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E-mail : contact@camillesourget.com
Phone number : 01 42 84 16 68Précieux catalogue regroupant 66 planches d’ameublement dont 54 coloriées à la main à l’époque. Paris, E. Maincent, 1855-1866. In-folio oblong regroupant 66 planches à pleine page dont 54 en couleurs, qq. rousseurs. Demi-veau brun à coins, plat de percaline vert bouteille, étiquette sur le plat supérieur portant la mention manuscrite « Salon Louis XVI », usures. Reliure de l’époque. 263 x 347 mm.
Rare et superbe recueil de lithographies consacrées à l’ameublement parisien du milieu du XIXe siècle. Désiré Guilmard (1810-1885) est un géomètre, dessinateur spécialisé dans l’ornement et l’ameublement et fondateur du journal d’ameublement ‘Le Garde-meuble ancien et moderne’. « De la vie, de la carrière et des aspirations de Désiré Guilmard, nous ne connaissons aujourd'hui presque rien. Aucune information sur son enfance et sur sa formation ne nous est parvenue. On sait juste qu'il est né à Boulogne-sur-Mer le 29 mai 1810 de l'union de Jean Jacques Guilmard, marchand âgé de 34 ans, et de Louise Dorothée Millen. Ce n'est qu'en 1838 qu'on trouve trace de son activité. Une modeste signature, « D. Guilmard », est apposée à cette date sur un plan général de la ville de Château-Thierry et de ses faubourgs, conservé aux archives municipales. Le bottin commercial de 1839 (Annuaire général du commerce, 1839) le révèle géomètre de profession, domicilié à Paris, 23 rue d'Hauteville, dans le cinquième arrondissement. Le voilà donc Parisien d'adoption et jeune ingénieur-géomètre de vingt-neuf ans. Cette activité n'était probablement pas suffisamment à son goût, car au mois d'août de la même année 1839 paraît l'annonce de la création d'une publication périodique d'ameublement, Le Garde-meuble ancien et moderne, éditée par Guilmard à son adresse rue d'Hauteville (Bibliographie de la France, Paris, Pillet, 24 août 1839). Le Garde-meuble propose six livraisons annuelles de neuf planches lithographiées divisées en trois catégories : sièges, meubles et tentures de différents styles (Renaissance, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI...) offrant parfois des vues de chambres et des aménagements intérieurs. Le périodique paraît tous les deux mois jusqu'en 1935, bien après le décès de Guilmard, que l'on situe à Paris vers 1885. Faisant référence au Garde-meuble royal qui fut réorganisé au XVIIe siècle, la publication a pour ambition d'aborder l'ameublement à la fois ancien et moderne. Guilmard est-il familier des travaux des menuisiers et des ébénistes ? A-t-il été formé dans ce domaine ? Toujours est-il qu'il dessine avec une grande précision une cinquantaine de planches par an, lithographiées par des artistes divers et destinées aux artisans, aux menuisiers, aux ébénistes et aux amateurs. Les premières lithographies du Garde-meuble ne nous sont pas connues ; ce n'est qu'à partir de la septième livraison datée du 5 octobre 1839 qu'elles sont enregistrées au dépôt légal. Les différentes éditions porteront successivement l'adresse de la rue d'Hauteville puis du corps de logis sis à l'angle des rues de Lancry et de Bondy, où Guilmard, désormais recensé comme dessinateur pour fabriques, est locataire du troisième étage (Archives de Paris, D1 P4 609). Pendant plus de quarante années d'activité, Guilmard dessine plusieurs milliers de planches éditées sous différents titres de publications. Dans la lignée du Garde-meuble ancien et moderne paraissent dans les années 1840 Le Garde-meuble riche, Le Garde-meuble simple, Le Petit Garde-meuble et L'Ameublement et l'utile avec lequel il fusionne par la suite. Le Garde-meuble riche propose une collection de sièges et de tentures dans le style Renaissance, Louis XV, Louis XVI, etc. destinés aux ameublements des palais, châteaux et riches hôtels, dans des épreuves disponibles en noir et blanc ou en couleurs. Le Garde-meuble simple reproduit des sièges et meubles, « ce qui se fait de plus simple dans la fabrication parisienne et spécialement par les nombreux fabricants du faubourg Saint-Antoine ». L'intérêt que Guilmard porte aux techniques de la gravure et de la lithographie n'est pas celui d'un praticien : l'estampe, qui est depuis la Renaissance le vecteur principal de la diffusion des œuvres d'art, connaît au XIXe siècle un profond bouleversement avec l'invention de la lithographie. Guilmard exploite au maximum ce procédé peu coûteux qu'il ne pratiquera jamais personnellement, faisant appel à des artistes lithographes qui collaborent à plusieurs de ses projets. Les planches du Garde-meuble et de ses publications connexes sont l'un des exemples majeurs de l'utilisation de la lithographie dans le domaine de l'ameublement. Toutefois, Guilmard ne s'intéresse pas à la valeur strictement artistique des lithographies de ses recueils, il cherche avant tout à diffuser les modèles d'ameublement de son époque avec la plus grande fidélité possible, offrant à l'amateur comme au professionnel un immense catalogue illustré de la production contemporaine. Si ses écrits sont peu nombreux, ses recherches sur l'ornement et sa connaissance des structures, des motifs et des styles du mobilier français sont considérables. Guilmard est un éditeur avisé et un dessinateur industrieux, toutefois peu enclin à l'écriture. Les planches d'ameublement éditées par Guilmard correspondent au goût de l'époque, mais elles illustrent aussi le manque de renouvellement de la création française en matière d'art décoratif, fort diminuée face à la concurrence étrangère de l'Angleterre et l'Allemagne. Guilmard n'a pas exécuté de meubles, mais il a contribué, par le biais de milliers de dessins, à une diffusion extraordinaire du style mobilier français. En témoigne la collection de plus de quatre cents pièces de planches lithographiées issues de ses différents recueils conservée à la Smithonian Institution Library du Cooper-Hewitt National Design Museum de New York, numérisée et mise à disposition de l'amateur sur Internet ». (Olivia Tolède, docteur en histoire de l'art). Le présent recueil comporte 66 planches à pleine page d’ameublement dessinées par Guilmard et lithographiés par Destouches et Midart, à savoir 13 de meubles, 14 de tentures, 27 de sièges et 12 issues du Garde-meuble simple. Parmi ces 66 lithographies 54 ont été mises en couleurs à la main l’époque dans des teintes particulièrement vives. Elles représentent des canapés, fauteuils, chaises, ottomanes, tentures, tables de salons, écrans, consoles et glaces, guéridons, jardinières, grands meubles d’appui, intérieurs de salons, etc. dans le style Louis XVI, traduisant le goût de l'époque. Précieux et rare catalogue illustré de la production mobilière française au milieu du XIXe siècle.
Ces deux premières éditions magnifièrent les antiquités grecques et romaines, et exercèrent la plus grande influence dans le développement du mouvement néo-classique en France et en Angleterre. Paris chez l’auteur, (de l’imprimerie de Cailleau), 1785 [- 1788]. 5 volumes in-8 : [2]-103-[1], 134, 142, 180-[4], 110-[2] pp. ; 365 h.-t. protégées pour la plupart par des serpentes. Complet. Plein veau marbré, triple filet doré cernant les armoiries sur les plats, dos à nerfs fleuronnés dorés et étiquettes de cuirs rouge et vert, filet et roulette dorés sur les coupes et remplis, tranches dorées (T. V non armorié. Reliure armoriée de l’époque. 200 x 125 mm.
Première édition in-8 et seconde édition (après l’originale de Naples, 1766) illustrée de 366 hors-texte : 5 titres-frontispices et 361 sujets numérotés sur 360 planches presque toutes rehaussées à l'aquarelle sépia figurant des vases, sculptures, peintures, statues.., reproduits d'après les collections de William Hamilton, ambassadeur d'Angleterre en Italie. Les sujets 28-29 du tome I sont tirés sur une même feuille, la pl. 1 du t. III en rehaussée de 4 couleurs, les tables signalent un total de 357 sujets auxquels il faut en rajouter 4 non signalés). Les armoiries du dédicataire, le comte de Néale, ont également été rehaussés de couleurs. Ces deux premières éditions magnifièrent les antiquités grecques et romaines, et exercèrent la plus grande influence dans le développement du mouvement néo-classique en France et en Angleterre. Cohen de Ricci 474, Blackmer 345, Berlin Katalog 890. Ambassadeur d'Angleterre à Naples à partir de 1764, Sir William Hamilton prit une part active aux recherches exécutées dans les ruines d'Herculanum et de Pompéi. Il eut à cœur de réunir des richesses artistiques de l'Antiquité et acquit notamment une extraordinaire collection des vases antiques, de la maison Porcinari, qu’il céda ensuite au British Museum. La plus grande partie de ses œuvres d'art furent perdues en 1800 dans un naufrage à son retour en Angleterre. Durant son séjour à Naples, Sir Hamilton chargea Pierre-François-Hugues dit d’Hancarville, dont il appréciait l’érudition et le talent artistique de réaliser une magnifique publication pour permettre au public lettré et amateur d’art d’admirer la beauté des collections réunies. Provenance prestigieuse : Tsar Paul 1er de Russie (né en 1754, tsar en 1796, assassiné en 1801), fils de la Grande Catherine (supra libros, sauf le tome V qui n'est pas armorié : armoiries centrales des Romanow, a senestre les armoiries de sa seconde femme Sophie Feodorowna von Wurtemberg, 1759‑1828, a dextre les armoiries de son père le comte Karl Friedrich von Holstein-Gottorp, 1700‑1739).
La mosaïque du cirque d’Italica, en 22 somptueuses planches en couleurs. Paris, P. Didot l’Aîné, 1802. Très grand in-folio de (2) ff., 103 pp., 1 frontispice gravé imprimé en couleurs et rehaussé d’aquarelle et 22 planches hors texte numérotées dont 1 sur double-page. Gravures dans le texte. Qq. rousseurs. Relié en plein cuir de Russie brun de l’époque, plats richement ornés d’encadrements multiples de filets dorés et roulettes néo-classiques, dos à nerfs orné, tranches dorées. Reliure de l’époque de Ph. Selenka avec son étiquette. 680 x 510 mm.
Rare édition originale de ce superbe ouvrage imprimé à 160 exemplaires seulement. Vicaire, Manuel de l’amateur, IV, 741; Graesse, Trésor de livres rares, IV, 59; Brunet, III, 714; Cicognara 3960: «edizione di massimo lusso»; Monglond V, 1124-1125; Palau 128972. «Publié à 200 fr.; cet ouvrage a été, d’après ‘La France littéraire’ de Quérard, tiré à 160 exemplaires» (Vicaire). La mosaïque mentionnée sur le titre (d’environ 13 x 9 mètres) fut découverte le 12 décembre 1799 à Italica (aujourd’hui le village de Santiponza près de Séville), et Laborde s'empressa de publier son ouvrage, somptueusement imprimé par Didot, avant de se lancer dans la publication du Voyage d'Espagne. "La description de cette mosaïque devoit faire partie d'un voyage pittoresque d'Espagne, et ne paroître que dans un an; mais les éclaircissements qu'elle donne aux amateurs de l'Antiquité sur plusieurs points intéressants m'ont déterminé à en faire un ouvrage particulier, et par conséquent plus détaillé... Le pavé dont on donne ici la description est le plus considérable qui ait été découvert" (introduction). Lorsque cette mosaïque fut découverte, la majeure partie du char de course figurant dans sa partie centrale manquait, mais le superbe encadrement très élaboré figurant des muses et autres figures dans des médaillons était presque intact. Le présent ouvrage est indispensable pour la connaissance et l'étude iconographique de cette grande mosaïque romaine trouvée dans l’enceinte du cirque d’Italica. L’illustration superbe se compose de 9 gravures dans le texte, d’un frontispice et de 22 planches, la plupart par J. Marchand d’après les dessins de l’auteur. 18 d’entre elles, dont une sur double-page, sont des aquatintes imprimées en couleurs et rehaussées à l’aquarelle à la main, et 4 planches sont en noir. «Edizione di massimo lusso» (Cicognara 3960). Très bel exemplaire de ce rare ouvrage magnifiquement illustré en couleur, conservé dans sa riche reliure signée de l’époque en cuir de Russie décoré.
Précieux exemplaire conservé dans ses reliures uniformes de l’époque signées Grenet. Paris, chez Aubert, au grand magasin de caricatures et nouveautés lithographiques, 1830-1835. 10 volumes in-4 avec titres et tables et 530 planches. Rahir indique qu’il n’y a des titres et tables que pour les vol. 1 à 9. Qq. rousseurs et ff. brunis. Demi-basane rouge à coins, dos à nerfs orné de motifs dorés et estampés à froid, pièce de titre et de tomaison de veau noir. Étiquette du relieur Rue St-Honoré, n. 99, dans la cour, papetier-relieur. Reliure de l’époque signée Grenet. 333 x 253 mm.
[video width="1440" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2023/09/Video-LDM-sept-II.mp4"][/video] Edition originale complète du plus important journal d’époque romantique. Morgand et Fatout 10885; Vicaire, Manuel de l’amateur, II, 46. «La Caricature est dans son ensemble un des ouvrages les plus intéressants de la période de 1830; c’est un recueil précieux de caricatures sur l’époque de Louis-Philippe. V. Hugo, Balzac, Louis Desnoyers et surtout Ch. Philipon en furent les principaux collaborateurs. Du côté des artistes, Daumier a fourni plus de 100 planches, Grandville 109, Henri Monnier 6, Raffet 14, Traviès 55, Philipon 10, etc.» écrit Carteret. Le premier numéro a paru le 4 novembre 1830, le dernier le 27 août 1835. La collection se compose de 251 numéros ayant chacun deux feuillets de texte imprimés sur papier jaune à deux colonnes, à l’exception des numéros 30 et 55 qui en ont trois; et d’une ou plusieurs lithographies, noires ou coloriées, imprimées sur papier vélin blanc. Les planches, numérotées de 1 à 524, sont au nombre de 530 portant, devant le numéro chiffré de la lithographie, la désignation: Planche ou numéro. Il y a des irrégularités dans le numérotage; enfin, des planches ne sont pas numérotées. Philipon, l’actif directeur de cette publication, était un militant dont l’ardeur combative ne se départait cependant point d’un réel souci de l’art. Désireux à la fois de frapper vivement l’esprit du public et d’éviter les rigueurs d’une censure impitoyable qui aurait diminué la portée de ses publications, il était appelé tantôt à stimuler le sens critique de ses collaborateurs, tantôt au contraire à le refréner. Cette alternative l’obligeait à de constantes modifications sous presse – ou même en cours de distribution – soit de dessins, soit de légendes, ou même de coloris. Ainsi s’expliquent les états différents d’une pierre lithographique, dont la recherche passionne maintenant les collectionneurs. Il paraissait un numéro par semaine et les numéros d’un semestre formaient un volume. L’ensemble est composé de 10 volumes; le tome I comprend les numéros 1 à 26, le tome II: 27 à 52, le tome III: 53 à 78, le tome IV: 79 à 103; le tome V: 104 à 129; le tome VI: 130 à 156; le tome VII: 157 à 181; le tome VIII: 182 à 208; le tome IX: 209 à 234; le tome X: 235 à 251. La Caricature cessa de paraitre en août 1835, victime d’une «loi qui rétablit la Censure». Chaque volume regroupe un semestre de livraison et contient ici le premier plat de la couverture générale et sa table des matières (10e volume sans la couverture). Précieux exemplaire de l’une des plus précieuses œuvres littéraires illustrées du XIXe siècle, complet des titres et tables et conservé dans ses reliures uniformes de l’époque signées Grenet. «Ces titres et tables sont fort rares» mentionne Carteret page 113. Provenance: cachet Timbre royal, Seine à l’encre noire.
Edition originale - l’un des exemplaires du tirage de luxe sur grand papier de Hollande - reliée en demi-maroquin rouge de l’époque. Paris, chez M. l'abbé de La Chau, M. l'Abbé Le Blond, et chez Pissot, 1780-1784. 2 volumes in-folio de : I/ 1 frontispice, (16) ff., 303 pp. et 102 planches numérotées 97 (3 pl. 35, 3 pl. 39, 2 pl. 78); II/ (2) ff., v pp., (1) f., 215 pp., (5) pp., et 77 planches chiffrées 76. Demi-maroquin rouge à grain long, roulette dorée autour des plats, dos lisses ornés de filets et fleurons dorés, non rognés. Reliure de l’époque. 350 x 214 mm.
Edition originale et exemplaire de luxe de premier tirage, l’un des rares imprimés sur grand papier de hollande signalé par Brunet. Cohen 543, Brunet, III, 727. «Lachau (L’Abbé Geraud de), bibliothécaire, secrétaire interprète et garde du cabinet des pierres gravées du duc d’Orléans a publié avec l’abbé Leblond, son ami, le deuxième volume de la Description des principales pierres gravées du cabinet du duc d’Orléans, Paris, 1784, petit in-folio; l’abbé Arnaud est l’auteur du premier volume de cette ouvrage, le plus beau qui eût encore paru dans ce genre. Il y en a des exemplaires en grand papier de Hollande.» (Michaud). Toutes les pierres décrites dans cet ouvrage, acquises en 1741 et vendues par la suite à Catherine II, sont illustrées d'une planche et accompagnées d'explicationsérudites avec de nombreux renvois aux textes antiques. «En tout cas superbe frontispice par Cochin, gravé par Saint-Aubin, renfermant le portrait du duc d’Orléans; 1 fleuron, le même pour les deux titres, par Saint-Aubin; 2 très jolies vignettes, en tête du 1er volume et du 2ème dessinées par Cochin et A. de Saint-Aubin, gravées par Saint-Aubin; 179 pierres gravées par Saint-Aubin, quoique non signées, et 55 culs-de-lampe, la plupart d’une grande beauté (46 dans le 1er volume et 9 dans le 2ème) tous dessinés et gravés par Saint-Aubin, à l’exception du dernier du 1er volume, gravé par Mme E. de Sabran. Les pierres gravées ont des numéros de 1 à 97 dans le premier volume; les n° 35 et 39 ont trois planches et le n° 78 en a deux, et de 1 à 76 pour le second, le n° 2 ayant deux planches». (Cohen) Sept planches de médailles spintriennes contenant 37 sujets, dessinés et gravés par Saint-Aubin ont été tirées ensuite et ajoutées à certains exemplaires. En conséquence, Cohen mentionne qu’«il est à observer que fort peu des exemplaires en reliure ancienne contenaient à l’origine les planches spintriennes». «Un superbe exemplaire relié en maroquin rouge par Derome, formé par Le Blond, l’un des auteurs, tiré sur papier de choix, composé d’épreuves de tout premier tirage et contenant 3 planches découvertes et plusieurs culs-de-lampe spintriens, vendu 3100 F. Or (un livre de bibliophilie se négociait alors à compter de 5 F. Or), vente Beckford (I, n. 2464), est aujourd’hui chez M. Henri Béraldi.» (Cohen). Précieux exemplaire appartenant au tirage de luxe sur grand papier de Hollande conservé dans sa belle reliure de l’époque en demi-maroquin rouge.
Edition originale du «Recueil de testes dessinées par Léonard de Vinci» appartenant au tirage avec la gravure 60 rehaussée de lavis conservé dans sa reliure de l’époque non restaurée. Références: Louvre, 2003, Léonard de Vinci, dessins et manuscrits, n° 74. Paris, 1730. Léonard de Vinci. Caylus, comte de. Recueil de Testes de caractère & de charges dessinées par Léonard de Vinci Florentin & gravées par M. le C. de C. Paris, chez Mariette, 1730. In-4. Titre gravé d'après Augustin Carrache et rehaussé de lavis sépia, et 32 planches présentant une à deux têtes de caractère gravées à l'eau-forte par Caylus d'après Léonard de Vinci et Lodovico Cigoli, soit 60 têtes en tout, tirées en bistre, la dernière rehaussée de Lavis sépia. Suivi de 22 pp. et 1 feuillet. Plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs fleuronné, pièce de titre bordeaux, roulette sur les coupes, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 287 x 216 mm. Edition originale de l'Album Caylus, comprenant 60 têtes d'expression (57 en médaillons circulaires et 3 dans des encadrements carrés ou rectangulaires) signées « C[aylus]». Chaque figure est numérotée, hormis la dernière qui porte en légende « di mano di Lodovico Cigoli ». Le comte a gravé ces figures d'après le recueil de dessins de Pierre-Jean Mariette, sauf mention contraire : la pièce 55 est tirée du cabinet du roi et les figures 56 à 59 sont issues du cabinet de Crozat. Les planches sont suivies de la Lettre sur Léonard de Vinci, peintre florentin, à monsieur le C. de C., due à Mariette, puis de deux pages du Catalogue des pièces qui ont esté gravées d'après les Tableaux, ou Desseins de Léonard de Vinci. En 1730, à Paris,«Aux Colonnes d’Hercule», paraît leRecueil de Testes de caractere et de Charges dessinées Par Leonard deVinci Florentin et gravées par M.le C. deC., soit le comte Anne-Claude deCaylus. La publication rassemble des gravures reproduisant des visages grotesques alors attribués à Léonard deVinci. Ces images sont suivies d’uneLettre sur Leonard deVinci, peintre florentin, a monsieur le C.deC., un texte d’une vingtaine de pages que Pierre-Jean Mariette signe des mots «votre très-humble et très obéissant Serviteur M***». À cette introduction est annexé un bref mais précieuxCatalogue des pieces qui ont esté gravées d’après les Tableaux, ou Dessins de Leonard deVinci. Dans cet écrit, Mariette entend décrire la «manière» de Léonard, considérations que le lecteur pourra mettre à l’épreuve, quelques pages plus loin, en examinant les images produites par Caylus. Pour ce faire, l’expert convoque des catégories désormais récurrentes dans la littérature dite artistique. La question de l’imitation de la nature et celle de la représentation des passions humaines sont ainsi passées au crible de la critique. Une démarche analogue entend définir le catalogue des (rares) estampes qui reproduisent les compositions de Léonard: Mariette s’attache à distinguer ce qui relève de la «manière» du maître florentin de celle-qu’il juge souvent peu habile-des graveurs qui ont tenté la traduction des inventions du maître. Ici, passant de la théorie à l’exercice pratique, l’expert s’appuie toutefois peu sur les catégories qu’il avait sollicitées auparavant: il insiste plutôt sur des considérations techniques, comme les lieux de conservation des œuvres interprétées, et avance quelques propos seulement sur la façon avec laquelle sont traités les passages entre la lumière et les ombres. Les «Teste de caractère et de charges» sont ainsi commentés par Mariette: Les phisionomies singulieres étant ce qui contribuë le plus à caracteriser les passions, Leonard n’étoit pas moins attentif à en faire une exacte recherche. Lorsqu’il en découvroit quelqu’une de son goût, qu’il voïoit quelque tête bisarre, il la saisissoit avec avidité ; il auroit suivi son objet tout un jour, plutôt que de le manquer. En les imitant, il entroit jusques dans le détail des moindres parties ; il en faisoit des Portraits auxquels il donnoit un air frappant de ressemblance. Quelquefois il les chargeoit dans les parties dont le ridicule étoit plus sensible, moins par jeu, que pour se les imprimer dans la mémoire avec des caracteres inalterables. Les Caraches et depuis eux plusieurs autres Peintres ne se sont gueres exercez à faire des charges que par simple badinage. Leonard, dont les vües étoient beaucoup plus nobles, avoit pour objet l’etude des passions. Ainsi, pour Mariette, bon lecteur de Vasari, qui, déjà, interprétait les « teste bizzarre » sous cet angle, Léonard reproduit des visages en « chargeant » certains traits, non par jeu (ou par moquerie) mais pour les imprimer dans sa mémoire. Le Recueil - que Mariette et Caylus destinaient à leurs « amis » - comprend soixante « têtes bisarres », toutes gravées à l’eau-forte par le comte de Caylus (à l’exception du n° 54 exécutée par Charles-Antoine Coypel). Les visages, d’hommes et de femmes, présentés sur un fond neutre légèrement ombragé, sont orientés pour les uns vers la droite, pour les autres vers la gauche. Ils sont présentés individuellement, et non par paires, comme dans d’autres traductions gravées de ces sujets, par exemple dans celles de Hans Liefrinck (vers 1550-1560) ou de Wenceslaus Hollar (vers 1645). Pour la plupart, les visages du comte de Caylus sont intégrés dans un médaillon. Ils ne sont accompagnés d’aucun commentaire, seul un chiffre et l’initiale C, de Caylus, ponctuent le cadre circulaire. La transcription tend à capturer au mieux le « ductus » du maître ; l’ambition est de suivre le trait de l’artiste afin de mieux faire connaître son art à travers l’estampe. D’ailleurs, les modèles du comte de Caylus sont connus : le graveur traduit un album de dessins à la plume, encre brune et lavis gris (en respectant leurs dimensions), aujourd’hui conservé au Louvre (inv. RF28725 à RF28785). C’est le père de Mariette qui avait acquis ce volume auprès d’un marchand parisien, après 1719. On le sait par Mariette lui-même, qui l’écrit dans ses remarques introductives : « Voilà en quoi consiste le Recueil de Têtes qui vient de passer dans le Cabinet de mon père ». On le sait aussi par une annotation que laisse Antoni Rutgers (1695-1778), amateur et marchand d’art à Amsterdam, sur l’un des exemplaires de la publication de Caylus et Mariette aujourd’hui conservé à Leyde (University Libraries, Special Collections, Art History 21219 B 14 KUNSTG RB : I B1429). Selon Rutgers, les dessins acquis par Mariette père avaient appartenu à Thomas Howard, comte d’Arundel, puis à Sir Peter Lely, peintre de la cour anglaise, puis encore à Van Bergesteyn et à Siewert Van der Schelling, collectionneurs hollandais. Mis en vente à Amsterdam en 1719, ils avaient été achetés par le marchand parisien Salomon Gautier pour la somme de 370 florins (soit 740 livres), puis par Mariette père pour 1 000 livres. Dans sa Lettre sur Leonard de Vinci, Pierre-Jean Mariette avait d’ailleurs lui aussi supposé que les dessins achetés par son père étaient passés par la prestigieuse collection du comte d’Arundel (renforçant de ce fait leur prestige). Son raisonnement n’est pas sans rappeler la démarche mise en œuvre par les chercheurs lorsqu’ils étudient aujourd’hui encore les visi mostruosi de Léonard : Le Recueil de Desseins de Têtes dont je viens de parler peut avoir appartenu à cet illustre Curieux [Arundel]. Je fonde ma conjecture sur ce que plusieurs de ces Têtes ont été gravées ci-devant par Venceslas Hollar. Vous n’ignorez pas que cet Artiste étoit au service du Comte d’Arundel, et que le riche Cabinet de ce Seigneur lui a fourni la plus grande partie des Desseins de grands Maîtres qu’il a gravez. Il semble s’être attaché par préférence à ceux de Leonard ; sans doute pour se faire honneur à la faveur d’un si grand nom. En effet le nombre des Planches qu’il a gravées d’après ce Peintre, monte à près de cent, qui composent plusieurs suites. Ces Planches sont executées comme tout ce qu’a fait Hollar, avec une propreté infinie ; l’on y pourroit seulement desirer plus de goût, et que la manière de l’Auteur y fut un peu moins déguisée. Cependant parce que ces Estampes viennent d’après Leonard, elles sont encore aujourd’hui fort recherchées des Curieux. Quoi qu’il en soit, à la mort de Pierre-Jean Mariette, en 1775, les dessins qui avaient servi de modèles à Caylus perdent leur statut d’originaux : enregistré à la vente Mariette sous le n° 787, l’album est acheté pour 240 livres seulement. On sait désormais que cet album rassemble des copies de dessins de Léonard, aujourd’hui conservés dans la collection Devonshire à Chatsworth, feuilles qui ont sans doute en effet appartenu au comte d’Arundel. Comme l’ont déjà souligné Pascal Griener, Cecilia Hurley et Valérie Kobi, il y a quelque chose de paradoxal - voire de cocasse - à cet épilogue : pour Mariette et Caylus, la contemplation attentive de modèles du passé et la reproduction fidèle d’œuvres reconnues comme originales permettent une familiarité avec l’art des maîtres anciens, intimité qui autorise des considérations pertinentes, le fameux « discours fondé en jugement ». Or, c’est à partir de copies, peutêtre d’ailleurs réalisées par un artiste du Nord (les dessins de l’Album Mariette sont aujourd’hui attribués à Constantijn Huygens le Jeune), que les deux experts ont construit leur discours sur le travail de Léonard !» Références: Louvre 2003, Léonard de Vinci, dessins et manuscrits, n°74; Cohen 623. Précieux exemplaire en reliure de l’époque non restaurée appartenant au tirage avec la gravure 60 au lavis.
Très bel ensemble. Paris, Mariette, puis Jombert, 1649-1751. In-folio de 252 ff. Maroquin rouge, double encadrement de filets dorés sur les plats avec fleurons d’angles, dos à nerfs richement orné, double filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Petit success. de Simier. 320 x 208 mm.
[video width="1786" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2024/07/LE-PAUTRE.mp4"][/video] La majorité des planches de ce magnifique recueil proviennent de diverses suites que Jean Lepautre réalisa entre 1649 et 1682. Importante réunion de 252 gravures sur cuivre figurant des motifs ornementaux, éléments architecturaux, fontaines, colonnes, cheminées, vases, scènes mythologiques ou bibliques, etc. Un grand nombre des gravures (pages de titre de séries) présentes dans cet album portent l'adresse de Pierre Mariette, certaines d'entre elles à la date de 1659 ou 1661; d'autres se trouvent chez Jombert, pour la grande majorité sans date. Jombert publia, en 1751, un recueil des Œuvres d'architecture de Le Pautre. Recueil d’architecture et d’ornement réunissant 32 suites gravées par Jean le Pautre, publiées à Paris par Mariette puis par Jombert. Soit 252 planches gravées réparties comme suit : - Desseins de lambris à l’Italienne pour orner et embellir les Chambres, sales, Galeries, et autres lieux magnifiques inventez et graves par Jean le Pautre. Paris, Jombert, s.d. 12 pl. - Ornemens de Paneaux pour l’Enrichissement des Lambris de chambres, et Galeries. Nouvellement inventés et gravez par I. le Potre. Paris, Jombert, s.d. 6 pl. - Angle de Plafons de gallerie et autres ornemens inventes et graves par le Pautre. Paris, Jombert, s.d. 12 pl. - Montans de trophées darmes a l’antique dessinés et gravez par Iean le Pautre. Paris, Jombert, 1659. 11 pl. - Grotesques et moresques inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, s.d. 6 pl. - Portails d’Eglise à l’italienne Nouvellement inventes et graves par Iean le Pautre. Paris, Jombert. 6 pl. - Grotesques et Moresques a la Modernes inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, s.d. 1 planche à pleine page 6 planches sur double-page - Grotesques et Moresques a la Romaine inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, s.d. 6 pl. - Tombeaux ou Mosoles nouvellement inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, 1661. 6 pl. - Recherche de plusieurs beaux morceaux d’ornemens pour servir aux frontons des placarts plaphons et Lembris, inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, 1661. 6 pl. - Ornements pour embellir les chapiteaux Architraves, Frises et Corniches nouvellement inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, s.d. 6 pl. - Sepultures et Epitaphes nouvellement inventez et graves par I. le Pautre. Paris, Jombert, 1751. 5 pl. - Frises ou montans a la moderne servans pour l’utilité des Lambris Inventez et gravez par Iean le Potre. Paris, Jombert, 1657. 12 pl. - Placarts ou ornemens pour l’enrichissement des chambres et alcoves… Paris, Jombert, s.d. 6 pl. - Porte cochere Inventée et gravée par le Potre. 4 pl. - Nouveaux desseins de cheminées à l’italienne… 8 pl. - Ornements de Paneaux Moderne… Paris, Jombert, s.d. 12 pl. - Différents Morceaux d’ornements Pour servir aux Frises Corniches et Architraves… 6 pl. - Inventions pour faire des plaques ou des Aubenistiers servans aux orfevres… Paris, Jombert, s.d. 6 pl. - Cheminées a la Moderne… Paris, Jombert, 1751. 6 pl. - Nouveaux desseins de Cheminées a peu de Frais. Paris, Jombert, 1751. 3 pl. - Cheminées à l’italienne nouvellement inventées et gravées par I. le Pautre. Paris, Jombert, 1751. 6 pl. - Chaires de Predicateurs. Paris, Jombert, 1649. 18 pl. - Retables dautels a l’italienne… Paris, 1751. 6 pl. - Nouveaux dessins d’Autels a la Romaine. Paris, Jombert, 1751. 17 pl. - Nouvelles Inventions pour faire les bancs ou se mettent les Marguilliers. 6 pl. - Confessionaux… 6 pl. - Portes de chœur avec leurs jubes et retables. 6 pl. - Soleils Reliquaires Plaques et Ornemens d’Orphevreries. 6 pl. - Differents Desseins pour faire des Plaques et Eaubenistiers… 10 pl. - Differents Morceaux d’Ornements a la Romaine pour servir aux Frises et Corniches… 6 pl. - Cheminées a la Romaine. 6 pl. - Et 7 pl. isolées. Jean Le Pautre (1618-1682) fut l'un des plus importants ornemanistes de son époque, exécutant plus de 1500 gravures au cours de sa carrière, le plus souvent d'après ses propres compositions, pour servir de modèles ou de sources d'inspiration aux créateurs de décors intérieurs ou extérieurs.. Il contribua notamment à diffuser le «style de Louis XIV» à travers l'Europe entière. Important recueil de gravures de décors, lambris, panneaux, alcôves, cheminées, portes, etc., réunissant trente-deux suites exécutées par Jean Lepautre. Très bel ensemble. Pour l'édition de Jombert, cf. Fowler 182; Kat. Berlin 313; Millard French 97.
Très rare exemplaire complet de ce souvenir du grand Tour, en parfait état de conservation. Rome, c. 1820. Les moulages en plâtre sont bordés de papier plié et doré à la main, montés sur un support de papier bleu, tels qu'émis par Giovanni Liberotti. Une feuille en papier portant en italien la liste des 19 œuvres représentées sur les camées, est collée à l'intérieur du couvercle (telle que parue) avec le nom de l'acheteur Mary Salmon écrit en bas, très bon état de conservation. Dimensions de la boite: 304 x 213 mm.
[video width="3840" height="2160" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2025/05/Untitled-design.mp4"][/video] Ces camées en plâtre font partie d’une collection réalisée à Rome vers 1820 par Giovanni Liberotti. Ils reproduisent une sélection d’architectures et d’œuvres d’art célèbres visibles à Rome, Florence, Milan, Paris et dans quelques grandes collections particulières. Placés dans des coffrets en bois facilement transportables et accompagnés de légendes, les ensembles de ce type étaient vendus aux riches voyageurs Européens qui visitaient l'Italie dans le cadre du Grand Tour. Rome était la destination ultime et une visite des trésors contenus dans ses nombreux musées complétait l'éducation d'un jeune homme. La collection de boîtes contenant des moulages en plâtre d’œuvres d’art classiques était un passe-temps à la mode et un précieux "aide-mémoire" des mythologies, des dieux et des événements historiques représentés sur les délicats camées. Les Liberotti Impronte ont été commercialisés par Giovanni Liberotti, graveur de gemmes romain qui se spécialisa dans la confection de ces souvenirs. Ils étaient alors vendus par série, représentant les œuvres des sculpteurs de l'époque comme Canova ou Thorvaldsen, ainsi que de peintres comme Léonard de Vinci. Chaque boîte renfermait les camées de plâtre contrecollés en regard de la liste manuscrite des œuvres. Cet ensemble de dix-neuf empreintes en plâtre d'intailles représentant principalement des sujets classiques a été réalisé à Rome vers 1820. Sur la face interne du couvercle se trouve la liste manuscrite des titres des œuvres représentées: 1 - L’Aria, Thorvaldsen 2 - Laocoon, al Vaticano 3 - L’acqua, Thorvaldsen 4 - Michail Angiolo, da una pittura a Firenze 5 - Il trionfo di Alessandro, Thorvaldsen 6 - Raffaele Sancio de Urbino, al Vaticano 7 - Il Marchese, Canova 8 - Il Cav., Thorvaldsen 9 - Il leone de Canova 10 - La Maddalena, Canova a Parigi si vendita 11 - Altro Leone de Canova 12 - Torquato Tasso al Museo Campidaglio 13 - Il Giove 14 - La Minerva nella Galleria a Firenze 15 - Petrarca al campidoglio 16 - La Mercantessa d’amore a Napoli 17 - La Terra elementa del Cav. Thorvaldsen 18 - La Magdelena di Guido a Milano 19 - Il Fuoco elemento Thorvaldsen. Antonio Canova (1757-1822) et Bertel Thorvaldsen (1770-1844), ces géants de la sculpture néoclassique, ont tous deux travaillé à Rome durant cette période. Le sculpteur danois néo-classique Bertel Thorvaldsen fit l'essentiel de sa carrière à Rome où il était connu comme l'un des meilleurs sculpteurs de son temps. On lui doit notamment le tombeau du pape Pie VII à la basilique Saint-Pierre de Rome et le monument du Lion de Lucerne commémorant le massacre des Gardes suisses aux Tuileries. “Both artists re-interpreted themes from the Classical World and used new techniques in the creation of their works Italian Antonio Canova (1757-1822) and Danish Bertel Thorvaldsen (1770-1844) were rivals and created works of art that inspired their contemporaries and generations of artists that followed. Italy and especially the city of Rome played a central role in both sculptors’ lives and careers: Canova arrived in Rome in 1781 and remained until he died in 1822, while Thorvaldsen settled there in 1797 to spend the next 40 years in the city. Their competition was extremely fruitful as they worked on the same themes and subjects from the Classical World. They not only innovated the style of sculpture but also promoted new techniques. Each one had his own large studio employing numerous colleagues and students that gave him space for experimentation. Their careers were accompanied by technical innovations like the use of preparatory plaster models, which gave them the chance to design statues following only their ideas without being dependent on a commissioner.” (Exhibition “Canova and Thorvaldsen. The birth of modern sculpture”, held 2019/2020 in the Gallerie d’Italia in Milan). L'acquéreur du coffret, Mary Salmon, dont le nom est inscrit au bas de la feuille explicative, a vraisemblablement choisi elle-même les différents moulages. Le boîtier en chêne robuste était nécessaire pour protéger le contenu pendant le voyage de retour en Angleterre. Très rare exemplaire complet de ce souvenir du grand Tour, en parfait état de conservation.
Le journal manuscrit des évènements politiques et militaires, de l’année 1688. S. l. n. d. [Paris, vers 1715]. In-folio de (46) ff., 9 double-page aquarellées. Plein maroquin rouge, dentelle du Louvre encadrant les plats, armes royales frappées or au centre, dos à nerfs richement orné de fleurs-de-lys et étoiles dorées, roulette dorée sur les coupes, roulettes intérieure dorée, tranches dorées. Epidermures. Reliure de l’époque. 445 x 307 mm.
Le journal manuscrit des évènements politiques et militaires, de l’année 1688. Calligraphié avec soin à l’encre noire il retrace avec maints détails très précis les évènements troublés de cette période du règne de Louis XIV durant laquelle la France se trouve en guerre avec la plupart des États voisins. « La révocation de l’édit de Nantes le 18 octobre 1685 venait de soulever la conscience protestante… Le 9 juillet 1686, l’Empereur, l’Espagne, la Suède, la Bavière et les princes du cercle de Franconie forment contre lui la ligue dite d’Augsbourg. Lorsqu’un nouveau conflit l’oppose au pape à propos des “franchises” dont jouissait à Rome, le quartier de l’ambassade de France, il saisit Avignon et le Comtat Venaissin. Il fait occuper Cologne et le Palatinat. C’est dans une atmosphère de véritable haine anti-française que l’on apprend, en Europe, le coup de théâtre qui y modifie profondément les rapports de forces : la révolution anglaise de 1688 qui détrône le Stuart francophile et catholique Jacques II pour le pire ennemi de Louis XIV, Guillaume d’Orange. Les hostilités débutent en septembre 1688 et sont aussitôt marquées par son acte atroce : la dévastation systématique du Palatinat décidée par le roi, à l’instigation de Louvois. » G. Duby, L’âge classique, p. 299. Le traité s’inscrit dans ce contexte et relate les principaux évènements. Le manuscrit est illustré de 9 grands plans et vues sur double-page (570 x 440 mm), finement aquarellés à l’époque, en coloris très frais : Vue et plan de la forteresse de Mongast en Hongrie. – Nouvelles fortifications de la forteresse de Mongast. – L’armée impériale devant Belgrade. – Plan détaillé de la ville, du château et des faubourgs de Belgrade. – Plan de Philisbourg, la ville, l’ouvrage couronné, l’ouvrage à corne. – Situation de la ville et du Château de Manheim. – Plan de Manheim et de ses nouvelles fortifications. – Plan de Frankedal. Y figure aussi en bonne place le plan de la place forte de Ath, édifiée par le maréchal de Vauban et « dont la fortification peut servir de modèle parfait de cet art. » Précieux manuscrit de présent destiné à la maison royale revêtu d’une reliure en maroquin rouge de l’époque, ornée de la dentelle du Louvre et des armes du roi Louis XIV.
Le plus précieux exemplaire répertorié, imprimé sur papier de Hollande, relié en maroquin bleu de Padeloup orné d’une dentelle à l’oiseau de l’époque aux armes du Comte de Calenberg (1685-1772). Paris, 1750. Mariette, Jean. Traité des Pierres gravées. Paris, Imprimerie de l'auteur, 1750. 2 volumes petit in-folio. Tome I : (5) feuillets, 468 pages, 1 feuillet, 2 planches hors texte dont 1 dépliante, (1) f. de titre entre les pp. 152 et 153, (1) f. 447*; Tome II : (2) feuillets, xii pages de préface, (2) feuillets, 132 feuillets, (65) feuillets. Maroquin bleu, large roulette formant dentelle encadrant les plats, formée d'entrelacs et fleurs, oiseaux et insectes, armes frappées or au centre des plats, dos à nerfs ornés de filets et fleurons dorés, glands et fleurettes, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, double filet doré sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l'époque attribuable à Padeloup. 314 x 203 mm. Édition originale et premier tirage de cet « ouvrage estimé » dit Brunet, orne de 267 sujets graves par le comte de Caylus d'après les dessins de Bouchardon. Cohen de Ricci 683; Sander 1287. Mariette, célèbre collectionneur d'estampes, révèle dans l'Avertissement au lecteur qu'il traite « De la manière de graver des Anciens et des Modernes dans le premier volume ». Il poursuit : « J'ai consacré tout le second Volume à la représentation des plus belles Pierres Gravées en creux du Cabinet du Roi, qui ayant d'abord été dessinées avec autant de goût que d'intelligence, & ensuite confiées à un burin léger & facile, quoique ferme & précis, ne peuvent manquer de plaire aux Connoisseurs. » Mariette confia à Bouchardon, l'un des meilleurs dessinateurs européens, le soin de dessiner les pierres gravées et il demanda à son ami le Comte de Caylus de les graver. Le premier recueil est constitué d'une histoire des graveurs et de la gravure depuis l'Antiquité et d'une « méchanique de l'art de graver sur pierres ». L'illustration est insérée dans le second volume divisé en 2 parties : « Les sujets », avec commentaire de chaque médaille représentée page par page, et « Les têtes » qui sont groupées par 2 sur une même planche. L'ensemble de l'illustration comprend 3 titres gravés a pleine page, 5 vignettes et 199 planches contenant 259 sujets. L'exemplaire très pur, imprimé sur papier fin de hollande, en maroquin bleu de l'époque est orné des armes du comte Henri de Calenberg chambellan de l'empereur d’Allemagne, général, mestre de camps, seigneur de la chambre de l'électeur de saxe (1685-1772). Celui-ci s'était constitué une splendide bibliothèque d'ouvrages très bien conditionnés, et la plupart en maroquin (Catalogue, Bruxelles, J. Ermens, 1773). Cohen ne décrit qu’un seul exemplaire relié en veau et mentionne qu’il existe des exemplaires sur papier de Hollande, cas du présent exemplaire.
Édition originale et premier tirage de ce superbe ouvrage consacré aux monuments érigés à travers la France à la gloire du roi Louis XV. Paris, chez l’auteur, et chez Desaint et Saillant, 1765. In-folio de : (2) ff., 232 pp., (1) f. d’approbation et privilège, 57 planches numérotées (33 pl. à pleine page et 24 sur double-page dont 9 dépliantes), 4 vignettes gravée dans le texte. Qq. ff. brunis, marge de la pl. LII anciennement restaurée sans atteinte à la gravure. Plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, grandes armes frappées or au centre, chiffre doré couronné frappé aux angles, dos à nerfs orné du même chiffre couronné dans les caissons, pièce de titre de maroquin havane, double filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l’époque. 417 x 283 mm.
Edition originale et premier tirage de ce superbe ouvrage consacré aux monuments érigés à travers la France à la gloire du roi Louis XV. Avery Architectural Library p. 760 ; Brunet, IV, 443. Exemplaire du premier tirage, publié avant l’ajout du supplément en 3 pages page 177. Pierre Patte, architecte du prince palatin, duc de Deux-Ponts, né à Paris le 3 janvier 1723 et mort à Mantes le 19 août 1814, « s’est fait connaitre plus par les ouvrages qu’il a écrits sur son art que par ses travaux d’exécution. Il avait élevé à Paris l’hôtel Charost, dirigé la construction d’une partie du palais du duc de Deux-Ponts, et celle du château de Jaresbourg, dessiné sur le modèle du Trianon. » L’illustration superbe se compose de 33 planches à pleine page, 24 planches sur double-page dont 9 dépliantes et 4 vignettes dans le texte dont une dessinée par Boucher et gravée par Cochin. Elles représentent des plans, des projets d’élévation de places, des fontaines et décorations, des statues... à Paris, Rouen, Reims, Rennes, Nancy, Bordeaux, Valenciennes, etc. « Un fleuron sur le titre, 2 vignettes dessinées par Patte et 57 planches, dont plusieurs pliées, par Patte, Marvie, Loye, Constant, etc. gravées par Aubri, Baquoy, Gabriel, etc. » (Catalogue Pichon, n°451). « Un exemplaire en maroquin rouge aux armes du Roi, 140 fr. vente Béhague » (Cohen, col. 786). Superbe exemplaire de présent relié à l’époque en maroquin rouge aux armes et au chiffre du roi Louis XV. (1710-1774).
Précieuse réunion de quatre ouvrages importants sur l’architecture classique et l’histoire de l’art, tous somptueusement reliés de manière uniforme en veau orné de l’époque. Piranesi, Francesco. Pianta delle fabriche esistenti nella Villa Adriana. (Rome, 1781). - Et: [Monumenti degli Scipioni pubblicati dal cavaliere Francesco Piranesi. Rome: 1785.] [And:] - Peintures de la Sala Borgia, au Vatican. Paris: Piranesi & Leblanc, Rome: Piroli, An II-1803. [Bound with:] - Peintures de la Villa Lante a Rome. Paris: Piranesi & Leblanc, Rome: Piroli, Xn II-1803. Hamilton, G. Schola Italica Picturae … incisae cura et impensis Gavin Hamilton. Rome, 1773. 4 volumes in-folio, veau brun, décor doré, grand losange central brun avec des fleurs stylisées, des têtes d'anges et de lions et une couronne évoquant la couronne papale, large bande en encadrement, de teinte plus sombre, ornée de feuillages et de dessins floraux, de motifs d'urne et de têtes de lions aux angles, dos à nerfs ornés de motifs dorés refaits, tranches dorées. Riche reliure romaine de l'époque. 533 x 360 mm / 530 x 395 mm / 552 x 400 mm / 632 x 460 mm.
[video width="1684" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2024/07/PIRANESE.mp4"][/video] Précieuse réunion de quatre ouvrages importants sur l’architecture classique et l’histoire de l’art, tous somptueusement reliés de manière uniforme en veau orné de l’époque. L’ensemble comporte trois ouvrages de Francesco Piranèse (1756-1810) et un ouvrage de Gavin Hamilton (1723-1798). L’illustration consiste en 1 plan sur 6 feuilles, 6 gravures, 12 gravures sur 6 feuilles et 16 gravures sur 8 feuilles pour les ouvrages de Piranèse, et 1 titre gravé et 39 planches par Cunego et Volpato pour l’ouvrage de Hamilton.
Le recueil consacré aux réalisations de Raphaël est un témoignage d'un intérêt artistique manifeste de l'harmonie et de l'extraordinaire richesse imaginative de l'artiste dans la décoration des stucs, plafonds et voûtes de la galerie du Vatican. Roma, Pagliarini, 1772-1777. 3 volumes grand in-plano, oblong in plano et éléphant in-plano; demi-maroquin rouge, dos lisses ornés. Reliure de la toute fin du XVIIIe siècle. 680 x 475 mm; 525 x 660 mm; 750 x 660 mm.
[video width="1852" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2024/07/RAPHAEL1.mp4"][/video] Un recueil somptueux de l’Œuvre de Raphaël. Brunet, IV, 1110. Splendide ouvrage reproduisant les décorations du second étage des Loges du palais du Vatican, que Raphaël (1483-1520) construisit pour le pape Léon X en 1514 et décora en 1518 et 1519 avec ses assistants Giulio Romano et Giovanni da Udine. Publié en trois parties entre 1772 et 1777, c'est la première tentative de montrer tout le schéma décoratif des pilastres et des piliers dans la célèbre "Logge" du Vatican. Un frontispice et 57 grandes planches gravées, certaines dépliantes, dont: - une planche triple dépliante représentant un plan et une coupe (environ 48 x 175 cm), - 4 planches représentant les portes (environ 80 x 48 cm chacune, numérotées A et B), - 28 planches représentant les stucs et grotesques (environ 110 x 48 cm chacune, numérotées I à XIV), - 13 planches représentant les plafonds (environ 71 x 71 cm numérotées I à XIII), - Terza ed ultima parte delle Loggie di Rafaele nel Vaticano, che contiene il compimento degli ornati, e de' bassi-rilievi antichi esistenti nelle Loggie medesime]: 1 titre et 11 (sur 12) planches en deux feuilles chacune représentant les stucs et grotesques (environ 110 x 48 cm chacune). Il s'agit de la troisième partie de cette série, dont les planches présentent les embrasements du Vatican, dessinés par Ludovicus Teseo Taurinensis d'après Raphaël et gravés par Joannes Vaolpato. Les planches sont datées entre 1774 et 1776. Brunet, IV, col. 1110 ; Guilmard, Les Maîtres ornemanistes, 1880, p. 283. Peintre favori de Jules II, Raphaël allait voir sa fortune et sa renommée s'accroître avec l'accession de Léon X au trône pontifical en mars 1513. Le pape fit de Raphaël son conseiller, l'ordonnateur de ses fêtes et lui donna la succession de Bramante dans la direction des travaux de St-Pierre. Promu architecte du Pape en 1514, l’artiste reçut l'ordre de continuer les galeries nommées les Loges, alors à peine commencées. C'est pour les voûtes du portique du deuxième étage qu'il composa en 1519 la célèbre suite de 52 dessins sur des sujets bibliques. Le recueil consacré aux réalisations de Raphaël est un témoignage d'un intérêt artistique manifeste de l'harmonie et de l'extraordinaire richesse imaginative de l'artiste dans la décoration des stucs, plafonds et voûtes de la galerie du Vatican. Précieux recueil d’architecture, rare en demi-maroquin uniforme de l’époque.
Conservé dans son vélin ivoire de l’époque. Paris, Sébastien Cramoisy, 1624. In-8 de (12) ff. et 328 pages. Plein vélin ivoire, dos lisse, traces d’attaches. Reliure de l’époque. 167 x 99 mm.
Édition originale fort rare de « ce précieux manuel que l’on pourrait sous-titrer ‘Le Bâtiment sans douleur’ (Jean-Pierre Babelon). L’architecture françoise des bastimens particuliers paraît en 1624 à Paris chez Sébastien Cramoisy. L’auteur est qualifié à cette date de « médecin du roi ». Sa vie est mal connue ; il est né à Saulieu vers 1579, et il est mort vers 1640. Il étudia la médecine à Paris à l’âge de vingt ans. À son activité de praticien mais aussi de théoricien de la médecine se sont ajoutées des curiosités d’humaniste et des réflexions sur les meilleures conditions d’existence de ses contemporains. C’est à elles que nous devons son traité d’architecture. Comme le remarquait François Blondel, il est naturel que des médecins s’intéressent à l’architecture, Claude Perrault en est un autre exemple. Le premier témoignage que nous ayons de son activité est la traduction commentée d’un traité de Galien sur la saignée : Le livre de Galien, de l’art de guérir par la saignée, traduit du grec. Ensemble un Discours dédié à messieurs les médecins de Paris sur les causes pour lesquelles on ne saigne pas encore tant ailleurs qu’à Paris et pourquoy quelques médecins mesme ont détracté de cette pratique de Paris, un in-12 paru à Paris chez Pierre Mettayer en 1603. Nous le retrouvons ensuite en 1605, qualifié de bachelier en la faculté de médecine, témoignant déjà de son intérêt pour l’aménagement des logis en commandant l’exécution de deux cheminées en marbre de couleur pour sa maison de la rue Neuve Notre-Dame, dans la Cité. En 1609, nouveau traité, dédié à Godefroy de Pontac, De causis colorum sententia, avec des observations sur Hippocrate, De tetragoni... contra chymicos, Paris, chez Adrien Périer. C’est sans doute peu après 1614 qu’il faut situer son Discours sur le subject du colosse du grand roy Henry, posé sur le milieu du Pont-Neuf de Paris... avec un sommaire de la vie de ce grand prince, opuscule paru à Paris chez Nicolas de Montroeil, qui sera réédité au début du XIXe siècle par Antoine Laurent Castellan. Savot est également un numismate, comme en témoigne son Discours sur les médailles antiques, épais traité de 400 pages in-4° qui paraît à Paris en 1627 chez Sébastien Cramoisy, et dont la Bibliothèque nationale conserve un exemplaire relié aux armes de Condé. En 1624 il publie L’architecture françoise des bastimens particuliers. Sans doute avait-il réuni des réflexions sur le sujet depuis longtemps, et la parution en 1623 du traité de Pierre Le Muet, Maniere de bastir pour toutes sortes de personnes, dut-elle hâter sa décision d’intervenir dans le débat. Son compétiteur fait œuvre d’architecte, en proposant à une clientèle très diverse un catalogue de plans-types pour toutes les bourses. L’ouvrage de Savot est d’une tonalité bien différente. Les «particuliers» auxquels il s’adresse ne sont ni des princes ni le menu peuple : pas de palais, pas de petites maisons, mais les demeures de la noblesse et de la grande bourgeoisie, hôtels à élever en ville, dans les nouveaux quartiers où l’on dispose librement de la place, ou bien demeures « aux champs ». Médecin et donc hygiéniste, Savot conseille ses clients pour la construction de la maison parfaite par le confort et l’agrément, intervenant sur la meilleure orientation, le meilleur éclairage, l’éloignement nécessaire des écuries et des cuisines pour cause de pollution, bruits, odeurs, fumées. Il légifère sur la place de l’escalier, le nombre des salles, la disposition des chambres et des cabinets, le percement et la taille des fenêtres, la disposition des cheminées. Dans ses rééditions, François Blondel observera que l’ouvrage fut écrit « pour tirer les honnêtes gens des griffes des entrepreneurs et des ouvriers », notation qui fait suite aux cruels reproches que l’on adressa à François Mansart dans le pamphlet de la Mansarade (1651). De fait, Savot donne à ses lecteurs le meilleur mode d’emploi pour discuter avec les entrepreneurs des différents corps de métier, il leur procure le détail chiffré des dépenses à prévoir, les conditions du toisé des ouvrages, et même la description des matériaux à utiliser, pierre, brique, bois, plâtre, terre cuite, leurs dimensions, leur origine, leur coût. On n’avait jamais abordé la construction dans un sens aussi pratique, qui permettait à un particulier de surveiller personnellement son chantier. On comprend dès lors le succès remporté par ce précieux manuel que l’on pourrait sous-titrer « Le bâtiment sans douleur ». Dédié à l’éphémère surintendant des finances Charles de La Vieuville, il fut réédité, toujours sans gravures, en 1642, et le succès se prolongea bien au-delà de la mort de son auteur puisque l’architecte François Blondel, premier directeur de l’Académie d’architecture et illustre professeur, jugea bon de le rééditer, preuve qu’il était toujours utile à la clientèle. Cette première réédition parut en 1673 chez François Clousier l’aîné, enrichie de figures et de notes de Blondel (423 pages), et la seconde en 1685, augmentée de nouvelles figures contemporaines de son cours d’architecture, laissent bien mesurer l’évolution des réflexions de la société sur la maison et son usage depuis la génération précédente.» Jean-Pierre Babelon (Institut de France, Paris 2006). Précieux exemplaire conservé dans son vélin ivoire de l’époque.
Superbe exemplaire de cette édition originale imprimée en 1617 et 1618 ornée de 100 estampes sur les moulins et leur mécanique. Francfort sur le Main, Paul Jacques, aux despens dudit Octave, & se vendent en la boutique de Lucas Jennis, 1617-1618. In-foliode (10) pp., 50 planches doubles numérotées de 1 à 50; 18 pp., (1) f.bl., 50 planches numérotées 51 à 100; relié à l’époque comme la plupart des rares exemplaires passés sur le marché sans les 8 ff. d’explication de la première partie tels les exemplaires Christie’s du 12 juin 2013 relié en vélin moderne (vendu 11000 €) et l’exemplaire Koller du 2 avril 2012; ces deux exemplaires étaient considérés complets. 5 pl. légèrement piquées, pl. 22 et 64 brunies, pl. 57 et 66 fendues sans manque, pl. 67, 68, 93et 94 reliées à l’envers. Plein veau havane, plats entièrement cernés de roulettes variées et de filets à froid avec fleurons d'angles et fleuron central doré, dos à nerfs orné de filets dorés et entrenerfs fleuronnés dorés, tranches bleutées. Superbe reliure de l’époque. 289 x 183 mm.
Édition originale bien complète des 100 gravures parue simultanément en langues française et allemande. Rarissime ouvrage sur les moulins et leur mécanique. Édition originale et unique, parue en même temps qu'une édition en allemand (l'édition allemande sera rééditée en 1623), constituée d'une dédicace, de quelques pages explicatives mais surtout de 2 beaux frontispices et 100 eaux-fortes sur doubles pages (beau tirage des gravures) figurant divers types de systèmes mécaniques destinés à actionner les fontaines de plaisance ou les abreuvoirs à animaux, à moudre des céréales ou autres produits, à extraire du minerai, à actionner des scies pour couper du bois, à soulever des ballots, à faire tourner des rôtissoires (pl.49), à faire du papier (pl.100), etc, le tout entraîné par des hommes, des bêtes, l'action de l'eau, du vent ou un contrepoids. Les planches sont gravées par Balthasar Schwan et Eberhard Kiefer d'après les dessins de Jacopo Strada (Mantua 1507-1588 Prague), un pur esprit de la Renaissance, aux talents multiples puisqu'il excella comme orfèvre, inventeur de machines, numismate, linguiste, collectionneur et marchand d'art, mais surtout peintre et architecte attaché au service de trois empereurs Habsbourg successifs : Ferdinand Ier, Maximilien II et Rodolphe II. Ottavio Strada (1550-1612) publia les dessins de son oncle (cfr titre) ou grand-père (cfr dédicace) près de 30 ans après la mort de celui-ci, donc avec un certain retard par rapport aux récentes innovations. Il dédia la 1ère partie au duc de Bavière Frédéric V, dont les grandes armoiries sont imprimées à mi-page, et la 2nde aux gouverneurs des Provinces-Unies. Les quelques pages explicatives sont de Benjamin Bramer (1588-1652), un architecte et mathématicien allemand, qui « espère de monster (Dieu aydant) en bref aussi apprès la publication de toutes les machines de nostre auteur, quelques aultres desseings de ma propre invention » Les beaux titres, signés Matthias Merian, montrent Archimède, Vitruve, Hermès et Diane ainsi que des petites scènes avec moulins à vent ou à eau, système de rotation, etc. “First edition of Strada work on engineering designs, mills, pumps, and other machinery. Jacobus de Strada was a slightly older contemporary of Ramelli, whose own work on mechanical engineering was published in the year of Strada's death. It is clear that each man's work was independent; Beck suggests that Strada may have been aware of Ramelli's publication and decided against publishing his own designs in deference to the Italian. For whatever reason, publication was posthumous, edited by his grandson Octavius, and the 30-year delay resulted in Strada's designs losing their innovative edge. Nonetheless, the work shows Strada's close attention to detail and illustrates a wide range of machinery and engineering. One mill (plate 90) is described as best for producing ink black and is also ideal for such things as mustard, where the operator needs a certain distance from the burning dust (Cf. T. Beck, Beitraege zur Geschichte des Mashinenbaues, chapter 23.)” Superbe exemplaire très bien conserve dans son élégante reliure de l’époque estampée à froid.
L’une des plus précieuses et des plus rares suites de l’école de Fontainebleau, gravée sur cuivre. Paris, s.n. [Jean de Mauregard], 1563. Petit in-folio de (4) feuillets oblongs repliés : titre, épître dédicatoire au roi Charles IX signée Jehan de Mauregard, et 4 pages de texte en langue latine de Jacques Gohory, suivies de 25 planches gravées (sur 26, la n°19 est manquante) en noir sur double page, montées sur onglets. Qq. taches marginales, inscriptions manuscrites biffées en marge inf. de 4 planches. Les planches ne sont pas légendées contrairement à celles des tirages ultérieurs. Plein veau brun granité, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement orné, pièces de titre en maroquin rouge et citron, coupes décorées, tranches rouges, charnières, coiffe supérieure et coins restaurés. Reliure vers 1720. 228 x 162 mm.
Première édition du tirage en latin, beaucoup plus rare que le tirage français. Un seul autre exemplaire du tirage latin répertorié sur le marché, l’exemplaire Wittock, revêtu d’une intéressante reliure Renaissance, avec 7 planches manquantes remplacées au XXe siècle par des planches d’un tirage ultérieur et deux planches avec légendes du tirage postérieur, adjugé GBP 89250 par Christie’s London le 7 juin 2004, il y a 17 ans. Précieux et remarquable premier tirage avant légende et numérotation de la majorité des planches ; l’exemplaire, proche du n°519 du Harvard College, ayant comme celui-ci 8 planches de second tirage avec numérotation mais avant les légendes : 13-18 ; 21 et 26. « Title-page without ornamentation. The volume consists of four preliminary leaves and twenty-six engraved plates of the story of Jason and Medea, approximately 63/16 x 9". The first is unsigned, the others are signed with the monogram "RB" of René Boyvin, and the last is signed in addition to the monogram, « Leonardus thiri. inuē. Renatus. .F » « In his dedication to Charles IX in French issue. Jean de Mauregard writes, "I’en ay faict desseigner & pour-traire curieusement les figures par Leonard Tyri de Belges peintre excellent (comme l'œuvre descouure) & apres faict tailler en cuiure par René Boyuin natif d'Angers : ny espargnant ne les frais ne la sollicitude, en esperance de vous en faire present qui pourroit estre agreable : fust pour la lecture du livre ou par-auenture pour patron de quelque tapisserie à orner vn jour les sales de vos magnifiques palais . . . ou pour une peinture exquise à enrichir quelque galerie" (recto of 2nd prelim. leaf). Leonard Thiry worked at Fontainebleau under Rosso and Primaticcio from 1536 to about 1542 (The Jason plates were attributed to both these masters when issued by later publishers.) Each scene measures about 3 3/8 x 5", while the remainder of the copperplate comprises an elaborate border displaying a fantastic assortment of figures, putti, grotesques, birds, animals, and cartouches containing small scenes. It is this wealth of invention in the borders, sometimes eclipsing the scenes themselves, that makes this a major work in the Fontainebleau tradition. For a study of the Jason series, and the extent to which Mauregard's plan of providing an artist's model book was realized, see J.-J. Marquet de Vasselot, "La conquête de la toison d'or et les émailleurs limousins du XVIe siècle," La revue de l'art ancien et moderne, vol. 34 (July-December 1913), p. [241], 253, [333}-345, reproductions. See also, Levron, Boyvin, p. 29-[34], P. 66-67, nos. 16-41, full series reprod. plates XIX-XLIV. Boyvin is one of the most influential figures in the early history of engraving in France. Robert Dumesnil (vol. 8, p. 36-44, n° 36-44) describes the copperplates in three states: first unnumbered, second with small numbers added at the top of the plate, and third - a much later impression - with the numbers removed. This copy contains a mixed set, the majority in the first state, but plates 13-18, 21 & 26 in the second, with the numbers. The fine, dark impression in this copy are particularly effective for the night scenes of n° 14, 18, and 23. The preliminary leaves are printed in roman and italic letter with three excellent grotesque initials. Mauregard’s dedication is dated July 3rd and the privilege, July 14th of 1563. (Harvard, French Sixteenth, n°519). L’une des plus précieuses et des plus rares suites de l’école de Fontainebleau, gravée sur cuivre par René Boyvin sur les dessins de Léonard Thiry, l’un des premiers peintres appelés à Fontainebleau par le roi François Ier collaborateur de Rosso et de Primatice dans la décoration du palais. Harvard, French 16th century books, II, n°519 ; Peter Ward Jackson, Some mainstreams and tributaries in European ornaments from 1500 to 1750, 1967, p. 10-13 ; Brun, Le livre français illustré de la Renaissance, p. 199 ; Brunet, II, 1648. L’ouvrage tire son origine d’une commande de Jean de Mauregard qui, pour la distraction de Charles IX, avait demandé à Gohory cette narration mythologique de la conquête de la Toison d’or. Mauregard, dans sa dédicace, prend en compte la dimension de « répertoire décoratif » de l’illustration et en fait présent au roi. En 26 tableaux de grand format (230 x 160 mm) Léonard Thiry excelle à traduire les épisodes multiples de la légende de Jason, insérés dans de magnifiques bordures très élaborées dont la richesse et la verve imaginative placent l’œuvre dans la grande tradition de l’école de Fontainebleau. « Ces estampes devaient servir de patron pour les grandes tapisseries royales ». J. Gohory. « A la suite des guerres d’Italie, François Ier se donne tout entier au projet de faire fleurir l’industrie, le commerce et les lettres. Les fêtes données par le roi plus élégantes que somptueuses offrent les plus brillantes images de la chevalerie. Sa curiosité presque universelle le poussait à acheter des tableaux précieux et à les proposer en modèle aux artistes français. Il visitait dans leurs ateliers le Primatice, Léonard de Vinci, et excitait l’émulation des artistes français. Il entreprit ainsi le Louvre et fit bâtir les châteaux de Fontainebleau, de Chambord et de Madrid en s’entourant des plus grands peintres et sculpteurs de l’époque. » Le peintre Léonardo Thiry fut ainsi appelé par François Ier à exercer ses talents à Fontainebleau où il travailla à partir de 1535 en collaboration étroite avec Rosso et Primatice. Il participa ainsi à la décoration de la galerie François Ier puis de 1537 à 1550 à la Porte Dorée. La dépense consentie, le recrutement des artistes, l’effort d’invention, la perfection des ornements et l’originalité du résultat ont fait de la galerie François Ier à Fontainebleau une péripétie essentielle de l’histoire de l’art français. Le répertoire décoratif à la base de guirlandes de putti, de chutes de fruits est une synthèse étourdissante du décor italien adapté au goût français, le traitement et la gaieté du maniérisme italien acclimaté en France en font une création inédite définissant pour la France, l’école de Fontainebleau et la Haute Renaissance ». André Chastel, L’Art français, II, 163-164. Précieux exemplaire du superbe tirage latin, rarissime, d’un contraste exceptionnel, conservé dans sa reliure en veau décoré vers 1720, provenant de la collection A. Brölemann.
Elle comporte 106 bois de modèles de dentelles et de broderies. À Thurin, 1589. À Paris, par Iean le Clerc, 1601. Deux ouvrages en un volume in-8 de: I/ (4) ff., (37) ff. (sur 39), (1) f.bl., (37); II/ (65) ff., pp. 3 à 7. Veau marbré, dos à nerfs orné de fers dorés, pièce d’entre-nerfs orné de fers dorés, pièce de titre citron, pièces d’entre-nerfs rouges, tranches rouges. Reliure du XVIIIè siècle. 213 x 156 mm.
Rarissime ouvrage de modèles de dentelles et de broderies, «curieux et devenu rare» (Brunet) en reliure ancienne a belles marges. Réunion des premiers et seconds modèles pour dames, avec un total de 216 bois gravés. * Les Singvliers et nouveaux povrtraicts, 1589: Première édition «thurinoise», après la première éditée à Paris deux ans plus tôt, en 1587 : l’ouvrage connut un grand succès, puisque trois éditions parurent la même année. Dédicace à la reine datée du 12 juillet 1589 (le roi Henri III sera assassiné le mois suivant). Elle comporte 106 bois de modèles de dentelles et de broderies. - Première partie : titre avec bel encadrement, portrait de Henri III, portrait de Louise de Lorraine, sonnet ("Aux dammes et dammoiselles"), 37 bois gravés (sur 39) sur le recto des feuillets, feuillet vierge. - Seconde partie : titre avec encadrement différent du précédent, 69 bois gravés sur le recto et sur le verso, encadrement de branches d’olivier sur le dernier feuillet (reprise de celui des portraits royaux liminaires) ; essais d'écriture au verso de ce dernier feuillet : "bonne long serour long / que vos faicts dans vos / Monsieur Je ne ser le souget de votre / pour finir faut fair / bone / bonne" avec une grande signature "Nostradamus". *Les Secondes Oeuvres, et subtiles inventions de Lingerie… Paris, Jean Le Clerc, 1601: Titre avec encadrement, Lettre au lecteur, Lettre à la sœur du roi (Catherine de Bourbon), deux sonnets, privilège, 110 bois gravés (dont 12 sur le recto seul des feuillets), Discours du Lacis (3 ff.). Troisième édition, selon Arthur Lotz, qui date la première de 1593 ou 1594 et déclare que celle-ci est probablement similaire à la précédente ; Lozt ne semble jamais avoir pu consulter la présente édition. D'origine vénitienne, l'art de la dentelle apparaît en France sous François Ier. Apanage des hommes, la dentelle plut aussi bientôt aux femmes : Catherine de Médicis voulut en enrichir ses toilettes. Établi en France à la suite de Catherine de Médicis, le vénitien Federic [sic] de Vinciolo s’est vu accorder le monopole de la fabrication des collerettes en dentelle en France. Ses modèles de broderies et de dentelles connurent un grand succès. "One of the first designers to be thus credited and celebrated was Federico de Vinciolo, a Venetian who was purportedly brought to France by Queen Catherine de’ Medici herself. The admiration for his skill as a maker of reticella (cutwork), lacis (darned netting), and lace was so great that he was given the exclusive right in France to fashion reticella collars, which were immensely popular at the time. Similarly, the pattern books with his designs, first published by Jean Leclerc in 1587, sold like hotcakes. Three editions were issued in the first year alone, reprints were made uninterruptedly in Paris until 1612, and copies were produced in Turin, Lyon, Strasbourg, Basel, and Montbéliard. The publication of Vinciolo’s book followed shortly after a new edition of Domenico da Sera’s pattern designs, and the popularity of the two works is illustrated by the incorporation of motifs from both books in a French altar cloth of the late sixteenth century. [...] Vinciolo was one of the first to represent his patterns in white on a dark ground, printing a silhouette of the pattern instead of the pattern itself. For that reason, some of his more freely drawn patterns for lacis seem to resemble cut-paper work more than textile patterns." (Fashion & Virtue, p. 37-36). «The editions of Vinciolo represented in the Hofer collection are those of Turin, Eleazaro Thomysi, 1589 (probably fictitious imprint), Strasbourg, Bernhard Jobin, 1592 (German title), Lyons, Leonard Odet, 1603, and Paris, Le Clerc, 1612 (HCL except for 1592). Also in the Hofer collection (HCL) is the first edition of Matthias Mignerak’s La pratique de l’aiguille industrieuse, printed by Jean Le Clerc in 1605 with an engraved title-page designed by Pierre Firens. On the Vinciolo patterns, see further, Lotz, p. 190-195 (reproduction plates 76-79). A London edition of Vinciolo was entered in the Stationer’s Register by John Wolfe in 1587, but no copy of such an edition has been located. A different lace book was printed by Wolfe with Edward White in 1591 under the similar title of New and singular patternes and workes of linnen, with a dedication signed by Adrian Poyntz (S.T.C. 20180). There are, however, traces of Wolfe’s projected Vinciolo. Copies of the Paris title-border and laurel wreath are found in later English boks, the border, in the Eton Chrysostom of 1610 and te wreath in the Philemon Holland Livy of 1600 (full citations under Nos. 216, 101; see W. A. Jackson’s description of the Livy in the Pforzheimer catalogue, op. cit. No. 101, vol. 2, n°495). The Livy was printed by Adam Islip, who took over much of Wolfe’s type and ornaments after 1593 (H. R. Hoppe, «John Wolfe, printer and publisher, 1579-1601», «The library, fourth series, vol. 14, 1933‑1934, p. 267).» (Harvard. French 546). Les volumes de broderie et de dentelles du XVIè siècle sont recherchés. Provenance: ex-libris manuscrit «Bordia» sur le titre du second ouvrage. Références: Lotz, Bibliographie der Modelbücher, 111b eet 128d; Fashion & Virtue: Textile Patterns and the Print Revolution, 1520-1620, New York, The Metropolitan Museum of Art Bulletin, 2015, v. 73, n°2, p. 36-37.
Rare exemplaire complet de l’Atlas baroque de Visscher sur les Pays Bas, imprimé sur grand papier, somptueusement colorié à l’époque. Amsterdam, Nicolas Visscher, (1660). Grand in-folio de 9 double-pages regroupant 36 estampes, cartonnage du XVIIIè siècle. 535 x 358 mm.
Exemplaire complet, imprimé sur grand papier, en somptueux coloris de l’époque de l’Atlas baroque des Pays-Bas. Depuis 60 ans, le répertoire des ventes publiques ne mentionne que 2 exemplaires en tirage normal, l’un de la première édition de 1657, l’autre de la présente édition de 1660, un troisième, incomplet, fut vendu en 1987. Ce recueil présente 36 estampes gravées, groupées par 4 vues imprimées au recto d’un double folio - illustrant l’architecture baroque des Pays-Bas au milieu du XVIIè siècle. Sont dessinés et peints avec bonheur les villes, canaux, ports, scènes villageoises, les principaux monuments, mais aussi l’habitat précaire, le retour du marché, les scènes de chasse, la navigation, les châteaux, églises, couvents, moulins ainsi que les jardins d’agrément, le tout rehaussé en chaleureux coloris de l’époque. (Hollstein, Schut 32 ; Hollstein, Publ. Clae Claesz Visscher I, 7) Le présent exemplaire, imprimé sur grand papier est le seul répertorié dans ce tirage de luxe. Dans les éditions postérieures, par exemple les éditions Ottens, les gravures furent coupées et présentées séparément, et donc imprimées au format in-4. La famille Visscher est célèbre dans l’histoire de l’imprimerie des Atlas aux Pays Bas au XVIIè siècle. Nicolas Visscher I, l’éditeur du présent atlas est né à Amsterdam en 1618. Fils unique de Claes Jansz Visscher, il se maria en 1643. A la mort de son père en 1652, il poursuivit l’activité et s’établit sur la Kalverstraat jusqu’à sa mort survenue en 1679.
VREDEMAN DE VRIES, Jan (1527-1609), FLORIS, Cornelis (1514-1575) et GALLE, Philippe (1537-1612).
Reference : LCS-18476
Provenance: Rothschild; Baron Alexis de Rédé. Vredeman de Vries, Jan (1527-1609), Floris, Cornelis (1514-1575) et Galle, Philippe (1537-1612). - Hortorum viridariorumque elegantes & multiplicis formae… Anvers, Philippe Galle, 1583. In-folio oblong (260 x 323 mm). Titre-frontispice et 20 planches de jardins, numérotées. Edition originale. Berlin Kat. 3390 ; Hollstein XLVIII, 470-490. - [Relié avec] : du même : Jardins. Anvers, Philippe Galle, c. 1583. 6 gravures numérotées. Edition originale. - [Relié avec] : du même : Artis Perspectiuae plurium generum elegantissimae Formulae, [graphic], multigenis Fontibus, nonnullisq[ue] Hortulis affabre factis exornatae, in comodum Artificum, eorumq[ue] qui Architectura, aedificiorumq[ue] comensurata uarietate delectantur, antea nunquam impressae. Anvers, Gerardus de Jode, 1568. Titre-frontispice et 17 gravures. Edition originale. - [Relié avec] : du même : Puits et fontaines. Anvers, Philippe Galle, 1573. 24 gravures numérotées sur 12 feuillets, minime déchirure à une planche. - [Relié avec] : Floris, Cornelis. Veelderleij niewe inventien van antijcksche sepultueren diemen nou zeere ghebruijkende is met noch zeer fraeije grotissen... Anvers, Jerôme Cock, 1557. Titre et 15 planches gravées montrant des décorations fantastiques, et des monuments funéraires dans le style grotesque. Edition originale rarissime. Reliure en vélin ancien, gardes renouvelées. Titre de la première suite frotté et effrangé avec déchirures marginales et pliure et joint à la garde ; taches à quelques planches. 257 x 326 mm.
“Important album of 5 suites of 16th century Dutch engravings by Vredeman de Vries et Conerlis Floris comprising 3 engraved titles and 82 engravings of gardens, fountains and wells, and grotesque tombs. All bound in an old parchment binding». Rare première édition de cette série de 20 planches de jardins associées aux ordres dorique (6), ionique (7) et corinthien (7) : parterres, allées, cours, avec en arrières plans de beaux édifices. Beau titre gravé, sur fond architectural fleuri. Le graveur n'a pas été identifié. Some of the plates have later been copied by Hans Puechfelder and are used in his work on gardens, published in 1591. «Un cabinet de curiosités à ciel ouvert. La Nature conduite par la providence Divine est admirable, en comprenant sous la connexité des cieux, sur la superficie & estendue de la terre tant de sortes d’animaux & vegetaux. Des Vegetaux & plantes, eu esgard aux diverses parties du monde & provinces, le nombre n’en peut estre exprimé, & en une telle multitude & amas il y auroit de la confusion, n’estoit que l’art & industrie humaine, pour perfectionner la Nature a excogité divers compartimens & parterres en forme de croix, de roses, de cœur &c. quelques fois separés, quelquefois entremeslés, pour loger lesdites plantes, comme dans des chambrettes & lieux de reserve.» Daniel Loris, Le thrésor des Parterres de l’univers, 1629. Dans Le thrésor des Parterres de l’univers Daniel Loris, médecin des ducs de Wurtemberg, invoque la nécessité de perfectionner la nature en compartimentant l’espace, en concevant des «chambrettes » et « lieux de réserves » jardinés destinés à recevoir une collection de végétaux cultivés remarquables. Un « programme » pour « Jardins de plaisir, tracés en compartimans, & garnis de plantes, & arbres curieux » nous est donné, il s’apparente à celui des cabinets de curiosités. Le mot allemand Wunderkammer signifie « chambre de merveilles » et désigne les collections des princes d’Europe à partir des années 1560-1570. Ce phénomène repose sur un regain d’intérêt pour l’antique, pour les sciences naturelles et la géographie. L’organisation du jardin, telle qu’on la perçoit notamment dans les œuvres de du Cerceau, s’établit clairement selon une composition à un ou plusieurs axes de fuite. Mais cette perspective n’unifie pas la surface du jardin d’une façon tout à fait linéaire. La juxtaposition des parterres, comme le pavement des scènes de Serlio préfigurées par les peintures du quattrocento, compartimente et séquence l’espace du jardin. Le livre IV du Regole generali di architettura publié en 1537 comprend six illustrations de parterre, quatre carreaux rompus et deux dédales. Serlio produit les plus anciens modèles pour la compartimentation et l’ornementation des jardins qui nous soient parvenus. De fait, il s’intéresse à la scénographie de ces espaces et il l’écrit : Li giardini sono ancor l’oro, parte de l’ornamento della fabrica, per il che queste quatro figure differente qui sotto, sono per compartimenti d’essi giardini, ancora che per altre cose potrebbono seruire, oltra li dua Labirinthi qui adietro che a tal proposito sono. Ainsi, le jardin de la Renaissance, lieu théâtral a fortiori, est une scène d’illusion en perspective. Dans ce « site idéal », ce microcosme, espace fictif unifié par la « construction perspective », chaque chose, même la plus curieuse, peut trouver sa place. Les premiers jardins botaniques naquirent à partir du milieu du XVIe siècle et se multiplièrent sur une période assez courte. L’invention des jardins botaniques résulte d’un projet de « didactique du regard» qui s’appuie sur un dispositif scénographique. Rappelons que Daniele Barbaro, un des concepteurs de l’Horto de’i simplici de Padoue (1545), est un traducteur de Vitruve. Dans La Prattica della Perspettiva (1569), il est aussi l’auteur d’une réflexion sur la scénographie comme perspective artificielle ; mais ce n’est pas cet effet de scène qui domine à Padoue. Le jardin est compris dans un cercle de 84 mètres de diamètre, qui symbolise l’univers. À l’intérieur du cercle est inscrit un carré divisé en quatre Spaldi représentant les quatre continents d’où proviennent les plantes. Vus à vol d’oiseau, les Spaldi offrent une profusion de formes et de couleurs obtenues par le fractionnement caractéristique du Parterre de carreaux rompus – ainsi nommé par Charles Estienne dans La Maison rustique (1583). De fait, la parcelle cultivée dessinée à partir d’un pourtraict devient un ornement du jardin. Mais à Padoue, le parterre n’est pas seulement l’élément d’une architecture de jardin à effets décoratifs. Les formes particulières et diverses des Compartiments aident à reconnaître et à situer les espaces. Ainsi, la scénographie codifierait visuellement l’emplacement où se cultive telle ou telle plante et faciliterait l’apprentissage de la botanique basé sur l’identification des végétaux ; il pourrait s’agir d’une forme d’Art de la mémoire ou de méthode des lieux. L’ordonnancement mis au point à Padoue va se retrouver dans presque tous les jardins botaniques fondés aux XVIè et XVIIè siècles. Les formes élaborées dans ces institutions sont les modèles de la plupart des jardins de plantes médicinales et de plantes curieuses. Le succès de ces « théâtres de terre » encourage donc à la création de collections privées. Selon Claudia Lazzaro, ces espaces nommés giardini variati par Ulisse Aldrovandi, se distinguent des giardini volgari et des medicinali purement pratiques. Agostino del Riccio recommande de suivre le modèle du jardin des plantes de Florence pour la plantation de végétaux exotiques et nouveaux. Une série de planches exécutée pour le jardin botanique de Pise comprend certains modèles de parterres répétant exactement les motifs de Serlio. D’après Lucia Tongiorgi Tomasi cet exemple montre le transfert de l’institution vers le jardin aristocratique. En effet, cette compilation est à la base d’une autre série de dessins réalisée par Bartholomeus Memkins, et destinée au jardin de l’électeur Palatin Ludwig VII de Bavière, amateur de plantes rares. Memkins propose de cultiver une seule plante sur chaque planche du compartiment. Les travaux de Lucia Tongiorgi Tomasi et d’Ada Segré ont montré le détail de la composition des parterres. Sur la période qui nous intéresse, plusieurs traités d’architecture, d’agriculture ou d’horticulture - Serlio (1537), Estienne (1584), de Serres (1600), Vinet et Mizault (1607), Lauremberg (1631-2), Ferrari (1633) - montrent des plans destinés au dessin des parterres. Un recueil de projets de jardins dessiné par Hans Vredeman de Vries (1587) demeure un précieux témoignage et une source d’inspiration. Un seul véritable livre de modèles rédigé par Daniel Loris en 1629 est connu, il rassemble une suite de plus de deux cents motifs. Des compositions complexes, raffinées et souvent « contre-nature» qui nient parfois l’ordre régulier de la perspective artificielle. Ces modules juxtaposés à l’échelle du jardin, la virtuosité du tracé convertissaient certainement un certain aspect répétitif en une profusion de formes et de couleurs, probable allégorie de « la puissance germinative de la nature ». Aussi, la multiplicité des éléments perceptibles devait effacer et dissoudre dans la masse le dessin des motifs. De fait, la compartimentation en des carreaux garnis de plantes rares cultivées sur des planches aux formes chaotiques, est aussi, en tant que « processus sériel », un phénomène excessif. La compartimentation, outil de la pensée rationnelle, fut-elle détournée par le mouvement maniériste ? Compartir un jardin en diverses fleurs et figures. Durant la deuxième moitié du XVIe siècle les compositions à base de fleurs se caractérisaient certainement par leur légèreté. Les floraisons encore très proches de leurs parentes sauvages étaient relativement discrètes tant par la taille que par l’abondance. En résumé, l’évolution des parterres de fleurs se fait du Préau, d’origine médiévale, vers le parterre de bulbes des premières années du XVIIesiècle. Dans les années 1550 on fabrique encore les couronnes et les bouquets de fleurs sauvages dans des préaux en carreaux rompus. On y apprécie l’effet mil fleur ou esmaillé qu’évoque ici Maurice Scève et ailleurs Ronsard ou Catherine des Roches : Les jardins agencer en maints lieux tournoyés De promenoirs croisés de berseaux voutoyés, D’herbes, plantes, semés communes, & satives, Et odorantes fleurs de mille couleurs vives. À propos de la dernière suite, de Cornelis Floris: «These panels belong to a series of sixteen diverse ornament and tomb designs after drawings by one of the most prominent architects and sculptors in the Netherlands at the time, Cornelis Floris. Floris drew inspiration from the grotesque ornamentation unearthed in Roman ruins and from the work of contemporary Italian artists influenced by the motifs. These lighthearted inventions were intended to inspire craftsmen and artists”. (Met Museum). Exceptionnel ensemble à grandes marges réunissant 5 éditions originales rares et rarissimes ornées de 82 gravures du XVIe siècle sur les jardins, et leur embellissement: puits, fontaines etc… Provenances: Rothschild; Baron Alexis de Rédé.
Précieux exemplaire, conservé dans ses belles reliures de l’époque, cité par Cohen (col. 1056) provenant des bibliothèques du Comte Greffulhe et d’André Langlois avec ex-libris. Paris, Audran et Chereau, [1726-1728]. 2 volumes in-folio de : T. I / (4) ff. gravés (frontispice dessiné et gravé par Boucher, épitaphe, et autoportrait de Watteau gravé par Boucher), et 101 planches portant 132 sujets numérotés. Sans le titre, la Vie (2 ff.) et la préface (un f.), gravés, jamais reliés dans l'exemplaire (voir ci-après) ; T. II / 121 planches portant les sujets numérotés de 133 à 350 et 1 gravure non numérotée entre la 270 et 271. Sans le titre et le f. d’Avertissement. Veau marbré, triple filet à froid encadrant les plats, dos ornés de filets, fleurons, et étoiles, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge et noir, tranches dorées. Reliure de l'époque. 495 x 325 mm.
Edition originale et premier tirage « de ce précieux recueil » (Cohen, col. 1064), l’un des plus beaux et des plus rares livres illustrés français de tous les temps. « Cette édition, la seule bonne, est fort rare ». (Cohen, col. 1064). Sander, Illustrierten franz ö sischen Bücher des 18. Jahrhunderts, 2042 ; Berny, Livres anciens, romantiques et modernes, III, …, 90 ; Esmerian, XVIIIe siècle, livres illustrés, 107. Précieux et célèbre exemplaire cité par Cohen (col. 1056) provenant des bibliothèques du Comte Greffulhe et Jacques Langlois. Le « recueil Julienne », le plus beau et le plus rare des recueils de gravures du XVIIIe siècle, fut composé par les soins de l’ami et protecteur de Watteau, Jean de Julienne, lequel s’entoura peu de temps après la mort de Watteau d’une trentaine d’artistes reconnus dans le but de propager l’œuvre de son ami. L’entreprise de publication s’étendit sur une douzaine d’années. Les quatre volumes (dont les Figures de différents caractères sont consacrés aux dessins et l’Œuvre à ses peintures et ornements) furent imprimés chez lui, à la manufacture des Gobelins. Le travail de gravure débuta en 1717, soit quatre ans avant la mort d'Antoine Watteau. Les Figures de différents caractères furent mises en vente en 1726 et 1728 (et l’Œuvre en 1735). Julienne fit appel aux plus grands artistes du temps : quinze graveurs travaillèrent aux Figures de différents caractères, dont Jean Audran (131 pièces), Cochin père, Nicolas Silvestre, Laurent Cars et François Boucher alors âgé de dix-neuf ans, qui grava 105 pièces. Jean de Julienne lui-même, son ami le comte de Caylus et peut-être Montullé, cousin germain de Julienne, ont enfin gravé une quinzaine de pièces. Au total, 352 gravures immortalisant les dessins de Watteau : outre son autoportrait, la plupart sont des études de personnages pour ses tableaux de scènes galantes ou de comédie italienne, mais aussi d’artisans de petits métiers, de femmes dans leur vie quotidienne, et de personnages exotiques. Le goût personnel de Julienne, aquafortiste amateur, influe sur la technique des graveurs. C'est à l'eau-forte qu’eurent recours ces derniers pour obtenir une atmosphère aux valeurs claires, évanescentes que ne pouvait traduire le burin. Le succès de l’ouvrage fut considérable et les gravures accrochées dans tous les intérieurs français, ainsi qu’en Angleterre et en Allemagne. Quelques années après la parution des Figures de différents caractères en 1726-1728, les deux volumes de l’Œuvre de Watteau virent le jour en 1735 ; le Comte Greffulhe possédait initialement ces quatre volumes : Les Figures en 2 volumes in-folio, et L’Œuvre en 2 volumes grand in-folio. Il est cité par Cohen dans sa description de L’Œuvre parmi les rarissimes exemplaires connus (col. 1056). L’ensemble des volumes fut titré L’Œuvre au dos, raison pour laquelle les deux volumes des Figures portent ici ce titrage, et explique l’absence (d’origine) des titres, de la préface et de la Vie de Watteau, lesquels furent remplacés par le frontispice de Boucher, relié ici en tête du T. I mais habituellement en tête du T. II. Ce superbe exemplaire du Comte Greffulhe compte parmi les rares conservés dans leur élégante reliure de l’époque bien conservée. L’exemplaire passa ensuite dans la bibliothèque André Langlois, une des provenances les plus distinguées pour les beaux livres du dix-huitième siècle. En mai 2000, il y a 16 ans un exemplaire de ces deux volumes de Figures de différents caractères en reliure anglaise restaurée était vendu 350 000 F (environ 53 300 €) (Réf : Livres précieux – mai 2000, n° 140).