Edition originale rarissime complète du troisième volume qui présente la célèbre « Élégie pour Monsieur Foucquet » de Jean de La Fontaine. A Paris, chez Pierre Le Petit, Imprimeur et Libr. Ordinaire du Roy, 1671. Avec privilège de sa Majesté. 3 volumes in-12 de : (16) ff., 418 pp. ; (6) ff., 414 pp. ch. 424, (4) ff., correction manuscrite p. 65 ; (4) ff., 368 pp. Frontispice gravé non signé, en tête de chaque volume. Plein maroquin rouge janséniste, armoiries frappées or au centre des plats, dos à nerfs, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure signée Martin Held. 153 x 88 mm.
Edition originale rarissime complète du troisième volume qui présente la célèbre « Élégie pour Monsieur Foucquet » de Jean de La Fontaine. Ce « Recueil est composé avec goût et renferme plusieurs morceaux qu’on chercherait vainement ailleurs ». (Brunet). « Fouquet, dans le moment de sa plus grande fortune, et, à ce qu’il croyait, de sa plus haute faveur, fut arrêté à Nantes le 5 septembre 1661, c’est-à-dire dix-neuf jours après avoir donné à Louis XIV et à toute sa cour une fête splendide dans son superbe château de Vaux. Les rigueurs du roi à son égard firent craindre qu’on eût le dessein de le faire périr. La Fontaine s’adresse dans cette élégie aux nymphes de Vaux ; il leur confie ses douleurs sur le malheur de son ami, et il les supplie de fléchir le roi en faveur de celui qui a embelli leurs demeures avec tant de magnificence. Cette Élégie fut publiée d’abord dans le Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes, Cologne, 1667, in-12, t. II, p. 195 avec ce titre : Pour le malheureux Oronte ; ensuite dans les Fables nouvelles et autres poésies de M. de La Fontaine, 1671, in-12, p. 105, avec ce titre : Pour M. F. ; et enfin dans le Recueil de poésies, 1671, t. III, p. 340, avec ce titre : Pour Monsieur Fouquet. « Élégie. Pour M. Fouquet. Remplissez l’air de cris en vos grottes profondes ; Pleurez, Nymphes de Vaux, faites croître vos ondes ; Et que l'Anqueuil enflé ravage les trésors Dont les regards de Flore ont embelli ses bords. On ne blâmera point vos larmes innocentes ; Vous pouvez donner cours à vos douleurs pressantes ; Chacun attend de vous ce devoir généreux : Les Destins sont contents, Oronte (Fouquet) est malheureux. Vous l'avez vû naguère au bord de vos fontaines, Qui, sans craindre du Sort les faveurs incertaines, Plein d'éclat, plein de gloire, adoré des mortels, Recevait des honneurs qu'on ne doit qu'aux autels. Hélas qu'il est déchu de ce bonheur suprême ! Que vous le trouveriez différent de lui-même ! Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits : Les soucis devorans, les regrets, les ennuis, Hôtes infortunés de sa triste demeure, En des gouffres de maux le plongent à toute heure. Voilà le précipice où l'ont enfin jetté Les attraits enchanteurs de la prospérité ! Dans les palais des Rois cette plainte est commune, On n'y connaît que trop les jeux de la fortune, Ses trompeuses faveurs, ses appâts inconstants ; Mais on ne les connaît que quand il n'est plus temps. Lorsque sur cette mer on vogue à pleines voiles, Qu'on croit avoir pour soi les vents & les étoiles, Il est bien malaisé de régler ses désirs ; Le plus sage s'endort sur la foi des Zéphirs. Jamais un favori ne borne sa carrière ; Il ne regarde point ce qu'il laisse en arrière ; Et tout ce vain amour des grandeurs & du bruit, Ne le saurait quitter qu'après l'avoir détruit. Tant d'exemples fameux que l'histoire en raconte, Ne suffisaient-ils pas, sans la perte d'Oronte (Fouquet) ? » « Ce Recueil de Poésies composé par Loménie de Brienne contient 24 pièces de La Fontaine : l’Épitre au prince de Conty, la Paraphrase du psaume XVII, dans le Tome I : l’Élégie pour Fouquet, une Ode au Roy, quatre fragments de Psyché, et 16 fables dans le tome III. L’achevé d’imprimer est du 20 décembre 1670. On trouve souvent le 3ème volume séparément. » (Tchemerzine). « Cette édition formée par Henri Loménie de Brienne ou Lucile Hélie de Brèves, suivant son pseudonyme, contient 24 pièces de La Fontaine. Au tome I, l’Épitre au prince de Conty et (pp. 413 à 418) la paraphrase du psaume XVII ; au tome II, aucune pièce ; au tome III (pp. 340 à 368), l’Élégie pour Fouquet, une ode au Roy, quatre fragments de Psyché et seize fables. – Le Tome II a le même titre que le tome III, sauf la virgule qui suit rue Saint Jacques et contient, dans les deux derniers feuillets, un privilège portant les dates du premier. Il faut reconnaître que La Fontaine y est le plus favorisé des auteurs par le nombre de ses pièces. M. P. P. Plan, dans un article du Mercure de France : Un texte non cité de La Fontaine (Tiré à part : Paris, Champion, 1903. Pièce in-8), lui attribue même la Préface du tome I. Les bibliographes semblent aussi, en disant que le tome III est rare à trouver avec les deux autres, en faire une édition séparée, ne veulent-ils pas parler plutôt du tome qui seul porte le titre de Poésies chrestiennes ? » (Rochambeau). Précieux exemplaire provenant des bibliothèques de Louis XIV (1638-1715) avec son chiffre entrelacé frappé au pied du feuillet de titre de chacun des trois volumes ; Pierre Michel Marie Double, évêque de Tarbes avec ses armoiries sur les plats ; Léopold Double (1812‑1881) ; baron Lucien Double (1848-1895) avec son ex-libris. Le baron Lucien Double (1848-1895) a été élevé au milieu des livres de la bibliothèque de Louis XIV que son père, Léopold, avait acquise en 1848. Ses deux centres d’intérêt étaient les livres de provenance royale ou princière et les livres d’une haute curiosité bibliographique (incunables, etc.). Sa bibliothèque fut dispersée à Paris en 1897.
L’un, décrit sous le n° 814 de son catalogue de vente, provenait des bibliothèques du Marquis de Ganay et de MM. Bocher. Vendu 5300 F à la vente Rahir de 1935, il fut revendu 450000 FF (68500 €) en mai 2000, il y a 16 ans. Le second, celui présenté ici, le plus précieux fut vendu 6000 F à la même vente Rahir du 20 mai 1937 (n° 1430). Amsterdam, Henry Desbordes, 1685. 2 tomes en 1 volume petit in-8 de: I/ 1 frontispice, (8) ff., 236 pp.; II/ (4) ff., 216 pp., 58 figures. Qq. piqûres sans gravité. Maroquin rouge, dos sans nerfs orné à la grotesque, filet tranches dorées. Reliure ancienne de Derome le jeune. 158 x 98 mm.
[video width="1920" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_49831.mp4"][/video] Edition originale collective des Contes de La Fontaine et première illustrée, du tout premier tirage sur les trois existants. «Il existe trois tirages de cette édition sous la même date: Dans le Premier, la p. 211 du tome I, contenant le début de la Dissertation sur la Joconde, contient 11 ll. de texte, alors qu’il y en a 16 dans les deux autres tirages.» (Tchemerzine). «Ces Contes se caractérisent par leurs sujets gaillards, leur ton enjoué; ils ne se donnent pas pour réalistes, mais mettent en scène des humains dans leurs travers, principalement en ce qui concerne l’amour. Considérés comme licencieux, ils furent censurés et interdits à partir de 1675. En fait, ils appartiennent à la tradition des poésies et récits «gaulois», à la verve rabelaisienne, enrichie d’emprunts aux conteurs italiens: Boccace, Machiavel, l’Arioste, l’Arétin. Ils constituent une part de la création de La Fontaine aujourd’hui sous-estimée, mais qui en son temps fit un de ses plus grands succès. La tradition du conte humoristique, qui se développa en France au xviè siècle, connaît avec cette œuvre de La Fontaine à la fois une évolution et une sorte d’apogée. L’emploi du ton mondain teinté de galanterie fait que la gaillardise y est bien présente, mais nuancée dans la forme, et la brièveté est maniée avec prestesse, pour un public habitué au brillant de la conversation de salon, donc amateur de formes brèves. Ce genre ne connaîtra guère d’autres productions du même niveau dans les périodes suivantes.» (A. Vi.) Publiée du vivant de l’auteur, cette édition originale est aussi la première illustrée. Elle contient 1 frontispice et 58 figures à mi-page gravées à l’eau forte par Romain de Hooghe. Sept ans plus tard, La Fontaine, dangereusement malade, désavoua ses Contes et renonça aux profits de ce livre abominable. Cette édition contient cinquante-huit Contes, soit la totalité de ceux composés par LaFontaine à l’exception des six qu’il publia, la même année, dans les Ouvrages de prose et de Poésie en collaboration avec Maucroix, et du conte Le Quiproquo qui ne parut qu’après sa mort. L’illustration spirituelle de Romain de Hooghe, l’un des chefs-d’œuvre de l’artiste, est la seule contemporaine du texte; Otto Benesh la désigne comme « one of the greatest illustrations of all times». Les Contes réunissent toute l’œuvre licencieuse de Jean de La Fontaine et par ordre du roi, la police fit supprimer le recueil. Au moment où venait de paraître l’édition des Fermiers généraux de 1762, G. de Bure, dans sa Bibliographie instructive, consacrait plus de deux pages à la description de celle de 1685, la plus belle et la plus recherchée, par rapport aux figures de Romain de Hooghe dont elle est ornée... et dont malgré la nouvelle édition illustrée par Eisen, il faut néanmoins convenir que la plupart des Curieux la recherchent, et en font toujours beaucoup de cas. Exemplaire de premier tirage. Dans ce tirage de tête, les gravures sont d’une beauté remarquable. L’un des rarissimes exemplaires conservés dans son élégante reliure en maroquin ancien de Derome le Jeune. Il faut remonter au 20 Juin 1984 pour trouver sur le marché public un bel exemplaire. L’exemplaire Dennery, relié en maroquin rouge de l’époque, encadrement d’une roulette droite sur les plats, fut adjugé 45000 € il y a 33 ans (Ader-Picard-Tajan, 20/06/84), prix considérable à l’époque. Exemplaire unique d’«Édouard Rahir» ainsi décrit sous le n° 1430 de sa célèbre vente du 20mai 1937: «Très bel exemplaire avec les figures du premier tirage, recouvert d’une jolie reliure de Derome; il présente les particularités suivantes: 1° à la place de la figure du Villageois qui cherche son veau, a été imprimée celle de La Mandragore, recouverte ensuite par la gravure du conte en premier tirage; 2° en tête du conte suivant, l’Anneau d’Hans Carvel, on a imprimé à tort la figure du conte du Villageois, mais cette inadvertance n’a pas été réparée. De la bibliothèque de Lord Gosford.» Rahir possédait deux exemplaires d’exception de cette édition originale collective des Contes de La Fontaine. L’un décrit sous le n° 814 de son catalogue de vente provenait des bibliothèques du Marquis de Ganay et de MM. Bocher. Vendu 5300 FF en 1935, il fut revendu 450000 FF (68500 €) en mai 2000, il y a 16 ans. Le second, celui présenté ici, le plus précieux, fut vendu 6000 F le 20 mai 1937 (n° 1430). Magnifique exemplaire à grandes marges (hauteur: 158 mm) provenant des bibliothèques Hildebrand avec ex-libris calligraphié; Lord Gosford (ex-libris); Édouard Rahir (ex‑libris,n° 1430); F.M. Abdy (ex-libris).
Très bel exemplaire, d’une grande pureté, conservé dans son vélin ivoire de l’époque. Amsterdam, Henry Desbordes, 1685. 2 tomes reliés en 1 volume petit in-8 de: I/ 1 frontispice, (8) ff., 236 pp., 29 gravures; II/ (4) ff., 216 pp. et 29 gravures. Relié en vélin ivoire rigide de l’époque, dos lisse. Reliure de l’époque. 157 x 100 mm.
Edition originale collective et première illustrée des Contes de La Fontaine. Exemplaire du tout premier tirage, sur les trois existants. Tchemerzine, III, 860. Cette édition contient 58 Contes, soit la totalité de ceux composés par La Fontaine à l’exception des 6 qu’il publia, la même année, dans les Ouvrages de prose et de Poésie en collaboration avec Maucroix, et du conte Le Quiproquo qui ne parut qu’après sa mort. Publiée du vivant de l’auteur, cette édition originale est aussi la première illustrée. Elle contient 1 frontispice et 58 figures à mi-page gravées à l’eau-forte par Romain de Hooghe. Sept ans plus tard, La Fontaine, dangereusement malade, désavoua ses Contes et renonça aux profits de ce livre abominable. L’illustration spirituelle de Romain de Hooghe, l’un des chefs-d’œuvre de l’artiste, est la seule contemporaine du texte; Otto Benesh la désigne comme «one of the greatest illustrations of all times». La présente édition «est ornée de jolies et très expressives eaux-fortes par Romain de Hooghe». (Catalogue du baron de Ruble, n°275). Les Contes réunissent toute l’œuvre licencieuse de Jean de La Fontaine et par ordre du roi, la police fit supprimer le recueil. Au moment où venait de paraitre l’édition des Fermiers généraux de 1762, G. de Bure, dans sa Bibliographie instructive, consacrait plus de deux pages à la description de celle de 1685, la plus belle et la plus recherchée, par rapport aux figures de Romain de Hooghe dont elle est ornée… et dont malgré la nouvelle édition illustrée par Eisen, il faut néanmoins convenir que la plupart des curieux la recherchent, et en font toujours beaucoup de cas. Exemplaire du tout premier tirage. Dans ce tirage de tête, les gravures sont d’une beauté remarquable. Très bel exemplaire, d’une grande pureté, conservé dans son vélin ivoire de l’époque. Les exemplaires de premier tirage de cette édition originale conservés en jolie reliure de l’époque sont devenus introuvables.
Rare première édition de Ragotin de Jean de La Fontaine et première édition collective du Théâtre de La fontaine. Séduisant exemplaire conservé dans son vélin ivoire du temps. In-12 de (5) ff., 296 pp., (2)ff., (2) ff., X pp., 84 pp., (1) p., (6) ff., 82 pp., (1) p. Vélin ivoire de l'époque, traces d'attache, titre calligraphié au dos, tranches jaspées, infimes rousseurs. Reliure de l’époque. 150 x 86 mm. La Fontaine, Jean de. Pièces de théâtre. La Haye, Adrian Moetjens, M. DCC.II. (1702). Édition originale très rare de « Ragotin ou Le Roman comique. Comédie par Monsieur de La Fontaine ». Édition non moins rare du « Florentin Comédie par Monsieur de La Fontaine », imprimée à La Haye en 1701. Tchémerzine décrit l’originale française parue l’année suivante, en 1702, elle aussi « de toute rareté » faite sur l’édition hollandaise que nous présentons ici. Le bibliographe, (III, 893) signale une édition de 1699 « signalée par M. Henri Regnier dans la collection des grands écrivains de la France, mais que personne ne connaît ». Tchemerzine, III, 893 et 895 ; Rochambeau, 574 ; Brunet, (Alizon) ; Graesse, Trésor de livres rares et précieux, ; Rahir, Bibliothèque de l’amateur, 489 ; Destailleur, Catalogue, n°1247 ; Mongrédien p. 208. « Première édition collective du Théâtre de La Fontaine. On a relié à la suite des 5 pièces Médée, tragédie (par de Longepierre), Paris, 1694 et Alizon, comédie (par L. C. discret), Paris, 1664. » (Destailleur). Médée est ici en édition originale. Longepierre avait étudié avec de grands succès les langues anciennes sous les Jésuites. C’était un fervent admirateur des Grecs. Sa Médée, froidement accueillie à son apparition, fut reprise avec un grand succès au XVIIIème siècle ; d’illustres actrices, entre autres Melle Clairon, tinrent brillamment le rôle principal, qui s’y prête d’ailleurs admirablement. La Pénélope ou le retour d’Ulysse, ici en édition originale, est de l’abbé Genest. « La pièce eut du succès au point qu’on l’imprima clandestinement en Hollande sous le nom de La Fontaine, ce que Genest prit en homme spirituel. »(M. Tourneux, Revue d’Histoire littéraire de la France, p.642). « La première pièce de ce recueil porte le nom de La Fontaine ; elle n’est cependant pas de lui : Pénélope ; elle est de l’abbé Genest. On trouve ensuite : Le Florentin, Ragotin, Je vous prens sans verd. Et enfin le Duc de Monmouth, pièce de Waernewyck, qui ne fut jamais jouée. Chaque pièce a un titre particulier, mais la pagination est continue dans tout le volume. » (Tchémerzine). « Le Florentin est une des petites pièces en un acte que le public accueille avec le plus de plaisir.La petite comédie du Florentin a toujours passé pour un chef-d’œuvre ; et à vrai dire nous n’en avons aucune qui puisse lui être préférée, ni pour l’invention, ni pour l’agrément du style. La scène des confidences surtout est peut-être ce que nous avons de plus ingénieux et de plus comique sur notre théâtre. (Préface de l’édition de 1734). » (Walckenauer, Œuvres complètes de Jean de La Fontaine). Brève pièce satirique, le Florentin vise Jean-Baptiste Lully, qui, après avoir engagé le poète à composer l’opéra de Daphné, refusa de le mettre en musique, préférant l’Alceste de Quinault. Lully était florentin, de là le titre. Cette petite pièce en vers raconte comment La Fontaine, attiré par es belles paroles de Lully, accepta ses propositions et de quelle façon il fut par la suite bassement dupé par ce dernier. La verve du discours rend Lully ridicule autant qu’odieux. Même dans ses traits les plus cinglants, La Fontaine s’exprime avec une recherche qui, par contraste, déchaîne le comique. Séduisant exemplaire de cette rare originale conservée dans son vélin ivoire du temps. Rare recueil du Théâtre de La Fontaine et rarissime originale de l’abbé Genest : Nos recherches au sein des Institutions publiques Internationales ne nous ont permis de relever la présence que d’un unique exemplaire de Penelope ou le retour d’Ulysse : Oxford. Provenance : ex-libris « Anison che fiorisce » et bibliothèque H. Destailleur avec ex‑libris.
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La plus rare des grandes éditions originales de La Fontaine, saisie et interdite par le Lieutenant de police de Louis XIV, imprimée subrepticement à petit nombre en 1674. Petit in-8 de 168 pp. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs cloisonné et fleuronné, double filet or sur les coupes, doublures de maroquin vert ornées d'une large dentelle dorée, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur marbures, quelques marges hautes ou basses rognées plus court. Reliure en maroquin doublé de maroquin du XIXe siècle. 154 x 102 mm. La Fontaine, Jean de. Nouveaux contes. Mons, Gaspar Migeon, 1674. La plus rare édition originale, saisie et interdite, d’une grande œuvre littéraire de Jean de La Fontaine, imprimée subrepticement en 1674. Rochambeau, p. 1673, 0 21 ; Tchemerzine, III, 858. « Édition originale extrêmement rare » (A. Claudin, Bibliographie des Editions originales, p. 54). « Édition originale, extrêmement rare publiée clandestinement. La Fontaine n’ayant pu obtenir un privilège. Elle contient 17 Contes (dont Les Trocqueurs) » (Tchemerzine). L’édition originale très rare de la quatrième « partie » des Contes et nouvelles en vers totalement indépendante des autres contes publiés antérieurement. Avant leur première édition collective, donnée en 1685, La Fontaine fit paraître ces chefs-d’œuvre poétiques sur dix années : une première série en 1665 (deux éditions de 2 puis 12 contes), une seconde en 1666 (13 contes), une troisième en 1671 (13 contes), et la présente en 1674 (17 contes), sachant que 3 autres contes parurent également en 1667 dans un ouvrage regroupant plusieurs auteurs (Recueil contenant plusieurs discours livres et moraux), que le conte « Les Trocqueurs », appartenant à la quatrième partie, parut d’abord séparément en 1672, et que 7 autres contes seraient encore publiés par la suite soit 6 en 1685 dans les Ouvrages de prose et de poésie de Maucroy et de La Fontaine, et « Le quiproquo » en 1696 dans les Œuvres posthumes. Les plus hardis parmi ses contes : La Fontaine a réuni ici des textes malicieusement licencieux devenus célébrissimes, par exemple « Comment l'esprit vient aux filles », « Le Cas de conscience », « Le Diable de Papefiguière », « Les Lunettes » ou « Le Tableau ». Une impression clandestine saisie sur ordre de La Reynie. Si La Fontaine avait obtenu des privilèges pour les éditions des trois premières parties de ses Contes, le caractère libre bien plus osé de la quatrième fut un obstacle rédhibitoire. L'ouvrage fut alors imprimé subrepticement à Rouen, avec, au titre, l'adresse fictive du libraire Gaspard Migeod à Mons (orthographié ici Migeon), qui, après avoir accepté en 1667 de laisser figurer son nom au titre du Nouveau Testament de Port-Royal (imprimé en fait par les Elsevier à Amsterdam), s'était déjà vu malgré lui attribuer nombre d'éditions clandestines. Le lieutenant de police de Paris Gabriel Nicolas de La Reynie ordonna la saisie du volume, puis, le 5 avril 1675, l'interdiction de débit, attendu « que ce petit livre est imprimé sans aucun privilège, ni permission, qu'il se trouve rempli de termes indiscrets et malhonnêtes et dont la lecture ne peut avoir d’autre effet que celui de corrompre les bonnes mœurs et d’inspirer le libertinage. » Cette nouvelle série de contes, la dernière publiée par La Fontaine, en tant qu'ensemble, contient dix-sept contes nouveaux : Comment l'esprit vient au filles, l'Abbesse, les Troqueurs, le Cas de conscience, le Diable de Papefiguière, Féronde ou le Purgatoire, le Psautier, le Roy Candaule et le Maître en Droit, le Diable en enfer, la Jument du compère Pierre, Pasté d'anguille, les Lunettes, le Cuvier, la Chose impossible, le Magnifique, le Tableau y compris Janot et Catin, pièce en 8 stances, composée (dit l’éditeur du recueil) « en vieil stile, à la manière du Blazon des Fausses amours, et de celui des Folles Amours, dont l'auteur est inconnu ; il y en a qui les attribuent à l'un des Saint-Gelais. Je ne suis point de leur sentiment et je crois qu'ils sont de Crétin. » Ces attributions, sont erronées, car on sait que « le Grant Blason de faulses amours » est de frère Guillaume Alexis, religieux de lyre et prieur de Busy. Sous le titre de Contes - La Fontaine a été le rénovateur du conte français – est réunie toute l’œuvre libertine de Jean de LA Fontaine. « Jamais conteur n'a conduit un récit avec autant d'adresse, de grâce et de bonhomie. La Fontaine mêle le ton de la causerie à celui de la narration ; tantôt il laisse ses personnages vivre et parler au naturel, tantôt se divertit de leurs gestes et de leurs propos en spectateur amusé, tour à tour narquois et pitoyable. Certains contes pourraient être recueillis à la suite des Fables. Ils suffisent à faire connaître le La Fontaine des « Contes », son art inimitable, sa langue et sa versification ». L’un des plus beaux exemplaires apparus sur le marché depuis un siècle. Grand de marges (hauteur 154 mm), sa largeur est exceptionnelle (largeur des feuillets 102 mm) ; le fameux exemplaire « Lignerolles » vendu en 1894 était plus court de marges : Hauteur 151 mm. L’exemplaire Mortimer Schiff mesurait 152 mm ; quant à l’exemplaire Rochebilière conservé dans sa reliure de l’époque, décrit par Claudin en1930, il avait une hauteur identique au nôtre, soit 154 mm. Très bel exemplaire dans une reliure en maroquin janséniste richement doublée. Provenance : Robert Hoe (ex-libris n° 1962 du catalogue de vente aux enchères de la première partie de sa bibliothèque, New York, 1911). Homme d'affaires et industriel américain, fabricant de presses, Robert Hoe (1839-1909) appartint à la Société des amis des livres à Paris et cofonda le Grolier Club dont il fut le premier président. Il réunit une très importante collection de livres et autographes. Louis Barthou (vignette ex-libris, n° 496 du catalogue de vente aux enchères de la seconde partie de sa bibliothèque, Paris, 1935). Homme politique plusieurs fois ministre, Louis Barthou (1862-1934) se distingua également par son amour de la musique et des lettres. Auteur d'ouvrages sur Lamartine, Baudelaire, Hugo, il entra à l'Académie française et, bibliophile acharné, il se constitua l'une des plus belles bibliothèques de son temps.
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Lyon, Au siège de la Société, 1910. In-4, 37 pp., cartonnage à la bradel, pièce de titre rouge (dos insolé).
Édition originale de cette lettre de Jean de La Fontaine comprenant son fac-similé, sa transcription annotée ainsi qu'une présentation de la lettre. Un des 130 exemplaires tirés sur papier de Hollande. Comprend une lettre de Léon Galle à André Braumier (1 p. in-8) accompagnant l'envoi du présent ouvrage et dans laquelle il demande à Braumier d'en faire mention dans Le Figaro ainsi que sa carte de visite (1 p. in-12), toutes deux datées du 29 juin 1910. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, chez E. A. Lequien, 1824. In-12, 505 pp. maroquin à long grain aubergine, frise et filets dorés et frise à froid en encadrement sur les plats, le chiffre L.P.O orné d'une couronne des enfants de France doré au centre du premier plat, les chiffres A.O., C.O., L.O et H.O dorés également couronnés dans les angles, armes de la maison d'Orléans dorées au centre du second plat, les mêmes chiffres qu'au premier plat dans les angles, dos à nerfs orné de caissons dorés, bordure intérieure ornée d'une frise dorée, tranches dorées (légère insolation, quelques petites épidermures, quelques petites taches ou rousseurs éparses).
Nouvelle édition des Contes de Jean de La Fontaine. Elle est illustrée d'un portrait de l'auteur gravé par Bertonnier d'après une peinture de Rigault ainsi que de 72 planches hors texte ornées d'un encadrement de personnages et de nuages bleus, gravés par Simonet, Delignon, Pouquet, et d'autres d'après Desenne, Dugourc ou encore Chasselat. Ce bel exemplaire est établi dans une reliure de maroquin comportant plusieurs monogrammes dans les angles (A.O., C.O., L.O et H.O) et ceux de Louis-Philippe qui ne devient roi que 5 ans après la parution de ce livre. Il pourrait s'agir d'Antoine, Louis, Charles et Henri d'Orléans (futur duc d'Aumale), derniers fils de duc alors encore en enfance. De multiples monogrammes sur une même reliure sont plutôt rares en dehors des couples: on trouve l'exemple d'Henri II et de Diane de Poitiers mais il ne nous a pas été possible d'en trouver avec de la descendance ou une semblable à l'ouvrage présent. Exceptionnelle reliure aux armes et à plusieurs chiffres, ce qui est rare. Guigard, Armorial du bibliophile, 1870-1873, pp. 382. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, Imprimerie Beillet, [vers 1880]. In-plano, 60 pl., percaline bordeaux d'A. Lenègre, frises noires et dorées en encadrement sur le premier plat, frises et fleuron noirs au second, dos lisse orné de filets et fleurons noirs et dorés (frottements, dos légèrement insolé, quelques minuscules taches et rousseurs éparses sans atteinte aux images).
Réimpression de l'album publié par Didot en 1795. Il est composé de 60 gravures dont un autoportrait gravé d'après un dessin de Fragonard exécuté chez son mécène Pierre Jacques Onésyme Bergeret de Grandcourt en 1789, une vignette représentant un nu féminin allongé et un portrait de La Fontaine, repris en tête de la table elle aussi gravée, ainsi que 56 planches pour illustrer Les Contes et Nouvelles en vers. Elles sont toutes gravées par R. Martial, avant la lettre et avec remarques, 6 d'entre elles sont signées par lui à la mine de plomb. Le tirage est sur Hollande van Gelder en noir dont 100 exemplaires ont été tirés et constituent le 3e état du tirage total. Bibliographie de la France, 1880, p. 206. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, A. Lévy, 1866. 4 vol. in-folio, XCI-154 pp. 72 pl. + 166 pp. 68 pl. + 205 pp. 68 pl. + 258 pp. 68 pl., demi-maroquin à coins brun, filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné de filets dorés, tête dorée, couverture conservée (minuscules épidermures éparses, quelques petites taches).
Réimpression de l'édition de Desaint et Saillant de 1755, illustrée des 276 planches gravées d'après d'Oudry. Elle comporte une notice biographique du fabuliste, les dédicaces et la préface de La Fontaine, ainsi qu'une vie d'Ésope. Bon exemplaire bien établi dans une jolie demi-reliure de maroquin. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, chez Lefèvre, 1827. 6 vol. in-8, CLI-310 1 pl. + 380 pp. + 552 pp. + 572 pp. + 421 pp. + 606 pp., veau brun, quintuple filet doré et frise à froid en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de frises à froid et filets dorés, pièces de titre et de tomaison vertes, tranches marbrées (dos légèrement éclaircis, quelques minuscules épidermures, 3 mors fendus au 3e vol., 1 au 5e, rousseurs).
Édition des oeuvres de La Fontaine établie et annotée par C.A. Walckenaer ornée d'un portrait de l'auteur en frontispice, gravé par Roger. Elle contient notamment les fables, le théâtre et autres diverses pièces. Ex-libris héraldique des Harcourt, de la bibliothèque du château de St Eusoge, propriété de la famille. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Superbe exemplaire relié en maroquin citron de l’époque. Paris, Didot Jeune, 1791. Grand in-4 de 163 pages et 4 planches hors-texte. Maroquin citron, filets, chainettes et roulettes dorés encadrant les plats, dos à nerfs orné de fleurons dorés et de roulettes à la grecque en tête et en pied, double filet doré sur les coupes, roulette intérieure dorée, doublures et gardes de tabis bleu, tranches dorées. Reliure de l’époque. 329 x 248 mm.
Belle édition imprimée sur les presses de Didot et ornée de 4 estampes en premier tirage gravées en pointillé en couleurs d’après Schall par Bonnefoy, Demonchy, Madame Demonchy et Colibert. Cohen, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIII è siècle, p. 582. L’histoire d’«Amour et de Psyché» est l’un des mythes les plus charmants de l’antiquité classique. Fondée sur des motifs que l’on retrouve dans toutes les traditions populaires du monde ancien, elle fut très répandue dans la littérature et l’art grecs. Joyau le plus pur de la poésie alexandrine, cette légende se retrouve dans les récits du Moyen-Age et de la Renaissance. La Fontaine s’inspire des «Métamorphoses» d’Apulée mais l’enrichit d’épisodes nouveaux et révèle son talent par un ton personnel et une grâce mi-précieuse et mi-ironique. L’œuvre garde ce sens mystérieux de la légende mais plonge également ses racines dans la réalité moderne. L’auteur, bel esprit du XVIIè siècle, fait le récit des amours de Psyché à trois de ses amis à Versailles même et accompagne son récit d’une description détaillée des lieux. Les trois amis ne sont autres que Racine, Boileau et Molière. En guise de conclusion La Fontaine entonne un hymne à la volupté et proclame son amour pour tout ce qui est beau: «J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique, la ville et la campagne, enfin tout…» Exceptionnel exemplaire imprimé sur très grand papier vélin, à grandes marges, relié en somptueux maroquin citron de l’époque, condition rare pour cet ouvrage, malgré de minimes piqûres à quelques feuillets. Mention manuscrite Joseph de Serre sur la première garde, cachet Paul Bazille sur la suivante.
PARIS. ARMAND AUBREE, EDITEUR DES FABLES DE LA FONTAINE. SANS DATE (1839). 3 VOLUMES IN-8, 2 POUR LES FABLES DE XXXVI + 340 ET (4) + 360 PAGES, ILLUSTREES DE 1/2 TITRES-FRONTISPICES EN COULEURS, D'UN PORTRAIT DE LA FONTAINE TIRE SUR CHINE, GRAVES SUR ACIER PAR CHOUBARD ET DE 400 VIGNETTES GRAVEES SUR BOIS, D'APRES JULES DAVID, EN PREMIER TIRAGE (SAUF POUR LES FABLES DU LIVRE PREMIER ET LES 14 PREMIERES DU LIVRE SECOND. VICAIRE IV. 895-897), UN VOLUME DE (4) + 534 PAGES POUR LES CONTES, ILLUSTRES D'UN FRONTISPICE GENERAL, DE 5 FRONTISPICES POUR CHACUN DES 5 LIVRES ET DE 29/31 PLANCHES HORS TEXTE GRAVES SUR BOIS. ENSEMBLE DE 3 VOLUMES (18 X 27,5 X 9,5 CENTIMETRES ENVIRON) DANS UNE RELIURE STRICTEMENT CONTEMPORAINE 1/2 CHAGRIN ROUGE, DOS A QUATRE FAUX NERFS ORNE DE CAISSONS DORES, TITRE ET TETE DORES (CORFMAT RELIEUR). DE LA BIBLIOTHEQUE ANDRE BERALDI AVEC SON EX-LIBRIS. QUELQUES ROUSSEURS, QUELQUES PETITES TRACES D'USURE EXTERIEURE SANS GRAVITE, SINON BON EXEMPLAIRE.
Édition originale rarissime et définitive des Fables de La Fontaine dont le Tome II manque à la B.n.F. 2 volumes in-12 de: I/ (29) ff., 228 pp., (2) ff.; II/ 220 pp., (2) ff. Maroquin rouge, encadrement de filets à la Duseuil sur les plats, dos à nerfs richement orné, double filet doré sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrures. Reliures signées de Lortic. 156 x 87 mm. La Fontaine, Jean de. Fables choisies, mises en vers par M. de la Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1669-1668. Avec Privilège du Roy. Édition originale rarissime et définitive des Fables de La Fontaine dont le Tome II manque à la B.n.F. Le Tome Ier ici présent contient les dernières corrections de La Fontaine apportées par l’illustre fabuliste à l’édition Denys Thierry de 1668. « Le tome I est la réimpression de l’édition Denys Thierry de 1668 avec quelques corrections de La Fontaine ; le tome II manque à la Bibliothèque nationale. La bibliothèque Victor Cousin possède un tome II (14346) qui n’est autre que celui de 1668, portant la date de 1668 » (Rochambeau). Le présent exemplaire est conforme à l’exemplaire Victor Cousin cité par Rochambeau. « Le titre du tome I est orné du même fleuron aux armes du Dauphin qui orne le titre de l’in-4 mais plus petit. La fin de la fable I du livre IV est la même que dans l’in-4. Cette édition qui reproduit l’in-4 sauf quelques corrections et changements constitue la Deuxième Edition Originale des Fables. Elle contient les mêmes gravures à mi-page de Chauveau » (Tchemerzine). « Les Fables de 1668 marquent une date capitale dans l’histoire du genre. Ce chef-d’œuvre vaut à La Fontaine de marcher de pair avec les représentants majeurs du classicisme français. Le succès, mérité, fut immédiat : l’atteste, en particulier, la même année que l’édition in-4, la mise en vente d’une édition in-12, en deux volumes comportant les vignettes gravées par François Chauveau. Depuis, les Fables de La Fontaine ont été rééditées un nombre incalculable de fois et leur popularité, jusqu’à nos jours, ne s’est jamais démentie » (Jean-Pierre Collinet, En Français dans le texte, n°105). « Depuis la parution des six premiers livres, en 1668, les « Fables » de La Fontaine ont connu une célébrité constante. Des générations d'écoliers ont su par cœur « la Cigale et la Fourmi », « le Corbeau et le Renard » et bien d'autres fables ne leur cèdent en rien par la vivacité de la narration, la fantaisie de l'imagination et la précision du dire. Précision troublante à force de perfection, le conteur donnant une impression de nonchalance et de familiarité sans jamais employer un mot qui ne soit nécessaire. La nonchalance, il est vrai, était dans le tempérament de cet orfèvre, qui ne s'appliquait que dans son art. Né en 1621 à Château-Thierry, La Fontaine, qui tâta du barreau, fut un maître des Eaux et Forêts négligent et géra fort mal son patrimoine, n'eut de vraie tranquillité matérielle qu'une fois protégé et logé - à partir de 1673 - par Mme de La Sablière. Mais, léger en affaires et en amour, il était fidèle dans ses amitiés. Quand, en 1661, Fouquet fut arrêté et que les artistes qui avaient travaillé pour lui se rallièrent à Louis XIV seul La Fontaine - à qui le surintendant avait octroyé une pension pour son « Adonis » — prit sa défense dans une « Ode au roi », se fermant ainsi, pour longtemps, les portes de la cour ».
édition_originale reliure d'époque
Trécis (Troyes), J. Le Febvre, s.d. (1696). In-8 de 80 pp., percaline rose, dos lisse orné d'un fleuron doré répété sur le premier plat, pièce de titre en maroquin brun, non rogné (J. Lemale).
Édition originale de la version latine avec le texte original en regard, d'un choix de fables de Jean de La Fontaine établi par le P. Pierre Tissart et le P. Modeste Vinot qui signent le poème liminaire.Titre de départ : « Fables choisies de M. de La Fontaine, traduites en vers latins et autres pièces de poésies latines et françoises ». Contient : Le Rat et l'Huître ; Le Loup et le Chaval ; Le Berger & son Troupeau ; L'Âne et le petit Chien ; Le Loup et les Bergers ; L'Âne portant des Reliques ; La Chauvesouris et les deux Belettes ; Le Lièvre et la Perdrix ; Le Faucon et la Chapon ; Le Chartier embourbé ; L'Huître et les Voyageurs ; L'Oiseau blessé d'une flèche ; La Femme noyée ; Le Loup et l'Agneau ; Le Rat de ville et le Rat des champs ; Le Lion, le Lou et le Renard ; Le Héron ; La Lionne et l'Ourse ; Le Cochon, la Chèvre et le Mouton ; Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi ; Le Renard et le Raisin. Suivi de Aliae Fabulae ; Varia Carmina ; Vers de M. Malherbe ; Epistola. Le succès du recueil de Tissart et Vinot entraîna de nombreuses rééditions au XVIIIe siècle. Le Père Jean-Baptiste Giraud publia en 1765 un nouveau choix de fables traduites en latin par ses soins.Rare impression de Jacques II Febvre, (1657-1738) imprimeur-libraire, relieur et fondeur de caractères à Troyes actif de 1680 à 1737. Reçu maître imprimeur à Troyes le 7 août 1682, il possèda une papeterie à Fontaine, près de Bar-sur-Aube, de 1723 à 1736 (probablement non exploitée). Déclaré en faillite, son matériel est vendu à la fin de décembre 1726. Surpris par la police en flagrant délit d'impressions jansénistes ("Parallèle de la doctrine des payens avec celle des Jésuites..."), il fut incarcéré à la Bastille avec son fils Antoine-Joseph Febvre le 6 février 1726 et transféré à la Conciergerie le 3 août suivant puis réembastillé le 14 novembre et à nouveau transféré avec son fils à la Conciergerie le 27 janvier 1727 pour leur procès, à l'issue duquel (arrêt du parlement de Paris du 5 juillet 1727) ses deux fils Denis et Antoine-Joseph furent déclarés déchus. Victime d'un incendie en avril 1731 qui acheva de le ruiner, il se retire chez son fils Jacques III Febvre. Dos insolé.Brunet, III, 756, mentionne la seule édition de 1765 ; Quérard, IV, 411 date 1666 par erreur ; Bohnert Céline. La Fontaine à l’école : l’éclairage des textes officiels. In : Le Fablier. Revue des Amis de Jean de La Fontaine, n°32, 2021. 1995-2020 Un quart de siècle d’études lafontainiennes. pp. 151-164.
[DORAT, Claude Joseph / GRECOURT, Jean-Baptiste Willart de / LA FONTAINE, Jean de, et al.]
Reference : 7643
(1782)
1782 Chez Apollon: au Mont Parnasse [i.e Paris: Cazin?], 1782. Complet en 3 vol. in-18: 9 x 13 cm. I/ 1 front., 143 pp. + 5 pl. grav.; II/ 2 ff., 140 pp. + 5 pl. grav.; III/ 142 pp. + 6 pl. grav. Recueil de pièces légères de Grécourt, Dorat, La Fontaine, Ch. Bordes, Voltaire, Vergier, Gresset, et Sénecé illustré dun frontispice et de 16 charmantes figures hors-texte non signées. (Gay, VI, p. 78). Edition attribuée par Cohen à H.-M. Cazin mais mentionnée parmi les "faux cazins" par J.-P. Fontaine. (Cazin: Léponyme galvaudé, 2012, p. 204). Reliures de lépoque en demi-basane brune à petits coins. Dos à cinq nerfs avec pièce de titre roses, tomaisons en capitales dorées et caissons ornés de fers à motifs floraux. Très charmant ensemble. En très bon état de conservation.
Contenu. I: "L'amour oiseleur" / [Grécourt]. "Les dévirgineurs" / [Dorat]. "Les cerises" / [Grécourt]. "Alphonse" / [Dorat]. "Euphrasie ou Les grâces philosophes". "Le paysan qui avoit offensé son seigneur" / [La Fontaine]II: «Parapilla» [Ch. Bordes]/. «Joconde» / [La Fontaine]. «Rosine» / [Gércourt]. «Les Trois Manières» / [Voltaire]. «Le Mal dAventure» / [Vergier]. III: «Ver-Vert» / [Gresset]. «Camille, ou la Manière de filer le parfait Amour» / [Sénecé]. «Ce qui Plait aux Dames» / [Voltaire]. «La Fiancée du Roi de Garbe. Nouvelle» / [La Fontaine]. «Le petit chien, qui secoue de largent & de pierreries» / [La Fontaine]. «Le Savetier» . [La Fontaine].
Paris : Denis Thierry, Claude Barbin 1682 In-12, 154 x 87 Maroquin vert foncé, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, dentelle dorée intérieure, tranches dorées sur marbrures (Chambolle-Duru 1869). (2 ff.), 242 pp.
Édition originale composée du Poème du Quinquina, écrit pour vanter les vertus de cette plante nouvellement découverte, suivi de deux contes (La Matrone d’Éphèse et Belphegor) et des deux livrets d’opéras : Galatée et Daphné.Le Poème du Quinquina, souvent considéré comme le plus grand échec poétique de La Fontaine, a été critiqué pour son mélange audacieux de poésie et de science médicale, jugée incompatible avec l’art. Les commentateurs y ont vu un texte incohérent, où les théories sur la fièvre et la circulation du sang, inspirées de Harvey ou de Rohault, semblaient mal intégrées à une forme poétique, d’autant que La Fontaine lui-même insistait sur le fait qu’il écrivait sur ordre de sa protectrice, la duchesse de Bouillon, comme pour se prémunir contre un échec annoncé.Pourtant, Philippe Chométy - Maître de conférences de littérature française du XVIIe siècle à l'Université de Toulouse-Le Mirail - propose une réhabilitation de cette œuvre en révélant sa dimension politique. La duchesse de Bouillon, compromise dans l’Affaire des poisons et exilée en 1680, revient à Paris en avril 1681, quelques mois avant la publication du poème. Le quinquina, remède à la mode après avoir sauvé le Dauphin, devient alors un symbole de rédemption : la duchesse, associée à ce remède royal, passe de l’image de l’empoisonneuse à celle de la femme savante. La Fontaine lie subtilement son éloge du quinquina à celui de Louis XIV, présenté comme un Apollon bienfaisant, tout en associant la duchesse à cette gloire, ce qui contribue à son retour en grâce.Sur le plan philosophique, le poème dépasse le cadre strictement scientifique. La Fontaine y mêle des réflexions sur la condition humaine, la mort et la sagesse, comme en témoignent la scène pathétique d’un père de famille mourant ou l’évocation ironique des Iroquois, censés être « presque immortels ». Ces passages, loin d’être des digressions, soulignent la fragilité de l’existence et invitent à une méditation morale, où la modération et la constance sont présentées comme des vertus essentielles.Enfin, le poème se distingue par son innovation formelle. Sa structure imite les intermittences de la fièvre, avec des alternances de tons et de rythmes qui reflètent le sujet traité. La Fontaine fusionne ainsi le fond et la forme, créant une « fièvre de mots » où le corps du texte devient celui du malade. Plutôt qu’un échec, le Poème du Quinquina apparaît donc comme une œuvre majeure de la poésie d’idées du XVIIe siècle, où science, morale, politique et art poétique s’entrelacent avec une grande subtilité.Exemplaire de premier tirage, avec les pages 22, 26 et 164 non cartonnées.Très bel exemplaire relié par Chambolle-Duru, provenant de la bibliothèque du collectionneur et chroniqueur d’art Paul Eudel (1837-1911).Provenance : Paul Eudel, avec ex-libris (cat. mai 1898, n° 206).Bibliographie : Rochambeau, p. 610, n° 12. - Chométy Philippe. Entre philosophie et langage des dieux : Éléments pour une réhabilitation du Poème du Quinquina de La Fontaine. In: Le Fablier. Revue des Amis de Jean de La Fontaine, n°17, 2006. La Fontaine, poète savant. pp. 31-40.
Paris, Xavier Havermans, 1927. 4 vol. in-4, 89 + 143 + 154 + 142 pp., maroquin rouge de Georges Cretté, filets à froid en quadrillage sur les plats, des petits fleurons dorés en encadrement dans les carreaux, tomaison dorée au centre du plat, dos à nerfs ornés de filets à froid et de fleurons dorés, encadrement intérieur de maroquin orné d'un filet doré, doublure et garde de soie moirée rouge, tranches dorées sur témoins, couverture conservées (dos très légèrement insolés, une petite tache au premier plat du troisième volume).
Édition illustrée des compositions de Carlègle en bandeaux et en culs-de-lampe, coloriées par Jean Saudé. Un des 14 exemplaires sur Japon blanc nacré à la cuve comportant une suite en noir des illustrations sur Japon très fin. Les Contes et nouvelles en vers ont originalement paru entre 1665 et 1671 chez Claude Barbin sur le modèle du Décaméron de Boccace. Ce seront les premiers succès de La Fontaine qui n'avait jusqu'alors publié rien de si licencieux et, outre les Fables, sans doute son texte le plus réédité et illustré. Bel exemplaire dans une jolie reliure de Cretté. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, chez Francis Guillot, (1926). 3 forts vol. in-4 (328 x 258 mm) de 3 ff. n.fol., 1 frontispice gravé n.fol., lix - 262 pp. et 1 f. bl. ; é ff. n.fol., 2 frontispices n.fol. et 359 pp. Reliures uniformes de l'époque de demi-chagrin marine à coins, filets gras dorés portés sur les plats, dos à nerfs ornés de filets gras à froid, doubles caissons d'encadrement dorés, filets en pointillés dorés sur les nerfs, larges fleurons dorés, semis d'étoiles et de pointillés dorés, titre doré, tomaison dorée, palette dorée en queue, têtes dorées, couvertures et dos conservées.
Ensemble complet de ses 2 volumes, sous reliures décoratives du temps. Soigneuse publication, elle recèle 100 compositions de Fragonard ; la plupart gravées et hors-texte. Le fabuliste eclipse ici le conteur... La crispation religieuse de la fin du règne de Louis XIV, et plus tard la pudibonderie du xixesiècle, ont mis dans l’ombre ces contes licencieux dont le défi poétique consiste à jouer de l’implicite pour (ne pas) nommer la sexualité, à «dire sans dire», dans un jeu de dérobade et de provocation reposant sur la complicité du lecteur. La Fontaine a mené simultanément ces deux activités, jusqu’à joindre des contes à l’ultime recueil de fables de 1693: bien plus qu’un laboratoire de la narration enjouée des Fables, les Contes pourraient bien participer d’une même entreprise, celle d’une narration poétique sous le signe d’une gaieté sans illusions. Ces récits paillards, imités pour beaucoup d'entre eux de l'Arioste, Boccace, ou de François Rabelais feront dire à leur auteur dans sa préface : "...et puis ce n'est ni le vrai ni le vraisemblable qui font la beauté et la grâce de ces choses-ci ; c'est seulement la manière de les conter." L’œuvre de La Fontaine offre la figure, exemplaire, d’une sagesse désabusée: elle choisit, comme le Démocrite de la fable Démocrite et les Abdéritains, la retraite méditative plutôt que la vie de la cité d’Abdère soumise aux pensers du vulgaire, et, face à la violence forcenée du réel elle préfère, contre l’Héraclite de l’Histoire, le rire plutôt que les pleurs. Dos légèrement insolés. Quelques frottements affectant angles et nerfs de chacune des reliures. Nonobstant, belle condition.
2 VOLUMES GRAND IN-4 (24,5 X 33,5 CENTIMETRES ENVIRON DE (37) + 337 ET (4) + 359 PAGES, DANS UNE SPECTACULAIRE RELIURE DE L'EDITEUR, PASTICHE XVIII°, PLEIN CHAGRIN ROUGE, DOS A CINQ NERFS ORNE DE CAISSONS A FLEURONS DORES, PLATS ORNES D'UNE GRANDE PLAQUE DOREE, TITRE ET TRANCHES DORES, SOUS ETUI BORDE. ILLUSTRE DE 57 LAVIS HORS TEXTE CONTRECOLLES DANS UN ENCADREMENT VERT, TEXTE ENCADRE DE MEME. TIRAGE LIMITE A 3500 EXEMPLAIRES NUMEROTES, TOUS SUR VELIN DE RENAGE.
PETITE TRACE DE FROTTEMENT SUR UN NERF, SINON BEL EXEMPLAIRE.
2 VOLUMES GRAND IN-4 EN FEUILLES (24 X 33,5 CENTIMETRES ENVIRON DE (37) + 337 ET (4) + 359 PAGES, SOUS COUVERTURE REMPLIEE PAPIER MARBRE A DECOR "ESCARGOTS", CHEMISE ET ETUI CARTONNES CREMES DE L'EDITEUR, TITRE DORE SUR ETIQUETTES CUIR ROUGE CONTRECOLLES SUR LE PLAT SUPERIEUR DE LA CHEMISE ET AU DOS DE L'ETUI. ILLUSTRE DE 57 LAVIS HORS TEXTE CONTRECOLLES DANS UN ENCADREMENT VERT, TEXTE ENCADRE DE MEME. TIRAGE LIMITE A 3500 EXEMPLAIRES NUMEROTES, TOUS SUR VELIN DE RENAGE.
PETITS DEFAUTS AU DOS D'UN DES ETUIS, SINON BEL EXEMPLAIRE.
Paris, Claude Barbin, In 4 (155 x 215 mm), relié dans un modeste vélin de réemplois, strictement de l’époque. Titre, Epistre (3ff), préface (13pp), table (7pp), 284 pp, épilogue (1p) Il manque à cet exemplaire, le premier et le dernier cahier qui ont été remplacés par des fac-similés, soit 4 feuillets en début d’ouvrage, le titre et l’épître au dauphin, et en fin de volumes 3 feuillets et un blanc (une partie de la fable 22, fable 21 « la jeune veuve » et l’épilogue), le 4e feuillet étant blanc. Les Feuillets E2 et E3 de la préface ont été intervertis et placés, au moment de la reliure au feuillet EE de la vie d’Ésope.Restaurations papiers, dont quelques feuillets dont les manques ont été à l’époque complétés à la plume. Mouillures, trous de vers. 1668.
Véritable édition originale de cette œuvre immortelle que Jean de la Fontaine publia pour la première fois en 1668. En dédicaçant l’ouvrage au dauphin de France, dans la préface, jean de la fontaine fait montre d’une humilité et d’une élégance remarquable :«L’indulgence que l’on a eue pour quelques-unes de mes Fables me donne lieu d’espérer la même grâce pour ce recueil. »En effet, les fables de La Fontaine ont d’abord circulé sous forme manuscrite, et c’est sous la pression amicale de ses lecteurs, que l’auteur céda et fit imprimer ce livre qui devait atteindre une renommée universelle. Ce premier tirage qui se veut donc à destination des enfants, est illustré des très charmantes gravures de son ami Chauveau. Non pas que Chauveau fut un virtuose du burin, mais parce qu’il sut rendre la malice et parfois le tragique des fables. Le petit format des vignettes s’inscrivant en exergue de chacune des pièces rythme la lecture et surprend le lecteur par la variété des thèmes et de leur mise en scène. Devant le succès de cette première émission, la fontaine mis sous presse, une seconde émission de format in12, illustré des mêmes vignettes composé en deux volumes. Le premier tirage in4 est naturellement d’une grande rareté, il en existe différents états que l’on qualifie en fonction des remarques rectifiées au fil du tirage.Ainsi notre exemplaire comporte des corrections manuscrites, becquets et biffures aux pages : o2, 9, 45, 57 et 176 : • Vie d’Esope O 2 verso, fautes aux lignes 6 et 18 corrigés : « donner lustre » et « emplète » • p9, « mulet (« en » ajouté à la main) se défendant »• p45 Fiii recto : trace du becquet collé pour corriger « tracas » en « fatras » • p57, HI recto, « par » barré « plus » manuscrit• p176, Yiv, verso, mot biffé « bien »L’exemplaire a été lu, griffonné, déchiré, manipulé par de petits lecteurs qui ont laissés en marges de touchants dessins s’inspirant des gravures de Chauveau. Ce livre extraordinaire se présente donc ici dans son état d’usage, lu et relu au fil des siècles par des bambins, plus ou moins respectueux.
Bayoune [Bayonne] : de l'emprimerie de Paul Fauvet Duhard, 1776. « LE CHEF-D'OEUVRE DE LA TYPOGRAPHIE BAYONNAISE »
In-8° (220 x 157 mm), [2] pl. - 284 pp - [8] pp. de table numérotées iii-x, cartonnage à la Bradel, demi-maroquin rouge à coins, dos lisse orné (reliure de l'époque). Édition originale de ces traductions et adaptations de 106 fables de La Fontaine en vers gascons, désignée par Vinson comme « le chef-d'oeuvre de la typographie bayonnaise ». Elle est ornée d'un titre gravé - armes de la ville de Bayonne, figures allégoriques et cartouche - et d'un portrait frontispice de La Fontaine, le tout gravé sur cuivre par Noël Le Mire d'après Jean-Michel Moreau (le portrait de l'auteur est gravé d'après Hyacinthe Rigaud). Exemplaire grand de marges, sur beau papier, à l'image de celui de Béraldi (hauteur égale : 209 mm) ; il est par ailleurs bien complet de la table, absente de certains exemplaires, et du lexique « Dictiounnariot gascoun é frances » comprenant 460 mots et expressions ; il s'agit du premier dictionnaire s'intéressant au gascon de Bayonne. Ces « traductions » gasconnes sont d'une fidélité toute relative : le texte d'origine est en effet librement augmenté, et comprend parfois d'amusants éléments de localisation. Le corbeau porte ainsi dans son bec un fromage « Deüs de Lanne, ardoun coum ûe lue » (« de ceux de Lanne, rond comme une lune » traduction d'Émile Ruben). D'autres fables, se prêtant selon Ruben au « dévergondage gascon » ont gagné en piquant : « Les héros d'Homère sont des gens bien élevés comparativement aux personnages de ce conte-fable » (p.13) ; « Je n'ose traduire. Passons vite. » (p. 15). La paternité du recueil fait débat : sont généralement cités comme possibles auteurs François Batbedat (mécène bayonnais qui finança l'édition), Lesca, Daretche (un capitaine d'infanterie, ou Jean Darreche, bourgeois bayonnais, ou encore l'abbé Jean Darretche), Despourrins... On connaît en tous cas une dizaine de manuscrits des poèmes prédatant pour certains l'édition originale, ce qui pousse Jules Vinson à conclure en faveur « d'un travail multiple, qui s'est prolongé pendant un certain nombre d'années, auquel plusieurs personnes ont pris part ensemble ou séparément, et dont M. Batbedat, qui a fait les frais d'impression, a été l'âme, le centre et pour ainsi dire le gérant responsable » (p. 246). Bibliographie : DAGOUASSAT, J.-Robert. Introduction à l'édition en fac-simile des Fables causides. 1980 ; RUBEN, Émile. De quelques imitations patoises des fables de La Fontaine. 1861. pp. 10-15 ; VINSON, Jules. "Le chef-d'oeuvre de la typographie bayonnaise" in Mélanges de linguistique et d'anthropologie, 1880. Brunet 3, 756 ; Cohen 304. Légère mouillure en pied à quelques feuillets.
RELIE 3 TOMES.COMME NEUF PARFAITE CONDITION In-8. Relié plein cuir. Contre-plats jaspés. Tranche de tête dorée. Page Ex-libris vierge. Caissons avec ornements dorés sur le dos. Auteur et titre en dorés sur pièce de titre noir. Illustrations incrustées dorées sur les plats. Contes de Lafontaine - Tome 1 poids: 620 gr - taille: 210x140 - 288 pages. Tome 2 poids: 570 gr - taille: 210x140 - 418 pages. Oeuvres diverses de la fontaine - poids: 485gr - taille: 210x140 - 222 pages. . PHOTOS SUR DEMANDE. Contes de La Fontaine avec les Illustrations de Fragonard parues dans l' édition de 1795 - En 2 volumes +1 volume oeuvres diverses. LA FONTAINE .Fragonard . Jean De Bonnot, Relié, 1969. un port supplémentaire pour certaines destinations peuvent être demandées
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