture fine et serrée. Elle porte en tête la date partielle «ce jeudi 17». Deux infimes traces de pliures. La fin de la lettre a été mutilée à l'époque, probablement par l'administration carcérale qui détruisait les passages licencieux de la correspondance du Marquis. Ainsi, quelques mois plus tard, en mars 1781 sa femme lui écrit : « Tu devrais bien, mon tendre ami, réformer ton style pour que tes lettres puissent me parvenir dans leur entier. Si tu dis des vérités, cela offense, aigrit contre toi.Si tu dis des faussetés, on dit : voilà un homme incorrigible, toujours avec la même tête qui fermente, ingrat, faux, etc. Dans tous les cas, ton style ne peut que te nuire. Ainsi réforme-le.». La lettre été retrouvée telle quelle lors de l'ouverture en 1948 de la malle du Marquis conservée scellée par la famille depuis 1814 et est publiée sous cette forme amputée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance : archives de la famille. Cette lettre a été rédigée le 17 août 1780,durant l'incarcération du Marquis à la prison de Vincennes. Suite à une énième altercation avec son geôlier, les promenades lui sont interdites depuis le 27 juin et ne lui seront rendues que le 9 mars de l'année suivante. La suppression des sorties affecte très fortement la santé physique et mentale du Marquis qui ne cesse de réclamer à Renée-Pélagie leur rapide rétablissement: «Je vous demande avec la plus vive instance de me faire prendre l'air: je n'y peux plus absolument tenir.» Les souffrances engendrées par ces privations sont prétexte à la mise en place d'une mécanique de culpabilité et de chantage avec sa femme: «Voilà trois jours que j'ai eu des étourdissements affreux, avec le sang qui me porte à la tête à un tel point que je ne sais comment je ne suis pas tombé sur le carreau. Quelqu'un de ces jours, on m'y trouvera mort, et vous en serez responsable, après vous avoir averti comme je le fais et vous avoir demandé les secours dont j'ai besoin pour y obvier.» Le Marquis fait ici intentionnellement jouer la corde sensible de Renée-Pélagie, mettant à rude épreuve ses valeurs chrétiennes et lui assignant le rôle de grande inquisitrice: «Vous pouvez me faire accorder ce que je demande, tout en conservant à votre signal la même force». On observe, comme dans la lettre de Tancrède, une nouvelle apparition du «signal», qui recouvre ici une toute autre sémantique encore. Composante essentielle de la pensée carcérale du Marquis, ce langage codé comme les interprétations fantasmées des lettres de ses correspondants, alimentent les hypothèses des chercheurs, philosophes, mathématiciens... et poètes biographes. Ainsi Gilbert Lely estime que, loin d'être le symptôme d'une psychose, le recours aux signaux est une «réaction de défense de son psychisme, une lutte inconsciente contre le désespoir où sa raison aurait pu sombrer, sans le secours d'un tel dérivatif». Absentes de la correspondance durant ses onze années de liberté, ces strates sémantiques sibyllines, «véritable défi à la perspicacité sémiologique» (Lever p.637), réapparaitront dans son journal de Charenton. Cette lettre est d'ailleurs l'occasion pour le Marquis de déployer son panel rhétorique, faisant s'affronter au sein d'une même phrase les antonymes sadiques. «Plaisir» rime ainsi avec «abominable», «cimetière» et «jardin» se superposent, «je souffre» se conjugue comme «je jouis» et la «douceur» côtoie la «noirceur». La pratique maîtrisée de cet exercice d'éloquence épouse le fond de la pensée sadienne: la souffrance et le plaisir sont intimement mêlés, simultanément subis, infligés et désirés. On entrevoit au travers de ces associations le manichéisme perméable de la pensée philosophique du Marquis, qui atteint son paroxysme à la fin de la lettre, parfaitement perceptible en dépit de son amputation: «Oui je conçois le mal, et je conçois qu'on le fasse; c'est une perversité de l'homme inévitable à sa nature; mais je ne conçois que, quand quelque plaisir...». Or le statut de martyr du Marquis est une véritable mise à l'épreuve de la philosophie de Sade qui légitime la souffrance d'autrui au nom d'une jouissance égoïste. En réalité, malgré la «méchanceté noire» du «sublime arrangement» qu'il subit, Sade loin de renier sa philosophie en l'éprouvant, ne réclame pas une part de plaisir indue, mais la simple considération d'un «besoin extrême». «Bien loin de demander des plaisirs», le prisonnier justifie au contraire, par une longue argumentation l'absence de satisfaction attendue : «On n'a qu'à m'accorder qu'une demi-heure et seulement trois ou quatre fois par semaine, aussi longtemps que j'aurais dû être sans en avoir, et je vous proteste que je compterai tout ce temps-là, c'est-à-dire depuis l'époque où elles m'ont été ôtées, et tout le temps qu'elles me le seront accordées qu'une demi-heure, que je compterai, dis-je, tout cet intervalle-là comme n'ayant pas dû y aller du tout.» Aussi, cette démonstration alambiquée est-elle capitale pour comprendre la psychologie du Marquis. Sous le joug de ses geôliers - et de sa femme - il se constitue victime consentante, ne réclamant que «les secours» élémentaires: «Soyez bien sûre que je ne demande qu'absolument ce qui m'est nécessaire, et que je souffre mille fois plus d'être obligé de demander que je ne jouis de ce qu'on m'accorde». La lettre dévoile ainsi une composante aussi essentielle que méconnue de la personnalité du Marquis. Il ne se contente pas- à l'instar des personnages sadiques de ses romans - d'être l'instigateur du vice, mais endosse tout aussi bien la position de la victime à laquelle ne doit être accordée que le droit - et les moyens - de vivre: «Qu'on punisse tant qu'on voudra, mais qu'on ne me tue pas: je ne l'ai pas mérité.» Cette réclamation est à mettre en parallèle avec ses romans à venir, dans lesquels les personnages vulnérables, victimes des tortures les plus inqualifiables, connaissent toujours un bref moment de répit durant lequel leurs bourreaux suspendent leur châtiment. Ces interruptions prennent la forme d'entractes philosophiques, au cours desquels les tortionnaires se font les porte étendards des idées sadiennes. Ce n'est donc pas le Sade persécuteur mais bien un captif blessé qui puisera au cur de sa souffrance carcérale pour fomenter les châtiments des 120 journées de Sodome, comme en témoigne cette fantastique confession prémonitoire: «Ah! si l'on pouvait lire au fond de mon cur, voir tout ce qu'elle y opère cette conduite-là, je crois qu'on renoncerait à l'employer!» - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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‎SADE Donatien Alphonse François, Marquis de & ANONYME‎

Reference : 59474

(1790)

‎Liste du Théâtre français et du Théâtre italien‎

‎s.d. (circa 1790), 16,20,1cm, 3 pages sur un double feuillet.‎


‎Liste de 38 pièces (15 pièces jouées au Théâtre-Français et 23 à la Comédie-Italienne), rédigée sans doute par un secrétaire du Marquis. Annotations, ratures, biffures et corrections de la main du Marquis de Sade. Cette liste correspond à des pièces de théâtre jouées de 1783 à 1785 au Théâtre français (actuel Théâtre de l'Odéon) et au Théâtre italien (connu de nos jours sous le nom d'Opéra-Comique ou Salle Favart). Le Marquis avait pour habitude de se faire envoyer chaque année l'Almanach des spectacles afin de se tenir informé des actualités de la scène parisienne. Ainsi dans une lettre de décembre 1784 à sa femme Renée-Pélagie, il demande: «Liste d'objets dont j'ai besoin. [...] Deux almanachs [...] des spectacles. Les comédies ou tragédies nouvelles de l'année, de l'un et l'autre spectacles. J'en ai d'autant plus besoin cette année, que j'ai prodigieusement travaillé dans l'un et l'autre genre et que je ne puis me passer de ce qui paraît, pour m'instruire et vérifier.». Toutes les pièces listées dans cet inventaire apparaissent dans les almanachs théâtraux reproduits par Sylvie Dangeville dans son ouvrage Le Théâtre change et représente (Honoré Champion, Paris, 1999). Soucieux de garder un lien avec le monde extérieur, le Marquis commande énormément d'ouvrages, notamment les brochures des pièces théâtrales fraîchement parues. Ainsi en 1775, dans une lettre à la Veuve Duchesne, célèbre libraire-éditrice parisienne, il demande: «Pour l'intelligence du billet ci-joint, Madame Duchesne est priée de jeter les yeux sur l'Almanach des Spectacles, article pièces nouvelles, et en conséquence elle voudra bien remettre au présent porteur tout ce qui [a] été imprimé à l'un ou l'autre spectacle, savoir du Théâtre français depuis l'Hôtellerie ou le faux ami et du Théâtre italien depuis l'Amitié au village, l'un et l'autre inclusivement, si elles sont imprimées ou exclusivement si elles ne le sont pas, jusqu'à l'époque de la clôture des spectacles. Le porteur n'a qu'un louis; si les pièces montaient à une somme plus forte, Madame Duchesne enverrait d'abord pour cette somme et ferait dire celle qu'il faudrait envoyer le lendemain pour avoir le total.». Le «billet» dont il est question en début de missive est très vraisemblablement la liste que nous proposons; les deux titres auxquels fait référence le Marquis y apparaissent. Rare et précieuse liste répertoriant les ouvrages lus par le Marquis au commencement de son incarcération à La Bastille, point de départ de sa production littéraire prolifique. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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‎SADE Louis-Marie‎

Reference : 59454

(1800)

‎Billet autographe de délégation pour imposition‎

‎s.n., s.l. 27 pluviose an 9 [27 février 1800], 18x5cm, une feuille.‎


‎Billet autographe signé de Louis-Marie de Sade, fils aîné du Divin Marquis, dans lequel ce dernier donne délégation à un percepteur pour l'imposition du bois de la résidence des Loges. Provenance : archives de la famille. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

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‎Sade Marquis de‎

Reference : dd173

(1995)

‎Les Infortunes de la vertu‎

‎CNRS éditions, Zulma Collection Manuscrits Cartonnage souple 1995 In-4 (30x21.5 cm), cartonnage souple, 334 pages, préface de Michel Delon, présentation de Jean-Christophe Abramovici, reproductions de pages manuscrites ; crayon à papier dans le texte, pliures sur les mors, coins frottés, assez bon état. Nos envois des ouvrages de moins de 60 Euros se font par colissimo (tarif de La Poste), et en colissimo Recommandes au-dela sauf avis contraire de votre part.‎


Abraxas-Libris - Bécherel

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‎SADE, Donatien Alphonse François, Marquis de‎

Reference : 000434

(1930)

‎Les Infortunes de la vertu‎

‎Paris Editions Fourcade 1930 In-8 Broché Ed. originale ‎


‎Edition originale établie sur le manuscrit autographe et publiée avec une introduction de Maurice Heine. Tirage à 3075 exemplaires numérotés. Un des 3000 sur papier vergé, celui-ci enrichi en frontispice d'une POINTE-SECHE originale en couleurs de DUBAG, signée. €€€€€€€€€ Les Infortunes de la vertu constituent une première version de l'histoire de Justine. Maurice Heine, grand découvreur de Sade, avait déjà fait paraître Dialogue entre un prêtre et un moribond (1926) et Historiettes, contes et fabliaux (1927) avant de publier ce texte qui fut salué à sa sortie par Jean Paulhan : "C'est je pense un grand livre (et même un très grand)" écrit-il dans une lettre adressée à Valery Larbaud le 14 août 1930. Cette édition fut également saluée par les surréalistes que le Divin Marquis fascinaient, et qui rendent hommage dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme à Maurice Heine qui "a consacré toute son activité à l'élucidation et à l'exaltation de l'oeuvre de Sade". Très bon exemplaire 0‎

Librairie-Galerie Emmanuel Hutin - Paris

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EUR80.00

‎SADE.‎

Reference : GAS-14752

‎LES INFORTUNES DE LA VERTU.‎

‎ CNRS éditions, Bibliothèque nationale de France, Zulma, 1995. In-4 cartonnage souple illustré, 336pp. Dans la collection "manuscrits": fac-similé de la page manuscrite et le texte imprimé et corrigé en regard. Préface de Michel Delon; présentation, transcription et notes par Jean-Christophe Abramovici. ‎


La Bouquinerie - Grenoble

Phone number : 04 76 46 15 32

EUR33.00

‎SAGE Abbé‎

Reference : GITe546

(1905)

‎NOTRE DAME DES ANGES DE MORMOIRON. Essai historique. MANUSCRIT.‎

‎Sans lieu 1905. In-8 48 feuillets non chiffrés. Plein vélin ivoire bradel de l'époque, dos muet, titre manuscrit sur un feuillet rose. MANUSCRIT ORIGINAL de cette monographie, rédigé sur le recto seulement de chaque feuillet comptant environ 24 lignes, couvertes d'une écriture fine bien lisible. Quelques mots sont raturés, certains passages sont soulignés en marge au crayon ou mis entre crochets. Annotation à l'encre, en marge du premier feuillet: "Permis d'imprimer, Marseille le 24 juin 1905, M. J. Ollivier, V.G".‎


‎Manuscrit original de cet essai, qui fut imprimé à Marseille la même année (3 exemplaires imprimés connus, un à la BNF, un autre à la Bibliothèque Municipale d'Avignon, le dernier à celle de Carpentras). Le manuscrit appartenait à la bibliothèque de Gaudemaris avec son bel ex-libris armorié, appliqué sur le contreplat.‎

Librairie Sylvie Nouvène

Phone number : 3304 91 53 24 21

EUR150.00

‎Sage femme anonyme (du midi), manuscrit inedit‎

Reference : 24178

‎Les qualités d'une sage femme ,manuscrit inèdit‎

‎ Manuscrit inedit par une sage femme,(du midi), milieu / fin XIXe siécle,du midi : étiquette papéterie de Marseille. Edition Originale,belle ecriture lisible et ornements de qualité bicolores (rouge / noir) ,IN 4,reliure demi velin blond muet, cahier registre à lignes,non paginé (environ 311 p. ecrites + blancs + presentation écrite 2p.,in fine,à l'envers, tete beche ),bon état,rarissime.‎


‎Manuscrit d'une practicienne avec diagnostics pour chaque cas et réferences cliniques,important travail basé sur son experience pratique.Aucune réference bibliographique trouvée pour un manuscrit / imprimé de cette nature / qualité. ‎

Livres Anciens Komar - Meounes les Montrieux

Phone number : 33 04 94 63 34 56

EUR1,450.00

‎SAINCTOT (Nicolas de).‎

Reference : 4088

(1700)

‎Cérémonial de Mr de Sainctot, 1660-1684.‎

‎ [1700 ca] 3 sans date [1700 ca]. 5 tomes en 3 volumes in-folio manuscrits de (3)-242 ff. ; (1)-213-(2)-(2)-171 ff. ; (2)-183-(3)-140 ff., tables, veau brun, dos orné à nerfs, tranches jaspées (reliure de l'époque). Ex-libris héraldique. ‎


‎Superbe manuscrit calligraphié du cérémonial de Nicolas de Sainctot couvrant la période 1660-1684 en cinq parties : 1660-1665, 1666-1671, 1672-1677, 1679-1681, 1682-1684. Nicolas Sainctot (vers 1632-1713) fut pourvu de la charge de maître des cérémonies le 18 janvier 1655 ; le 23 août 1691, il vendit sa charge à Desgranges et acheta une moitié de celle d'introducteur des ambassadeurs. Il se démit de cette dernière le 9 décembre 1709 au profit de son deuxième fils Nicolas-Sixte dit le chevalier de Sainctot. Description des cérémonies extraordinaires, relations de lits de justices, baptêmes, bénédictions, fiançailles, enterrements, pompes funèbres, Te Deum, élections des prévôts, audiences aux députés et ambassadeurs, prestation de serment des échevins - ce recueil s'inscrit dans le prolongement du Cérémonial françois de Godefroy, « dont il constitue en quelque sorte l'application pratique, adaptée au cadre versaillais et aux usages du règne de Louis XIV » (Alexandre Maral, La chapelle royale de Versailles sous Louis XIV: cérémonial, liturgie et musique). C'est durant ce règne que « le cérémonial passe au premier plan, et il exprime tout le système de conventions définissant l'autorité publique. Régler l'ordonnance des cérémonies royales devient l'affaire de professionnels, le grand maître des cérémonies, le maître et l'aide aux cérémonies. Les documents laissés par Nicolas Sainctot illustrent le formidable développement de cet office. Les maîtres de cérémonies reçoivent les ordres du roi pour le Lit de justice, distribuent les convocations, dressent des plans précis de la disposition des sièges, règlent le déroulement de l'assemblée, conservent un compte rendu des séances en un lieu nouvellement prévu à cet effet et soumettent au roi à sa demande des mémoires sur le protocole » (Sarah Hanley Madden, L'idéologie constitutionnelle en France : le lit de justice. 1982). Très beau document qui reprend une partie des quatre volumes du manuscrit original conservés à la B.N.F. sous les références Ms français 14117 à 14120. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France de Paris, Bibliothèque Victor Cousin, Paris. Bibliothèque (1918) p. 100 ; Saffroy, (I, 15114) indique 7 volumes de 1660 à 1691. Bel exemplaire. ‎

Bonnefoi Livres Anciens - Paris

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‎OEUVRES COMPLETES. de Saint François de Sales, Evêque et Prince de Genève, publiées d'après les manuscrits et les éditions les plus correctes, avec un grand nombre de pièces inédites. TOMES I ET II.‎

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‎6e édition. ...précédées de sa vie et ornées de son portrait et d"un fac-similé de son écriture. Tome I : Introduction à la vie dévote. Traité de l'amour de Dieu. Tome II : Traité de l'amour de Dieu (suit et fin).‎

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‎Texte collationné et annoté par Adolphe CHERUEL‎

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‎JEAN DE BONNOT. 1967. In-8 Carré. Cartonnage d'éditeurs. Bon état. Couv. convenable. Dos satisfaisant. Intérieur frais. 485 pages. Une illustration en noir et blanc en frontispice. Une illustration dépliante en fin d'ouvrage et quelques illustrations en noir et blanc en planches. Tranche en tête dorée. Coiffes légèrement frottées.‎


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‎JEAN DE BONNOT. 1966. In-8 Carré. Cartonnage d'éditeurs. Etat d'usage. Couv. convenable. Dos abîmé. Intérieur frais. 468 pages. Une illustration en noir et blanc en frontispice. Une illustration dépliante en fin d'ouvrage et quelques illustrations en noir et blanc en planches. Tranche en tête dorée. Mords des coiffes fendus.‎


‎Texte collationné et annoté par Adolphe CHERUEL‎

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